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	<title>David POUNTNEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>David POUNTNEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>SIKORA, Dorian Gray &#8211; Poznan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/sikora-dorian-gray-poznan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Elzbieta Sikora, la plus française des compositrices polonaises, puisque installée en France depuis 1981, vient de créer à 81 ans son tout nouvel opéra, adapté du roman d’Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray. L’occasion pour le Ministère de la Culture polonais de lui remettre une médaille en hommage à sa riche carrière, à l’issue &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="page" title="Page 1">
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<div class="column">
<p><strong>Elzbieta Sikora</strong>, la plus française des compositrices polonaises, puisque installée en France depuis 1981, vient de créer à 81 ans son tout nouvel opéra, adapté du roman d’Oscar Wilde, <em>Le Portrait de Dorian Gray</em>. L’occasion pour le Ministère de la Culture polonais de lui remettre une médaille en hommage à sa riche carrière, à l’issue de la représentation.</p>
<p>Une création à l’opéra de Poznan, qui nous a néanmoins procuré des sentiments mitigés. Si l’adaptation du livre et la mise en scène de <strong>David Pountney</strong> se révèlent très intéressantes, la partition, quant à elle, n’a pas entièrement convaincu. La faute sans doute à une certaine uniformité d’inspiration ici, malgré les sortilèges du langage très personnel de la compositrice. Ancienne élève de <strong>Pierre Schaeffer</strong> à l’IRCAM, membre fondatrice d’une certaine avant-garde en Pologne (groupe KEW) dans les années 70, ses moyens d’expression sont effectivement larges : influence de la musique extra-européenne, usage d&rsquo;instruments inattendus et de sons enregistrés dans la nature, mixés, exploités avec l&rsquo;informatique musicale, recours au son spatialisé du langage acousmatique et utilisation massive de l’amplification pour des sonorités inouïes. Avec le spectre électroacoustique, le travail sur les couleurs et les rythmes dans l’orchestre classique, sont au cœur de son travail, qu&rsquo;on a défini comme « expressionniste lyrique », qui compte près d’une centaine d’oeuvres – dont un autre opéra (de même ambition quant à la durée) consacré à Marie Curie, dont la partition est bien plus riche d&rsquo;inspiration que celle de ce <em>Dorian Gray</em>.</p>
<p>Les chœurs de l’Opéra de Poznan, parfois enregistrés, et chantant du foyer (avec certains instruments percussifs) par le truchement de l’amplification, sont des plus impressionnants dans ce <em>Dorian Gray</em> (représentant la communauté numérique d&rsquo;un réseau social, communauté ou meute partagée entre idolâtrie et violence de la curée). Ils offrent plusieurs des meilleurs moments de l’opéra. Sinon le langage musical semble principalement basé sur une seule formule, et ce, malgré quelques beaux moments. Pendant les deux actes (chacun de quarante cinq minutes), se retrouvent le plus souvent de longues phrases se distribuant de pupitres en pupitres, caractérisant chaque personnage ou situation, et se concluant quasiment systématiquement par le procédé de l’exaspération sonore fortissimo, et d&rsquo;agrégats d&rsquo;instruments conclus aux cuivres. Certes Elzbieta Sikora veut matérialiser dans la fosse (cordes, guitare électrique, bois, une partie des percussions) et au moyen de gigantesques baffles au premier balcon (avec les chœurs donc), la frénésie outrancière de l’emballement numérique sur les réseaux sociaux, mais il manque cette fois à la tunique de Nessus sonore d&rsquo;Elzbieta Sikora (uniment traversé d’éclats et de stridences en un procédé vite monotone) la possible subtilité d’autres climats et l’éventuel dévoilement d’arrière-plans psychologiques plus nuancés.</p>
<p>Mais ceci dit, le spectacle est des plus roboratifs grâce au travail de David Pountey et de son équipe, même si la distribution souffre du choix du ténor dans le rôle-titre (<strong>Rafal Zurek</strong> quasiment toujours couvert par le dispositif musical et chanteur au timbre peu séduisant). Faisant le choix d’une scénographie parfois abstraite mais belle, très lisible (l’univers numérique) ou comiquement outrancière (par exemple au deuxième acte avec une fête orgiaque empruntée à la <em>Salomé</em> du même Wilde, introduisant un ballet dans l&rsquo;opéra), David Pountney a su répondre avec maestria à la commande d’Elzbieta Sikora. Son adaptation, actualisée, nous propose de retrouver l’avide Basil Hallward, de peintre devenu photographe, faisant et défaisant les réputations numériques, et qui manipulera le beau Dorian Gray en créant son profil (mot-dièse <span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">#PrinceCharmant) sur le réseau « Bric-à-brac » afin de faire fortune. Le cynique photographe (incarné avec talent mais sans trop de noirceur par le baryton <strong>Michal Partyka</strong>) n’hésitera d’ailleurs pas à filmer la pauvre Sybil agonisante, interprétée par la superbe et très engagée <strong>Joanna Freszel</strong>, à la voix idéalement projetée et au beau médium sans oublier les aigus dardés. Les modes de chant privilégiés par la compositrice évoquent beaucoup ceux de Benjamin Britten. Le personnage de Lord Wotton passé à la trappe de l’adaptation, l’histoire subit aussi une modification significative de son enseignement moral en présentant une réflexion sur le narcissisme contemporain. C’est Dorian lui-même qui subit physiquement l’outrage du temps et de ses mœurs dissolues, et qui cherchera en vain une réhabilitation dans une mission humanitaire. Parmi les interprètes de ce <em>Dorian Gray</em> au livret en anglais, la performance de la mezzo <strong>Gosha Kowalinska</strong> (La Grise) se métamorphosant en divers personnages a été très remarquée. Son chant plein et impérieux (avec des interventions signant autant de moments forts comme celles de </span>Joanna Freszel)<span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;"> a largement dominé une distribution un peu terne. </span></p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DORIAN_GRAY-02-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-204427"/></figure>
