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	<title>Marcel CARIVEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Marcel CARIVEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Normandie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/normandie-elle-etait-swing/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Jan 2019 12:03:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Début février 2019, à Compiègne et à Paris, l’ensemble Les Frivolités Parisiennes présentera l’opérette Normandie, œuvre de Paul Misraki. Immortel compositeur de tubes comme « Tout va très bien, madame la marquise » ou « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux », parmi tant d’autres titres, Paul Misraki est mort il y a exactement vingt ans, et il aurait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Début février 2019, à Compiègne et à Paris, l’ensemble Les Frivolités Parisiennes présentera l’opérette <em>Normandie</em>, œuvre de Paul Misraki. Immortel compositeur de tubes comme « Tout va très bien, madame la marquise » ou « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux », parmi tant d’autres titres, Paul Misraki est mort il y a exactement vingt ans, et il aurait eu 110 ans cette année. Double anniversaire qui est passé un peu inaperçu, même si le monde la chanson et de la musique de film lui doit évidemment plus que celui de l’art lyrique. Malgré tout, Paul Misraki composa plusieurs opérettes et comédies musicales, dont <em>Le Chevalier Bayard</em> (1948), qui fut créé par Yves Montand, Henri Salvador et Ludmilla Tcherina. En 1936, <em>Normandie</em> fut sa première œuvre scénique, sur un livret dû au cinéaste Henri Decoin, les lyrics étant signés André Hornez, co-auteur du <em>Chevalier Bayard</em> avec Bruno Coquatrix. Grand succès aux Bouffes-Parisiens, <em>Normandie</em> inclut l’une des chansons qui continuent de faire la gloire du compositeur « Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine », et l’on comprend que Radio-Lille ait eu l’idée de recréer, vingt ans après la création, cette opérette bien troussée qui, au fil de ses onze tableaux, promenait les spectateurs dans tous les recoins du célèbre paquebot, du pont supérieur jusqu’à la salle des machines…</p>
<p>La partition de Paul Misraki laisse entendre ce qu’aurait pu devenir l’opérette si le destin l’avait voulu. A côté d’un hommage à un passé révolu (« Ah comment pouvez-vous douter de ma tendresse ? » est explicitement désigné comme « Valse 1900 »), on y entend surtout des rythmes hispaniques (la rumba « Le vent du large me frôle », par exemple) et surtout américains, tendance Gershwin et déjà swing. Bien sûr, l’humour du livret a parfois un peu vieilli : l’intrigue repose sur la présence à bord de trois milliardaires américains, trois « rôles à accent », façon René Koval dans <em>Pas sur la bouche</em> ou dans <em>Passionnément</em>, ce qui n’est hélas pas très crédible quand il s’agit de déclamer des textes truffés de jeux de mots… La gaieté revendiquée par les chansons peut aujourd’hui sonner comme de l’inconscience dans le contexte des années 1930, mais il est difficile de juger le texte d’après la version nécessairement très réduite qui en était proposée à la radio. On relèvera malgré tout quelques chansons délicieusement coquines, comme l’excellent « Je voudrais en savoir davantage » confié à l’innocente Betty (« j’enrage / Quand je pense aux jeunes mariées / Qui connaissent les derniers outrages / Quand moi j’ignore même les premiers… »).</p>
<p>Pour ce genre d’ouvrage, on s’en doute, pas question de faire appel à de grandes voix, et l’on entend ici plutôt trois catégories d’artistes : des comiques, pour les trois Américains et pour Catherine la « femme d’affaires » ou plutôt poule de luxe ; des divettes d’opérette pour les trois jeunes filles ; des chanteurs de charme pour leurs trois galants. Pour les trois jeunes hommes, si <strong>René Lenoty </strong>faisait déjà carrière en 1926, et n’avait donc plus tout à fait l’âge d’un jeune premier en 1956 (d’autant qu’en 1936, Petit-Louis était apparemment interprété par un adolescent), <strong>Aimé Doniat </strong>et <strong>Dominique Tirmont </strong>entrent tout à fait dans ce cadre, barytons légers alors idoles des jeunes filles. Du côté des demoiselles, les voix sont plus ou moins pointues, plus