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	<title>Michel DENS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Michel DENS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Madame Favart</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/madame-favart-une-autre-umile-ancella/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jun 2019 07:01:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au tout début du XXe siècle, le Rondeau des Vignes de Madame Favart était encore assez connu pour figurer dans un « Album Musica » consacré à Offenbach, aux côtés de la Lettre de la Périchole ou de la Barcarolle des Contes d’Hoffmann. En 1939, ce même air, « Ma mère aux vignes m’envoyit [sic] », fut encore jugé assez &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au tout début du XX<sup>e</sup> siècle, le Rondeau des Vignes de <em>Madame Favart</em> était encore assez connu pour figurer dans un « Album Musica » consacré à Offenbach, aux côtés de la Lettre de la Périchole ou de la Barcarolle des <em>Contes d’Hoffmann</em>. En 1939, ce même air, « Ma mère aux vignes m’envoyit [sic] », fut encore jugé assez populaire pour qu’Yvonne Printemps le chante dans le film <em>La Valse de Paris</em>, où Pierre Fresnay lui donnait la réplique dans le rôle du compositeur. Après la guerre, on donna encore l’œuvre deux fois à la Radio : en 1953 (c’est la version que réédite aujoud’hui Malibran) et en 1960 avec notamment Suzanne Lafaye et Camille Maurane. On en vit même une représentation à la télévision française en 1957, préservée par l’INA. Impossible donc de conclure à l’oubli radical : cela pourrait-il s’expliquer, comme pour <em>La Fille du tambour-major</em>, par la présence d’un élément militaro-patriotique (le troisième acte se déroule sur le champ de bataille de Fontenoy, victoire française remportée en 1745) ?</p>
<p>Avec cette œuvre de 1878, on retrouve la bonne humeur souriante qui caractérise la plupart des œuvres d’Offenbach d’après la guerre franco-prussienne, sans rien – hélas pour notre époque friande de sarcasme – de l’ironie mordante de ses chefs-d’œuvre créés sous le Second Empire. Il faut pour la porter une interprète de premier plan. Justement, Juliette Simon-Gérard, après avoir créé à 19 ans le rôle de Justine Favart (elle venait de créer Serpolette des <em>Cloches de Corneville </em>l’année précédente), devait enchaîner l’année suivante avec la susdite<em> Fille du tambour-major</em>. A son époux, le ténor Simon-Max, était dévolu le rôle du jeune premier, Hector de Boispréau, un peu moins exigeant sur le plan théâtral. Celle qu’on appelle ici Madame Favart, actrice forcément hors pair, aurait selon le livret succédé à Adrienne Lecouvreur dans le cœur de Maurice de Saxe, avec cette différence qu’elle aurait, elle, repoussé ses avances.</p>
<p>Autant dire que le rôle-titre de <em>Madame Favart</em> ne saurait être confié qu’à une interprète des plus soides, possédant idéalement cette aura scénique qu’on imagine avoir été celle d’une Hortense Schneider. Même si son nom est sans doute bien oublié de la jeune génération, <strong>Fanély Revoil </strong>(1906-1999) fut de celles-là. Créatrice du rôle de Lucine dans <em>Le Testament de la tante Caroline</em> de Roussel, à l’affiche ces jours-ci au Théâtre de l’Athénée, elle se consacra presque exclusivement à l’opérette et à l’opéra-comique. Elle fut notamment Nicklausse dans l’intégrale des <em>Contes d’Hoffmann</em> dirigée en 1948 par André Cluytens. Et comme chacun de ses enregistrements permet de le vérifier, Fanély Revoil était une « nature », un tempérament né pour le théâtre. Son interprétation du fameux Rondeau susmentionné ferait passer Yvonne Printemps pour une timide débutante, en comparaison. Tous ses airs et toutes ses interventions dans les dialogues parlés sont autant de leçons d’interprétation. Dommage simplement que la qualité sonore de cette diffusion radio ne soit pas toujours aussi limpide qu’on le souhaiterait.</p>
