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	<title>Marie ARNET - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Marie ARNET - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>LANGER, Figaro Gets a Divorce — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/figaro-gets-a-divorce-geneve-apolitique-le-figaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Sep 2017 04:08:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cela aurait pu être une tétralogie, mais ce n’est qu’une trilogie. Plutôt que de monter, pour compléter logiquement Le Barbier et Les Noces, La Mère coupable de Darius Milhaud, directement inspiré par le troisième opus de Beaumarchais, David Pountney a voulu, pour le Welsh National Opera, commander un nouvel opéra, d’après Ödön von Horváth. Enfin, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cela aurait pu être une tétralogie, mais ce n’est qu’une trilogie. Plutôt que de monter, pour compléter logiquement <em>Le Barbier</em> et <em>Les Noces</em>, <em>La Mère coupable</em> de Darius Milhaud, directement inspiré par le troisième opus de Beaumarchais, <strong>David Pountney</strong> a voulu, pour le Welsh National Opera, commander un nouvel opéra, d’après Ödön von Horváth. Enfin, à en juger d’après le titre, <em>Figaro Gets a Divorce </em>viendrait tout droit de la pièce écrite en 1937 par le dramaturge austro-hongrois. Mais le mieux étant toujours l’ennemi du bien, le metteur en scène britannique, également auteur du livret, a aussi emprunté un certain nombre d’éléments à <em>La Mère coupable</em>. D’où une impression de trop et de trop peu à la fois. Le livret est certes bien construit, et il ménage des situations qui se prêtent bien à la musique, notamment à ces duos, trios et ensembles hélas si rares dans l’opéra contemporain. Revers de la médaille : ne subsiste ici qu’une intrigue sentimentale et mélodramatique cousue de fil blanc, privée de toute la dimension historico-politique bien présente chez Horváth. En dehors d’une assez discrète allusion au pacte germano-soviétique, et malgré les costumes années 1930 de <strong>Sue Blane, </strong>l’action pourrait se situer à n’importe quelle époque, dans les décors abstraits et mobiles de <strong>Ralph Koltaï</strong>. La scène lyrique ne se prête pas forcément au débat d’idées, mais dans les quelques occasions où le ton cherche à s’élever, on bascule tout à coup dans une grandiloquence déplacée : « Ma force sur vous, c’est que je crois encore à l’humanité », déclare ainsi la comtesse au Commandant, le méchant de l’histoire qu’on aurait voulu autrement plus effrayant.</p>
<p>Quant à la musique d’Elena Langer, elle pèche presque par excès d’accessibilité. La compositrice britannique – comme son nom ne l’indique guère – a passé les vingt premières années de sa vie à Moscou, et sa musique semble traduire ce double héritage : <em>Figaro Gets a Divorce</em> ressemble à du Britten, en moins puissant, matiné de Chostakovitch, pour les emprunts aux genres populaires et le côté musique de film. Refuser la dissonance pour ne pas effrayer le public, vouloir mettre beaucoup d’humour dans sa composition, voilà des intentions louables, mais le résultat est un peu tiède, malgré de beaux moments. On souhaite que son prochain opus annoncé, <em>Trotsky and Kahlo</em>, lui permette d’affirmer une voix plus personnelle, loin de l’ombre portée de Rossini et Mozart. Dans la fosse, <strong>Justin Brown </strong>dirige avec maestria le Basel Sinfonietta dans une partition dont l’ouverture promet des finesses d’orchestration qu’on voudrait retrouver davantage dans la suite.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/figaro_gets_a_divorce_pg_c_mdougados_03.jpg?itok=InqBDijP" title="© Magali Dougados" width="468" /><br />
	© Magali Dougados</p>