ou moins acidulées, mais elles ont ce charme et ce chien qu’a la grande Mireille dans <em>Phi-Phi</em>, et cette diction impeccable qui laissent rêveur de nos jours &#8211; comment faisait donc ces artistes pour être à tout instant compréhensibles lorsqu’elles chantaient ? A <strong>Gabrielle Ristori </strong>échoit le tube de <em>Normandie</em>, dont elle s’acquitte avec brio. Quant aux trois barbons, <strong>Duvaleix </strong>(le père, Albert, et non le fils, Christian) était surtout un acteur de cinéma, mais <strong>Robert Burnier</strong> avait également fait une belle carrière dans l’opérette, créant notamment le rôle de Kermao dans <em>Coups de roulis </em>; <strong>Numès fils</strong> retrouve ici le personnage qu’il incarnait en 1936, tout comme <strong>Marcel Cariven</strong> qui dirigeait l’orchestre des Bouffes-Parisiens lors de la création.</p>
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		<title>La Grande-duchesse de Gérolstein</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-grande-duchesse-de-gerolstein-qui-pour-ressusciter-hortense-schneider/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Apr 2018 06:30:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au cours des années 1860, quelques-uns des plus grands succès d’Offenbach furent conçus autour d’une personnalité hors du commun, celle d’une jeune chanteuse arrivée de Bordeaux en 1855, Catherine – qui se rebaptisa Hortense – Schneider (son père était strasbourgeois). Comme toujours dans le cas des chanteurs du passé, il est bien difficile de prétendre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au cours des années 1860, quelques-uns des plus grands succès d’Offenbach furent conçus autour d’une personnalité hors du commun, celle d’une jeune chanteuse arrivée de Bordeaux en 1855, Catherine – qui se rebaptisa Hortense – Schneider (son père était strasbourgeois). Comme toujours dans le cas des chanteurs du passé, il est bien difficile de prétendre reconstituer la nature exacte de leur vocalité, mais certaines descentes régulières dans le grave donnent à penser que la dame était peut-être bien un peu mezzo. Malgré tout, le siècle et demi qui a suivi ne s’est pas gêné pour confier ses rôles aux voix les plus diverses, y compris aux plus pointues et aux plus crispantes « divettes d’opérette ».</p>
<p>Rien de tel avec <strong>Suzanne Lafaye</strong> (1917-2015), mezzo clair qui ne rencontre aucune difficulté dans un répertoire auquel elle reste associée : on la connaissait notamment en Mademoiselle Lange dans une intégrale de <em>La Fille de madame Angot</em> (avec Gabriel Bacquier en Ange Pitou), ou dans une <em>Périchole</em> qui fait encore autorité. On ne confondra pas la <em>Grande-Duchesse</em> à présent proposée par Malibran avec l’intégrale postérieure d’une dizaine d’années, dirigée par Jean-Claude Hartemann, et où Suzanne Lafaye dans le rôle-titre est entourée de seconds couteaux. En 1957, en revanche, on avait fort bien fait les choses : autour de cette héroïne enjouée et très crédible en croqueuse d’hommes, qui semble s’être inspirée dans « Dites-lui » de l’un des meilleurs modèles qui soient – Yvonne Printemps pour ne pas la nommer –, l’ORTF avait réuni les meilleurs habitués de ses concerts « radio-lyriques ». Si l’on peut regretter une certaine acidité chez la Wanda de <strong>Lina Dachary</strong>, on ne saurait trop savourer l’exquise suffisance de <strong>Jean Giraudeau </strong>en Fritz, version parigote du benêt méridional que proposerait plus tard Alain Vanzo. On saluera la parfaite vieille ganache de <strong>Louis Musy</strong>, le prince Paul délicieusement pusillanime de <strong>Joseph Peyron</strong>, et si <strong>René Lenoty</strong> manque sérieusement de graves en Puck, au moins tous ces gens-là s’y entendaient-ils pour faire vivre la musique et les dialogues, avec une vigueur d’interprétation qui fait cruellement défaut à l’intégrale Plasson. On en trouve aussi un parfait exemple avec le rôle presque exclusivement parlé du baron Grog, confié à l’inimitable timbre nasillard du grand <strong>André Balbon</strong>.</p>
