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	<title>Bror Magnus TØDENES - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 26 Feb 2026 17:25:21 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Bror Magnus TØDENES - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, Lucia di Lammermoor (distr. B) &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucia-di-lammermoor-distr-b-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La seconde distribution de Lucia di Lammermoor, programmé au total huit fois au Théâtre du Capitole de Toulouse fait la part belle à la jeunesse. La distribution A avait vu se reconstituer le duo anthologique Pratt/Pati en Lucia/Edgardo. Lionel Lhote avait brillé en Enrico et Michele Pertusi en Raimondo. Ce sont ces quatre rôles qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La seconde distribution de <em>Lucia di Lammermoor</em>, programmé au total huit fois au Théâtre du Capitole de Toulouse fait la part belle à la jeunesse.<br />
<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucia-di-lammermoor-toulouse/">La distribution A</a> avait vu se reconstituer le duo anthologique Pratt/Pati en Lucia/Edgardo. Lionel Lhote avait brillé en Enrico et Michele Pertusi en Raimondo. Ce sont ces quatre rôles qui sont doublés, le reste de la distribution (un crâne <strong>Valentin Thill</strong> en Arturo, <strong>Fabien Hyon</strong> en Normanno et <strong>Irina Sherazadishvili</strong> en Alisa) étant inchangé.<br />
Nous avions déjà noté l’attention toute particulière du chef <strong>Fabrizio Maria Carminati</strong> à son plateau. C’est encore vrai ce soir et plus encore peut-être – les tempi pour les deux grandes scènes de Lucia sont très sensiblement ralentis, pour les besoins de la cause. A noter que cette fois-ci les deux parties de la scène de la folie se suivent immédiatement, ce qui contribue à densifier le drame.<br />
Le ténor norvégien <strong>Bror Magnus Tødenes</strong> a 33 ans. Il était <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-toulouse-un-conte-de-fees-du-xxie-siecle/">Tamino</a> ici même à Toulouse en 2021. Mais convenons qu’il y a un monde entre le jeune prince amoureux de Pamina et le ténébreux Ravenswood sur lequel le sort s’acharne. Pour que celui-ci soit pénétré de toute la rage amoureuse, de l’instinct presque bestial de vengeance, il faut confier à ce personnage une densité, une envie, mais aussi une noirceur certaine. La voix ce soir est certes dense dans le médium mais se perd dans des aigus parfois forcés et qui contraignent à détimbrer. Le jeu lui aussi manque d’engagement : on aurait envie de voir Edgardo amoureux et allant de l’avant, ici il ne fait que subir.<br />
<strong>Alessio Cacciamani</strong>, déjà vu en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-barbiere-di-siviglia-marseille/">Basilio à Marseille</a> est une basse italienne prometteuse. Ce bassoniste de formation, venu sur le tard au chant, campe un Raimondo d’autorité ; la puissance n’est pas fulgurante mais son « Ah cedi, cedi » au II est franchement convaincant.<br />
Des saluts enthousiastes et bien mérités ponctuent la prestation du jeune baryton argentin <strong>Germán</strong> <strong>Enrique Alcántara</strong> en Enrico. En 2018 il avait été primé au <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/concours-musical-reine-elisabeth-de-belgique-2018-bruxelles-bozar-la-justice-de-salomon/">Concours Reine Elisabeth</a>.<br />
Voilà un chanteur qui n’oublie pas d’être aussi un acteur sur scène. Sa prestation est magnifique d’un bout à l’autre ; il se sort admirablement de son aria plus cabalette au premier acte et ajoute au rôle d’Enrico une noirceur qui va bien avec le personnage.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_5253.jpg" />© Mirco Magliocca</pre>
<p>Enfin , il nous tardait de découvrir la Lucia de <strong>Giuliana Gianfaldoni</strong>, remarquée au <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gala-verdien-parme/">gala verdien de Parme</a> en octobre dernier ainsi qu’en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-parme/">Nanetta</a>, toujours à Parme. Il s’agit d’une prise de rôle et celle-ci est réussie. La native de Tarente s’approche avec moult précautions de ce personnage mais elle a de toute évidence le bagage technique et vocal pour en venir à bout.<br />
