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	<title>Camille BAUER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Camille BAUER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>GRIEG, Peer Gynt – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/grieg-peer-gynt-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Composé en 1866 dans des endroits aussi enchanteurs que Frascati, Rome ou Ischia, le poème dramatique de Henrik Ibsen Peer Gynt est ensuite transformé en longue pièce de théâtre en cinq actes quelques années plus tard, avec une quarantaine de scènes et des dizaines de personnages. Le célèbre dramaturge s’était adressé à son génial contemporain &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Composé en 1866 dans des endroits aussi enchanteurs que Frascati, Rome ou Ischia, le poème dramatique de Henrik Ibsen <em>Peer Gynt</em> est ensuite transformé en longue pièce de théâtre en cinq actes quelques années plus tard, avec une quarantaine de scènes et des dizaines de personnages. Le célèbre dramaturge s’était adressé à son génial contemporain Edvard Grieg pour lui écrire la musique de scène composée, dans sa forme complète, de 26 morceaux consistant en interludes, mélodrames (c’est-à-dire textes dramatiques accompagnés de musique), airs et chœurs.</p>
<p>C’est l’intégralité de la partition originale de Grieg qui est ici restituée, dans une version de concert où les airs sont reliés par les interventions d’une narratrice, soutenue par quatre comédiens, qui résument la pièce, dans une adaptation conçue par <strong>Alain Perroux</strong>, l’<a href="https://www.forumopera.com/alain-perroux-la-beaute-des-bannis-les-marginaux-et-les-declasses-sont-des-objets-de-fascination-pour-le-public/">actuel directeur</a> de l’Opéra national du Rhin. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le dramaturge a le sens de la synthèse et de la concision : la pièce d’Ibsen durait près de 7 heures (avec notamment une célèbre mise en scène par Patrice Chéreau à Villeurbanne avec entre autres Maria Casarès et Gérard Desarthe, ce qui laisse rêveur…). La version d’Alain Perroux, bien plus courte et réduite à une trame permettant habilement de lier entre eux les numéros musicaux, sert efficacement le propos, ennoblit la quête initiatique erratique du fieffé menteur et séducteur sans vergogne qu’est Peer Gynt, entre réalité banale, fantaisie picaresque et poésie fantastique.</p>
<p>Les cinq comédiens ont été choisis à l’École supérieure d’art dramatique du Théâtre National de Strasbourg, ce qui permet ainsi une collaboration avec la célèbre institution voisine, le bâtiment du TNS se situant à quelques pas de l’Opéra de Strasbourg. Dans le rôle de Peer Gynt, <strong>Sørn Mermillod Petry</strong> se montre épatant, très bien secondé par les autres acteurs et en particulier le caméléon vocal <strong>Dominique Grylla</strong>, formidable dans ses trois rôles parlés, d’autant plus qu’il a intégré la distribution il y a quelques jours à peine à la suite d’une défection.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="498" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/80551531-6384-4195-B102-5F6C93C734FC-1024x498.jpeg" alt="" class="wp-image-183243"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>La version de concert établie par Alain Perroux en 2000 a déjà été chroniquée plusieurs fois sur ForumOpera, en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/peer-gynt-limoges-il-faut-cultiver-notre-fjord/">2017</a>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/peer-gynt-montpellier-omni-nm-objet-musical-non-identifie/">2018</a> ou en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/peer-gynt-compiegne-vaste-fresque-lilliputienne/">2022</a>. Pour ces