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	<title>Jazmin BLACK-GROLLEMUND - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jazmin BLACK-GROLLEMUND - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BIZET, Don Procopio &#8211; Clermont-Ferrand</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">En 1858, Bizet est à Rome, pensionnaire à la villa Médicis, et compose un <em>Te Deum</em> pour le concours Rodrigues de musique religieuse. Sa correspondance révèle combien il s’épanouissait peu dans cet exercice. Il décide donc, pour se divertir un peu, de s’atteler en parallèle à l’écriture d’un opéra dans le goût italien. Il se met en quête d’un livret d’opéra bouffe et choisit d’abord <em>Parisiana</em>, déjà mis en musique par Donizetti, avant de se rabattre finalement sur un livret de Carlo Cambiaggio, basse comique et impresario du début du XIXe siècle italien : <em>Don Procopio</em>. Le livret a lui aussi déjà été mis en musique plusieurs fois mais il contente Bizet par sa vivacité et son intrigue, proche de celle de <em>Don Pasquale</em>. Le vieux père de Bettina, Andronico, souhaite donner la main de sa fille à Procopio, un vieux barbon décati. Le frère de Bettina, Ernesto, et l’amant de la jeune fille, Odoardo, vont faire capoter le projet en révélant l’avarice de Procopio. Ainsi, tout est bien qui finit bien : Andronico accepte qu’Odoardo et Bettina se marient.</p>
<p style="font-weight: 400;">Dans une lettre adressée à sa mère, Bizet écrit : « Chose singulière et qui fera plaisir à papa, je fais de la musique italienne. Impossible de faire autre chose sur des paroles italiennes. Le ciel et le climat ont leur influence. Il est bien entendu que je ne change pas d’avis et que j’entends par bonne musique italienne : Rossini, Paër, la moitié de Donizetti et le quart de Bellini, le dixième de Verdi et le centième de Mercadante, et encore ! » Le jugement sur ses directs contemporains est sévère, mais de fait la musique qui jaillit de la plume du jeune Bizet rappelle surtout Rossini et Donizetti. On retrouve l’influence du premier dans les finales ou dans certains passages rapides, comme le trio « Se lei di parola » qui comprend une section ressemblant étrangement aux couplets de Don Profondo dans <em>Il viaggio a Reims</em>. On voit passer l’ombre du deuxième dans les cavatines et les duos tendres (Bettina et Odoardo) ou vifs (Bettina et Procopio), qui rappellent un peu la veine de <em>La Fille du régiment</em>. L’un des sommets de la partition se situe au début de deuxième acte (« Sulle piùme dell’amore ») : Bizet ne s’y trompera pas et réemploiera la musique de cette sérénade dans <em>La Jeune Fille de Perth</em>.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cependant, la partition n’est pas qu’un pastiche de bonne facture : on y décèle déjà une personnalité musicale en germe. Surtout, on perçoit combien le futur Bizet saura puiser à l’occasion dans le style italien pour en tirer son langage propre. Évidemment, on s’en aperçoit dans <em>Le Docteur Miracle</em>, mais on peut aussi se demander si, par exemple, le finale du deuxième acte de Carmen n’a pas quelque chose de lointainement italien dans le style. Quoiqu’il en soit, et malgré de bons retours de la part de l’Académie de France à Rome, <em>Don Procopio</em> ne fut jamais donnée du vivant de Bizet. Retrouvée dans les papiers de Daniel Auber, l’œuvre ne fut créée à l’Opéra de Monte-Carlo qu’en 1907, en traduction française, avec des récitatifs ajoutés par Charles Malherbe. C’est cette version, publiée par Choudens, que l’équipe des Variétés lyriques a fait sienne pour le spectacle donné à Clermont-Ferrand.</p>