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		<title>Prokofiev, Sergeï ? Non, Gabriel !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/prokofiev-sergei-non-gabriel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Jan 2019 10:43:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Prokofiev, Sergeï, compositeur russe dont la mort passa inaperçue en 1953 parce qu&#8217;il eut la mauvaise idée de décéder le même jour qu&#8217;un certain Joseph Staline ». Cela, vous le saviez déjà. Mais un bon dictionnaire de la musique pourrait aussi inclure une autre notice, qui ressemblerait un peu à ce qui suit. « &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Prokofiev, Sergeï, compositeur russe dont la mort passa inaperçue en 1953 parce qu&rsquo;il eut la mauvaise idée de décéder le même jour qu&rsquo;un certain Joseph Staline ». Cela, vous le saviez déjà. Mais un bon dictionnaire de la musique pourrait aussi inclure une autre notice, qui ressemblerait un peu à ce qui suit. « <strong>Prokofiev, Gabriel</strong>, petit-fils du précédent, compositeur britannique né en 1975, dont le premier opéra vient d&rsquo;être créé en Allemagne ». Commande de l&rsquo;Opéra de Ratisbonne, <em>Elizabetta </em>a connu sa première mondiale le 26 janvier, sur un livret signé par le metteur en scène <strong>David Pountney</strong>. Lointainement inspirée de l&rsquo;histoire la comtesse Elisabeth Báthory, célèbre buveuse de sang du XVIIe siècle, l&rsquo;héroïne en est une star du cinéma vieillissante qui cherche à tout prix à rester jeune, y compris en prenant des bains de sang humain, non sans résultats catastrophiques. La présentation sur le site de l&rsquo;Opéra de Ratisbonne promet un cocktail à base de thriller et d&rsquo;humour noir, et une partition jetant un pont entre l&rsquo;opéra à numéros traditionnel et la musique populaire. Une dizaine de représentations sont prévues <a href="https://www.theater-regensburg.de/spielplan/details/elizabetta/">jusqu&rsquo;à la mi-juin</a>.</p>
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		<title>LANGER, Figaro Gets a Divorce — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/figaro-gets-a-divorce-geneve-apolitique-le-figaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Sep 2017 04:08:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cela aurait pu être une tétralogie, mais ce n’est qu’une trilogie. Plutôt que de monter, pour compléter logiquement Le Barbier et Les Noces, La Mère coupable de Darius Milhaud, directement inspiré par le troisième opus de Beaumarchais, David Pountney a voulu, pour le Welsh National Opera, commander un nouvel opéra, d’après Ödön von Horváth. Enfin, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cela aurait pu être une tétralogie, mais ce n’est qu’une trilogie. Plutôt que de monter, pour compléter logiquement <em>Le Barbier</em> et <em>Les Noces</em>, <em>La Mère coupable</em> de Darius Milhaud, directement inspiré par le troisième opus de Beaumarchais, <strong>David Pountney</strong> a voulu, pour le Welsh National Opera, commander un nouvel opéra, d’après Ödön von Horváth. Enfin, à en juger d’après le titre, <em>Figaro Gets a Divorce </em>viendrait tout droit de la pièce écrite en 1937 par le dramaturge austro-hongrois. Mais le mieux étant toujours l’ennemi du bien, le metteur en scène britannique, également auteur du livret, a aussi emprunté un certain nombre d’éléments à <em>La Mère coupable</em>. D’où une impression de trop et de trop peu à la fois. Le livret est certes bien construit, et il ménage des situations qui se prêtent bien à la musique, notamment à ces duos, trios et ensembles hélas si rares dans l’opéra contemporain. Revers de la médaille : ne subsiste ici qu’une intrigue sentimentale et mélodramatique cousue de fil blanc, privée de toute la dimension historico-politique bien présente chez Horváth. En dehors d’une assez discrète allusion au pacte germano-soviétique, et malgré les costumes années 1930 de <strong>Sue Blane, </strong>l’action pourrait se situer à n’importe quelle époque, dans les décors abstraits et mobiles de <strong>Ralph Koltaï</strong>. La scène lyrique ne se prête pas forcément au débat d’idées, mais dans les quelques occasions où le ton cherche à s’élever, on bascule tout à coup dans une grandiloquence déplacée : « Ma force sur vous, c’est que je crois encore à l’humanité », déclare ainsi la comtesse au Commandant, le méchant de l’histoire qu’on aurait voulu autrement plus effrayant.</p>
<p>Quant à la musique d’Elena Langer, elle pèche presque par excès d’accessibilité. La compositrice britannique – comme son nom ne l’indique guère – a passé les vingt premières années de sa vie à Moscou, et sa musique semble traduire ce double héritage : <em>Figaro Gets a Divorce</em> ressemble à du Britten, en moins puissant, matiné de Chostakovitch, pour les emprunts aux genres populaires et le côté musique de film. Refuser la dissonance pour ne pas effrayer le public, vouloir mettre beaucoup d’humour dans sa composition, voilà des intentions louables, mais le résultat est un peu tiède, malgré de beaux moments. On souhaite que son prochain opus annoncé, <em>Trotsky and Kahlo</em>, lui permette d’affirmer une voix plus personnelle, loin de l’ombre portée de Rossini et Mozart. Dans la fosse, <strong>Justin Brown </strong>dirige avec maestria le Basel Sinfonietta dans une partition dont l’ouverture promet des finesses d’orchestration qu’on voudrait retrouver davantage dans la suite.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/figaro_gets_a_divorce_pg_c_mdougados_03.jpg?itok=InqBDijP" title="© Magali Dougados" width="468" /><br />
	© Magali Dougados</p>
