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	<title>Erika GAL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Erika GAL - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Götterdämmerung &#8211; Budapest</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-budapest/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Douze minutes, montre en main. C’est la durée, rarement constatée de nos jours, des applaudissements en cette fin de Crépuscule, fin de Tétralogie et surtout fin du dernier Ring (le vingtième !) dirigé par Ádám Fischer au Müpa de Budapest. Le public ne s’y est donc pas trompé et a appelé et rappelé le chef, visiblement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Douze minutes, montre en main. C’est la durée, rarement constatée de nos jours, des applaudissements en cette fin de <em>Crépuscule</em>, fin de Tétralogie et surtout fin du dernier <em>Ring</em> (le vingtième !) dirigé par <strong>Ádám Fischer</strong> au Müpa de Budapest. Le public ne s’y est donc pas trompé et a appelé et rappelé le chef, visiblement ému, sur la scène, pour le saluer comme il se doit et comme il le mérite. Des fleurs pour lui, l’orchestre au complet pour lui, qui se fraie un chemin sur la petite scène de l’immense salle Bélá Bartok, et un public debout, du parterre au troisième balcon pour une longue ovation. Une fois encore, on ne voit pas de siège vide (en revanche on voit un public jeune, c’est réjouissant, et même quelques très jeunes enfants).</p>
<p>Fischer a dit qu’il reviendrait diriger ici, mais plus de Tétralogie, il va laisser cela à plus jeune que lui : on le sait maintenant et officiellement, c’est <strong>Martin Rajna</strong> qui va prendre sa succession à la tête du Festival Wagner. Né en 1995, Rajna est actuellement chef principal de l’Opéra d’État de Hongrie et sera directeur musical de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg à partir de la saison 2026/27. Ici il sera forcément très attendu pour sa première Tétralogie, mais ce ne sera pas l’an prochain, car le programme, qu’il n’a pas conçu bien sûr, ne prévoit pas de <em>Ring</em> en 2027.<br />Fischer pourra être fier du travail accompli avec l’Orchestre philharmonique de la radio hongroise. Dans cette troisième journée de l’<em>Anneau</em>, les pages pour orchestre seul ne manquent pas, du prologue au troisième acte – et on s’est réjoui d’entendre un son si « germanique », authentique, avec des cordes précises, soyeuses, remarquables d’un bout à l’autre ; et puis des bois et des percussions qui se sont hissés à la hauteur. Nous retiendrons deux moments forts ; le long et poignant interlude entre le prologue et le premier acte et la Marche funèbre, passage obligé pour tout orchestre qui se prétend wagnérien. Qu’il nous soit toutefois permis de redire ce qui nous avions déjà noté pour <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-budapest/"><em>Rheingold</em></a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-budapest/"><em>Walküre</em></a> : l’insuffisance des cuivres, des cors précisément. Autant pour <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-budapest/"><em>Siegfried</em></a>, tout avait semblé rentrer dans l’ordre, autant ce soir les problèmes se sont multipliés : problèmes de justesse, fausse note, synchronisation défaillante, la marge de progrès, comme on dit pudiquement, est réelle de ce côté.</p>
<p>Le quatrième volet de la Tétralogie selon <strong>Hartmut Schörghofer</strong> est celui qui est le plus « mis en scène ». Rappelons que par la configuration des lieux, Schörghofer propose officiellement une version semi-scénique. Pas de décors en dur, pas de costumes. Mais des images vidéo-projetées, et des chanteurs habillés comme s’ils étaient en récital.<br />Ce soir cependant, il y a davantage de mouvements sur scène, d’entrées et de sorties, côté cour, côté jardin et même par une trappe sur l’estrade. Il n’y a certes pas d’accessoire (on doit tout deviner, les élixirs, les armes, le heaume, le cheval, les corbeaux), mais la lisibilité de l’ensemble, entretenue par des surtitres généreux (en trois langues : à gauche le hongrois, au centre l’allemand et à droite l’anglais, tout cela est très confortable) ne pâtit en rien.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2iDWAdQA-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-216184"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Nagy Attila</sub></figcaption></figure>


