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	<title>Jean-Philippe ELLEOUET-MOLINA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jean-Philippe ELLEOUET-MOLINA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>STRAUSS, Ariadne auf Naxos — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ariadne-auf-naxos-montpellier-strauss-magistralement-servi-a-montpellier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Apr 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a moins d’un mois, la production d&#8217;Ariane à Naxos du MET focalisait l’attention sur Lise Davidsen (En direct de New York : Lise Davidsen, nouvelle star du Met). Montpellier nous offre à son tour une Ariane, avec une brillante et riche distribution internationale (*), dont Valérie Chevalier a le secret. Programmé en avril 2020, le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a moins d’un mois, la production d&rsquo;<em>Ariane à Naxos </em>du MET focalisait l’attention sur Lise Davidsen (<a href="/ariadne-auf-naxos-new-york-en-direct-de-new-york-lise-davidsen-nouvelle-star-du-met">En direct de New York : Lise Davidsen, nouvelle star du Met</a>). Montpellier nous offre à son tour une <em>Ariane</em>, avec une brillante et riche distribution internationale (*), dont Valérie Chevalier a le secret. Programmé en avril 2020, le spectacle – <a href="https://www.forumopera.com/ariadne-auf-naxos-toulouse-qui-sy-frotte-sy-pique">créé à Toulouse l’année précédente</a> – avait dû être reporté pour cause de pandémie. De ce fait, de nombreux rôles ont changé de titulaire, ainsi Karine Deshayes, qui devait chanter le compositeur, mais aussi bien d’autres (Arlequin, les Nymphes…).  </p>
<p>Le singulier diptyque a conquis la plupart des scènes. Si l’esprit de Molière gouverne le prologue, celui de <em>l’opera seria</em> et de Mozart est évident pour l’opéra qui suit. A la fois proche de l’inspiration grecque (comme pour <em>Dafne</em>, <em>die</em> <em>Liebe der Danae</em>), comme du <em>Rosenkavalier</em> par sa filiation au XVIIIe, <em>Ariane à Naxos</em> surprend toujours. <strong>Michel Fau</strong> nous livre sa vision de l’ouvrage : l’opposition flagrante entre la <em>commedia dell’arte</em> et <em>l’opera seria</em>, la fusion obligée du burlesque et de la gravité sont traduites avec virtuosité. Salon viennois du XVIIIe siècle pour le prologue, et surprenant kitsch pour l’opéra cohabitent, sinon s’opposent, et offrent un cadre approprié, servi par les décors, comme par les remarquables costumes de <strong>David Belugou</strong>. Mais, s’il excelle dans le prologue façon <em>Baron de Münchhausen</em>, et dans les interventions des comiques, Michel Fau atteint ses limites dans l’<em>opera seria</em>, traité au second degré, stéréotypé jusqu’à la caricature. Le naturel du prologue, parfaitement réussi, s’estompe durant l’opéra, figé, parfois surchargé, aux artifices soulignés (pourquoi ces cancrelats noirs à l’entrée de la gueule du monstre minéral figurant la grotte d’Ariane ? L’immense canonnière du finale, pour le voilier dont Bacchus tint le gouvernail ?) Ce parti pris, assumé, prive le spectateur d’une part de l’émotion qu’appellent le désespoir d’Ariane et l’arrivée d’Hermès, puis de Bacchus. La métamorphose finale des deux êtres paraît réduite à une (belle) image, à moins que ce soit une plaisanterie, comme l&rsquo;était, de façon gratuite, avant le prologue, le soin mis par le maître de musique à bander la poitrine du compositeur, compositrice de fait, dont la féminité ne sera dévoilée qu&rsquo;à la fin.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="307" src="/sites/default/files/styles/large/public/ariane_a_naxos-oonm_cmarc_ginot20.jpg?itok=iHXZ7t70" title="Bacchus (Robert Watson) et Ariane (Katherine Broderick) © Marc Ginot" width="468" /><br />