Elle fait bien de s’en approcher avec prudence ; ses deux grandes scènes sont prises sur un tempo lent, ce qui lui permet de négocier l’ensemble des coloratures aussi justement que possible. Mais il y a surtout un timbre qui, dans les médiums et les graves nous rappellent Mirella Freni avec des harmoniques riches à souhait. Les aigus sont appliqués et justes, la puissance  très respectable.<br />
Une prise de rôle qui doit donner confiance à cette jeune chanteuse à qui on ne pourrait que trop recommander de ne pas brûler les étapes.</p>
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		<title>La saison 2025-26 du Capitole de Toulouse, confiante et ambitieuse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-saison-2025-26-du-capitole-de-toulouse-confiante-et-ambitieuse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 05:43:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;heure où souffrent tant d&#8217;institutions lyriques, il est toujours réjouissant d&#8217;en voir quelques unes tirer leur épingle du jeu. En présentant à la presse la nouvelle saison de l&#8217;Opéra National Capitole de Toulouse, dont il est depuis 2017 le Directeur artistique, Christophe Ghristi avait ainsi plusieurs bonnes nouvelles à annoncer : fort taux de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;heure où souffrent tant d&rsquo;institutions lyriques, il est toujours réjouissant d&rsquo;en voir quelques unes tirer leur épingle du jeu. En présentant à la presse la nouvelle saison de l&rsquo;Opéra National Capitole de Toulouse, dont il est depuis 2017 le Directeur artistique, <strong>Christophe Ghristi</strong> avait ainsi plusieurs bonnes nouvelles à annoncer : fort taux de remplissage (supérieur à 90% de la jauge sur l&rsquo;ensemble de la saison, ce qui a conduit a rajouter des représentations de <em>Nabucco </em>et de <em>Norma</em>), augmentation du nombre d&rsquo;abonnés (+ 20%) et de spectateurs (+ 8%), forte présence de jeunes spectateurs (près d&rsquo;un quart d&rsquo;entre eux ont moins de 27 ans)&#8230; autant d&rsquo;indicateurs au beau fixe permettant un programme lyrique 2025-2026 ambitieux, comprenant dix titres, soit un de plus que la saison dernière.</p>
<p>Certains grands titres du répertoire seront bien entendu au rendez-vous. Un nouveau <em><strong>Don Giovanni </strong></em>de Mozart mettra à l&rsquo;honneur un tandem luxueux, composé de la cinéaste<strong> Agnès Jaoui</strong> à la mise en scène et du jeune directeur musical de l&rsquo;Orchestre du Capitole de Toulouse, <strong>Tarmo Peltokoski</strong>, au podium, tous deux faisant leurs débuts <em>in loco. </em>Une reprise de <em><strong>Lucia di Lammermoor</strong> </em>de Donizetti dans la production de Nicolas Joel verra alterner, dans les rôles principaux, <strong>Jessica Pratt</strong> et <strong>Giuliana Gianfaldoni</strong>, <strong>Pene Patti</strong>,<strong> Ramon Vargas</strong> et <strong>Bror Magnus Todenes</strong>, tandis que <strong>Michael Fabiano</strong> et<strong> Adriana Gonzalez</strong> feront leurs débuts dans les rôles principaux de l&rsquo;<strong><em>Otello</em> </strong>de Verdi. <strong><em>Salome</em></strong>, de Richard Strauss, sera pour <strong>Matthias Goerne</strong> l&rsquo;occasion de réaliser ses débuts de metteur en scène. La distribution, sous la direction de <strong>Frank Beermann</strong>, réunira <strong>Marie-Adeline Henry</strong>, <strong>Jérôme Boutillier</strong>, <strong>Nikolai Schukoff</strong> et <strong>Sophie Koch</strong>. Bizet clôturera la saison, avec <em><strong>Carmen</strong>, </em>incarnée au choix par <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong> ou <strong>Adèle Charvet</strong>. Mais les amateurs de raretés pourront également se lancer dans de belles (re)découvertes  : présent lors de la