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	<title>Andres CASCANTE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Andres CASCANTE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Un ballo in maschera (distr. B) – Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-un-ballo-in-maschera-distr-b-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une fanfare martiale, quelques ponctuations énergiques des cordes et puis, minéral et abrupt, un « Eri tu » déchaîné et pourtant sculpté d’une ligne expressive à la pureté inouïe, celle-là même qui fait toute la douloureuse mélancolie d’un « O dolcezza » au phrasé altier. Dans toute sa scène du troisième acte (et dans chacune de ses interventions au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une fanfare martiale, quelques ponctuations énergiques des cordes et puis, minéral et abrupt, un « Eri tu » déchaîné et pourtant sculpté d’une ligne expressive à la pureté inouïe, celle-là même qui fait toute la douloureuse mélancolie d’un « O dolcezza » au phrasé altier. Dans toute sa scène du troisième acte (et dans chacune de ses interventions au cours de l’opéra), <strong>Ludovic Tézier</strong> est l’incarnation même du chant verdien, où s’entendent encore les longues phrases belcantistes et leur ornementation expressive, et où les contrastes exacerbés épousent librement les revirements de la psychologie et annulent la distance entre récitatif et aria. Son Renato, noble, insondable et pourtant passionné, est un modèle du genre : les aigus sont assumés avec facilité et intégrés au phrasé, l’italien est brillant, le souffle inépuisable, l’engagement scénique irréprochable – en un mot, <em>bravissimo</em>.</p>
<p>Exister et convaincre, en face de cette leçon de chant verdien, n’est pas une mince affaire. <strong>Matthew Polenzani</strong>, qui assure l’intégralité des représentations en Riccardo, relève le défi. Certes, le timbre n’est pas des plus naturellement charmants et la voix montre quelques signes de fatigue, peut-être aussi parce que le rôle n&rsquo;est pas tout à fait dans son centre de gravité : on constate un manque relatif d’harmoniques aiguës et de <em>squillo</em> (ce qui n’empêche pas une projection efficace), ainsi qu’une instabilité du souffle qui produit un battement étrange dans tous les <em>diminuendi</em>. La voix, cependant, est pleine et maîtrisée, l’émission est franche, les aigus sont impeccables et lumineux et l’incarnation, pour originale qu’elle soit, ne manque de convaincre : Riccardo est ici un souverain écrasé par la pratique du pouvoir, moins charismatique que dominé par son trône, par un Renato marmoréen, et par la tentation de l’amour. Ses adieux à la vie sont un très beau moment de la soirée. En des temps de disette de ténor verdien, on est heureux de pouvoir applaudir un Riccardo de cette trempe.</p>
<p><strong>Angela Meade</strong> fait avec Amelia ses débuts à l’Opéra de Paris. Celle que le Met acclame depuis de nombreuses années dans des rôles vertigineusement variés déploie un soprano tout en volume sonore. La projection à toute épreuve se paye d’un timbre métallique qui prend des duretés marquées dans les aigus. Les graves sont systématiquement poitrinés, signe d’une voix qui sacrifie beaucoup à l’exigence de la quantité de son, alors même que l’on sent bien, au cours de la soirée, qu’elle est capable d’autre chose. Peut-être sous le coup du stress, « Morrò, ma prima in grazia » la trouve à court de souffle, ce qui ne s&rsquo;est pas reproduit par ailleurs. On peut espérer que les prochaines représentations lui permettront d’assouplir son incarnation, et de tirer le meilleur d&rsquo;un instrument indubitablement impressionnant.</p>
<p>Oscar et Ulrica sont servis par deux interprètes magnifiques. <strong>Sara Blanch</strong> est un page tout bonnement idéal : la voix est toute d’ambre, chaleur, transparence, rayonnement, à quoi s’ajoutent une agilité irréprochable et un charisme foudroyant. Elle virevolte et danse tout en chantant son deuxième air, incarnant parfaitement ce fascinant feu follet qu’est Oscar, flamboyant garçon qui danse et rit dans un cimetière oppressant – un cimetière que la mise en scène de Gilbert Deflo n’a de cesse d’évoquer visuellement. Elle se fait entendre sans problème dans le quintette qui clôt l’acte III et dans le chœur du finale, signe d’une voix plus large qu’il n’y paraît dans ce rôle. <strong>Elizabeth DeShong</strong> déploie un mezzo dont l’extension grave est stupéfiante, d’autant plus qu’elle semble naturelle à l’oreille : on n’entend pas de saut de registre ou de poitrinage excessif. On regrette qu&rsquo;Ulrica n&rsquo;ait pas une place plus importante dans la partition quand elle a une telle interprète. Passons ici sur les <em>comprimari</em>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-un-ballo-in-maschera-paris-bastille/">déjà justement loués par Christian Peter</a>.</p>
