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	<title>Ewa VESIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Ewa VESIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Nabucco &#8211; Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-luxembourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Déjà évoquée dans nos colonnes lors de sa création à Genève  en juin 2023, cette production internationale de Nabucco est visiblement une opération ambitieuse et ayant nécessité de gros budgets. Confié à une metteuse en scène brésilienne déjà célèbre comme cinéaste engagée ou auteure d’installations, le spectacle repose sur un dispositif scénique particulièrement dépouillé, basé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Déjà évoquée dans nos colonnes lors de sa <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-geneve/">création à Genève</a>  en juin 2023, cette production internationale de Nabucco est visiblement une opération ambitieuse et ayant nécessité de gros budgets. Confié à une metteuse en scène brésilienne déjà célèbre comme cinéaste engagée ou auteure d’installations, le spectacle repose sur un dispositif scénique particulièrement dépouillé, basé sur deux énormes miroirs pivotants, l’un reflétant le sol et l’autre la salle, devant lesquels va se dérouler l’intrigue, avec projection de vidéos en surimpression. Ces vidéos reprennent le plus souvent des visages en gros plan, ou des détails de ce qui se passe sous nos yeux, et les vidéastes sont d’ailleurs visibles sur la scène, un peu comme le seraient des reporters de guerre sur le théâtre d’un conflit, mêlés à l’action. Ce sont les souffrances humaines qui sont ici montrées à l’avant-plan, comme conséquences des conflits et de leurs absurdités.</p>
<p>Les lieux ne sont pas définis, c’est le mouvement des personnages et surtout de l’impressionnante masse des chœurs qui crée le spectacle. Visiblement, le propos de la metteuse en scène est clairement d’établir des résonances avec l’époque contemporaine, d’utiliser le livret pour évoquer les conflits d’aujourd’hui et exprimer l’horreur de la guerre où qu’elle naisse. Le chœur est habillé en monsieur et madame tout le monde et quelques choristes sont même répartis dans le public. Le message est clair : bon peuple de Luxembourg, la guerre est aussi votre affaire, qu’elle soit d’Ukraine, de Palestine ou d’Iran, elle vous menace comme Nabucco a menacé Jérusalem, la guerre est universelle, ne dormez pas en paix.</p>
<p>La mise en scène insiste sur la pompe et le grandiose, fait évoluer les principaux intervenants à l’avant-scène sans beaucoup de recherche mais créée grâce à la vidéo des effets de proportion très spectaculaires. Elle provoque l’événement en faisant surgir un véritable lac sur tout l’arrière du plateau, ce qui met les chanteurs en situation peu confortable, les contraignant à s’ébattre en pataugeant comme ils peuvent, voire même à se vautrer dans les flots, et en ressortir trempés jusqu’aux os à la fin de l’acte II. Ils semblent se plier de bonne grâce à cette contrainte, on espère seulement que cette eau est un peu chauffée pour éviter les refroidissements. Un chanteur, c’est fragile…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023A090_Nabucco_PRE_20230609_GTG-Carole_Parodi_HD-0970-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-213429"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Carole Parodi</sup></figcaption></figure>


<p>Tout cela est évidemment assez spectaculaire, suscite de très belles images, mais est finalement peu porteur de sens en regard des contraintes et des risques imposés à toute la distribution.</p>
<p>Dans la fosse, l’orchestre de la Philharmonie de Luxembourg dirigé par <strong>Gaetano</strong> <strong>Lo</strong> <strong>Coco</strong> donne de l’œuvre une version très fidèle à la tradition, avec des tempi relativement lents, globalement de bonne tenue et pleinement au service des chanteurs.</p>
