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	<title>Anna WALL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 06 May 2025 06:53:04 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Anna WALL - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Dijon 2025-26 : mi-chèvre, mi-choux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/dijon-2025-26-mi-chevre-mi-choux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 May 2025 06:53:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La saison 2025-26 de l’Opéra de Dijon &#8211; dévoilée à la presse &#8211; ménage bien quelques surprises et de réels bonheurs. D’autres émettront des réserves, car classique, pour ne pas dire routinière, sans imagination. Sans doute effet de la vacance de la direction, encore que la programmation s’élabore plusieurs saisons d’avance. Qui l’a signée ? &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La saison 2025-26 de l’Opéra de Dijon &#8211; dévoilée à la presse &#8211; ménage bien quelques surprises et de réels bonheurs. D’autres émettront des réserves, car classique, pour ne pas dire routinière, sans imagination. Sans doute effet de la vacance de la direction, encore que la programmation s’élabore plusieurs saisons d’avance. Qui l’a signée ?</p>
<p>Quatre ou cinq opéras (1) mis en scène : <em>Cavalleria rusticana</em> et <em>I Pagliacci, La Bohême, Don Giovanni, </em>et<em> l’Orfeo </em>de Monteverdi, tous réalisés par d’autres maisons (2). <em>Theodora</em> de Haendel, que <strong>Thomas Dunford</strong>, son Ensemble Jupiter et une équipe prometteuse auront donnée au TCE quelques jours auparavant. Des récitals avec des solistes de prestige (<strong>Michael Spyres</strong>, <strong>Anna Prohaska</strong>, <strong>Lea Desandre</strong> etc.), et un retour en force du répertoire sacré : <strong>Emmanuelle Haïm</strong> (avec <strong>Emöke Barath</strong> et <strong>Carlo Vistoli</strong>) pour Domenico Scarlatti, Leo et Pergolèse ; le <em>Magnificat</em> de Bach avec un <em>Sanctus</em> et la cantate « <em>Christen ätzet diesen Tag</em> » par <strong>Vincent Dumestre</strong> et ses amis ; <strong>Gianandrea Noseda</strong> dirigera la <em>Messe en ut mineur</em> et deux pièces célèbres de Mozart, le <em>Stabat mater</em> de Pergolèse, autour d’extraits des <em>Sept dernières paroles,</em> de Haydn, avec <strong>Regula Mühlemann</strong>. Retenons aussi Mahler (Alma comme Gustav) chantés par <strong>Joyce DiDonato</strong> en début de saison, et <strong>Anna Wall</strong> en juin. Tout cela est admirable, comblera certains tout en laissant un certain goût d’inachevé, sans la moindre prise de risque.</p>
<p>Bien sûr, les récitals instrumentaux, le jazz (y compris vocal), la danse, le cirque, les spectacles jeune public gardent une place de choix. Mais le quatuor à cordes, la musique de chambre sont toujours les parents pauvres, déshérités, méprisés. Choix idéologique ?</p>
<p>Rendez-vous avec le public le 19 mai, pour la présentation officielle, en musique, à 19 h à l’Auditorium (sur inscription en ligne sur <strong>opera-dijon.fr</strong>).</p>
<pre>(1) Selon que l’on compte <em>Cavalleria rusticana</em> associé à <em>I Pagliacci</em> pour un ou deux. 