<p>Même si l’écriture d’Elena Langer ne paraît pas trop ardue pour les voix, la distribution réunit assez naturellement des chanteurs habitués à la musique des XX<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles.Vu dans <em>The Rake’s Progress</em> cet été à Aix-en-Provence, <strong>Alan Oke</strong> bénéficie du rôle le plus marquant, celui du Commandant qui aggrave tous les malheurs de la famille Almaviva. Scéniquement et vocalement, le ténor n’en fait qu’une bouchée, et nul doute qu’il aurait pu donner le meilleur dans un personnage plus malfaisant encore. Baba-la-Turque un peu décevante à Aix, <strong>Andrew Watts</strong> projette bien mieux sa voix dans l’espace de l’Opéra des Nations, Elena Langer l’obligeant à passer constamment d’un timbre à l’autre, tantôt baryton, tantôt contre-ténor, seule audace dans une répartition des timbres fidèle au modèle mozartien. Ann Trulove dans le <em>Rake’s Progress</em> qui a entamé sa tournée à Caen, <strong>Marie Arnet</strong> en Suzanne a droit à deux airs de style music-hall, ce qui est peu pour mettre en valeur sa voix ; la comtesse d’<strong>Ellie Dehn</strong> se voit confier encore moins de choses avant le bel ensemble du finale du deuxième acte. Comme dans <em>Les Noces de Figaro</em>, le comte et son valet sont deux barytons-basses : <strong>David Stout</strong> pâtit parfois d’une écriture un rien trop grave pour être tout à fait sonore, tandis que <strong>Mark Stone</strong>, récemment Wozzeck sur cette même scène, est un Almaviva assez effacé, du fait du livret même. Au couple de jeunes amoureux échoient de jolis duos pour deux vois de femme, Séraphin étant très traditionnellement confié à une mezzo en travesti : à la voix chaude de <strong>Naomi Louisa O’Connell</strong> se superposent les aigus un peu acides de <strong>Rhian Lois</strong>.</p>
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		<title>STRAVINSKY, The Rake&#039;s Progress — Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/the-rakes-progress-luxembourg-reprise-chaotique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Feb 2017 11:20:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans les mois qui suivent sa création, il est fréquent qu’un production d’opéra voyage, soit reprise dans différents théâtre ; pour les producteurs c’est une façon de partager ou d’amortir les frais de production, et d’assurer une diffusion plus large à des spectacles ambitieux. Pour les maisons d’opéra qui ne disposent pas de structures de production &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans les mois qui suivent sa création, il est fréquent qu’un production d’opéra voyage, soit reprise dans différents théâtre ; pour les producteurs c’est une façon de partager ou d’amortir les frais de production, et d’assurer une diffusion plus large à des spectacles ambitieux. Pour les maisons d’opéra qui ne disposent pas de structures de production propres, l’accueil des spectacles produits ailleurs permet de construire une saison à moindre coût et de faire son choix parmi les propositions des maisons concurrentes. C’est au terme d’un parcours de ce genre que ce <em>Rake’s Progress</em> produit à Caen l’automne dernier en ouverture de saison (voir <a href="http://www.forumopera.com/the-rakes-progress-caen-comme-un-baiser-sans-barbe">l’article de Laurent Bury</a>) puis à Limoges en janvier se retrouvait dimanche à l’affiche à Luxembourg. Hélas, les rigueurs de l’hiver avaient eu raison de la voix de Benjamin Hulett, pressenti pour le rôle titre mais atteint de bronchite, et c’est donc en toute dernière minute qu’<strong>Emilio Pons</strong> reprenait le flambeau, acceptant de chanter le rôle avec partition depuis l’avant-scène, tandis que le titulaire jouait avec ses partenaires ce qu’il ne pouvait chanter. La formule est périlleuse, surtout quand le remplaçant, sans doute faute de répétitions suffisantes, manifeste peu de familiarité avec le rôle dont il donne une lecture plutôt qu’une interprétation. Le spectacle réduit à ces tristes conditions perd beaucoup en intensité et en crédibilité et c’est dommage car la mise en scène proposait quelques beaux tableaux, la transposition au monde contemporain de l’argent facile dans les sphères de la spéculation boursière générant quelques idées intéressantes – parmi d’autres moins convaincantes !</p>