<p>Il nous appartient de juger sur pièce ce<em> Crépuscule</em> et lui seul, mais on ne peut cacher une certaine gêne à voir apparaître un tout autre Siegfried que la veille et… une troisième Brünnhilde (après celles des deux premières journées !)  Le Siegfried de ce soir, <strong>Stefan Vinke</strong>, connaît parfaitement un rôle qu’il a tenu (ainsi que le rôle-titre de <em>Siegfried</em>) à Bayreuth de 2015 à 2017, avant de passer à Loge en 2020, son dernier engagement sur la Colline. La vaillance n’est plus tout à fait celle de naguère, mais demeurent quelques belles envolées (le grand récit du III)… portées par une voix percutante. C’est davantage la crédibilité du personnage (Siegfried en surhomme grisonnant !?) qui fait d’autant plus défaut que les personnages ne sont pas costumés et à peine maquillés. </p>
<p>La troisième Brünnhilde de ce Ring est certainement la plus émouvante – il faut dire que son personnage ne peut qu’inspirer l’empathie. Nous découvrons <strong>Daniela Köhler</strong> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-ring-des-nibelungen-zurich/">qui a surtout brillé en Sieglinde</a> (elle a aussi chanté Helmwige en ses débuts wagnériens) et qui s’attaque ici à une partie autrement plus abrupte.  Ce qui frappe le plus c’est la présence, l’incarnation d’une femme d’abord amoureuse (prologue), puis déconcertée, désespérée et finalement dévastée. Nous suivons l’évolution psychologique du personnage par la seule force de sa présence, des expressions de son visage, tout cela est très impressionnant. Comme est impressionnante la puissance d’une voix (le quadruple « Heil ! » du prologue) qui, même dans les <em>fortissimi</em>, ne cesse de chanter : il n’y pas l’ombre d’un excès dans la projection. Le final est touchant, l’émotion affleure au moment du sacrifice (« Wie Sonne lauter strahlt mir sein Licht »). </p>
<p>Nous attendions <strong>Albert Pesendorfer</strong> au tournant en Hagen après qu’il ait été un Hunding de choc. Et nous ne sommes pas déçus. On ne pourrait imaginer meilleure adéquation entre la voix et le personnage sans doute le plus noir de la Tétralogie. Il en faut de la vaillance pour incarner le mal à ce point-là et Pesendorfer n’en manque pas : ses « Hoi ho ! » répétés sont terrifiants et font froid dans le dos ; il faut l’entendre surpasser en puissance le chœur au II (tout de même 50 hommes et 14 femmes) quelle énergie ! <br />Autre magnifique découverte, la Waltraute de <strong>Szilvia Vörös</strong> ; jeune et déjà wagnérienne dans l’âme, la scène avec Brünnhilde et le monologue du I sont captivants, portés à la fois par la vaillance et la personnalité d’une voix à suivre. Gutrune (<strong>Lilla Horti</strong> avait déjà été Freia dans le Prologue), Gunther (<strong>Birger Radde</strong>) et Alberich (<strong>Jochen Schmeckenbecher</strong>) sont irréprochables et plus que cela. Nous retrouvons les trois Rheintöchter, aussi séduisantes que dans <em>Rheingold</em>, et découvrons en <strong>Erika Gál</strong> (déjà une formidable Erda), <strong>Andrea Szántó</strong> et <strong>Andrea Brassói-Jörös</strong> trois Nornes qui savent relever le défi d’une intervention aussi brève que périlleuse.</p>
<p>Au final, grâce à Ádám Fischer vénéré ici comme un demi-dieu, nous tenons un <em>Ring des Nibelungen</em> de qualité, sur une scène réduite, mais suffisante grâce à l’intelligence de la mise en espace.  Nous pourrions formuler le vœu de réunir à l’avenir une distribution plus homogène pour les rôles de Wotan et Brünnhilde, quitte à étaler l’ensemble du cycle sur cinq ou six jours.