(2) On n’énumérera pas les découvertes des saisons anciennes ou proches. Ces temps semblent révolus.</pre>
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		<title>PURCELL, Dido and Æneas &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Feb 2024 06:36:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre des Concerts du Dimanche Matin au Théâtre des Champs-Elysées, Jeanine Roze Production propose une version semi-scénique de Didon et Enée de Purcell par l’Ensemble Diderot. Fondé en 2008 par le violoniste Johannes Pramsohler autour d’un quatuor de musiciens, cet ensemble a pour vocation de redécouvrir et d’interpréter sur instruments d’époque les répertoires &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre des Concerts du Dimanche Matin au Théâtre des Champs-Elysées, Jeanine Roze Production propose une version semi-scénique de <em>Didon et Enée</em> de Purcell par l’Ensemble Diderot. Fondé en 2008 par le violoniste<strong> Johannes Pramsohler</strong> autour d’un quatuor de musiciens, cet ensemble a pour vocation de redécouvrir et d’interpréter sur instruments d’époque les répertoires des dix-septième et dix-huitième siècle.</p>
<p>Si l’on ignore les circonstances exactes de la création de l’unique opéra de Purcell, il reste une trace d’une représentation dans une école de jeunes-filles de Chelsea en 1689. L’ouvrage est un miracle de concision dramatique. En moins d’une heure en effet, Didon dévoile ses tourments amoureux à sa confidente, puis succombe à sa passion pour Enée. Parallèlement, la sorcière expose à ses comparses son plan machiavélique pour séparer les amants avant de le mettre à exécution. Enfin après un ultime duo, Enée s’en va et Didon meurt. Notons que si chez Virgile ce sont les dieux qui intiment à Enée l’ordre de partir, dans ce livret, le Troyen est victime d’une machination de la sorcière ce qui rend plus cruelle la mort de la reine.</p>
<p>La distribution réunie pour la circonstance ne souffre d’aucune faiblesse. A côté des trois personnages principaux, les seconds rôles sont confiés à des membres du chœur dont les interventions se hissent au niveau de celles de leurs collègues solistes. Ainsi <strong>Nicole Franco</strong> qui incarne la sorcière dispose d’un timbre ambré et d’une voix bien projetée aux graves sonores qui capte l’attention dès sa première intervention « Wayward sisters » au cours de laquelle elle affirme son autorité. Ses deux acolytes, <strong>Juliette Gauthier</strong> et <strong>Jaia Nurit Niborski-Bolatti</strong> ne sont pas en reste, elles affichent également des voix solides qui se marient harmonieusement. L’intervention de la deuxième suivante, <strong>Luisa Trejos</strong>, « Oft she visits this lone mountain » est tout à fait en situation. Le rôle de L’Esprit est dévolu à<strong> Lysandre Chalon</strong> dont le timbre claironnant fait mouche lorsqu’il apostrophe Enée, avec un « Stay, Prince, and hear great Jove’s command » chanté avec toute la fermeté requise. Les autres intervenants n’appellent aucune remarque particulière, tous témoignent du haut niveau de cet ensemble choral.</p>
<p><strong>Apolline Raï-Westphall</strong> campe une Belinda touchante, dotée d’une voix limpide et de notes aiguës lumineuses. Elle se meut sur le plateau avec élégance et parvient à donner vie à ce personnage de confidente discrète et bienveillante. L’Enée de <strong>Yoann Dubruque</strong> ne manque pas d’attraits, le baryton possède une voix solide et homogène, une belle ligne de chant et un physique de jeune premier qui convient idéalement à son personnage. Il compose un héros quelque peu velléitaire face à la fermeté de Didon. Issue de l’atelier lyrique de l’Opéra national de Paris, <strong>Anna Wall</strong> tire son épingle du jeu en incarnant une reine de Carthage à la fois fragile et déterminée dont le timbre corsé se gorge d’émotion dès son entrée en scène. Son impeccable legato, les demi-teintes dont elle orne sa ligne de chant font de sa scène finale «&nbsp;When I am laid&nbsp;» un grand moment d’émotion durant lequel la salle subjuguée retient son souffle. Au salut final, c’est une ovation méritée qui accueille la mezzo-soprano britannique. Soulignons également les superbes interventions des chœurs omniprésents en particulier celle qui conclut l’ouvrage «&nbsp;With drooping wings&nbsp;» toute en intériorité qui se prolonge par un silence de quelques secondes avant les applaudissements.</p>