<p>Bien sûr, il faut subir la redoutable présentatrice de l’ORTF qui, confrontée à un opéra-bouffe, se déboutonne, chantonne, emploie un vocabulaire presque relâché – par rapport au ton guindé qui prévalait d&rsquo;ordinaire – et se croit même drôle. Il faut accepter quelques coupes absurdes (pourquoi avoir supprimé « Vous aimez le danger… », l’excellente adresse de la Grande-duchesse à ses troupes, juste avant « Ah ! que j’aime les militaires », alors qu’il aurait suffi de couper le sifflet à l’abominable speakerine pour que cette soirée radiophonique ne dépasse pas la durée autorisée ?), mais on a là une version à peu près aussi complète qu’on pouvait l’espérer avant que Marc Minkowski ne rende sa place au Chant des rémouleurs à l&rsquo;acte III et au « Carillon de ma grand-mère », le finale de l’acte II.</p>
<p>En bonus, on trouvera quatre « extraits de <em>La Grande-Duchesse de Gérolstein</em> », mais dans le bidouillage qu’en proposa Albert Willemetz en 1948, soit deux airs effectivement tirés de l&rsquo;œuvre en question et deux airs dérobés à <em>Robinson Crusoé</em>, enregistrés non par les créateurs du spectacle alors monté à Paris, mais par un Michel Dens qui rend parfaitement acceptable la métamorphose de Fritz en baryton rebaptisé Franz, par un Louis Musy égal à lui-même, et par une Lucienne Jourfier dont on peut supposer qu’elle n’avait, elle, que très peu de choses à partager avec Hortense Schneider&#8230;</p>
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		<title>La Princesse de Trébizonde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-princesse-de-trebizonde-deja-un-bon-bouche-trou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Nov 2016 08:31:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nuitter et Tréfeu ne sont pas Meilhac et Halévy, mais La Princesse de Trébizonde n’en est pas moins un très bon Offenbach, supérieur à bien des compositions post-1870. C’est aussi une oeuvre scandaleusement négligée par le disque. Pour ce grand succès qui eut le malheur d’arriver peu avant la guerre franco-prussienne, pas trace d’un seul &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nuitter et Tréfeu ne sont pas Meilhac et Halévy, mais <em>La Princesse de Trébizonde </em>n’en est pas moins un très bon Offenbach, supérieur à bien des compositions post-1870. C’est aussi une oeuvre scandaleusement négligée par le disque. Pour ce grand succès qui eut le malheur d’arriver peu avant la guerre franco-prussienne, pas trace d’un seul enregistrement, même dans la défunte série « Gaieté lyrique » chez Musidisc, pourtant si riches en perles. Autant dire que la version radiophonique publiée par Malibran comble une lacune de taille dans la discographie. Evidemment, il faut se soumettre aux pratiques de la RTF <a href="http://www.forumopera.com/cd/madame-larchiduc-jacques-et-les-travestis">déjà plusieurs fois dénoncées</a> : une fois de plus, le rôle travesti du prince Raphaël, qui a droit aux plus beaux airs de cette partition, est confisqué à la voix de mezzo pour être confié à un ténor (heureusement, personne n’eut alors l’idée de faire chanter Chérubin ou Octavian par des hommes). Ironie du sort, le résultat sonne infiniment plus mièvre que si le duo Raphaël-Zanetta était interprété par deux femmes comme prévu, mais heureusement, ces temps sont révolus et les représentations récentes, <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/merveille-de-la-ceroplastie">à Saint-Etienne</a>, <a href="http://www.forumopera.com/la-princesse-de-trebizonde-limoges-le-temps-que-la-cire-prenne">à Limoges</a> ou <a href="http://www.forumopera.com/la-princesse-de-trebizonde-baden-baden-de-quoi-se-mettre-sous-la-dent">à Baden-Baden</a>, respectent désormais cette composante. Un motif de satisfaction quand même : la partition n’est par ailleurs pas trop mutilée, malgré quelques menues coupes ici et là. Et <strong>Marcel Cariven</strong> est un chef rompu à la direction des opérettes, qu’il assurait régulièrement à la tête de l’orchestre de la radio.</p>
