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	<title>Florent SIAUD - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Florent SIAUD - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly &#8211; Toulon (Châteauvallon)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-madama-butterfly-toulon-chateauvallon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si les théâtres de plein air sont nombreux à servir d’écrins à l’opéra, celui de Châteauvallon paraît unique. Malgré la pénible ascension pour y accéder (1), malgré l’inconfort de ses gradins, d’où l’écoute et la vue sont exceptionnelles, malgré le bref concert des cigales au début de l’ouvrage, tout est réuni pour un moment de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si les théâtres de plein air sont nombreux à servir d’écrins à l’opéra, celui de Châteauvallon paraît unique. Malgré la pénible ascension pour y accéder (1), malgré l’inconfort de ses gradins, d’où l’écoute et la vue sont exceptionnelles, malgré le bref concert des cigales au début de l’ouvrage, tout est réuni pour un moment de partage avec les artistes : la proximité, l’acoustique aussi. L’absence de mur de fond ne sera jamais un handicap. Mieux, l’odorante pinède autorisera des lumières et de discrètes projections qui participeront idéalement au drame. Ainsi, le disque lunaire, en harmonie avec le décor dépouillé, sera doublé de l’apparition de la « vraie » lune, en arrière-plan. A cet égard, le duo extasié de la fin du premier acte, porté par des voix et un orchestre splendides, comme le nocturne final du II, trouvent dans ce cadre une dimension extraordinaire.</p>
<p>Le destin inexorable de la jeune geisha, de la joie innocente à son abandon par son acquéreur-séducteur dénué de scrupules, à sa détresse qui la conduira au suicide est connu. La mise en scène de <strong>Florent Siaud</strong>, d’une profonde intelligence dramatique et musicale, dépourvue de surcharge, fouille les âmes et les corps et nous vaut moins un Japon de convenance, fantasmé par l’Occident, que l’essence de l’âme du pays du Soleil levant, que méconnaît et dédaigne, sinon méprise, le conquérant vaniteux et égoïste.<br />
Son esthétique minimaliste traduit la spiritualité, la fragilité, l’absence, sur un plateau dépouillé, en gradins clairs, perle, au moyen d’un efficace dispositif, mobile. L’abstraction esthétique d’une forêt de tiges blanches, assortie d’un cercle, permettra de renouveler le cadre, intime comme large, et focalisera l’attention sur les acteurs du drame. Au II, l’attente et le naufrage annoncé des espoirs de Cio-Cio-San seront sobrement illustrés par quelques carcasses de bateaux en arrière-plan, et la présence visuelle de l’eau.<br />
Les costumes de <strong>Philippe Miesch</strong> (2) parfaitement assortis, jamais ostentatoires, mais surtout la direction d’acteurs, la gestique sont exemplaires de vérité. Les lumières de <strong>Nicolas Descôteaux </strong>et le traitement efficace et discret de la vidéo d’<strong>Éric Maniengui </strong>servent idéalement le projet<strong>. </strong>Le régal visuel sera constant.</p>
<pre><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026-06-23-Pre-generale-Madama-Butterfly-%C2%A9Kevin-Bouffard-082-2-1294x600.jpg?v=1782658261" alt="image-1" />Sunyoung Seo (Cio-Cio-San) et Edgaras Montvidas (Pinkerton), acte I @ Kévin Bouffard</pre>
<p>&nbsp;</p>
<p>La distribution, internationale, comprend deux chanteurs français, qui ne déméritent jamais. Les quatre grands rôles sont confiés à des artistes l’ayant pleinement intégré. De surcroît, chacun d’entre eux confère une réelle dimension humaine, nuancée à souhait, qui rend chaque personnage attachant, y compris l’ignoble Pinkerton. Signalons aussi la qualité constante de la diction, qui donne son juste poids à chaque mot.</p>
<p>Les deux premiers protagonistes sont familiers de l’ouvrage (ils l’ont interprété ensemble à Nancy en 2019). La Cio-Cio-San du début n’a pas toujours la juvénilité attendue, comme si quelques scories de Tosca encombraient ponctuellement l’expression. Mais, dès sa grande scène avec Pinkerton, cette réserve sera oubliée pour que <strong>Sunyoung Seo </strong>s’identifie pleinement à son héroïne, ingénue, candide, pudique et digne, victime consentante, aveuglée par son amour. Attendu, le seul véritable grand air de l’opéra, le « Un bel di vedremo », moment fort, avant la grande scène avec Sharpless, ne fait pas oublier que tout est admirable, émouvant. La plénitude du chant, son modelé, ses accents ne se démentiront jamais, au service de l’expression la plus juste, servie par des moyens superlatifs. Leur ampleur impressionne, des aigus rayonnants, exaltés ou sur le souffle, la douceur comme la violence sont bien là pour un des rôles les plus exigeants du répertoire. La simplicité naturelle par laquelle elle exprime sa détresse (« Che tua madre dovrà prederti… ») dans un registre médian et grave, somptueux, en est une des facettes, contrastant avec la violence de sa réaction à l’endroit de Goro, alors qu’elle prémédite son suicide, avant que son fol espoir renaisse à la faveur de l’annonce de l’arrivée du navire portant Pinkerton. La tendresse douloureuse de <em>« Dormi, amor mio »</em>, tout nous bouleverse.  Une des plus grandes Cio-Cio-San que nous ayons écoutées.</p>
<p>Le Pinkerton, dépourvu de scrupules, jouisseur, immature d’<strong>Edgaras Montvidas </strong>est juste, servi par une voix sûre. Les aigus sont lumineux, aisés, un vrai ténor, fin musicien et excellent acteur. Le vaniteux conquérant<em>, </em>fringant<em> (</em>« Dunque al mondo »<em>) </em>évoquant peu après son « vrai » mariage aux États-Unis de façon odieuse, est détestable. Chanté avec finesse et retenue, le « Addio, fiorito asil », où il avoue sa lâcheté permet de nuancer la personnalité, sans pour autant rendre le personnage attachant.</p>
<p><strong>Irina Sherazadishvili</strong> est une authentique révélation en Suzuki. Son beau mezzo, chaud et sonore, le plus souvent associé à Cio-Cio-San, ne nous émeut pas moins, durant tout l’ouvrage, avec un duo des fleurs exceptionnel et un dernier acte bouleversant. A suivre. Nous découvrons avec bonheur en <strong>Csaba Kotlár </strong>un Sharpless humain, d’une distinction de diplomate aguerri, clairvoyant, attentionné. Comme le souligne le livret, l’aîné de Pinkerton n’aurait-il pu paraître plus âgé ? Ce sera l’unique et faible réserve, car le consul est proche de l’idéal, dramatiquement comme vocalement. La voix, sûre, égale, bien timbrée, la ligne de chant admirable, lui vaudront des ovations appuyées, pleinement méritées, lors des saluts.</p>
<p><strong>Yoann Le Lan </strong>s‘empare du rôle de l’entremetteur avec bonheur. Son Goro fait son métier, sans scrupules.  Du commerce, pas de trahison (3) . Les moyens sont là, vocaux comme scéniques. Notre ténor a l’assurance, la projection, le timbre et le jeu pour lui donner une vie réelle. Le bonze imprécateur, conscient de l’impasse dans laquelle se fourvoie sa nièce, est confié à <strong>Matthieu Toulouse</strong>. La rondeur, la projection, les graves sonores sont au rendez-vous. Le baryton puccinien<strong> Jiwon Song</strong>, ancien lauréat du Concours de Clermont-Ferrand, fait preuve d’une aisance vocale et d’une sûreté de jeu indéniable pour incarner le Prince Yamadori. Kate Pinkerton, confiée à <strong>Kaarin Cecilia Phelps, </strong>est juste, étrangère digne et sensible, et ses quelques répliques nous font regretter de ne pas l’entendre davantage. Les petits rôles, dont les quatre confiés à des chanteurs du chœur ne déparent jamais une distribution de haut vol. Le <strong>chœur de l’Opéra de Toulon</strong>, préparé avec soin, nous réjouit, dans ses interventions ponctuelles comme dans le chœur nocturne, à bouches fermées, qui suspend l’attente du deuxième acte. Nul ne peut rester insensible à une traduction vocale et dramatique aussi admirable.</p>
<p>Puccini a tiré la leçon de Wagner et de Debussy : l’orchestre est au cœur du drame, exprimant l’indicible, les mouvements du cœur, la joie, le rêve, les tensions comme la plénitude, jusqu’à l’horreur. La direction de <strong>Victorien Vanoosten</strong>, intense et raffinée, lui rend sa fonction essentielle, où le chant et l’orchestre se nourrissent mutuellement, entrent en symbiose. Peu de formations excellent à ce point. Ductile, coloré, articulé et précis, il restitue les phrasés et les progressions avec un goût très sûr, sans la moindre boursouflure. Magistral est le traitement du temps, des tensions, de l’urgence, de l’étirement infini de l’attente sereine, fébrile ou tragique (4). L’intelligence, la cohérence de la lecture, tout concourt à confirmer l’exemplarité de la réalisation, loin des clichés, une authentique Passion (5). Puisse-t-elle connaître la plus large diffusion.</p>
<pre>1. Ce soir, pour l’authentique Passion dont nous avons été témoins, l’ascension, sous un soleil de plomb, de la colline constituait un chemin de croix.
