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	<title>Anna DEVIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Anna DEVIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>HAENDEL, Saul — Paris (Châtelet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/saul-paris-chatelet-lame-noire-de-saul/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jan 2020 22:55:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Outre-manche, l’âme se dit « soul », et sachant que les anglais prononcent le nom du roi biblique sans faire d’hiatus, on comprend que Haendel se soit engouffré dans cette trop belle paronomase. Car Saul n’est pas un oratorio dramatique, son action n’est pas cursive comme dans Samson ou Belshazzar, elle se rapproche davantage de la constellation &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Outre-manche, l’âme se dit « soul », et sachant que les anglais prononcent le nom du roi biblique sans faire d’hiatus, on comprend que Haendel se soit engouffré dans cette trop belle paronomase. Car <em>Saul</em> n’est pas un oratorio dramatique, son action n’est pas cursive comme dans <em>Samson</em> ou <em>Belshazzar</em>, elle se rapproche davantage de la constellation d’airs de <em>Salomon</em>, <em>Jephta</em> ou <em>Joshua</em>, un ensemble de moments musicaux dont le dessin apparaît nettement lorsqu’on les relie mais qui brillent dans l’instant plus que dans leur enchaînement. Goliath vient de mourir quand le rideau s’ouvre et Jonathan et son père seront tués hors-scène sans même avoir eu le temps de chanter leur départ au combat ; non, il ne faut pas chercher de l’action dans cette œuvre mais une réflexion musicale sur la jalousie et la démence sénile. Ajoutons que si l’écriture orchestrale et chorale est stupéfiante, l’écriture vocale n’est pas d’une originalité folle, c’est du bon Handel, toutefois il n’est guère étonnant que les airs de cet oratorio ne courent pas les récitals consacrés au compositeur.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="300" src="/sites/default/files/styles/large/public/6_-_saul_-_theatre_du_chatelet_cpatrick_berger.jpg?itok=y_2ZNMcH" title="© Patrick Berger" width="468" /><br />
	© Patrick Berger</p>
<p>Dans ce contexte, réussir à soutenir l’attention du public pendant trois heures de spectacle relève du tour de force. Respectant scrupuleusement l’œuvre, <strong>Barrie Kosky</strong> a le génie d’accompagner Handel dans la transfiguration d&rsquo;un livret confit dans sa naïveté illustrative. Le sujet principal est Saul et son âme tourmentée par la jalousie pour la gloire de David : ainsi sera le sol sableux, noir comme l’âme de Saul, très incliné comme pour précipiter une chute ; David n’est que Saul jeune, chauve comme lui, finissant habillé comme lui, le seul à ne pas porter de costume inspiré du XVIII<sup>ème</sup> siècle ; suscitant désir ou jalousie dès son entrée torse nu sur scène. Les éclairages violemment contrastés semblent seconder la musique pour ausculter les personnages. Barrie Kosky leur offre, par une direction d’acteurs très inspirée, un semblant de psychologie que le livret leur refusait : Michal qui crie « Yes ! » et sautille lorsqu’elle apprend qu’elle sera mariée à David ; Saul qui, avant l’entracte, maugrée « I’m the king ! » ; les rires sardoniques des personnages secondaires fusionnés en un Joker queer et inquiètant ; l’amour charnel entre David et Jonathan qui fait prendre un sens nouveau au « What abject thoughts » de Merab ; l’apparition du fantôme de Samuel transformé en délire maïeutique et schizophrène… Par ailleurs, il anime en virtuose la scène : les mouvements du chœur sont étourdissants, les décors tantôt exubérant, tantôt d’une nudité crue, les danseurs (comme l’orgue) virevoltent, souvent avec ironie, et font semblant de chanter, en véritable émanation du chœur. Certaines idées de direction d’acteur sont des trouvailles simples mais très efficaces, à l’image de cet Amalécite qui chante dissimulé dans le public et que tout le monde cherche du regard, David comme les spectateurs. Revers de la médaille, les bruits de scène sont souvent envahissants. La cruelle magnificence d’un Greenaway semble rencontrer la fantaisie précise d’un Wilson et on est ébloui par un spectacle que l’on avait pourtant déjà découvert en <a href="https://www.forumopera.com/dvd/saul-avis-aux-producteurs-lachez-un-peu-jules-et-emparez-vous-de-saul">DVD</a>.</p>