<p>Autour de l’héroïne, la RTF avait réuni du très beau linge, familier de ce style. On ne présente plus <strong>Michel Dens</strong>, aussi à l’aise dans le grand répertoire d’opéra que dans les œuvres plus frivoles. Son Favart a toutes les qualités requises, qu’il déploie dans les charmantes pages qu’Offenbach offre au personnage. <strong>Liliane Berton</strong> fut la plus délicieuse des sopranos légers de son temps, qui ne chercha jamais à s’aventurer au-delà des emplois que son organe lui destinait : elle est naturellement exquise en Suzanne. <strong>René Lenoty</strong> n’était probablement pas le plus suave des ténors de l’après-guerre, mais cette tessiture est toujours un peu le parent pauvre de ces concerts d’opérette, et il faut s’estimer heureux d’échapper à l’inévitable Joseph Peyron, Hector de la version de 1960. Et on ne saurait oublier les seconds rôles, campés par des personnalités hautes en couleur : on salue l’excellent <strong>René Hérent</strong>, inénarrable en marquis de Pontsablé, tout comme il excellait en Guillot de Morfontaine dans la <em>Manon</em> enregistrée en 1955 par Victoria de Los Angeles (il tenait le rôle Salle Favart depuis 1918 !). Gilbert Moryn a moins à chanter mais est un Cotignac savoureux.</p>
<p>En complément de programme, un hommage supplémentaire à Fanély Revoil, à travers une quinzaine d’airs, d’opérette surtout, avec des tubes (deux extraits de <em>La Périchole</em>), mais avec surtout des titres que l’on aimerait voir revenir sur les scènes, comme <em>Le Cœur et la main</em> de Lecoq, <em>La Petite Fonctionnaire</em> de Messager, <em>Fragonard</em> de Pierné ou <em>Virginie Déjazet de </em>Georges Van Paris.</p>
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		<title>Offenbach, The Operas &#038; Operettas Collection</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/offenbach-the-operas-operettas-collection-aimer-ce-que-lon-a/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Apr 2019 14:42:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a » : cette réplique de la Grande-Duchesse résume l’état d’esprit avec lequel on conseille d’appréhender le coffret proposé par Warner Classics à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach. Autrement dit par Julien Marion : faire l’apprentissage de la frustration. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a</em> » : cette réplique de la Grande-Duchesse résume l’état d’esprit avec lequel on conseille d’appréhender le coffret proposé par Warner Classics à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach. Autrement dit par Julien Marion : <a href="https://www.forumopera.com/actu/offenbach-au-disque-ou-lapprentissage-de-la-frustration">faire l’apprentissage de la frustration</a>. D’une manière générale, <em>Les Contes d’Hoffmann</em> et les cinq grands opéras bouffes (<em>Orphée aux Enfers</em>, <em>La Belle Hélène</em>, <em>La Vie parisienne</em>, <em>La Grande-Duchesse de Gérolstein</em>, <em>La Périchole</em>) résument l’essentiel de la discographie offenbachienne. Et les quelques enregistrements hors des sentiers battus datent au mieux de Mathusalem ou, au pire, ont été réalisés avec des bouts de chandelle, pour un résultat souvent inégal.</p>
<p>A la décharge des labels, l’alternance de parlé/chanté propre à la majorité des œuvres lyriques d’Offenbach se prête mal à l’exercice du disque. Enregistrés, les dialogues, pourtant indispensables à la compréhension du livret et à la respiration de la musique, deviennent rapidement envahissants et peuvent représenter un frein à l’achat, encore plus si l’on maîtrise mal la langue française. Ceci explique en partie un catalogue qui peut sembler chétif quand on le rapporte à la popularité du compositeur et à la longue liste de ses pièces lyriques (une centaine au total).</p>
<p>Puisqu’il faut se contenter de ce que l’on a, réjouissons-nous de retrouver dans un coffret à la présentation soignée mais, comme souvent dans ce genre d’entreprise, au livret sommaire, quelques trésors discographiques et, à défaut d’inédits, plusieurs raretés. A commencer par ces petits joyaux que sont <em>Ba-ta-clan</em>, <em>Les Bavards</em> et <em>La Fille du tambour-major</em>, témoignages courageux d’un temps – la fin des années 60 –, où l’on enfouissait la musique d’Offenbach à l’étable sous le tas de fumier. L’auteur de ces lignes, alors jeune lyricomane, se souvient avoir longtemps caché son goût pour Offenbach comme la plus inavouable des perversions.</p>
