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	<title>Jordi BERNACER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jordi BERNACER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Récital Placido Domingo &#8211; Paris (Gaveau)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-placido-domingo-paris-gaveau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Mar 2023 15:02:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Et de trois ! En 2021, pour célébrer la Fête de la musique, Placido Domingo offrait au public de la salle Gaveau un récital d’air d’opéras et d’opérettes en compagnie de Maria José Siri qui fit grande bruit. La saison suivante il était de retour dans une version en concert d’I due Foscari de Verdi entouré &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Et de trois ! En 2021, pour célébrer la Fête de la musique, <strong>Placido Domingo </strong>offrait au public de la salle Gaveau un récital d’air d’opéras et d’opérettes en compagnie de Maria José Siri qui fit grande bruit. La saison suivante il était de retour dans une version en concert d’<em>I due Foscari</em> de Verdi entouré d’Anna Pirozzi et Arturo Chacón Cruz. Nouveau triomphe. Cette année le revoilà avec à ses côtés la jeune mezzo-soprano <strong>Maria Kataeva</strong> dans un programme intitulé <em>Noche Spañola</em> dédié, comme son nom l’indique, à son pays natal et composé essentiellement d’extraits des zarzuelas les plus fameuses. La plupart des pages que l’on entend sont connues du grand public, de nombreux chanteurs espagnols les ayant enregistrées et interprétées au concert, à commencer par Placido Domingo lui-même qui a gravé les intégrales de <em>Luisa</em> <em>Fernanda</em>, <em>Doña Francisquita</em>, <em>El gato Montès</em> et <em>La tabernera del puerto </em>dont l’air « Non puede ser » figure depuis de nombreuses années à son répertoire. Le programme qui alterne airs et duos, comporte également des pages orchestrales tirées du <em>Tricorne</em> de De Falla et de <em>Goyescas </em>de Granados. En bis nous aurons droit également à deux chansons dont l’inusable « Granada ».</p>
<p>Dès son entrée en scène <strong>Placido Domingo</strong> est accueilli par une longue ovation de la part du public qui est venu nombreux pour l’applaudir. Une salle comble à rendre jaloux certains de ses collègues, au sommet de leur art pourtant, à qui il arrive de se produire devant des demi-salles. Cet accueil chaleureux apporte une réponse cinglante à ceux qui estiment qu’il est temps que le désormais baryton prenne sa retraite. A voir la joie et l’exaltation de ces spectateurs tout au long de la soirée on se demande pourquoi il faudrait les priver de ce bonheur juste parce que ce succès agace quelques grincheux ? A peine Placido Domingo a-t-il ouvert la bouche qu’on est frappé par l’insolence vocale qu’il affiche. Non, ce n’est pas un chanteur à la voix finissante que l’on entend mais un artiste qui joue encore dans la cour des grands. Le medium, rond, puissant et chaleureux est inaltéré, le grave est sonore et le timbre, celui d’un interprète dans la plénitude de sa maturité. Même les quelques problèmes de souffle que l’on avait pu noter lors de sa précédente prestation semblent avoir disparu. Cette santé vocale est particulièrement évidente dans « Mi aldea » de Guerrero et surtout en début de seconde partie dans « Luche la fe por el triunfo » extrait de la <em>Luisa Fernanda</em> de Moreno-Torroba où l’on admire son legato impeccable, ses nuances subtiles et son haut-medium éclatant. L’interprète se montre tour à tour émouvant dans « Quiero desterrar » de Sotullo y Vert, poignant dans « Non puede ser » ou cajoleur dans le duo « Hace tiempo que vengo al taller ». Une prestation stupéfiante de bout en bout, sans la moindre faille vocale, que le public en délire ovationnera longuement au salut final.</p>