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-budapest/">WAGNER, Götterdämmerung &#8211; Budapest</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Siegfried &#8211; Budapest</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-budapest/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jun 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une tétralogie au pas de course que proposent les Wagner Days ou Festival Wagner de Budapest, dans l’imposant bâtiment du Müveszetek Palotája (Palais des Arts). Au pas de course car, comme il est de tradition depuis de nombreuses années, le Ring en question se tient sur quatre soirs consécutifs, une gageure. La première fois &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une tétralogie au pas de course que proposent les Wagner Days ou Festival Wagner de Budapest, dans l’imposant bâtiment du Müveszetek Palotája (Palais des Arts). Au pas de course car, comme il est de tradition depuis de nombreuses années, le <em>Ring</em> en question se tient sur quatre soirs consécutifs, une gageure. La première fois que cela s’est produit ici, c’était du 7 au 10 juin 2007 ; en 2008 autre cycle complet, en 2009 deux cycles, etc… jusqu’en cette année 2026. Et à chaque fois sur quatre jours, avec une exception et une seule sur les vingt cycles donnés, en 2012, où il fut présenté en six jours. Comme toute organisation elle a ses avantages et ses travers. Pour le festivalier, s’immerger dans les quinze heures de musique sur quatre jours, c’est un festin de roi. On a à peine le temps de digérer le menu qu’on passe déjà au suivant !</p>
<p>Artistiquement c’est une autre paire de manches. Où trouve-t-on, aujourd’hui un chanteur capable d’être Wotan dans trois partitions différentes trois soirs de suite ? Où trouve-t-on aujourd’hui une chanteuse en capacité d’incarner Brünnhilde dans trois partitions différentes trois soirées consécutivement ? Cela s’est-il déjà fait ? Ce serait intéressant de le savoir, mais nous n’en avons pas trouvé trace. A Bayreuth, modèle initiatique entre tous, jamais. Dès la première édition, le ton était donné et une journée de repos était intercalée entre <em>Walküre</em> et <em>Siegfried</em>. Il n’est pas rare aujourd’hui que les Tétralogies bavaroises s’étalent davantage encore. En cette année jubilaire 2026 par exemple, deux cycles sont prévus en juillet et août sur six jours chacun. C’est très raisonnable pour permettre de souffler aux chanteurs interprétant les deux seuls rôles présents sur trois pièces consécutives (Alberich est présent aussi dans trois pièces, mais non consécutivement et c&rsquo;est un rôle bien moins lourd dans <em>Götterdämmerung</em>),  et quels rôles ! Ceux de Wotan et Brünnhilde. Donc, à Budapest non plus on n’a pas trouvé les oiseaux rares et Wotan appellera deux chanteurs et Brünnhilde même trois cantatrices !</p>
<p>Nous assistons ce soir à <em>Siegfried</em>. Hier et avant-hier, notre Wotan était Tomasz Koniecsny, ce soir c’est <strong>Derek Welton</strong>. Hier, Brünnhilde était Elisabet Strid, ce soir c’est <strong>Magdalena Anna Hofmann</strong> (qui, du reste était Sieglinde hier !). Tout cela serait anecdotique si ce n’était pas perturbant. Or ça l’est pour une bonne raison : les profils des chanteurs sont tellement différents qu’on a peine à se figurer qu’il s’agit en réalité des mêmes personnages. Ce soir, c&rsquo;est vraiment changement de décor.</p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/siegfried_PJ_079-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1782682587536" />©János Postósz</p>
<p>Commençons par Wotan / Der Wanderer. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-budapest/">Hier</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-budapest/">avant-hier</a> nous avions un dieu des dieux inoxydable, imperturbable, inébranlable, la virilité incarnée. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le même personnage. <strong>Derek Welton</strong>, qui a triomphé à Paris avec ce rôle, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cinq-questions-a-derek-welton-jai-toujours-ete-fascine-par-la-psychologie-des-personnages-malefiques/">comme il s’en est expliqué</a>, ose montrer toutes les faiblesses du dieu des dieux. Wotan pressent, dès le Prologue du Ring, que le Crépuscule des dieux est à venir. Welton, avec toute l’autorité qui est la sienne et qu’il dramatise admirablement, notamment en ouverture du III dans sa confrontation avec Erda, montre dans l’opposition d’une toute autre nature, celle avec Siegfried, toujours au III, que sa propre divinité a trouvé ses limites. La voix sait être chaude et intime – on aimerait beaucoup l’entendre dans le III de <em>Walküre</em> – en plus d’être puissante et toute d’autorité.</p>