<p>Opérette, opéra-comique ou chinoiserie musicale ? Si la dénomination de ces trois ouvrages est <a href="/actu/offenbach-et-loperette-ou-la-confusion-des-genres">source de confusion</a>, leur musique se consomme sans modération, y compris dans une interprétation que nos oreilles jugent aujourd’hui maniérée. D’une ambition supérieure aux deux autres, <em>La Fille du tambour-major</em> n’a droit qu’à des extraits dirigés par <strong>Félix Nuvolone</strong>, d’où se détache le Robert charpenté de <strong>Michel Dens</strong>, le tout complété par un échantillon suranné de <em>La Grande-Duchesse</em>. Pourquoi ne pas avoir préféré pour cette dernière œuvre l’enregistrement intégral réalisé par <strong>Michel Plasson</strong> ? Tout comme le cœur, les compilations ont leurs raisons que la raison ne connaît pas.</p>
<p>Dans les années 1970, Plasson est en effet l’artisan d’une « Offenbach renaissance » dont<em>, La Grande-Duchesse</em> exceptée, on retrouve ici tous les jalons. Enfin, cette musique était prise au sérieux. Un peu trop à la limite. Il y a dans l’approche de celui qui, plus largement, s’attelait alors au dépoussiérage du répertoire romantique français, une ambition musicale parfois inappropriée aux enjeux du genre. On ne prête qu’aux riches. Plus opéra que bouffe, cette lecture luxueuse est servie par une pléiade de grands chanteurs, <strong>Régine Crespin</strong> en tête, Metella de référence dans <em>La Vie parisienne</em> par la largeur ambiguë d’une voix capable de se couler dans le format imposé par Hortense Schneider (qui ne chanta jamais ce rôle). Il suffit que l’âge aidant, la reine Régine passe son sceptre à Jessye Norman dans <em>La Belle Hélène</em> pour que l’on mesure a contrario la distance amusée et le chic canaille avec lesquels la soprano française aborde ce que certains considérèrent à l’époque comme un contre-emploi. Autour d’elle, la fine fleur du chant français. <strong>Michel Trempont</strong>, <strong>Mady Mesplé</strong> dont le timbre pointu peut désagréablement piquer ou encore <strong>Michel Sénéchal,</strong> délicieux Gardefeu, Orphée facétieux, Don Pedro d’une préciosité hilarante, pas si éloigné à certains égards de sa désormais légendaire nymphe Platée (il existe d’ailleurs plus d’une passerelle entre Rameau et Offenbach). <em>Orphée aux Enfers</em> particulièrement se pose en référence. Seul témoignage intégral à notre connaissance de la version de 1874, sa dimension féerique – comprendre grand spectacle – convient particulièrement aux ambitions musicales de Michel Plasson. Ailleurs, l’approche trouve ses limites dans le choix de stars internationales –  <strong>Jessye Norman</strong> en Hélène donc, <strong>John Aler</strong> en Pâris, <strong>Teresa Berganza</strong> et <strong>José Carreras</strong> en Périchole et Piquillo&#8230; – tous égarés dans un répertoire qu’ils contribuent à fâcheusement endimancher. Faut-il être français pour bien chanter Offenbach ? La réponse serait oui si, plus tard, Felicity Lott ne nous avait démontré le contraire, à contre-voix. </p>
<p>A défaut de francité, il existe dans les pays germaniques — Vienne notamment où Offenbach fut fêté de son vivant et certains de ses ouvrages créés avant Paris – une tradition offenbachienne. Datés de la fin des années 1970, des enregistrements d’<em>Orpheus in der Unterwelt</em>, <em>Die schöne Helena</em>, <em>Pariser Leben</em> et <em>Die Groβherzogin von Gerolstein</em> le rappellent, à titre anecdotique pour l’auditeur francophone qui ne trouvera là-dedans rien de mieux que ce qu’il a dans sa propre langue.</p>
<p>Seule exception, <em>Les Contes d’Hoffmann</em> par <strong>Dietrich Fischer-Dieskau</strong> et <strong>Julia Varady</strong>, jamais à court d’arguments ici comme ailleurs. A comparer pour les philologues de la partition avec la version Oeser enregistrée par <strong>Sylvain Cambreling</strong> et présentée à l’époque de l’enregistrement (1988) comme la mouture définitive de l’œuvre. Abandonnée depuis, son acte de Venise s’avère pourtant d’une consistance supérieure à ce que l’on trouve dans les autres avatars d’une partition condamnée pour l’éternité aux supputations musicologiques. Fidèle à ses habitudes, <strong>Neil Shicoff</strong> dans le rôle-titre fait valoir l’engagement jusqu’au-boutiste que l’on est en droit d’attendre du poète maudit. </p>