<p style="font-weight: 400;">Avec un décor d’une grande simplicité imaginé par <strong>Casilda Desazars</strong> – quelques modules colorés évoquant de petites maisons italiennes, une table de banquet côté cour, un mannequin revêtu d’une robe de mariée à jardin, une estrade pour les cinq musiciens en fond de scène et, descendant des cintres, quelques guirlandes d’ampoules et de fanions – la troupe des Variétés lyriques propose un spectacle enjoué et léger, créé en 2016 et repris à l&rsquo;occasion des 150 ans de la disparition de Bizet. <strong>Denis Mignien</strong>, également présent sur le plateau en tant qu’interprète, signe une mise en scène vive et habile, où chaque personnage trouve naturellement sa place et son tempérament. Procopio, sorte de croisement improbable entre Monsieur Hulot et le baron de Gondremarck de Laurent Pelly, avec son pantalon trop court, sa silhouette dégingandée et ses trois cheveux soigneusement peignés sur le crâne, est sans doute le plus désopilant du lot. Mais il n’est pas réduit au simple ridicule : Mignien lui confère une forme de maladresse tendre, presque touchante, qui le rend presque attachant. Autour de lui, Odoardo, Bettina, Ernesto, Andronico ou Eufemia relèvent tous du croquis bouffe, voire de la bande dessinée, mais ils sont incarnés avec l’humanité nécessaire à leur juste caractérisation.</p>
<p style="font-weight: 400;">L’action est transposée dans l’Italie d’après-guerre et l’orchestre réduit, composé de deux violonistes, un violoncelliste, un guitariste et un accordéoniste issus la <strong>Cappella Forensis</strong>, fleure vraiment bon le bal populaire italien. Les musiciens sont dès l’ouverture intégrés à l’action, présentés comme les instrumentistes venant accompagner la future cérémonie de mariage, et ils sont pris à partie par les chanteurs, notamment par Odoardo au moment de sa sérénade. L’arrangement musical de <strong>François Bernard</strong> séduit par sa cohérence et sa fraîcheur : l’accordéon apporte une densité chaleureuse à la palette souple et légère que déploient les cordes. En revanche, l’effectif atteint ses limites dans les grands ensembles, en particulier dans les finales d&rsquo;actes, où les voix tendent à dominer l’accompagnement, ce qui donne à entendre quelque chose de plutôt malingre, révélant d’ailleurs ici ou là quelques légers flottements d’intonation chez les chanteurs.</p>
<p>La distribution réunie est cependant d&rsquo;une belle homogénéité, avec un impayable <strong>Guillaume Paire</strong> dans le rôle de Don Procopio. L&rsquo;émission est franche et la voix est souple, ce qui lui permet d&rsquo;être proche du texte tout en relevant avec panache les défis de l&rsquo;écriture à l&rsquo;italienne. Mêmes remarques pour l&rsquo;Ernesto de <strong>Denis Mignien</strong>, à la voix souple et claire, élégamment conduite, avec une émission où couverture et ouverture s&rsquo;équilibrent idéalement. <strong>Rémy Poulakis</strong> est un Odoardo ardent, à la voix plus ample et métallique que ses partenaires, un timbre plus « lyrique », mais cela ne l&#8217;empêche pas d&rsquo;offrir de délicats aigus en voix mixte dans sa sérénade et le duo qui suit. Très engagé sur le plan dramatique, <strong data-start="1351" data-end="1367">Ronan Debois</strong> incarne un Andronico à la fois vif et élégant. On retrouve chez lui ce juste équilibre entre parole et chant, cette clarté de la déclamation et ce naturel scénique qui conviennent idéalement au répertoire bouffe. Côté féminin, <strong data-start="1601" data-end="1621">Alexandra Hewson</strong> prête à Bettina un piquant réjouissant. La voix, légère mais qui se pare d&rsquo;un beau métal, possède un éclat qui donne au personnage toute son épaisseur, entre espièglerie et émotion. Enfin, <strong>Jazmin Black-Grollemund</strong> apparaît peu mais fait forte impression dans le premier numéro, grâce à une voix bien timbrée et agile.</p>
<p>Dans la jolie bonbonnière du Théâtre-Opéra de Clermont-Ferrand, cette redécouverte de <em data-start="1675" data-end="1689">Don Procopio</em> a donc tout du cadeau délicat : un opéra rare, un esprit de troupe communicatif et une mise en scène pleine d’allant. Les Variétés lyriques rappellent combien la légèreté de Bizet, sa verve et son sens du théâtre se manifestaient déjà à l&rsquo;âge de vingt ans et combien cette musique, écrite sous le soleil d’Italie, garde aujourd’hui encore son éclat juvénile.</p>