<p>Dominant largement la distribution vocale,  <strong>Kevin Short</strong> en Nick Shadow livre une performance remarquable à tout point de vue ; il a à la fois la noirceur et les séductions du rôle, assumant crânement ses côtés subversifs avec un réel appétit pour le texte sarcastique du livret. <strong>Marie Arnet</strong> en Anne Trulove est excellente également. Le timbre est chaud et presque maternel, sa présence scénique émouvante sans mièvrerie, et on ne peut qu’être touché par le chemin qu’elle parcourt entre candeur et lucidité, illusions et résignation, avec l’amour pour seul flambeau. <strong>Isabelle Druet</strong> donne beaucoup de présence au rôle guignolesque de la femme à barbe (transformée ici en vedette people, et donc sans attribut pileux), mais sa prestation musicale nous a un peu déçu : peu de couleurs, peu d’énergie dans une voix en petite forme, toute l’attention de la chanteuse semblant s’être concentrée sur sa prestation d’actrice parfois très drôle. Sous des dehors loufoques, <strong>Colin Judson</strong> se montre très efficace dans le rôle de Sellem, <strong>Stephan Loges</strong> une peu faible dans celui du père Trulove, et <strong>Kathleen Wilkinson</strong> particulièrement extravagante dans le petit rôle de la mère Goose.</p>
<p>Abstenons nous de juger Emilio Pons, victime de son impréparation, ou de sa générosité à accepter une proposition de dernière minute qu’il aurait sans doute mieux fait de refuser. Il a sauvé (plus ou moins) le spectacle qui sans lui n’aurait pu avoir lieu.</p>
<p>Dans la fosse, l’orchestre régional de Normandie réalise une prestation très honorable malgré l’acoustique un peu sèche du Grand Théâtre, dirigé d’une main experte par <strong>Jean Deroyer</strong> qui, très attentif aux chanteurs, donne couleurs et rigueur à la magnifique partition de Stravinsky. On n&rsquo;évite pas cependant quelques décalages, sans doute dus au manque de répétition et aux circonstances particulièrement difficiles et imprévisibles.</p>
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		<item>
		<title>STRAVINSKY, The Rake&#039;s Progress — Caen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/the-rakes-progress-caen-comme-un-baiser-sans-barbe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Nov 2016 16:17:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sixième spectacle in loco, mais toute première mise en scène d’opéra pour David Bobée avec ce Rake’s Progress courageusement programmé en ouverture de saison par le Théâtre de Caen. Superbe cadeau pour un homme de théâtre, ou cadeau empoisonné ? On peut se le demander en voyant cette production, qui paraît constamment tiraillée entre deux options &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Sixième spectacle in loco, mais toute première mise en scène d’opéra pour <strong>David Bobée</strong> avec ce <em>Rake’s Progress</em> courageusement programmé en ouverture de saison par le Théâtre de Caen. Superbe cadeau pour un homme de théâtre, ou cadeau empoisonné ? On peut se le demander en voyant cette production, qui paraît constamment tiraillée entre deux options contradictoires. La transposition de nos jours n’a rien en soi de renversant, et ce n’est pas la première fois qu’un opéra au livret allégorique est « mis à plat » pour rejoindre la banalité de notre quotidien, avec Tom Rakewell en trader saisi par la débauche. Oui, mais si David Bobée gomme beaucoup, il surligne tout autant. Le décor se compose surtout de vidéos tantôt neutres – une vue des gratte-ciels de Londres aujourd’hui à travers l’immense baie vitrée de l’appartement de Tom –, tantôt lourdement symboliques comme ce jardin du premier acte réduit à quelques graminées surdimensionnées derrière lesquelles persiste, immobile, la tête tout aussi géante d’un mouton, représentation naïve de l’innocence initiale du héros. On songe aussi à ce bras nu qui remue une sorte de purée de framboises, image projetée en arrière-plan quand Mother Goose se charge de l’initiation de Tom. Malgré quelques très beaux effets de lumière, la soirée n’est pas exempte de longueurs. A force de tirer à hue et à dia, la mise en scène finit par avoir à peu près autant de saveur qu’un baiser sans moustache, ou plutôt sans barbe puisque, bien entendu, Baba la Turque perd ici toute pilosité hors-norme, pour n’être qu’une femme-spectacle vivant du regard des autres, ainsi que le montre son étonnant costume, une robe à frise d’yeux. D&rsquo;ici <em>La Nonne sanglante </em>de Gounod, qu&rsquo;il doit monter à l&rsquo;Opéra-Comique en 2018, David Bobée aura le temps de faire des choix plus nets.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/the_rakes_progress-rphdelval-1184.jpg?itok=beKKk4qc" title="© Philippe Delval" width="468" /><br />