présentation de la saison à la presse, <strong>Hervé Niquet</strong> dirigera une très attendue <strong><em>Thaïs </em></strong>de Massenet, mise en scène par<strong> Stefano Poda</strong>, avec <strong>Rachel Willis-Sorensen</strong>, <strong>Tassis Christoyannis</strong>, <strong>Jean-François Borras</strong> et <strong>Frédéric Caton</strong> dans les rôles principaux. <em><strong>La Passagère</strong>, </em>opéra de Mieczyslaw Weinberg, connaîtra sa création française en janvier 2026 (sous la direction de <strong>Francesco Angelico</strong>), tandis que plusieurs opéras baroques seront présentés en version de concert : <em><strong>Theodora</strong> </em>de Haendel (<strong>Lea Desandre</strong>, <strong>Véronique Gens</strong> notamment, y seront dirigées par <strong>Thomas Dunford</strong>), <em><strong>Armide</strong> </em>de Gluck (<strong>Stéphanie d&rsquo;Oustrac</strong>, <strong>Cyril Auvity</strong>, <strong>Marie Perbost</strong>, <strong>Timothée Varon</strong> avec le Poème Harmonique de <strong>Vincent Dumestre</strong>), <em><strong>Les Boréades</strong> </em>de Rameau (<strong>Reinoud Van Mechelen</strong> au pupitre et en Abaris, <strong>Gwendoline Blondeel</strong>, <strong>Lisandro Abadie</strong>).</p>
<p>Attaché aux récitals (on se souvient de ceux qu&rsquo;il avait programmés à l&rsquo;Amphithéâtre de l&rsquo;Opéra Bastille quand il était Directeur de la Dramaturgie à l&rsquo;Opéra de Paris), Christophe Ghristi invitera <strong>Matthias Goerne</strong>, <strong>Annick Massis </strong>pour ses adieux à la maison, <strong>Jakub Jozef Orlinski</strong>, mais également <strong>Zachary Wilder</strong> ou <strong>Adèle Charvet</strong> dans le format plus court des Midis du Capitole. Côté danse, un hommage à Ravel confié à <strong>Johan Inger</strong> et <strong>Thierry Malandain</strong> et le<strong> </strong><em><strong>Casse-Noisette</strong> </em>de Tchaikovski précèderont deux créations : Trois cygnes et <strong><em>Un saut dans le bleu</em></strong>, confié à <strong>Carolyn Carlson</strong>..</p>
<p>Plus de renseignements ici : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://opera.toulouse.fr/">Page d&rsquo;accueil &#8211; Opéra du Capitole (toulouse.fr)</a></p>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-eugene-oneguine-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jun 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette nouvelle production d’Eugène Onéguine revient de loin et arrive à Toulouse avec trois ans de retard. Initialement programmée en janvier 2021, elle a fait les frais de la pandémie et a par la même retardé la prise de rôle de Stéphane Degout. Le rôle a été laissé de côté plus d’un an durant pour &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette nouvelle production d’<em>Eugène Onéguine</em> revient de loin et arrive à Toulouse avec trois ans de retard. Initialement programmée en janvier 2021, elle a fait les frais de la pandémie et a par la même retardé la prise de rôle de Stéphane Degout. Le rôle a été laissé de côté plus d’un an durant pour être repris presque du début, la langue étant un obstacle d’évidence. Et c’est finalement au Théâtre de La Monnaie à Bruxelles que le baryton lyonnais a inauguré <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/eugene-oneguine-laurent-pelly-bruxelles-la-monnaie-une-frustration-qui-comble/">le rôle-titre en janvier 2023</a>. A Toulouse en revanche, il le chante  pour la première fois  sur le sol français.<br />
On revient de loin aussi parce que la direction du Théâtre du Capitole a dû <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/toulouse-gabor-kali-remplace-par-patrick-lange-pour-eugene-oneguine/">faire appel in extremis</a>, pour être précis après la pré-générale, à un nouveau chef d’orchestre. <strong>Patrick Lange</strong> a donc eu quelques jours seulement pour arriver d’Allemagne, faire connaissance avec les musiciens (il se produisait pour la première fois à Toulouse) et partager sa vision du chef-d’œuvre de Tchaïkovski. Et très honnêtement on reste, au soir de la première, confondu par la qualité du résultat, obtenu en si peu de temps. L’orchestre brille de mille feux, le mystère et l’ambiguïté des personnages sont rendus dès le prélude du premier acte, les altos et violoncelles résonnent de leurs plus chaudes cordes graves, les liaisons flûte, hautbois, cor et basson, un peu tendues dans l’exposition de la scène de la lettre, gagnent en fluidité dès la reprise de l’air. Bravo maestro.<br />