<p>Dans le sillage des hommages monumentaux érigés par Plasson, L<em>es Brigands </em>et la drôle de trilogie formée par <em>Pomme d’Api</em>, <em>Monsieur Choufleri</em> et <em>Mesdames de La Halle</em> résolvent dans les années 1980 cette impossible équation entre musique et théâtre, entre rire et, cachée derrière la bouffonnerie, prête à affleurer, cette absurde mélancolie qui apporte un relief particulier à la musique d’Offenbach (et fait cruellement défaut à Hervé – là est peut-être la raison du succès du premier quand le second peine à sortir de l’ombre). </p>
<p>En bonus, les six Fables de la Fontaine par ce prince de la mélodie française qu’est <strong>François Le Roux</strong>, <em>G</em><em>aîté parisienne</em>, ballet en forme de pot-pourri arrangé par <strong>Manuel Rosenthal</strong>, qui connut son heure de gloire avant que l’<em>Offenbach Renaissance</em> ne le remise au placard, et un récital de <strong>Jane Rhodes</strong>. Dirigée par son époux <strong>Roberto Benzi</strong>, la première Carmen du Palais Garnier est ici à Offenbach ce que Bartoli fut à Vivaldi : le porte-drapeau du renouveau d’une musique alors méjugée. Avant Crespin, dont on entend à l’écoute de ce florilège combien elle l’inspira, la diction, le timbre pourpre, le port royal de la voix, les inflexions coquines raniment la flamme vive d’Hortense Schneider, diva et divette, passage des princes et princesse des boulevards, dont Offenbach en signe d’allégeance reconnaissait n’être que le « <em>compositeur ordinaire</em> ». </p>
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		<item>
		<title>La Poupée / La Mascotte</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-poupee-la-mascotte-hoffmann-a-inspire-de-meilleurs-contes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Apr 2017 05:26:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec sa nouvelle « Le Marchand de sable », Hoffmann offrit décidément au monde musical un excellent moyen de concrétiser le fantasme de la femme-marionnette. En 1852, Adolphe Adam ouvre le bal avec La Poupée de Nuremberg, opéra-comique ; en 1870, Léo Delibes propose le ballet Coppélia ; en 1880, l’automate s’appelle bien sûr Olympia, dans le premier &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec<em> </em>sa nouvelle « Le Marchand de sable<em> </em>», Hoffmann offrit décidément au monde musical un excellent moyen de concrétiser le fantasme de la femme-marionnette. En 1852, Adolphe Adam ouvre le bal avec <em>La Poupée de Nuremberg</em>, opéra-comique ; en 1870, Léo Delibes propose le ballet <em>Coppélia </em>; en 1880, l’automate s’appelle bien sûr Olympia, dans le premier acte des <em>Contes d’Hoffmann</em>. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, puisque le personnage revient faire un petit tour de scène en 1896 avec <em>La Poupée</em> d’Edmond Audran, « opéra-comique » qui ressemble fort à une opérette et qui, après un certain succès à Paris (121 représentations), connut un triomphe à l’étranger (576 représentations à Londres à partir de 1897 !). Lubitsch en tira un film en 1919, <em>Die Puppe</em>, et l’œuvre a survécu tant bien que mal,notamment remontée en 2004 au Théâtre Odéon de Marseille. En 1956, la télévision française en diffusa une captation réalisée au Théâtre de la Gaîté Lyrique, disponible sur le site de l&rsquo;INA ; l’intégrale que publie aujourd’hui Malibran date de 1955, et des extraits en seraient enregistrés en 1958 avec les mêmes interprètes pour les personnages de Lancelot et d’Hilarius, rejoints par Robert Massard en Maximin et Gabrielle Ristori en Mme Hilarius, entre autres (extraits réédités en 1993 dans la série « Gaîté Lyrique », couplés avec <em>Miss Helyett</em>, autre succès d’Audran).</p>