<p>Le casting de fort belle qualité est constitué de grandes voix puissantes, parmi lesquelles on soulignera tout d’abord celle de <strong>Juan</strong> <strong>Jesús</strong> <strong>Rodriguez</strong> et son interprétation remarquable du rôle-titre, remplaçant quasiment au pied levé Daniel Luis de Vincente qui a dû renoncer pour des raisons médicales. Il livre une magnifique prestation lyrique : tantôt effrayant et tantôt pitoyable, il construit son personnage avec une belle intelligence, faisant passer dans la voix ses différents états émotionnels, ce qui ajoute à la complexité du personnage, parfaitement rendue.</p>
<p><strong>Vittorio</strong> <strong>de</strong> <strong>Campo</strong> (Zaccaria) possède lui aussi une voix impressionnante, avec beaucoup de volume dans le registre grave, mais l’émission est un peu engorgée et la diction laisse souvent à désirer. Il confère à son rôle, outre une détermination infaillible, tout ce qu’il faut de grandeur et de majesté, mais on est loin de comprendre tout le texte.</p>
<p>Vaillant et nuancé, l’Ismaele de <strong>Matteo</strong> <strong>Roma </strong>donne pleine satisfaction mais semble de peu de poids face à la soprano polonaise <strong>Ewa</strong> <strong>Vesin</strong> qui campe avec une maestria et une ardeur remarquables une Abigaille déchaînée. La voix est très puissante, la technique irréprochable, elle domine de bout en bout un rôle qui lui va particulièrement bien, maintenant jusqu’au bout de sa prestation une énergie considérable. La jeune mezzo-soprano belge<strong> Lotte</strong> <strong>Verstaen</strong> se montre très crédible dans le petit rôle de Fenena, de même que <strong>Nika</strong> <strong>Guliashvili</strong> dans celui du grand-prêtre, tous les deux parfaitement bien distribués. Le jeune ténor néerlandais <strong>Hugo</strong> <strong>Kampschreur</strong> (Abdallo) a fort belle allure en scène mais semble encore vocalement un peu vert pour cet emploi.</p>
<p>Il faut également souligner le travail du chœur, une soixantaine de chanteurs qui participent pleinement à la mise en scène, et livrent – à deux reprises – une interprétation impressionnante du <em>Va</em> <em>pensiero</em> tant attendu du public. Une première fois là où le compositeur l’a prévu, chanté à l’avant de la scène immobile face au public, et une seconde fois tout à la fin du spectacle, après le grand air et la mort d’Abigaille et après une sorte d’intermède orchestral complètement inattendu – une composition contemporaine due à Antonino Fogliani qui dirigeait la première du spectacle à Genève, chanté cette fois depuis la salle, entièrement a cappella. On en frissonne encore…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-luxembourg/">VERDI, Nabucco &#8211; Luxembourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, Nabucco &#8211; Sanxay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-sanxay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Implantées depuis l’an 2000 en pleine campagne, les Soirées Lyriques de Sanxay représentent aujourd’hui un modèle d’équilibre entre l’ouverture à un public néophyte et l’exigence artistique. En parcourant rétrospectivement les programmes des éditions passées, on trouve nombre de grands noms programmés au festival bien avant leur reconnaissance internationale. Ainsi, la Carmen de 2011 avait pour &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: revert;">Implantées depuis l’an 2000 en pleine campagne, les Soirées Lyriques de Sanxay représentent aujourd’hui un modèle d’équilibre entre l’ouverture à un public néophyte et l’exigence artistique. En parcourant rétrospectivement les programmes des éditions passées, on trouve nombre de grands noms programmés au festival bien avant leur reconnaissance internationale. Ainsi, la Carmen de 2011 avait pour Micaëla une certaine Asmik Grigorian, tandis que le rôle de Morales y était tenu par un tout jeune Florian Sempey. </span><span style="font-size: revert;">Si on recule encore d’un an, on trouve Marianne Crebassa dans le petit rôle de Clotilde (Norma). C’est dans cet héritage d’exigence et de curiosité que s’inscrit la production de <em>Nabucco</em> cette année. On pourra émettre des réserves sur tel ou tel soliste, mais on garde surtout de cette soirée la découverte d’un baryton verdien idéal et la satisfaction d’un plateau aussi bien assorti que complémentaire. À défaut d’avoir les moyens du festival d’Aix-en-Provence ou de l’ONP, il faut le flair d’une bonne direction artistique, à l’écoute de ce qui se fait hors des circuits les plus médiatisés, et dans les concours internationaux.</span></p>