<p>A ses côté <strong>Maria Kataeva</strong> ne démérite pas. Vêtue d’une élégante robe noire et fuchsia, la cantatrice possède un timbre cuivré, une voix homogène et bien projetée ainsi qu’une belle aisance dans le registre aigu. Lauréate de plusieurs concours de chant dont Operalia, sa carrière prend de l’ampleur notamment en Allemagne. L’été dernier elle a incarné avec bonheur Isolier dans <em>Le Comte Ory</em> à Pesaro. Dans les duos, elle donne une réplique idoine à son partenaire notamment dans celui de Sorozábal évoqué plus haut où elle se montre mutine à souhait. La mezzo-soprano tire également son épingle du jeu dans les deux airs qui lui sont dévolus, notamment « De España vengo » que Montserrat Caballé jadis se plaisait à inscrire au programme de ses concerts, et qu’elle chante avec beaucoup d’humour en s’accompagnant avec des castagnettes.</p>
<p>A la tête d’un Orchestre Colonne parfois brouillon,<strong> Jordi Bernàcer</strong> propose une direction inégale, bruyante par moment, avec cependant de belles réussites comme la « Farruca » extraite du <em>Tricorne</em>, jouée avec panache ou l’intermezzo nostalgique de <em>La leyenda del beso</em> avec son solo de harpe.</p>
<p>On regrettera enfin une ou deux sonneries intempestives de portable pendant le concert et surtout l’incorrection de ces spectateurs qui, pour enregistrer un air, brandissent à bout de bras leurs téléphones dont la lumière éblouit les yeux et perturbe la visibilité de ceux qui sont assis derrière eux.</p>
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		<title>Nuit espagnole  — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/nuit-espagnole-monte-carlo-domingo-est-toujours-la/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Nov 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On était inquiet. Après sa défaillance d’ il y a huit jours à Vienne, où il n’avait pu finir Nabucco, Plácido Domingo serait-il là ? Serait-il en forme ? Certains l’avaient déjà enterré. Eh bien, nous pouvons vous affirmer qu’il fut bien présent à Monaco. Et qu&#8217;il a fait sensation. Il était là, le roc, le maître, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On était inquiet. Après sa défaillance d’ il y a huit jours à Vienne, où il n’avait pu finir <em>Nabucco</em>, <strong>Plácido Domingo</strong> serait-il là ? Serait-il en forme ? Certains l’avaient déjà enterré.</p>
<p>Eh bien, nous pouvons vous affirmer qu’il fut bien présent à Monaco. Et qu&rsquo;il a fait sensation.</p>
<p>Il était là, le roc, le maître, le patriarche, l’inusable ténor devenu baryton ! Et le public, admiratif, buvait son chant avec ferveur. Il était vibrant, puissamment expressif, avec des aigus solides, une vaillance sans défaut – et, à la fin, deux bras qui s’ouvraient pour recueillir les bravos de la salle.</p>
<p>Il est vrai que le spectacle intitulé « Nuit espagnole », composé d’airs de zarzuelas, sollicitait moins d’efforts de sa part que les grands airs d’opéras. Ces airs de zarzuelas étaient, il faut le dire, d’un inégal intérêt, et même, parfois, d’une pauvre banalité – d’autres d’une sensibilité désuète qui nous réchauffait le coeur. Il les défendit tous avec panache et conviction, changeant de costume au gré des personnages d&rsquo;amant, de noble ou d&rsquo;aventurier qu&rsquo;il interprétait. Le public, à la fin, lui fit une standing ovation.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/domingo_1_0.jpg?itok=JcUZWPrL" title="Domingo pendant la Nuit espagnole (Photo Alain Hanel)" width="468" /><br />
	Domingo pendant la Nuit espagnole © Photo Alain Hanel</p>
<p>Dans ce spectacle, qui avait été vu il y a trois ans aux Chorégies d’Orange, le grand Domingo partageait la scène avec deux autres chanteurs : une soprano au vibrato exagéré et aux aigus forcés, <strong>Saioa Hernandez</strong>, et un ténor de premier plan, plein de charme et d’élégance, <strong>Ismael Jordi</strong>. Il fit quelques duos avec eux, qu’il domina de sa personnalité.</p>
<p>Des images vidéo de paysages espagnols défilaient sur grand écran, mais la longueur des intervalles entre les tableaux coupait le rythme du spectacle.</p>