	Bacchus (Robert Watson) et Ariane (Katherine Broderick) © Marc Ginot</p>
<p>Au prologue, deux registres sont superposés, le supérieur, vaste scène, un rideau héraldique, est réservé au majordome, grotesque, dominateur par procuration, celui du bas constituant la fosse, exigüe, où s’affairent les artistes, soumis, dont le chant est le mode d’expression. Tout ce petit monde s’agite, s’observe, se juge, réagit aux caprices de l’invisible ordonnateur. La finesse d’observation, la vérité psychologique et dramatique, tout droit héritées de notre Molière, relèvent du grand art. Hofmannstahl et Strauss connaissaient bien ce microcosme, s’en amusent et nous font partager leur plaisir. L’opéra, au décor changeant, se déroulera sur une scène surélevée, propre à la gravité du sujet : Ariane, abandonnée par Thésée, chante son désespoir et aspire à la mort, jusqu’à ce que Zerbinette lui rende goût à la vie, et à Bacchus. Aux quatre personnages de la <em>commedia dell’ arte</em> répondront les trois nymphes de l’opéra… La direction d’acteurs est millimétrée : les gestes ritualisés, figés de ces dernières, correspondent aux mouvements tout aussi conventionnels des bouffons. L’apparition d’un Hermès athlétique, acrobate, participe aussi à cette galerie riche en références. De l’irrésistible maître à danser (<strong>Manuel Nuñez Camelino</strong>) venu du <em>Bourgeois gentilhomme</em>, au perruquier (<strong>Jean Philippe Elleouët-Molina</strong>) avec lequel le Ténor/Bacchus aura maille à partir, la comédie est un régal. L’air du premier, accompagné des rires goguenards des clarinettes, a-t-il été plus juste ?</p>
<p>Trois voix féminines dominent : Celle du compositeur pour le prologue tout d’abord. La jeune mezzo <strong>Hongni Wu</strong> est une révélation, d’autant que c’est une remarquable prise de rôle. Entre exaltation créatrice et angoisse existentielle, son émotion nous empoigne. Son « Eselsgesicht ! », « Du, Venussohn » sont un pur bonheur. A retenir, le grain de sa voix, fraîche, sonore, charnue, épanouie et sûre. Est-il figures à la fois plus différentes et pourtant si proches par leur solitude qu’Ariane et Zerbinette ? Ce soir, ce sont deux straussiennes aguerries qui retrouvent des emplois qui leur sont familiers. L’infidèle et sémillante Zerbinette, <strong>Hila Fatima</strong>, a ce soupçon de gouaille et de désinvolture qui convient. La voix, légère, qui se rit des coloratures, pour être moins riche que celle de références connues, ne manque pas de qualités. Délurée, appétissante, son jeu dramatique réjouit (son air du catalogue), y compris dans l’opéra où ses accents nous touchent. C’est peut-être dans ses deux duos que nous l’apprécions le plus, celui avec le compositeur au prologue, celui avec Ariane ensuite jusqu’à la mélancolie de sa dernière réplique. La <em>primadonna</em> capricieuse du début, muée en Ariane, est confiée à <strong>Katherine Broderick</strong>. Le grand soprano lyrique familier de Wagner comme de Strauss a toutes les qualités requises sinon, inattendue, une certaine retenue, certainement délibérée. Enfermée dans sa douleur, son « Es gibt ein Reich » nous émeut, jusqu’à la métamorphose qui clôt l’ouvrage. <strong>Julie Pasturaud </strong>(la Dryade), voix riche, puissante et longue, soutient l’ensemble des nymphes, qui forment un trio d’exception (avec <strong>Norma Nahoun</strong> et <strong>Samantha Gaul</strong>) d’une entente et d’un équilibre parfaits.</p>