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		<title>PURCELL, Didon et Enée &#8211; Belle-Île-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-didon-et-enee-belle-ile-en-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2023 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Premier grand spectacle lyrique de la 25e édition du Festival Lyrique-en-Mer de Belle-Île, l’opéra Didon et Enée de Purcell bénéficie d’une conception particulièrement réussie. Avec peu de moyens, la metteuse en scène Véronique Roire, parvient à créer un spectacle d’une réelle beauté. Elle a eu l’excellente idée de faire précéder l’opéra lui-même par un prologue &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Premier grand spectacle lyrique de la 25<sup>e</sup> édition du Festival Lyrique-en-Mer de Belle-Île, l’opéra <em>Didon et Enée </em>de Purcell bénéficie d’une conception particulièrement réussie. Avec peu de moyens, la metteuse en scène <strong>Véronique Roire</strong>, parvient à créer un spectacle d’une réelle beauté. Elle a eu l’excellente idée de faire précéder l’opéra lui-même par un prologue qui, sur des musiques de Purcell, conte, par des extraits de l’<em>Énéide</em> en voix off,  le départ d’Enée, avec ses enfants, de Troie à Carthage. Son errance est évoquée poétiquement par une sorte de théâtre d’ombres. Les chœurs interprétés par les jeunes stagiaires de l’Académie préludent à l’entrée en scène d’Énée, de Didon et sa servante Belinda chantant, chacun en sa solitude, des airs de divers opéras de Purcell. Le rideau tombe. Cette scène a fortement impressionné le public.</p>
<p>Quand commence l’opéra lui-même, la rencontre et l’amour entre Enée et Didon prennent dès lors tout leur sens. Un jeu raffiné de lumières dans des décors simplement suggérés, une direction d’acteurs précise et l’intervention pleine d’humour d’un jeune enfant – lutin malin et facétieux – créent une atmosphère propice au rêve. Dans la scène des sorcières, interprétée par les jeunes stagiaires, la jeune soprano maltaise, <strong>Raisa Marie Micallef,</strong> fait un début remarqué.</p>
<p>La reine de Carthage est interprétée, en grande tragédienne, par la soprano afro-américaine<strong> Jazmin Black Grollemund</strong>. Sa voix au timbre riche et puissant rayonne dans l’air final « Remember me ».</p>
<p>A ses côtés la soprano <strong>Maria Koroleva</strong> est une Belinda touchante. Le baryton américain <strong>Michael Kelly</strong>, au timbre particulièrement émouvant, trouve dans Enée un rôle à sa mesure. Son interprétation tout en nuances allie la puissance aux pianissimi les plus intimes. Poète et acteur à ses heures, il est bouleversant d’humanité dans les adieux d’Enée.</p>
<p>Le Festival a commencé par l’ensemble Roots dirigé par l’exubérant violoniste Nemanja Radulovic, et les concerts vont se succéder jusqu’à l’hommage à Sarah Bernhardt à la Pointe des Poulains, face à l’océan, et le récital final de la pianiste Anne Quéfellec et de son fils Gaspard Dehaene.</p>
<p>Le public, enthousiaste, est à tous les rendez-vous. Un défi brillamment relevé par le Festival.</p>
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		<title>Concerts d’été au Festival Lyrique-en-Mer — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concerts-dete-au-festival-lyrique-en-mer-belle-ile-en-mer-isola-lyrica/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2020 02:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Il était inenvisageable de ne pas proposer d&#8217;édition 2020 du festival Lyrique-en-Mer » martèle Marie-Françoise Morvan, la présidente du festival. « Les conditions en sont inédites, très contraintes, mais nous avons la chance de pouvoir proposer cinq programmes originaux, cet été à Belle-Ile ». Nous avons pu assister à trois de ces soirées: À deux pas de la mer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Il était inenvisageable de ne pas proposer d&rsquo;édition 2020 du festival Lyrique-en-Mer </em>» martèle <strong style="font-size: 14px">Marie-Françoise Morvan</strong>, la présidente du festival. « <em>Les conditions en sont inédites, très contraintes, mais nous avons la chance de pouvoir proposer cinq </em><em>programmes originaux, cet été à Belle-Ile</em> ». Nous avons pu assister à trois de ces soirées:</p>