<p>Ténor suave,<strong> Aimé Doniat</strong> est charmant mais ne peut donner à son chant la sensualité qu’y mettrait une mezzo, notamment dans les inénarrables couplets du mal de dents. On connaît l’abattage de <strong>Lina Dachary</strong>, pilier de tant d’intégrales d’opérettes et d’opéra-comiques. Pour nous être un peu moins familière, ses partenaires féminines n’en sont pas moins présentes : belle voix chaude pour la Régina de <strong>Nicole Briard</strong>, personnalité affirmée pour <strong>Germaine Duclos</strong> en Paola. <strong>Robert Destain</strong> a toute la faconde attendue en Cabriolo, et sur ce terrain, <strong>Gaston Rey </strong>lui donne parfaitement la réplique ; seul <strong>Raymond Amade</strong> fait un peu plus pâle figure en Trémolini. Dommage que le savoureux air des cannes, chanté par le prince Casimir, souffre d&rsquo;un petit problème technique (des raccords étranges dans la bande font qu&rsquo;au deuxième couplet, il manque plusieurs secondes par-ci, par-là), d’autant que <strong>Joseph Peyron</strong> est, pour une fois, tout à fait à sa place et se montre assez déchaîné.</p>
<p>En complément de programme, une très étrange version de <em>Monsieur Choufleuri restera chez lui le…</em>. Si l’on pouvait prévoir que <strong>Michel Sénéchal </strong>serait assez idéal en Chrysodule Babylas, <strong>André Balbon</strong> est plus (excellent) acteur que chanteur et l’exquise <strong>Line Clément</strong> manque parfois de puissance. Curieusement, le chœur est lamentable, comme s’il découvrait la partition pour la première fois. Les solistes eux-mêmes ont parfois du mal à chanter au même rythme que l&rsquo;orchestre. Surtout, ce qui déconcerte, c’est le mélange de coupures et d’ajouts que cet opérette-bouffe a subi. Cela commence par la suppression du délicieux air d’Ernestine sur lequel s’ouvre l’œuvre, et cela continue avec la suppression systématique des reprises et de plusieurs passages importants dans les ensembles. Bizarrement, deux personnages ont été ajoutés, Monsieur et Madame Zéphirin, et l’on a même introduit une page purement instrumentale, un ballet dont les premiers instants parodient celui de <em>Faust </em>avant de dégénérer en danse paysanne, puis de reprendre un des interludes de <em>La Grande-duchesse de Gérolstein</em> (« Bonne nuit » et « A cheval »). Mieux vaut oublier cette bizarrerie-là et se rabattre sur la version EMI de <em>Choufleuri </em>dirigée par Manuel Rosenthal.</p>
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		<item>
		<title>Madame l&#039;Archiduc</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/madame-larchiduc-jacques-et-les-travestis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Nov 2016 07:39:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Même si l’œuvre fait parfois le bonheur des troupes amateurs, Madame l’Archiduc attend encore sa résurrection professionnelle sur une grande scène lyrique. Il y a du travail pour que cette opérette de 1874 parle au public d’aujourd’hui car il ne faut surtout pas espérer y trouver l’Offenbach d’avant la guerre franco-prussienne : guère de satire et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Même si l’œuvre fait parfois le bonheur des troupes amateurs, <em>Madame l’Archiduc</em> attend encore sa résurrection professionnelle sur une grande scène lyrique. Il y a du travail pour que cette opérette de 1874 parle au public d’aujourd’hui car il ne faut surtout pas espérer y trouver l’Offenbach d’avant la guerre franco-prussienne : guère de satire et beaucoup de tendresse, voire de sensiblerie, avec un livret qui n’est pas vraiment palpitant. Pourtant, il y a dans la partition des passages qui lancent des regards appuyés vers les grands succès de la décennie précédente. La chanson du capitaine Fortunato reprend les effets de trompette de la chanson du régiment dans <em>La Grande-Duchesse</em>. La magnifique mélodie du « Tais-toi, tais-toi, tu n’es pas plus malin que moi », adressé par Marietta à Giletti, évoque inévitablement le « Mon Dieu, que les hommes sont bêtes » chanté à Piquillo par la Périchole chante à Piquillo. <em>Madame l’Archiduc</em>, c’est aussi le fameux Sextuor de l’Alphabet, chanté par Anne Sofie von Otter et quelques complices lors du concert Offenbach dirigé par Marc Minkowski ; c’est l’air « Brigadier vous avez raison » qui inspira sans doute la chanson 1900 du même titre, l’air de Marietta « L’Archiduc n’a pas eu ça », ou le duo Fortunato-Marietta, « Le plus gentil des trois ». Le démarrage est laborieux, mais les deuxième et troisième acte sont plus riches musicalement.</p>