2. qui signe également la scénographie.
3. Malgré les cent yens pour lesquels il vend Cio-Cio-San, il n’est pas Judas.
4. La fugue du prélude, bien qu’étrangère au contexte oriental, invite à être écoutée comme l’introduction d’une Passion, dans sa dimension humaine et spirituelle.
5. Alors que sa résolution est prise, Cio-Cio-San ne chante-t-elle pas <em>Tutto è compiuto ormai </em>(Tout est accompli maintenant) ?</pre>
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		<title>MOZART, Die Entführung aus dem Serail &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-entfuhrung-aus-dem-serail-paris-tce-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 07:37:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tous les opéras de Mozart se finissent mal : Florent Siaud avait peut-être en tête le vieil adage de Nikolaus Harnoncourt en préparant sa mise en scène de l’Enlèvement au Sérail. Dès le lever de rideau, la neutralité des décors signés Romain Fabre, et composés de panneaux blancs discrètement ajourés que traversent quelques lignes bleues, indique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tous les opéras de Mozart se finissent mal :<strong> Florent Siaud</strong> avait peut-être en tête le vieil adage de Nikolaus Harnoncourt en préparant sa mise en scène de <em>l’Enlèvement au Sérail</em>. Dès le lever de rideau, la neutralité des décors signés <strong>Romain Fabre</strong>, et composés de panneaux blancs discrètement ajourés que traversent quelques lignes bleues, indique assez que cette turquerie-là ne jouera pas la carte de la couleur locale, ni de la farce. Idée sans doute bienvenue, qui permet tout à la fois d’éviter les grilles de lecture anachronique d’une œuvre devenue trop rare sur nos scènes pour lui infliger pareil traitement, et de rapprocher l’<em>Enlèvement</em> des clair-obscur de <em>Cosi</em>, des <em>Noces </em>ou de <em>Don Giovanni</em>, en somme des authentiques chefs-d’œuvres de Mozart, auxquels il se rattache sans aucun doute. La réalisation donne un résultat plus mitigé. Le harem laisse place à une villa design ; les gardiens, en costumes et écouteurs à l’oreille, ressemblent à des vigiles de centres commerciaux ; le pacha lui-même s’est mué en l’un de ces gourous new age qui sévissaient en Californie dans les années 70. Une froideur qui s’infiltre jusque dans la scène finale, où l’on voit Selim faire abattre Osmin avant de forcer les anciens otages à chanter ses louanges face caméra. Cette vision laquée et glacée marche à rebours de la trépidante partition de Mozart, un des plus grands succès remportés par le compositeur de son vivant ; et pourtant elle marche, grâce à un propos cohérent et à une direction d’acteurs qui évite la provocation facile. Et si les courtes vidéos présentées au début de chaque acte n’apportent aucune révélation fracassante, le bruiteur placé sur le côté du proscenium aura au moins le mérite d’habiller et de rythmer des dialogues parlés que l’on a d’ailleurs réduits au strict nécessaire.</p>
<p>Il n’empêche que l’émotion comme l’humour reposent sur la bonne volonté de chanteurs qui, heureusement, en ont à revendre ! <strong>Jessica Pratt</strong> aborde Constance comme la belcantiste qu’elle est, sans frein ni fausse pudeur. Et l’on admire, tout au long de la soirée, la discipline et la virtuosité de ce chant où la technique se met toujours au service de la musicalité. Si le vibrato s’est élargi dans le haut de la tessiture, si « Traurigkeit » manque peut-être d’ombres et de murmures, on rend forcément les armes face à un « Martern aller Arten » si souverainement maîtrisé, et brûlant d’une telle fierté ! <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/amitai-pati-avec-mozart-on-narrete-jamais-dapprendre-a-chanter/"><strong>Amitai Pati</strong></a>, qui chante ce soir son premier Belmonte, compose un personnage qui touche par sa bonhomie comme par sa maladresse, et convainc davantage par les couleurs juvéniles du timbre et la délicatesse de son legato que par des graves pas toujours audibles. On pourrait faire le même reproche à <strong>Ante Jerkunica</strong>, excellent musicien qui ne fait certes pas de miracle dans « O, wie viel ich triumphieren » (les Kurt Moll ou Martti Talvela n’ont jamais couru les rues), mais s’impose avec bonheur partout ailleurs, en penchant sa longue silhouette menaçante sur les autres personnages. Voix claire et insolemment projetée, <strong>Brenton Ryan</strong> aussi peut compter sur un tempérament de bête de scène pour rendre immédiatement attachant un Pedrillo doté ce soir d’une épaisseur théâtrale peu commune. Les harmoniques et le fruité du timbre de <strong>Manon Lamaison</strong> nous change des Blondchen qui ne savent être que piquantes, même s’il faut ce soir faire l’impasse sur les suraigus tandis que, dans le rôle ingrat qui lui est réservé par la mise en scène, <strong>Uli Kirsch</strong> rend crédible son Selim plus aigre que doux.</p>
<p>Plus aigre que doux sonne également l’Insula Orchestra, dont les bois et les cuivres devraient gagner en précision au fil des représentations. Un reproche qui ne saurait être fait aux choristes d’Accentus, d’une cohésion parfaite à chacune de ses interventions. A la tête de ces ensembles, <strong>Laurence Equilbey</strong> empoigne vivement la partition, pour en faire saillir les angles et les apprêtés, davantage que les rondeurs et les traits d’humour. La cohésion entre la scène et la fosse est, à cet égard, exemplaire. Mais honorer la gravité de Mozart, n’est-ce pas se condamner à ne célébrer qu&rsquo;une partie de son génie ?</p>
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		<item>
		<title>TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-eugene-oneguine-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jun 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette nouvelle production d’Eugène Onéguine revient de loin et arrive à Toulouse avec trois ans de retard. Initialement programmée en janvier 2021, elle a fait les frais de la pandémie et a par la même retardé la prise de rôle de Stéphane Degout. Le rôle a été laissé de côté plus d’un an durant pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette nouvelle production d’<em>Eugène Onéguine</em> revient de loin et arrive à Toulouse avec trois ans de retard. Initialement programmée en janvier 2021, elle a fait les frais de la pandémie et a par la même retardé la prise de rôle de Stéphane Degout. Le rôle a été laissé de côté plus d’un an durant pour être repris presque du début, la langue étant un obstacle d’évidence. Et c’est finalement au Théâtre de La Monnaie à Bruxelles que le baryton lyonnais a inauguré <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/eugene-oneguine-laurent-pelly-bruxelles-la-monnaie-une-frustration-qui-comble/">le rôle-titre en janvier 2023</a>. A Toulouse en revanche, il le chante  pour la première fois  sur le sol français.<br />
On revient de loin aussi parce que la direction du Théâtre du Capitole a dû <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/toulouse-gabor-kali-remplace-par-patrick-lange-pour-eugene-oneguine/">faire appel in extremis</a>, pour être précis après la pré-générale, à un nouveau chef d’orchestre. <strong>Patrick Lange</strong> a donc eu quelques jours seulement pour arriver d’Allemagne, faire connaissance avec les musiciens (il se produisait pour la première fois à Toulouse) et partager sa vision du chef-d’œuvre de Tchaïkovski. Et très honnêtement on reste, au soir de la première, confondu par la qualité du résultat, obtenu en si peu de temps. L’orchestre brille de mille feux, le mystère et l’ambiguïté des personnages sont rendus dès le prélude du premier acte, les altos et violoncelles résonnent de leurs plus chaudes cordes graves, les liaisons flûte, hautbois, cor et basson, un peu tendues dans l’exposition de la scène de la lettre, gagnent en fluidité dès la reprise de l’air. Bravo maestro.<br />
Intéressante mise en scène de <strong>Florent Siaud</strong>, soutenue par des décors (<strong>Romain Fabre</strong>) et des costumes (<strong>Jean-Daniel Vuillermoz</strong>) au diapason. L’idée est celle d’une scène sur deux niveaux. En bas, les intérieurs (la maison cossue de la famille Larine, plus tard celle du Prince Grémine) et en haut les extérieurs (souvent les jardins des Larine). Ce double niveau permet de fluidifier, au I, les entrées et sorties des personnages, de rendre plus lisibles leurs multiples apartés. Elle permet aussi de commenter en quelque sorte l’action se déroulant plus bas ; ainsi, lorsque Lenski tombe sous la balle d’Eugène, Tatiana, dans la forêt à l’étage supérieure s’écroule en même temps que lui. Elle marque ainsi que la mort de Lenski est aussi la fin de son amour avec Eugène. Autre belle idée de mise en scène : la réapparition fantomatique, au III, et pendant l’air de Grémine («L&rsquo;amour est de tout âge »), soit durant la réception qu’il donne, de personnages qui renvoient Tatiana à ses heureuses années de jeunesse : sa mère, sa gouvernante Filipievna, sa sœur Olga et feu son fiancé Lenski défilent devant elle, sans oublier l’impayable Triquet. En quelques instants donc, Tatiana, qui avait refoulé son passé en se jetant dans les bras de Grémine, se retrouve confrontée, en voyant réapparaitre Onéguine, aux fantômes de sa jeunesse.</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR7001-Migliorato-NR.jpg" alt="" width="661" height="441" />
© Mirco Magliocca</pre>