<p><em>À deux pas de la mer qu&rsquo;on entend bourdonner,</em><br /><em>Je sais un coin perdu de la terre bretonne</em><br /><em>Où j&rsquo;aurais tant aimé, pendant les jours d&rsquo;automne,</em><br /><em>Chère, à vous emmener !&#8230; </em></p>
<p>Cet extrait de « Paysage » d&rsquo;André Theuriet aurait pu servir de point de départ au programme Reynaldo Hahn, évocation musicale de l&rsquo;été 1912, imaginé par <strong>Philip Walsh</strong>, le directeur artistique pour la soirée d&rsquo;ouverture du festival. Tous les adeptes de Belle-Ile le savent, la Chère – Sarah Bernhardt – en fut une prestigieuse estivante qui investit avec bonheur la Pointe des Poulains où elle accueillit ses intimes, dont le brillant compositeur.</p>
<p><strong>Fabienne Marsaudon</strong>, venue en voisine, a crocheté un bien joli patchwork de textes à partir de la correspondance des artistes afin d&rsquo;articuler une proposition généreuse de dix-neuf mélodies, exercice d&rsquo;endurance pour la vaillante soprano <strong>Jazmin Black -Grollemund</strong> qui relève le défi avec grâce et sensibilité, une grande justesse dans l&rsquo;émotion, soutenue par l&rsquo;accompagnement attentif, plein de délicatesse et d&rsquo;esprit de Philip Walsh. L&rsquo;artiste américaine avait découvert la Bretagne lors d&rsquo;une académie d&rsquo;été du festival qui accueille chaque été de jeunes artistes venus d&rsquo;outre-Atlantique ; elle n&rsquo;est jamais repartie et se trouve particulièrement bien placée pour vanter les charmes de l&rsquo;île d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle profite de beaux graves charnus dignes d&rsquo;une mezzo, de pianis raffinés, d&rsquo;un joli legato même si elle a tendance à détimbrer ses médiums dans ce répertoire. Mention spéciale pour « A Chloris », pour le « tango Habarena sous l&rsquo;oranger »  ainsi que pour « Paysage ». </p>
<p><strong>Michael Martin-Badier</strong> prête sa voix à l&rsquo;épistolier Reynaldo Hahn et évoque avec autant de retenue que de finesse la beauté de l’île, les promenades à pied ou en bateau, les soirées pluvieuses au coin du feu ou encore les somptueux couchers de soleil. S&rsquo;installe alors un effet d&rsquo;écho assez délicieux entre les silhouettes évoquées (Reynaldo Hahn, Sarah Bernhardt mais également Marcel Proust, Catulle Mendes ou encore Sacha Guitry et Yvonne Printemps), les trois artistes sur scène et enfin le public qui, tous, résident à Belle-Ile et connaissent parfaitement les lieux et les moments décrits.</p>
<p>C&rsquo;est une Jazmin Black Grollemund rayonnante que nous retrouvons dans le cadre prestigieux de la citadelle pour incarner avec toujours autant d&rsquo;intelligence expressive, Mimi, Chimène et – plus inattendu mais parfaitement réussi – Carmen. Cette soirée de Gala réunit six artistes lyriques, tous passés par l&rsquo;académie du festival, autour du piano sensible de<strong> David Jackson</strong> au toucher rond et généreux. Les jeunes pousses prometteuses, sont désormais des professionnels confirmés. Les « hits » du lyriques se succèdent, que le public retrouve avec le plaisir d&rsquo;une madeleine après tant de mois de sevrage musical.</p>
<p><strong>Andrew Nolen</strong> est un formidable Leporello qui mâtine son catalogue d&rsquo;un soupçon d&rsquo;espièglerie. Comédien jusqu&rsquo;au bout des ongles, il fait tant que « la piccina » semble vraiment là, face à nous. Son timbre rond et sensuel s&rsquo;enrichit de mille nuances que l&rsquo;on retrouve dans un somptueux extrait de <em>Macbeth</em> (« Come dal ciel precipita », Verdi, rôle de Banco).</p>