<p>Du temps de la RTF, ou même de l’ORTF, <em>Madame l’Archiduc</em> connut plusieurs fois les honneurs du concert. Le label Malibran nous livre ce qui semble être la version la plus ancienne (1956 ou 1958 ou), rééditée par l&rsquo;INA mais uniquement en téléchargement. Le concert de 1963, sous la baguette de Jean-Claude Hartemann, fut diffusé en CD par Musidisc dans la série « Gaîté Lyrique », avec Lina Dachary en Marietta et Raymond Amade en Fortunato ; Gaston Rey retrouvait le rôle du comte, Aimé Doniat, Fortunato en 1958, y devenait Riccardo, tandis que René Lenoty passait de Giletti à un conspirateur, rejoignant Jacques Pruvost et Genio. La version de 1969, à nouveau dirigée par <strong>Marcel Cariven</strong>, proposait à côté des inévitables Pruvost, Rey et Lenoty dans de petits rôles, des têtes d’affiche renouvelées et un peu plus conformes aux tessitures voulues par Offenbach.</p>
<p>En 1874, Marietta fut créée par la mezzo Anna Judic, et Fortunato, rôle travesti, par la soprano Laurence Grivot. Qu’entendons-nous en 1958 ? Un soprano léger en Marietta et un ténor en Fortunato. Dans ces conditions, que reste-t-il du duo censé soprano-mezzo ? C’est seulement en 1969 que sera restitué à une voix féminine ce personnage qui se qualifie lui-même de « Piccolino Cherubino ». <strong>Claudine Collart</strong> est irrésistible, même si elle n’a pas du tout la voix du rôle, et <strong>Aimé Doniat</strong> justifie sa réputation de chanteur de charme. Autour d’eux, des voix chargées de personnalité, comme celle, toujours incroyable, d’<strong>André Balbon</strong> en archiduc. <strong>Gaston Rey</strong>, décidément mis à toutes les sauces par la Radiodiffusion française – la même année, il était Raflafla, rôle de ténor, dans <em>Mesdames de la Halle</em> –, hérite cette fois d’un personnage créé à ses débuts par le grand Lucien Fugère, baryton pour qui Massenet allait plus tard écrire quelques-uns de ses plus beaux rôles.</p>
<p>L’Offenbach qu’on aime, le « vrai », on le retrouve dans <em>Le Fifre enchanté </em>: cette petite chose en un acte contient intacte toute la verve de la <em>Belle Hélène</em>, et pour cause : l’œuvre date de 1864 (elle fut d’abord créée à Bad Ems, puis quatre ans plus tard aux Bouffes Parisiens). Une fois de plus, le rôle principal masculin, conçu pour une chanteuse en travesti, est abusivement confié à un ténor, mais il faut bien en prendre son parti. Et même s’il manque le chœur des Fifres, le plaisir de la redécouverte l’emporte, avec notamment le quintette « Ça sent la truffe ». L’esprit des interprètes fait accepter beaucoup de choses,<strong> Nicole Broissin</strong> est à la hauteur du rôle virtuose de Coraline, et même <strong>Joseph Peyron</strong> parvient à être très acceptable en Rigobert, même si on aimerait entendre une soprano qui rétablirait l’équilibre des voix voulu par Offenbach.</p>
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		<title>La Belle Hélène</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-belle-helene-ca-sent-si-bon-la-france/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jun 2016 05:44:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ah, qu’il est doux d’entendre Offenbach interprété par des artistes qui comprennent ce qu’ils chantent et le font comprendre sans effort ! Avant que n&#8217;advienne dans les années 1980 l’aberration consistant à enregistrer La Périchole avec des stars lyriques internationales n&#8217;ayant parfois du français qu&#8217;une maîtrise incertaine, on n’aurait pas imaginé d’aller chercher pour cela des &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-belle-helene-ca-sent-si-bon-la-france/"> <span class="screen-reader-text">La Belle Hélène</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ah, qu’il est doux d’entendre Offenbach interprété par des artistes qui comprennent ce qu’ils chantent et le font comprendre sans effort ! Avant que n&rsquo;advienne dans les années 1980 l’aberration consistant à enregistrer <em>La Périchole </em>avec des stars lyriques internationales n&rsquo;ayant parfois du français qu&rsquo;une maîtrise incertaine, on n’aurait pas imaginé d’aller chercher pour cela des chanteurs hors de la sphère francophone. Evidemment, dans les années 1950, on ne s’embarrassait guère de scrupule musicologique, et l’on coupait allègrement dans la partition, l’heure était encore moins à la restitution de passages coupés depuis des décennies. En 1958, lorsque l’on donne <em>La Belle Hélène </em>à la radio-diffusion française, c’est avec une équipe 100% francophone, ce qui a bien sûr du bon.</p>