<p>Même si l’écriture d’Elena Langer ne paraît pas trop ardue pour les voix, la distribution réunit assez naturellement des chanteurs habitués à la musique des XX<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles.Vu dans <em>The Rake’s Progress</em> cet été à Aix-en-Provence, <strong>Alan Oke</strong> bénéficie du rôle le plus marquant, celui du Commandant qui aggrave tous les malheurs de la famille Almaviva. Scéniquement et vocalement, le ténor n’en fait qu’une bouchée, et nul doute qu’il aurait pu donner le meilleur dans un personnage plus malfaisant encore. Baba-la-Turque un peu décevante à Aix, <strong>Andrew Watts</strong> projette bien mieux sa voix dans l’espace de l’Opéra des Nations, Elena Langer l’obligeant à passer constamment d’un timbre à l’autre, tantôt baryton, tantôt contre-ténor, seule audace dans une répartition des timbres fidèle au modèle mozartien. Ann Trulove dans le <em>Rake’s Progress</em> qui a entamé sa tournée à Caen, <strong>Marie Arnet</strong> en Suzanne a droit à deux airs de style music-hall, ce qui est peu pour mettre en valeur sa voix ; la comtesse d’<strong>Ellie Dehn</strong> se voit confier encore moins de choses avant le bel ensemble du finale du deuxième acte. Comme dans <em>Les Noces de Figaro</em>, le comte et son valet sont deux barytons-basses : <strong>David Stout</strong> pâtit parfois d’une écriture un rien trop grave pour être tout à fait sonore, tandis que <strong>Mark Stone</strong>, récemment Wozzeck sur cette même scène, est un Almaviva assez effacé, du fait du livret même. Au couple de jeunes amoureux échoient de jolis duos pour deux vois de femme, Séraphin étant très traditionnellement confié à une mezzo en travesti : à la voix chaude de <strong>Naomi Louisa O’Connell</strong> se superposent les aigus un peu acides de <strong>Rhian Lois</strong>.</p>
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		<item>
		<title>TCHAÏKOVSKI, L&#039;Enchanteresse — Naples</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/carodejkalincantatrice-naples-le-prince-chez-nastassia-filipovna/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Feb 2017 18:47:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Même si Iolanta a depuis peu rejoint Eugène Onéguine et La Dame de pique dans la programmation des maisons d’opéra occidentales, il reste plusieurs œuvres lyriques de Tchaïkovski à explorer. On entendra prochainement en concert à Genève et à Paris La Pucelle d’Orléans, l’Opéra de Lyon avait jadis mis Mazeppa à l’affiche, mais il faut &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Même si <em>Iolanta</em> a depuis peu rejoint <em>Eugène Onéguine</em> et <em>La Dame de pique</em> dans la programmation des maisons d’opéra occidentales, il reste plusieurs œuvres lyriques de Tchaïkovski à explorer. On entendra prochainement en concert à Genève et à Paris <em>La Pucelle d’Orléans</em>, l’Opéra de Lyon avait jadis mis <em>Mazeppa </em>à l’affiche, mais il faut aller plus loin pour voir d’autres titres plus rares encore : à Caglieri en 2000 ou à Londres en 2009 pour <em>Tcherevitchki</em>, et à Lisbonne en 2002 pour <em>L’Enchanteresse</em>, créé hors-Russie dans cette production de David Pountney que le Teatro San Carlo a eu la bonne idée de reprendre pour la création italienne de l’œuvre.</p>
<p>Que manque-t-il à cet opéra qui précède <em>La Dame de Pique</em> pour avoir connu un succès international ? La musique en est fort belle et inclut quelques airs remarquables, même si Tchaïkovski n’y atteint pas les mêmes sommets que dans ses chefs-d’œuvre incontestés. Surtout, ce qui a dû empêcher <em>L’Enchanteresse </em>de vivre, c’est son livret, ou du moins ce qu’il en resta après que le compositeur eut obligé Chpajinski à passer de cinq à quatre actes, puis qu’il eut lui-même taillé dans les deuxième et quatrième actes, les répétitions ayant révélé que l’opéra était encore trop long. Inévitablement, le résultat final manque de cohérence dramatique, un personnage-clef disparaît subitement et l’action prend de brusques virages imprévus.</p>
<p>Il faut donc rendre grâce à <strong>David Pountney</strong> d’avoir fait le maximum pour injecter le maximum de sens et de logique dans cette intrigue, tout en réussissant un spectacle visuellement superbe. Le metteur en scène britannique a dépouillé ce drame familial de ses oripeaux moyenâgeux pour nous conter une histoire digne de Tolstoï ou de Dostoïevski. L’aristocratie russe représentée par le prince, la princesse et leur fils bascule dans la tragédie à cause d’une perturbatrice prénommée Nastassia, tout comme l’héroïne de <em>L’Idiot</em>. Le livret fait d’elle la tenancière d’une sorte de cabaret où les hommes viennent chercher les plaisirs de la danse et du vin : il n’y avait qu’un petit pas à faire pour voir en elle une grande horizontale, à la tête d’une « maison » où officient des courtisanes de luxe, ce qui nous vaut de somptueux tableaux dignes d’un James Tissot, où des dames vêtues de magnifiques robes à tournure évoluent parmi les messieurs en frac. A la fin du drame, alors que le prince bascule dans la folie après avoir tué son fils – tous deux étaient épris de Nastassia – on retrouve l’image initiale présentée pendant l’ouverture, où cette famille en apparence encore unie prenait son repas, servie par une armée de domestiques.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="234" src="/sites/default/files/styles/large/public/l-incantatrice-teatro-san-carlo-napoli.jpg?itok=VOWxteZT" title="© DR" width="468" /><br />
	© DR</p>