<p>En faisant venir ce spectacle <a href="https://www.forumopera.com/saul-glyndebourne-les-tables-de-la-loi">auréolé de succès à Glyndebourne</a>, mais avec une distribution en partie renouvelée, la comparaison s&rsquo;avérait périlleuse, or les artistes de cette soirée ont tous brillamment repris le flambeau de leurs collègues. <strong>Christopher Purves</strong> est tellement investi sur scène, il habite tant ce spectacle que le remplacer étaient impensable. Souffrant, il joue donc son rôle sur scène, réprimant difficilement vociférations et effets expressifs pour laisser entendre <strong>Igor Mostovoi</strong> qui chante le rôle dans la fosse. L’appareillage est toujours malaisé, et si ce dernier chante la partition très proprement, le décalage avec la composition hystérisée du protagoniste est hélas trop patent. Autre remplaçant de dernière minute, <strong>David Shaw </strong>interprète le fils du roi. Sa prestation ne nous a pas beaucoup touché, il faut certes avouer que Haendel ne l’a pas gratifié d’une musique très ambitieuse. <strong>John Graham-Hall </strong>est toujours une pythonisse marquante tandis que <strong>Stuart Jackson</strong> s’empare des seconds rôles avec un charisme d’ogre et une technique vocale qui n’appelle que des éloges. En David, <strong>Christopher Ainslie</strong> jouit d’une aura physique et vocale certaine dans le premier acte, ses airs plus centraux par la suite diminuent son éclat lyrique mais son économie de geste lui permet de maintenir un certain magnétisme. Tout l’inverse pour <strong>Karina Gauvin</strong> : mise en difficulté dans ses premiers airs véhéments où la projection cède le pas à l’expression, elle brille dans ses deux derniers airs, plus chrétiens, d’une lueur douloureuse qui n’appartient qu’à elle. Pour sa gentille sœur, <strong>Anna Devin</strong> est tout sauf une oie blanche : la voix trouve son relief dans certaines stridences bien maitrisées et ses élans d’enthousiasme sont portés avec force sans aucun faux-pas stylistique.</p>
<p>Pourtant, comme souvent dans les oratorios du Maître, ce sont surtout le chœur et l’orchestre qui sont les protagonistes. De ce côté, tout le monde ce soir tient son rang avec panache. On pouvait craindre qu’un chœur monté pour l’occasion manque de cohésion, d’identité ou de répétition, eh bien ce chœur de mercenaires pourrait en apprendre à bien des chœurs de titulaires. Sans doute contaminés par l’énergie délirante de la direction d’acteurs, ils chantent parfois trop fort et leur anglais n’est pas très exact, mais quel entrain ! quelle homogénéité ! quelle précision dans les canons ! Nous éprouvions une crainte similaire pour les <strong>Talens lyriques</strong> dont les dernières interprétations haendéliennes versaient dans une méticulosité précieuse à laquelle nous sommes allergique. Dirigés par un <strong>Laurence Cummings</strong>, qui semble avoir mangé du lion, les 42 musiciens en fosse font ronfler cette musique avec un sens consommé du grandiose, une basse continue charnue et une synchronisation remarquable avec la scène. On regrettera toutefois des cuivres toujours un peu fâchés avec la justesse et des rythmes parfois trop étirés (dans l’ouverture notamment).</p>
<p>Baroqueux, amateurs de spectacle total et nostalgiques de la grande époque lyrique du Théâtre du Châtelet, ne manquez pas les tourments de ce <em>Saul </em>!</p>
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		<title>Mozart in London</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mozart-in-london-tirez-les-derniers-messieurs-les-anglais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 May 2018 06:11:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi les baroqueux anglais ont-ils si longtemps dédaigné la musique composée dans leur pays après la mort de Haendel ? Pourquoi les opéras de Thomas Arne sont-ils encore si rarement repris ? Pourquoi les noms de Samuel Arnold, de George Rush ou de William Bates sont-ils à peu près inconnus des mélomanes hors des frontières britanniques ? En &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi les baroqueux anglais ont-ils si longtemps dédaigné la musique composée dans leur pays après la mort de Haendel ? Pourquoi les opéras de Thomas Arne sont-ils encore si rarement repris ? Pourquoi les noms de Samuel Arnold, de George Rush ou de William Bates sont-ils à peu près inconnus des mélomanes hors des frontières britanniques ? En tout cas, ce n’est pas faute de mérite musical, comme le disque <em>Mozart in London </em>vient en offrir l’éclatante démonstration. Tout l’intérêt de cet album vient en effet du fait que Mozart n’y occupe qu’une place finalement assez réduite, et que ce programme, où se bousculent les premiers enregistrements mondiaux, nous révèle l’univers sonore qui put être celui du tout jeune Wolfgang lors de son long séjour en Angleterre : quinze mois, à partir du 23 avril 1764 au 1<sup>er</sup> août 1765 ! Grâce aux efforts des défricheurs du répertoire italien, on connaît désormais relativement bien ce que Mozart put écouter lors de ses voyages au-delà des Alpes, mais quant à ce qui se jouait outre-Manche quand il avait huit ans, la découverte est quasi-totale.</p>