spectacles, un dispositif scénique composé de passerelles et de projections vidéo avait été proposé. À Strasbourg, seuls sont présents les interprètes, qui remplissent cependant l’ensemble de la scène, avec un immense écran derrière eux où sont projetés des nuages, puis simplement des bains de couleurs très minimalistes. Cette sobriété contribue à l’intensité du drame poétique. La riche idée est d’avoir placé une partie de l’orchestre au-dessus de la fosse d’orchestre, comédiens et chanteurs à l’avant, évoluant donc directement dans la salle, au plus près des spectateurs. La salle, assez sèche, offre ainsi une sonorité magnifiée. À la tête d’un <strong>Orchestre philharmonique de Strasbourg</strong> en grande forme, le chef ouzbek <strong>Aziz Shokhakimov</strong> se plaît visiblement beaucoup à diriger cette partition bien plus riche que ses seuls tubes, à commencer par « Dans l’Antre du roi de la montagne », où les épaules du chef se font claudication expressive et dynamique. Évidemment, difficile de ne pas penser au chef-d’œuvre <em>M le Maudit </em>(où Fritz Lang siffle d’ailleurs l’air en doublant Peter Lorre), équivalent visuel chevillé à la mémoire de tout cinéphile, mais la version avec chœurs est ici fabuleuse (terrifiants « Slagt ham ! », « Tuez-le » !), quoique très frustrante, puisque longue de quelques petites minutes à peine. C’est un peu ce que l’on reprocherait à toute la partition : elle est bien ramassée, même si les univers musicaux sont subtilement et richement variés (norvégiens pour nous, alors qu’ils sont supposés être exotiques, évoquant le désert ou le vaste monde). Autant dire qu’on ne s’ennuie pas une seconde au cours des quelques deux heures trente que dure le spectacle, où les interventions chantées sont assez rares, mais superbes.</p>
<p>Le plateau musical est composé par des artistes issus de l’Opéra Studio de l’Opéra national du Rhin. L’air le plus beau, la célèbre « Chanson de Solveig », est interprété par la soprano britannique <strong>Alysia Hanshaw</strong>, avec toute la noblesse et la grandeur d’âme que requièrent le lumineux personnage de Solveig, abandonnée par Peer Gynt mais qui l’attend toute sa vie jusqu’à son retour, au seuil de sa vie. Le baryton mexicain <strong>Carlos Reynoso</strong> incarne avec conviction un solaire Peer Gynt. Sa voix aux inflexions très riches donne envie de le réentendre bientôt dans des rôles plus développés, ce qui est également le cas du baryton français <strong>Pierre Gennaï</strong>, convaincant dans le rôle du Voleur. Les trois Filles des pâturages sont merveilleusement assorties (là encore, de jeunes interprètes à suivre) et le <strong>Chœur de l’Opéra national du Rhin</strong> est magistral. </p>
<p>Un bien beau spectacle, à comparer avec le <em>Peer Gynt</em> avec une mise en scène, cette fois, celle d’Olivier Py, programmé au Châtelet en mars prochain.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/grieg-peer-gynt-strasbourg/">GRIEG, Peer Gynt – Strasbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>PUNTOS, Les Trois Brigands &#8211; Colmar</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puntos-les-trois-brigands-colmar/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Nov 2024 06:42:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa nouvelle création Jeune Public, L&#8217;Opéra national du Rhin n&#8217;a eu qu&#8217;à tourner le regard de l&#8217;autre côté de l&#8217;Ill pour plonger dans le répertoire alsacien, portant à la scène le délicieux album de Tomi Ungerer, les Trois Brigands, qui a enchanté des générations d&#8217;enfants depuis sa parution en 1961. Le musée consacré à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa nouvelle création Jeune Public, L&rsquo;Opéra national du Rhin n&rsquo;a eu qu&rsquo;à tourner le regard de l&rsquo;autre côté de l&rsquo;Ill pour plonger dans le répertoire alsacien, portant à la scène le délicieux album de Tomi Ungerer, <em>les Trois Brigands</em>, qui a enchanté des générations d&rsquo;enfants depuis sa parution en 1961. Le musée consacré à l&rsquo;illustrateur se trouve à un jet de pierre de l&rsquo;institution strasbourgeoise.</p>