<p>Ainsi le directeur artistique a-t’il découvert <strong>Ariunbaatar Ganbaatar</strong> par la retransmission d’un Nabucco canarien : déjà familier du rôle, le baryton mongol est ce que l’on peut rêver de mieux pour ce répertoire. Avec un chant des plus sains, un legato royal, un italien toujours compréhensible, il dessine un Roi de Babylone captivant de noblesse même dans ses excès. On pourrait gloser longtemps sur l’adéquation exacte de cette voix à l’écriture vocale de baryton verdien, mais on préfère encore mettre en valeur la qualité exemplaire de la ligne, du phrasé, qui fait la marque des grands Nabucco. Son « Dio di Giuda » dans le dernier acte est bouleversant d’humilité et de douceur. Le public français pourra le retrouver pour 3 dates d’un <em>Ballo in Maschera</em> parisien, en Renato face à l’Amelia d’Angela Meade : les prix ne sont pas les mêmes que ceux de Sanxay, mais on ne peut qu’encourager ceux qui le peuvent à aller le découvrir à cette occasion.</p>
<p><figure id="attachment_197038" aria-describedby="caption-attachment-197038" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-197038" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0684-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-197038" class="wp-caption-text">Ewa Vesin<br />©️Jean-Michel Piqué</figcaption></figure></p>
<p>Yvan Beuvard louait en avril l’Abigaille d<strong>’Ewa Vesin</strong> en <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">version de concert à Toulon</a> : il s’agit indéniablement d’une grande artiste, et la princesse qu’elle interprète saisit dès son entrée par sa présence, son port de tête, et bien sûr par l’effet saisissant d’une vraie voix dramatique. Son médium riche en métal, la précision de ses attaques, ainsi que les effets rauques qu’elle utilise dans le grave, contribuent à générer l’effroi d’un personnage rempli de haine, y compris envers elle-même. La soprano polonaise est cependant loin de n’être qu’une voix, il s’agit surtout d’une musicienne intelligente et exigeante, qui creuse les contrastes de son personnage avec de nombreux pianissimi et un phrasé toujours élégant. À l’impossible nul n’est tenu, et si elle possède l’aspect dramatique d’un rôle inchantable, il lui manque ce soir un soupçon d’agilité et des aigus plus assurés, souvent bas à cause de la fatigue. Même si le rôle est secondaire, il faut face à Abigaille une Fenena capable de lui tenir tête tout en se différenciant dans les ensembles : quelle bonne idée que d’avoir donné à <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong> l’occasion de faire sa prise de rôle. La voix n’appelle que des éloges, tant elle est remarquable d’opulence, avec un médium particulièrement sonore et un aigu aisé. Après Meg Page, elle continue d’explorer le répertoire de mezzo verdien avec réussite, annonçant probablement d’autres belles prises de rôle dans la suite de sa carrière. Le troisième rôle féminin, Anna, n’a droit qu’à une intervention solo. C’est un luxe d’avoir <strong>Andreea Soare</strong> pour le défendre, dont le soprano lyrique offre encore une autre couleur qui enrichit les ensembles par sa clarté.</p>
<p>La basse <strong>Dmitry Ulyanov</strong>, qui interprète Zaccaria ce soir, est régulièrement invitée sur les plus grandes scènes européennes. Il assied sans effort l’autorité du Grand Prêtre de Jérusalem par des moyens vocaux considérables, ainsi que par son implication dramatique dans les scènes les plus tendues. Il nous laisse cependant sur notre faim lorsque l’écriture se fait plus belcantiste. La magnifique prière du deuxième acte, « Tu sul labbro », nous paraît ainsi pâtir d’un phrasé trop haché. Le ténor albanais <strong>Klodjan Kaçani</strong>, en revanche, est impeccable de style en Ismaele grâce à son italien très naturel et la couleur d’une voix typiquement latine. <strong>Adrien Mathonat</strong> en Grand-Prêtre de Baal et <strong>Alfred Bironien</strong> en Abdallo complètent une distribution très équilibrée, aussi bien musicalement que dramatiquement.</p>
