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	<title>Cyrille DUBOIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 06 Apr 2026 21:30:43 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Cyrille DUBOIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>BACH, Passion selon saint Jean &#8211; Aix-en-Provence (Festival de Pâques)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-passion-selon-saint-jean-aix-en-provence-festival-de-paques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2026 21:30:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa première saint Jean avec Il Caravaggio, son ensemble, Camille Delaforge s’autorise d’emblée une expérience : la saint Jean, celle que l’on entend immanquablement en tendant l’oreille un Vendredi saint est celle de 1724 ; celle que les fidèles de Leipzig ont entendue en l’église Saint-Nicolas, pour la toute première fois. L’année suivante, l’œuvre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa première saint Jean avec <strong>Il Caravaggio</strong>, son ensemble, <strong>Camille Delaforge</strong> s’autorise d’emblée une expérience : <em>la </em>saint Jean, celle que l’on entend immanquablement en tendant l’oreille un Vendredi saint est celle de 1724 ; celle que les fidèles de Leipzig ont entendue en l’église Saint-Nicolas, pour la toute première fois. L’année suivante, l’œuvre est exécutée en l’église Saint-Thomas, non sans quelques menues adaptations d’ordre musical et dramaturgique : le chœur d’ouverture « 1. Herr, unser Herrscher » est supprimé – un nouveau chœur le remplace, sur la base du choral « O Mensch, bewein dein Sünde gross » ; trois nouveaux airs sont intégrés, tandis que trois airs de la version de 1724 sont supprimés et que le choral final est remplacé. Supprimer le « 1. Herr, unser Herrscher », c’est une tragédie pour l’auditeur. Ça l’est à l’évidence aussi pour la cheffe : le chœur d’ouverture reste donc celui de 1724. La version de 1725 n’est néanmoins pas sans qualités et le « 11+. Himmel, reiße, Welt, erbebe», morceau de bravoure pour basse doublé d’un choral aérien de soprano, est intégré. Le « 13. Ach, mein Sinn » de 1724 (air pour ténor) est remplacé par l’inquiet « 13. Zerschmettert mich » de 1725 (pour ténor également). Le choral de fin reste le lumineux « 40. Ach Herr, lass dein lieb Engelein » de la version de 1724, au terme duquel le fidèle rêve à sa résurrection prochaine.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/26cd0403fdp_2291-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-211437"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Photo Caroline Doutre / Festival de Pâques</sub></figcaption></figure>


<p>L’expérimentation ne se prolonge pas précisément dans le choix des interprètes – ils sont tous confirmés. Elle fait plutôt place à l’audace : en Évangéliste, <strong>Cyrille Dubois</strong> signe une prise de rôle salvatrice (n’est-ce pas le cœur même de la <em>Passion</em> ?) et on s’étonne de ne pas l’avoir entendu plus tôt dans un rôle où on ne l’attendait pas <em>a priori </em>mais où, pourtant, il impose la force de l’évidence. Son interprétation est sensible et incarnée : son Évangéliste n’est pas un narrateur distant – il vit le drame. On connaissait déjà  la clarté de l’émission et l’intelligibilité du français de l’interprète. Son approche de l’allemand est, elle aussi, irréprochable et permet aux fragments d’Évangile d’atteindre leur pleine dimension narrative, presque théâtrale. Dans les airs de ténor, qu’il assume également, l’engagement est certain. Dans le « 13. Zerschmettert mich » de 1725 en particulier, il maîtrise parfaitement (on voudrait écrire « dompte », mais le terme suggère une recherche de maîtrise que le livret ne traduit pas) l’agitation que le texte et la musique imposent (« Brisez-moi, rochers, et vous, collines ! »). Autre audace peut-être : la partie d’alto confiée à <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong>. Le « 30. Es ist vollbracht ! » constitue le sommet dramatique et musical de l’œuvre. Quand tout est accompli, il ne reste qu’à mener le Christ au tombeau et à espérer la résurrection. Marie-Nicole Lemieux est, bien sûr, une artiste lumineuse. La voix est large, chaude, le phrasé comme infini et toujours somptueux. L’interprétation est volontiers incandescente (elle en a les moyens techniques) et, si elle excelle dans un répertoire baroque virtuose, son choix pour Bach, qui suppose de toucher une certaine affliction, surprend au premier abord. Dans son premier air « 7. Von den Stricken meiner Sünden », on l’entend de loin (la salle est grande, peut-être d’ailleurs trop grande pour l’œuvre) mais la couleur perce et on comprend le choix de la cheffe : c’est évidemment son amour du clair-obscur (on se souvient du nom de son ensemble) qui l’a menée à choisir la chanteuse canadienne. Le timbre s’illumine dans une noirceur extrême – la complexité dramaturgique de la <em>Passion</em> n’est pas seulement incarnée : elle est presque rendue tangible. Quand tout est accompli (« 30. Es ist vollbracht »), l’émotion prend peut-être le dessus dans des vocalises romantisantes, mais qu’importe : c’est l’émotion qui compte.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/26cd0403fdp_1996-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-211435"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Photo Caroline Doutre / Festival de Pâques</sub></figcaption></figure>


<p>A la tête de Il Caravaggio, Camille Delaforge a une approche analytique : les lignes sont ciselées, chaque crescendo est pensé, les liaisons (ou non-liaisons) entre les strophes des chorals ont été minutieusement étudiées. La cheffe a des obsessions : les basses qui, dès le chœur d’ouverture scandent le discours, la richesse du continuo dont la couleur évolue selon qu’elle lui adjoint ou non le clavecin (dont elle tient elle-même le clavier) et un certain lyrisme, peut-être d’ailleurs involontaire. Le geste n’est pas nerveux, pas davantage inquiet, ce que traduit l’interprétation, globalement excellente, du chœur <strong>Accentus</strong> : les phrases se déploient horizontalement ; elles se superposent sans se brouiller. A ces phrases projetées dans le discours (vers la mort, donc) manque toutefois la force de l’instant. Alors que la foule scande <em>Kreuzige</em> (crucifie-le !), les « K » répétés permettent de faire entendre les coups sur la croix, manière de crucifier une première fois. La force des consonnes est, plus généralement, mise de côté, ce qu’on regrette dans un texte qui appelle du relief. Il n’empêche que les chorals sont tous merveilleusement exécutés, un soin particulier étant apporté aux changements de nuances, voire d’ambiance. Le chœur final « 39. Ruht wohl, ihr heiligen Gebeine » laisse physiologiquement sans voix : il emporte l’auditeur dans une grande répétition au terme de laquelle rien de dicible ne persiste – reste à pleurer, d’abord, et à espérer, ensuite (ou prier, selon les sensibilités). </p>
<p>La partie soprano solo, tenue par <strong>Marie Lys</strong>, est d’excellente facture. Dans le « 9. Ich folge dir gleichfalls », elle propose une interprétation convaincante, plus inquiète qu’exaltée. La clarté de l’émission et la richesse du timbre (j’ai écrit « voix fleurie », ce qui doit suggérer le délicatesse des fleurs de pâturages davantage que le parfum trop capiteux de certaines roses) en font une interprète idéale dans ce répertoire. <strong>Guilhem Worms</strong> incarne un Jésus sûr de lui, que la perspective d’être crucifié prochainement ne semble pas impressionner. Dans les airs de basse qu’il assure (dont le « 11+. Himmel, reiße, Welt, erbebe » de la version de 1725), il avance gaillardement en déployant un timbre élégant, aux accents à la fois souples et charnus. En Pilate, <strong>Mathieu Gourlet</strong> touche l’essence du personnage : au fond, il n’a rien voulu (de mal). C’est surtout dans les airs de basse qu’il révèle la souplesse de sa ligne où – là encore – la lumière répond à la noirceur du timbre, offrant un « 24. Eilt, ihr angefocht’nen Sehen » engagé et élégant.</p>