<p>Toutes les deux saisons, l’OnR passe commande d&rsquo;une œuvre nouvelle. Après <em>Les rêveurs de la lune</em> d&rsquo;Howard Moody en 2022, <strong>Didier Puntos</strong>  propose une partition sensible au langage très accessible, indéniablement contemporain mais toujours au service de la narration et des émotions des personnages.<br />Le compositeur alterne direction et piano à quatre mains avec un choix de l&rsquo;instrumentarium particulièrement pertinent car les percussions comme les clarinettes de l&rsquo;excellente<strong> Garance Murard</strong> complètent idéalement le clavier pour installer des atmosphères prenantes entre cauchemars et poésie. Les couleurs changeantes, le flux sonore continu mais très rythmique nous projettent très efficacement dans l&rsquo;histoire si visuelle de l&rsquo;album original.<br />Le public d&rsquo;enfants ne s&rsquo;y trompe pas qui s&rsquo;immerge immédiatement, hilare ou retenant son souffle, dans les facéties du plateau d&rsquo;excellente tenue offert par les jeunes artistes de l&rsquo;Opéra Studio.</p>
<p>Il faut dire que le librettiste, <strong>Gilles Rico</strong>, endosse également la casquette bicéphale de metteur en scène. Il est évident qu&rsquo;il a écrit en pensant déjà au rythme de l&rsquo;action. Le duo qu&rsquo;il forme avec<strong> Jean-Philippe Guilois</strong> a particulièrement soigné la direction d&rsquo;acteur : les cinq solistes font merveille dans un décor en forme de livre « pop-up » imaginé par <strong>Philippine Ordinaire</strong> et qu&rsquo;ils transforment à vue. Joyeux et vibrionnants, ils sont très à l&rsquo;aise en dépit d&rsquo;une partition exigeante. Ils assument la dimension « cartoonesque » de leurs personnages encore accentuée par les costumes imaginés par<strong> Violaine Thel</strong> &#8211; clin d&rsquo;oeil aux habits de poupée en papier découpé -.<br />Guidés par la très convaincante <strong>Cathy Bernecker</strong> en narratrice/marraine-fée, la jeunesse est ici à la manœuvre puisque les impeccables musiciens sont ceux de la Hear* pérennisant ainsi un partenariat qui dure depuis huit ans, tandis que les solistes sont tous issus de l&rsquo;Opéra Studio de l&rsquo;OnR. Formé pour une ou deux années à Colmar, ils viennent du monde entier pour donner vie à l&rsquo;univers si merveilleusement fantasque du grand illustrateur alsacien.</p>
<p>La soprano uruguayenne<strong> Ana Escudero</strong> a été formée dans son pays avant d&rsquo;intégrer la Maîtrise de Notre-Dame de Paris, d&rsquo;où son français impressionnant de naturel. Incarnant le personnage principal, elle évoque immédiatement <em>l&rsquo;Enfant et les Sortilèges</em> par sa présence vive en parfaite adéquation avec un joli timbre frais et juvénile qui mériterait de plus jouer des nuances.<br />
Elle commence sa seconde année au sein de l&rsquo;Opéra Studio tout comme sa comparse <strong>Camille Bauer</strong>, au beau mezzo-soprano chaud, très legato, sonore sur l&rsquo;ensemble de la tessiture.</p>
<p>Toutes deux donnent la réplique à l&rsquo;excellent<strong> Carlos Reynoso</strong> qui vient d&rsquo;intégrer la structure, fort d&rsquo;une expérience scénique déjà conséquente. Comédien engagé dont l&rsquo;énergie bougonne n&rsquo;est pas sans évoquer celle d&rsquo;un Joe Dalton, il bénéficie d&rsquo;une voix charnue aux couleurs raffinées. Notons que le baryton mexicain est également le fondateur de « Ópera : Nuestra Herencia Olvidada » &#8211; Opéra : notre patrimoine oublié &#8211; une compagnie œuvrant à la promotion de l’opéra de son pays. Avec elle, il a enregistré des chansons inédites pour voix et piano de Cenobio Paniagua compositeur d&rsquo;opéra du XIXe siècle.</p>