<p><figure id="attachment_197037" aria-describedby="caption-attachment-197037" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-197037" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0683-1024x636.jpeg" alt="" width="1024" height="636" /><figcaption id="caption-attachment-197037" class="wp-caption-text">©️Jean-Michel Piqué</figcaption></figure></p>
<p>Le <strong>Chœur</strong> et l’<strong>Orchestre des Soirées Lyriques de Sanxay</strong> sont des formations éphémères, même si le directeur artistique rappelle dans son discours la fidélité renouvelée de nombreux musiciens d’année en année. À ce titre, on ne saurait attendre d’eux le son d’ensemble de formations permanentes. On doit cependant saluer le travail de <strong>Valerio Galli</strong> et <strong>Stefano Visconti</strong>, dans une œuvre exigeante, pour parvenir à un résultat aussi précis et engagé, des complexités de mise en place du « Lo vedeste » aux nuances piano de « Va pensiero ».<br />
À la direction, Galli choisit de ne pas outrer les contrastes de l’œuvre ou son caractère démesuré, avec des tempi souvent modérés et une certaine retenue. Presqu’un peu sèche dans l’ouverture, sa direction a le mérite de l’élégance et de la clarté. C’est cependant dans le registre élégiaque qu’on le préfère, où son expérience de chef lyrique lui donne précisément la bonne souplesse pour laisser la ligne de chant se déployer.</p>
<p>La mise en scène d’<strong>Andrea Tocchio</strong> s’inscrit dans une volonté de simplicité dans le rapport aux œuvres qui est la marque du festival : lisibilité et littéralité en sont les principes fondateurs. C’est de là que vient sans doute l’idée de faire appel à un metteur en scène avant tout scénographe et créateur lumières, pour un spectacle visuellement très plaisant. Le décor mobile, plutôt ingénieux, fait référence aux carrelages de la Porte d’Ishtar de la Babylone historique, sans avoir la lourdeur qui peut parfois être celle du carton-pâte. Les costumes d’<strong>Anna Biagiotta</strong> sont un plaisir pour les yeux, à commencer par la tenue d’Abigaille. Dommage que cette lecture au premier degré s’accompagne parfois d’un manque de direction d’acteurs, qui enlève leur impact à certains événements-clés, voire les rend confus (le sauvetage de Fenena par Ismaele particulièrement). C’est moins flagrant dans la deuxième partie du spectacle, notamment grâce à une confrontation Nabucco-Abigaille très incarnée.</p>
<p><figure id="attachment_197036" aria-describedby="caption-attachment-197036" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-197036" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0688-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-197036" class="wp-caption-text">Ewa Vesin, Ariunbaatar Ganbaatar<br />©️Jean-Michel Piqué</figcaption></figure></p>
<p>La production, enthousiasmante à bien des niveaux, récolte un succès mérité auprès du public. Un vote à main levée en ouverture de la soirée aura par ailleurs déterminé à quel point il est en grande partie constituée de fidèles, présents à Sanxay depuis plusieurs années. Il faut dire que ces Soirées Lyriques sont parfaitement implantées dans le territoire, avec plus de 200 bénévoles locaux, impliqués aussi bien dans la construction des décors que dans les stands de nourriture très appréciables avant le concert, ou encore dans l’hébergement des artistes. C’est sans doute ce qui fait l’ambiance si particulière de cette représentation, où l’exigence artistique n’empêche ni la convivialité ni la simplicité. On ne peut alors que souhaiter à ces Soirées Lyriques de Sanxay de continuer dans les prochaines années à battre les records de fréquentation qu’elles ont atteint en 2025.</p>