<p>Le tout jeune ténor<strong> Jean Miannay</strong> ravit par une émission claire et rayonnante, joliment ancrée et une présence pleine d&rsquo;innocence qui donne beaucoup de fraîcheur à son Don Ottavio (<em>Don Giovanni </em>de Mozart, « Dalla sua pace ») et une émotion singulière au « Kuda, Kuda » de Lensky dans<em> Eugène Onéguine</em>.</p>
<p>Les deux hommes sont entourés de quatre femmes aux tempéraments aussi différents que brillants, choisies, elles aussi par Philip Walsh avec le talent qu&rsquo;on lui connaît.</p>
<p><strong>Eléonor Gagey</strong>, qui a découvert le chant lyrique enfant, au festival, est une magnifique <em>Cenerentola </em>(« Nacqui all&rsquo;affanno e al pianto », Rossini). L&rsquo;unité des registres est remarquable, tout comme la richesse des harmonies qui fait également merveille dans le rôle de Sesto (« Parto, parto »<em>, la Clémence de Titus</em> de Mozart) où la redoutable vocaliste fait montre alors de beaucoup de sensibilité.</p>
<p>Les vocalises sont également simples formalités pour<strong> Louise Pingeot</strong> et <strong>Lauren Urquhart</strong> qui « coloraturent » à étourdir. La première ouvre le bal d&rsquo;un « Salut à la France » (<em>la fille du</em> <em>régiment </em>de Donizetti) qui résonne comme une invitation à renouer avec le bonheur de la musique « live » après tant de mois de streaming imposé. Elle relève surtout le défi de nous faire entrer dans l&rsquo;âme d&rsquo;une Ophélie déboussolée <em>(</em>« à vos jeux mes amis »<em>, Hamlet </em>d&rsquo;Ambroise Thomas), avec une émission d&rsquo;un grand naturel, des aigus glorieux et une diction impeccable tout au long de cet air si exigeant.</p>
<p>La seconde impose avec<em> Linda di Chamounix </em>(« O luce di quest&rsquo;anima », Donizetti) l&rsquo;évidence d&rsquo;une projection tout en brillant et en lumière avant de clore la soirée en Musetta (<em>La Bohème</em>, Puccini), un rôle qui va comme un gant à sa présence mutine.</p>
<p>Le lendemain, David Jackson triple sa casquette de chef de chant accompagnateur de celle de concepteur d&rsquo;une belle Schubertiade qui associe le compositeur viennois et ses successeurs admiratifs, de Louise Farrenc à Brahms en passant par Schumann. Autour du piano et d&rsquo;un quintette à cordes de belle tenue, certains chanteurs sont moins à l&rsquo;aise que dans le répertoire de la veille. On retiendra toutefois le poignant «<em>Dicheterliebe </em>(Schumann) de Jean Mianney ; les intenses « Doppelgänger » et « Der Tod und das Mädchen » (Schubert) d&rsquo;Andrew Nolen ; les belles qualités de musicienne de Lauren Urquhart dans « Oh quand je dors » (Liszt) et accompagnée au violon par <strong>Nemanja Ljubinkovic</strong> pour « Der Hirt auf dem Felsen » (Schubert).</p>
<p>Un concert de musique sacrée en église ainsi qu&rsquo;une programme jeune public commémorant les 250 ans de la naissance de Beethoven complètent cette programmation « covid compatible » à applaudir jusqu&rsquo;à la mi-août.</p>
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		<title>MOZART, Così fan tutte — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-belle-ile-en-mer-jubilatoire-avec-les-moyens-du-bord/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Aug 2016 10:02:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’action se passe de nos jours sur une île imaginaire inspirée de Belle-Île dans une ambiance tout ce qu’il y a de bon enfant. Au milieu du plateau, un poteau indicateur avec trois directions fictives : « Citabelle », « Château Fouquet » et «  Ma plage ». À l’évidence, c’est L’école des amants, sous-titre de l’œuvre pris au pied de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’action se passe de nos jours sur une île imaginaire inspirée de Belle-Île dans une ambiance tout ce qu’il y a de bon enfant. Au milieu du plateau, un poteau indicateur avec trois directions fictives : « Cita<em>b</em>elle », « Château Fouquet » et «  Ma plage ». À l’évidence, c’est <em>L’école des amants,</em> sous-titre de l’œuvre pris au pied de la lettre, qui a orienté <strong>Neta Amit Moreau </strong>vers cette mise-en-scène fringante et ludique. Astucieuse option pour représenter, avec un budget limité, un opéra sur la scène d’une salle municipale dépourvue de machinerie. </p>