<p>Parvenus à leur sixième représentation (sur onze au total), <strong>Speranza Scappucci</strong> et <strong>l’orchestre de l’Opéra national de Paris</strong> assurent la réussite de la soirée, non sans quelques accrocs peut-être dus à la fatigue ou à la routine. Passons sur quelques problèmes isolés (tout de même, baver sur les brusques coups qui ouvrent la scène chez Ulrica ou détonner dans les premières mesures, sublimes, de la mort de Riccardo&#8230;), pour signaler un souci plus généralisé de coordination avec le plateau, notamment mais pas uniquement avec les chœurs. Speranza Scappucci n’en est pas moins une verdienne experte et inspirée, insufflant l&rsquo;intensité nécessaire à un <em>Bal masqué</em> réussi : les tempi sont dramatiquement efficaces, le rubato est parfaitement dosé, le mordant et la ligne sont exemplaires et ne sont pas pour rien dans les ovations que chaque fin de scène déclenche dans le public. Voilà une cheffe qui croit à la musique qu&rsquo;elle interprète et qui en fait ressortir les qualités les plus essentielles. Les <strong>chœurs de l’Opéra national de Paris</strong> sont en forme : on entend, entre autres, de très beaux timbres et des couleurs efficaces dans le chœur masculin du tout début de l’opéra.</p>
<p>Dans cette série au long court, on guettera l&rsquo;arrivée le 20 février, pour trois représentations, du Renato très prometteur d&rsquo;Ariunbaatar Ganbaatar. Saluons déjà, néanmoins, une reprise solide et bien distribuée du chef-d’œuvre de Verdi.</p>
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		<title>VERDI, Un ballo in maschera – Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-un-ballo-in-maschera-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 05:53:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On attendait beaucoup de cette reprise du Bal masqué selon Deflo, qui proposait une distribution entièrement renouvelée autour d’Anna Netrebko dont c’était le grand retour sur la scène de l’Opéra Bastille, mais force est de reconnaître que le résultat n’a pas été à la hauteur de nos espérances. La production d’abord, pour élégante qu’elle soit, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On attendait beaucoup de cette reprise du <em>Bal masqué</em> selon Deflo, qui proposait une distribution entièrement renouvelée autour d’Anna Netrebko dont c’était le grand retour sur la scène de l’Opéra Bastille, mais force est de reconnaître que le résultat n’a pas été à la hauteur de nos espérances. La production d’abord, pour élégante qu’elle soit, n’est pas exempte de parti pris discutables. A trop vouloir être sobre, Deflo a imaginé un spectacle lugubre, qui se décline en noir, gris et blanc, à l’exception de tableau d’Ulrica. Blanc, comme l’amphithéâtre qui sert de décor unique au premier acte ou la statue de Riccardo qui trône dans le salon de Renato ou encore comme les masques des invités du bal masqué. Gris anthracite comme la plupart des costumes que portent les choristes et les protagonistes masculins, Oscar excepté. Noir comme la robe qu’Amélia promène inlassablement d’acte en acte ou comme les totems surmontés de têtes de monstres qui ornent l’antre d’Ulrica dont la robe rouge constitue le seul élément coloré de l’ensemble avec le gilet orange d’Oscar. De plus, ce décor ouvert sans aucune paroi pour renvoyer le son est préjudiciables pour l’acoustique. En revanche, la mise en scène a été retravaillée, les chanteurs semblent moins livrés à eux-mêmes que lors de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/un-ballo-in-maschera-paris-bastille-quand-sondra-est-la-tout-va/">la reprise de 2018</a>, le grand duo entre Amélia et Riccardo qui ouvre le deuxième acte par exemple, n’en est que plus convaincant.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="900" height="599" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Un-Bal-masque-©-Benjamin-Girette.jpg" alt="" class="wp-image-207366"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Un Bal masqué © Benjamin Girette. OnP</sup></figcaption></figure>