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		<title>VERDI, Nabucco &#8211; Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-toulon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La rénovation du bâtiment de l’opéra de Toulon a entrainé le déplacement de tous les spectacles de la saison hors les murs. C’est donc au Palais Neptune, qui n’est pas en mesure d’y recevoir les décors, qu’est accueillie cette version de concert de Nabucco. Doit-on s’en plaindre&#160;? Certes, on échappe ainsi aux élucubrations parfois dérangeantes &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La rénovation du bâtiment de l’opéra de Toulon a entrainé le déplacement de tous les spectacles de la saison hors les murs. C’est donc au Palais Neptune, qui n’est pas en mesure d’y recevoir les décors, qu’est accueillie cette version de concert de <em>Nabucco</em>. Doit-on s’en plaindre&nbsp;? Certes, on échappe ainsi aux élucubrations parfois dérangeantes de certaines réalisations. L’orchestre en scène paraît d’une lisibilité, d’une transparence accrues par rapport à sa situation en fosse. On entend tout, subtilement dosé : les traits des bois et des cordes, les contrechants. Enfin, pour un ouvrage populaire dont on connaît la puérilité des situations, on rejoint ainsi l’oratorio, le sujet religieux s’y prêtant, avec des chœurs conséquents et somptueux. Ce soir, du reste, celui de Toulon, rescapé d’une dissolution annoncée, trouve avec les chanteurs de l’Opéra de Nice un partenaire de choix, pour une expression ample qui se passe d’images fortes. On ne décrit plus l’action, bien connue, qui a pour cadre Jérusalem (avec la profanation puis la destruction du Temple) puis Babylone, où les Juifs sont captifs.</p>
<p>Il est exceptionnel que le recrutement de chanteurs permette la constitution d’une équipe aussi complice que celle de ce soir. La distribution – internationale, à la hauteur des exigences –&nbsp;nous comble. Elle accorde une large place à des voix que nous découvrons à cette occasion, ce qui ne manque pas de surprendre. Les premiers emplois, en dehors d&rsquo;Abigaïlle, sont confiés à des familiers de leur personnage, qui n’ont aucun mal à harmoniser leur approche. Quant aux prises des rôles moins exposés, ils confirment les qualités de leurs titulaires, certainement appelés prochainement à s’emparer des « grands ».</p>
<p><b>A</b>ucun ne laisse indifférent, les principaux personnages focalisent l’attention par la vérité de leur incarnation, psychologique et vocale, aux moyens superlatifs. Père et filles (aînée et cadette) nous émeuvent plus que dans toute autre production gardée en mémoire. Les personnalités sont fouillées, nuancées et rendent crédibles ce que beaucoup nous livrent comme des stéréotypes privés de densité humaine. <strong>Stepan Drobit</strong>, familier du rôle de Nabucco, royal et humain, vaincu et solitaire, dont l’autorité despotique va se muer en une humanité touchante, est un grand baryton verdien, alliant fougue et noblesse. La plus large palette expressive est servie par une voix cuivrée, sonore, égale et intelligible, de l’autorité impérieuse à la supplique (adressée à Abigaïlle, « Deh pardonna »), au désespoir, en passant par la folie pour conclure sur la poignante et sublime prière « Dio di Giuda ». Une leçon de chant stylé au service d’une humanité rare.&nbsp;<strong>&nbsp;</strong>Il en va de même de l’Abigaïlle flamboyante d’<strong>Ewa Vesin </strong>(1). Pour cette prise de rôle – l’un des plus démesurés du répertoire – tout est là, des graves impressionnants, les piani filés des aigus, l’agilité des traits, la ductilité, la projection&#8230; Sa souffrance émeut au II, autant que sa rage impressionne (« Anch’io dischiuso è il firmamento »). Les failles du personnage sont claires.