<p>Le moins bon, c’est qu’il manque bien sûr pas mal de musique : on se dispense souvent d’un couplet dès qu’il y en a plusieurs, quand on ne supprime pas purement et simplement un numéro entier, le chœur initial du troisième acte, par exemple. Le moins bon, c’est aussi que les voix affectées au répertoire d’opérette n’étaient pas toujours les plus impressionnantes. <strong>Claude Devos</strong>, qui est ici Pâris, était un « ténor d’opérette », à la voix point désagréable mais un peu limitée dans l’aigu. S’il est traditionnel de confier Ménélas à un comédien plutôt qu’à un authentique chanteur lyrique  &#8211; <strong>Gaston Rey </strong>ne fait pas vraiment exception à la règle –, les titulaires de Calchas et d’Agamemnon sont des barytons trop légers, mal à l’aise dans les graves du « Trio patriotique ». Evidemment, en contrepartie, ces messieurs font preuve d’une verve inimitable dans tout le versant théâtral de leur prestation, ce qui est évidemment loin d’être négligeable, et l’on a rarement l’occasion d’entendre un Achille aussi savoureux qu’<strong>André Balbon</strong>, ou deux Ajax aussi délicieusement caricaturaux que <strong>René Lenoty</strong> et <strong>Marcel Genio</strong>. Heureusement, Oreste est chanté par une femme, à une époque où l’on avait pris l’habitude d’imposer des hommes dans les rôles travestis d’Offenbach : <strong>Janette Levasseur</strong> n’a rien d’inoubliable mais elle remplit son contrat.</p>
<p>Cependant, ne nous leurrons pas, la raison de cette publication est la présence dans le rôle-titre de <strong>Maria Murano</strong>, née Suzanne Chauvelot (1918-2009). Voilà une artiste que ses moyens vocaux destinaient initialement à un répertoire plus exigeant, puisqu’elle fut notamment, dans l’immédiat après-guerre, Waltraute de <em>La Walkyrie</em>, Marina de <em>Boris Godounov </em>ou Marguerite de <em>La Damnation de Faust</em> au Palais Garnier, Geneviève de <em>Pelléas</em> ou Charlotte de <em>Werther</em> Salle Favart. Autrement dit, une grande voix doté de graves solides, comme put l’être Jane Rhodes, superbe Hélène en son temps. Dans tout le texte parlé, Maria Murano joue délicieusement une reine-cocotte digne Feydeau mais, paradoxalement, ses interventions chantées manquent un peu de sensualité. Cela tient peut-être aussi aux tempos ultra-rapides adoptés par <strong>Marcel Cariven</strong>, qui interdisent tout abandon, comme si la musique d’Offenbach ne méritait pas qu’on l’écoute pour ses qualités mélodiques ou orchestrales, mais uniquement pour que l’on profite de l’irrévérence du livret envers la mythologie grecque.</p>
<p>En complément de programme, divers extraits d’opérettes, par Maria Murano toujours, où on découvre l’artiste nettement moins guindée que dans <em>La Belle Hélène</em>. Quelques raretés, comme <em>Chanson gitane </em>de Maurice Yvain (1946), ou <em>Le Petit Faust </em>d’Hervé, au milieu desquelles se glissent, hors opérette, trois fragments de la trop rare <em>Colombe</em>, de Jean-Michel Damase d&rsquo;après Anouilh (1961) ; le témoignage est précieux car Maria Murano fut précisément la créatrice du rôle de Madame Alexandra, qu’aurait dû interpréter Felicity Lott, l’Hélène de Marc Minkowski, quand l’œuvre fut remontée à Marseille en 2007.</p>
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		<title>Geneviève de Brabant</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/genevieve-de-brabant-au-pas-saccade-de-son-cheval-golo-plein-dun-affreux-dessein/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2015 05:03:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Au pas saccadé de son cheval, Golo, plein d&#8217;un affreux dessein, sortait de la petite forêt triangulaire qui veloutait d&#8217;un vert sombre la pente d&#8217;une colline, et s&#8217;avançait en tressautant vers le château de la pauvre Geneviève de Brabant ». C’est avec cette phrase que Proust ouvre le récit des séances de lanterne magique de son &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Au pas saccadé de son cheval, Golo, plein d&rsquo;un affreux dessein, sortait de la petite forêt triangulaire qui veloutait d&rsquo;un vert sombre la pente d&rsquo;une colline, et s&rsquo;avançait en tressautant vers le château de la pauvre Geneviève de Brabant ». C’est avec cette phrase que Proust ouvre le récit des séances de lanterne magique de son enfance, dans sa chambre de Combray. Ces plaques de verre colorées, aujourd’hui conservées au musée d’Iliers, témoignent de la popularité d’une légende aujourd’hui bien oubliée, mais jadis aussi connue que les contes de Perrault. Si Walt Disney s’en était emparé, peut-être le serait-elle encore, mais ce récit de cruauté conjugale n’a rien de bien enfantin (vous avez remarqué qu’on n’a pas tiré de dessin animé de « Barbe-bleue » ?), et a notamment inspiré à Schumann un opéra détaillant les malheurs de l’héroïne.</p>
