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	<title>Anouk DEFONTENAY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Anouk DEFONTENAY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PERGOLESE, Stabat Mater &#8211; Deauville</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/pergolese-stabat-mater-deauville/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Apr 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jusqu&#8217;au 2 mai prochain, le Festival de Pâques de Deauville fête le trentième anniversaire d&#8217;un concept remarquable, celui de la cooptation artistique entre générations de musiciens. En effet, depuis l&#8217;époque de Renaud Capuçon ou Julien Chauvin, ce sont huit générations de jeunes artistes qui se sont succédé, accueillies pendant l&#8217;année au sein de la Fondation &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jusqu&rsquo;au 2 mai prochain, le Festival de Pâques de Deauville fête le trentième anniversaire d&rsquo;un concept remarquable, celui de la cooptation artistique entre générations de musiciens.<br />
En effet, depuis l&rsquo;époque de Renaud Capuçon ou <strong>Julien Chauvin</strong>, ce sont huit générations de jeunes artistes qui se sont succédé, accueillies pendant l&rsquo;année au sein de la Fondation Singer-Polignac afin de se rencontrer, de polir leur répertoire comme leurs affinités de chambristes avant de se produire sous le regard bienveillant de leurs aînés, à un jet de pierre des célèbres planches normandes.</p>
<p>Yves Petit de Voize, le directeur artistique du festival se félicite que le festival soit cette « maison commune joyeuse et studieuse » où les artistes, accompagnés pendant plusieurs années, osent « passer entre les genres et les styles ». Il décrit Julien Chauvin – tenant de cette première génération – comme « une figure emblématique du festival ». Le violoniste et chef d&rsquo;orchestre, pour sa part, souligne combien « le soutien et l&rsquo;exigence du lieu ont été précieux » dans son parcours de musicien, au point qu&rsquo;il se dit « né musicalement à Deauville » où il a vécu des « mues successives [&#8230;] depuis les premières années où [il] dormait dans les écuries ! »</p>
<p><strong>Le Concert de la Loge</strong> ouvre donc le bal de cette nouvelle édition avec un programme dédié à la musique du début XVIIIe siècle. Une superbe première partie propose un <em>cinquième concerto Brandebourgeois</em> de Jean-Sébastien Bach où la tendresse et la légèreté du phrasé ne se limitent pas au second mouvement « Affettuoso » mais infusent toute la pièce.</p>
<p>Délicatesse et joie prévalent dans le magnifique<em> concerto pour flûte à bec, traverso et continuo</em> de Georg Philipp Telemann. Les deux jeunes flûtistes <strong>Sibylle Roth</strong> et <strong>Anna Besson</strong> y dialoguent avec une verve confondante non dénuée d&rsquo;humour comme dans l&rsquo;ébouriffant « Allegro ».<br />
Il faut dire que, fidèle à lui-même, Julien Chauvin mène la soirée tambour battant avec des tempi qui brutaliseraient presque certains passages du <em>Stabat Mater</em> de Pergolèse proposé en seconde partie. C&rsquo;est le cas par exemple du « Quis est homo ».</p>
<pre><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1000197504_edited-1294x600.jpeg" /></pre>
<pre style="text-align: center;">© Musique à Deauville</pre>
<p>Le Concert de la Loge, habitué depuis plus de dix ans à la flamme de son chef, suit avec fougue et l&rsquo;incroyable Sibylle Roth, fait assez rare pour être souligné, délaisse à cette occasion la flûte à bec pour le clavecin !<br />
Raffinement des nuances, intelligence de la ligne, goût de la surprise comme dans l&rsquo;introduction de « Fac ut portem Christi mortem », équilibre des pupitres et des effets sont patents tout au long de l&rsquo;œuvre et culminent dans « Quando corpus morietur » tandis que le « Cujus animam » fait sonner voluptueusement les cordes graves.</p>
<p>L&rsquo;effectif réduit ne nuit aucunement à la plénitude sonore et permet aux deux solistes de déployer les harmoniques graves de leurs timbres respectifs. En effet, même si elles sont classiquement annoncées soprano et mezzo dans le programme, les deux chanteuses sont en réalité mezzo avec un indéniable tropisme vers l&rsquo;alto pour Anouk Defontenay. L&rsquo;équilibre des voix se trouve donc maintenu mais avec une dimension charnelle particulièrement séduisante.</p>
<pre><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1000197400_edited-1294x600.jpeg" /></pre>
<pre style="text-align: center;">© Musique à Deauville</pre>
<p><strong>Ambroisine Bré </strong>incarne donc la voix de Dessus et prend de l&rsquo;assurance au fil de l&rsquo;œuvre jusqu&rsquo;au « Sancta Mater », souverain. Elle aborde l’œuvre avec une certaine distance, comme une froideur, peu dans sa nature. C&rsquo;est parfois pour le meilleur comme dans « Vidit suum dulcem natum » où la voix blanchit, tétanisée par l&rsquo;angoisse, mais la Bretonne semble quelque peu en retrait face à la formidable proposition d&rsquo;<strong>Anouk Defontenay</strong>, révélation de la soirée.</p>