<p>Actuellement titulaire au Maryinski des plus grands rôles du répertoire russe ou occidental (elle vient justement d’y interpréter Nastassia Filipovna dans <em>L’Idiot</em> de Weinberg),<strong> Maria Bayankina </strong>est un superbe soprano dramatique qui serait parfaitement à sa place en Lisa de <em>La Dame de pique</em>. Dotée d’un physique avantageux, ce qui ne gâte rien dans ce genre de rôle, la chanteuse possède une voix puissante d’un bout à l’autre de la tessiture. A ses côtés, on remarque également <strong>Lioubov Sokolova</strong> dans le rôle de la princesse, qu’elle a déjà chanté à Erfurt, où Tatjana Gürbaca avait mis en scène <em>L’Enchanteresse</em> en 2012. Ce beau mezzo typique de l’école russe prête un timbre émouvant à ce personnage d’épouse dédaignée, assez courant dans les opéras slaves. Bien qu’à peine trentenaire, <strong>Yaroslav Petryanik</strong> se glisse dans la peau du prince Nikita, dont les airs lui permettent d’émettre des aigus impressionnants. Le ténor <strong>Nikolaï Emcov</strong>, au physique un peu mûr pour le jeune prince Youri, a la voix solide à défaut d’être séduisante. Déception en revanche avec <strong>Alexei Tanovitski</strong> en Mamyrov : là où on l’aurait voulu une basse aux graves sonores, au timbre noir, l’on n’a droit qu’à une sorte de grisaille généralisée et à un chanteur régulièrement couvert par l’orchestre malgré l’excellente acoustique du San Carlo. Autours de ces cinq figures centrales s’agitente toute une troupe de protagonistes beaucoup plus épisodiques, pour la plupart issus des pays de l’Est de l’Europe, parmi lesquels on distinguera notamment le Balakine d’<strong>Artyom Melihov </strong>et le Païssi de <strong>Savva Hastaev</strong>. De la Nenila de <strong>Lioudmila Gradova</strong>, on retient plus le jeu de l’actrice – David Pountney la transforme en folle du logis – que le peu qu’elle a ici à chanter.</p>
<p>Dirigé par <strong>Zaurbek Gugkaev</strong>, lui aussi tout droit venu du Théâtre Maryinski (c’est lui qui était à la tête des représentations de <em>L’Idiot</em> mentionnées plus haut), l’orchestre du San Carlo souligne les beautés d’instrumentation de cette partition, tandis que le chœur n’a finalement que peu d’occasions d’intervenir : passé le premier acte, placé sous le signe de la liesse générale, l’œuvre se resserre sur les confrontations entre les personnages principaux.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Rigoletto — Jérusalem</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-jerusalem-en-garde-courtisans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jun 2016 23:18:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour entrer dans le Rigoletto proposé par le Festival d’opéra de Jérusalem, il faut aller au-delà d’un certain nombre d’obstacles. L’acoustique d’abord. La Piscine du Sultan a beau être un des vestiges les plus impressionnants de la Jérusalem ottomane, et offrir un cadre idyllique au moment du crépuscule, quand les étoiles s’allument au firmament, elle &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Pour entrer dans le <em>Rigoletto </em>proposé par le Festival d’opéra de Jérusalem, il faut aller au-delà d’un certain nombre d’obstacles. L’acoustique d’abord. La Piscine du Sultan a beau être un des vestiges les plus impressionnants de la Jérusalem ottomane, et offrir un cadre idyllique au moment du crépuscule, quand les étoiles s’allument au firmament, elle n’a pas été conçue pour abriter des spectacles. D’où la nécessité d’une sonorisation qui, même si elle est réalisée habilement et se fait vite oublier, fera hurler les puristes.</p>
<p class="rtejustify"><strong>L’orchestre symphonique de Jérusalem</strong> a fait beaucoup d’efforts pour assimiler une partition qu’il n’a jamais pratiquée, mais les problèmes techniques restent nombreux, ajoutés au fait que les preneurs de son ont décidé de le reléguer à l’arrière-plan des chanteurs, même dans les moments où il devrait tenir la vedette, comme la tempête du III. La conduite de la ligne, les phrasés, la manière de soutenir un chanteur restent trop éloignés du monde de l’opéra. Pourtant, <strong>Francesco Cilluffo</strong> dirige avec sobriété et précision. Conscient des limites de sa phalange, il veille d’abord à maintenir la cohésion entre la scène et la fosse, qui menace  plus d’une fois de partir en vrille. La catastrophe est évitée de justesse à plusieurs reprises, grâce à une battue rapide et éminemment lisible. Le maestro fait en outre le choix d’ignorer les reprises, ce qui confère au spectacle une vitalité bien adaptée aux circonstances.</p>
<p class="rtejustify">A l’inverse de ce bilan orchestral mitigé, <strong>le chœur de l’opéra de Tel Aviv</strong> impressionne de bout en bout. Redoutablement précis et homogène, il parvient à donner l’illusion d’être un seul personnage, comme dans la tragédie grecque. Un personnage qui rôde tel un tigre autour de Rigoletto et de Gilda. La vivacité musicale fait écho à la méchanceté foncière de ces courtisans, toujours prêts à humilier, blesser, voire tuer. Les notes piquent comme des dards dans « Zitti, zitti, moviamo vendetta ». Le public ne s’y trompe pas, et réserve un triomphe aux choristes.</p>
<p class="rtejustify">La mise en scène de <strong>David Pountney</strong> <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/un-rigoletto-sans-voix-est-ce-possible">a déjà fait ses preuves à l’opéra de Tel Aviv en 2014</a>, et elle reste fidèle à ses grandes orientations : une actualisation que l’on pourra dire « modérée », un usage très carsenien d’accessoires comme tables et chaises, une dominante de rouges, des éclairages soignés, et une direction d’acteurs qui prend très au sérieux la caractérisation de chaque personnage. Le « Caro nome » chanté par une Gilda presque somnambule au sommet de sa cage de verre reste le point culminant d’un spectacle efficace, qui n’a dû être que peu modifié pour s’adapter au plein air. A noter que la fellation généreusement prodiguée par Maddalena au Duc a disparu. Effet de l’ambiance d’une ville trois fois sainte ?</p>
<p class="rtejustify">Depuis son toit, Gilda ne domine pas seulement son air, mais aussi tous ses partenaires tant son incarnation est bluffante. <strong>Hila Fahima</strong> semble n’avoir peur ni du vertige, ni des coloratures, ni des aigus. A 28 ans, la soprano israélienne, ancienne membre de la troupe de l’opéra de Tel Aviv, a l’ardeur de la jeunesse, tout en faisant montre d’un bagage technique très rare à son âge : la voix est d’une agilité extrême, ne craignant aucun des pièges dont Verdi a parsemé sa partition. Atout appréciable : le vibrato est faible, ce qui renforce le côté virginal d’un personnage que Hila Fahima semble être née pour incarner. Visage angélique, silhouette frêle mais comme remplie d’une énergie donnée par l’amour, yeux grands ouverts sur la méchanceté des hommes. Gageons que, si elle continue sur sa lancée, l’Israélienne sera une des grandes Gilda de notre époque.</p>