<p>Le fameux Ballet espagnol d’Antonio Gades était là, lui aussi. Les danseurs y ont le dos cambré, le talon rageur, et font crépiter les castagnettes, les bras levés. On avait devant nous l’image de l’Espagne triomphante, l’Espagne colorée et amoureuse – l’Espagne, aussi, qui, on l’a oublié, régnait sur Monaco au temps de Charles Quint. Les ancêtres de Domingo y exerçaient une peu placide souveraineté !</p>
<p>L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo fut dirigé sans flamme excessive par <strong>Jordi Bernacer</strong>.</p>
<p>Cette soirée de gala se tenait dans le cadre de la Fête nationale monégasque en présence de la famille princière, le public étant tenu d’être en habit de soirée, uniforme ou smoking. Port des décorations recommandées. On a le sens et le souci des traditions à Monaco. Total respect !</p>
<p>Ces derniers jours, une question avait agité la Principauté : la Princesse Charlène serait-elle là ? En définitive, elle fut absente. Mais il en est un qui, lui, fut là, bien là, acclamé par tous, superbe et infatigable : notre Plácido Domingo ! On en fut fort heureux&#8230;</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<title>La Fille du régiment en direct de Liège le 19 juin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-fille-du-regiment-en-direct-de-liege-le-19-juin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 May 2021 05:27:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Opéra Royal de Wallonie annonce la diffusion en direct de La Fille du Régiment le  samedi 19 juin à 20h sur www.operaliege.be, en remplacement des représentations initialement prévues du 15 au 19 juin 2021. Jodie Devos, Lawrence Brownlee et Pietro Spagnoli interprètent les rôles de Marie, de Tonio et de Sulpice, sous la direction de Jordi &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;Opéra Royal de Wallonie annonce la diffusion en direct de <em>La Fille du Régiment</em> le  samedi 19 juin à 20h sur <a href="https://www.operaliege.be/">www.operaliege.be</a>, en remplacement des représentations initialement prévues du 15 au 19 juin 2021. <strong>Jodie Devos</strong>, <strong>Lawrence Brownlee</strong> et <strong>Pietro Spagnol</strong>i interprètent les rôles de Marie, de Tonio et de Sulpice, sous la direction de<strong> Jordi Bernàcer</strong>  dans une version mise en espace par <strong>Marie Lambert-le Bihan</strong>.</p>
<p>La saison 2021-22 de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège sera dévoilée ce même jour. </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>VERDI, Nabucco — Valence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/nabucco-valence-interdit-de-spoiler/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Dec 2019 22:57:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1842, Giuseppe Verdi fait irruption sur l’échiquier lyrique. Ouvrage de sang, de bruit et de fureur, Nabucco attaque à coups de serpe les fondements de l’opéra. Les récitatifs se resserrent ; les tessitures se tendent ; les ornements s’émoussent ; le chœur envahit la partition. Le peuple italien sous le joug de l’occupant autrichien &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1842, Giuseppe Verdi fait irruption sur l’échiquier lyrique. Ouvrage de sang, de bruit et de fureur, <em>Nabucco</em> attaque à coups de serpe les fondements de l’opéra. Les récitatifs se resserrent ; les tessitures se tendent ; les ornements s’émoussent ; le chœur envahit la partition. Le peuple italien sous le joug de l’occupant autrichien s’identifie aux Hébreux opprimés par les Assyriens. Le chant des esclaves « Va pensiero » devient hymne de révolte. Le slogan « VV Verdi » en large lettres sur des banderoles agitées par la foule, est moyen déguisé de glorifier le futur souverain de l’Italie unifiée : « ViVa Vittorio Emanuele Re D’Italia ».</p>