<p>Il n’est donc pas étonnant que, dans son entreprise de désacralisation des mythes occidentaux, Offenbach s’en prenne à Geneviève de Brabant, même si son sort nous est aujourd’hui moins familier que celui d’Orphée ou d’Hélène de Sparte. <em>Geneviève de Brabant</em> est d’ailleurs l’une de ses partitions qu’il retravailla le plus, puisqu’on en dénombre trois versions en l’espace d’une quinzaine d’années. L’état « intermédiaire » de 1867 a été donnée par la RTF en 1956, c’est aussi celle qu’on pourra voir à Montpellier en mars 2016, mais on serait curieux de pouvoir entendre un jour la grande féerie de 1875.</p>
<p>Bizarrement, le rôle-titre est loin d’être le personnage principal, et les airs les plus marquants reviennent à l’époux de Geneviève, Sifroy, au page Drogan. Si l’œuvre n’a pas la popularité des titres les plus célèbres d’Offenbach, cela tient sans doute en partie au livret, mais aussi à la relative absence d’airs vraiment mémorables, le seul pouvant s’inscrire dans les esprits étant « Une poule sur un mur » à la fin du premier tableau. Les deux hommes d’armes Grabuge et Pitou permettent une satire de la police et de l’armée comme dans <em>Les Brigands</em> ou <em>La Périchole</em>, mais la scène de la répudiation de Geneviève, qui fait un instant espérer une savoureuse parodie de Meyerbeer, laisse un peu l’auditeur sur sa faim.</p>
<p>En 1956, la radiodiffusion française avait pourtant bien fait les choses, en réunissant pour les petits rôles toute une galerie de « trognes » vocales comme il en existait alors (Ah, le timbre invraisemblablement nasillard d’<strong>André Balbon </strong>! Ah, les gendarmes de <strong>Genio</strong> et <strong>Pierre Germain</strong>, l’ermite en voix de tête de <strong>Jean Mollien</strong> !) et en reformant le couple idéal des <em>Mamelles de Tirésias</em> enregistrées trois ans auparavant : <strong>Jean Giraudeau</strong>, Sifroy survolté, et <strong>Denise Duval</strong>, hélas bridée par les limites du personnage. <strong>Robert Massard</strong> est un somptueux Charles Martel mais n’a finalement pas tant de choses à chanter. Reste le cas de Drogan, le pâtissier devenu page par amour. C’est un des ces rôles travestis comme Fragoletto dans <em>Les Brigands, </em>marmiton comme Croûte-au-Pot dans <em>Mesdames de la Halle</em>. Au nom d’une conception étroite du réalisme, la mauvaise habitude avait été prise de confier ce genre de rôle à un tenorino (ici <strong>Michel Hamel</strong>), alors que le personnage est clairement un descendant de Chérubin, comme le soulignent les trios réunissant le page, Geneviève et sa suivante Brigitte, lointain écho de la typologie vocale des <em>Noces de Figaro</em>. Comme d’habitude dans ce genre de concert radiophonique, l’ouverture a disparu, et il faut subir l’horripilante présentatrice qui délaisse son style guindé et se croit drôle.</p>
<p>En complément de programme, le label Malibran propose <em>La Permission de dix heures</em>, où l’on retrouve certains artistes présents dans <em>Geneviève de Brabant</em>, rejoints par d&rsquo;autres voix habituées de l&rsquo;exercice, avec notamment un Alsacien à l&rsquo;accent aussi caricatural que dans <em>Lischen et Fritzchen.</em></p>