<p><strong>Stéphane Degout</strong> illumine le rôle d’Eugène Onéguine de son insolente présence. Même silencieux, il impose son personnage par une sourde gravité et un jeu millimétré. Le timbre est chaud, presque trop ardent pour incarner la duplicité du personnage. On admirera la maîtrise des moyens vocaux et la capacité à les distiller avec une parfaite économie. Il restera bien le héros que l’on adore détester. Degout triomphe au baisser de rideau, tout comme <strong>Valentina Fedeneva</strong> (Tatiana), qui le devance même presque à l’applaudimètre. Succès mérité certes par la beauté de l’incarnation et la majesté du personnage. Majesté qui rime parfois avec distance, pour ne pas dire froideur et un engagement un peu en retrait ; tout cela correspond certes parfaitement à la dernière scène, où Tatiana se refuse à Onéguine, mais moins aux scènes du I, où elle déclare sa flamme. La voix porte, mais quelques raideurs apparaissent aussi et il nous manque la complexité du personnage, certaines nuances, qui doivent transparaître dans le chant.<br />
<strong>Eva Zaïcik</strong> est une Olga entièrement convaincante dans la voix et le jeu. La voix gravit les degrés vers le haut ou les descend vers le bas avec la même aisance. Aisance dans la diction également, ce qui n’est pas un mince compliment. <strong>Bror Magnus Tødenes</strong> est un Lenski irréprochable de sincérité et de vérité. Son ténor est franc et vigoureux. <strong>Juliette Mars</strong> campe avec Madame Larina une femme de caractère certes, mais qui n’a rien d’une babouchka ; nous sommes dans la bourgeoisie russe, cultivée, lettrée et éduquée. <strong>Sophie Pondjiclis</strong> (la gouvernante), un peu fébrile lors du quatuor inaugural au I, prend rapidement de l’assurance.  <strong>Carl Gharazossian</strong> est un Triquet absolument délicieux et <strong>Andreas Bauer Kanabas</strong> en Grémine, patriarche vibrant, mérite son franc succès grâce à son air du III où il fait montre d’une vigueur enviable.<br />
Ainsi s’achève à Toulouse une saison lyrique 2023-24 en tout point exemplaire, qui a eu peu ou pas d’égal en régions cette année. Une programmation variée et exigeante, des castings de premier choix avec force nouvelles productions. Une année référence donc qui en appelle d’autres. C’est tout le mal qu’on peut souhaiter au Capitole.</p>
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		<title>WAGNER, Lohengrin &#8211; Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-lohengrin-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Mar 2024 07:24:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La démonstration est désormais achevée, et de quelle manière ! La déambulation chronologique à laquelle Michael Spyres nous invitait dans son dernier album récital, qui tissait tous les liens stylistiques et interprétatifs dans de grandes pages du répertoire belcantiste et romantique en droite ligne vers Wagner, trouve à Strasbourg un incarnation tout à fait convaincante. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La démonstration est désormais achevée, et de quelle manière ! La déambulation chronologique à laquelle <strong>Michael Spyres</strong> nous invitait dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/michael-spyres-in-the-shadows/">son dernier album récital</a>, qui tissait tous les liens stylistiques et interprétatifs dans de grandes pages du répertoire belcantiste et romantique en droite ligne vers Wagner, trouve à Strasbourg un incarnation tout à fait convaincante. Balayées les interrogations autour de l’endurance du ténor américain, sorti du confort du studio ! Le Lohengrin qu’il propose s’avère vitaminé dans tous les sens du terme : puissance confortable, projection irréprochable, legato et souffle qui rafraîchissent l’interprétation wagnérienne. Bien entendu, le cocon de l’Opéra national du Rhin et l’œuvre elle-même sont des choix judicieux pour tenir le pari. On ne va pas bouder son plaisir d’entendre un chevalier du Graal ainsi gorgé de nuances et dont les affects épousent les scènes. Que Lohengrin tempête, pavoise ou courtise, Michael Spyres lui prête la juste voix. A ses côtés, <strong>Edwin Fardini</strong> se fait remarquer en héraut stentor, quand <strong>Timo Riihonen</strong> donne à Heinrich des accents paternels bienvenus (malgré une prononciation allemande exotique). <strong>Josef Wagner</strong> déçoit quelque peu après son Barak lyonnais superlatif en début de saison. Il faut dire que Telramund mobilise davantage le spectre supérieur de son ambitus et représente une tout autre écriture rythmique. Toutefois, le baryton déploie toujours une ligne élégante qui demande à gagner en robustesse et en noirceur.</p>
<p>Las, le plateau féminin ne se hisse pas à la même hauteur. <strong>Johanni van Oostrum</strong> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">reçoit des éloges réguliers depuis son apparition dans le rôle à Munich</a>. On s’interroge aujourd’hui : le chant est monotone et le portait sommaire. Son Elsa, dépeinte comme une petite chose fragile, n’évolue guère pendant les deux premiers actes. Il faut atteindre la folie du dernier duo pour distinguer de nouvelles facettes au personnage. A ce portrait sommaire s’ajoutent de menus défauts : l’aigu parfois bas, les attaques quasi systématiquement prises par en dessous. <strong>Martina Serafin</strong> remplace certes à la dernière minute. Pourtant les problèmes qu’elles rencontrent ne découlent pas d’un défaut de mise en place ou à des repères non mémorisés. Après des années à chanter des rôles lourds pour ses moyens vocaux (Isolde, Brunnhilde), la voix a achevé de s’acidifier, les aigus de vibrer. Si Ortrud peut tomber aussi bien dans le gosier d’un grand mezzo que d’un soprano à l’ambitus généreux, Martina Serafin ne répond aujourd’hui ni à l’une ni à l’autre catégorie et semble chanter le rôle comme un pis-aller. Il reste un art salutaire du <em>sprechgesang</em> et un engagement scénique d’autant plus remarquable que la production s’avère quasi dépourvue de direction d’acteur.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LohengrinGenerale1352presse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-157694"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Ce n’est pas le seul problème dont souffre la proposition de <strong>Florent Siaud</strong>. On cherche encore le point de vue ou l’angle. L’œuvre est encapsulée entre deux pantomimes où Elsa et son frère observent les étoiles et les constellations. Le décor, unique et pauvre en options scénographiques, évoque une antiquité néo-classique décatie, que des soldats à l’uniforme 20e siècle viennent habiter. On brûlera quelques livres au passage sans que ce geste ne soit développé. On aurait juste pu conclure à un travail inachevé. Mais montrer une forme de fascisme sur une scène et ne rien en faire s’avère pour le moins léger.</p>
<p>On terminera sur une note bien plus positive concernant la direction d’<strong>Aziz Shokhakimov</strong>. Le directeur musical jouit de la préparation irréprochable de son orchestre. Celui-ci réunit deux caractéristiques a priori antinomiques : homogénéité et transparence. Quel plaisir d’entendre aussi clairement l’architecture harmonique wagnérienne, d’autant que cette démonstration n’est en rien de l’ostentation et, bien au contraire, vient soutenir un discours musical tendu, résolument théâtral. Le chef se délecte dans des pages orchestrales au rubato généreux, maintient la cohésion au seins des chœurs (un rien en sous-effectif malgré le support des forces nantaises) mais doit encore trouver le bon réglage entre la scène et le plateau. Gageons que cet art du détail au service du tout trouvera toute son ampleur au cours de la série.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-lohengrin-strasbourg/">WAGNER, Lohengrin &#8211; Strasbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Questionnaire de Proust &#8211; Florent Siaud : « Chéreau n&#8217;était pas seulement le fabuleux conteur d’histoire que l’on sait. C’était un chercheur infatigable, une érudition considérable, un instinct qui devraient nous inspirer encore longtemps.»</title>
		<link>https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-florent-siaud-chereau-netait-pas-seulement-le-fabuleux-conteur-dhistoire-que-lon-sait-cetait-un-chercheur-infatigable-une-erudition-co/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille De Rijck]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Oct 2023 16:30:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Florent SIAUD]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?p=142546</guid>

					<description><![CDATA[<p>Mon meilleur souvenir dans une salle d’opéra Comme spectateur : le Boris Godounov mis en scène par Willy Decker à l&#8217;Opéra Amsterdam en 2008. Comme metteur en scène : les applaudissements du public pour La Beauté du Monde de Julien Bilodeau et Michel Marc Bouchard à l&#8217;Opéra de Montréal en novembre dernier. Voir une salle &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-florent-siaud-chereau-netait-pas-seulement-le-fabuleux-conteur-dhistoire-que-lon-sait-cetait-un-chercheur-infatigable-une-erudition-co/"> <span class="screen-reader-text">Questionnaire de Proust &#8211; Florent Siaud : « Chéreau n&#8217;était pas seulement le fabuleux conteur d’histoire que l’on sait. C’était un chercheur infatigable, une érudition considérable, un instinct qui devraient nous inspirer encore longtemps.»</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-florent-siaud-chereau-netait-pas-seulement-le-fabuleux-conteur-dhistoire-que-lon-sait-cetait-un-chercheur-infatigable-une-erudition-co/">Questionnaire de Proust &#8211; Florent Siaud : « Chéreau n&rsquo;était pas seulement le fabuleux conteur d’histoire que l’on sait. C’était un chercheur infatigable, une érudition considérable, un instinct qui devraient nous inspirer encore longtemps.»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="s8"><span class="s7"><span class="bumpedFont15"><strong>Mon meilleur souvenir dans une salle d’opéra</strong><br />