<p>La <em>Passion </em>du Vendredi saint à Aix-en-Provence succédait à deux prestations – à l’Atelier lyrique de Tourcoing et au Théâtre des Champs-Élysées. Un enregistrement est en préparation.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bach-passion-selon-saint-jean-aix-en-provence-festival-de-paques/">BACH, Passion selon saint Jean &#8211; Aix-en-Provence (Festival de Pâques)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>BACH, Passion selon saint Jean – Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-passion-selon-saint-jean-paris-tce-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 06:04:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Selon la boutade bien connue de Cioran, « S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu ». La Passion selon saint Jean dirigée par Camille Delaforge au Théâtre des Champs-Élysées en ce mercredi de la semaine sainte en a, une fois de plus, apporté la preuve. La cheffe inscrit sa lecture de l’œuvre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Selon la boutade bien connue de Cioran, « S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu ». La <em>Passion selon saint Jean</em> dirigée par <strong>Camille Delaforge</strong> au Théâtre des Champs-Élysées en ce mercredi de la semaine sainte en a, une fois de plus, apporté la preuve. La cheffe inscrit sa lecture de l’œuvre sacrée dans la tradition des interprétations pleinement dramatiques, presque lyriques. D’une battue nette et énergique, elle anime chaque phrase avec conviction : il n’est pas une carrure qui ne se voie pas insuffler un mouvement, une intention, une dynamique propre, si bien que, dans une œuvre qui est pourtant formellement fondée sur la répétition, on n’a jamais l’impression d’entendre deux fois la même musique. Les tempi sont contrastés et expressifs, et des moments d’un silence intimidants sont ménagés pour renforcer le texte, dénotant une interprétation qui s’est fait une idée de l’architecture globale de l’œuvre et de sa rhétorique. Du côté des solistes instrumentaux, on saluera un splendide duo de violes d’amour et une viole de gambe à la musicalité exquise.</p>
<p>Très sollicité par l’œuvre, le chœur <strong>accentus</strong> livre une belle prestation. Plus à l’aise dans les chorals et dans l’introspection que dans le déchaînement des <em>turbae</em>, notamment en raison de consonnes trop molles, ils font néanmoins entendre un son brillant et ductile, ainsi qu’une netteté appréciable dans les nombreux moments fugués.</p>
<p><strong>Cyrille Dubois</strong> est un Évangéliste touché par la grâce : les qualités naturelles de cette voix claire, souple et chaude, relevée d’un discret vibratello sont exploitées au maximum avec un investissement bouleversant. Son art du récitatif est éblouissant, il dit chaque phrase comme si elle contenait trois opéras, avec une diction parfaite et une sincérité désarmante. Son sens du recueillement fait mouche lorsqu’il évoque la Vierge ou la mort du Christ avec des pianissimi désespérés. Il n’est pas moins à l’aise dans ses airs, à commencer par un « Erwäge, wie sein blutgefärbter Rücken » où la voix se pare de mille nuances infimes pour rendre justice au texte. <strong>Marie Lys</strong>, malgré la brièveté de ses interventions, se hisse à un niveau musical comparable. Le timbre est magnifique et riche, la voix est fraîche et agile et capable de belles émotions : « Zerfließe, mein Herze » est, vocalement, un des sommets de la soirée. En Jésus, <strong>Guilhem Worms</strong> a pour lui une voix colorée, au timbre agréable, bien projetée. La noblesse de l’émission lui confère une autorité naturelle bienvenue, sans que rien ne soit surjoué. Mais le baryton se révèle moins à l’aise dans les récitatifs que son compère ténor. L’allemand est perfectible, de même que l’art de teinter la déclamation. La voix retrouve son ampleur, son contrôle du souffle, des nuances et de la ligne lorsque le baryton chante avec le chœur.  <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong> semblait être dans un soir de relative méforme. On ne s’explique pas autrement le caractère un peu terne vocalement de ses deux arias, alors qu’on a assez dans l’oreille tout l’art de cette extraordinaire chanteuse. <strong>Mathieu Gourlet</strong> fait entendre un Pilate sonore mais manquant de texte, de nuances et d’agilité.</p>
<p>La <em>saint Jean</em> sera servie par la même équipe artistique au festival de Pâques d&rsquo;Aix-en-Provence le 3 avril, avant de donner lieu à un enregistrement dont on guettera la sorti avec intérêt.</p>
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		<item>
		<title>Au Louvre, où chantent Michel-Ange et Rodin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/au-louvre-ou-chantent-michel-ange-et-rodin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 13:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre de l&#8217;exposition « Michel-Ange / Rodin. Corps vivants » (15 avril – 20 juillet 2026), le musée du Louvre fait dialoguer deux géants de la sculpture autour du corps, de l&#8217;âme, du rapport à l&#8217;Antique et du non finito. Cette interrogation se poursuit à l&#8217;Auditorium à travers le cycle de concerts « &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre de l&rsquo;exposition « <a href="https://silver.emcfast.com/tracking/qaR9ZwR0ZmN0ZQp2Zwt4ZGt1BGL3ZvM5qzS4qaR9BQt6ZGt">Michel-Ange / Rodin. Corps vivants</a> » (15 avril – 20 juillet 2026), le musée du Louvre fait dialoguer deux géants de la sculpture autour du corps, de l&rsquo;âme, du rapport à l&rsquo;Antique et du <em>non finito</em>. Cette interrogation se poursuit à l&rsquo;Auditorium à travers le cycle de concerts « Musiques du Corps et de l&rsquo;Âme » (15 avril – 30 mai 2026), qui examine ces sujets à travers des compositions de Roland de Lassus, Monteverdi, Liszt, Debussy, et de la compositrice contemporaine <strong>Olga Neuwirth</strong>. Une nouvelle génération d&rsquo;interprètes est mise à l&rsquo;honneur dans le cadre de cette édition : le pianiste <strong>Joseph Moog</strong>, le ténor <strong>Cyrille Dubois</strong>, ainsi que le chœur Les Métaboles et l&rsquo;ensemble Les Apaches.</p>
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		<item>
		<title>POULENC, La Voix humaine / ESCAICH, Point d&#8217;orgue &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/poulenc-la-voix-humaine-escaich-point-dorgue-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 06:22:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On se souvient des conditions particulières dans lesquelles fut porté sur les fonts baptismaux le diptyque formé par La Voix humaine de Francis Poulenc et Point d’orgue de Thierry Escaich, voulu comme un dialogue entre les deux compositeurs. Lorsque le spectacle voit le jour le 3 mars 2021, en pleine période de pandémie, les salles &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On se souvient des conditions particulières dans lesquelles fut porté sur les fonts baptismaux le diptyque formé par <em>La Voix humaine</em> de Francis Poulenc et <em>Point d’orgue</em> de Thierry Escaich, voulu comme un dialogue entre les deux compositeurs. Lorsque le spectacle voit le jour le 3 mars 2021, en pleine période de pandémie, les salles sont encore fermées ; la création doit se faire sans public, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-voix-humaine-et-point-dorgue-paris-tce-un-cocktail-poulenc-escaich-streaming/">en streaming, depuis le Théâtre des Champs-Élysées</a>. Sept mois plus tard <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-voix-humaine-point-dorgue-bordeaux-un-trio-de-choc-de-tendresse-et-damour/">à Bordeaux</a>, les consignes sanitaires ont été assouplies ; le projet trouve enfin sa véritable dimension scénique. Le voilà cette saison de retour sur le lieu même de sa naissance, dans la même mise en scène, portés par les mêmes chanteurs qu’à la création mais avec un nouvel entourage musical.</p>
