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PERGOLESE, Stabat Mater -Deauville

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Spectacle
21 avril 2026
Deauville, le bel anniversaire

Note ForumOpera.com

3

Détails

Jean-Sebastien Bach
Concerto Brandebourgeois N°5, BWV 1050

Georg Philipp Telemann
Concerto pour flûte à bec, traverso et continuo TWV 52

Giovanni Battista Pergolesi
Stabat Mater

Soprano
Ambroisine Bré

Mezzo-Soprano
Anouk Defontenay

Traverso
Anna Besson

Flûte à bec
Sibylle Roth

Alto
Pierre-Eric Nimylowycz
Atsushi Sakaï

Violoncelle
Thomas De Pierrefeu

Clavecin
Louise Acabo

Concert de la Loge
Violon et direction
Julien Chauvin

Deauville, Salle Élie de Brignac-Arqana, samedi 18 avril 2026, 20h

 

 

Jusqu’au 2 mai prochain, le Festival de Pâques de Deauville fête le trentième anniversaire d’un concept remarquable, celui de la cooptation artistique entre générations de musiciens.
En effet, depuis l’époque de Renaud Capuçon ou Julien Chauvin, ce sont huit générations de jeunes artistes qui se sont succédées, accueillies pendant l’année au sein de la Fondation Singer-Polignac afin de se rencontrer, de polir leur répertoire comme leurs affinités de chambristes avant de se produire sous le regard bienveillant de leurs aînés, à un jet de pierre des célèbres planches normandes.

Yves Petit de Voize, le directeur artistique du festival se félicite que le festival soit cette « maison commune joyeuse et studieuse » où les artistes, accompagnés pendant plusieurs années, osent « passer entre les genre et les styles ». Il décrit Julien Chauvin – tenant de cette première génération – comme « une figure emblématique du festival ». Le violoniste et chef d’orchestre, pour sa part, souligne combien « le soutien et l’exigence du lieu on été précieux » dans son parcours de musicien, au point qu’il se dit « né musicalement à Deauville » où il a vécu des « mues successives[…] depuis les premières années où [il] dormait dans les écuries ! »

Le Concert de la Loge ouvre donc le bal de cette nouvelle édition avec un programme dédié à la musique du début XVIIIe siècle. Une superbe première partie propose un cinquième concerto Brandebourgeois de Jean-Sebastien Bach où la tendresse et la légèreté du phrasé ne se limitent pas au second mouvement « Affettuoso » mais infusent toute la pièce.

Délicatesse et joie prévalent dans le magnifique concerto pour flûte à bec, traverso et continuo de Georg Philipp Telemann. Les deux jeunes flûtistes Sibylle Roth et Anna Besson y dialoguent avec une verve confondante non dénuée d’humour comme dans l’ébouriffant « Allegro ».
Il faut dire que, fidèle à lui-même, Julien Chauvin mène la soirée tambour battant avec tes tempi qui brutaliseraient presque certains passages du Stabat Mater de Pergolèse proposé en seconde partie. C’est le cas par exemple du « Quis est homo ».

© Musique à Deauville

Le Concert de la Loge, habitué depuis plus de dix ans à la flamme de son chef, suit avec fougue et l’incroyable Sibylle Roth, fait assez rare pour être souligné, délaisse à cette occasion la flûte à bec pour le clavecin!
Raffinement des nuances, intelligence de la ligne, goût de la surprise comme dans l’introduction de « Fac ut portem Christi mortem », équilibre des pupitres et des effets sont patents tout au long de l’œuvre et culminent dans « Quando corpus morietur » tandis que « Cujus animam » fait sonner voluptueusement les cordes graves.

L’effectif réduit ne nuit aucunement à la plénitude sonore et permet aux deux solistes de déployer les harmoniques graves de leurs timbres respectif. En effet, même si elles sont classiquement annoncées soprano et mezzo dans le programme, les deux chanteuses sont en réalité mezzo avec un indéniable tropisme vers l’alto pour Anouk Defontenay. L’équilibre des voix se trouve donc maintenu mais avec une dimension charnelle particulièrement séduisante.

© Musique à Deauville

Ambroisine Bré assure donc la voix de Dessus et prend de l’assurance au fil de l’œuvre jusqu’au « Sancta Mater », souverain. Elle aborde l’œuvre avec une certaine distance, comme une froideur, peu dans sa nature. C’est parfois pour le meilleur comme dans « Vidit suum dulcem natum » où la voix blanchit, tétanisée par l’angoisse, mais la bretonne semble quelque peu en retrait face à la formidable proposition d’Anouk Defontenay, révélation de la soirée.

Nous avions déjà souligné le talent de cette dernière à Cracovie dans les Vêpres de la Vierge de Monterverdi avec le Poème Harmonique. Ici éclatent pleinement l’intelligence de la narration – évidente dans « Quae moerebat et dolebat » -, une palette au cuivre sublimement diapré sur l’ensemble de l’ambitus et un phrasé proprement exceptionnel dans chacun des airs solistes. La générosité et la justesse de l’interprétation n’appellent que des éloges et culminent en duo avec « Fac ut ardeat cor meum » et « Sancta Mater » qui ébranlent l’auditeur, balayé par l’émotion.

Julien Chauvin avait crée son premier Stabat Mater au festival de Deauville en 2005 avec le jeune Philippe Jaroussky. Avec ce programme il rend donc hommage au festival en dépit d’un intense début d’année pour l’ensemble auréolé de récents succès comme la Médée de Chérubini au TCE en février, et ce mois-ci la parution d’un enregistrement de la Création du Monde de Haydn en français, ou d’une réception plus mitigée de la version allemande au TCE pour nos collègues Antoine Brunetto, Charles Sigel et Guillaume Picard.

Il reste deux week-end pour profiter de la belle programmation du festival de Pâques dont il faut saluer la politique tarifaire volontariste avec des billets de 10€* à 35€ qui se transforment en gratuité une heure avant le concert ! A noter pour les amateurs de lyrique que nous sommes, les Sept Lieder de jeunesse d’Alban Berg interprétés par Margaux Poguet complétés par la quatrième symphonie de Mahler transcrits pour ensemble de chambre le vendredi 1er mai.

*pour les demandeurs d’emploi, étudiants et moins de 18 ans.

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Ambroisine Bré

Mezzo-Soprano
Anouk Defontenay

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Deauville, Salle Élie de Brignac-Arqana, samedi 18 avril 2026, 20h

 

 

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