Intéressante mise en scène de <strong>Florent Siaud</strong>, soutenue par des décors (<strong>Romain Fabre</strong>) et des costumes (<strong>Jean-Daniel Vuillermoz</strong>) au diapason. L’idée est celle d’une scène sur deux niveaux. En bas, les intérieurs (la maison cossue de la famille Larine, plus tard celle du Prince Grémine) et en haut les extérieurs (souvent les jardins des Larine). Ce double niveau permet de fluidifier, au I, les entrées et sorties des personnages, de rendre plus lisibles leurs multiples apartés. Elle permet aussi de commenter en quelque sorte l’action se déroulant plus bas ; ainsi, lorsque Lenski tombe sous la balle d’Eugène, Tatiana, dans la forêt à l’étage supérieure s’écroule en même temps que lui. Elle marque ainsi que la mort de Lenski est aussi la fin de son amour avec Eugène. Autre belle idée de mise en scène : la réapparition fantomatique, au III, et pendant l’air de Grémine («L&rsquo;amour est de tout âge »), soit durant la réception qu’il donne, de personnages qui renvoient Tatiana à ses heureuses années de jeunesse : sa mère, sa gouvernante Filipievna, sa sœur Olga et feu son fiancé Lenski défilent devant elle, sans oublier l’impayable Triquet. En quelques instants donc, Tatiana, qui avait refoulé son passé en se jetant dans les bras de Grémine, se retrouve confrontée, en voyant réapparaitre Onéguine, aux fantômes de sa jeunesse.</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR7001-Migliorato-NR.jpg" alt="" width="661" height="441" />
© Mirco Magliocca</pre>
<p><strong>Stéphane Degout</strong> illumine le rôle d’Eugène Onéguine de son insolente présence. Même silencieux, il impose son personnage par une sourde gravité et un jeu millimétré. Le timbre est chaud, presque trop ardent pour incarner la duplicité du personnage. On admirera la maîtrise des moyens vocaux et la capacité à les distiller avec une parfaite économie. Il restera bien le héros que l’on adore détester. Degout triomphe au baisser de rideau, tout comme <strong>Valentina Fedeneva</strong> (Tatiana), qui le devance même presque à l’applaudimètre. Succès mérité certes par la beauté de l’incarnation et la majesté du personnage. Majesté qui rime parfois avec distance, pour ne pas dire froideur et un engagement un peu en retrait ; tout cela correspond certes parfaitement à la dernière scène, où Tatiana se refuse à Onéguine, mais moins aux scènes du I, où elle déclare sa flamme. La voix porte, mais quelques raideurs apparaissent aussi et il nous manque la complexité du personnage, certaines nuances, qui doivent transparaître dans le chant.<br />
<strong>Eva Zaïcik</strong> est une Olga entièrement convaincante dans la voix et le jeu. La voix gravit les degrés vers le haut ou les descend vers le bas avec la même aisance. Aisance dans la diction également, ce qui n’est pas un mince compliment. <strong>Bror Magnus Tødenes</strong> est un Lenski irréprochable de sincérité et de vérité. Son ténor est franc et vigoureux. <strong>Juliette Mars</strong> campe avec Madame Larina une femme de caractère certes, mais qui n’a rien d’une babouchka ; nous sommes dans la bourgeoisie russe, cultivée, lettrée et éduquée. <strong>Sophie Pondjiclis</strong> (la gouvernante), un peu fébrile lors du quatuor inaugural au I, prend rapidement de l’assurance.  <strong>Carl Gharazossian</strong> est un Triquet absolument délicieux et <strong>Andreas Bauer Kanabas</strong> en Grémine, patriarche vibrant, mérite son franc succès grâce à son air du III où il fait montre d’une vigueur enviable.<br />