</span></span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Comme spectateur : </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">le </span><em><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Boris </span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">G</span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">odounov</span></em> <span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">mis en scène par</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> Willy Decker à l&rsquo;Opéra Amsterdam</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> en 2008.</span> <span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Comme metteur en scène : les </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">applaudissements</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> du public pour </span><em><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">La Beauté du Monde</span></em><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> de Julien Bilodeau et Michel Marc Bouchard à l&rsquo;Opéra de Montréal en novembre dernier. Voir une salle comble et </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">chaleureuse</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> pour un opéra contemporain </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">racontant</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> l&rsquo;invasion du Louvre par les Nazis en 1940 et </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">défendant</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> la beauté </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">de l’art </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">dans le chaos</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, ça</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> m&rsquo;a </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">bouleversé</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">.</span></p>
<p class="s8"><span class="s7"><span class="bumpedFont15"><strong>Mon pire souvenir dans une salle d’opéra ?</strong><br />
</span></span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Le</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> 28 octobre 2020. </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Nous répétons</span> <em><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Pelléas</span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> et Mélisand</span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">e</span></em> <span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">pour</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> l&rsquo;Opéra de Bordeaux. Emmanuel Macron annonce un reconfinement à partir du 29 octobre à minuit. </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Tous </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">les détails de mise en scène rajoutés </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">par rapport à</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> la création et </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">à </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">la tournée du spectacle au Japon</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> en 2018</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> ne </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">seront </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">jamais</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> présentés aux spectateurs. </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">En catastrophe, la</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> répétition du lendemain </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">devient une</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> générale </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">publique</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">. </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Heureusement</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, les micros d&rsquo;Alpha</span> <span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Classics</span> <span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">sont là pour en tirer un enregistrement</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">.</span></p>
<p class="s8"><strong><span class="s7"><span class="bumpedFont15">Le livre /film qui a changé ma vie ?<br />
</span></span></strong><em><span class="s6">Amadeus</span></em><span class="s2">, de </span><span class="s2">Miloš</span><span class="s2"> Forman</span><span class="s2">. </span><span class="s2">C’est</span> <span class="s2">diffusé</span><span class="s2"> le 5 décembre 1991 sur </span><span class="s2">« </span><span class="s2">Antenne 2</span><span class="s2"> »</span><span class="s2">, pour le bicentenaire</span><span class="s2"> de la mort de Mozart</span><span class="s2">. </span><span class="s2">Je suis</span><span class="s2"> petit</span><span class="s2">, </span><span class="s2">je reçois</span><span class="s2"> un électrochoc qui </span><span class="s2">change</span><span class="s2"> ma vie. Du jour au lendemain, je me </span><span class="s2">mets</span><span class="s2"> à collectionner tout Mozart, à dessiner des décors pour </span><span class="s6">Don Giovanni</span><span class="s2">, à esquisser des costumes pour </span><em><span class="s6">Les Noces de Figaro</span></em><span class="s2"> !</span> <span class="s2">Mais mes</span><span class="s2"> proches savent</span><span class="s2"> que je n’arrive pas à cacher </span><span class="s2">longtemps </span><span class="s2">mes penchants </span><span class="s2">occultes</span><span class="s2"> pour </span><span class="s6"><em>Le père Noël est une ordure</em>, Les Visiteurs et </span><span class="s6">Jura</span><span class="s6">s</span><span class="s6">sic</span><span class="s6"> Park.</span></p>
<p class="s8"><span class="s7"><span class="bumpedFont15"><strong>L’artiste du passé que j’aurais aimé mettre-en-scène. </strong><br />
</span></span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Lorraine Hunt. Sa Médée de Charpentier, sa </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Theodora</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">de Haendel, son Octavie de Monteverdi et surtout sa Phèdre de Rameau comptent parmi les plus grands uppercuts tragiques que j&rsquo;aies reçus en pleine figure.</span></p>
<p class="s8"><strong><span class="s7"><span class="bumpedFont15">Mon plus grand moment de grâce face à une œuvre d’art.<br />
</span></span></strong><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Je pleure </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">à </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">chaque fois que j’écoute </span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Les Vêpres à la Vierge</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> de Monteverdi</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, qu’elles soient interprétées par le Monteverdi Choir, </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">le </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Bach </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Collegium</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> Japan</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> ou </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Pygmalion etc</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">. </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">J’avais monté </span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">L</span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">e Combat de Tancrède et </span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Clorinde</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, je rêve de </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">ses</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> opéras.</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> Dans un autre ordre d’idée, </span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">La pie</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> de Claude Monet</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, pour l’</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">effet de calme </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">qu’elle produit</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> sur moi.</span></p>
<p class="s8"><strong><span class="s7"><span class="bumpedFont15">La ville où je me sens chez moi ?<br />