<p>C’est cette histoire qu’entreprend de raconter <strong>Thaddeus Strassberger</strong> sur la scène du Palau de Les Arts en une mise en abyme où le coup de théâtre final rachète une approche ankylosée par la surcharge décorative. Toiles peintes et costumes bigarrés en abondance reproduisent une représentation de <em>Nabucco</em> à l’époque du Risorgimento. Les conventions alors en vigueur veulent les choristes alignés en rang d’oignon et les chanteurs figés sur le devant de la scène. Dans leurs loges, élégantes et officiers autrichiens s’ébaudissent tandis que la révolte gronde en coulisse. « Va pensiero » montre, de l’autre côté du rideau, couturières et machinistes répondre aux exhortations de l’interprète de Zaccaria, élu chef de la rébellion. Puis le spectacle reprend son cours académique jusqu’aux saluts finaux. Le nécessité de préserver intact l’effet de surprise nous interdit d’en écrire davantage.</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="/sites/default/files/styles/large/public/nabucco5_0.jpg?itok=ebG7UEcg" title="© Miguel Lorenzo et Mikel Ponce (Les Arts)" /><br />
	© Miguel Lorenzo et Mikel Ponce (Les Arts)</p>
<p>Au pupitre, <strong>Jordi Bernàcer</strong> taille sa baguette dans le même bois risorgimental. Sous sa battue implacable, les instruments crépitent ; les percussions claquent ; le chœur tempête ou gémit, selon qu’il doit brandir le poing ou courber le front.</p>
<p>Soprano éruptive à laquelle aucun obstacle ne semble infranchissable, <strong>Anna Pirozzi</strong> attise l’incendie. Qui oserait dire Abigaille inchantable en observant la manière dont les écarts de registre sont enjambés, les notes empoignées à pleins poumons ou, au contraire, filées avec une douceur inattendue, sans jamais dévier de leur trajectoire, sur une ligne que l’on dirait tracée au fer rouge.</p>
<p>Au feu répond le feu. <strong>Plácido Domingo</strong> rend chacun des coups portés d’une voix dont la santé est une autre source d’étonnement. Seule son ultime cabalette, « O prodi miei, seguitemi » l’accule dans les cordes. Mais auparavant la prière de Nabucco appartient à ces instants privilégiés où un chanteur, par la force de son art, tient une salle en haleine jusqu’à ce que, terrassée par l’émotion, elle se répande en applaudissements. Demeure, sempiternelle, la question de la reconversion de l’ex-ténor en baryton, préjudiciable à la couleur des airs et des ensembles.</p>
<p>Le reste de la distribution compte les points. En Zaccaria, <strong>Riccardo Zanellato</strong> délaisse le sabre pour le goupillon. Les éclats vigoureux du chef des Hébreux le trouve à court d’autorité quand les cantabiles soulignent la ferveur religieuse du prêtre et la chaleur du timbre. <strong>Alisa Kolosova</strong> ne ferait qu’une bouchée de Fenena si, inexplicablement, son air à la fin de l’opéra ne trahissait les promesses de ses précédentes interventions. D’un médium étoffé par ses récentes prises de rôles, au détriment du brillant, <strong>Arturo Chac</strong><strong>ón-Cruz</strong> parvient à donner à Ismaele le peu de consistance concédé par Verdi au neveu du roi de Jérusalem.</p>
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		<item>
		<title>DELIBES, Lakmé — Oman</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lakme-oman-orientalisme-de-circonstance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Mar 2019 15:33:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En sacrifiant à un orientalisme longtemps jugé de pacotille, Léo Delibes pouvait-il imaginer que Lakmé répondrait 135 ans plus tard aux préoccupations géopolitiques de la Planète ? Ce n’est pas un hasard si l’œuvre a été choisie par le Royal Opéra House Muscat (ROHM) pour sa première production, en partenariat avec une dizaine d’autres théâtres &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En sacrifiant à un orientalisme longtemps jugé de pacotille, Léo Delibes pouvait-il imaginer que <em>Lakmé</em> répondrait 135 ans plus tard aux préoccupations géopolitiques de la Planète ? Ce n’est pas un hasard si l’œuvre a été choisie par le <a href="/actu/opera-royal-de-mascate">Royal Opéra House Muscat (ROHM)</a> pour sa première production, en partenariat avec une dizaine d’autres théâtres sur plusieurs continents. Un parfum a été commandé pour l’occasion. La soirée marque un jalon dans l’histoire d’une de nos plus jeunes institutions lyriques. Pourquoi <em>Lakmé</em> ? A défaut de grands titres du répertoire liés de près ou de loin au Sultanat, le nombre élevé d’Indiens au sein de la population omanaise et une relative proximité avec l’Inde tiennent lieu d’affinités géographiques. Surtout, la question de la confrontation culturelle, déterminante dans cette histoire de déesse brahmanique éprise d’un officier britannique, apparaît essentielle pour une institution soucieuse de paix universelle.</p>