<p class="rtejustify">Face à une telle réussite, les autres membres de la distribution ont un peu de mal à exister. Ils ont pourtant des atouts. <strong>Salvatore Cordella</strong> a la vaillance et les aigus d’un Duc de Mantoue, à défaut d’en avoir le physique. Si on accepte le principe d’entendre l’effort dans ce type de rôle, on pourra être d’accord avec son interprétation. Si on lit au contraire <em>Rigoletto</em> dans une filiation belcantiste, proche de Bellini et de Donizetti, le manque de grâce de l’Italien sera péché mortel. Dans le rôle-titre, <strong>Boris Statsenko</strong> montre des talents dramatiques exceptionnels. Quelques pas en scène, une façon de fixer le regard sur les autres protagonistes ou sur … le vide suffisent à imposer une présence qui paraît évidente, indiscutable. Statsenko est Rigoletto comme Fahima est Gilda. La haine du bossu pour ceux qui le paient, son amour délirant pour sa fille, sa jalousie maladive sont rendus avec une acuité qui n’est guère courante sur les scènes lyriques. Le drame hugolien, dans toute sa force, à mille lieues des clichés opératiques. On pardonne dès lors facilement quelques écarts de justesse, d’autres instants où Gilda écrase vocalement son père, au nom de la sincérité dramatique.</p>
<p class="rtejustify"><strong>Mikhail Kolelishvili</strong> a une voix un peu brute de décoffrage pour Sparafucile, la prononciation italienne est pour le moins exotique et, malgré la profusion de moyens exposés, c’est une basse qui sera sans doute davantage à son aise dans Wagner que dans Verdi. <strong>Oksona Volkova</strong> est elle comme un poisson dans l’eau : sa Maddalena a du chien, de la sensualité à revendre et un vrai tempérament. Le rôle n’est pas long, mais tenu avec un tel panache, il fascine. Le quatuor du III, où on lui prête d’habitude peu d’attention, trouve une autre dimension.</p>
<p class="rtejustify">Dans une ville presque dénuée de tradition lyrique, le Festival d’opéra de Jérusalem a donc réussi son pari : offrir un spectacle de qualité à un public le plus large possible, venu en nombre. Rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine, avec <em>Nabucco, </em>du même Verdi.</p>
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		<title>Saul &#038; David</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/saul-david-israel-en-syrie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Mar 2016 13:23:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Toutes proportions gardées, Saul et David est aux Danois ce que Carmen est aux Français : c’est l’opéra national, emblématique. Evidemment, l’œuvre de Carl Nielsen est loin d’avoir fait le tour du monde, et les représentations en sont rares en dehors des frontières danoises. C’est d’ailleurs le versant comique de sa production lyrique qui a connu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Toutes proportions gardées, <em>Saul et David</em> est aux Danois ce que <em>Carmen </em>est aux Français : c’est l’opéra national, emblématique. Evidemment, l’œuvre de Carl Nielsen est loin d’avoir fait le tour du monde, et les représentations en sont rares en dehors des frontières danoises. C’est d’ailleurs le versant comique de sa production lyrique qui a connu en premier les honneurs du DVD, avec <em>Maskerade</em>, mis en scène en 2000 à Bregenz par <strong>David Pountney</strong> (Capriccio). Lors du 150<sup>e</sup> anniversaire de la naissance de Nielsen, le directeur du Welsh National Opera a également été sollicité par Copenhague pour mettre en scène <em>Saul et David</em>, mais avec beaucoup moins de bonheur. Il nous sert la transposition obligée vers une dictature militaire proche-orientale d’aujourd’hui, Israël ressemblant ainsi fort à la Syrie, par exemple, le soulèvement de David contre Saül devenant l’offensive de Daech contre le régime de Bachar el-Assad. Kalachnikovs, tenues camouflage et immeubles bombardés, voilà ce qui constitue donc l’identité visuelle d’un spectacle qui rappelle étrangement ce dont nous abreuvent les journaux télévisés. Loin de la grandeur épique voulue par Nielsen, c’est un quotidien sordide qui nous est donné à voir, le comble étant le logis de la sorcière d’Endor, capharnaüm digne de l’intérieur des Groseille dans <em>La Vie est un long fleuve tranquille</em>. La scène du sacrifice donne évidemment lieu à un des ces actes de salissure désormais inévitables : une sorte de vache-qui-rit en carton-pâte descend des cintres ; Saül y plonge un couteau, puis la main, et se macule de sang le visage et la poitrine. David Pountney utilise aussi les intermèdes orchestraux pour introduire une note comique, avec six danseurs incarnant des représentants à l’ONU qui palabrent vainement pour aboutir à d’illusoires résolutions.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Michael Schønwandt</strong> dirige avec amour une partition qu’il connaît bien et dont il met en relief les qualités d&rsquo;écriture, mais doit se contenter d’une distribution vocale elle aussi moins héroïque qu’on ne le voudrait. Silhouette à la Demis Roussos, <strong>Niels Jørgen Riis</strong> possède un timbre clair qui convient au personnage juvénile de David, mais paraît moins à l’aise dans les passages plus tendus d’un rôle finalement assez lourd. Il y a vingt ans, on l’aurait peut-être plutôt distribué en Jonathan, où son confrère <strong>Michael Kristensen</strong> fait de son mieux pour compenser par une articulation expressive le manque de puissance de sa voix. Les Senta, les Elisabeth et les Isolde qui composent son répertoire permettent à <strong>Ann Petersen</strong> d’assumer sans faiblir le rôle de Mikal, dont l’impériosité vocale ne coïncide pas forcément avec le personnage de jeune femme voilée et effacée qu’on lui fait jouer. Sorcière d’Endor basculée dans le quart-monde, <strong>Susanne Resmark</strong> en fait scéniquement des tonnes sans que cela affecte heureusement sa voix. Qu’il soit en vie, agonisant sur un lit d’hôpital et sous perfusion, ou revenu d’entre les morts, le Samuel de <strong>Morten Staugaard</strong> est passablement grisonnant et trémulant, ce qui lui enlève une bonne partie de son côté redoutable (David Pountney voit pourtant en lui un intégriste fanatique). Quant au Saül de <strong>Johan Reuter</strong>, ses qualités d’acteur impressionnent sans doute davantage que ses pures forces vocales, mais il n’en compose pas moins un mémorable personnage ravagé par le doute et la jalousie.</p>