<p>Nous avions déjà souligné le talent de cette dernière à Cracovie dans les<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-monteverdi-testamento-cracovie/"><em> Vêpres de la Vierge</em> de Monteverdi </a>avec le Poème Harmonique. Ici éclatent pleinement l&rsquo;intelligence de la narration – évidente dans « Quae moerebat et dolebat » -, une palette au cuivre sublimement diapré sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;ambitus et un phrasé proprement exceptionnel dans chacun des airs solistes. La générosité et la justesse de l&rsquo;interprétation n&rsquo;appellent que des éloges et culminent en duo avec « Fac ut ardeat cor meum » et « Sancta Mater » qui ébranlent l&rsquo;auditeur, balayé par l&rsquo;émotion.</p>
<p>Julien Chauvin avait créé son premier <em>Stabat Mater</em> au festival de Deauville en 2005 avec le jeune Philippe Jaroussky. Avec ce programme il rend donc hommage au festival en dépit d&rsquo;un intense début d&rsquo;année pour l&rsquo;ensemble auréolé de récents succès comme <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cherubini-medee-paris-theatre-des-champs-elysees/">la <em>Médée</em> de Chérubini </a>au TCE en février, et ce mois-ci la parution d&rsquo;un enregistrement de <em>la<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haydn-la-creation-du-monde/"> Création du Monde</a></em> de Haydn en français, ou d&rsquo;une réception plus mitigée de la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haydn-die-schopfung-paris-tce/">version allemande</a> au TCE pour nos collègues Antoine Brunetto, Charles Sigel et Guillaume Picard.</p>
<p>Il reste deux week-end pour profiter de la belle programmation du festival de Pâques dont il faut saluer la politique tarifaire volontariste avec des billets de 10€* à 35€ qui se transforment en gratuité une heure avant le concert ! À noter pour les amateurs de lyrique que nous sommes, les <em>Sept Lieder de jeunesse</em> d&rsquo;Alban Berg interprétés par Margaux Poguet complétés par la quatrième symphonie de Mahler transcrits pour ensemble de chambre le vendredi 1er mai.</p>
<p>*pour les demandeurs d’emploi, étudiants et moins de 18 ans.</p>
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		<title>MOZART, La Flûte enchantée – Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-la-flute-enchantee-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Bordeaux nous propose une bien belle Flûte, en coproduction avec l’Opéra de Beijing, ce qui explique un certain nombre de choix artistiques pour une féerie à destination de publics très différents. La mise en scène de Julien Duval est plutôt épurée, contrastée, avec de superbes tableaux où les costumes, entre oripeaux et haute &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra de Bordeaux nous propose une bien belle <em>Flûte</em>, en coproduction avec l’Opéra de Beijing, ce qui explique un certain nombre de choix artistiques pour une féerie à destination de publics très différents. La mise en scène de <strong>Julien Duval</strong> est plutôt épurée, contrastée, avec de superbes tableaux où les costumes, entre oripeaux et haute couture, confèrent originalité et élégance à un plateau sobre et dépouillé, ce qui laisse la part belle à la musique. Entre Orient et Occident, avec des oppositions de matières (grottes minérales ou nature sublimée entre autres par des arbres suspendus à l’envers), de sentiments ou encore de couleurs (de la « haute note jaune » solaire et rayonnante que n’aurait pas reniée Van Gogh à des violets intenses, qu’un Michel Pastoureau associerait à la fois à la royauté, à la spiritualité et au luxe, teintées de mélancolie et de mystère), le spectacle se veut visuellement universel. Dans leur note d’intention, directeur du théâtre, metteur en scène et chef évoquent conjointement les figures complémentaires, le ying et le yang et autres oppositions plus ou moins manichéennes qui se rencontrent, évoluent et parfois fusionnent pour aboutir à quelque chose de différent. Il en résulte une poésie qui correspond bien à l’esprit mozartien, quand bien même certains aspects (le symbolisme franc-maçon, par exemple) auront été laissés de côté. Contrastant fortement avec les espaces dépouillés et abstraits, on retiendra avant tout le travail sur les costumes, pour se souvenir longtemps des robes à col auréole des trois dames, mettant somptueusement en valeur leur ligne et encore davantage leur carnation, ou encore la merveilleuse robe de bal en organdi aux mouvements d’une élégance folle lorsque la Reine de la nuit s’en va, furieuse, cernée de ses épaulettes surmontées de bougies, géniales pièces montées. Les prêtres sont vêtus de robes semblant des abat-jours éclairés de l’intérieur, tout comme ceux des hommes d’armes, robes vitraux spectaculaires. Telle une armée de revenants, le chœur des fidèles de Sarastro apparaît couvert d’éléments végétaux et de sortes de scrofules vertes qui rappellent Louis de Funès dans l’usine de chewing-gum avant que l’on ne comprenne qu’il s’agit de scarabées de toutes les formes, aux couleurs iridescentes, formant un tapis d’insectes mouvant impressionnant. Chaque costume est ainsi une création qui attire l’attention, multipliant les clins d’œil et les références (comme pour le plissé d’où émergent des bras de squelettes dignes à la fois des <em>Histoires de fantômes chinois</em> autant que des yokais des estampes japonaises). Les chorégraphies ainsi que les déplacements des solistes ou des groupes génèrent une grande fluidité aux scènes tout à fait au service de l’œuvre. On ne s’ennuie pas un instant et de nombreuses pistes de réflexion sont proposées à l’œil et à l’esprit.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20260323_LaFluteEnchantee_General_c_AnthonyRojo_26-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-211021"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Anthony Rojo</sup></figcaption></figure>