<p>Parmi les seconds rôles, tous irréprochables, citons les deux conspirateurs, <strong>Blake Denson</strong> et surtout <strong>Christian Rodrigue Moungoungou</strong>, Samuel dont la voix sonore ne passe pas inaperçue, ainsi qu’<strong>Andres Cascante </strong>tout à fait convaincant en Silvano. <strong>Sara Blanch</strong> effectue dès début remarqués à l’OnP. Cette soprano qui a Ophélie ou Lucia à son répertoire, possède des moyens plus importants que celles que l’on distribue généralement en Oscar. De plus la chanteuse qui ne manque pas d’abattage, se déplace avec grâce sur la scène, esquissant des pas de danse, avec un grand naturel. La voix est bien projetée, les coloratures impeccables et le registre aigu brillant. Autres débuts à l’OnP, ceux d’<strong>Elisabeth</strong> <strong>DeShong</strong> que l’on a pu applaudir voici un an au Châtelet dans <em>Orlando</em>. Cette cantatrice possède un timbre mordoré, un aigu puissant et des graves profonds de contralto, le sol grave qui conclut son air « Re dell’abisso affrettati », émis avec aisance, est parfaitement audible. Avec Renato, <strong>Etienne Dupuis </strong>poursuit avec bonheur son exploration des grands rôles de barytons verdiens. Si sa voix n’a pas encore tout à fait l’ampleur de ses illustres prédécesseurs, il n’en possède pas moins un medium solide, une projection efficace et un legato impeccable. A cela s’ajoute un timbre séduisant et une fière allure sur scène. Son Renato est touchant même dans ses accès de colère du dernier acte. <strong>Matthew Polenzani</strong>, lui, semble délaisser les répertoires mozartien et belcantiste qui ont fait sa gloire pour aborder des rôles plus lourds, notamment chez Verdi, avec moins de bonheur cependant que son collègue canadien. S’il tire son épingle du jeu dans <em>La traviata</em> voire <em>Don Carlo</em>, force est de reconnaître que les habits de Riccardo sont un peu larges pour lui, ce qui l’oblige par moment à forcer ses moyens. Fort heureusement, l’élégance légendaire de sa ligne de chant et son style accompli lui permettent de sauver les meubles et d’offrir au dernier acte un « Ma se m’è forza perderti » de toute beauté, agrémenté de jolies nuances et d’accents poignants du plus bel effet. <strong>Anna Netrebko</strong> a incarné Amelia pour la première fois en octobre dernier à Naples. Les parisiens étaient donc impatients de la découvrir dans ce nouveau rôle. Malheureusement la diva n’était pas au mieux de sa forme. A l’acte un, chez Ulrica la voix a paru atone et la justesse approximative. En revanche la soprano aborde la grande scène qui ouvre l’acte deux avec l’ampleur vocale nécessaire et triomphe des embûches dont Verdi a parsemé cette page. Le contre-ut est émis avec facilité et l’émotion bien présente, cependant si le timbre n’a rien perdu de sa séduction, la cantatrice s’est montrée avare des sons filés qui ont fait sa gloire. Au dernier acte, elle livre un « Morró » particulièrement poignant qui lui vaut une ovation bien méritée de la part du public. Au final, une incarnation en demi-teinte qui ne comble pas tout à fait nos attentes. Souhaitons qu’au fil des représentations Anna Netrebko retrouve progressivement la plénitude de ses beaux moyens.<br />Belle prestation des chœurs, impeccablement préparés par Alessandro Di Stefano.</p>
<p>A la baguette <strong>Speranza Scappucci</strong> fait des merveilles, sa direction vive et nerveuse, son souci du détail et son sens aigu du théâtre captent l’attention sans un temps mort tout au long de la soirée. A cet égard, notons par exemple la manière dont elle créée un climat lugubre dès le début de la scène chez Ulrica ou le rythme précipité de l’introduction de l’air d’Amelia au deuxième acte, qui reflète l’état de panique du personnage, ou, à l&rsquo;opposé, le tempo alangui de « Morró », tout empreint de nostalgie.