<p>Œuvre de courte durée – moins d’une heure –, <em>La Voix humaine</em> à sa création fut appariée avec <em>Isoline</em>, un opéra féérie d’André Messager sans lien aucun avec la tragédie lyrique de Poulenc. L’idée ici est de lui offrir un véritable symétrique destiné à renouer le dialogue entre « Elle » et « Lui ». Chez Poulenc – d’après Cocteau –, une femme seule au téléphone tente de retenir l’homme qui la quitte ; Escaich et Py imaginent ce qui pourrait advenir ensuite, en donnant enfin un visage et une voix à celui qui restait hors champ.</p>
<p>En un jeu biaisé de miroirs, <em>La Voix humaine</em> épouse les inflexions de la parole avec une souplesse chambriste, au moyen d’une écriture d’une transparence douloureuse tandis que <em>Point d’orgue</em> déploie un langage plus heurté, plus orchestral, où les tensions harmoniques et les irruptions du fantastique viennent troubler le réalisme initial.</p>
<p>Le mérite est grand pour l’Orchestre National de France dirigé par <strong>Ariane Matiakh</strong> de passer d’un univers à l’autre : assumer la pudeur déchirante de Poulenc puis les couleurs changeantes, zébrées de dissonances et de fractures que propose Escaich, dans un juste respect du rythme et de l’architecture sonore, avec pour enjeu premier la cohérence dramatique du diptyque. L’équilibre fragile entre les deux partitions reposent sur une même attention au texte, un même sens du théâtre, et un même goût pour les lignes vocales mises à nu. C’est déjà beaucoup, dira-t-on, si on veut voir le verre à moitié plein.</p>
<p>Le livret d’<strong>Olivier Py </strong>prend le relais là où Cocteau s’arrêtait. À « Elle », la femme abandonnée, répond « Lui », l’homme, poète et musicien, sous l’emprise diabolique de « L’autre », amant, dealer, malfaiteur, dans un climat où le réel bascule peu à peu vers l’onirique. C’est à Marguerite, Faust et Méphisto que l’on pense avant toute correspondance coctelienne – cherchez l’erreur ! « Elle », enceinte, réussira à être sauvée alors que « Lui » s’abandonnera à ses démons personnifiés par « L’autre ».</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Voixhumaine2-1294x600.jpg" />© Vincent Pontet</pre>
<p>Le décor spectaculaire imaginé par <strong>Pierre-André Weitz</strong> représente une chambre effectuant des rotations complètes sur elle-même au fil de certaines séquences, telle une machine à essorer les personnages. Aléas du direct en ce soir de première : un incident technique a empêché le dispositif de fonctionner dans <em>Point d’orgue</em>. Le résultat, d’une grande efficacité néanmoins, s’impose comme l’un des atouts majeurs de la production. Cette chambre, augmentée dans la deuxième partie d’une salle de bain et d’un vestibule, aide à glisser sans rupture d’une œuvre à l’autre comme si l’on restait prisonnier du même cauchemar.</p>
<p>Car ici « tout est noir », ainsi qu’aime à le répéter « Lui », seul dans sa nuit, violenté, humilié, accablé, la main en sang, le visage tuméfié. <strong>Jean-Sébastien Bou</strong> accepte les situations extrêmes auxquelles le soumet une écriture sans concession. Le texte n’est pas toujours compréhensible mais la voix, d’une grande souplesse expressive, rend perceptible l’ambiguïté du personnage, partagé entre culpabilité, désir et hantise.</p>
<p><strong>Cyrille Dubois</strong>, Joker désarticulé, comme branché sur une ligne à haute tension, donne à « L’autre » un relief saisissant, grâce à son timbre clair et sa diction très soignée – des trois chanteurs, il est le seul toujours intelligible. L’ardeur physique et vocale avec laquelle il se jette dans ce rôle démoniaque le pousse au-delà de ses limites. La voix, sursollicitée dans l’aigu, craque à plusieurs reprises, mais cette exacerbation n’est-elle pas consubstantielle à l’esprit de l’œuvre ?</p>
<p>Dans <em>La Voix humaine</em>, <strong>Patricia Petibon</strong> porte à elle seule le poids du drame, avec le tempérament qu’on lui connaît, jusqu’au-boutiste, au détriment d’une certaine graduation dans l’intensité des émotions. La ligne vocale, constamment suspendue entre parole et chant, la fragilité du timbre, les élans soudains composent cependant un portrait d’une grande force.<em> Point d’orgue</em> prend davantage en défaut un médium que l’on sent éprouvé par l’effort précédemment fourni.</p>
<p>Après <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/poulenc-dialogues-des-carmelites-paris-tce/">Dialogues des Carmélites</a></em> et <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/stravinsky-le-rossignol-poulenc-les-mamelles-de-tiresias-paris-tce/">Les Mamelles de Tirésias</a></em>, ainsi s’achève au Théâtre des Champs-Elysées la trilogie Poulenc par Olivier Py – à rebours de l’adage qui veut que l’on garde le meilleur pour la fin.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/poulenc-la-voix-humaine-escaich-point-dorgue-paris-tce/">POULENC, La Voix humaine / ESCAICH, Point d&rsquo;orgue &#8211; Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Trois raisons de découvrir La voix humaine / Point d’orgue au TCE</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/trois-raisons-de-decouvrir-la-voix-humaine-point-dorgue-au-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Publi-rédactionnel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Mar 2026 06:52:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Du 9 au 17 mars, impossible de passer à côté de la production de La Voix humaine et Point d’orgue au Théâtre des Champs-Élysées, la seconde de ces œuvres composée par Thierry Escaich constituant une réponse à la première. Voici trois raisons de se laisser embarquer : Un diptyque audacieux et résolument modernePoint d’orgue ne cherche &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Du 9 au 17 mars, impossible de passer à côté de la production de <em>La Voix humaine</em> et <em>Point d’orgue</em> au Théâtre des Champs-Élysées, la seconde de ces œuvres composée par Thierry Escaich constituant une réponse à la première. Voici trois raisons de se laisser embarquer :</p>
<ol>
<li><strong>Un diptyque audacieux et résolument moderne</strong><br /><em>Point d’orgue</em> ne cherche pas à imiter <em>La Voix humaine</em>, mais à en proposer un miroir libre et contemporain. Entre jazz atonal, pseudo-tango, choral et passages pour voix seule, Escaich et Py explorent toutes les nuances du texte et de la psychologie des personnages. Les flux continus de « phases », les changements d’atmosphère et la variété des configurations vocales créent un spectacle imprévisible. Même ceux qui connaissent déjà le monologue de Poulenc seront surpris.</li>
<li><strong>Une distribution qui fait le lien entre les œuvres<br /></strong>La production réunit <strong>Patricia Petibon</strong>, <strong>Jean‑Sébastien Bou</strong> et <strong>Cyrille Dubois</strong>, accompagnés par l&rsquo;Orchestre National de France dirigé par <strong>Ariane Matiakh</strong>. Ces voix, confrontées aux exigences du diptyque, permettent d’entendre le lien entre <em>La Voix humaine</em> et <em>Point d’orgue</em> sous un jour nouveau, dans un équilibre entre tradition et écriture contemporaine.</li>
<li><strong>Une mise en espace pensée pour l’articulation des actes intérieurs</strong><br /><strong>Olivier Py</strong> souligne le côté prophétique de <em>La Voix humaine</em>, en montrant comment la dépendance affective et technologique transforme les relations. Avec <em>Point d’orgue</em>, il prolonge le récit en donnant corps aux tensions psychologiques et sociales sous-jacentes, explorant fragilité, isolement et domination sans recourir à des effets superficiels. La mise en scène rend ainsi le diptyque plus vivant et intensément humain.</li>
</ol>