<p>Le plateau vocal est très satisfaisant, quand bien même plusieurs interprètes ont un fort accent ou une élocution appuyée, voire forcée, dans leur prononciation de l’allemand. Il est vrai que les germanophones ne sont pas majoritaires à Bordeaux. Ils le seront encore moins en Chine et les dialogues parlés ne seront pas une gêne. Il est toutefois à noter que le livret a été adapté pour correspondre à des normes actuelles non discriminatoires, ce qui lisse le propos mais l’amoindrit d’une certaine manière, les dialogues étant raccourcis. La soprano cubano-américaine <strong>Elena Villalón</strong> est une ravissante et énergique Pamina, courageuse, tourmentée puis triomphante, que l’on suit avec intérêt. Voix brillante et posée, la jeune femme parvient aisément à nous entraîner dans son parcours initiatique tout en coups d’éclats, avec une évidence et une autorité naturelle rassurantes. Le ténor italien <strong>Omar Mancini</strong> ne laisse pas la même impression ; vulnérable et apparemment poussé dans ses extrémités, son chant manque de relief dans l’émotion. Il apparaît presque plus timoré que Papageno au départ de son périple mais s’affirme tout de même et finit par convaincre. <strong>Julia Knecht</strong> est une Reine de la nuit toute en nuances dans sa première apparition, sublimée par un décor à la Cocteau, avant de laisser « der hölle Rache » bouillir en aigus éclatants et percutants de furie déchaînée à faire grimper aux rideaux (il y a d’ailleurs beaucoup à dire sur l’art des plissés et des tombers des drapés en tous genres de ce spectacle…). La soprano parvient à construire un personnage des plus intéressants, doté d’une grande brillance et d’une vraie intensité dramatique. Très applaudie, la basse <strong>Jean Teitgen</strong> nous gratifie de graves caverneux et prend son temps pour développer tout en rondeur et profondeur ses arias, malgré un vibrato bien ample. En poussin virevoltant et faussement maladroit, âme simple au grand cœur, le baryton <strong>Thomas Dolié</strong> fait fondre (et rire) l’auditoire avec un art consommé et une technique éprouvée : ce Papageno est absolument idéal. En couleur tagada avec fraise en guise de collier, <strong>Sofia Kirwan-Baez</strong> nous offre comme une friandise une Papagena délicieuse au timbre fruité. <strong>Mathias Vidal</strong> tire son épingle du jeu en Monostatos et <strong>Ugo Rabec</strong>, souffrant, n’assure que le rôle parlé, doublé en coulisses par <strong>Andoni Etcharren</strong> qui se sort mieux que bien du rôle de l’Orateur. Les trois dames, aux timbres bien distincts, s’accordent cependant avec brio (mention spéciale pour <strong>Axelle Saint-Cirel</strong>, dont on se souvient de la prestation aux Jeux olympiques de 2024). Les autres artistes complètent efficacement la distribution. Obligeant les artistes sur scène à se surpasser dans la projection, le chef <strong>Joseph Swensen</strong> parvient à restituer avec force et bel équilibre la richesse de la partition mozartienne, à la tête d’un orchestre très en forme. Une bien belle réussite…</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="🕯️🌙 La Flûte enchantée : Julien Duval en coulisses" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/3eRpgSnkoJg?start=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="🪡 Dans les coulisses des costumes de La Flûte enchantée" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/_KB059xDKu4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>PURCELL, Dido and Aeneas &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On aura beau l’avoir entendue et ré-entendue, l’œuvre conserve tout son charme et son pouvoir de séduction. Sa durée relativement courte, son action resserrée et sa progression dramatique jusqu’au désespoir de l’héroïne en l’un des plus beaux airs du répertoire anglais, tout concourt à la popularité de ce chef-d’œuvre, que l’enthousiasme du public de la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On aura beau l’avoir entendue et ré-entendue, l’œuvre conserve tout son charme et son pouvoir de séduction. Sa durée relativement courte, son action resserrée et sa progression dramatique jusqu’au désespoir de l’héroïne en l’un des plus beaux airs du répertoire anglais, tout concourt à la popularité de ce chef-d’œuvre, que l’enthousiasme du public de la grande salle Henry Leboeuf du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles a encore confirmée.</p>
<p>Déjà donnée au festival de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-didon-et-enee-la-chaise-dieu/">la Chaise-Dieu l’été dernier</a> cette production du <em>Didon et Enée</em> de Purcell en version semi-scénique présente un bon compromis entre une version théâtrale et une version de concert, toujours un peu décevante lorsque l’œuvre est présentée comme un oratorio.</p>