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-un-ballo-in-maschera-paris-bastille/">VERDI, Un ballo in maschera – Paris (Bastille)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, La traviata &#8211; Belle-Île-en-Mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-belle-ile-en-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival Lyrique en Mer de Belle-Île, fort de plus de vingt ans d’existence, bénéficie cette année d&#8217;un nouveau souffle avec l&#8217;arrivée d&#8217;un nouveau directeur musical, l&#8217;anglais David Jackson. C&#8217;est lui qui a choisi de présenter La traviata, œuvre qu&#8217;on a un peu trop souvent l&#8217;occasion d&#8217;entendre ces derniers temps, mais qui reste une valeur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival Lyrique en Mer de Belle-Île, fort de plus de vingt ans d’existence, bénéficie cette année d&rsquo;un nouveau souffle avec l&rsquo;arrivée d&rsquo;un nouveau directeur musical, l&rsquo;anglais <strong>David Jackson</strong>. C&rsquo;est lui qui a choisi de présenter <em>La traviata</em>, œuvre qu&rsquo;on a un peu trop souvent l&rsquo;occasion d&rsquo;entendre ces derniers temps, mais qui reste une valeur sûre pour satisfaire toutes les franges du public, des néophytes au lyricopathes les plus chevronnés. De fait, cette <em>Traviata</em> belle-îloise est sans doute l&rsquo;une des plus touchantes qu&rsquo;on a pu voir et entendre récemment – les moyens du festival sont relativement modestes, mais l&rsquo;ambition artistique n&rsquo;en reste pas moins d&rsquo;une grande exigence.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Cédric Le Stunff</strong> est la pierre angulaire de cette réussite. Sa lecture de l&rsquo;œuvre repose sur une idée scénographique structurante : un bloc noir au centre du plateau, qui change de fonction au cours de l&rsquo;œuvre. Reprenant la construction narrative de <em>La</em> <em>Dame aux camélias</em>, le spectacle s&rsquo;ouvre sur un Alfredo en deuil, portant des fleurs sur la tombe de Violetta – une idée que Karin Henkel avait déjà tenté de développer à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-cast-b-geneve/">Genève</a>, avec un bonheur moindre&#8230; Pendant l’ouverture, les souvenirs affluent, et la tombe se métamorphose : une nappe posée, les fleurs mises dans un vase, et voici la table du banquet où se pressent les amis de Violetta. Au deuxième acte, le bloc devient un divan sur lequel Alfredo déballe un cadeau sans doute offert par Violetta – discret rappel que le jeune homme est « entretenu » par la courtisane. Plus tard, chez Flora, le bloc redevient table, mais de jeu cette fois, théâtre de l’affrontement entre Alfredo et Douphol. Au troisième acte, enfin, le bloc se transforme en lit mortuaire, reconvoquant l’image initiale de la tombe et refermant le cercle du drame. Ce dernier acte bascule progressivement dans le fantastique, avec l&rsquo;apparition de spectres voilés, acculant Violetta et manifestant concrètement son angoisse.</p>
<p><figure id="attachment_196617" aria-describedby="caption-attachment-196617" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-196617 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_1908-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-196617" class="wp-caption-text">Andres Cascante (Germont père) et Jiyoung Kim (Violetta) © David Giard</figcaption></figure></p>
<p>Toutes ces excellentes idées de mise en scène, fort simples mais d&rsquo;une grande justesse dramaturgique, sont soutenues par des lumières (<strong>Claire Lorthioir</strong>) toujours évocatrices et des costumes d&rsquo;une grande élégance. La direction d&rsquo;acteur est dans l&rsquo;ensemble très adroite, mais les interprètes, tous de très jeunes artistes, ne peuvent s&#8217;empêcher d&rsquo;être trop souvent de face ou de trois quart pour regarder le chef – c&rsquo;est en vérité une nécessité tout à fait compréhensible, mais on y est de moins en moins habitué, maintenant qu&rsquo;il existe des retours vidéo un peu partout autour des plateaux d&rsquo;opéra. Notons que les divertissements du second tableau du deuxième acte sont interprétés pendant l&rsquo;entracte à l&rsquo;extérieur de la salle, comme une mignardise, avant que le public vienne se réinstaller pour reprendre le fil de l&rsquo;action, d&rsquo;une continuité dramatique implacable, sans échappée.</p>
<p>Cette <em>Traviata</em> se caractérise par sa grande intimité, qui tient aussi à son arrangement musical singulier. L&rsquo;orchestre est en effet composé d&rsquo;un quintette à cordes (l&rsquo;ensemble <strong>Sybarite5</strong>), d&rsquo;un accordéon (<strong>Neil Sutcliffe</strong>) et d&rsquo;un piano (<strong>Michael Bawtree</strong>). Cette palette sonore dépouillée débarrasse l&rsquo;œuvre de l&rsquo;épais pathos auquel elle peut parfois être associée. On savoure d&rsquo;abord la netteté des lignes de cordes : à un par pupitre, les instruments s&rsquo;équilibrent bien différemment que dans un orchestre symphonique et on les différencie très clairement. La ligne du violoncelle dans « Dite alla giovine » apparaît ainsi dans toute sa splendeur. La présence de