<p>Au lever du rideau, un simple guéridon et quelques sièges suffisent à évoquer le bar où Ferrando et Guglielmo vont accepter de relever le défi de Don Alfonso. Puis, vêtues comme des écolières (nous y voilà&#8230;) Fiordiligi et Dorabella, assises côte-à-côte à un pupitre de classe primaire, échangent des confidences amoureuses avant de dire adieu à leurs fiancés déguisés en marins. Quant à la fameuse parade « Bella vita militar », elle se déploie en sandales, shorts ou jupettes multicolores, chemises à fleurs, châles en fausse dentelle. Force lunettes de soleil, agitation de bannières et de longues étoffes bleues figurant la mer&#8230; On ne saurait décrire par le menu l’ambiance délurée qui règne ensuite sous les parasols et derrière les serviettes de plage durant les nombreux changements de scènes de ces deux actes endiablés où les bonnes idées théâtrales foisonnent. Loin des comédies brutalement érotiques qui font aujourd’hui florès<em>, </em>on apprécie une direction d’acteurs limpide, amusante, sensuelle, jamais vulgaire. Solos, duos, ensembles&#8230; incroyables moments de grâce, notamment le délicieux trio « soave il vento », moments forts où le ciel tourne à l’orage, moments de doute ou même de révolte&#8230; Le tout s’enchaîne au rythme de la musique.</p>
<p>Sous la houlette de <strong>Philip Walsh</strong> aussi minutieux qu’enthousiaste, l’Orchestre du Festival se limite à treize  musiciens. C’est avec une volupté évidente que — de l’ouverture au finale — cette phalange restreinte, emmenée bon train par son chef, se délecte à faire jaillir les mille et une nuances d’une partition qui passe de l’ironie à l’émotion, voire de la bouffonnerie à la tragédie dans une conversation mozartienne incessante entre instrumentistes et chanteurs. À défaut de pouvoir citer ces treize talentueux solistes à part entière, nommons leur brillantissime et facétieux premier violon : <strong>Nemanja Ljubinković.</strong></p>
<p>Le sextuor des principaux chanteurs satisfait les exigences vocales de chaque personnage. Tous ont déjà été applaudis ici et on peut constater les progrès accomplis. Après son succès l’an dernier dans <em>I Pagliacci</em>, <strong>Jazmin Black Grollemund</strong> — participe depuis 2009 au Festival de Belle-Île où elle vit désormais — est aujourd’hui Fiordiligi, héroïne passionnée à plusieurs facettes. Après le délicieux  duo « A guarda, sorella » tout en légèreté, elle sera ensuite capable de réussir sans trébucher aussi bien les longs passages coloratures que les incursions dans l’extrême grave de sa tessiture. Au deuxième acte, elle chante de manière plus intériorisée mais non moins intense le grand air « Per pietà, ben mio, perdona ». C’est avec plaisir qu’on retrouve <strong>Karin Mushegain</strong>, entendue en 2012 dans le rôle titre de <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/une-mise-en-scene-bondissante-et-bien-plus"><em>La Cenerentola</em> </a> et en 2013 dans Rosine du <a href="/spectacle/sexy-ludique-jamais-barbant"><em>Barbier de Séville</em></a>. La mezzo californienne dont la carrière commence à s’épanouir aux États-Unis a notamment chanté Dorabella à l’opéra de Memphis. Sa voix au timbre agréable et naturel s’est étoffée et stabilisée. « Smanie implacabili » est chanté avec aplomb sans pour autant basculer dans le tragique. La question rieuse de Despina avec « In uomini, in soldati, sperare fedelta ? » nous ramène d’ailleurs sans tarder