<p>Le parti pris d’une mise en espace légère mais assumée offre bien des avantages : les protagonistes chantent de mémoire, ce qui favorise toujours le contact avec les spectateurs, ils incarnent leur rôle d’une façon beaucoup plus crédible, et le public est plongé dans le drame d’une façon très efficace et bien plus directe, propice à susciter l’émotion. Quelques éclairages subtils suffiront à rendre l’atmosphère chargée de la cour de la Reine Didon, le caractère inquiétant de l’univers des sorcières ou la gouaille fanfaronne et imbibée des marins intrépides, la magie de la musique faisant le reste. La conception dramaturgique tire une peu vers une vision people, une exacerbation des sentiments à des fins de représentation.</p>
<p><strong>Vincent Dumestre</strong> et ses troupes ont visiblement pris plaisir à agrémenter la partition d’un tas d’ajouts et d’ornements, étoffant la ligne musicale qu’ils ont sans doute jugée trop dépouillée. On a aussi joint quelques intermèdes orchestraux et renforcé l’effectif instrumental de quelques guitares, castagnettes, crotales, et autres instruments, sans que cela n’ajoute ni ne nuise à la lisibilité du propos. Est-ce pour allonger de quelques minutes la durée du spectacle ? Tout ce petit monde est visiblement très bien préparé, mené par un premier violon dynamique et communicatif, et soumis à la conduite d’un chef sans doute plus attentif à la préparation que réellement charismatique en concert.</p>
<p>La conception musicale du spectacle repose sur l’accentuation des contrastes d’une partition tour à tour drame et comédie bouffonne, dans la plus pure tradition shakespearienne. Ce parti pris s&rsquo;exprime dès l&rsquo;ouverture et se traduit par une accélération des passages rapides (parfois au détriment d’une certaine précision, en particulier du chœur) et un ralentissement des airs au lyrisme appuyé ou en forme de lamento, une amplification des effets sonores (rarement un orage aura été plus crédible au concert….) soulignant au passage le côté baroque et même italianisant de la partition.</p>
<p>La distribution vocale est de grande qualité : Didon, est chanté magistralement par <strong>Adèle Charvet</strong> qui prête sa stature de minerve et son port de reine à un rôle qui lui va comme un gant. La voix est souple et chaude, avec ce qu’il faut de vibrato voluptueux pour susciter l’émotion et la compassion. A ses côtés, la Belinda de <strong>Ana Quintans</strong> fait fort belle figure, plus incisive, plus directement active à faire avancer le drame, mais sans doute aussi moins émouvante. <strong>Jean-Christophe Lanièce</strong> est lui aussi physiquement parfait pour endosser avec prestance et séduction le rôle d’Enée, héros malgré lui et navré d’avoir à causer le désespoir de la Reine. La voix est puissante et bien posée, la diction anglaise est sans reproche, même si le rôle manque un peu de consistance dramatique. <strong>Igor Bouin</strong> est étonnant dans le rôle de la sorcière, habituellement confié à une femme mais dont il assume parfaitement la masculinité, et campe ensuite un marin très dynamique et plein d’entrain. <strong>Marie Théoleyre</strong> en deuxième dame, <strong>Caroline Meng</strong> et <strong>Anouk Defontenay</strong> en sorcières (pas vraiment effrayantes..), et <strong>Fernando Escalona Melendez</strong>, très spectaculaire dans l’air de l’Esprit, complètent agréablement la distribution.</p>
<p>Les chœurs, intégrés dans la mise en espace, participent tour à tour au monde inquiétant des sorcières ou renforcent la foule enivrée des marins, contribuant ainsi au visuel du spectacle en y ajoutant le mouvement. Au plan musical, ils livrent eux aussi une prestation de grande qualité.</p>
<p>Le public bruxellois réservera à cette prestation de haute tenue une ovation très chaleureuse et enthousiaste.</p>
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		<title>MONTEVERDI, Monteverdi Testamento &#8211; Cracovie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-monteverdi-testamento-cracovie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Mar 2024 06:49:26 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=159149</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il est des lieux exceptionnels qui épanouissent d&#8217;une dimension supplémentaire les œuvres qui y sont interprétées. C&#8217;est le cas de la sublime basilique Sainte Marie qui, pour la première fois, accueille &#8211; gratuitement &#8211; un programme musical dédié à l&#8217;occasion des vingt ans du festival Misteria Paschalia de Cracovie. Vincent Dumestre rend d&#8217;ailleurs un hommage &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-monteverdi-testamento-cracovie/"> <span class="screen-reader-text">MONTEVERDI, Monteverdi Testamento &#8211; Cracovie</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est des lieux exceptionnels qui épanouissent d&rsquo;une dimension supplémentaire les œuvres qui y sont interprétées. C&rsquo;est le cas de la sublime basilique Sainte Marie qui, pour la première fois, accueille &#8211; gratuitement &#8211; un programme musical dédié à l&rsquo;occasion des vingt ans du festival Misteria Paschalia de Cracovie.</p>
<p><strong>Vincent Dumestre</strong> rend d&rsquo;ailleurs un hommage appuyé à Robert Piaskowski, directeur du centre National de la Culture et promoteur, à la fois de la restauration du retable et de l&rsquo;organisation du concert dans la basilique, en le conviant sur scène au moment des applaudissements pour une accolade chaleureuse qui dit bien leur joie d&rsquo;avoir pu mener à bien cet ambitieux projet.</p>