<p>Continuons avec Brünnhilde : hier nous avions une Walkyrie toute de finesse, de prévenance envers son père et Sieglinde. Aujourd’hui, avec <strong>Magdalena Anna Hofmann</strong>, nous avons la Walkyrie casquée, telle qu&rsquo;on l&rsquo;a souvent caricaturée ! La vaillante, la guerrière, qui ne se laisse pas prendre comme cela. La voix est tranchante, ne laisse pas de place au doute, à la nuance – c’est à prendre ou à laisser. Terrible rôle qui commence dans la dernière demi-heure, va crescendo et culmine en un admirable duo d’amour. Quelle force, quelle vitalité chez Hofmann !</p>
<p>Avec ces deux exemples tout est dit des limites de l’exercice d’une tétralogie en quatre jours dans ces conditions. Pour autant, ce <em>Siegfried</em>, nous aura permis de monter d’un cran dans la qualité de la production. A commencer par l’orchestre symphonique de la radio hongroise, dirigé par <strong>Ádám Fischer</strong>. Le chef, qui passera le relais à la direction du festival cette année, est systématiquement et bruyamment ovationné à chaque début d’acte, sans parler des saluts de baisser de rideau. Ce soir, rien à redire. Les cuivres, coupables d’imprécision lors des deux premières soirées, brillent sans défaut. Ils prennent enfin toute leur place et viennent à bout d’une partition exigeante et souvent périlleuse. Les cordes sonnent encore à merveille ; Fischer connaît son Wagner sur le bout des doigts, ce qui ne l’empêche pas de prêter une attention de tous les instants à sa fosse et ses chanteurs. Nous aimons particulièrement les <em>tempi</em> ralentis dans les moments de haute intensité dramatique (par exemple la scène des énigmes au II), moments dans lesquels toutes les subtilités de l’orchestration sont plus aisément perceptibles.</p>
<p>Nous retrouvons quatre personnages déjà croisés, qui confirment tout le bien qu’il faut en penser. <strong>Erika Gál</strong> est une Erda avec un rôle moins sommaire que dans le Prologue. On comprend le parti pris de la mise en scène de ne la faire apparaître que par le biais de la vidéo. Toutefois cela implique qu’elle chante derrière les panneaux en fond de scène et c’est tout de même bien dommage, tant le timbre et l’articulation sont séduisants.<br />
<strong>Sorin Coliban</strong> (Fafner) a lui aussi un rôle autrement plus consistant que dans <em>Rheingold</em>. Sa voix d’outre-tombe fait qu’on l’imagine bien dans le rôle du dragon affalé sur son tas d’or. Il use du porte-voix sans en abuser, belle prestation. Les deux faux-frères Mime (<strong>Jürgen Sacher</strong>) et Alberich (<strong>Jochen Schmeckenbecher</strong>), avant de s’entretuer, confrontent deux lignes de chant très différentes. Beaucoup d’afféterie chez Mime qu’on aurait envie de souffleter, beaucoup de rouerie chez Alberich, dont on pressent  qu’on va encore entendre parler de lui, et pas forcément en bien…<br />
Et enfin deux nouveaux personnages : l’oiseau de <strong>Zita Szemere</strong> à l’aigu facile et léger ; qu’elle fait du bien cette légèreté, surtout quand elle semble tomber du ciel (en réalité du deuxième balcon ) !</p>
<p>Et puis le rôle-titre, tenu ce soir par <strong>Magnus Vigilius</strong>. Le ténor danois se rapproche du <em>Heldentenor</em> ; il campe un Siegfried jeune, enthousiaste, presque enfantin parfois. La voix est claire et forte, elle s’impose dans l’immense salle du Müpa, au prix d’efforts certes mais d&rsquo;efforts payants. On a connu des Siegfried plus imposants, mais cette humanité (nous ne parlerons pas de fragilité) dans la scène finale colore le personnage de façon pertinente.</p>
<p>La semi-mise en scène de <strong>Hartmut Schörghofer</strong> repose toujours sur les mêmes principes : les décors sont vidéo-projetés et permettent de limiter les accessoires au strict minimum : il n’y a pas de forge, pas d’épée (une feuille de papier en tient lieu on se demande bien pourquoi), le dragon Fafner est un Wurm de bande-dessinée, pas très crédible. Quelques bonnes idées : Mime use d’une marionnette pour signifier les moments où Siegfried entend ses pensées. Enfin le réveil de Brünnhilde est bien rendu par la vidéo-projection. Le brasier se réduit lentement et le rocher où repose la Walkyrie se dessine petit à petit. Puis on voit apparaître la silhouette de Brünnhilde avant que celle-ci prenne chair et se rapproche de son héros.</p>