<p>Bien sûr, comme dans toute grande capitale, Londres attirait des compositeurs de toute l’Europe, et l’on pouvait y entendre les œuvres de Johann-Christian Bach, de Karl-Friedrich Abel, d’Egidio Duni, de Giovanni Battista Pescetti ou de Davide Perez, parfois mélangées et accompagnées de paroles anglaises dans des pasticcios comiques. Dans ce climat d’émulation, il n’est pas surprenant que les talents nationaux aient pu également s’affuter, et les airs signés Arne et consorts donnent prodigieusement envie de connaître le reste de leurs œuvres.</p>
<p>Une fois encore, on salue donc bien bas <a href="https://www.forumopera.com/breve/27-annees-pour-feter-mozart">l’initiative du chef <strong>Ian Page</strong></a>, grand défricheur grâce auquel va s’approfondir notre connaissance de Mozart et de la musique de son temps. Le livret d’accompagnement de ces deux CD est une mine d’informations sur la programmation des lieux de spectacle et de concert londoniens dans la deuxième moitié du XVIII<sup>e</sup> siècle. Et au lieu de confier tous ces airs à un ou deux chanteurs, il a été fait appel à huit solistes différents, ce qui nous offre notamment un bel échantillon de la jeune génération du chant britannique. Rien moins que cinq sopranos, dont l’excellente <strong>Ana Maria Labin</strong>, choisie par Marc Minkowski pour sa trilogie Da Ponte (<a href="https://www.forumopera.com/les-noces-de-figaro-versailles-les-portes-ne-claquent-pas-elles-volent">Comtesse</a>, <a href="https://www.forumopera.com/don-giovanni-versailles-don-giovanni-de-lune">Anna</a>, <a href="https://www.forumopera.com/cosi-fan-tutte-versailles-lopera-cest-la-liberte">Fiordiligi</a>), <strong>Rebecca Bottone</strong>, dont on a pu goûter le timbre cristallin dans plusieurs comédies musicales au Châtelet, ou le fort séduisant organe d’<strong>Anna Devin</strong>. La mezzo <strong>Helen Sherman</strong> prête sa riche voix au personnage d’Arbaces dans l’<em>Artaxerxes</em> d’Arne, destiné au castrat Ferdinando Tenducci. On signalera aussi le ténor <strong>Ben Johnson</strong>, au chant sensible et gracieux malgré quelques voyelles un rien nasales, à qui l’on devait déjà un beau <a href="https://www.forumopera.com/cd/i-heard-you-singing-english-songs-make-them-laugh-make-them-cry">récital de mélodies britanniques</a>. Et l’orchestre The Mozartists, conduit par Ian Page, sait animer  toutes ces musiques du souffle nécessaire, sans rien sacrifier de la précision du jeu ni de la beauté du son. Pour avoir tiré les derniers en matière de redécouverte de leur patrimoine musical, les Anglais ne nous en donnent pas moins une leçon magistrale.</p>
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		<title>HAENDEL, Alcina — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/alcina-paris-tce-joyce-didonato-magicienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Oct 2014 06:59:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;opéra aime les magiciennes. Parmi celles que le genre a engendrées, Alcina est la plus fascinante, pour plusieurs raisons dont la plus inattendue tient à la nature des airs qui lui sont confiés. La pyrotechnie vocale qui prévaut chez ses consœurs passe dans cet ouvrage au second plan. L&#8217;amoureuse prend le pas sur l&#8217;enchanteresse, la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;opéra aime les magiciennes. Parmi celles que le genre a engendrées, Alcina est la plus fascinante, pour plusieurs raisons dont la plus inattendue tient à la nature des airs qui lui sont confiés. La pyrotechnie vocale qui prévaut chez ses consœurs passe dans cet ouvrage au second plan. L&rsquo;amoureuse prend le pas sur l&rsquo;enchanteresse, la femme blessée sur la fée. Ce qui finalement rend la créature remarquable, ce n&rsquo;est pas sa monstruosité mais son humanité qui s&rsquo;incarne dans des