	© Philippe Delval</p>
<p>Sur le plan musical, l’impression est aussi mitigée. <strong>L’Orchestre régional de Normandie</strong> fait mieux que remplir son contrat, sous la baguette rigoureuse de <strong>Jean Deroyer</strong>, qui respecte à la lettre cette bondissante sécheresse voulue par Stravinsky dans une œuvre typique d’un certain néo-classicisme du XX<sup>e</sup> siècle. Importation réussie pour le <strong>Chœur de l’Opéra de Limoges</strong>, venu à Caen dans le cadre de la coproduction qui entraînera ensuite ce spectacle à Reims, à Rouen, à Limoges et à Luxembourg : le livret a prévu pour les choristes des interventions régulières et significatives, dont la formation limousine s’acquitte avec le brio nécessaire.</p>
<p>Parmi les solistes, les méchants l’emportent haut la main. Il faut d’abord saluer bien bas la performance de <strong>Kevin Short</strong>, impressionnant Nick Shadow, qu’on n’hésite pas à comparer aux meilleurs titulaires du rôle : authentique timbre de basse d’une densité et d’une noirceur idéales pour le personnage, mordant de la diction qui confère toute leur force ironique aux mots de W.H. Auden, gestuelle tranchante et vraie présence scénique. Autant de qualités qui rendent mémorable la prestation de celui que notre collègue Yannick Boussaert jugeait « aussi charismatique que Franz Masura en précepteur d’Oreste » dans <a href="http://www.forumopera.com/elektra-new-york-etranges-sensations"><em>Elektra </em>à New York</a>. Pour cette prise de rôle qu’elle nous avait annoncée <a href="http://www.forumopera.com/actu/isabelle-druet-jadorerais-chanter-mozart-je-suis-en-manque-de-haendel-et-je-reve-de-richard">en interview il y a deux ans</a>, et même privée de barbe, <strong>Isabelle Druet</strong> fait valoir les graves somptueux d’une voix en parfaite adéquation avec les exigences de la partition. Quant à l’actrice, elle met à merveille en évidence le côté humain de celle qui n’est d’abord qu’une caricature : se dépouillant de son manteau bigarré, de son chasse-mouche, de ses bijoux et enfin de sa perruque, la mezzo donne vie à son personnage et rend crédible sa conversion en adjuvante qui incite Anne Trulove à rejoindre son bien-aimé. Même transformé en loup de Wall Street, <strong>Colin Judson </strong>est un Sellem extrêmement pittoresque, au timbre percutant. Toujours du côté des figures les plus noires, <strong>Kathleen Wilkinson</strong> prête à Mother Goose une voix sonore et une silhouette haute en couleur.</p>
<p>On est en revanche moins convaincu par les « gentils » de l’histoire. <strong>Stephan Loges</strong> est un Père Trulove trop souvent couvert par l’orchestre, faute de puissance suffisante dans le grave. <strong>Marie Arnet </strong>possède une voix agréable dans le médium, mais peut-être pas assez pour rendre Anne Trulove véritablement touchante, et elle prend une dureté beaucoup moins plaisante dans l’aigu forte, ainsi que dans les quelques passages d’agilité, ce qui surprend de la part d’une artiste habituée à la musique du XVIII<sup>e</sup> siècle (on a pu la voir en Pamina à Nantes ou en concert dans <em>Zaïs</em> de Rameau). Doté d’un timbre clair et souple,  <strong>Benjamin Hulett </strong>ne démérite pas vocalement, mais peine davantage à faire exister scéniquement son Tom Rakewell, ici un peu benêt et manquant un peu d’initiative, malgré une belle scène du cimetière au dernier acte. Gageons que l’assurance viendra au fil des représentations, prévues au rythme de deux ou trois par théâtre coproducteur entre ce mois de novembre et début février 2017.</p>
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		<item>