<p>Avec ce <em>Monteverdi Testamento</em>, Le chef d&rsquo;orchestre propose des Vêpres imaginaires, telles que le compositeur aurait pu les concevoir à la fin de sa vie, en écho à la partition célèbre de 1610. L&rsquo;idée est belle, l’exécution se révèle exceptionnelle.</p>
<p>Le chef français vient de prendre les rênes du festival &#8211; institution incontournable de la capitale culturelle polonaise -. Il y met en pratique un credo qui lui est cher : faire résonner patrimoines architecturaux et immatériels : La basilique Sainte Marie, au cœur de Cracovie, abrite le plus grand retable gothique d&rsquo;Europe, sublime polyptyque sculpté de la fin du XVe siècle, haut de treize mètres, consacré à la vie de la Vierge et du à l&rsquo;allemand Veit Voss.</p>
<p>Une mise en lumière progressive permet au spectateur d&rsquo;en découvrir les différents panneaux dans un écho narratif aux partitions interprétées au cours de la soirée. Le pari du chef d&rsquo;orchestre est pleinement gagné car les dimensions visuelles et auditives s&rsquo;enrichissent l&rsquo;une l&rsquo;autre, concourant à une densité émotionnelle assez extraordinaire.<br>Lorsqu&rsquo;une religieuse ouvre les panneaux du polyptyque révélant la scène centrale de la Dormition de la Vierge, l&rsquo;émotion est indicible. Croyant ou non, nous sommes là au delà d&rsquo;un moment de beauté pour toucher au Mystère.<br>Il faut dire que la soirée est portée par des interprètes en état de grâce et que le programme fait montre d&rsquo;une grande intelligence, rassemblant des pages majeures du Monteverdi de la maturité. Il joue sans cesse des contrastes comme lorsque le poignant<em> Stabat</em> <em>Virgo Maria</em> cède la place au quasi carnavalesque <em>Laetatus sum</em>.</p>
<p>Le plateau vocal affiche une remarquable homogénéité avec des timbres qui s&rsquo;harmonisent merveilleusement dès le <em>Dixit Dominus</em> où flux et reflux emportent immédiatement l&rsquo;adhésion et jusqu&rsquo;au somptueux<em> Magnificat</em> dans la plénitude d&rsquo;un son au grain aussi complexe que généreux.<br>L&rsquo;équilibre prévaut toujours avec ces voix assez droites mais bien projetées, enrichies d&rsquo;une accroche rythmique ; très articulée. Les « dialogues » du <em>Laudate Pueri</em> ou du <em>Laetatus sum</em> sont extrêmement vivants, quasi opératiques.<br><strong>Cyril Auvity</strong> nuance avec grâce de son ténor rond et chaud&nbsp;; <strong>Romain Bockler</strong> bénéficie d&rsquo;une émission naturelle et fluide&nbsp;; tous deux font merveille en duo avec une agilité impressionnante dans le <em>Magnificat</em>.<br>Les vocalises sont également impeccables pour <strong>Perrine Devillers</strong> toute de délicatesse dans le<strong> Ego flos campi</strong> bien que certaines finales aient tendance à baisser dangereusement.<br>La basse bien ancrée de <strong>Nicolas Brooymans</strong> chante sans effort apparent tandis que <strong>Paco Garcia</strong> semble parfois à la limite de sa tessiture mais fait montre lui aussi d&rsquo;une belle autorité.<br>Le timbre corsé d&rsquo;<strong>Anouk Defontenay</strong>, enfin, bénéficie d&rsquo;un traitement de faveur avec le somptueux <em>Pianto della Madonna</em>, écho sacré au <em>Lamento d&rsquo;Arianna</em>, qu&rsquo;elle interprète par cœur, évoluant librement sur scène pour mieux incarner le drame. Les changements d&rsquo;intention sont pertinents, la conduite de la phrase sans faille, l&rsquo;émotion bien présente.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MP_GrandsConcert_LaPoemeHarmonique_BIG-8-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-159162"/><figcaption class="wp-element-caption"> ©Misteria Paschalia Poème Harmonique</figcaption></figure>


<p>En écho au chef d&rsquo;oeuvre de Veit Voss, nous pourrions filer la métaphore et louer la sensualité dans la recherche de poli, d&#8217;embossage ; les alternances de mat et de brillant qui réjouissent l&rsquo;oreille et portent haut le message de foi du compositeur comme dans le magnifique <em>Nisi Dominus</em>.<br>
Les artisans de ce moment rare évoluent en parfaite osmose. Les chanteurs, donc, l&rsquo;Ensemble Instrumental du <strong>Poème Harmonique</strong> également, tout en ciselures et en volutes polychromes, jouant du relief grâce à la variété de l&rsquo;instrumentarium : les cuivres mis en valeur de manière récurrente dès le<em> Deus in</em> <em>adiutorium</em>, dans le <em>Pianto della Madonna</em> ainsi qu&rsquo;avec les cordes à la fin du<em> Lauda Jerusalem</em>.</p>
<p>Le <strong>chœur</strong> fait montre d&rsquo;une même maestria dans l&rsquo;expressivité, les nuances et l&rsquo;articulation. Les <em>Stabat Virgo Maria</em> et <em>Lauda Jerusalem</em> prennent des teintes quasi instrumentales où le fil du son oscille du plus fragile &#8211; presque détimbré &#8211; au plus puissant. Les basses y méritent un coup de chapeau tout particulier tant leur grain généreux apporte encore à la palette merveilleusement aquarellée de l&rsquo;ensemble.</p>