<p>Force est d’avouer qu’on s’explique mal la réussite planétaire d’une œuvre manifestement peu inspirée, sans aucun des airs mémorables qui avaient fait le succès de <em>La Mascotte</em>. Dû au très prolifique Maurice Ordonneau, auquel on doit <em>Les Saltimbanques</em> de Louis Ganne ou <em>La Cocarde de Mimi Pinson</em>, d’Henri Goublier, le livret rappelle celui de <em>La Princesse de Trébizonde</em>, où une jeune femme doit se faire passer pour une statue de cire ; ici, elle est prise pour un automate qu’on présente comme une femme en chair et en os… Comme dans <em>La Mascotte</em>, le personnage central cherche à préserver sa vertu, sauf qu’il s’agit cette fois d’un homme, le jeune Lancelot : bien que novice dans un couvent où il s’est réfugié pour fuir le monde, il consent à feindre un mariage (avec une automate) pour toucher le magot promis par son oncle. Comme Olympia, Alésia chante un air où elle imite le débit haché d’une poupée mécanique. Comme dans <em>La Vie Parisienne</em>, le deuxième acte se termine par un grand finale de griserie, dont les participants décident de « faire des sottises ». Mais la musique se situe à plusieurs crans en dessous de l’Audran de quinze ans auparavant.</p>
<p>La distribution n’y peut mais, même si elle n’inclut aucun des grands noms du chant qui, dans les années 1950 et 1960, se prêtaient de bon cœur à ce genre de concert. <strong>Joseph Peyron</strong> est ici bien plus acceptable que dans le répertoire sérieux, et compose même un Lancelot assez sympathique. <strong>Duvaleix</strong> (Albert, et non son fils Christian) parle quand il n’arrive pas à chanter les notes, mais il a le tempérament nécessaire à faire vivre l’œuvre. <strong>Willy Clément</strong> est un noble révérend père. <strong>Geneviève Pernet</strong>, divette d’opérette, passe très bien dans un répertoire qui n’a pas d’autre véritable exigence qu’une diction claire, mais on rêve de ce qu’en aurait tiré une chanteuse au timbre plus charmeur.</p>
<p>Car le véritable intérêt de ce coffret se trouve peut-être dans le bonus. Trois quarts d’heure d’extraits de <em>La Mascotte</em>, pour quoi faire, quand il en existe une intégrale avec rien moins que Robert Massard et Geneviève Moizan ? Ecoutez, et vous comprendrez. <strong>Liliane Berton</strong> nous fait littéralement fondre en Fiammetta.  <strong>Michel Dens</strong> est un extraordinaire Pippo, qui aurait presque pour défaut de conférer trop de dignité au duo des dindons. <strong>Nadine Renaux</strong> est plus crédible en jeune fille que Geneviève Moizan.<strong> Claude Devos</strong> est infiniment préférable au par trop plébéien Bernard Alvi, véritable contresens en prince Fritellini. <strong>Duvaleix </strong>atteint cette fois les aigus et chante beaucoup mieux que Lucien Baroux. Bref, ces extraits surclassent sans peine l’intégrale de 1959, et proposent de l’œuvre une version infiniment plus élégante à tous points de vue, pour les solistes comme pour la direction de l’orchestre et des chœurs. <strong>Jules Gressier</strong> se révèle bien supérieur à <strong>Robert Benedetti</strong>, le chef de la version Massard/Moizan. Oubliez la Poupée, redécouvrez la Mascotte.</p>
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		<item>
		<title>Concours Michel Dens, où en est-on ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/concours-michel-dens-ou-en-est-on/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2015 15:29:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En septembre dernier, nous annoncions la création du Concours Michel Dens prévu initialement à Lille les 21 et 22 février 2015. Si le concours a dû être reporté à une date qui n’est pas encore communiquée, le Cercle Michel Dens, lui, vient de voir le jour. Initié par le baryton Vincent Bertrand, soutenu notamment par &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En septembre dernier, nous annoncions <a href="/breve/creation-du-concours-de-chant-michel-dens">la création du Concours Michel Dens</a> prévu initialement à Lille les 21 et 22 février 2015. Si le concours a dû être reporté à une date qui n’est pas encore communiquée, le Cercle Michel Dens, lui, vient de voir le jour. Initié par le baryton <strong>Vincent Bertrand</strong>, soutenu notamment par <strong>Maurice Xiberras</strong>, directeur de l&rsquo;Opéra de Marseille, <strong>Carlo Ciabriani</strong>, directeur artistique chez Malibran-Music et<strong> Jean-Louis Grinda</strong>, directeur de l&rsquo;Opéra de Monte Carlo, ce cercle fait partie de<a href="http://www.ufj.asso.fr/"> l’Union Française