<p>Les deux autres brigands, ont plus de difficulté avec la prosodie française qui se teinte d&rsquo;un accent assez charmant tout en restant clairement compréhensible. Le baryton-basse polonais<strong> Michal Karski</strong> a déjà beaucoup pratiqué la scène, il régale de son timbre ample et sensuel projeté avec générosité.<br />
Il est plein d&rsquo;humour et de drôlerie, tout comme <strong>Massimo Frigato</strong> dont le ténor s&rsquo;avère un peu contraint dans un medium assez mat.<br />
Ces artistes sont à retrouver au fil de la saison de l&rsquo;OnR dans <em>Peer Gynt, La Traviata</em> ou encore <em>Brundibár</em>.<br />
Avant cela, ils écumeront l’Alsace et le Grand Est avec ce nouvel opus d&rsquo;«&nbsp;Opéra Volant&nbsp;», forme légère permettant de diffuser le répertoire lyrique sur l&rsquo;ensemble du territoire. Une proposition portée par l’Opéra national du Rhin pour la quatrième année consécutive.<br />
Ainsi les Trois Brigands voyageront-ils jusque fin janvier dans la région pour quinze représentations. Outre Colmar, Mulhouse et Strasbourg, ils seront également à l&rsquo;affiche à Saint-Dizier, Sarre-Union, Vogelgrun et Sainte-Marie-aux-Mines.</p>
<p>* Haute Ecole des Arts du Rhin</p>
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		<title>Impressions de Pelléas</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/impressions-de-pelleas-les-belges-entre-eux-ou-presque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Dec 2018 07:56:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Même si Pelléas et Mélisande brille comme un phare au milieu de notre répertoire lyrique national, il ne faudrait pas oublier ce que cette œuvre doit à la Belgique. Si l’opéra français est redevable envers le pays voisin, c’est notamment parce qu’y ont été créées quantité d’œuvres trop audacieuses pour être accueillies d’emblée à Paris. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Même si <em>Pelléas et Mélisande </em>brille comme un phare au milieu de notre répertoire lyrique national, il ne faudrait pas oublier ce que cette œuvre doit à la Belgique. Si l’opéra français est redevable envers le pays voisin, c’est notamment parce qu’y ont été créées quantité d’œuvres trop audacieuses pour être accueillies d’emblée à Paris. Mais dans le cas de <em>Pelléas</em>, c’est parce que le texte, essentiel déclencheur du génie de Debussy, fut écrit par le grand symboliste belge qu’était Maurice Maeterlinck. Comme beaucoup d’intellectuels flamands nés dans la deuxième moitié du XIX<sup>e</sup> siècle, Maeterlinck était francophone, et c’est en français qu’il écrivait ces pièces étranges dont Paris assura la première. Le 17 mai 1893, le lieu le plus inattendu accueillit la création théâtrale de <em>Pelléas et Mélisande</em> : les Bouffes-Parisiens. C’est dans ce cadre historiquement associé à l’opérette que Debussy vit la pièce et qu’il conçut l’idée de l’adapter en musique. Il ne fut pas le seul à être inspiré par l’atmosphère étrange du royaume d’Allemonde, et Maeterlinck allait ensuite susciter d’autres adaptations lyriques.</p>