l&rsquo;accordéon peut paraître incongrue, mais le timbre de l&rsquo;instrument peut tout aussi bien donner du corps aux pupitres de cordes, qu&rsquo;évoquer les différents bois, absents dans cet arrangement. C&rsquo;est lui qui remplace par exemple la clarinette lors de l&rsquo;écriture de la lettre à l&rsquo;acte II. Irréductiblement associé à son usage populaire (la guinguette), l&rsquo;instrument apporte une teinte mélancolique à l&rsquo;ensemble, évoquant des lointains souvenirs de fêtes révolues et rappelle aussi la situation géographique de l&rsquo;action : Paris et les bords de la Seine à Bougival&#8230; Le piano, lui, s’intègre moins naturellement au tissu sonore, surtout lorsqu’il double les voix. Sa sonorité froide mais percussive trouve toutefois un rôle pertinent dans les basses obstinées des scènes d’ensemble, où il supplée avec efficacité l&rsquo;absence des bois, des cuivres et des percussions. Tous les musiciens sont en tout cas conduit avec beaucoup de style par David Jackson, qui se révèle tout au long de la représentation très attentif à l&rsquo;équilibre entre la fosse et le plateau et à la mise en valeur des interprètes.</p>
<p><figure id="attachment_196621" aria-describedby="caption-attachment-196621" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-196621 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_2009-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-196621" class="wp-caption-text">Jiyoung Kim (Violetta) et Jean Miannay (Alfredo) © David Giard</figcaption></figure></p>
<p>Ces interprètes sont tous et toutes de jeunes artistes, extrêmement prometteurs, à commencer par <strong>Jiyoung Kim</strong> qui campe une Violetta pleine de qualités. D&rsquo;aucun dirait qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas la « voix-du-rôle » car la couleur de la voix est relativement légère, mais il y a quelque chose de profond et de grave derrière cette fine étoffe vocale. Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs étrangement pas dans le premier acte où elle se révèle à son meilleur (la voix se crispe un peu dans le finale), mais dans les actes suivants, où elle déploie toutes ses qualités musicales, de phrasé et de coloration, avec une voix solidement projetée. Ce n&rsquo;est pas une Violetta grande tragédienne prenant la pose, mais une Violetta qui vit un drame intime, avec pudeur et discernement, dans une forme de dépouillement profondément touchant. À ses côtés, l&rsquo;Alfredo de <strong>Jean Miannay</strong> impressionne par son engagement de tous les instants. Le chanteur est ici chez lui puisqu&rsquo;il a quasiment débuté à Belle-Île. Il chante beaucoup à Lausanne, dans de petits rôles, souvent des ténors de caractère. Le rôle d&rsquo;Alfredo représentait donc une certaine gageure pour lui, relevée avec brio. L&rsquo;italien manque peut-être parfois un peu de naturel, mais la ligne musicale est toujours conduite avec vaillance et élégance. Il couronne la fin de son air, au début du deuxième acte, de phrases en voix mixte d&rsquo;une beauté renversante. Dans le deuxième tableau de l&rsquo;acte II, il touche particulièrement en Alfredo dévasté, titubant et vindicatif, jamais caricatural, toujours juste. Enfin, le baryton costaricain <strong>Andres Cascante</strong>, ancien membre de l’Académie de l’Opéra de Paris, incarne un Germont père à la noble prestance. Sa voix ample et mordante, au timbre rond, impose une autorité naturelle, mais se teinte aussi d’une sincère chaleur paternelle dans les échanges avec Violetta. Il sait ménager des éclats dramatiques comme des instants de douceur, donnant au personnage une complexité qu&rsquo;on ne lui offre pas toujours.</p>
<p><figure id="attachment_196623" aria-describedby="caption-attachment-196623" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-196623 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_2030-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-196623" class="wp-caption-text">© David Giard</figcaption></figure></p>
<p>Les parties chorales sont assurées par ceux que le festival appelle les « Jeunes artistes ». Ce sont de jeunes chanteurs qui trouvent ainsi l&rsquo;opportunité de s&rsquo;essayer à la scène et, pour certains d&rsquo;entre eux, d&rsquo;incarner certains rôles secondaires. Ils font part d&rsquo;un grand enthousiasme aussi bien vocal que scénique lors des scènes de fêtes et proposent une belle sonorité d&rsquo;ensemble. On distingue parmi les seconds rôles les très belles voix d&rsquo;<strong>Elisabeth Ternisien</strong> en Flora et de <strong>Gigi Casey</strong> en Annina, toutes deux très touchantes. Chez les hommes, on retiendra la forte présence d&rsquo;<strong>Esteban Iribarne</strong> en marquis d&rsquo;Obigny et les qualités vocales et scéniques de <strong>Julien Soares</strong> dans le rôle trop court du docteur Grenvil, auquel il offre une voix de baryton saine et soigneusement phrasée.</p>