		<title>RAMEAU, Zaïs — Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/zais-beaune-des-talens-lyriques-galvanises-et-touches-par-la-grace/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jul 2014 05:53:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux-cent-cinquantième anniversaire de la naissance de Rameau oblige, les raretés succèdent aux inédits pour la plus grande félicité des ramistes. Après Les Fêtes de l’Hymen et de l’Amour ressuscitées à Versailles sous la conduite d’Hervé Niquet, le Festival de Beaune fêtait l’enfant du pays, le 5 juillet dernier, en invitant Christophe Rousset à diriger le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux-cent-cinquantième anniversaire de la naissance de Rameau oblige, les raretés succèdent aux inédits pour la plus grande félicité des ramistes. Après <em><a href="/spectacle/que-de-richesses-en-cette-legerete">Les Fêtes de l’Hymen et de l’Amour</a> </em>ressuscitées à Versailles sous la conduite d’Hervé Niquet, le Festival de Beaune fêtait l’enfant du pays, le 5 juillet dernier, en invitant <strong>Christophe Rousset</strong> à diriger le méconnu <em>Zaïs</em>. Toutefois, ce n’était que le premier acte d’une célébration qui se poursuivra le 26 juillet avec <em>Castor et Pollux</em>, confié à Raphaël Pichon, William Christie dirigeant le lendemain ses Arts Florissants dans les grands motets.</p>
<p>L’argument de Cahusac, qui s’inspire largement du <em>Zélindor </em>de Francoeur et Rebel comme de l’<em>Issé </em>de Destouches, frappe par sa simplicité, pour ne pas dire sa naïveté, et tiendrait sur un bristol. Déguisé en pâtre pour ne point effaroucher Zélidie, Zaïs, le génie des airs, met sa constance à l’épreuve avec la complicité du sylphe Cindor, mais la pastourelle repousse ses avances et résiste au doute qu’il cherche à instiller en elle. Convaincu de sa fidélité, Zaïs révèle sa véritable identité mais celle-ci intimide et désole la bergère, il renonce alors à ses pouvoirs afin de l’épouser en égal quand surgit Oromazès, le roi des génies, qui lui rend son statut et offre également l’immortalité à Zélidie, le quatrième et dernier acte se refermant sur les noces des amants. Rameau pourrait transformer du plomb en or et réussit, en l’occurrence, à transcender l’indigence du livret. Sans aller jusqu’à parler d’un chef-d’œuvre, nous partageons, avec Girdlestone, le jugement de Masson (<em>L’Opéra de Rameau</em>) : « <em>C’est ce mélange de grandiose, de gracieux et de touchant dans une œuvre de demi-caractère, qui fait encore pour nous le charme particulier de </em>Zaïs ».</p>
<p>Si Sabine Devieilhe nous révélait voici peu les étonnants raccourcis harmoniques du monologue de Zélidie, <a href="/cd/une-devieilhe-fait-le-printemps">« Coulez mes pleurs »</a>, avouons-le, nous ne connaissions guère de <em>Zaïs </em>que l’ouverture, où Rameau donne à entendre, sinon à voir les images du débrouillement du chaos, du choc des Eléments lorsqu’ils sont séparés et l’émergence progressive de l’univers, de l’ordre et de l’harmonie. Des pages instrumentales telles que ce prodigieux poème symphonique ou encore « les Torrents s’ouvrent un passage » (prologue) annoncent, ni plus ni moins, la révolution stylistique de <em>Zoroastre</em>. Et puisque l’orchestre est le premier et véritable héros de cet opéra-ballet ou ballet « héroïque », il nous faut saluer d’emblée la performance exceptionnelle des <strong>Talens lyriques</strong>, littéralement galvanisés, mais aussi tenus d’une poigne infaillible par Christophe Rousset. Les épithètes ne sont pas trop fortes pour saluer la prestation des musiciens dans une partition aussi exigeante, qui sollicite non seulement leur virtuosité, mais aussi leur endurance. Aucun relâchement, pas la moindre baisse de régime à déplorer, la précision et la vigueur du geste dans les gammes et arpèges voltigeurs du « ballet de la légèreté et de l’inconstance », au III, nous laissent pantois d’admiration, mais il faudrait aussi revenir sur le ballet figuré du I ou sa « symphonie voluptueuse », entre autres numéros, car ils flattent une plastique sonore qui n’a rien à envier au légendaire moelleux des Arts Florissants.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/zais_fiob_beaune_we1_2014_rousset_3.jpg?itok=mrvj6wTi" title="Christophe Rousset © FIOB Beaune 2014" width="468" /><br />
	Christophe Rousset © FIOB Beaune 2014</p>