<p>Certes, le texte perd quelque peu en intelligibilité dans des moments de grand recueillement, peut-être du fait de l&rsquo;acoustique du lieu, mais cette fragilité acquiert finalement une tonalité poignante. En revanche, les moments les plus sonores, comme les différents « Amen » sont d&rsquo;une telle densité sonore, d&rsquo;un telle qualité vibratoire que l&rsquo;on en est chaque fois bouleversé. Quel formidable équilibre entre les pupitres, quel plaisir dans les dissonances, les jeux de réponses&#8230;</p>
<p>Le travail de respiration, de vide et de plein est servi avec une exigence sans faille par le chef dont la direction s&rsquo;avère ce soir particulièrement précise, carrée, presque cassante en apparence&nbsp;; ce pour mieux dompter l&rsquo;acoustique et obtenir ces silences nourris, ces attaques percussives et ces finales au cordeau, dorures indispensables pour parachever l’œuvre.</p>
<p>Dans un autre cadre, la magie sera, on l&rsquo;espère, également au rendez-vous pour la reprise de ce programme le 28 avril dans la Chapelle Royale de Versailles et courant novembre à la Philharmonie de Paris.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-monteverdi-testamento-cracovie/">MONTEVERDI, Monteverdi Testamento &#8211; Cracovie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Gala des 20 ans d&#8217;ODB Opéra &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-stars-de-demain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Mar 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de ses 20 ans, le site ODB Opéra organisait un splendide concert lyrique, une occasion de découvrir ou de redécouvrir des jeunes chanteurs, mais aussi des artistes plus expérimentés, dans une ambiance festive. Difficile, voire impossible de citer l&#8217;ensemble des participants et leurs multiples interventions : un tel compte-rendu serait d&#8217;ailleurs par trop &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;occasion de ses 20 ans, le site <a href="https://www.odb-opera.com">ODB Opéra</a> organisait un splendide concert lyrique, une occasion de découvrir ou de redécouvrir des jeunes chanteurs, mais aussi des artistes plus expérimentés, dans une ambiance festive. Difficile, voire impossible de citer l&rsquo;ensemble des participants et leurs multiples interventions : un tel compte-rendu serait d&rsquo;ailleurs par trop fastidieux ! <strong>Eve-Maud Hubeaux</strong>, qui triomphe actuellement dans la Reine Gertrude <em>d&rsquo;Hamlet</em> à l&rsquo;Opéra-Bastille offre une délicieuse Séguedille en prélude à ses débuts en Carmen à l&rsquo;Opéra de Vienne. <strong>Sahy Ratia</strong>, qui sera Tonio de <em>La Fille du régiment</em> en concert au Théâtre des Champs-Elysées les 3 et 5 avril prochains, &nbsp;dispense une délicieuse romance de Nadir, pleine de nuances, et d&rsquo;un style très français. <strong>Claire de Monteil</strong> crée la surprise avec un « Vissi d&rsquo;arte », finement ciselé, tout à fait impressionnant. Son timbre, sombre, assez unique, fait également merveille dans le <em>Youkali</em> de Weill. <strong>Marlène Assayag </strong>interprète l&rsquo;air d&rsquo;entrée de Lucia di Lammermoor dans sa version originale : la voix, charnue et large, n&rsquo;y rencontre aucune difficulté et impressionne peut-être encore plus dans un « Der Hölle Rache&nbsp;»&nbsp;de <em>Die Zauberflöte</em>, confondant d&rsquo;assurance. Membre du&nbsp;Mozarteum Orchester Salzburg et l&rsquo;Orchestre Les Siècles, l&rsquo;altiste <strong>Alexandre Baldo</strong> est aussi un baryton-basse plein de charisme, particulièrement charmeur dans ses extraits des<em> Nozze di Figaro</em>. Camille Chopin assume crânement l&rsquo;air de la&nbsp;Comtesse Adèle du <em>Comte Ory</em>, « En proie à la tristesse », d&rsquo;une grande virtuosité : les vocalises sont précises sans que la prononciation ne soit jamais sacrifiée. Le timbre de&nbsp;<strong>Lucie Louvrier</strong> est très séduisant : elle&nbsp;interprète un difficile extrait de <em>Semiramide </em>aux côtés d&rsquo;un efficace&nbsp;<strong>Jacques François Loiseleur des Longchamps </strong>qu&rsquo;on n&rsquo;attendait pas nécessairement dans ce répertoire.&nbsp;<strong>Blerta Zhegu&nbsp;</strong>est une Juliette vive et pleine d&rsquo;allant, à l&rsquo;aise également dans « Après un rêve », la mélodie intimiste de Gabriel Fauré demandant pourtant des qualités très différentes. <strong>Nadège Meden </strong>offre un « My man&rsquo;s gone now&nbsp;» de <em>Porgy and Bess</em> d&rsquo;une émotion à fleur de peau. <strong>Juliette Gauthier </strong>est un délicieux Cherubino. <strong>Raluca Vallois</strong>&nbsp;est désopilante dans l&rsquo;étonnant « It&rsquo;s my wedding! », extrait de&nbsp;<em>The Enchanted Pig</em>, avec un timbre original et un chant maîtrisé.