</span></span></strong><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Montréal : j’ai besoin de marcher dans ses rues</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> pleines de </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">briques rouges et de plantes</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">d’</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">y retrouver </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">mes amis artistes</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">mes</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> complices interprètes</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> (l’école de jeu québécoise est une de plus belle du monde pour moi). </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Paris, aussi, où se croisent tant d’histoires, d’influences artistiques, </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">de moments de vie</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> personnelle</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> inoubliables. </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">M</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">es Alpes natales, évidemment</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, où </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">habite</span> <span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">ma famille chérie.</span></p>
<p class="s8"><span class="s7"><span class="bumpedFont15"><strong>La ville qui m’angoisse ?</strong><br />
</span></span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Je n&rsquo;en ai pas encore </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">rencontré</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">. Si de l&rsquo;angoisse monte, je cours à la piscine (</span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">rires</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">) et </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">je nage</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">.</span> <span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Ç</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">a</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> m’apaise.<br />
</span></p>
<p class="s8"><strong><span class="s9" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Mon pire souvenir de mise-en-scène ?</span> </strong><span class="s9" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"><br />
</span><span class="s2">Non mais </span><span class="s2">ça se dit pas</span><span class="s2">,</span><span class="s2"> ça !</span><span class="s2">. </span></p>
<p class="s8"><strong><span class="s7"><span class="bumpedFont15">Le metteur-en-scène qui m’a le plus appris ?<br />
</span></span></strong><span class="s2">J&rsquo;ai appris des artistes que j&rsquo;ai assistés. </span><span class="s2">Je garde aussi un souvenir fort</span><span class="s2"> des archives manuscrites de Patrice Chéreau, que j&rsquo;ai consultées </span><span class="s2">en Normandie</span> <span class="s2">pour ma thèse</span><span class="s2">. Chéreau n&rsquo;était pas seulement </span><span class="s2">le fabuleux conteur d’histoire que l’on </span><span class="s2">sait</span><span class="s2">. C’était un chercheur </span><span class="s2">infatigable</span><span class="s2">, une </span><span class="s2">érudition</span><span class="s2"> considérable</span><span class="s2">, un instinct </span><span class="s2">qui devraient nous inspirer </span><span class="s2">encore </span><span class="s2">longtemps</span><span class="s2">.</span><span class="s2"> Son propos était puissant, limpid</span><span class="s2">e. Il était</span><span class="s2"> amoureux des œuvres</span><span class="s2"> tout en les éclairant d’un</span><span class="s2">e dimension </span><span class="s2">inédit</span><span class="s2">e</span><span class="s2"> : à méditer</span><span class="s2">, aujourd’hui, non</span><span class="s2"> ?</span></p>
<p class="s8"><strong><span class="s7"><span class="bumpedFont15">La question qui m’énerve le plus.<br />
</span></span></strong><span class="s10">« Tu mets en scène du théâtre et de l’opéra. Tu vas choisir quoi finalement ? »</span> <span class="s10">Je ne sais pas d’où vient ce besoin de classer, découper. </span><span class="s10">C’est comme si on me demandait </span><span class="s10">de choisir entre l’inspiration et l’expiration </span><span class="s10">quand je respire</span><span class="s10">, ou</span><span class="s10"> entre </span><span class="s10">l’huile </span><span class="s10">et</span><span class="s10"> le vinaigre dans </span><span class="s10">ma</span><span class="s10">sauce de salade</span><span class="s10">.</span></p>
<p class="s8"><span class="s7"><span class="bumpedFont15"><strong>L’œuvre la plus complexe qu’il m’ait été donné de mettre en scène.</strong><br />
</span></span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Il </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">y en a plusieurs, au théâtre surtout. </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Dans </span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Britannicus</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> de Racine</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">trouver comment faire</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> surgir</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> la vie à fleur de peau des alexandrins m’a </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">demandé </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">énormément</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> de travail</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> en 2019</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">. Je m’appuie sur cette expérience marquante pour répéter, en ce moment, </span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Le Misanthrope</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> de Molière, qui va partir en tournée dans tout le Québec.</span></p>
<p class="s8"><span class="s7"><span class="bumpedFont15"><strong>Si je pouvais apprendre un instrument du jour au lendemain, lequel serait-il ?</strong><br />
</span></span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Du hautbois d’amour. Comme ça, je pourrais beaucoup </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">jouer plein de cantates de Bach.</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> Et puis, juste le nom de cet instrument : c’est trop beau !</span></p>
<p class="s3"><strong><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5);">Un opéra dont j’aurais voulu être le créateur ?<br />
</span></strong><span class="s6">Written</span><span class="s6"> on skin</span><span class="s6">. </span><span class="s2">J&rsquo;ai été bouleversé par </span><span class="s2">la perfection</span><span class="s2"> de </span><span class="s2">cet opéra</span><span class="s2"> de</span><span class="s2"> Georges</span><span class="s2"> Benjamin et </span><span class="s2">Martin </span><span class="s2">Crimp</span> <span class="s2">mis en scène par Katie Mitchell </span><span class="s2">au Festival d&rsquo;Aix-en-Provence en 201</span><span class="s2">2</span><span class="s2">. </span><span class="s2">Deux ans plus </span><span class="s2">tard</span><span class="s2">, j&rsquo;ai suivi le workshop de Martin </span><span class="s2">Crimp</span><span class="s2"> dans le cadre de l&rsquo;</span><span class="s2">A</span><span class="s2">cadémie du Festival</span><span class="s2">d’Aix</span><span class="s2">. </span><span class="s2">Ça m’a </span><span class="s2">marqué au fer rouge.</span><span class="s2"> </span></p>
<p class="s3"><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5);"><strong>Le chanteur du passé dont l’écoute m’a le plus appris ?</strong><br />
</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Tant mezzos </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">wagneriennes</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> ! Sans être exclusif, </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Leonie</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Rysanek</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, Martha </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Mödl</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, Christa Ludwig, plus récemment Waltraud Meier. Je me sens </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">hanté</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> par ces torches vives, alors que je planche </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">en ce moment </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">sur la mise en scène de </span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Lohengrin</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> pour l&rsquo;Opéra national du Rhin</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">afin d’</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">accompagner</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> la prise de rôle de Michael </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Spyres</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">.</span></p>
<p class="s8"><strong><span class="s7"><span class="bumpedFont15">Le chanteur du présent que je trouve d’une générosité rare ?<br />
</span></span></strong><span class="s2">S</span><span class="s2">té</span><span class="s2">phane </span><span class="s2">Degout</span><span class="s2">. Quand on a commencé à répéter </span><span class="s6">Eugène </span><span class="s6">Onéguine</span><span class="s2"> au Capitole de Toulouse, en décembre 2020, </span><span class="s2">j’ai admiré</span><span class="s2"> sa générosité humaine, </span><span class="s2">sa </span><span class="s2">splendeur vocale, </span><span class="s2">mais aussi </span><span class="s2">l&rsquo;homme de lettres qui avait parfaitement lu son Pouchkine. Au printemps 2024, </span><span class="s2">nous allons</span><span class="s2"> pouvoir reprendre ce que le reconfinement de l&rsquo;époque avait interrompu</span><span class="s2">.</span></p>