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		<title>La Créole / Le 66</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-creole-le-66-defiguree-pour-josephine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Dec 2014 08:32:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Redécouvrir un titre peu fréquenté d’Offenbach, ça ne se refuse pas, surtout en période de fêtes de fin d’année, traditionnellement favorable aux opérettes. Cela dit, La Créole n’est pas tout à fait une inconnue, puisqu’on la vue à Tourcoing en 2009, et à l’Espace Cardin, à Paris, en janvier 2014. Le présent disque est le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Redécouvrir un titre peu fréquenté d’Offenbach, ça ne se refuse pas, surtout en période de fêtes de fin d’année, traditionnellement favorable aux opérettes. Cela dit, <em>La Créole </em>n’est pas tout à fait une inconnue, puisqu’on la vue <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/la-perle-de-la-reunion">à Tourcoing en 2009</a>, et à l’Espace Cardin, <a href="http://www.forumopera.com/breve/redecouvrons-la-creole-a-paris-nom-dun-sabord">à Paris, en janvier 2014</a>. Le présent disque est le reflet d’un concert donné par l’ORTF en 1961, dont les responsables avaient hélas choisi de donner la version « révisée », conçue par Albert Willemetz en vue d’une reprise de l’œuvre en 1934 au Théâtre Marigny, avec Joséphine Baker dans le rôle-titre.</p>
<p>L’intrigue initialement située en 1685 à la Guadeloupe y est transportée en 1843 à la Jamaïque, et le livret est intégralement réécrit. Des personnages on été introduits : la Jamaïcaine « Crème Fouettée » et le marin Cartahut, trognes pittoresque associées à un humour colonialiste typique de l’entre-deux-guerres. Tout cela ne serait pas bien grave si cette transformation n’avait d’énormes conséquences d’ordre musical. Le premier acte devient le deuxième, et inversement, mais ce n’est pas tout : outre le joyeux désordre dans lequel se retrouvent les morceaux de la partition originale, on a cru bon d’y introduire les deux airs tirés d’autres œuvres d’Offenbach qui furent enregistrés à la fin des années 1920 par Reynaldo Hahn, « Que voulez-vous faire ? » et « Les fariniers, les charbonniers », qui servent même de base à des ensembles ajoutés à la fin de l’œuvre. Surtout, la distribution vocale n’a plus grand rapport avec celle de la création en 1875. Le rôle de Dora avait été conçu par Offenbach pour la mezzo-soprano Anna Judic ; après la guerre de 1870, Judic succéda à Hortense Schneider, dont elle reprit les grands rôles, et elle assura les créations de <em>Madame l’Archiduc, Bagatelle, Le Roi Carotte et Le Docteur Ox</em>. En 1934, Dora-Joséphine Baker avait évidemment un timbre plus léger. Quant au jeune premier, René de Feuilles-Mortes, le compositeur l’avait destiné à une soprano en travesti : il redevient ici évidemment un ténor. On le comprend, le résultat n’a plus qu’un lointain rapport avec les intentions d’Offenbach.</p>
<p>Certes, <em>La Créole</em> ressortit d’une veine sentimentale post Second-Empire et semble dépourvue de toutes les pointes satiriques qui faisaient le prix de <em>La Grande-duchesse de Gérolstein</em> ou de <em>La Vie parisienne</em>. Telle que donne à l’entendre le concert de 1961, <em>La Créole</em> devient cependant une pièce de boulevard un peu lourde et excessivement bavarde.</p>
<p>Malgré tout, cet enregistrement nous donne l’occasion d’entendre quelques habitués des concerts d’opérette de l’ORTF : <strong>Aimé Doniat</strong>, baryton léger, doté d’une grande facilité dans l’aigu et de la faconde nécessaire à entraîner toute la distribution à se suite ; <strong>Claudine Collart</strong>, délicieuse Miss Ellen dans la <em>Lakmé</em> historique de Mado Robin, ici charmante et espiègle Créole ; <strong>Lina Dachary</strong>, solide <em>seconda donna</em> ; <strong>Joseph Peyron</strong>, tout à fait à sa place dans un rôle comique.</p>
<p>On retrouve Claudine Collart et ses aigus argentins dans <strong><em>Le 66</em></strong>, dont l’intrigue bien sentimentale, elle aussi, réunit deux chanteurs ambulants originaires du Tyrol, prétexte à une de ces tyroliennes qu’Offenbach aimait tant et qu’on retrouve forcément au final. La « réalisation de Jules Gressier » exclut l’ouverture et coupe le début du grand trio « O ciel, ô ciel est-il possible », mais conserve heureusement tous les morceaux, et dans l’ordre ! Les dialogues sonnent comme un film français de l’immédiat après-guerre, <strong>René Lenoty</strong> se révélant un acteur savoureux quand il n’est pas le plus délicat des ténors de caractère. <strong>Camille Maurane</strong> transpose à l’octave deux ou trois notes trop graves pour lui, et son timbre de baryton très clair se distingue à peine de celui du ténor.</p>
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