de la Jeunesse</a>, une association qui a pour objectif la formation et l’éducation tout au long de la vie. Outre le devoir de mémoire, la principale mission du Cercle Michel Dens est double : d’une part la création d&rsquo;un concours de chant lyrique international consacré au répertoire d&rsquo;expression française, d’autre part la création de classes de maître consacrées à ce répertoire. D’autres projets sont à l&rsquo;étude. Une opération de mécénat est en cours pour réunir les fonds nécessaires à la réalisation de ces initiatives. Les dons, déductibles des impôts, peuvent être envoyés à Cercle Michel Dens c/o V. Bertrand ; 102 rue Victor Hugo, appartement A11 ; 59170 Croix &#8211; France. Pour plus d&rsquo;informations, écrire à <a href="mailto:cerclemicheldens@outlook.com">cerclemicheldens@outlook.com</a>.<br />
	 </p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Création du concours de chant Michel Dens</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/creation-du-concours-de-chant-michel-dens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Sep 2014 05:04:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les samedi 21 et dimanche 22 février 2015 se déroulera à Lille la première édition du concours de chant Michel Dens. A l’origine de cette nouvelle compétition vocale, Vincent Bertrand, lui-même baryton, guidé par son admiration pour son glorieux ainé et l’amour qu’il porte au répertoire lyrique français, « bien souvent peu représenté dans les programmations &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les samedi 21 et dimanche 22 février 2015 se déroulera à Lille la première édition du concours de chant Michel Dens. A l’origine de cette nouvelle compétition vocale, <strong>Vincent Bertrand</strong>, lui-même baryton, guidé par son admiration pour son glorieux ainé et l’amour qu’il porte au répertoire lyrique français, « <em>bien souvent peu représenté dans les programmations des théâtres, mis à part les éternels </em>Carmen, Faust, Manon&#8230; ». Les candidat(e)s de toute nationalité, obligatoirement né(e)s après le 20 février 1980 et avant le 20 février 1995, devront présenter cinq d’airs d’opéra et/ou d’opéra-comique français, et cinq mélodies, soit dix numéros au total dont un au moins composé par Edouard Lalo. « <em>Le concours permettra de mettre en avant les qualités de diction, de noblesse et d&rsquo;élégance&#8230; Pour ne parler que de la diction, il n&rsquo;y a rien de plus insupportable à mon avis, qu&rsquo;un(e) artiste dont je ne comprends pas un seul mot de ce qu&rsquo;il ou elle chante&#8230;</em> », explique Vincent Bertrand. Comment ne pas lui donner raison !</p>
<p>Outre la découverte de chanteurs capables de rendre justice à ce répertoire, l’objectif est de proposer en version de concert des œuvres oubliées qui seront interprétées par les lauréats. Cette salutaire entreprise peut compter sur le soutien de l&rsquo;association des amis de l&rsquo;art lyrique de Lille et du conservatoire de Lille ou se dérouleront les épreuves en public.<strong> Caroline Dumas</strong>, professeur à l&rsquo;Ecole Normale de Musique de Paris, assurera la présidence d’un jury qui compte parmi ses membres <strong>Maurice Xiberras</strong>, directeur général de l&rsquo;opéra de Marseille, et <strong>Carlo Ciabrini</strong>, directeur artistique de la firme Malibran-Music. Renseignements et inscriptions en écrivant à <a href="mailto:concoursmicheldens@outlook.com">concoursmicheldens@outlook.com</a>.</p>
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		<title>Airs d&#039;opéra</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/papy-avait-de-la-resistance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 22:00:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Papy avait de la résistance par Laurent Bury   Le 24 octobre 1986, l’Opéra de Marseille rendait hommage Michel Dens, qui interpréta à cette occasion l’air d’Athanaël, avec une vigueur et une fermeté vocale assez admirables chez un chanteur âgé de 75 ans ! Plus contestables sont sans doute les propos que le baryton &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			<strong>Papy avait de la résistance</strong></p>
<p>			<strong>par Laurent Bury </strong></p>