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		<title>WAGNER, Das Rheingold &#8211; Budapest</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-budapest/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2026 07:48:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>2026 est une année particulière à plus d’un titre pour les Budapesti Wagner-napok, le Festival Wagner de Budapest, sur la rive gauche du Danube. Il célèbre en effet cette année à la fois ses vingt ans d’existence, il honore l’année jubilaire des 150 ans du festival de Bayreuth en proposant une tétralogie complète en quatre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>2026 est une année particulière à plus d’un titre pour les <em>Budapesti Wagner-napok</em>, le Festival Wagner de Budapest, sur la rive gauche du Danube. Il célèbre en effet cette année à la fois ses vingt ans d’existence, il honore l’année jubilaire des 150 ans du festival de Bayreuth en proposant une tétralogie complète en quatre jours (!) et, surtout, il célèbre son maître fondateur, le chef d’orchestre<strong> Ádám Fischer</strong>, qui, ayant décidé (il aura 77 ans en septembre) de passer la main, dirige pour la dernière fois en tant que directeur dans le Béla Bartók National Concert Hall du Müpa de Budapest. Pour finir en beauté et honorer comme il se doit les 150 ans du Ring (on rappellera pour l’anecdote que la toute première tétralogie des 13, 14, 16 et 17 août 1876 était dirigée par un chef hongrois, Hans Richter), il en conduit deux cycles complets, nous assistons au second.<br />
Un mot sur les liens indéfectibles qui unissent Fischer et ce festival qu’il a créé en 2006. Le destin d’Ádám Fischer a été fortement lié à celui de l’ancien premier ministre hongrois Viktor Orbán. Le chef d’orchestre a toujours été critique envers le premier ministre en exercice et, en 2010, il a démissionné à grands fracas de son poste de directeur de l’opéra de Budapest, position qu’il tenait depuis trois ans, pour dénoncer le retour au pouvoir d’Orbán et ce qu’il considérait comme des ingérences de sa part dans son travail (et notamment les nominations) à l’Opéra. Toutefois, le festival Wagner a constamment bénéficié du soutien de l’Etat, même entre 2010 et 2026, sous le mandat d’Orbán.<br />
Lorsqu’il crée ce festival en 2006 avec <em>Parsifal</em>, Fischer ne prétend évidemment pas concurrencer Bayreuth : il s’agit de produire des opéras en versions semi-scéniques ou scéniques et surtout de bénéficier de l’exceptionnelle acoustique de la salle Béla Bartók (qui compte 1656 places). C’est justement pour cette salle que le metteur en scène <strong>Hartmut Schörghofer</strong> a conçu sa tétralogie. Ne s’agissant pas d’une salle d’opéra avec toute la machinerie afférente, Schörghofer a imaginé un langage fondé sur les projections vidéo, le théâtre d&rsquo;ombres, les marionnettes, les danseurs et un dispositif scénique très flexible avec pour ainsi dire pas de décors : ainsi pour ce prologue de l’<em>Anneau</em> <em>du Nibelung</em>, nous n’avons droit qu’à une estrade sur laquelle monte alternativement les chanteurs (qui ne sont pas costumés si ce n’est en…récitalistes) et, comme fond de scène, des panneaux sur lesquels sont projetés soit des vidéos, soit des jeux d’ombres chinoises.<br />
Le premier <em>Ring</em> complet signé Schörghofer a été créé en 2008. Il a depuis été repris régulièrement et partiellement et des aménagements techniques dans la mise en scène ont été apportés. On peut dire qu’il s’agit d’un « Ring maison », aucune autre production n’ayant été proposée <em>in loco</em>.<br />
Schörghofer ne prétend ni révolutionner, ni interpréter l’<em>Anneau</em>. Il s’agit davantage d’adapter l’œuvre à une scène qui n’est pas une scène d’opéra. Et pour cela, l’outil vidéo va jouer un rôle prépondérant. C’est grâce à lui que seront figurés les décors : l’eau du Rhin avec des images très réussies des trois Filles s’y baignant, les montagnes qui abriteront le Walhalla, l’arc-en-ciel qui au dernier tableau servira de pont vers la résidence de Wotan. En revanche le Nibelheim ne sera pas vraiment représenté. Les jeux de lumières se projetant sur les panneaux en fond de scène sont esthétiquement de très bon goût et bien utilisés pour figurer des moments où, souvent, les metteurs en scène se cassent les dents. Citons-en deux, particulièrement réussis : la transformation d’Alberich en dragon puis en crapeau, se fait en ombres chinoises et c’est confondant de justesse. Et puis il y a Freia, dont l’ombre chinoise là encore va comme disparaître derrière l’or figuré par la couleur que revêtira sa silhouette.</p>