<p>Les interventions, hélas peu nombreuses, du <strong>Chœur de Chambre de Namur</strong>, se hissent au même niveau (superbe « Aquillons rompez votre chaine! »), mais les choses se compliquent avec les solistes. Difficile de ne pas imputer à une méforme, espérons-le passagère, les contre-performances de <strong>Konstantin Wolff</strong> (Oromazès), engorgé et qui s’époumone dans le prologue, et d’<strong>Amel</strong> <strong>Brahim-Djelloul</strong> (La Grande Prêtresse, une Sylphide), atone et livide, au contraire de l’Amour alerte, frais et délicieusement velouté de <strong>Hasnaa Bennani</strong>. De Cindor, <strong>Benoît Arnould</strong>, qui ne manque pourtant pas de vaillance, peine à évoquer « la puissance souveraine » et les « effets éclatants », le rôle étant manifestement trop lourd pour ses moyens actuels.</p>
<p>Parfois en délicatesse avec le diapason, notamment lorsqu’elle tente d’alléger son émission, <strong>Marie Arnet</strong> confère toutefois une épaisseur inattendue au personnage de Zélidie, dépourvue de toute mièvrerie et dont la sincérité, la candeur étonnée comme le désarroi nous étreignent. Le Zaïs de <strong>Julien Prégardien</strong>, crinière léonine et port altier, a tout pour la séduire : un timbre personnel et pénétrant, un mélange savamment dosé d’ardeur et de suavité, du style, mais l’intonation se révèle fragile et la raideur de l’organe compromet son virevoltant triomphe (« Règne Amour, lance tes traits »). L’acrobatique et très tendue ariette d’un Sylphe (<strong>Zachary Wilder</strong>), « Dans nos feux » expose les limites de cette tessiture de haute-contre qui posait déjà problème à l’époque et que Rousseau, notamment, ne s&rsquo;est pas privé de fustiger. </p>
<p>Cette production de <em>Zaïs </em>sera reprise à l’automne, d’abord au Concertgebouw d’Amsterdam (15 novembre) puis à l’Opéra de Versailles (18 novembre), Sandrine Piau succédant à Marie Arnet en Zélidie, avant de faire l’objet d’un enregistrement. C’est une excellente nouvelle car la seule gravure, incomplète, de l’œuvre, réalisée dans les années 70 par Gustav Leonhardt à la tête de la Petite Bande, n’est plus disponible. </p>
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			</item>
		<item>
		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-nantes-la-poesie-de-lenfance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 May 2014 21:35:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est des partitions que l&#8217;on retrouve avec délice, comme un vieil ami avec qui l&#8217;on a beaucoup partagé, que l&#8217;on connaît bien sans que, pour autant, le charme de sa conversation ne soit épuisé. Die Zauberflöte fait partie de ces œuvres que l&#8217;on se réjouit de revisiter, d&#8217;autant plus que pour beaucoup de mélomanes, elle a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Il est des partitions que l&rsquo;on retrouve avec délice, comme un vieil ami avec qui l&rsquo;on a beaucoup partagé, que l&rsquo;on connaît bien sans que, pour autant, le charme de sa conversation ne soit épuisé. <em>Die Zauberflöte</em> fait partie de ces œuvres que l&rsquo;on se réjouit de revisiter, d&rsquo;autant plus que pour beaucoup de mélomanes, elle a été le premier contact avec le monde lyrique, et bien souvent l&rsquo;objet d&rsquo;un coup de foudre d&rsquo;enfant. Angers Nantes Opéra en propose une bien jolie version, reprise de sa production de 2006, qui nous transporte dans un imagier faisant la part belle à la fantaisie comme à la gravité.</p>
<p>Dans une distribution d&rsquo;excellente tenue, <strong>Ruben Drole</strong> mérite une mention particulière : son Papageno est un régal d&rsquo;humour, de fantaisie, d&rsquo;intelligence scénique et musicale. Son charisme n&rsquo;a d&rsquo;égal que son impeccable diction. La voix est ample, homogène, le timbre généreux. Membre de la troupe de l&rsquo;Opéra de Zurich depuis plusieurs années, on peut l&rsquo;y entendre régulièrement. Il justifierait à lui seul une escapade pour l&rsquo;applaudir en Escamillo courant juin ou encore en Leporello au Theater an der Wien la saison prochaine. À l&rsquo;oiseleur, il faut un prince ; <strong>Elmar Gilbertsson</strong> propose un Tamino très convaincant, à la projection puissante, au timbre ciselé pour le rôle. On pourra lui reprocher toutefois d&rsquo;être un peu court de souffle par moment, ce qui implique quelques prises d&rsquo;airs incohérentes avec le texte. Face à lui, la Pamina de <strong>Marie