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		<title>Le Welsh National Opera fête ses 70 ans</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-welsh-national-opera-fete-ses-70-ans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Feb 2016 12:19:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra national du Pays de Galles (Opera Cenedlaethol Cymru pour les initiés) a été officiellement fondé en 1946. Pour fêter son 70e anniversaire, l’institution basée à Cardiff met les petits plats dans les grands et propose notamment une trilogie Beaumarchais. Le pauvre Paisiello a été une fois de plus supplanté par Rossini pour Le Barbier &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra national du Pays de Galles (Opera Cenedlaethol Cymru pour les initiés) a été officiellement fondé en 1946. Pour fêter son 70<sup>e</sup> anniversaire, l’institution basée à Cardiff met les petits plats dans les grands et propose notamment une trilogie Beaumarchais. Le pauvre Paisiello a été une fois de plus supplanté par Rossini pour <em>Le Barbier de Séville</em>, et Tobias Richter met en scène <em>Les Noces de Figaro</em>. Quid du troisième volet ? <em>La Mère coupable</em> de Darius Milhaud (1966), d’Inger Wikström (2006) ou de Thierry Pécou (2010, sous le titre <em>L’Amour coupable</em>, 2010) ? Que nenni. Le Welsh National Opera a passé commande à la compositrice <strong>Elena Langer</strong> d’un opéra tout nouveau, sur un livret et dans la mise en scène de <strong>David Pountney</strong>. <em>Figaro divorce</em> s’inspire en partie de la pièce du même titre, due à Ödön von Horvath (déjà mise en musique en 1963 par Giselher Klebe), en partie de <em>La Mère coupable</em>. Pour unifier cette trilogie, les trois opéras se déroulent dans un même décor, et la plupart des chanteurs sont communs aux deux derniers volets. Dans <em>Figaro divorce</em>, Chérubin devient une figure mençante, confiée à un contre-ténor. Dans la distribution, on pourra notamment applaudir Elizabeth Watts en comtesse Almaviva.</p>
<p> </p>
<p><em>Figaro Gets a Divorce</em>, mise en scène de David Pountney, Cardiff, du 21 au 27 février</p>
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		<title>ROSSINI, Guillaume Tell — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/guillaume-tell-geneve-patriotique-mais-presque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Sep 2015 05:02:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’il paraît loin, le temps où un Riccardo Muti, pourtant ardent défenseur du retour aux partitions originales, pouvait encore afficher à La Scala un Guglielmo Tell, autrement dit une traduction de l’opéra français écrit par Rossini pour Paris ! Depuis 1988, le monde lyrique a parcouru assez de chemin pour que la version initiale reprenne le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Qu’il paraît loin, le temps où un Riccardo Muti, pourtant ardent défenseur du retour aux partitions originales, pouvait encore afficher à La Scala un <em>Guglielmo Tell</em>, autrement dit une traduction de l’opéra français écrit par Rossini pour Paris ! Depuis 1988, le monde lyrique a parcouru assez de chemin pour que la version initiale reprenne le chemin des scènes, au point que plus personne, espérons-le, ne songerait à proposer <em>Guillaume Tell</em> autrement qu’en français, même à Cardiff ou à Varsovie, les deux villes par où est d’abord passée la production que présente maintenant le Grand Théâtre de Genève.</p>
<p>C’est d’ailleurs, assez logiquement, avec ce même <em>Guillaume Tell</em> que le bâtiment avait été inauguré en 1879 : pouvait-il y avoir d’autre choix que « notre opéra national », ainsi que l&rsquo;appelait alors la presse suisse ? Choix éminemment patriotique par le sujet, à condition d’oublier que ledit opéra était l’œuvre d’un Italien installé en France, d’après une pièce allemande. Patriotique également, ce trio du deuxième acte que parodia Offenbach dans <em>La Belle Hélène</em> (que les mélomanes genevois pourront entendre le mois prochain). Patriotiques, assurément, les scènes évoquant la résistance suisse contre l’occupant autrichien, même si ce ne sont pas ces moment-là que réussit le mieux <strong>Jésus López-Cobos</strong>, dont la direction élégante s’épanouit davantage dans les passages plus sentimentaux.</p>
<p>On pourrait alors presque s’étonner que la distribution de cette œuvre « patriotique » n’inclue qu’un seul chanteur dont le français est la langue maternelle, mais là aussi, en quelques décennies, les choses ont beaucoup évolué, et il faut saluer les qualités de diction de la plupart des artistes réunis. Bonnet d’âne malgré tout pour deux d’entre eux : <strong>Erlend Tvinnereim</strong>, mais Rodolphe n’est heureusement pas un personnage majeur, et <strong>Alexander Milev</strong>, dont le mauvais français fait plus de ravages, en Melcthal et surtout en Walther Furst. Toujours lisible, la mise en scène de <strong>David Pountney</strong> ne cherche pas à situer l’action ailleurs que là où elle se passe, mais évite le piège du folklore helvète : les costumes du chœur sont ceux, grisâtres, d’un prolétariat indéterminé du début du XXe siècle, mais chacun se pare bientôt d’un élément traditionnel coloré pour traduire la volonté d’échapper à l’oppression. Grâce à des panneaux de plexi-glass stylisant un glacier, le décor réussit à évoquer un paysage montagnard sans tomber dans la carte postale. Les ballets réglés par <strong>Amir Hosseinpour </strong>(voir <a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-questions-a-amir-hosseinpour">notre interview</a>) apportent au premier acte une touche de modernité pleine d’humour ; au troisième acte, sans éluder la représentation des brutalités perpétrées par l’occupant, ils la symbolisent par des procédés artistiques plutôt que de la mimer dans sa crudité.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/10_guillaume_tell_a_c_magali_dougados.jpg?itok=Ym0AP3Tr" title="© GTG / Magali Dougados" width="468" /><br />