<p><strong>Johannes Pramsohler</strong> mène tout son monde avec une grande précision et beaucoup de retenue. On aura admiré au passage les belles sonorités des cordes de son ensemble ainsi que la justesse et la virtuosité du continuo.</p>
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		<title>Mahler et R. Strauss  — Dijon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mahler-et-r-strauss-dijon-un-mahler-ne-vient-jamais-seul/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jun 2022 16:50:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux soirs consécutifs pour deux symphonies de Mahler, la quatrième (dont le Lied Das himmlische Leben, la vie céleste, est le moment fort) puis la deuxième Résurrection, et son Urlicht, avec, en prime pour la première citée, le finale du Rosenkavalier… comment résister ? Il arrive aux plus grands de commettre aussi des erreurs et de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux soirs consécutifs pour deux symphonies de Mahler, la quatrième (dont le Lied <em>Das himmlische Leben</em>, la vie céleste, est le moment fort) puis la deuxième <em>Résurrection</em>, et son <em>Urlicht</em>, avec, en prime pour la première citée, le finale du <em>Rosenkavalier</em>… comment résister ?</p>
<p>Il arrive aux plus grands de commettre aussi des erreurs et de publier des sornettes… Vincent d’Indy écrivait à propos de la 4<sup>e</sup> symphonie, jouée en 1914 à Paris : « morceau pour l’Alhambra ou Moulin-Rouge, pas pour salle de concerts symphoniques »… Sans doute la plus jouée, on ne l’avait pas écoutée ici depuis plusieurs années, lorsque le <em>SWR Orchester Baden-Baden-Freiburg</em> brillait de ses derniers feux. Ce soir, c’est l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté, formation majeure de notre paysage musical qui nous l’offre, à l’occasion de sa première venue à Dijon. Sous la direction de son chef permanent depuis plus de dix ans, son rayonnement, ses succès discographiques attestent sa valeur. Ils ont déjà donné cette symphonie, puis la « Titan », enregistré <em>le Chant de la terre</em>, ce langage leur est familier.</p>
<p>La direction inspirée de <strong>Jean-François Verdier</strong>, ample et sobre, où tout fait sens, atteste son tropisme mahlérien. Les attaques les plus ténues sont d’une précision exceptionnelle, tout comme les finales évanescentes. Les progressions inexorables sont dosées à merveille, et tout paraît évident, simple à l’auditeur, malgré la complexité de l’écriture.</p>
<p>Les cordes très « Mitteleuropa », pleines, souples, homogènes, précises, se prêtent admirablement aux variations de tempi les plus subtiles. Chacun écoute l’autre pour se fondre dans cette trame. Les nuances de la palette la plus riche, la dynamique n’appellent que des éloges, avec un respect constant des riches notations du compositeur. La pâte sonore, toujours claire, élégante, prend les tons pastel du lyrisme ou de l’effusion, comme les couleurs vives, parfois délibérément criardes et joviales de la veine populaire des Ländler, avec l’humour discret, attendri ou délibéré. Les bois, aux soli élégiaques comme aux réparties goguenardes sont de souriants bonheurs, que partage l’auditeur complice, emporté par le flot musical. La fin du « ruhevoll », l’andante confié aux seules cordes – sans les violons – atteint l’émotion pure, qui ne se démentira pas avec l’allegro subito, enchaîné avec naturel. Le dernier mouvement, où <strong>Anaïs Constans</strong> chante un texte tiré du <em>Wunderhorn</em>, est une sorte de résumé de l’art de Mahler, sans sa puissance brutale, ancré dans la terre et ses joies triviales (le vin, le pain, les bons plats préparés par sainte Marthe) mais aussi à l’écoute des promesses de félicité céleste. Les climats en sont restitués avec bonheur. La voix est épanouie, expressive, longue, aux couleurs irisées. La pureté de l’émission et la conduite de la ligne sont admirables, les aigus aériens, éthérés, le médium et le grave très sûrs. Dommage que le texte, publié dans le programme, mais difficilement intelligible malgré la diction du chant, n’ait pu être surtitré, de sorte que chacun en prenne la mesure, essentielle.</p>