<p><strong><span class="s11">Mon plus grand moment d’embarras ?<br />
</span></strong><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">En décembre 2014, je suis assistant à la mise en scène à l’Opéra</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">&#8211;</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Comique sur </span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">La Chauve-souris</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> de Strauss. Sabine </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">De</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">vieilhe</span> <span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">tombe </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">malade</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> pendant l’une des représentations</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">. </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Avec Ivan, on</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> doit faire répéter</span> <span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">le rôle d’</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">Adèle à</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> Jodie Devos, qui relève le défi </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">triomphalement</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">. Je me souviens que, pour </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">sa première </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">représentation</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> sur scène</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> dans </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">ce</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> rôle</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, je reste caché</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">coincé à côté de la machine à laver</span> <span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">installée au</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> fond</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> du </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">décor</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">, </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">pour</span> <span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">lui </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">souffler les futures entrées</span> <span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">ou </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">lui rappeler les</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> accessoires à prendre</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">. Il y avait bien de l’adrénaline dans cette buanderie</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);"> </span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">en fond de scène (</span><span class="s6" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">rires</span><span class="s2" style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3);">).</span></p>
<p class="s8"><span class="s7"><span class="bumpedFont15"><strong>Si j’étais un personnage de Disney ?</strong><br />
</span></span><span class="s2">Un </span><span class="s2">aristochat</span><span class="s2"> ! </span><span class="s2">En bon chat, je</span><span class="s2"> crois</span><span class="s2"> sincèrement</span><span class="s2"> à la puissance de la douceur</span><span class="s2"> mais </span><span class="s2">j’apprécie</span><span class="s2"> qu’on respecte mon indépendance d’esprit.</span></p>
<p class="s3"><span class="s9"><strong>Le compositeur auquel j’ai envie de dire “mon cher, ta musique n’est pas pour moi” ?</strong><br />
</span><span class="s2">J’ai essayé plusieurs fois mais, je l’avoue, j’ai du mal avec Rossini.</span> <span class="s2">Pardon aux mélomanes !</span></p>
<p class="s8"><span class="s7"><span class="bumpedFont15"><strong>Ma personnalité historique préférée.</strong><br />
</span></span><span class="s2">Goethe.</span> <span class="s2">À</span><span class="s2"> une époque où </span><span class="s2">on range</span><span class="s2"> tout le monde dans des </span><span class="s2">cases</span><span class="s2">, il représente pour moi une leçon : </span><span class="s2">c’est un inclassable. I</span><span class="s2">l a été dramaturge, poète, homme de science, </span><span class="s2">spécialiste des couleurs, botaniste, homme de gouvernement</span><span class="s2">. C&rsquo;est ce qui m&rsquo;a incité à demander à 12 auteurs et autrices du monde entier de réécrire le </span><span class="s2">son </span><span class="s6">Faust</span><span class="s2">. Après Montréal, Luxembourg, Compiègne, </span><span class="s2">nous présentons notre réécriture du 5 au 17</span> <span class="s2">octobre </span><span class="s2">2023 </span><span class="s2">au Théâtre de </span><span class="s2">la Cité Internationale de Paris.</span><span class="s2"> </span></p>
<p class="s8"><span class="s7"><span class="bumpedFont15"><strong>Si je voulais être une pièce ou un livret d’opéra ?</strong><br />
</span></span><span class="s2">Je citerai une pièce qui est devenue un opéra : </span><span class="s6">Ariane et Barbe-Bleue</span><span class="s2"> de Maeterlinck et Dukas. J&rsquo;admire </span><span class="s2">Ariane, </span><span class="s2">ce personnage </span><span class="s2">puissant</span><span class="s2"> qui affiche sa détermination et ses convictions, sans les imposer au monde</span><span class="s2"> par la force</span><span class="s2">. Quelle leçon</span><span class="s2"> étrange,</span><span class="s2"> complexe !</span></p>
<p class="s8"><span class="s7"><span class="bumpedFont15"><strong>Mon pire souvenir historique des 40 dernières années.</strong><br />
</span></span><span class="s2">Les attentats de novembre 2015 à Paris. J&rsquo;apprenais la nouvelle en sortant d&rsquo;une représentation de </span><span class="s6">La Dispute </span><span class="s2">de Marivaux à Montréal. </span><span class="s2">J’étais terrorisé </span><span class="s2">pour mes proches à Paris. </span><span class="s2">Le hasard a fait que m</span><span class="s2">a grand-mère décédait quelques heures plus tard</span><span class="s2">, dans sa maison de retraite</span><span class="s2">. Je débutais </span><span class="s2">en même temps </span><span class="s2">les répétitions de </span><span class="s6">4.48</span><span class="s2"> Psychose de Sarah Kane, un texte bouleversant sur la mort</span><span class="s2"> auquel je me sens obligé de revenir régulièrement</span><span class="s2"> avec la comédienne Sophie Cadieux</span><span class="s2">, et auquel je reviendrai encore dans un an.</span><span class="s2"> </span></p>
<p class="s8"><strong><span class="s7"><span class="bumpedFont15">L’œuvre que je ne mettr</span></span><span class="s7"><span class="bumpedFont15">ai</span></span></strong><span class="s7"><span class="bumpedFont15"><strong> plus jamais en scène ou que je voudrais remettre en scène.</strong><br />
</span></span><span class="s2">Je voudrais remettre en scène </span><span class="s6">Pelléas</span><span class="s6"> et Mélisande</span><span class="s2"> tous les dix ans. L&rsquo;</span><span class="s2">œuvre</span><span class="s2"> m&rsquo;habite</span><span class="s2">, </span><span class="s2">son sens </span><span class="s2">est </span><span class="s2">inépuisable</span><span class="s2">.</span><span class="s2">J</span><span class="s2">&lsquo;ai l&rsquo;impression de vivre avec elle</span><span class="s2"> depuis toujours.</span></p>
<p class="s8"><span class="s7"><span class="bumpedFont15"><strong>Ma devise</strong><br />
</span></span><span class="s2">Dans </span><span class="s6">Armide</span><span class="s2"> de Lully et Quinault, que je vais mettre en scène à l’Opéra </span><span class="s2">R</span><span class="s2">oyal de </span><span class="s2">Drottningholm</span><span class="s2"> l’été prochain, il y a cette phrase simple qui n’est pas une devise mais qui </span><span class="s2">m’interpelle</span><span class="s2"> : « Les beaux jours que l&rsquo;on perd sont pour jamais perdus ! »</span> <span class="s2">Dans notre monde qui donne l’impression de s’effondrer</span><span class="s2"> (et il faut </span><span class="s2">lutter contre cet effondrement</span><span class="s2">)</span><span class="s2">, </span><span class="s2">je suis</span><span class="s2"> aussi</span><span class="s2"> sensible à </span><span class="s2">l’idée de </span><span class="s2">ne pas laisser passer</span> <span class="s2">des joies vraiment </span><span class="s2">simples</span><span class="s2">, de </span><span class="s2">ne pas négliger</span><span class="s2"> l’instant présent.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-florent-siaud-chereau-netait-pas-seulement-le-fabuleux-conteur-dhistoire-que-lon-sait-cetait-un-chercheur-infatigable-une-erudition-co/">Questionnaire de Proust &#8211; Florent Siaud : « Chéreau n&rsquo;était pas seulement le fabuleux conteur d’histoire que l’on sait. C’était un chercheur infatigable, une érudition considérable, un instinct qui devraient nous inspirer encore longtemps.»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Toulouse 2023-24 : le Capitole reçu six sur sept</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/toulouse-2023-24-le-capitole-recu-six-sur-sept/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Apr 2023 17:10:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Christophe Ghristi, le directeur musical du théâtre National du Capitole (avec son nouveau statut d’établissement public) a dévoilé la saison toulousaine 2023-24. On y retrouve entre autres les dernières pièces annulées il y a trois ans pour cause de pandémie et qui ont été reprises au cours des saisons suivantes. Le fait marquant est que &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Christophe Ghristi, le directeur musical du théâtre National du Capitole (avec son nouveau statut d’établissement public) a dévoilé la saison toulousaine 2023-24. On y retrouve entre autres les dernières pièces annulées il y a trois ans pour cause de pandémie et qui ont été reprises au cours des saisons suivantes.</p>