Ainsi s’achève à Toulouse une saison lyrique 2023-24 en tout point exemplaire, qui a eu peu ou pas d’égal en régions cette année. Une programmation variée et exigeante, des castings de premier choix avec force nouvelles productions. Une année référence donc qui en appelle d’autres. C’est tout le mal qu’on peut souhaiter au Capitole.</p>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-toulouse-un-conte-de-fees-du-xxie-siecle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Dec 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Flûte enchantée est décidément un opéra pour temps de fêtes. Vingt-quatre maisons à travers le monde, de la Slovénie aux Etats-Unis, en passant par l’Allemagne (où elle est à l’affiche dans quatorze villes !) proposent en cette fin décembre l’avant-dernier opéra de Mozart. En France, Nancy y est allée de sa proposition et c’est aujourd’hui &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Flûte enchantée</em> est décidément un opéra pour temps de fêtes. Vingt-quatre maisons à travers le monde, de la Slovénie aux Etats-Unis, en passant par l’Allemagne (où elle est à l’affiche dans quatorze villes !) proposent en cette fin décembre l’avant-dernier opéra de Mozart. En France, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/die-zauberflote-nancy-tournez-maneges">Nancy</a> y est allée de sa proposition et c’est aujourd’hui Toulouse, en co-production avec l’opéra de Rouen-Normandie, qui se lance pour neuf représentations, confiées à <strong>Pierre Rigal</strong>, danseur et chorégraphe, qui fait ici ses débuts en tant que metteur en scène. Les huées entendues ici et là à son adresse au baisser de rideau de la première ne laissent pas d’interroger. Elles sont en réalité tout à la fois compréhensibles et injustifiées. Essayons de comprendre.</p>
<p><em>Die Zauberflöte</em> est une sorte de conte de fées avec ses attributs obligés et attendus : l’oiseleur, les animaux sauvages, le dragon, la flûte de pan, le jeu de clochettes, le méchant ou supposé tel, et la Reine de la Nuit sous son tapis d’étoiles. Vienne à manquer un seul de ces éléments et c’est tout l’édifice qui nous semble branlant ; comme de tout conte de fées ou assimilé, nous attendons qu’il nous replonge dans un univers stylisé, idéalisé. De tous ces attendus, bon nombre manquent à l’appel dans cette nouvelle production ; le carton-pâte tient lieu de décors (y compris pour les animaux dont le dragon descendu du ciel sous la forme d’un serpent chinois qui tient plus de la peinture sur vase que d’un dangereux reptile) : les montagnes, la lune, le soleil, les arbres font du coup bien chiches et peinent à entraîner le spectateur dans le conte de fées…transposé qui plus est dans le désert arabo-africain au XXIe siècle ; le clou si l’on peut dire étant cette station-service « Totalité » où les trois pompes à essence sont censées incarner les vertus prônées par Sarastro : Nature-Sagesse-Raison. Par ailleurs, nous ne sommes pas dans une période indéterminée du passé qui sied à ce genre de fable : ici, Monostatos et ses esclaves déboulent à bicyclette avec sur le dos ces énormes cubes des livreurs de plats cuisinés qui sillonnent aujourd’hui les centres-ville (clin d’œil un peu appuyé à la précarité du statut de ces travailleurs). Ajoutons à cela que les dialogues sont systématiquement dits en français par … deux personnages incarnant Mozart et Schikaneder en personne qui, tout au long de la représentation, joueront les Monsieur Loyal en traduisant donc, mais aussi en ajoutant des tirades à vocation visiblement pédagogique mais qui ralentissent ainsi l’action. Enfin, outre les sur-titres français, deux gros bandeaux de sur-titrage sont omniprésents et désignent les personnages ou commentent l’action : « Humain, trop humain » pour qualifier le désir de Monostatos pour Pamina ou encore « Papageno face à lui-même » dans la scène du jardin où il est à deux doigts de se pendre. Si l’on ajoute les intermèdes musicaux, heureusement peu sonores et dont la pertinence nous a échappé, on concèdera que les puristes n’y trouveront pas leur compte. Dont acte.</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/_dsc9571_-_b._m._todenes_tamino_s._uyar_la_reine_de_la_nuit_m-a_bouchard_i._sherazadishvili_a._soare_-_credit_mirco_magliocca.jpg?itok=Y948jmmj" width="468" /><br />