<p>			 </p>
<p>			Le 24 octobre 1986, l’Opéra de Marseille rendait hommage Michel Dens, qui interpréta à cette occasion l’air d’Athanaël, avec une vigueur et une fermeté vocale assez admirables chez un chanteur âgé de 75 ans ! Plus contestables sont sans doute les propos que le baryton roubaisien tint ce jour-là quant à la place du répertoire en français dans les théâtres d’opéra (deuxième plage du disque) : Michel Dens semble en effet penser que les problèmes linguistiques sont les seuls qui se posent pour monter une œuvre lyrique, comme s’il suffisait de donner des œuvres en français pour donner du travail à l’ensemble des chanteurs français… De fait, tout ce qu’on entend sur ce disque est chanté en français, qu’il s’agisse du répertoire hexagonal, de Rossini, de Verdi, de Wagner ou de Leoncavallo. On saluera sa diction impeccable, mais on s’étonne d’un étrange refus de liaison dans <em>La Damnation de Faust</em>, où il coupe « Tu peux bien / entrer fille ».</p>
<p>			 </p>
<p>			Accompagné par des formations souvent enlisées dans une routine lamentable, malgré des chefs prestigieux (dans <em>Faust</em>, avec l’orchestre de l’Opéra, dirigé par Louis Fourestier, on croit entendre un limonaire, et l’Orchestre Radio-Lyrique nous gratifie d’extraordinaires couacs dans <em>Le Trouvère</em>), Michel Dens chantait avec beaucoup de panache un répertoire extrêmement large. On l’applaudit ainsi d’oser en 1958 un air du rarissime <em>Roi de Lahore</em>, à une époque que n’étouffait pas le scrupule musicologique. Par un de ces tripatouillages dont les partitions d’Offenbach faisaient encore l’objet il n’y a pas si longtemps, Albert Willemetz avait conçu en 1947 des paroles pour une reprise de <em>La Grande-Duchesse de Gérolstein</em> à la Gaîté-Lyrique, avec des airs additionnels péchés dans d’autres œuvres : c’est de <em>Robinson Crusoé</em> que viendrait la musique de ce « Je viens de faire un rêve », enregistré par Michel Dens en novembre 1948. Quant à Alexandre Georges (1850-1938), il est avec Ernest Chausson l’un des compositeurs à avoir mis en musique les poèmes inclus dans le roman tzigane de Jean Richepin, <em>Miarka, la fille à l’ourse </em>; « L’eau qui court » est la sixième des quatorze mélodies plus tard intégrées à son drame lyrique <em>Miarka</em> (1905).</p>
<p>			 </p>
<p>			Répertoire large, donc, tellement large que cette voix assez légère ne trouve pas toujours à s’y déployer au mieux. Si le profil vocal de Michel Dens n’est évidemment pas celui d’un baryton Verdi, il est en revanche assez à sa place dans le <em>Hamlet</em> d’Ambroise Thomas, et Marouf lui va comme un gant. Pour Dapertutto, le timbre manque un peu de noirceur, et tout simplement de méchanceté. Quant à son Iago, il ne fait pas peur une seule seconde, par manque d’épaisseur et d’expressivité, mais ce dernier problème tient peut-être à la version française. En effet, en passant de l’italien au français, certains airs perdent une bonne partie du dynamisme lié aux sonorités de la langue originale (il n’y a ainsi presque aucun rapport entre la vaillance de l’« Incominciamo » qui conclut le « Si può » de <em>Pagliacci</em> et le très raide « Place au théâtre » que lance Michel Dens au terme du prologue de <em>Paillasse</em>).</p>
<p>			 </p>
<p>			De même, le baryton est un peu léger mais acceptable dans <em>La Favorite</em>, où le français s’impose. Figaro jadis très apprécié dans <em>Le Barbier </em>(version française de Castil-Blaze, forcément), il savonne pourtant toutes les vocalises et omet à peu près toutes les notes d’agrément. Il use et abuse des aigus émis en falsetto : ce qui est tout à fait acceptable dans certains airs (<em>Si j’étais roi</em>, d’Adophe Adam) l’est beaucoup moins dans d’autres, et son Valentin en paraît comme émasculé. Question de style, sans doute, car à bien d’autres moments, le baryton se montre tout à fait capable d’aigus apparemment inépuisables, fondés sur une réserve de souffle encore bien présente en 1986. Si l’Athanaël interprété à 75 ans est fort bien conservé, celui de 1958 reste un modèle, tout comme son Hérode. Oui, vraiment, Michel Dens avait de la résistance…</p>
<p>			 </p>
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