<p>Le fait marquant est que sur les sept opéras au programme, six sont des nouvelles productions. <em>Les Pêcheurs de perles</em> ouvrira la saison avec <strong>Anne-Catherine Gillet</strong> et <strong>Mathias Vidal</strong>. <strong>Olivier Py</strong> montera un nouveau <em>Boris Godounov</em> avec <strong>Matthias Goerne</strong> qui prendra le rôle-titre; on trouve aussi <em>Idomeneo</em> avec <strong>Marie Perbost</strong>, <strong>Cyrille Dubois</strong> et <strong>Andrea&nbsp; Soare,</strong> une <em>Cenerentola</em> mise en scène par <strong>Barbe &amp; Doucet</strong> avec <strong>Adèle Charvet</strong>, <strong>Florian Sempey</strong> et <strong>Nicolai Alaimo</strong>. <strong>Eric Ruf</strong> viendra mettre en scène un nouveau <em>Pelléas et Mélisande</em> avec <strong>Marc Mauillon</strong> et <strong>Victoire Bunel</strong> dans les deux rôles principaux, ainsi que <strong>Franz-Josef Selig</strong> en Arkel. Enfin <em>Eugène Onéguine</em> dans la mise en scène de <strong>Florent Siaud</strong> avec <strong>Stéphane Degout</strong> en Onéguine.</p>
<p>La seule reprise est <em>Die Frau ohne Schatten</em> dans la mise en scène de <strong>Nicolas Joël</strong> avec <strong>Elisabeth Teige</strong>, <strong>Sophie Koch</strong>, <strong>Brian Mulligan</strong> et <strong>Ricarda Merbeth</strong>. A noter également en version concert <em>Il Ritorno d’Ulisse in Patria </em>sous la direction de <strong>Emiliano Gonzalez Toro</strong>. De bien belles choses en perspective donc.</p>
<p>Toute la programmation est à suivre sur le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://opera.toulouse.fr/">site du Théâtre du Capitole</a>.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="[SAISON 23-24] Présentation par Christophe Ghristi" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/1fkYFWuzt3U?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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		<title>CONNESSON, Les Bains macabres — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-bains-macabres-paris-athenee-poetique-et-loufoque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jan 2020 23:20:56 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/potique-et-loufoque/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour sa première incursion dans le genre lyrique, le compositeur Guillaume Connesson – sur la proposition de l’écrivain Olivier Bleys  – a voulu, nous dit-il, « oser le défi d&#8217;un véritable opéra-comique du XXIe siècle ». Créée à Compiègne le 24 janvier, l’œuvre arrive au Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet, haut lieu parisien de spectacles originaux &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">Pour sa première incursion dans le genre lyrique, le compositeur Guillaume Connesson – sur la proposition de l’écrivain Olivier Bleys  – a voulu, nous dit-il, « <em>oser le défi d&rsquo;un véritable opéra-comique du XXIe siècle</em> ». Créée à Compiègne le 24 janvier, l’œuvre arrive au Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet, haut lieu parisien de spectacles originaux où musique et chant occupent une grande place.</p>
<p>Hormis Maupassant qui l’a utilisé avec brio dans <em>Mont-Oriol</em>, son cinquième roman, l’univers du thermalisme a rarement inspiré la littérature. Cet opéra-polar a su en faire son miel. L&rsquo;action se passe dans un établissement thermal au bord de la Méditerranée. Nous voici emportés dans un tourbillon sonore et visuel qui ira crescendo jusqu’à la fin. L’intrigue est résolument policière. À l’aide de panneaux translucides, coulissant de haut en bas aussi bien que de gauche à droite, l’espace scénique est totalement accessible. Quant aux nombreuses projections vidéo évoquant une nature tantôt paisible, tantôt en furie, elles suggèrent les états d’âmes des personnages.</p>
<p>Tout s’enchaîne comme par magie au rythme d’une musique colorée, expressive, moqueuse, parfois violente ou sentimentale qui force l’admiration par sa précision sinon par son originalité. Elle est entrecoupée de dialogues parlés et aussi de chant en solo, duo, trio ou chœur. Nombre de passages sont identifiables par de brèves réminiscences de compositeurs notamment comme Debussy, Satie, Prokofiev ou Chostakovitch&#8230; Chacun y trouvera les siennes. Sous la baguette inflexible mais sans raideur d&rsquo;<strong>Arie Van Beek</strong>, les trente-sept musiciens de haut niveau de l’Orchestre des Frivolités Parisiennes, tassés dans la petite fosse, produisent un flot mélodique continu, d’une précision horlogère qui n’exclut pas une interprétation très inspirée. Quant aux douze artistes du chœur Les Éléments, dirigés par <strong>Joël Suhubiette</strong>, ils sont irréprochables.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="289" src="/sites/default/files/styles/large/public/_5d_4903.jpeg?itok=8HtSXidI" title="© Nicolas Descoteaux" width="468" /><br />
	© Nicolas Descoteaux</p>
<p>Dans ces conditions hétéroclites passant brusquement du burlesque à la romance, voire au style grand guignol, le scénario n’est pas des plus faciles à suivre, les personnages manquent d’attrait et suscitent au départ moins d’empathie qu’on le voudrait. Ces défauts s’atténuent durant la deuxième partie qui offre quelques très beaux moments de grâce entre la jeune première bien vivante et son amoureux trépassé. Le moment où, horrifié, celui-ci découvre que son corps de chair est en train de s&rsquo;écouler en sable est particulièrement mémorable. Ils vont heureusement finir par trouver le moyen de s’unir que nous ne dévoilerons pas.</p>
<p>Sous la direction du metteur-en-scène <strong>Florent Siaud</strong>, les neuf chanteurs-acteurs assurent leurs rôles avec compétence. En tête de distribution, la soprano <strong>Sandrine Buendia</strong> charme par sa voix fraîche bien timbrée et sa sensibilité dramatique. Avec sa voix lumineuse et magnifiquement projetée, son fiancé, le séduisant baryton <strong>Romain Dayez</strong> est très convaincant dans un rôle exigeant autorité, finesse et tendresse.</p>
<p>L’enquête  impliquant irruption dans les locaux des thermes, interrogatoire des défunts, garde à vue des accusés est menée tambour battant par <strong>Anna Destraël</strong>, Commandante de la Police des Bains et par son acolyte <strong>Geoffroy Buffière</strong> – balourd et comique, comme il se doit.  Dans le rôle omniprésent mais peu sympathique du libidineux directeur, le solide ténor <strong>Fabien Hyon</strong> ne ménage pas sa peine. Il est sur tous les fronts. C’est à lui que reviendra l’étonnante conclusion sur la réouverture immédiate des Bains Terminus, une fois finie l’enquête policière qui va se poursuivre dans l’au-delà !</p>
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		<title>Macabres&#8230; Vous avez dit « Bains macabres » ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/macabres-vous-avez-dit-bains-macabres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2020 17:24:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est ce soir qu&#8217;a lieu à Compiègne la première des Bains macabres de Guillaume Connesson. En attendant d&#8217;accueillir cette création le 31 janvier, l’Athénée Louis Jouvet nous propose une bande annonce digne d’un thriller ! Pour les amateurs d’enquête policière et d’opéra contemporain, le spectacle sera sur scène jusqu’au 6 février dans la mise en scène de Florent Siaud.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est ce soir qu&rsquo;a lieu à Compiègne la première des <em>Bains macabres</em> de <strong>Guillaume Connesson</strong>. En attendant d&rsquo;accueillir cette création le 31 janvier, l’Athénée Louis Jouvet nous propose une bande annonce digne d’un thriller !</p>
<p>Pour les amateurs d’enquête policière et d’opéra contemporain, le spectacle sera sur scène jusqu’au 6 février dans la mise en scène de <strong>Florent Siaud</strong>.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/qdnhLT3SzAE" width="560"></iframe></p>