<p>&gt; Plus d&rsquo;informations et réservation sur <a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2025-2026/opera-mis-en-scene/voix-humaine-point-orgue">le site du Théâtre des Champs-Elysées</a> </p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="🎬 TRAILER / La Voix humaine / Point d&#039;orgue I F. Poulenc, O. Py / T. Escaich, O. Py" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/U5iVZV_Qdms?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>DELIBES, Jean de Nivelle &#8211; Budapest</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/delibes-jean-de-nivelle-budapest/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Jan 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Phèdre, Les Abencérages, Le Roi d’Ys ou encore Psyché de Thomas l’an dernier, le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française – poursuit à Budapest sa collaboration avec le Chœur et l’Orchestre national de Hongrie en ressuscitant Jean de Nivelle, opéra oublié de Léo Delibes. Comme Ambroise Thomas avec Hamlet, Delibes a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p2"><span class="s1">Après </span><span class="s2"><i>Phèdre</i></span><span class="s1">, </span><span class="s2"><i>Les Abencérages</i></span><span class="s1">, </span><span class="s2"><i>Le Roi d’Ys</i></span><span class="s1"> ou encore </span><span class="s2"><i>Psyché</i></span><span class="s1"> de Thomas l’an dernier, le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française – poursuit à Budapest sa collaboration avec le Chœur et l’Orchestre national de Hongrie en ressuscitant </span><span class="s2"><i>Jean de Nivelle</i></span><span class="s1">, opéra oublié de Léo Delibes. Comme Ambroise Thomas avec </span><span class="s2"><i>Hamlet</i></span><span class="s1">, Delibes a vu sa production lyrique disparaître derrière le succès d&rsquo;un titre unique, </span><span class="s2"><i>Lakmé</i>. </span><span class="s1">Cependant, contrairement à son aîné, Delibes souffre moins d&rsquo;une réputation d&rsquo;académisme, sans doute aussi parce que la délicatesse des pages les plus connues de </span><em><span class="s2">Lakmé</span></em><span class="s1"> et de ses ballets (comme les </span><span class="s2">pizzicati</span><span class="s1"> de </span><em><span class="s2">Sylvia</span></em><span class="s1">) impriment l&rsquo;image d&rsquo;un musicien raffiné et fin orchestrateur. </span></p>
<p class="p2"><em><span class="s2">Jean de Nivelle</span></em><span class="s1"> est la neuvième œuvre lyrique de Léo Delibes, si l’on inclut ses opéras bouffes. Elle se distingue d’emblée par son ambition formelle et sa longueur : conçue à l’origine pour le Théâtre-National-Lyrique d’Albert Vizentini, la partition repose alors sur un livret sans dialogues parlés et l&rsquo;action se situe au Moyen Âge (la mode troubadour bat toujours son plein), sur fond de conflit entre Bourguignons et Français. La faillite du Théâtre-National-Lyrique entraîne cependant le transfert du projet à l’Opéra-Comique, où l’ouvrage est adapté aux usages du genre par l’introduction de dialogues. Faut-il voir dans ces transformations successives l’origine de certaines faiblesses dramaturgiques ? Signé Edmond Gondinet et Philippe Gille, le livret final se révèle en effet confus, multipliant intrigues et personnages, et passant d’une tonalité à l’autre sans véritable contraste ni ligne directrice affirmée. Néanmoins, notre regard est peut-être biaisé, puisqu’à Budapest l&rsquo;oeuvre est jouée dans une version avec récitatifs, composés pour l&rsquo;étranger après le succès de la création à l&rsquo;Opéra-Comique (la forme avec dialogue est typiquement française – Guiraud a ainsi dû composer des récitatifs pour que </span><span class="s2">Carmen</span><span class="s1"> puisse s’exporter à l&rsquo;étranger). Si ce choix fait sans doute perdre certains éléments de compréhension de l’action et enlève de l&rsquo;épaisseur psychologique aux personnages, il présente l’avantage de ne pas imposer de longs dialogues en français au public hongrois et de resserrer la durée du concert, d’autant plus que ces récitatifs sont fort joliment écrits.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">De fait, l’action est malaisée à résumer. Disons que Jean de Nivelle est le fils du duc de Montmorency, allié du roi de France, et qu’il a fui pour se réfugier dans la campagne bourguignonne, où il vit déguisé en berger. On croise successivement à ses côtés Arlette, la jeune paysanne éprise de Jean (et réciproquement) ; sa tante Simone, une sorcière qui distribue des potions d&rsquo;amour et voudrait bien voir son fils dans les bras d&rsquo;Arlette ; Malicorne et Beautraillis qui cherchent à démasquer Jean et constituent avec Saladin, un autre antagoniste, la part comique du livret ; Charolais qui mène les troupes de Bourgogne et finit par prendre Jean sous son aile ; Diane, gente dame éprise de Jean ; un page, un héraut, un vieillard. Bref, une profusion de personnages au milieu desquels on se perd facilement. Au troisième acte, alors que la guerre entre Français et Bourguignons fait rage, Jean se souvient de son origine française en apercevant la « bannière de France », ce qui ne devait pas manquer de titiller la veine patriotique des Parisiens de 1880, encore marqués par la défaite de 1870. À la fin, dans un revirement soudain, Jean choisit de retourner à la vie pastorale au côté d&rsquo;Arlette.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Il convient de rappeler que, comme </span><em><span class="s2">La Cour du Roi Pétaud</span></em><span class="s1">, l&rsquo;un de ses précédents opéras-comiques, le titre de l&rsquo;oeuvre s&rsquo;inspire directement d&rsquo;une expression populaire, aujourd&rsquo;hui oubliée, et immortalisée dans plusieurs chansons populaires alors connues de tous, où il est fait mention de « ce chien de Jean de Nivelle, qui fuit quand on l&rsquo;appelle ». L&rsquo;expression est d&rsquo;ailleurs reprise par le personnage dans l&rsquo;opéra.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Sur ce livret bancal, qui enchaînent les lieux communs et les confusions, Delibes a composé une musique toujours élégante, jalonnée de numéros très inspirés : la ballade de la mandragore chantée par Simone a tout d’un tube et Delibes l’a bien compris puisqu’il en reprend la mélodie au deuxième acte dans le charmant duo entre Arlette et Diane, ainsi qu’à la fin de l’ouvrage, de manière totalement incongrue mais réjouissante. Viennent ensuite un air tendre d’Arlette puis un joli duo entre Arlette et Simone qui imitent le chant des oiseaux. L’air qui introduit Jean est cependant assez fade, ce qui n’est pas le cas de son grand air au dernier acte sur la « bannière de France », qui allie tendresse et vaillance et dont le charme mélodique n’a rien à envier à l’air de Gérald dans </span><em><span class="s2">Lakmé</span></em><span class="s1">. On retiendra aussi toute la partie de Charolais, qui commence par un air coquin (« Prenez garde au joli berger ») et s’achève sur une émouvante romance au troisième acte, où le chef de guerre fend l’armure. La fable d’Arlette du deuxième acte frappe quant à elle par son dessin étrange, ses nombreuses vocalises et son orchestration archaïsante, comme si la jeune fille s’accompagnait d’une vielle à roue. Enfin, plusieurs ensembles retiennent l’attention, notamment un chœur de soldats bourguignons au troisième acte dont la bravoure évoque celui de </span><em><span class="s2">Faust</span></em><span class="s1">, ainsi que des marches et des fanfares qui sont là pour rappeler que nous sommes bien au Moyen Âge.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Si l’ouvrage présente autant de beautés que de fragilités, il est porté avec enthousiasme par l’ensemble des interprètes. À la tête de l’<strong>Orchestre national philharmonique de Hongrie</strong>, <strong>György Vashegyi</strong> défend la partition avec une probité exemplaire. La direction, jamais appuyée ni démonstrative, se distingue par une attention constante portée aux chanteurs et par un sens aigu des équilibres. Les cordes ne sont pas exemptes d’aspérités, quelques décalages se font entendre, mais l’élan d’ensemble, la lisibilité des plans et la cohérence stylistique emportent l’adhésion.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Dans le rôle-titre, <strong>Cyrille Dubois</strong> impose un Jean de Nivelle à la fois tendre et vaillant. Sa voix lumineuse et son timbre si séduisant servent avec beaucoup d’intelligence les élans amoureux comme les accès héroïques du personnage. Son grand air du troisième acte (la fameuse « bannière de France ») est d’une intensité saisissante, porté par une incandescence constante et par un français d’une clarté exemplaire, chaque inflexion du texte trouvant son juste relief expressif. Quel grand artiste !