<p>Parmi les rôles masculins, le Ténor/Bacchus que nous vaut <strong>Robert Watson</strong> est impressionnant, et l’on se prend à regretter que la partition ne le sollicite pleinement qu’à la fin. Après son altercation avec le perruquier, la mise en scène le traite en objet fantasmé, et notre ténor ne peut compter que sur ses moyens vocaux pour lui donner vie. Superbe est la voix, d’ampleur, de noblesse, de projection comme de soutien. Le timbre est extraordinairement riche, chaleureux, les aigus insolents. Un « Circe, kannst du nicht hören » et un duo final d’anthologie. Le maître de musique, l’officier, le laquais, chacun devrait être cité, aucun ne démérite. Le majordome que campe <strong>Florian Carove</strong>, est délibérément grotesque, imbu de sa fonction, à la voix recto-tono haut perchée, au débit rapide et à l’accent savoureux. Arlequin, Scaramouche, Truffaldin et Brighella, les quatre amants de Zerbinette, forment un ensemble réussi, tant vocalement qu’au niveau de la gestuelle. La chanson d’Arlequin « Lieben, Hassen, Hoffen, Zagen » ne passe pas inaperçue.</p>
<p>Avant tout, on doit la réussite musicale de cette production à <strong>Christian Arming</strong>, dont on connaît la carrière internationale. Il se montre un merveilleux straussien : son attention à chacun, la fluidité de sa direction – essentielle au prologue – la volupté, le raffinement, la sensualité jusqu’à l’ivresse que nous vaut l’Orchestre national Montpellier Occitanie, n’appellent que l’admiration. L’atmosphère chambriste est constante, y compris dans les passages les plus intenses. Dans la merveilleuse ouverture de l’opéra, les cordes chantent (comme le chef), à l’égal de <em>Capriccio</em> ou des <em>Quatre derniers Lieder</em>, le lyrisme juste, avec la clarté comme la plénitude, les phrasés attendus, c’est un bonheur constant, d’autant que les bois, délicieux, fruités, puis les cuivres y ajoutent leurs couleurs. Au point que l’on se prend à penser que l’orchestre est au moins aussi captivant que les voix, malgré toutes leurs réelles qualités.</p>
<p> </p>
<p>(*) les chanteurs et le chef relèvent d’une bonne dizaine de nationalités.</p>
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		<title>WAGNER, Tristan und Isolde — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-montpellier-le-jour-et-la-nuit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Jan 2019 08:34:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le jour et la nuit, ces deux éléments structurants du texte wagnérien de Tristan und Isolde, décrivent avec évidence cette version de concert donnée à l’Opéra Berlioz de Montpellier. Pour profiter d’un troisième acte de haute tenue, mené par le Tristan révolté de Stefan Vinke et la baguette pathétique de Michael Schønwandt, il aura fallu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le jour et la nuit, ces deux éléments structurants du texte wagnérien de <em>Tristan und Isolde</em>, décrivent avec évidence cette version de concert donnée à l’Opéra Berlioz de Montpellier. Pour profiter d’un troisième acte de haute tenue, mené par le Tristan révolté de<strong> Stefan Vinke</strong> et la baguette pathétique de <strong>Michael Schønwandt</strong>, il aura fallu endurer un premier acte à l’ouverture maniérée, un Tristan fâché avec la justesse et une Isolde trémulante dans le médium et acide dès les premières marches du registre supérieur.</p>
<p>	L’orchestre lui aussi présente une face de Janus : somptuosité des cordes, les violoncelles en premier lieu, et des cuivres aussi rigoureux qu’une petite harmonie qui se désagrège jusqu’à oublier tout à fait les dernières mesures de la reprise de l’accord de Tristan à la fin du monologue du roi Marke. Heureusement le directeur musical de l’orchestre national Montpellier Occitanie impose dès les premières imprécations d’Isolde une dynamique toute autre que ce prélude étiré comme une noix de beurre trop chiche pour la tartine sur laquelle on tente de l’étaler. Surtout il peut s’appuyer sur des solistes en état de grâce : le premier violon et l’alto se chantent une romance toute érotique pendant les appels de Brangäne et pleurent Isolde avec nostalgie au diapason de Tristan agonisant. Depuis la coulisse ouverte, le cor entêtant égrène sa mélopée morbide.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="302" src="/sites/default/files/styles/large/public/10._tristan_isolde_oonm_marc_ginot.jpg?itok=Dq8kZ2e4" title="© Marc Ginot" width="468" /><br />