<p>Une grande formation internationale consacrée nous aurait-elle offert de plus belles textures ? Rien n’est moins sûr. Malgré la surabondance des versions discographiques, serait-il permis d’espérer une gravure ?</p>
<p>Richard Strauss, dix ans après. Pour le finale du troisième acte du <em>Rosenkavalier</em>, ce sont 82 musiciens qui vont s’unir au chant pour traduire l’intraduisible. Les mouvements de l’âme les plus intérieurs comme les plus inconscients, les interrogations, les sentiments, la fragilité du bonheur, tout l’inexprimable s’y trouve. «Harmonie factice de trois cœurs isolés » écrivait Dominique Jameux à son propos. La Maréchale s’est attachée à Octavian, tout jeune homme, et a prévu qu’elle serait quittée. L’heure est arrivée et son amant est accompagné de Sophie, qui va succéder à la femme mûre. Chacun va dire sa passion, ses incertitudes, et, la Maréchale, résignée, s’étant discrètement retirée, le duo tendre qui marque la réunion de Sophie et d’Octavian, après le flot des passions, est superbe de sérénité radieuse. Leur bonheur est là, partagé par tous les auditeurs.  Seul (petit) regret : l’équilibre avec l’orchestre surdimensionné est malaisé à obtenir. La Maréchale, <strong>Angélique Boudeville</strong>, tout juste échappée de <em style="font-size: 14px">Frédégonde</em> à Tours, ne nous a pas pleinement convaincu, ni profonde, ni désinvolte dans son abdication apaisante. Si, musicalement, le rôle n’est pas difficile, donner du sens à la poésie d’Hoffmannstahl l’est bien davantage. Les nombreux <em>pianissimi</em> sont redoutables, la mélancolie, la sensualité font défaut. <strong>Anna Wall</strong>, qui remplace Anaïk Morel, initialement prévue, Octavian en pantalons comme il se doit, est remarquable. Le médium est riche, le charme, l’ingénuité sont là, et sa voix s’accorde idéalement à celle d’Anaïs Constant. Serait-ce la première fois que cette dernière aborde Mahler (*) ? Si tel est le cas, elle n’a pas fini de chanter Sophie, car tout est là : la fraîcheur juvénile, le timbre délicat et ardent, des aigus limpides, solaires.</p>
<p>La salle jubile et réserve de longues acclamations aux interprètes. … La suite demain, par l’Orchestre national de Lyon, l’ample deuxième symphonie « Résurrection », donnée dans son auditorium.</p>
<p>(*) ce trio final avait été donné à Besançon en avril, Karen Vour&rsquo;ch, en tournée au Japon, étant maintenant remplacée par Angélique Boudeville.</p>
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		<title>ULLMANN, Der Kaiser von Atlantis — Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-kaiser-von-atlantis-nantes-terezin-le-refus-de-la-mort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Nov 2015 11:32:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand Viktor Ullmann met en musique le livret de Petr Kien, nous sommes en 1943 et les deux artistes écrivent à Terezin. Ils y passent deux années avant d&#8217;être déportés à Auschwitz d&#8217;où ils ne reviendront pas. Le camp réunit nombres d&#8217;artistes et d&#8217;intellectuels et se veut la vitrine d&#8217;une certaine « exemplarité concentrationnaire » pour le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand Viktor Ullmann met en musique le livret de Petr Kien, nous sommes en 1943 et les deux artistes écrivent à Terezin. Ils y passent deux années avant d&rsquo;être déportés à Auschwitz d&rsquo;où ils ne reviendront pas. Le camp réunit nombres d&rsquo;artistes et d&rsquo;intellectuels et se veut la vitrine d&rsquo;une certaine « exemplarité concentrationnaire » pour le IIIe Reich. La vie culturelle y est intense en dépit de conditions de vie éminemment difficiles. La censure toutefois règne et la satire de l&rsquo;Allemagne contemporaine est suffisamment transparente à l&rsquo;époque pour que le <em>Kaiser von Atlantis</em> ne passe jamais le stade de la répétition générale. La première représentation n&rsquo;aura lieu qu&rsquo;en 1975 à Amsterdam.</p>