</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><strong>Mélissa Petit</strong>, qui a déjà chanté aux côtés de Cyrille Dubois dans une mémorable version de concert d’<em>Hippolyte et Aricie</em> en 2019 au TCE et dans <em>Vasco de Gama</em> de Bizet (récemment publié au disque par le PBZ), incarne une Arlette de grand charme. Le timbre, velouté et crémeux, légèrement vibré, séduit d’emblée par sa fraîcheur et sa rondeur. Si la prononciation pourrait parfois gagner en netteté, la chanteuse convainc par son engagement et par la sensibilité de son incarnation. Nous avons évoqué plus haut l’originalité de la fable du deuxième acte, où la chanteuse assume crânement des vocalises jusqu’au contre-mi, mais son air cantabile du troisième acte, précédé d’une plainte au hautbois puis au violoncelle, constitue l’un des sommets émotionnels de la soirée, avec de beaux effets de parlando et des contres-notes aisés et précis. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Simone bénéficie de la voix de mezzo ample et richement timbrée de <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur.</strong> La ballade de la mandragore est livrée avec autorité et caractère, tout comme l’air du troisième acte, où la chanteuse fait valoir sa projection solide et une vraie présence dramatique, aussi bien matrone qu’enchanteresse.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><strong>Tassis Christoyannis</strong> prête au comte de Charolais une remarquable palette de couleurs. Tour à tour coquin dans son premier air, où l’usage de la voix mixte dans l’aigu fait merveille, héroïque au deuxième acte, puis profondément humain et tendre dans sa romance du troisième acte, il campe un personnage d’une grande complexité psychologique, rendu avec une intelligence musicale et théâtrale toujours exemplaire.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les rôles de Diane et du page Isolin reviennent à <strong>Juliette Mey</strong>, qui passe de l’un à l’autre en s’enroulant un foulard autour du cou. Si la voix paraît parfois un peu pauvre en harmoniques, le style est solidement tenu et la caractérisation reste nette, notamment dans son air savoureux du troisième acte où la jeune fille, en lointaine cousine de Marie, avoue son penchant pour la guerre et les armes, devant un Malicorne et un Beautraillis ébahis (« c’est Bradamante ! »).</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><strong>François Rougier</strong> est irréprochable dans le rôle bouffe de Malicorne. Toujours admirable d’expression, il se distingue particulièrement dans les récitatifs, dont il soigne la déclamation avec un sens du rythme et du mot très sûr, apportant une vraie saveur aux scènes comiques.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les deux autres seconds rôles masculins sont tenus avec sérieux et homogénéité par <strong>Jean-Philippe Mc Clish</strong> et <strong>Adrien Fournaison</strong>, contribuant sans faillir à la cohérence d’ensemble et à la dimension comique du livret, qui éclate franchement dans le trio bouffe du deuxième acte. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le <strong>Chœur national hongrois</strong> impressionne par la qualité de son français et par son engagement constant. L’effectif est assez massif et peut sembler excessif pour un opéra-comique, mais ce choix s’accorde finalement avec l’option résolument tournée vers le drame lyrique qui préside à cette résurrection.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Cette redécouverte ne restera pas sans lendemain : </span><em><span class="s2">Jean de Nivelle</span></em><span class="s1"> a été enregistré à l’occasion de ce concert et paraîtra prochainement dans la collection « Opéra français » du Palazzetto Bru Zane. L’occasion, sans doute, de mesurer à froid les beautés et les faiblesses d’une œuvre attachante, et peut-être de permettre au Delibes lyrique de sortir, ne serait-ce qu’un instant, de l’ombre portée de </span><em><span class="s2">Lakmé</span></em><span class="s1"> – à condition que ce duc et berger indocile cesse enfin de « fuir quand on l’appelle » !</span></p>
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		<title>HEROLD, Zampa ou La Fiancée de marbre – Munich (Prinzregententheater)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/herold-zampa-ou-la-fiancee-de-marbre-munich-prinzregententheater/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Dec 2025 06:16:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un prix de Rome largement oublié hormis pour une musique de ballet (La Fille mal gardée) et un livret convenu tirant des ficelles un peu grosses : en se rendant à la représentation du rare Zampa de Herold, on était loin de penser que la soirée s’achèverait sur une standing ovation (bavaroise qui plus est). &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un prix de Rome largement oublié hormis pour une musique de ballet (<em>La Fille mal gardée</em>) et un livret convenu tirant des ficelles un peu grosses : en se rendant à la représentation du rare <em>Zampa</em> de Herold, on était loin de penser que la soirée s’achèverait sur une standing ovation (bavaroise qui plus est). Et pourtant, la surprise nous a coupé le souffle. Non pas que la musique de Herold ait révélé des profondeurs insoupçonnées : il reste toujours quelques pages laborieuses au milieu d’une partition juste charmante, qu’on dirait à moitié faite de finales, cadences, strettes et autres traits conclusifs déchaînés, et à moitié de longues mesures de reprise. Mais c’est bien le niveau exceptionnel de l’interprétation qui emporte toutes nos résistances au fur et à mesure de la soirée, si bien que le spectacle <em>prend</em>. Il a bien fallu suspendre notre incrédulité, selon la formule romantique anglaise, moins incrédulité du fond (une variation sur le mythe de Don Juan) qu’incrédulité de la forme : la partition de Herold procède de juxtapositions artificielles d’atmosphères contraires, d’une bonne dose de naïveté dans les passages sentimentaux et d’un usage très daté de l’alternance parlé-chanté.  S’il possède un sens communicatif de l’écriture pétillante et de la petite ritournelle qui explose en barouf de tous les diables, il n’a pas le génie du finale efficace : l’acte II et l’acte III s’achèvent tous les deux, après une agitation culminante, sur le retour de thèmes lents qui se veulent introspectifs et sublimes et font surtout retomber l’attention du public. On trouve du charme et de la matière dramatique dans les trios et quatuors, contrairement aux airs un peu plats. Et pourtant, la conjonction de forces vives bavaroises et d’un échantillon brillant du chant français ont permis l’étonnante réussite de ce <em>Zampa</em>.</p>
<p>L’œuvre a été abordée avec une ambition presque démesurée : une soixantaine de musiciens, autant de choristes et sept solistes qui, jusqu’au plus petit rôle, ont des voix taillées pour les plus grands défis du répertoire – soit quelque cent trente musiciens de haut niveau sur scène pour Herold. Le choix de l’effectif a pu créer quelques problèmes sur lesquels nous reviendrons, mais la soirée démontre que l’excellence de l’interprétation peut racheter les faiblesses d’une œuvre et mettre en avant ce qu’elle a de plus charmant.</p>
<p>La direction d’abord. <strong>Erik Nielsen</strong> a le mérite d’insuffler un peu de relief partout où il le peut, sans chercher à superposer une lecture ou des effets recherchés qui n’auraient pas leur place et feraient ressortir plus encore la relative inanité de la partition. La netteté de son du <strong>Münchner Rundfunkorchester</strong> est irréprochable, les pupitres jouent comme un seul homme (c’est particulièrement vrai des violons) et obéissent avec précision aux gestes du maestro. Ce dernier manie comme il faut le rubato et les dynamiques, et évite intelligemment d’étirer le tempo des parties les plus maladroitement mélodramatiques. Sa direction précise est ainsi suffisamment inventive pour qu’on décide de se prêter au jeu. Faisant fi de légers bémols (des cors qui savonnent leurs entrées et quelques mesures d’orgue très laborieuses dans le finale de l’acte II), on saluera une belle clarinette solo et une connexion admirable entre l&rsquo;orchestre et les chanteurs, alors même que le chef tourne le dos à ceux-ci.</p>