<p>Ádám Fischer possède avec l’orchestre symphonique de la radio hongroise un bel outil, dont il tire certainement le meilleur. La lecture de la partition est limpide, les intermèdes symphoniques entre les tableaux permettent de garder permanente la tension dramatique. Nous retenons bien sûr les 134 mesures initiales, arpégées en mi bémol, qui vont sous-tendre finalement tout le premier tableau. Commencées dans le noir complet (Fischer utilise un pointeur électrique pour battre la mesure), elles nous plongent d’emblée dans les eaux du Rhin. La fosse d’orchestre déborde (trois harpes sont perchées au deuxième balcon), les cordes sont magnifiques, on n’évitera pas quelques approximations des cuivres à certains moments pourtant sensibles. Nous avons hâte d’entendre la vision de Fischer dans les trois prochaines journées.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/rajna_PJ_090-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1782545669064" /></pre>
<pre style="text-align: center;">© János Postósz</pre>
<p>Le plateau vocal est homogène et appellera des ovations méritées en fin de partie. Tout commence superbement avec les Filles du Rhin. Woglinde (<strong>Orsolya Sáfár</strong>) a le soprano moqueur, Wellgunde (<strong>Gabriella Fodor,</strong> qui sera la Waltraute de <em>Walküre</em>) confine au mezzo et Flosshilde (<strong>Zsófia Kálnay</strong>) possède un mezzo qui confine à l’alto. Tout cela est bien en place, c’est agile, léger et crédible. Les frères Donner (<strong>Csaba</strong> <strong>Szegedi</strong>) et Froh (<strong>Zoltán Megyesi</strong>), Mime (<strong>Jürgen Sacher</strong>), Erda (<strong>Erika Gál</strong>, qui malheureusement nous fera parvenir son monologue du quatrième tableau depuis les coulisses avec image projetée), montrent tout le soin porté à la distribution des rôles seconds.<br />
Fasolt (<strong>Tijl Faveyts</strong>), avant de perdre sa superbe, aura fait montre d’une basse claire et bien portée, tandis que le faux-frère Fafner (<strong>Sorin Coliban</strong>) montre déjà toute la noirceur du personnage (on l’attend bien sûr dans sa partie plus consistante de <em>Siegfried</em>).<br />
<strong>Lilla Horti</strong> est une Freia toute frêle et parfaite en victime non consentante – la voix cependant est toute d’autorité. <strong>Norbert Ernst</strong> a pris quelque temps pour entrer pleinement dans le jeu de Loge ; d’abord emprunté, il donne la pleine mesure dans les deux dernières scènes.<br />
<strong>Atala Schöck</strong> (Fricka) aura davantage convaincu dans le premier tableau que dans le dernier. Sa première apparition est splendide avec une présence attentive et un mezzo vraiment envoûtant. La longue pause avant le quatrième tableau ne lui aura pas été bénéfique, les graves apparaissant davantage poitrinés. Ceci dit, il nous tarde de l’entendre dans sa partie autrement redoutable de Fricka dans <em>Walküre</em>.<br />
<strong>Jochen Schmeckenbecher</strong> possède le rôle d’Alberich sur le bout des doigts. Du premier au dernier tableau il brosse le tableau du fourbe parfait grâce à une voix qu’il tortille dans tous les sens et qui, à elle seule, montre toutes les facettes de la vilénie d’Alberich.<br />
Quant à <strong>Tomasz Konieczny</strong>, il est le Wotan tutélaire du Festival Wagner de Budapest. Présent dès 2007 (<em>Die Walküre</em>), il aura participé à 8 représentations en Wotan et deux en Wanderer. Présence magnifique, il apparaît sur scène un peu emprunté dans cette version semi-scénique et l’on sent que l’acteur en lui aimerait donner une pleine mesure. La voix sait être tour à tour chaude ou glaciale. Les faiblesses du personnage qui se révèleront davantage dans les deux prochaines journées, affleurent déjà sous le masque d’airain.</p>
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