<p>Le choc des cultures cependant perdure. Certains codes du monde arabe entrent en contradiction avec la manière occidentale de représenter un opéra. Il ne suffit pas de respecter la lettre du livret et d’éviter le scabreux. Les comportements scéniques doivent aussi obéir à des règles à nos yeux strictes. On ne s’embrasse pas et s’il faut se toucher, de préférence on s’effleure.</p>
<p>Dans ces conditions, on ne tiendra pas grief à <strong>Davide Livermore</strong> d’avoir imaginé une mise en scène aux mouvements convenus. L’approche repose d’abord sur la poésie d’images qu’engendrent la conjonction d’un plateau inondé et de kakémonos mobiles suspendus dans les cintres, pans verticaux de toile utilisés comme autant d’écrans sur lesquels les projections vidéo de <strong>D-Wok</strong> se font l’écho du drame. Si l’effet se répète inlassablement, il n’en est pas moins efficace. Les costumes, réalisés <em>in loco</em> avec force moyens, déposent sur l’ensemble un sceau zeffirellien considéré à Mascate comme une référence – il ne s’agit pas d’un reproche mais d’un constat, une fois encore culturel.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/lakme5.jpg?itok=W7rKHhaW" title="© ROHM" width="468" /><br />
	© ROHM</p>
<p>Ce décor lacustre, en congruence avec la musique si souvent liquide de Delibes, offre l’occasion d’un ballet appréhendé pour une fois non comme le maillon faible de la représentation mais comme un de ses temps forts. L’eau gicle sous les pas de danseuses et danseur empruntés à Opera Australia tandis que <strong>Jordi Bernácer</strong> éclabousse de couleurs la partition. Le chef espagnol, en résidence depuis 2015 à l’Opéra de San Franscico, fourbit sa baguette sur les plus grandes scènes lyriques depuis une vingtaine d’année. Sa direction ne se contente pas de dépeindre ; elle raconte. Le chœur – peu intelligible, parfois dispersé mais d’une cohérence sonore jouissive – et l’orchestre proviennent, eux, du Teatro Carlo Felice de Genes. Le ROHM ne dispose pas – encore – de ressources musicales propres. L’acoustique exceptionnelle de la salle aide à saisir chacune des teintes de ce vaste nuancier choral et symphonique sans que jamais les voix ne passent au second plan.</p>
<p>Le nom d’<strong>Elena Mosuc </strong>en Lakmé peut surprendre qui suit de près le parcours de cette soprano dont <a href="https://www.forumopera.com/cd/verdi-heroines-verdi-sans-filet">le dernier album – exclusivement verdien</a> – requérait une vocalité a priori étrangère aux coloratures vertigineuses de la fille du Brahmane. Dans un français mâchouillé comme une feuille de bétel, la soprano place une technique superlative au service d’une héroïne qui gagne en consistance dramatique ce qu’elle perd en légèreté. Les notes, portées par le souffle, filées, diminuées ou augmentées participent à la caractérisation vocale. L’interprétation culmine, non dans l’air des clochettes dont elle rate la dernière marche, mais au troisième acte dans la courbe délicate d’une ligne tracée d’un trait continu à la pointe fine. Là, Elena Mosuc nous offre le plus doux des « plus doux rêves ».</p>
<p>Bien qu’affublé d’une perruque blonde subtilisée au fils naturel de Jean Marais et Liberace, <strong>Sergei Romanovsky</strong> réussit à proposer un Gérald crédible, viril sans être brutal, aimant sans être mièvre. La langue française ne pose pas de difficultés à celui qui fut <a href="https://www.forumopera.com/don-carlos-lyon-drame-princier-representation-royale">Don Carlos à Lyon la saison passée</a> et Nadir dans <em>Les Pêcheurs de perles</em> à Zurich en début d’année. L’usage parcimonieux de la voix de tête n’est pas exempt de risques mais la vaillance triomphe des phrases les plus exposées.</p>