<p>L&rsquo;Arcal reprend cet automne à Nantes sa création du théâtre de l&rsquo;Athénée et de l&rsquo;Opéra de Reims. La fable est grinçante : l&rsquo;Empereur Overall &#8211; über alles &#8211; déclare une guerre totale « de tous contre tous » et impose à la Mort un rythme effréné que cette dernière refuse : désormais, on exécute, mais la mort ne survient plus. « Les soldats blessés à mort luttent contre la vie afin de pouvoir, enfin, mourir » et ainsi l&rsquo;amour peut enfin éclore entre deux ennemis d&rsquo;hier. Impuissant, le dictateur appelle la mort de ses vœux pour enfin reposer ; et celle-ci, pour lui, reprend enfin du service. La mort-délivrance, une idée déchirante quand l&rsquo;on songe à la situation d&rsquo;Ullmann et de Kien écrivant l&rsquo;opéra.</p>
<p><em>Der Kaiser von Atlantis</em> est donc une fable cathartique, permettant à ses créateurs de tenir la terreur à distance ; or elle semble moins aigre ou révoltée que douce-amère. La belle mise en scène de <strong>Louise Moaty</strong>, toute de sobriété et de poésie, accentue la profonde humanité du propos plutôt que d&rsquo;en marteler lourdement la noirceur. Les tableaux se succèdent en grisailles subtiles dans les belles lumières de <strong>Christophe Naillet</strong>. Encadrant un échafaudage-mirador, la scénographe <strong>Adeline Caron</strong> joue de trois parachutes qui gonflent leurs voiles ou s&rsquo;effondrent au sol au fil du spectacle. Le spectateur les associe spontanément à l&rsquo;espoir, mais la jeune fille le détrompe : ils sont nuages et occultent la vue, nous empêchant de voir par-delà les apparences. De même, la mort n&rsquo;est pas mauvaise, elle est « mort-jardinière&#8230; celle qui moissonne les souffrances ».</p>
<p>Banjo, saxophone&#8230; L&rsquo;oeuvre fut composée pour les musiciens présents dans le camp ce qui offre une sonorité forcement inhabituelle à l&rsquo;auditeur d&rsquo;autant plus que la partition joue des univers musicaux comme un hommage ou un écho d&rsquo;un temps révolu, celui de la liberté. Viktor Ullmann déambule du bel canto au jazz en passant par des citations de Weill, Berg et même Bach dont l&rsquo;évocation de la cantate <em>Ein feste Burg ist unser Gott </em>(alors en faveur chez les nazis) clôt la représentation. Les musiciens d&rsquo;Ars Nova sous la baguette précise de <strong>Philippe Nahon</strong> servent le propos avec justesse et une belle maitrise, adoptant des tempi enlevés et s&rsquo;interdisant tout pathos excessif.</p>
<p>La distribution vocale quant à elle n&rsquo;a pas de grands airs pour briller mais <strong>Pierre-Yves Pruvot</strong> et <strong>Wassyl Slipak </strong>dessinent deux personnages particulièrement prenant scéniquement et vocalement. A leurs côtés, <strong>Sébastien Obrecht </strong>et <strong>Natalie Perez s</strong>ont justes et touchants bien que le ténor semble peu à l&rsquo;aise dans les aigus de sa tessiture. Le vibrato rapide d&rsquo;<strong>Anna Wall </strong>empêche la rondeur du son et on souhaiterait plus de puissance dans la projection mais elle ne démérite pas pour autant. Ces petites réserves d&rsquo;ailleurs ne nuisent pas à l&rsquo;essentiel. Le spectacle est poignant, onirique et évite avec finesse le travers de la démonstration. Le monde tourne de travers quand la vie ne sait plus rire, ni la mort pleurer&#8230; Mais la vie gagne toujours quand l&rsquo;art entre en résistance.</p>
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