à la comédie. Pivot de l’action, le couple complice Despina &#8211; Don Alfonso est particulièrement cocasse. Dans son rôle de soubrette, vive et espiègle, qui lui va comme un gant, la soprano française <strong>Louise Pingeot</strong> fait énormément rire. Le baryton basse <strong>Tyler Simpson</strong> semble lui aussi comme un poisson dans l’eau dans un personnage qu’il chante avec compétence et joue avec finesse. Quant aux amants pris au piège, ils sont tous deux convaincants. Le baryton états-unien <strong>Jonathan Beyer</strong> a acquis beaucoup d’assurance depuis son Escamillo bellilois en 2013. Sa voix bien projetée aux excellents graves, sa diction soignée et son talent de comédien lui permettent de nous donner un Guglielmo brillant, ardent, très bien campé. Dans Ferrando, <strong>Tyler Nelson</strong>, met sa sensibilité au service d’un personnage plus ambigu et dont la sincérité n’est pas toujours évidente. Si son timbre caressant séduit dans le fameux air « Un’aura amorosa » chanté correctement, le ténor surprend davantage par le bel engagement dramatique qu’il démontre dans la cavatine « Tradito, schernito » rageuse à souhait.</p>
<p>En ce soir de première, la salle archicomble (plusieurs rangées de chaises ont été ajoutées) fait un triomphe à une équipe artistique hardie, soudée par la passion.</p>
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		<title>I pagliacci&#124;Gianni Schicchi — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/pagliacci-et-gianni-schicchi-belle-ile-en-mer-petits-chefs-doeuvre-en-resonance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Aug 2014 05:55:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Coupler Pagliacci avec Gianni Schicchi n’est pas banal. À l’origine, Puccini avait conçu Il Trittico (Le Triptyque) comme un tout indissociable. Ce souhait s’avéra contraignant et le compositeur  finit par accepter que ses trois opéras courts puissent être représentées séparément. Un coup d’œil sur l’historique des représentations de Gianni Schicchi montre que si le choix &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Coupler <em>Pagliacci </em>avec <em>Gianni Schicchi</em> n’est pas banal. À l’origine, Puccini avait conçu <em>Il Trittico </em>(Le Triptyque) comme un tout indissociable. Ce souhait s’avéra contraignant et le compositeur  finit par accepter que ses trois opéras courts puissent être représentées séparément.</p>
<p>Un coup d’œil sur l’historique des représentations de <em>Gianni Schicchi</em> montre que si le choix fait par le metteur en scène américain, <strong>Richard Cowan</strong> est aujourd’hui fort rare, ce fut précisément celui que fit le Met en 1926, huit ans après la création « in loco » du<em> Triptyque.</em> Il se trouve que cette programmation répond parfaitement aux objectifs actuels du festival car elle permet de réunir tragédie et comédie en un seul spectacle. Si, pour la musique et le chant, leur exigence de qualité est élevée, <strong>Philip Walsh</strong> et Richard Cowan savent se contenter de peu d’espace. Lisibilité et respect des œuvres demeurent leurs maîtres mots. Familière aux bellilois, la petite scène de la salle Arletty, confortable mais basique, sans dégagements ni fosse d’orchestre, leur suffit pour faire du grand art. Quelques éléments de décors efficaces, des costumes inspirés, un éclairage correct, le tour est joué.  