<p>En comparaison, le <strong>Chœur la radio bavaroise</strong> est en retrait. Desservis par une acoustique défavorable qui ternit la netteté de leur son (on n’a quasiment pas entendu les ténors) et par une disposition scénique qui les engonce en fond de scène, les chœurs livrent une prestation propre sans parvenir à trouver de relief et de verve, et ce malgré leur nombre impressionnant.</p>
<p>La distribution, d’un niveau de préparation et d’investissement exemplaire, ne souffrait d’aucun défaut et affichait collectivement une fraîcheur et des moyens vocaux qui avaient de quoi réjouir sur l’état du chant français. La partition, bizarrement, réclame quatre ténors : le quatuor réuni formait une vraie <em>dream team</em> de la clé de sol, chacun s’adonnant dans un festival enthousiasmant à de fréquentes et puissantes incursions dans le registre aigu.</p>
<p><strong>Pierre Derhet</strong>, peut-être le meilleur acteur de la soirée, incarne un Dandolo hilarant, poltron et facilement soumis, avec un timbre trompetant qui tire vers le ténor de caractère. <strong>François Rougier</strong> (il y a peu <a href="https://www.forumopera.com/breve/benjamin-bernheim-chantera-t-il-dans-la-damnation-de-faust-au-tce/">Faust imprévu au TCE</a>) régale la salle avec espièglerie en pseudo-veuf désespéré de voir sa femme réapparaître. Acteur accompli (il faut le voir chanter sous la contrainte, alors qu’il est terrifié, la chanson à boire de son maître), il fait entendre un magnifique timbre de ténor brillant. Il faut toute la délicatesse précieuse de <strong>Cyrille Dubois</strong> pour intéresser au personnage bien mièvre d’Alphonse. On peut ainsi heureusement apprécier la pureté de son timbre et son legato impressionniste, ponctué d’un vibratello charmant, notamment dans la barcarolle du troisième acte, même si sa projection modeste le dessert notablement face à un orchestre surdimensionné et dans un duo, très déséquilibré en termes de volume, avec la soprano.</p>
<p>La stupéfiante surprise de la soirée est le Zampa de <strong>Julien Henric</strong>. Il a du rôle la teinte barytonnante dans le medium et le grave et possède surtout des aigus stables et rayonnants, émis avec une facilité confondante à de (très) nombreuses reprises. Sa maîtrise impeccable de la voix mixte lui permet de monter plusieurs fois dans le contre-aigu, tantôt pianissimo, tantôt fortissimo, proposant même quelques diminuendos époustouflants à cette hauteur et d&rsquo;une beauté désarmante. La sensibilité de son chant fait même un moment marquant de quelques phrases de déclaration amoureuse pourtant banales au troisième acte. Si son jeu pourra gagner en justesse (on lui reproche notamment une déclamation très tubée et haut placée, un peu monotone), il est assurément un jeune talent dont on guettera les prochaines apparitions.</p>
<p>À ces quatre ténors s’ajoute pour quelques phrases <strong>Lukas Mayr</strong>, un baryton sorti des rangs du chœur, d’un très bon niveau.</p>
<p>Du côté des dames, <strong>Héloïse Mas</strong> est l’autre grande triomphatrice de la soirée. Sur le plan théâtral, elle est simplement désopilante dans son rôle efficace de femme à poigne et de commère, confirmant un abattage déjà remarqué dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-larlesienne-le-docteur-miracle-paris-chatelet/">Le Docteur Miracle</a>. Vocalement surtout, elle impressionne par son volume ainsi que par la richesse et le velours d’un timbre chaud qu’elle déploie jusque dans un authentique registre de contralto sur quelques mesures parallèles avec la soprano. Elle témoigne même au deuxième acte d’une agilité à toute épreuve dans les uniques coloratures de cette partition, auxquelles elle donne un relief théâtral convaincant ; voici une seconde chanteuse qu&rsquo;on a hâte d&rsquo;entendre dans d&rsquo;autres rôles.</p>
<p><strong>Hélène Carpentier</strong>, tout comme Cyrille Dubois, pâtit un peu de la faiblesse de son personnage et de l’écriture musicale qui lui revient. Elle possède pourtant un soprano solidement émis du grave aux grands aigus, au souffle parfaitement maîtrisé, au volume généreux, capable de pianissimi exquis, flottant pendant de longues mesures par-dessus un orchestre pourtant pas avare en décibels. Le timbre est néanmoins un peu dur et métallique à partir du <em>forte</em> et le vibrato semble parfois trop large – sans que cela fasse oublier les qualités indéniables de sa voix.</p>
<p>L’équipe de chanteurs, galvanisée par l’émulation et comme enivrée de sa propre excellence, n’était pas loin de faire sauter le plafond du très chic Prinzregententheater sous la décharge sonore dans les tutti, notamment pour le finale de l’acte II. Une telle débauche de virtuosité vocale et de précision musicale ne pouvait laisser personne de marbre et le public munichois ne s’y est pas trompé.</p>
<p>Par bonheur, ce concert faisait l’objet d’un enregistrement live pour la collection des livres-CD du label Bru Zane. En attendant, la captation est disponible sur <a href="https://www.br-klassik.de/audio/20251130-on-demand-br-chor-ro-ferdinand-herold-zampa-ou-la-fiancee-de-marbre-100.html">le site de la radio bavaroise.</a></p>
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		<title>Festival de Pâques d&#8217;Aix-en-Provence 2026 : encore de beaux noms à l&#8217;affiche</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/festival-de-paques-daix-en-provence-2026-encore-de-beaux-noms-a-laffiche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Oct 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La programmation de l’édition 2026 du festival de Pâques d’Aix-en-Provence réservera comme chaque année une part non négligeable à la voix. Il y aura bien sûr une traditionnelle Passion de Bach à l&#8217;affiche. Cette fois-ci, c’est la Johannis-Passion qui sera donnée le Vendredi Saint (03 avril 2026) . Les ensembles Caravaggio et Accentus seront accompagnés &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La programmation de l’édition 2026 du festival de Pâques d’Aix-en-Provence réservera comme chaque année une part non négligeable à la voix.<br />
Il y aura bien sûr une traditionnelle Passion de Bach à l&rsquo;affiche. Cette fois-ci, c’est la <em>Johannis-Passion</em> qui sera donnée le Vendredi Saint (03 avril 2026) . Les ensembles Caravaggio et Accentus seront accompagnés de <strong>Marie Lys</strong>, <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong>, <strong>Cyrille</strong> <strong>Dubois</strong>, et <strong>Guilhem</strong> <strong>Worms</strong> et dirigés par <strong>Camille</strong> <strong>Delaforge</strong>.<br />
Auparavant, le 29 mars, le <em>Requiem</em> de Verdi nous vaudra de retrouver dans le quatuor vocal <strong>Marina Rebeka</strong>, <strong>Agnieszka</strong> <strong>Rehlis</strong>, <strong>Joseph</strong> <strong>Calleja</strong> et <strong>David</strong> <strong>Leigh</strong>, l’orchestre et les chœurs de l’Opéra de Zurich étant dirigés par <strong>Gianandrea</strong> <strong>Noseda</strong>.<br />
A ne pas manquer non plus Le Concert des Nations et La Capella Nacional de Catalunya dirigés par <strong>Jordi Savall</strong> qui donneront <em>Le Christ au Mont des Oliviers</em> et les <em>Sept dernières Paroles du  Christ en Croix</em>.<br />
Autre temps fort, un récital <strong>Nadine Sierra</strong>, accompagnée au piano par <strong>Bryan</strong> <strong>Wagorn</strong>, piano (Verdi, Gounod, Debussy, G. Charpentier, Turina)<br />
En 2026, le Festival de Pâques d’Aix-en-Provence se déroulera du 28 mars au 12 avril. Tout le programme est à retrouver sur <a href="https://festivalpaques.com/programme">le site du Festival</a>.</p>