airs aussi sensibles que « Ah ! mio cor » ou « Si ; son quella », vaste exploration de la carte du tendre en ses contrées les plus désolées. Quelle chanteuse ne rêverait  de compter ce rôle à son répertoire, fût-elle mezzo-soprano. Cinq ans après l&rsquo;avoir enregistré pour Archiv (voir <a href="http://www.forumopera.com/cd/aux-langueurs-dalcina-alan-se-refusa">le compte rendu de Bernard Schreuders</a>), <strong>Joyce DiDonato</strong> le retrouve au Théâtre des Champs-Elysées dans le cadre d’une tournée qui s’achève à New York à la fin de la semaine. Entre temps, sa carrière a poursuivi son ascension ; elle tutoie aujourd&rsquo;hui les sommets. Un tel parcours ne doit rien au hasard. Pour Joyce DiDonato encore moins que pour une autre. Chaque détail compte, jusqu&rsquo;au look. La tenue ce soir hésite entre Desireless et Isabelle Adjani période <em>Subway</em>, cheveux dressés sur une nuque courte, robe sombre déstructurée, bottes noires cloutées. Alcina ou Domina ?</p>
<p>Rien n&rsquo;est laissé au hasard donc, ni le costume, ni le jeu scénique – bien que de tendres effusions puissent surprendre dans une version de concert –, ni l&rsquo;interprétation. Chaque note est pensée, chaque trait marqué. Alcina le vaut bien mais l&rsquo;exige-t-elle ? A trop vouloir démontrer, on obtient parfois l&rsquo;effet inverse. Le meilleur peut côtoyer dans le même air le plus discutable. Qu&rsquo;il soit divinement filé ou carrément hululé, chaque son participe cependant à la composition. La chanteuse finit par se prendre à son propre jeu, ou – plus fort encore – donner l&rsquo;impression que le personnage, forcément sublime, s&rsquo;est emparé d&rsquo;elle. La technique et la voix, suffisamment large pour épouser une tessiture aigue, font le reste. Une partie du public se lève à l&rsquo;issue du concert pour saluer ce qui dépasse le seul stade de la performance.</p>
<p>Alcina ne saurait pourtant, au contraire d&rsquo;autres héroïnes du répertoire, porter sur ses seules épaules l&rsquo;opéra. La tâche de Ruggiero son amant s’avère aussi ardue. Autant d’airs, plus de virtuosité, plus d&rsquo;affects. Dans ce rôle écrit à l&rsquo;intention du célèbre castrat Carestini, <strong>Alice Coote</strong> a de la vaillance à revendre. Certains choix sont sujets à caution. Le style plus que la virtuosité est en cause mais les embûches sont toutes surmontées. Et quand bien même elles ne le seraient pas, la méditation mélancolique d&rsquo;un « Verdi prati » subtilement nuancé prend valeur d&rsquo;absolution.</p>
<p>Une fois passé « Tornami a vagheggiar », <strong>Anna Christy</strong> consent à débarrasser Morgana des minauderies qui auparavant avaient agacé. Restent Le <em>vibratello</em> – qui n&rsquo;est pas trille – et l&rsquo;émission serrée, caractéristique d&rsquo;une époque que l&rsquo;on pensait révolue depuis l&rsquo;avénement du microsillon. D&rsquo;une voix égale sur toute la longueur, <strong>Christine Rice</strong> triomphe des multiples vocalises que Haendel a semé dans ses deux premiers airs et trouve encore à exprimer au dernier acte dans la félicité sereine mais un peu fade d&rsquo;« All&rsquo; alma fedele ». <strong>Ben Johnson</strong> a beaucoup à faire avec Oronte sans que ce jeune ténor dispose encore de tout le bagage nécessaire pour dominer une écriture envisagée à la mesure de John Beard, créateur de nombreux rôles haendeliens et considéré comme le meilleur chanteur anglais de sa génération. Voyelles exagérément ouvertes, graves amorties tempèrent une indéniable sincérité. <strong>Anna Devin</strong> affirme son tempérament dans la seule occasion qui lui est donné de le faire : un « Barbara, io ben lo so » dont elle escalade et dévale les gammes sans faillir. Ses deux autres interventions relèvent davantage de l&rsquo;anecdote, Haendel en est le premier fautif. <em>Last but not least</em>, <strong>Wojtek Gietlach</strong> a le chant suffisamment délié pour parer son unique aria « Pensa a chi geme » de vertus qu’on ne lui soupçonnait pas.</p>
<p>L&rsquo;English Concert réduit à 20 musiciens parait maigre pour qui aime un orchestre plus opulent. La direction de <strong>Harry Bicket</strong>, bien que sans reproche, ne laisse pas un souvenir impérissable. L’attention reste d&rsquo;abord fixée sur les chanteurs et en premier lieu sur l&rsquo;interprète d&rsquo;Alcina. L&rsquo;amateur d&rsquo;opéra aime les magiciennes. Joyce DiDonato en est une.</p>
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