&nbsp;<strong>Yara Kasti </strong>est une Musetta prête pour les grandes scènes et son «&nbsp;Somewhere », extrait de <em>West Side story</em>, est très émouvant. <strong>Anouk Defontenay&nbsp;</strong>offre un&nbsp;«&nbsp;J’ai perdu mon Eurydice » bien en place. <strong>Ziyan Wang</strong> est plus qu&rsquo;une promesse pour de futurs rôles de grands mezzos avec une&nbsp;«&nbsp;Acerba voluta », d&rsquo;<em>Adriana Lecouvreur</em>, plein de mordant, et un&nbsp;«&nbsp;Mon cœur s&rsquo;ouvre à ta voix » de <em>Samson et Dalila</em> d&rsquo;une belle sensualité. Extrait de<em> Così fan tutte</em>, le difficile&nbsp;«&nbsp;E amore un Ladroncello&nbsp;» est parfaitement maîtrisé par&nbsp;<strong>Ania Wozniak. </strong>La chanson «&nbsp;Aatini Al Naya Wa Ghanni »,&nbsp;interprétée par <strong>May</strong>&nbsp;<strong>Chedi</strong>, est un moment de grâce par la pure magie du son. Du côté des artistes plus expérimentés, <strong>Kristian Paul </strong>est impressionnant en Rigoletto comme en Escamillo et en Zurga : la voix est puissante, la musicalité jamais en défaut et l&rsquo;interprétation remarquable. On notera les talents décidément très divers d&rsquo;<strong>Adrian Salman</strong>, belle voix de basse aux graves profonds, également à l&rsquo;aise dans le <em>Zapateado&nbsp;</em>du Flamenco. C&rsquo;est effectivement une des caractéristiques plaisantes de ce concert : les artistes n&rsquo;y viennent pas seulement défendre l&rsquo;art lyrique. Un jeune garçon vient ainsi faire une démonstration de Hip-Hop,&nbsp;<strong>Isabelle Carrar </strong>défend avec émotion Gainsbourg et&nbsp;Barbara, et quand <strong>Fabrice di Falco&nbsp;</strong>chante, d&rsquo;une splendide voix de velours, le célébrissime <em>Air du froid</em> (<em>Cold song)</em>, extrait de<em> King Arthur</em>, il est accompagné d&rsquo;une danseuse contemporaine,&nbsp;<strong>Cynthia Dariane</strong>, dans une envoûtante chorégraphie. Le spectacle est animé avec humour et énergie par <strong>Stéphane Sénéchal</strong>, assisté de <strong>Marie Vasconi, </strong>dans un style à la Michel Fau, en plus débridé, mais aussi avec certains moments d&rsquo;émotion. On saluera le talent discret des trois pianistes, unanimement impeccables, <strong>Guillem Aubry</strong>,&nbsp;<strong>Maxime Neyret</strong> et&nbsp;<strong>Genc Tukici</strong>.</p>
<p>On espère que l&rsquo;événement puisse devenir annuel car il offre, avec l&rsquo;appui de chanteurs expérimentés, une exposition de choix à de jeunes artistes pour la plupart peu connus du grand public, et ce dans des conditions plus détendues que celles d&rsquo;un concours, ce qui leur permet de donner sans risque le meilleur d&rsquo;eux-mêmes. Précisons enfin que les bénéfices du concert ont été reversés à la <em>Ligue contre le cancer</em>.</p>
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		<title>Le concert des 20 ans d&#8217;ODB Opéra</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-concert-des-20-ans-dodb-opera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Mar 2023 03:46:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le site de discussion des passionnés d&#8217;art lyrique ODB Opéra fêtera ses 20 années d&#8217;existence avec un concert parisien affichant une impressionnante brochettes d&#8217;artistes : Marlène Assayag,&#160;Alexandre Baldo,&#160;Charlotte Bonnet,&#160;Marie Andrée Bouchard-Lesieur,&#160;Isabelle Carrar,&#160;Géraldine Casey,&#160;Camille Chopin,&#160;Fabienne Conrad,&#160;Anouk Defontenay,&#160;Fabrice Di Falco,&#160;Faustine Egiziano,&#160;Juliette Gauthier,&#160;Eve-Maud Hubeaux,&#160;Yara Kasti,&#160;Jacques-François Loiseleur des Longchamps,&#160;Lucie Louvrier,&#160;Kristian Paul,&#160;Sahy Ratia,&#160;Hanna Rees,&#160;Adrian Salman,&#160;Stéphane Sénéchal,&#160;Marie Vasconi,&#160;Zyuang Wang,&#160;Ania Wozniak et&#160;Blerta &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le site de discussion des passionnés d&rsquo;art lyrique <a href="https://www.odb-opera.com">ODB Opéra</a> fêtera ses 20 années d&rsquo;existence avec un concert parisien affichant une impressionnante brochettes d&rsquo;artistes : Marlène Assayag,&nbsp;Alexandre Baldo,&nbsp;Charlotte Bonnet,&nbsp;Marie Andrée Bouchard-Lesieur,&nbsp;Isabelle Carrar,&nbsp;Géraldine Casey,&nbsp;Camille Chopin,&nbsp;Fabienne Conrad,&nbsp;Anouk Defontenay,&nbsp;Fabrice Di Falco,&nbsp;Faustine Egiziano,&nbsp;Juliette Gauthier,&nbsp;Eve-Maud Hubeaux,&nbsp;Yara Kasti,&nbsp;Jacques-François Loiseleur des Longchamps,&nbsp;Lucie Louvrier,&nbsp;Kristian Paul,&nbsp;Sahy Ratia,&nbsp;Hanna Rees,&nbsp;Adrian Salman,&nbsp;Stéphane Sénéchal,&nbsp;Marie Vasconi,&nbsp;Zyuang Wang,&nbsp;Ania Wozniak et&nbsp;Blerta Zhegu accompagnés au piano par&nbsp;Guillem Aubry, Denis Dubois, Maxime Neyret et Genc Tukiçi. Le spectacle sera donné à la Salle Rossini de la Mairie du IXe arrondissement,&nbsp;<span style="font-size: 16px;font-style: normal">6 rue Drouot,&nbsp;</span>le 18 mars à 14h30. Le tarif est de&nbsp;25 € (8 € pour les moins de 28 ans) et les recettes seront reversées à la Ligue contre le cancer.</p>
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		<title>Concert de Gala du programme Tremplin — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-de-gala-du-programme-tremplin-paris-bastille-cosi-fan-tutti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Dec 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Fonds Tutti (anciennement Fonds Unisson) vient en aide à de jeunes chanteurs à l’orée de leur carrière, particulièrement affectée par les perturbations récentes du spectacle vivant. Ce soutien passe par des aides financières et par le programme Tremplin : 8 chanteurs de moins de 36 ans ont eu la chance de travailler avec des protagonistes internationaux. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Fonds Tutti (anciennement Fonds Unisson) vient en aide à de jeunes chanteurs à l’orée de leur carrière, particulièrement affectée par les perturbations récentes du spectacle vivant. Ce soutien passe par des aides financières et par le programme Tremplin : 8 chanteurs de moins de 36 ans ont eu la chance de travailler avec des protagonistes internationaux. Le concert de gala de ce soir est venu clore cette louable et généreuse initiative. Le programme alterne plusieurs ensembles : les jeunes artistes entre eux – avec leur mentor – les mentors entre eux. L’exercice est périlleux, tant les lauréats pourraient souffrir de la comparaison avec leurs glorieux ainés. Mais après tout, pourquoi les préserver d’une comparaison qui s’impose déjà à eux lors d’auditions ? Voyons ce concert comme un espace protégé, dans lequel la supériorité de l&rsquo;un sert d’émulation, de voie à suivre pour l’autre. </p>