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		<title>LEGRAND, Les Parapluies de Cherbourg &#8211; Saint-Etienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/legrand-les-parapluies-de-cherbourg-saint-etienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a trois ans, ici même, Giuseppe Grazioli et ses troupes nous restituaient la musique de Prokofiev pour le formidable Alexandre Nevski, d’Eisenstein, qui était projeté simultanément (1). Si le propos et le traitement sont d’une toute autre nature, l’expérience se renouvelle pour les Parapluies de Cherbourg, dont Michel Legrand signait la partition, essentielle. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a trois ans, ici même, <strong>Giuseppe Grazioli</strong> et ses troupes nous restituaient la musique de Prokofiev pour le formidable <em>Alexandre Nevski</em>, d’Eisenstein, qui était projeté simultanément (1). Si le propos et le traitement sont d’une toute autre nature, l’expérience se renouvelle pour <em>les</em> <em>Parapluies de Cherbourg</em>, dont Michel Legrand signait la partition, essentielle. Combien de fois avons-nous fait l’expérience de versions de concert d’ouvrages lyriques, qui nous permettaient de découvrir leur richesse orchestrale, plus ou moins occultée par les productions mises en scène ? Le confinement des musiciens en fosse, l’attention auditive se conjuguant à la visuelle sont oubliés. Ce soir, aucune image, si ce ne sont celles gravées dans la mémoire du nombreux public. D’autant plus que ce n’est pas la bande-son qui est jouée, mais la partition remaniée par Michel Legrand, qui revient en quelque sorte à sa version première, sans coupures et enrichie d’une écriture approfondie. La finesse des textures, des couleurs, savamment composées n’a jamais été mieux servie. Le principe du dialogue chanté, qui dérouta une part du public de la création, n’est-il pas la meilleure introduction au monde de l’opéra ? Jacques Demy avait souhaité créer un « opéra populaire », qui parle à chacun, « une manière d’opéra où tous les mots seraient audibles, sans jamais forcer le lyrisme des voix, comme si l’opéra avait suivi l’évolution du jazz ». Avec Michel Legrand, la musique de film intègre harmonieusement l’écriture jazzique, et devient essentielle au propos, qu’il s’agisse de narration ou de commentaire. Son sens mélodique, son orchestration, ses harmonies raffinées, sa référence constante à l’univers de la chanson en ont fait une figure majeure du XXe siècle. Que n’a-t-il osé réaliser des ouvrages lyriques se passant du projecteur !</p>
<p>On connait ’histoire de Geneviève – qu’incarnait Catherine Deneuve – éprise de Guy, que la guerre d’Algérie va séparer. Son public – dont je fus – était directement concerné par ce contexte. Ce soir, on l’oublie, comme la romance larmoyante, pour l’émotion, due pour l’essentiel à la musique. La banale et tragique histoire d’amour échappe au réalisme du quotidien pour accéder à la beauté. La séquence finale, à la station-service (que l’on ne voit évidemment pas) nous empoigne, d’une infinie tristesse résignée.</p>
<p>L’auditeur le plus humble aura été sensible aux multiples variations du thème de Geneviève, fédérateur (3), jusqu’à l’obsession. Ne serait-ce que par ce travail d’écriture, le compositeur a bien gagné sa place au panthéon des compositeurs du XXe siècle. L’orchestre, en grande formation, enrichi pour la circonstance (percussions, batterie, banjo, guitare électrique, accordéon, célesta, piano&#8230;), occupe tout le vaste plateau. Quelques grands parapluies multicolores égaient l’anthracite du décor. Les percussionnistes, puis le chef, porteurs de larges parapluies, gagnent enfin leurs pupitres. Le ton est donné.</p>
<p>Comment n’être pas admiratif devant une formation symphonique dont la précision des attaques (les riffs des cuivres) et les phrasés n’ont rien à envier aux grandes formations de jazz de l’après-guerre ?  De même, tout en se fondant dans la masse, des solistes, rompus à l’exercice, improviseront dans son esprit. L’écriture fait la part belle aux cors, aux bois, aux cuivres, et aux percussions. Cependant, parées du célesta, du piano, du clavier électrique, de la harpe, sans oublier la guitare électrique et le banjo, les cordes sont tout aussi essentielles, qu’il s’agisse des mélodies ou de leur mise en valeur. La direction de Giuseppe Grazioli, enthousiaste et efficace, fédère tous les artistes pour une réussite incontestable. Les brèves pages symphoniques, à elles seules, sont autant de bijoux, porteuses de la plus large palette des émotions. Ainsi, le retour de Guy, dont nous ne nous souvenions pas de la rare justesse expressive. Le rythme de l’ouvrage, suivant les séquences filmées, associe légèreté, gravité et émotion, où le langage classique s’habille de swing et emprunte également à la variété du temps.</p>
<p>Il s’agit d’une mise en espace, où les éclairages subtils sont bienvenus. Les costumes, sobres, sont appropriés, et nos chanteurs se révèlent d’excellents comédiens, jusqu’à la claudication et l’ébriété passagère de Guy. Quelques amorces de chorégraphie (le dancing) participent elles-aussi à renforcer la caractérisation des scènes. La distribution a privilégié des voix capables d’oublier le vibrato du chant lyrique pour incarner chaque personnage. En effet, comme dans la comédie musicale, l’amplification est la règle, et, une fois passée la surprise des premières scènes (2), l’oreille l’oublie sans peine.</p>
<p><strong>Sophie Marin-Degor</strong> et <strong>Alice Lecat</strong> sont mère et fille, pleinement complices à la scène comme à la ville, pour incarner Madame Emery et Geneviève. A la maturité du timbre et à l’autorité de la mère répond la fraîcheur de la fille, toutes deux vivant leurs rôles respectifs avec un engagement exemplaire. <strong>Cyrille Dubois</strong>, Guy, dont on connaît les qualités vocales, trouve ponctuellement des inflexions de crooner, conformément aux intentions du compositeur et à l’esprit du temps. Pour avoir physiquement dépassé l’âge d’un appelé du contingent, la voix de notre ténor n’a pas pris une ride, et son jeu – jusqu’à la claudication finale ou l’ébriété passagère – nous émeut. L’émission « droite » et la qualité de diction emportent l’adhésion. Un vrai chanteur qui nous fait oublier le créateur du rôle. C’est aussi le cas de <strong>Guilhem Worms</strong>, Roland Cassard beaucoup plus séduisant – vocalement et physiquement &#8211; que dans le film. Elle a déjà chanté Madeleine, dirigée par Michel Legrand, au Châtelet en 2014. Il faut le lire pour y croire : les ans n’ont pas eu de prise tant sur sa voix que sur son jeu. Dès sa première apparition, chez la tante Elise, l’émotion est là. La touchante Madeleine est confiée à <strong>Louise Leterme</strong>, dont chaque intervention est un moment de bonheur, notamment à la terrasse du café et à la station-service. <strong>Majdouline Zerari</strong>, tante Elise et de petits rôles, nous donne une belle leçon de chant : la chaleur du timbre, la qualité de l’élocution, la vérité du jeu n’appellent que des éloges. <strong>Elie Valdenaire</strong>, <strong>Maxime Duché</strong> et <strong>Valentin Morel</strong> chantent et jouent les nombreux petits rôles qui donnent sa dimension sociale à l’ouvrage. Rien ne permet de les distinguer des solistes tant leurs qualités et leur engagement sont patents.</p>
<p>L’émotion et le bonheur du public – où il n’y avait pas que des nostalgiques – sont manifestes, qui valent aux artistes de multiples rappels. L’expérience, courageuse, méritait pleinement d’être tentée, et son succès fait regretter que l’intense travail de préparation ne débouche pas, pour l’instant, sur d’autres concerts ou un enregistrement. Comment ne pas regretter, aussi, que Michel Legrand ne nous ait laissé un authentique opéra ?  Notre Bernstein en avait tous les moyens.</p>
<ul>
<li>
<pre>1. Lien: <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/alexandre-nevski-saint-etienne-faut-il-croire-que-lhistoire-begaie/">https://www.forumopera.com/spectacle/alexandre-nevski-saint-etienne-faut-il-croire-que-lhistoire-begaie/</a> . A signaler que la Cité musicale de Metz, a fait de la musique de film un de ses points forts, en diffusant à raison d’un film par mois, nombre de productions dont la bande son est restituée par un orchestre in vivo. 