	© GTG / Magali Dougados</p>
<p>La distribution associe prises de rôle et habitués. Grand titulaire actuel d’Arnold, <strong>John Osborn</strong> parvient à nous offrir le meilleur des deux traditions d’interprétation, entre Nourrit et Duprez : aigus éclatants lorsqu’il le faut, pris en voix de tête pour son duo avec Mathilde, avec un art de ne jamais appuyer ce qui ne doit surtout pas l’être. Révélation avec <strong>Nadine Koutcher</strong>, récente lauréate du premier prix au concours de Cardiff : cette récompense était justifiée, car sa Mathilde est fort belle : naturelle, limpide et fraîche, avec toute la distinction qui sied à cette noble dame. Quant à <strong>Jean-François Lapointe</strong>, son Guillaume Tell a la solidité attendue, même si le grave pourrait être plus sonore ; « Sois immobile » est un beau moment d’émotion. Echappant aux rôles comiques, <strong>Doris Lamprecht </strong>(Hedwige) livre un chant expressioniste un peu hors de propos. Aigus percutants, actrice convaincante, <strong>Amelia Scicolone</strong> (Jemmy) paraît faite pour ces personnages de jeunes garçons comme l’Ascagne qu’elle sera ici même en octobre dans <em>Les Troyens</em>. <strong>Enea Scala</strong> (Rudi) a le timbre haut placé qui le destine à ce répertoire romantique, mais certaines couleurs nasales gâtent un peu son chant. <strong>Franco Pomponi</strong> accentue peut-être un peu trop le côté « méchant » de Gesler, mais la mise en scène l’y invite, qui fait du gouverneur une sorte de Nosferatu en fauteuil  roulant. <strong>Alexander Milev</strong> est sans doute un fort bon interprète de Grémine et de Kontchak, mais il doit impérativement améliorer sa diction s’il veut aborder le répertoire français.</p>
<p>Très sollicité, le <strong>Chœur du Grand Théâtre de Genève </strong>tient très dignement sa partie, avec toute l’ardeur que requiert le rôle des Helvètes opprimés ou des Autrichiens oppresseurs (la partie de chasse du deuxième acte est ici clairement présentée comme une chasse à l’homme, dont sont victimes les trois couples unis par Melcthal au premier acte). On déplore malgré tout quelques décalages avec un <strong>Orchestre de la Suisse Romande</strong> en bonne forme. Et maintenant que « notre opéra national » est revenu sur la scène genevoise, y entendra-t-on bientôt <em>Le Chalet</em> d’Adolphe Adam, où l’on chante fameusement les « Vallons de l’Helvétie » ?</p>
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		<title>Die Zauberflöte</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/die-zauberflote-conte-de-fees-pour-petits-et-grands/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2015 05:54:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après deux représentations en 2013 et 2014, la captation vidéo de la spectaculaire Flûte enchantée signée David Pountney apporte une vision différente de cette gigantesque réalisation disneyenne. Précisons qu’il s’agit de la captation de la première saison, donc sans les modifications et ajouts apportés l’année suivante. Entre La Belle au bois dormant et Alice au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après deux représentations en <a href="/spectacle/la-flotte-enchantee">2013</a> et <a href="/die-zauberflote-bregenz-david-pountney-quitte-bregenz-sur-un-triomphe">2014</a>, la captation vidéo de la spectaculaire <em>Flûte enchantée</em> signée <strong>David Pountney</strong> apporte une vision différente de cette gigantesque réalisation disneyenne. Précisons qu’il s’agit de la captation de la première saison, donc sans les modifications et ajouts apportés l’année suivante. Entre <em>La Belle au bois dormant</em> et <em>Alice au pays des merveilles</em>, le côté un peu parc d’attraction passe plutôt bien à l’écran, et les marionnettes géantes se révèlent particulièrement photogéniques. Les personnages du Singspiel sont également bien servis par la vidéo, sauf peut-être Pamina, qui dans sa robe blanche courte, ses sandales et ses cheveux au vent, fait plus penser à une petite fille malsaine genre Baby Jane qu’à la pure jeune femme accompagnant Tamino dans ses épreuves.</p>
<p>Le spectacle était déjà extraordinaire sur place : la vidéo vient lui apporter une dynamique supplémentaire, dans la mesure où la réalisation de <strong>Felix Breisach</strong> est globalement fort bien faite, sauf les éclairages médiocres de la fin qui assombrissent trop le duo Papageno-Papagena. Des caméras très mobiles, des cadrages astucieux, des angles de prise de vue acrobatiques (notamment verticaux), un montage dynamique et bien sûr des gros plans des chanteurs apportent tout ce qui pouvait manquer à la vision directe, forcément plus éloignée. Le son est également de bonne qualité.</p>
<p>La distribution est légèrement différente de celles qui ont fait l’objet de comptes rendus. Le Papageno de <strong>Daniel Schmutzhard</strong> est tout simplement éblouissant de naturel et d’insouciante truculence, qui sait d’autant mieux devenir déchirante au moment de la scène de la pendaison. La voix est riche, la prononciation impeccable, la gestuelle amusante, bref un très beau titulaire à qui la réussite de cette captation doit beaucoup. Le Tamino de <strong>Norman Reinhardt</strong> et la Pamina de <strong>Bernarda Bobro</strong> ont l’un et l’autre la voix et le style parfaitement adaptés à ces deux rôles.</p>