<p>Avec <strong>Nicolas Cavallier</strong>, Nilakantha n’est pas ce fou de Dieu dont l’intégrisme guide la tragédie vers son issue fatale mais un père, à la tendresse perceptible par-delà l’héroïsme nécessaire aux éclats furieux.</p>
<p>Nonobstant une prononciation perfectible, les seconds rôles se glissent avec évidence dans leurs costumes pittoresques. D’une Malika luxueuse – <strong>Raffaella Lupinacci</strong> – à une Mrs Benton cocasse – <strong>Elena Zillio</strong> – en passant par un Frédéric portant beau l’uniforme – <strong>Alessandro Luongo</strong> –, le niveau général de la distribution confirme le passage du ROHM à la vitesse supérieure. </p>
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			</item>
		<item>
		<title>MASSENET, Manon — Valence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vittorio-grigolo-et-ailyn-perez-le-nouveau-couple-lyrique-de-reve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuel Andrieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Dec 2010 23:32:51 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Après Los Angeles et Berlin, c’est sur les bords de la Méditerranée, dans le magnifique et futuriste<em> Palau de les Arts </em>de Valencia, que cette superbe production de <em>Manon</em> signée <strong>Vincent Paterson</strong>, fait escale. Pour un coup d’essai dans l’univers de l’opéra, le moins que l’on puisse dire est que le travail effectué par le metteur en scène et chorégraphe américain, sur le chef d’œuvre de Massenet, est une véritable réussite. Connu pour ses réalisations publicitaires &#8211; il en a réalisé plus de 150 ! &#8211; ou ses chorégraphies pour les <em>megastars</em> du <em>show-biz </em>commeMichael Jackson ou Madonna, Paterson fait le choix de transposer Manon &#8211; avec brio &#8211; dans le Paris de l’après guerre. </p>
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Sa seconde idée est de transformer l’héroïne en une jeune fille rêvant de faire carrière dans le cinéma, dévorant tous les magazines qui s’y rapportent, s’imaginant même que sa vie est filmée, comme le prouvent les nombreuses apparitions de quatre figurants venant orienter des projecteurs sur elle lors des moments-clés de l’action. Tour à tour, elle prend ainsi les traits de figures mythiques du cinéma de ces années-là. Audrey Hepburn au I quand elle rencontre Des Grieux à la terrasse d&rsquo;un buffet de gare (exit l’auberge !) avant de subtiliser la voiture de luxe de Morfontaine, en lieu et place du coche du 18e. Elisabeth Taylor au III lors de la scène du « Cours-la-Reine », arborant une magnifique robe de satin blanc, très Christian Dior, transformant pour le coup Manon en star hollywoodienne glamour. Enfin, Marylin Monroe au IV où Paterson troque l’hôtel de Transylvanie contre un tripot parisien de Pigalle avec ses néons flashy et son poteau à strip-tease, autour duquel Manon vient lascivement effectuer un numéro, détournant l’attention des joueurs assemblés pour une fièvre d‘une autre espèce…</p>
<p>Car ce que l’on retiendra le plus de cette formidable production, c’est bien l’incroyable charge érotique que le scénographe américain sait distiller au gré de scènes de plus en plus sulfureuses. Ainsi au II où le couple d’amoureux emménage dans un luxueux appartement avec vue imprenable sur la Tour Eiffel et où trône, en son centre, un immense lit qui accapare tout l’espace… Elle en nuisette et lui en débardeur, ils se livrent à une bataille de polochons qui finit en étreinte amoureuse passionnée et très suggestive, avant que ne retentisse le marteau de leur porte en même temps que le glas de leur premières amours. Cette scène surtout, à Saint Sulpice, torride en diable, où Manon, après être venue à bout des résistances de Des Grieux, lui arrache sa soutane avec toute la fureur de la passion, le héros se retrouvant alors à demi nu, avant de s’unir à elle sur les dalles même de l’église !</p>