2. Durant le générique et la musique du garage, la balance favorise l’orchestre, qui montre ses muscles, et la projection des chanteurs ne parvient pas à rétablir l’équilibre. Ce travers disparaîtra ensuite et l’intelligibilité, favorisée par la prosodie exemplaire de Michel Legrand, sera la règle.
3. Comme pour Wagner dont les premiers épigones cataloguèrent les <em>leitmotiven</em>, les spécialistes de Michel Legrand ont relevé pas moins de 27 motifs récurrents, de même nature.</pre>
</li>
</ul>
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		<title>BIZET, Intégrale des mélodies</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bizet-integrale-des-melodies/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion des 150 ans de la création de Carmen et de la mort de son auteur, les organisateurs de concerts et les éditeurs s&#8217;intéressent au reste de l&#8217;oeuvre de Bizet. Si les autres opéras sont de mieux en mieux connu et défendus en scène, si la Symphonie en ut s&#8217;est inscrite au répertoire de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;occasion des 150 ans de la création de <em>Carmen</em> et de la mort de son auteur, les organisateurs de concerts et les éditeurs s&rsquo;intéressent au reste de l&rsquo;oeuvre de Bizet. Si les autres opéras sont de mieux en mieux connu et défendus en scène, si la <em>Symphonie en ut</em> s&rsquo;est inscrite au répertoire de beaucoup d&rsquo;orchestres (en France et ailleurs), si les œuvres pour voix et orchestre <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bizet-portrait/">ont récemment fait l&rsquo;objet d&rsquo;un enregistrement chez Glossa</a>, il manquait encore une intégrale moderne des mélodies. Le Palazzetto Bru Zane et Harmonia Mundi ont uni leur force, et voilà ce coffret de 3 CD et 3h32 de musique. Il semble que l&rsquo;on puisse enfin parler d&rsquo;intégrale, puisque même des pièces inédites ont été exhumées.</p>
<p>L&rsquo;amateur de <em>Carmen</em> sera sans doute curieux de déceler les prémisses du chef-d&rsquo;oeuvre. Il sera servi. Dès les <em>Trois pièces de jeunesse,</em> de 1854, un compositeur de 16 ans fait entendre une voix personnelle : « Petite Marguerite » a déjà l&rsquo;allure et le souffle des airs de Micaëla, et « La foi, l&rsquo;espérance, la charité » ont une ardeur de ton et un brillant qui préfigurent irrésistiblement les rodomontades du toréador. A d&rsquo;autres moments, on trouvera des espagnolades proches d&rsquo;une habanera, ou plusieurs morceaux qui ont carrément été repris dans des œuvres ultérieures. Selon nous, le véritable intérêt est cependant ailleurs. Plutôt que d&rsquo;y voir les prémisses de ses opéras, il faut voir de quelle façon Bizet a dynamité en douceur le genre de la romance et l&rsquo;a en quelque sorte exfiltrée du salon pour en faire une vraie œuvre d&rsquo;art, capable d&rsquo;affronter un public plus large, assise sur des bases robustes. La voix se déploie avec naturel et lyrisme, les contrastes et les variations de volume excèdent largement le tout-venant de l&rsquo;époque. Les accompagnements sont toujours intéressants : en vrai virtuose du clavier, Bizet sait que, pour maintenir l&rsquo;intérêt du public, il faut que la partie de piano contienne aussi son lot de virtuosité ou de pittoresque.</p>
<p>Que ce soit par l&rsquo;abondance de son invention mélodique ou son art harmonique très personnel, Bizet a porté l&rsquo;art de la mélodie à un niveau qui laisse loin derrière lui Gounod et Saint-Saëns, et qui ne sera sans doute égalé que par Fauré, bien plus tard et dans un style complètement différent. Impossible de citer toutes les merveilles qui attendent l&rsquo;auditeur. Mentionnons juste quelques exemples : « Adieux à Suzon », pressés et gorgés de vie comme un Lied de Schubert, « Le grillon » et son irrésistible sautillement, « Aubade » et son sentiment de matin primordial. Le coffret culmine avec les quatre duos, sur des poèmes de Jules Barbier et Théophile Gauthier. L&rsquo;art de Bizet est stimulé par cette configuration, et il nous livre ici de vrais bijoux, surtout le « Rêvons » aux accents presque tristanesques.</p>
<p>Pour rendre justice à ces merveilles, il faut des chanteurs de premier plan et d&rsquo;un goût parfait. Si les quatre protagonistes réunis ont tous une excellente diction et une culture musicale évidente, ils ne sont pas tous égaux sur le plan des moyens vocaux. On mettra tout en haut <strong>Cyrille Dubois</strong>. Son émission haut perchée, son timbre exquis, sa délicatesse sont ici parfaitement en situation. Comme ces lignes sont galbées, comme la respiration est dissimulée, comme le souffle paraît infini. Au même niveau d&rsquo;excellence, <strong>Coline Dutilleul</strong> fait valoir un timbre moiré et pulpeux, qui sait aussi se faire plus affûté lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de faire passer le texte. <strong>Guilhem Worms</strong> a des moyens généreux, mais il a tendance à pousser le son de manière parfois trop opératique, et met un peu de raideur dans ses parties. C&rsquo;est impressionnant mais un peu trop tout d&rsquo;une pièce. Reste le cas de <strong>Marianne Croux.</strong> On avoue être sensible à sa musicalité, et au soin qu&rsquo;elle apporte à la clarté de sa diction, ce qui est loin d&rsquo;être évident pour une soprano. Mais le timbre reste bien ingrat, et le vibrato est plus d&rsquo;une fois gênant. Les riches parties de piano de Bizet sont à la fête, avec<strong> Luca Montebugnoli</strong> et <strong>Edoardo Torbianelli</strong> qui se montrent tous deux sûrs techniquement et capables de créer l&rsquo;atmosphère idoine, de la joie primesautière à la contemplation de la nature, en passant par tous les stades de la passion amoureuse. L&rsquo;usage de pianos d&rsquo;époque renforce encore l&rsquo;impression que les interprètes sont globalement parvenus à retrouver la couleur juste. A consommer sans modération, même lorsque l&rsquo;année <em>Carmen</em> sera passée.</p>
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