<p data-start="88" data-end="893">En définitive, <em>La traviata</em> se prête remarquablement à cette adaptation chambriste, qui en révèle la nature profondément intime : un drame lové dans des espaces réduits et clos, derrière des portes entrouvertes et des fenêtres qui filtrent l&rsquo;éclat des fêtes et les tumultes du carnaval. Ici, la relative modestie des moyens devient un atout : l’écriture de Verdi, dépouillée de son grand apparat orchestral, respire autrement et éclaire les rapports humains dans leur vérité la plus nue. Ce parti pris, soutenu par une distribution engagée et une mise en scène à la fois inventive et limpide, offre la possibilité rare de redécouvrir une œuvre archi-rebattue sous un jour neuf – plus fragile, plus proche, et, pour tout dire, plus émouvant encore.</p>
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		<item>
		<title>Concert des artistes de l&#8217;Académie de l&#8217;Opéra national de Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-des-artistes-de-lacademie-de-lopera-national-de-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jan 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les artistes de l’Académie de l’Opéra de Paris ont offert dans un Palais Garnier comble une belle soirée dédiée aux airs et ensembles d’opéras particulièrement appréciés du public. Magnifiquement accompagnés par un orchestre maison dirigé par le fougueux Thomas Hengelbrock, les académiciens ont pu faire montre de leurs nombreux talents – même si certains ont &#8230;</p>
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<p>Les artistes de l’Académie de l’Opéra de Paris ont offert dans un Palais Garnier comble une belle soirée dédiée aux airs et ensembles d’opéras particulièrement appréciés du public. Magnifiquement accompagnés par un orchestre maison dirigé par le fougueux <strong>Thomas Hengelbrock</strong>, les académiciens ont pu faire montre de leurs nombreux talents – même si certains ont davantage convaincu, en termes de qualité vocale et de personnalité.</p>
<p>Dans une première partie entièrement consacrée à Mozart, mesdemoiselles et messieurs les Académiciens ont tous déployé de belles capacités, augurant ou confirmant pour la plupart une belle jeune carrière. Après une Ouverture au dramatisme tendu idoine d’<em>Idomeneo, re di Creta </em>à l’orchestre, la soprano hongroise <strong>Boglàrka Brindàs</strong> a illuminé le récit des malheurs d‘Ilia, la princesse troyenne (« Quando avran fine omai&#8230; Padre Germani ») de sa blondeur, de la pureté de son timbre et sa déclaration d’amour à Idamante de la grâce de ses mélismes (l’agilité est perfectible avec une meilleure gestion du souffle).<br />
La mezzo ukrainienne <strong>Sofiia Anisimova</strong> à la personnalité bien trempée a vraiment impressionné dans <em>La Finta Giardiniera</em>. Ses vocalises et ses regards pleins de feu ont dardé de beaux éclats, nous persuadant sans peine que Ramiro ne se lancerait décidément plus dans une nouvelle aventure amoureuse.</p>
<p>Le Figaro d<strong>’Ihor Mostovoi</strong> lui aussi ukrainien n’a pas moins régalé l’assistance. Son grand air (« Se vuoi Ballare ») extrait des <em>Nozze</em> a offert la variété attendue des sentiments du valet (surprise, colère, désir de vengeance) à qui son maître veut faire porter des cornes. Son superbe baryton aux graves menaçants et aux accents drolatiques a campé un personnage aussi riche que marquant.<br />
La soprano d’origine irano-marocaine <strong>Sima Ouahman</strong> et la mezzo turque <strong>Seray Pinar</strong> ont montré leur complicité, leur sens du drame et de l’effusion en duo ( «Ah perdona al primo afetto ») dans <em>La Clemenza di Tito. </em>Mais la performance de l’interprète d’Annio (<strong>Seray Pinar</strong>) semblait en demi-teinte face à l’impeccable Servilia de <strong>Sima Ouahman</strong>. Pourrait-elle vraiment nous persuader que son personnage va résister au choix de Titus ?</p>