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<p>Il fallait bien deux bêtes de scène dotées d’un formidable charisme pour faire vivre les personnages, surtout après qu’ils aient été incarnés à Berlin comme à Los Angeles par le « traumpaar » que représentent Rolando Villazon et Anna Netrebko. Et à cet égard, la crédibilité et l’énergie déployées à Valencia par <strong>Vittorio Grigolo </strong>et <strong>Aylen Perez </strong>n’ont pas fait pâle figure en regard de leurs prestigieux collègues, loin s’en faut ! C’est merveille que de voir l’alchimie qui s’opère trois heures durant entre ces deux artistes, aussi ardents que scéniquement convaincants, aussi fougueux que physiquement attrayants. Leur duo transpire l’évidence et l‘osmose est parfaite, tout simplement. Et puis quelles voix !</p>
<p>Inconnue de nous, la soprano américaine est une révélation1. Dotée d’une voix ample à l’aigu souverain et au timbre chaleureux, elle nous a gratifié d’un chant toujours très musical et d’une prononciation impeccable. L’évolution psychologique du personnage est par ailleurs parfaitement rendue par l’artiste. Touchante dans son fameux air du II « Adieu notre petite table », brillante dans le premier tableau du III « Je marche sur tous les chemins », électrisante dans le second tableau « Pardonnez-moi, Dieu de toute puissance », elle se montre enfin bouleversante au V, « N’est-ce plus ma main que cette main presse », alors qu’elle expire dans les bras de son amant.</p>
<p>Le solaire Vittorio Grigolo n’est pas en reste avec une urgence dans le chant et une séduction dans le timbre tout simplement enthousiasmantes. De son insolente projection, de sa formidable diction, de sa superbe musicalité, de sa confondante maîtrise du souffle ou de ses impalpables <em>pianissimi </em>, on ne sait qu’admirer le plus. Son grand air du III « Ah! Fuyez, douce image » a fait délirer le public. Petit péché cependant, dont notre Alagna national s’est fait le champion, le ténor italien aurait parfois tendance à cabotiner un peu, notamment dans ses sanglots à la mort de Manon.</p>
<p>Les rôles secondaires se sont montrés, à une exception près, tous excellents dans leur partie. <strong>Artur Rucinsky </strong>offre un Lescaut de grande classe avec une voix superbement timbrée et une belle prestance scénique. <strong>Raymond Aceto </strong>dessine un Comte Des Grieux idéalement distant, très aristocratique, avec une voix sonore et aux accents fermes.</p>
<p>Le Guillot de Morfontaine d’<strong>Emilio Sanchez</strong>,vipérin à souhait, inspire toute l’inquiétude et le dégoût que requiert le personnage. Seul le Brétigny d’<strong>Andrea Porta </strong>déçoit avec un accent étranger bien trop prononcé allié à une diction incompréhensible et un volume sonore vraiment confidentiel. Le trio de coquettes que forment Poussette, Gavotte et Rosette est idéalement incarné et chanté par des élèves du <em>centre de perfectionnement de chant Placido Domingo</em> (basé à Valencia au sein même du <em>Palau de les Arts</em>).</p>
<p>Derniers artisans du formidable succès aux saluts, l’<strong>Orchestre de la Comunitat Valenciana </strong>placé sous la direction du jeune chef <strong>Jordi Bernacer</strong>. En alternance avec Patrick Fournillier suite au forfait de Lorin Maazel pour des raisons de santé, le chef valencien nous a offert une lecture foisonnante de la partition, faisant entendre mille et un détails en privilégiant l’atmosphère, les couleurs et les textures propres à la délicate partition de Massenet. Mais sa baguette s’est montrée également capable d’élan et de passion dans les moments plus dramatiques de l’action. Pour finir, une mention spéciale pour le <strong>Chœur de la Generalitat Valenciana</strong>, formidablement préparé par <strong>Francesc Perales</strong>, qui n’appelle aucun reproche avec notamment une clarté dans l’élocution quasi parfaite.</p>
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<p>Bref, une grande soirée d’opéra </p>
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<p>1 Elle n’en a pas moins remporté le deuxième prix du concours Operalia en 2006 et s’est surtout fait remarquer l’an passé dans le rôle de Traviata, lors d’une tournée au Japon avec l’Orchestre du Royal Opera House de Londres.</p>
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