	© Marc Ginot<br />
	 </p>
<p>Dommage donc que les deux premiers actes nous laissent en état de frustration. La Brangäne de la chevronnée <strong>Karen Cargill </strong>ne se départira jamais d’une émission nasale, même si la fréquentation du rôle et le métier de diseuse de la britannique soutiennent l’interprétation. Au deuxième acte, ses premiers appels, pourtant placés en scène et non en coulisses, manquent de souffle et de volume pour se marier avec les délices des solistes. Guère de problème pour <strong>Jochen Kupfer</strong> dont les moyens impressionnent. Son Kurwenal en impose à tous. Le problème est que cela ne l’incite nullement à la sobriété et qu’il passe à côté de la vérité du rôle par ses excès de grandiloquence qui lui font hoqueter son texte. Bien plus justes en comparaison s’avèrent <strong>Paul Curievici</strong> (Melot) et <strong>Jean-Philippe Elleouet-Molina</strong> (un pilote) dont les courtes interventions sont appliquées. Mention spéciale pour la chanson du marin au beau lyrisme de <strong>Yu Shao</strong>, aussi interprète du berger du dernier acte. <strong>Stephen Milling</strong> s’impose comme l’un des meilleurs Marke que l’on ait entendu ses dernières années, n’était un aigu un rien amenuisé. La voix profonde et chaleureuse se pare de mille couleurs et effets. La diction superlative et la sobriété de l’interprète s’allient à ses qualités. Voici un roi Marke amoureux tant de son ami que de sa promise, dont la douleur sourd au détour d’un reproche ou écume au bord d’une lèvre agitée d’un spasme.</p>
<p>	<strong>Katherine Broderick </strong>dont la carrière commence à prendre de l’ampleur et qui a fait le choix judicieux d’intégrer à Karlsruhe la troupe d’un théâtre allemand solide, s’attaque donc à Isolde. Elle en possède certainement le tempérament et il faut mettre à son crédit une très belle caractérisation qui fait de son récit et de sa malédiction au premier acte un des temps forts de son interprétation. Pourtant, à l’heure actuelle, on doute de l’adéquation de ses moyens avec ceux – extrêmes – qu’exige la princesse irlandaise. Très vite, le vibrato vient entacher un médium pourtant étoffé, les graves s’amenuisent à mesure que l’aigu s’acidifie. Avec intelligence, elle joue de ces aigreurs pour marquer la colère et l’ironie de son personnage mais au deuxième acte, le duo manque tout à fait de lyrisme et de douceur. Même dichotomie au retour du second entracte, la déploration initiale retrouve les couleurs qu’il faut avant que l’endurance ne vienne manquer dans une <em>Liebestod</em> d’un prosaïsme achevé, à l’opposé de la magnificence atteinte par l’orchestre.</p>
<p>	Stefan Vinke quant à lui, chante quasiment faux tout le premier acte et ne sait opposer qu’un timbre nasalisé à l’extrême pendant le duo du deuxième. On craint très vite une dernière partie au calvaire. Ce crépuscule sera le salut d’un interprète qui rejoint donc ceux qui s’économisent pendant les deux tiers de l’œuvre pour se consumer dans le dernier. Le premier monologue manque encore un rien d’abandon, reproche que la vaillance et les déchirements du deuxième viennent balayer. Certes, quelques vulgarités et consonnes crachées ne sont pas du plus bel effet, mais jamais la vaillance ne lui fera défaut sans que pour autant l’on ait l’impression que Tristan meurt en pleine forme. Surtout, Stefan Vinke dépasse l’ingratitude de son timbre et fait frissonner le lyrisme et l’amour dans ses appels déchirant à Isolde.</p>
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