<p>On retrouve avec plaisir le<strong> Sarastro</strong> sonore et particulièrement humain d’<strong>Alfred Reiter</strong>, et la Reine de la Nuit aérienne d’<strong>Ana Durlovski</strong>, qui depuis a continué à chanter ce rôle sur de nombreuses scènes internationales. Mais, à côté du feu d’artifice pyrotechnique de ses notes périlleuses, toutes parfaitement justes, on regrettera un léger savonnage de toutes les petites notes, trilles et appogiatures, peut-être dû aux conditions périlleuses d’exécution (elle chante son second air propulsée par un vérin à 10 mètres de haut). <strong>Dénise Beck</strong> est une irrésistible Papagéna, et <strong>Martin Koch</strong> donne une résonnance particulièrement douloureuse au rôle de Monostatos. Enfin, <strong>Magdalena Anna Hofmann</strong> (Première Dame) a montré depuis qu’elle avait bien l’étoffe dans grand premier rôle, tandis que ses deux consœurs <strong>Verena Gunz</strong> et <strong>Katrin Wundsam</strong> l’accompagnent avec beaucoup de musicalité. Musicalité et esprit mozartien sont des qualificatifs que l’on peut également appliquer aux trois enfants, chantés par trois cantatrices, et surtout à la direction de <strong>Patrick Summers</strong>, qui dirige harmonieusement et avec une grande sobriété le Wiener Symphoniker et le Prager Philarmonischer Chor. Une version qui se situe donc dans une fourchette haute, et qui ravira petits et grands, tout en montrant combien l’œuvre est susceptible de s’adapter avec bonheur, sans perdre de son aura, à tous les types d’espaces.</p>
<p>Notice d’accompagnement un peu pauvre (18 pages, quelques photos en noir et blanc, textes en allemand et anglais). Pour les textes en français, le lecteur est renvoyé au <a href="http://www.cmajor-entertainment.com/catalogue_dvd">site de l&rsquo;éditeur</a> où il ne nous a pas été possible de trouver les textes annoncés. Aucun bonus proposé, alors qu’un documentaire sur les coulisses du spectacle aurait été très bienvenu.</p>
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		<item>
		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Bregenz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-bregenz-david-pountney-quitte-bregenz-sur-un-triomphe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Jul 2014 08:37:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Seulement une petite demi-heure de pluie au début du premier acte, on est loin du déluge de l’an dernier.  Bien sûr, l’effet de surprise de ce spectacle hors du commun (voir la visite des coulisses) joue moins à la seconde vision, mais la mise en scène de David Pountney, qui quitte la direction artistique de &#8230;</p>
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<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-bregenz-david-pountney-quitte-bregenz-sur-un-triomphe/">MOZART, Die Zauberflöte — Bregenz</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Seulement une petite demi-heure de pluie au début du premier acte, on est loin du <a href="/spectacle/la-flotte-enchantee">déluge de l’an dernier</a>.  Bien sûr, l’effet de surprise de ce spectacle hors du commun (voir <a href="http://www.forumopera.com/actu/letonnante-scene-flottante-de-bregenz">la visite des coulisses</a>) joue moins à la seconde vision, mais la mise en scène de <strong>David Pountney</strong>, qui quitte la direction artistique de Bregenz sur ce triomphe, garde toutes ses qualités : un équilibre s’y trouve savamment maintenu entre le conte pour enfants, avec alternance d’éléments effrayants et divertissants, et le conte fantastique (genre « road movie ») pour adultes. Le côté féérique reste bien sûr fondamental, mêlant quantité d’effets spéciaux et pyrotechniques , et le magnifique travail de nombreux acrobates en tous genres parfaitement synchronisés, tout particulièrement dans la scène du glockenspiel.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="468" src="http://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/zauberfloete1301224.jpg?itok=T8QtDp7g" width="408" /><br />
	© Bregenzer Festspiele / Anja Köhler</p>
<p>Par rapport à l’an dernier, les espèces de ptérodactyles des Dames de la Nuit ont encore gagné en finesse de manipulation, un vrai régal. Nouveauté, leur sont opposés deux grands oiseaux des îles facétieux, l’un pour Papageno, l’autre pour Papagena : ces deux marionnettes, merveilleusement animées, vivent parallèlement leur vie de couple d’oiseaux ; mais peut-être attirent-elles trop l’attention sur elles au détriment des deux chanteurs. Les trois enfants sont devenus, quant à eux, trois énormes baigneurs genre celluloïd, parfaitement hideux au point d’en être dérangeants.</p>
<p>Le chef<strong> Hartmut Keil</strong>, très habitué de Bregenz, mène ses excellents chœurs et orchestre à un rythme soutenu, fait de légèreté et de précision. En effet, on ne constate pas le moindre décalage, alors que les musiciens se trouvent à une centaine de mètres de la scène, dans un local clos, et que les chanteurs ne voient le chef que par l’intermédiaire de grands écrans vidéo (et vice versa). Le Papageno truculent mais aussi tout en finesse de <strong>Marcus Brück</strong>, fort bien chanté, est tout simplement désopilant, et sa Papagena (<strong>Hanna Herfurtner</strong>) bien assortie : il est certain qu’avec les oiseaux qui virevoltent autour d’eux, ils captent toute l’attention. On retrouve avec plaisir le Sarastro d’<strong>Alfred Reiter</strong> et le Monostatos de <strong>Martin Koch</strong>.<strong> Rainer Trost</strong>, que l’on a vu à Paris dans les années 90 dans des rôles mozartiens, est un Tamino appliqué, aux côtés d’une Pamina (<strong>Gisella Stille</strong>) plus vive. Enfin, la Reine de la Nuit de <strong>Kathryn Lewek</strong> n’a pas froid aux yeux, surtout lorsqu’elle est propulsée par un vérin à 10 mètres de haut, ce qui lui permet de faire des vocalises de haut vol !</p>
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