	© Mirco Magliocca</p>
<p>Et pourtant. Pour mieux comprendre la proposition du metteur en scène, il est bon de resituer <em>Die Zauberflöte</em> dans le contexte de sa création en 1791. C’est un Mozart aux abois financièrement qui compose ce <em>Singspiel</em> sur le livret de son ami Emanuel Schikaneder ; l’œuvre est créée non pas sous les ors du Burgtheater comme l’opus précédent (<em>Così fan tutte</em> l’année d&rsquo;avant) mais dans le très trivial Theater auf der Wieden ou Schikanedertheater. Le public n’est pas du tout le même ; c’est celui des faubourgs populaires de Vienne qui vient autant pour le spectacle à voir que pour la musique à entendre. Mozart et Schikaneder vont lui en donner pour son argent et, du reste, l’œuvre aura immédiatement un grand succès. Succès dû à l’immédiate accessibilité de l’œuvre. Il nous semble que c’est ce qu’a tenté Pierre Rigal dans cette mise en scène. Faire en sorte que le public comprenne parfaitement l’action, la finesse des dialogues, quitte parfois, c&rsquo;est évident, à surligner de façon un peu voyante les intentions du librettiste. Se rapprocher du public, briser la barrière de la langue, pour que l’histoire parle encore au XXIe siècle. De ce point de vue-là la réprobation exprimée par une partie du public pourrait relever d’une méprise.</p>
<p>La réserve majeure concernant ce cast A (les neuf représentations se succédant à bon rythme jusqu’au 30 décembre, deux distributions alterneront), tient au défaut patent de maîtrise de la langue allemande de la part de chanteurs dont aucun n’est germanophone (heureusement, en un sens, que les dialogues parlés l’étaient en français). Abstraction faite de cela, nous retiendrons particulièrement <strong>Serenad Uyar</strong> qui se tire admirablement des mille et un chausse-trappes des deux airs de la Reine de la Nuit ; aucune faiblesse dans l’aigu, une conduite de la ligne de chant très exercée, avec ce qu’il faut de <em>rallentando</em> pour éviter la sortie de route ; ovation méritée. Il en va de même du Papageno de <strong>Philippe Estèphe</strong>, excellent acteur et à l’aisance vocable très appréciable. Le Sarastro de <strong>Luigi Di Donato</strong>, s’il n’a pas la noirceur de timbre attendu, ne tremble pas quand il doit aller chercher dans les tréfonds de la gamme les fa et fa dièse graves de ses deux airs, le tout avec une projection très correcte. Les trois dames (<strong>Andrea Soare</strong>, <strong>Irina Sherazadishvili</strong> et <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong>) ont le privilège de débuter l’opéra par un trio qui relève d’une des plus belles inspirations de Mozart. La technique y est, mais le tempo nous a semblé quelque peu hâté. Le Tamino de <strong>Bror Magnus Tødenes</strong><strong> </strong>ne souffre pas de faiblesse dans la projection ; on aurait attendu dans « Dies Bildnis » davantage de nuance et de legato ; mêmes remarques pour Pamina ; le timbre plaît mais les redoutables arcanes du « Ach, ich fühl’s » (l’un des arias les plus piégeux de Mozart) exigent un doigté de magicienne qu’<strong>Anaïs</strong> <strong>Constans</strong> ne possède pas encore entièrement. La Papagena de <strong>Céline</strong> <strong>Laborie</strong> est délicieuse à souhait, le Monostatos de <strong>Paco Garcia</strong> joue plus le benêt que le retors. Il faut saluer l’enthousiasme de tous les protagonistes qui s’emparent avec gourmandise de la proposition du metteur en scène. Excellent jeu d’acteurs de l’ensemble, y compris des trois Knaben, solistes de la Maîtrise du Capitole.</p>
<p>L’orchestre du Capitole sous la direction de <strong>Frank Beermann</strong> nous offre une ouverture de toute beauté avec un équilibre quasi parfait entre cordes et vents ; par la suite, de menus décalages, bien compréhensibles un soir de première, n’obèrent pas une impression de grande maîtrise désormais coutumière.</p>
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