<p xml:lang="FR-FR">Commençons par reconnaitre que cette promotion 2022 est d’un excellent niveau. Nous n’avons pas repéré de talents nous semblant bientôt capable d’égaler leur parrain, mais ils ont encore du chemin à parcourir, et sans doute aurions-nous dit de même en entendant leur maître au même âge. Nous ne pouvons témoigner de la progression de ces chanteurs au sein du programme, mais au moins la sélection aura-t-elle été bien faite. Tous peuvent sans rougir chanter sur une scène nationale, y compris dans des rôles de premier plan.  </p>
<p>Pour couvrir ce récital censé aider de jeunes chanteurs à trouver de futurs contrats, nous ne pointerons pas ce qui nous a moins plus. Leur mentor a certainement déjà attiré leur attention sur les points à améliorer. Signalons plutôt ce qui nous semble être leurs qualités principales, celles qui les distinguent dès aujourd’hui : <strong>Alexandre </strong><strong>Baldo</strong> brille surtout par la couleur de son timbre et la suavité de son émission, on regrette que les morceaux retenus ne l’aient pas davantage mis en valeur ; <strong>Lyriel Benameur</strong> jouit d’un bel ambitus et de nobles intonations de tragédienne ; <strong>Camille Chopin</strong> rayonne par le naturel de son émission et la délicatesse de son jeu ; <strong>Anouk Defontenay</strong> marque par la solidité de sa technique ; <strong>Astrid Dupuis</strong> se fait remarquer par son ardeur et sa présence sur scène ; <strong>Claire de Monteil</strong> par sa prononciation affutée et l’assurance de ses aigus ; <strong>Antoin Herrera Lopez Kessel</strong> charme par son agilité et son goût du risque, tandis qu’<strong>Elsa Roux-Chamoux</strong> remporte la palme de l’équilibre : si l’actrice est encore timide, c’est celle qui nous convainc néanmoins le plus de son potentiel par la probité de sa technique, sa diction, la beauté simple de son timbre, et la justesse de son émission.  </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/gala_du_fonds_tutti_c_emilie_brouchon_3.jpg?itok=RGnVcAkK" title="DR Emilie Brouchon" width="468" /><br />
	© Emilie Brouchon</p>
<p xml:lang="FR-FR">Saluons ensuite l’engagement des stars qui ont accepté de consacrer temps et énergie pour aider ceux dont ils ont sans doute partagé la situation précaire il n’y pas si longtemps. Et de l&rsquo;énergie, ils n’en économisent pas ce soir, même devant environ 200 personnes seulement. Parlons vite de leur prestation, car ils s’en voudraient eux-mêmes d’éclipser leur protégé. <strong>Etienne Dupuis</strong> est aussi fantastique qu’en <a href="https://www.forumopera.com/herodiade-paris-tce-doux-non-mais-bon">Hérode</a> quelques jours plus tôt : diseur de grande classe, maniant l’humour avec tact, projection suprême donnant l’illusion du naturel, on ne lui reprochera qu’un manque de netteté dans les vocalises. Avec <strong>Nicole Car</strong>, ils nous offrent le plus beau moment de la soirée : comme dans <a href="https://www.forumopera.com/herodiade-paris-tce-doux-non-mais-bon">le Massenet cité</a>, c’est dans les emportements dramatiques que celle-ci est la plus époustouflante et son duo avec Onéguine est captivant au point de nous donner le sentiment de comprendre le russe sans sur-titres. <strong>Clémentine Margaine </strong>campe une Carmen puis une Cornelia splendidement caverneuses et sentencieuses. Elle n’hésite pas ensuite à se jeter dans l’arène de <em>la Gioconda</em> avec une <strong>Anna Pirozzi</strong> qui peine à adapter le volume de sa voix aux dimensions de la salle et de l’accompagnement, mais qui nous donne diablement envie de l’entendre rugir dans le rôle face à un orchestre. Nous ne goutons guère le style de <strong>Marco Berti</strong>, mais force est de reconnaitre que la puissance de sa voix est surhumaine. <strong>Mathias Vidal</strong>, <strong>Anne-Sophie Duprels</strong> (remplaçant Marie McLaughlin souffrante) et <strong>Nicolas Courjal</strong> ont choisi des parties peu exposées qu’ils tiennent avec leurs qualités habituelles en prenant soin de ne pas déséquilibrer les ensembles. Citons que le dévouement de ce dernier est allé jusqu’à tenir le guichet le soir-même ! </p>
<p>Un mot enfin pour citer les très bons accompagnateurs, dont <strong>Sélim </strong><strong>Mazari</strong> que les lecteurs de ForumOpera connaissent surtout pour sa capacité à couper <a href="https://www.forumopera.com/dossier/podcast-le-cheveu-en-quatre">le cheveu en quatre</a>.  </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/concert-de-gala-du-programme-tremplin-paris-bastille-cosi-fan-tutti/">Concert de Gala du programme Tremplin — Paris (Bastille)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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