<p>De ce fait, la Belgique peut revendiquer sa part dans la bombe qui éclata Salle Favart en avril 1902. C’est un peu ce que propose le disque publié par le label belge Fuga Libera. Modestement, l’entreprise s’est limitée à enregistrer non pas une énième version de <em>Pelléas et Mélisande</em>, mais à graver ce qui peut apparaître comme une première au disque : <em>Impressions de Pelléas</em>, adaptation signée Marius Constant. Après avoir fabriqué une <em>Pelléas et Mélisande Symphonie</em> en 1983, le compositeur revint à la charge une dizaine d’années plus tard et conçut cette version « comprimée » de l’opéra qui fut présentée entre novembre 1992 et janvier 1993 aux Bouffes… du Nord, dans la mise en scène de Peter Brook. L’orchestre étant remplacé par deux pianos, on avait notamment pu y entendre le Pelléas de Jean-François Lapointe, le Golaud de Vincent Le Texier ou l’Arkel de Roger Soyer. Raccourcie ici et là, l’œuvre était ramenée à une heure et trente minutes, certaines scènes disparaissant entièrement (la visite de la grotte, Yniold et les moutons) et Marius Constant s’était même autorisé quelques tripatouillages, puisque la rencontre de Golaud et Mélisande est insérée comme un flashback à l’intérieur de la lecture de la lettre par Geneviève, sur laquelle s’ouvre <em>Impressions de Pelléas</em>, aussitôt après l’ouverture.</p>
<p>Au clavier, deux instrumentistes belges : <strong>Inge Spinette</strong> et <strong>Jan Michiels</strong>, sur qui repose le lourd fardeau de faire oublier les extraordinaires couleurs de l’orchestre debussyste. Peut-être pour faciliter cette acclimatation de l’oreille, on a fait précéder l’opéra de la transcription pianistique du <em>Prélude à l’après-midi d’un faune</em>, et <em>En blanc et noir</em> vient conclure le deuxième CD (on en arrive ainsi à une durée totale légèrement supérieure à deux heures). Marius Constant connaissait assez son Debussy pour transcrire <em>Pelléas</em> comme le compositeur l’aurait peut-être fait lui-même, et les deux pianistes tirent le maximum de leurs claviers. Il suffit d’admettre dès le départ que ce qu’on entendra ressemble plus aux <em>Images</em> ou à <em>Children’s Corner</em>.</p>
<p>La distribution est elle aussi presque entièrement belge. Comme par une ironie du sort, alors qu’un célèbre baryton belge fut longtemps le Golaud de référence, il n’a pas été possible de trouver un natif d’outre-Quiévrain pour camper ce personnage, mais personne ne songera à se plaindre qu’on ait proposé à <strong>Pierre-Yves Pruvot</strong> de l’incarner, tant son Golaud paraît investi, avec tout le tempérament, toute la violence qu’on peut en attendre. Retour en Belgique avec <strong>Yves Saelens</strong>. S’il n’a peut-être plus tout à fait l’âge du rôle, le ténor peut profiter de l’absence d’orchestre pour s’autoriser toutes sortes d’allègements, voire de falsettos, qui confèrent à son interprétation un caractère rêveur assez bienvenu. Malgré tout, les deux demi-frères possèdent un style de chant « opératique » qui tranche un peu sur celui de leur Mélisande. La toute jeune <strong>Lore Binon</strong> s’abstient presque de tout vibrato, proposant une héroïne à la voix limpide mais pas froide pour autant. L’énigmatique intruse reste impénétrable dans ses motivations, mais c’est un être sensible, pas un ectoplasme, et même sa mort est moins éthérée que ce n’est parfois le cas.</p>
<p>Contrairement à tous les autres personnages, Geneviève a la chance d’avoir conservé quasiment  tout son texte, et <strong>Angélique Noldus</strong> est une titulaire pleine de dignité et d’éloquence. <strong>Tijl Faveyts</strong>, en revanche, est un Arkel assez inconsistant : le timbre pourrait être plus noir, et il manque surtout un véritable personnage derrière les notes, même si lui revient le mot de la fin (bien avant la véritable fin de l’opéra, puisque toute référence à l’enfant de Mélisande a été supprimée). La voix de <strong>Camille Bauer </strong>sonne un peu trop adulte pour être vraiment crédible en Yniold.</p>
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