<p>Auparavant l’aria de Sesto (« Parto, parto ») a dessiné un amoureux (<strong>Seray</strong> <strong>Pinar</strong>) aux aigus parfois un peu forcés, un personnage un peu éclipsé par le contrechant somptueux de la clarinette solo, <strong>Véronique Cottet</strong>.<br />
La Servilia de <strong>Sima Ouahman</strong> a décidément été de bonne facture donnant une leçon bien sentie à Vitellia grâce à son phrasé legato, de belles nuances et des passages en voix de tête artistes (« S’altro che le lagrime »).<br />
Cette première partie de concert s’est conclue avec un ensemble d’anthologie ; celui de l’acte II de <em>Don Giovanni</em> (« Sola sola in buio loco ») où les chanteurs déjà évoqués ont été rejoints par le Leporello du baryton-basse <strong>Luis Felipe Sousa</strong> plutôt réussi quoique la voix ne paraisse guère étendue dans le registre grave, et par le ténor texan <strong>Kevin Punnackal</strong> dont la vocalité n’offre que peu d’agréments en Don Ottavio. Il ne nous séduira pas davantage ensuite en Rodolfo de <em>Luisa Miller </em><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">avec un vibrato aussi laid qu’envahissant. </span></p>
<p><strong style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Teona Todua</strong><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">, une Donna Elvira à la noblesse incontestable dans Mozart, est un peu moins appréciable en Fée de la </span><em style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">Cendrillon</em><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;"> de Pauline Viardot. Pour ouvrir la deuxième partie du concert, son joli air (</span><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">« Je viens de te rendre à l’espérance </span><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">») dénote un léger problème de prononciation des syllabes vocaliques et des aigus peu agréables, donnant à penser que la tessiture du rôle est peut-être un peu trop exigeante pour elle. Elle est cependant très applaudie plus tard à juste titre avec sa Liù (</span><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">« Signore ascolta </span><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">») très sensible (mais au vibrato évitable dans certains passages de registres). </span><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">Par contre la Norina de </span><strong style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Lisa Chaïb-Auriol</strong><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;"> convainc absolument. La soprano française rend justice au grand air de l’acte III du </span><em style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">Don Pasquale</em><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;"> de Donizetti (</span><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">« Quel guardo il cavaliere </span><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">»). La soprano toulousaine a le tempérament qu’il faut mais la brune incendiaire pourrait encore affiner sa diction. En Daland du </span><em style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">Vaisseau</em> <em style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">fantôme</em><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;"> (</span><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">« Mögst du mein Kind </span><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">»), la basse </span><strong style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Adrien Mathonat</strong><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;"> se taille un franc succès. Ses moyens impressionnants le destinent évidemment à chanter des personnages plus nobles, mais il réussit sans peine ici à donner au discours destiné à Senta les quasi-ornements à l’italienne voulus par Wagner.</span></p>
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<p>La soirée se termine avec <em>Eugène Onéguine</em>. D’abord l’air de Lenski (« Kuda, kuda ») par le ténor français <strong>Thomas Ricart</strong> ouvre ici l’opéra de Tchaïkovski. Les plaintes et méditation du personnage avant son duel sont un peu surinterprétées en une débauche de puissance exagérée qui empêche l’émotion d’advenir. Un défaut dû sans doute au trac ; nul doute que l’expérience fera son office.<br />