Sur un livret du compositeur — soupçonné à l’époque de plagiat —, en réalité surtout inspiré par un fait divers qu’il tenait de son père magistrat, <em>Pagliacci</em>  se termine par un double crime de jalousie conjugale. Comme on le sait, pour représenter cet atroce dénouement, Leoncavallo utilise avec finesse le procédé d’un « théâtre dans le théâtre ». Sa farce tragi-comique, comprenant deux  petits actes en miroir et un bref prologue, frappe juste et fort. Seul personnage féminin central, la soprano américaine, <strong>Jazmin Black-Grollemund</strong> (qui a fait ses premières études musicales dans le Maryland) est  depuis plusieurs années résidente de Belle-Ile. Douée pour la comédie comme pour le chant, elle peint par petites touches, encore un peu timides, une attachante Nedda / Colombine en demi-teinte, à la fois mutine et altière, hésitante mais inflexible, innocemment sensuelle&#8230;  Faisant ses débuts français avec brio dans le rôle titre (Canio / Paillasse), dans lequel se sont illustrés les plus grands chanteurs, à commencer par Caruso, on découvre <strong>Jason Wickson</strong>, remarquable jeune ténor américain puissamment dramatique qui sait aussi bien faire rire qu’émouvoir avec des moyens vocaux qui le destinent aux rôles verdiens et wagnériens. Son renversant « Ah ridi Pagliaccio » ne s’oublie pas !  Enfin et surtout, on retrouve <strong>Keith Harris</strong>, dont c’est la cinquième participation au festival bellilois. Après son Iago prometteur  dans <em>Otello</em> en 2012, voici le baryton américain dans le  personnage haut en couleurs du clown Tonio (Taddeo dans la pièce). Il éblouit par un chant superbe de projection, de timbre, d’expressivité et un talent de comédien-chanteur hors-pair. Contrairement à l’usage répandu, mais conformément au livret original, c’est à lui que revient la dernière phrase rituelle « La commedia è finita ! » que Richard Cowan lui fait proclamer de manière tonitruante, juste après que Paillasse se soit fait justice. <strong>Vikrant Subramanian</strong> (Silvio) et <strong>Donovan Smith</strong> (Beppe) complètent fort bien la distribution de cette tragi-comédie condensée qui laisse les spectateurs pantois.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/generalehd-9888.jpg?itok=3Z4C50XU" title="Gianni Schicchi, Zack Rabine (Simone), Martin Schreiner (Gherardo)  © Léonor Matet" width="468" /><br />
	Gianni Schicchi, Zack Rabin (Simone), Martin Schreiner (Gherardo) © Léonor Matet</p>
<p>Après l’entracte, <em>Gianni Schicchi</em>, inspiré d’un personnage réel ainsi que de « L’ Enfer » de Dante<em>,</em> va emporter le public dans une autre comédie humaine moins tragique mais autrement grinçante que la précédente. C’est un tumulte orchestral apparemment désordonné se fondant « subito presto » avec les jérémiades d’une famille autour du lit de mort d’un parent récemment décédé qui plonge d’un seul coup l’auditoire dans l’univers musical de Puccini. Le petit orchestre talentueux dirigé avec précision par Philip Walsh fait merveille pour illuminer délicatement une partition subtile qui semble se rire d’elle-même. Très vite, une connivence malicieuse s’établit avec le spectateur qui ne demande qu’à rire aux dépens de ces gens hypocrites et cupides qui méritent  bien ce qui leur arrive. À l’évidence, pour interpréter le rôle titre il faut un chanteur — inoubliable Tito Gobbi ! — doué d’une forte personnalité. C’est le cas de <strong>Tyler Simpson</strong>, déjà apprécié ici la saison dernière dans le rôle de Bartolo (<em>Il Barbiere di Siviglia</em>), et dont la carrière se déroule aux États-Unis, principalement au Met. Belle stature, voix bien posée, timbre agréable, engagement dramatique constant, dominateur et facétieux à souhait, son Schicchi est savoureux. Le ténor <strong>Peter Tantsits</strong> est un Rinuccio, Juste, sensible et bien chantant qui fait un charmant couple avec la soprano <strong>Louise Pingeot</strong>, Lauretta  à la voix fraîche ; elle chante à ravir « Ô mio babbino caro », le tube de la partition qui va inciter Schicchi à sauver l’héritage pour le bonheur de sa fille&#8230; Formant un ensemble bien structuré vocalement et dramatiquement, les divers membres de la famille tiennent leur partie avec compétence. Les autres comparses ne sont pas en reste. En particulier, <strong>Keith Harris</strong>, successivement le médecin et le notaire, physiquement méconnaissable, mais bien reconnaissable à son talent.</p>
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