Arnet</strong> est d&rsquo;une grande musicalité, son jeu de scène, comme son interprétation sont dépourvus d&rsquo;afféterie. Son soprano est bien timbré, solaire et plaisamment charnu, avec de jolies nuances aussi ingénieuses qu&rsquo;inattendues. Malheureusement la voix ne tient pas sur la longueur et la chanteuse suédoise est en difficulté à partir de « Ach ich fühl&rsquo;s ». Ce que l&rsquo;on retient pourtant, c&rsquo;est la pureté parfaitement assumée du personnage, sans outrance ni pose. Le contraste pourrait donc être parfait avec l&rsquo;incarnation volcanique de sa mère par <strong>Olga Pudova</strong>. La colorature russe fait mieux encore en offrant une version juvénile et sincère du personnage. L&rsquo;air d&rsquo;entrée dégage une émotion singulière, notamment par des nuances remarquablement intelligentes et des piano subito prenants. Familière de la figure de Reine de la Nuit qu&rsquo;elle a interprétée dans les institutions prestigieuses de Saint-Pétersbourg, Berlin ou Vienne, elle l&rsquo;incarnera à nouveau la saison prochaine à Zürich et Paris.</p>
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<p><strong>Patrice Caurier et Moshe Leiser</strong> sont manifestement d&rsquo;excellents directeurs d&rsquo;acteurs qui ont le goût du jeu : autour des personnages principaux, les trois Dames, <strong>Katia Velletaz, Emilie Renard et Ann Taylor</strong> convoquent la commedia dell&rsquo;arte dans des costumes très réussis tandis qu&rsquo;<strong>Eric Huchet</strong> – impeccable – jubile en Monostatos. Habitués le la maison nantaise comme de nombreuses scènes internationales, ils reviennent ici au pur plaisir du théâtre, jouant de ses artifices les plus traditionnels avec efficacité et pertinence : trappes, objets tombant des cintres, envolées des artistes vers le ciel, colombes vivantes entourant Papageno… Le spectateur feuillette avec plaisir ce livre d&rsquo;images qui le transporte sans heurt d&rsquo;un univers à l&rsquo;autre. Les trois enfants entraînent Pamina dans les airs et l&rsquo;on croit voir la Wendy de Peter Pan s&rsquo;envoler au dessus de Londres ; Papageno, terrorisé, se cache sous la table du festin mais ne peut se résoudre à fuir en abandonnant une si bonne chère : il emporte donc la desserte sur son dos comme dans le théâtre italien ; une biche empaillée suspendue dans les airs par un rayon vert évoque quant à elle un happening d&rsquo;art contemporain&#8230; La dimension ésotérique n&rsquo;est pas oubliée pour autant et se donne à voir en des images simples et parlantes : les scènes du temple sont recueillies et le chœur de <strong>Xavier Ribes</strong> joliment impliqué ; Pamina et Tamino traversent les épreuves du feu et de l&rsquo;eau engloutis sous la scène tout comme ils doivent plonger en eux-mêmes pour naître à une autre dimension. <strong>James Creswell</strong>, enfin, campe un Sarastro géant dont la ligne de chant est d&rsquo;un grand naturel, sans effort apparent dans l&rsquo;émission, ce qui confère à son personnage une noblesse dépourvue emphase.</p>
<p>Face à un si beau plateau, qu&rsquo;arrive-t-il à <strong>Mark Shanahan</strong> ? Le chef britannique ne nous avait pas habitués à ces décalages répétés entre la scène et la fosse qui s&rsquo;ajustent parfois laborieusement. Dès l&rsquo;ouverture une certaine imprécision nuit à l&rsquo;écoute, les cuivres sont trop forts, ce qui s&rsquo;avère d&rsquo;autant plus dommage que faire ressortir les lignes de basses de la partition était une bonne idée. Par la suite, les tempi posent question à plusieurs reprises et mettent les chanteurs bien inutilement en difficulté. En dépit de ce bémol, l&rsquo;essentiel est bien là : <em>Die Zauberflöte</em> est un conte de fées, au même titre qu&rsquo;un récit d&rsquo;initiation, la maison nantaise nous propose une version fidèle à l&rsquo;esprit de l&rsquo;œuvre et une soirée pleine de grâce et de merveilleux.</p>
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prochaines représentations :<br />
Nantes / Théâtre Graslin : lundi 26, mercredi 28, vendredi 30 mai, dimanche 1er, mardi 3 juin 2014<br />
Angers / Le Quai : vendredi 13, dimanche 15, mardi 17 juin 2014</p>
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