Le duo final de l’opéra met en scène l’excellente Tatiana de la soprano russe <strong>Margarita Polonskaya</strong> et le baryton <strong>Andres Cascante</strong>. Le grand air en ré bémol de Tatiana devenue Princesse Gremine domine comme attendu ce final tragique, et ce grâce aussi à la magnifique étoffe d’une voix lyrique sans défaut. La <strong>Polonskaya</strong> est bien une Tatiana idéale. L’Onéguine du baryton né au Costa-Rica ne démérite pas (sans enthousiasmer) au son d’un somptueux orchestre manifestement entraîné par la verve du chef allemand – <strong>Thomas Hengelbrock</strong>, qui aura chanté tous les airs avec ses jeunes chanteurs autant pour les soutenir que pour les aider à respecter les entrées justes et tempis.</p>
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		<title>Carte blanche à Gustavo Dudamel — Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/carte-blanche-a-gustavo-dudamel-paris-garnier-la-carte-du-monde-de-gustavo-dudamel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Jan 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Gustavo Dudamel, qui a surgi sur la scène internationale il y a déjà près de 20 ans en électrisant les salles avec le « Mambo » de West Side Story, bis échevelé du Simon Bolivar Youth Orchestra au sein duquel il s’est formé, est bien placé pour connaître les beautés et les subtilités de tout un corpus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Gustavo Dudamel</strong>, qui a surgi sur la scène internationale il y a déjà près de 20 ans en électrisant les salles avec le « Mambo » de <em>West Side Story</em>, bis échevelé du Simon Bolivar Youth Orchestra au sein duquel il s’est formé, est bien placé pour connaître les beautés et les subtilités de tout un corpus issu du nord et du sud du continent américain, et qui reste, en Europe, largement méconnu. Cette « Carte blanche » donnée au Palais Garnier, et diffusée en direct sur Arte Live Web, affichait clairement une double ambition : combler un peu de cet oubli, grâce à l’aura d’un ambassadeur idéal pour cette tâche, et donner la vedette à de jeunes chanteurs de l’Académie Lyrique de l’Opéra de Paris. Peut-être par souci de présenter différentes facettes de la musique espagnole, argentine ou brésilienne, peut-être pour montrer que ce répertoire ne se résume pas aux maracas et aux rythmes endiablés, Gustavo Dudamel fait le choix, en première partie, de pièces volontiers mélancoliques, qui se succèdent dans le plus grand calme. Commencer par les très chambristes <em>Bachianas brasileiras n°5</em>, où Villa-Lobos réduit l’accompagnement à douze violoncellistes constitue, à cet égard, une entrée en matière très éloquente, à laquelle<strong> Martina Russomanno</strong> prête son soprano souple et soyeux. Si son collègue <strong>Alejandro Balinas Vieites</strong> pâtit, dans le ténébreux « Oblivion » de Piazzolla, d’une sonorisation défectueuse, il montre une intégrité vocale et une projection impressionnante dans la belle et pathétique « barca vieja » de Salvador Codina. <strong>Margarita Polonskaya</strong> montre, dans « La Rosa y es Sauce » de Guastavino, un legato de très belle tenue, et Martina Russomanno revient pour un air des <em>Goyescas </em>de Granados, où la ligne de chant, sans atteindre à l’immatérialité qu’y trouvait naguère la jeune Natalie Dessay, s’épanouit avec délicatesse.</p>
<p>Surprise, cette première partie langoureuse se termine sur le tumulte farceur de l&rsquo;« Ice cream sextett » de Kurt Weill, porté par l’abattage du ténor <strong>Thomas Ricart </strong>et l&rsquo;énergie d&rsquo;<strong>Andres Cascante</strong>. Après l’entracte, la même énergie anime <strong>Marine Chagnon</strong>, nommée parmi les Révélations des prochaines Victoires de la Musique classique : faire s’esclaffer la salle dans la scène de Dinah issue du <em>Trouble in Tahiti </em>de Bernstein est une chose, ne pas perdre son souffle dans cette avalanche de paroles et de sauts d’octaves en est une autre, mais elle réussit les deux. Comme elle réussit, un peu plus tard, un déchirant « A boy like that » en duo avec Margarita Polonskaya. Dudamel accompagne le tout en technicolor, à grands aplats de cordes onctueuses et de bois scintillants. C’est somptueux, mais ça manque quelquefois de nerfs et d’arêtes. Les rugosités de <em>A fuego lento </em>de Salgan et le spectaculaire « Times Square : 1944 » de Bernstein permettent cependant à l’orchestre de retrouver la vedette, avant que toute la troupe se retrouve pour <em>Youkali </em>de Kurt Weill – cette île qui, comme on le sait, n’existe pas, comme un pays qui rassemblerait l’Allemagne des cabarets, le Manhattan de l’entre-deux-guerres, l&rsquo;Espagne de la zarzuela et le tango argentin…</p>
<p> </p>
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