&nbsp; L’émission arrogante se conjugue à une élégance racée. Son ultime intervention touche au sublime. Une très grande voix, un Falcon dans la descendance d’Elena Suliotis. La basse croate<strong> Peter Martincic </strong>est un Zaccaria inspiré jusqu’à l’héroïsme. Si sa foi confine au fanatisme, nul excès dans l’interprétation que nous offre Peter Martincic : le recueillement, la ferveur, l’autorité comme l’humilité non feinte. La singulière puissance de la voix, riche, bien timbrée, aux graves abyssaux, son soutien, dispensent notre Zaccaria de toute caricature. Sa prière, introduite par le violoncelle solo, accompagnée par tout le pupitre, est d’une rare beauté. La mezzo croate <strong>Emilia Rukavina</strong>, dès son premier duo avec Ismaële, se révèle une somptueuse Fenena. La voix est charnue, opulente tout en gardant la fraîcheur de l’héroïne. Sa prière, préparation au martyre, au IV, au cantabile fervent, est un moment fort. <strong>Julien Henric</strong>, dont l’aisance croît au fil des productions, est Ismaël. L’égalité des registres, les aigus souples, la longueur de souffle, la générosité servent à merveille le personnage, ardent. <strong>Stephano Park </strong>impressionne en Grand-prêtre de Belos&nbsp;: un Zaccaria en devenir, tant les moyens en imposent. Anna est confiée à <strong>Camille Chopin</strong>. Si l’excessive projection qu’elle s’impose au début altère son émission dans l’aigu, sa prestation demeure de grande qualité. Enfin, <strong>Blaise Rantoanina </strong>nous vaut un Abdalla, qui nous fait regretter la brièveté de ses interventions. Les ensembles, complexes, qu’ils soient enfiévrés, tendus, vengeurs ou plaintifs, sont restitués avec un sens dramatique constant, équilibrés, justes.</p>
<p>Magistrale est la direction, insufflant une constante dynamique, des contrastes accusés, assortis d’une précision exemplaire. Sa gestion de la construction comme du moindre détail, son attention constante à chacun et à tous forcent l’admiration. On perçoit combien les instrumentistes ont adhéré à sa démarche. <strong>Yi-Chen Lin</strong>, découverte à Bregenz (<em>Tancredi</em>, en juillet dernier) est la cheffe qu’il fallait : beaucoup plus proche de l’héritage belcantiste que du placage wagnérien qui alourdit trop souvent ce Verdi de 1842. Sa gestique, toujours claire, précise, son engagement s’avèrent d’une redoutable efficacité.&nbsp;Elégiaque, la vivacité, la légèreté rossiniennes, des contrastes et des crescendi paroxystiques, l’orchestre, incandescent, virtuose, semble transcendé. On oublie les passages se prêtant au pompierisme, avec leur rythmique triviale, pour une force élégante : les ponctuations des cuivres sont intelligemment allégées. Les soli (violoncelle, cor anglais, harpe&#8230;) sont remarquables et le caractère chambriste accentué par la direction leur cisèle le plus bel écrin.</p>
<p>Les chœurs, essentiels, se signalent par leur engagement et leur cohésion. Tout juste aurait-on pu souhaiter davantage d’italianité des voix de femmes dans la page d’ouverture, ce qu’elles trouveront ensuite, la confiance aidant. Les Lévites sont remarquables de bout en bout&nbsp;: articulation, projection, ligne et nuances n’appellent que des éloges. Le chœur d’effroi du I, exprimant la panique des Hébreux à l’irruption des envahisseurs, est traduit avec une justesse dramatique rare pour une version de concert. La plénitude, la ferveur accablée du «&nbsp;Va pensiero&nbsp;», véritable hymne italien (2) est dans toutes les têtes. On retiendra bien sûr le chœur final, «&nbsp;Immenso Jehovah&nbsp;», non moins réussi que les précédents.</p>
<p>Le public, en communion avec les interprètes, leur réserve de longues et chaleureuses ovations.&nbsp;Chanteurs et instrumentistes hors pair, touchés par la grâce, solistes qui feraient oublier toute référence, orchestre incandescent, une production exceptionnelle (3), captivante de bout en bout, dont on regrette qu’aucune captation n’ait gardé trace, tant ce moment fort méritait d’être partagé.</p>
<pre>(1) Elle chantera de nouveau Abigaïlle cet été, à Sanxay. Sa participation à elle seule justifierait le déplacement. 
(2) Hymne à l’humanité et à la fraternité, beaucoup plus légitime que l’officiel « Fratelli d’Italia » aux remugles fascistes. Lors de la création, ce ne fut point ce chœur qui fut bissé, mais l’ultime « Immenso Jehova », non moins admirable. 
(3) Si nous avions été toulonnais, sans hésitation, nous serions revenus pour la seconde.</pre>
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