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		<title>La Tragédie de Carmen — Compiègne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-tragedie-de-carmen-compiegne-petit-pan-de-mur-rouge/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 May 2019 06:05:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En novembre 1981, les murs rouges décrépits du Théâtre des Bouffes du Nord accueillaient la dernière création de Peter Brook, élaborée avec la collaboration de Jean-Claude Carrière : La Tragédie de Carmen, ou le chef-d’œuvre de Bizet ramené à une heure trente de musique. Sur le plan scénique, il fallait dire adieu à l’espagnolade de carte &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En novembre 1981, les murs rouges décrépits du Théâtre des Bouffes du Nord accueillaient la dernière création de Peter Brook, élaborée avec la collaboration de Jean-Claude Carrière : <em>La Tragédie de Carmen</em>, ou le chef-d’œuvre de Bizet ramené à une heure trente de musique. Sur le plan scénique, il fallait dire adieu à l’espagnolade de carte postale, pour un drame ramené à l’essentiel, sans chœur ni personnages secondaires. Sur le plan scénique, l’intrigue devenait bien plus sombre que l’opéra-comique, davantage placée sous le signe de la fatalité implacable. Marius Constant ne s’était en effet pas contenté d’effectuer une réduction de la partition, mais avait réagencé la construction même de l’œuvre, déplaçant des morceaux, inventant des contrechants, de sorte que <em>La Tragédie de Carmen</em> ne commence ni ne finit comme <em>Carmen</em>. L’air des cartes (et donc le thème du destin) sert d’ouverture, tandis que le dénouement est accompagné par le rythme obstiné de la habanera confié aux percussions. Entre-temps, on aura notamment entendu « Je dis que rien ne m’épouvante » transformé en duo, Carmen chantant les paroles des cartes pendant la reprise de la première partie de l’air, et le dialogue final interrompu par une marche funèbre d’Escamillo, après quoi Don José poignarde très discrètement celle qui ne l’aime plus, sans échanges de menaces ou de cris. Tous les tubes sont là (sauf la Garde montante), mais l’œuvre prend une physionomie sensiblement différente. Néanmoins, en nos temps d’austérité, la possibilité de proposer quelque chose qui ressemble à <em>Carmen </em>avec seulement quatre chanteurs et quinze instrumentistes a de quoi attirer les directeurs de théâtre. Après avoir présenté une <em>Carmen</em> « complète » en mars 2014, le Théâtre impérial de Compiègne n’a donc pas hésité à remettre le couvert avec cette <em>Carmen</em> tout autre.</p>
<p>Dans le spectacle mis en scène par <strong>Florent Siaud</strong>, le décor constitué presque exclusivement d’un petit pan de mur rouge et d’une immense lune accueille une action très nocturne, où tout s’enchaîne avec beaucoup de fluidité. Quelques accessoires suffisent à suggérer un changement de lieu, et le cercle que trace Carmen pour abriter ses amours avec Don José deviendra ensuite arène où elle retrouve Escamillo. Les costumes se bornent aussi à quelques indications : uniformes noirs pour les soldats, robe fleurie et espadrilles lacées pour Micaëla. Nous sommes dans la première moitié du XX<sup>e</sup> siècle, et pour le dernier acte Carmen se coiffe d’une mantille et Escamillo d’un habit de lumière. L’Ensemble Miroirs Etendus, présent au fond de la scène, est constamment visible, et ses membres défilent même devant le décor pour évoquer l’arrivée de la quadrille, moment où un enregistrement par un grand orchestre remplace la version réduite. La version de Marius Constant a pour inconvénient d’exposer davantage les instrumentistes, devenus quasiment tous solistes ; sans toujours éviter les décalages entre orchestre et chanteurs, <strong>Fiona Monbet</strong> sait tenir ses troupes, et les interventions de Marius Constant sont toujours efficaces, même quand il s’autorise des raccords un peu abrupts.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/web-190515carmen-8-1.jpg?itok=gshIGcBw" title=" © Agathe Poupeney" width="468" /><br />
	Eva Zaïcik, Sébastien Droy © Agathe Poupeney</p>
<p>Vocalement, tout repose sur les épaules de quatre artistes, et tous ne sont pas égaux devant cette lourde charge. <strong>Alexandre Duhamel</strong> retrouve ici un Escamillo quasi intégral, puisque l’adaptation conserve presque toutes ses interventions. Dans de meilleures conditions que pour sa prise de rôle à Montpellier, le baryton s’impose par sa maîtrise de l’ensemble de la tessiture, avec une intensité sonore qui sait s’atténuer dès qu’il le faut – le second couple de l’air du toréador est soudain chanté a cappella, dans une relation d’intimité totale avec Carmen. Le timbre de <strong>Sébastien Droy </strong>est agréable, mais dans l’air de la Fleur, devenu un monologue, « Et j’étais une chose à toi » est donné en falsetto, et l’on se demande comment sonnerait ce Don José s’il devait passer par-dessus l’orchestre habituel et s’il avait à chanter l’affrontement avec Carmen à la fin du troisième acte, supprimé dans cette <em>Tragédie</em>. Avec <strong>Marianne Croux</strong>, on souhaiterait à l’inverse plus de nuances dans le volume, et des aigus moins en force, même si Micaëla nous est présentée comme bien moins « nunuche » qu’à l’ordinaire. Quoi qu’il en soit, il faut avouer que l’on a d’yeux et d’oreilles que pour <strong>Eva Zaïcik</strong>, presque constamment en scène et à qui son engagement a valu une fracture du poignet pendant les répétitions. Par sa diction ciselée et par sa pure beauté vocale, cette Carmen-là séduit déjà, et l’on espère qu’elle se donnera encore le temps de mûrir le personnage avant de l’aborder telle que Bizet l’avait voulue.</p>
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		<title>DEBUSSY, Pelléas et Mélisande — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/pelleas-et-melisande-bordeaux-le-triomphe-de-laudace/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jan 2018 22:56:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si le titre n’était déjà pris et tristement célèbre, « le triomphe de la volonté » serait bien la formule idéale pour caractériser cette nouvelle production de Pelléas et Mélisande à l’Opéra National de Bordeaux. Alors bornons-nous à saluer l’audace victorieuse de ses acteurs. On voudrait, pour en rendre compte, donner à sa prose la fluidité, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Si le titre n’était déjà pris et tristement célèbre, « le triomphe de la volonté » serait bien la formule idéale pour caractériser cette nouvelle production de <em>Pelléas et Mélisande </em>à l’Opéra National de Bordeaux. Alors bornons-nous à saluer l’audace victorieuse de ses acteurs. On voudrait, pour en rendre compte, donner à sa prose la fluidité, la mobilité, la diversité de la composition de Debussy. Faute d’y parvenir, on dira sans barguigner tout le bonheur que nous a donné la soirée, alors même que nous ne l’abordions qu’avec réticence. La rhétorique séduisante destinée à justifier la présence de l’orchestre sur la scène de l’auditorium de l’Opéra national de Bordeaux par un souci de fidélité à la partition de Debussy nous avait semblé destinée à noyer le poisson : faute de moyens financiers suffisants pour une production scénique, la version annoncée avec les interludes conçus par le compositeur avant que le passage à la scène ne l’oblige à les rallonger serait en fait une énième version de concert.  </p>
<p>Si c’était le projet initial, ce n’est pas le résultat final, et la contrainte supposée a été victorieusement contournée puisque le concert est devenu un spectacle. Disons-le bien haut et fort, nous avons assisté à une représentation théâtrale d’une très haute intensité, née du talent et de l’intrépidité conjugués. En moins de trois semaines <strong>Philippe Béziat </strong>et <strong>Florent Siaud </strong>ont conçu une véritable mise en scène pour un espace dont ce n’est pas la destination. En arrière et à l’avant de l’orchestre ils ont installé des praticables d’une largeur suffisante pour y faire circuler les personnages . Celui du fond de scène, en surplomb des musiciens, place les chanteurs derrière mais au-dessus de l’orchestre. En toutes circonstances ils sont au mieux pour se faire entendre, et cela mérite d’être souligné. Un rideau de tulle noir en deux parties amovibles sépare l’espace scénique de la salle. Ouvert ou tiré, ou à peine soulevé, il permet de passer sans interruption d&rsquo;une scène à l&rsquo;autre et justifie par la démonstration le choix d&rsquo;interpréter l&rsquo;oeuvre en la purgeant des mesures supplémentaires que Debussy avait dû ajouter pour permettre les changements de décor. Il reçoit, ainsi que les panneaux placés à l’arrière de l’orchestre, le flot des images du designer-vidéo <strong>Thomas Israël</strong>. Certaines visent à représenter le monde physique, comme la dense forêt initiale, ou les flots agités, ou les parois des souterrains, ou encore les hautes salles du château, où les corniches des encadrements se mêlent aux reliquaires, et où des vestiges de fresques peut-être médiévales sont la trace indéchiffrable d’un long passé. D’autres sont plus mystérieuses : illustrent-ils les fantasmes des personnages, ces regards qui semblent les épier, dans cet univers où règne le soupçon ? Il n’est jusqu’à la chevelure qui ne semble naître d’une comète et soit ainsi en correspondance avec les affinités vers Baudelaire et Edgard Poe. Certes, certaines projections peuvent agacer, car l’imaginaire du concepteur semble parfois s’imposer sans nécessité, tant la musique est expressive. Mais jamais elles ne sont en porte-à-faux avec la situation ou le texte, et cela n’est pas non plus un mince mérite !</p>
<p>La garde-robe de <strong>Clémence Pernoud </strong>participe elle aussi à ce travail d’équipe. Elle habille les personnages selon les codes en vigueur à la fin du XIXe siècle ; peut-être aurait-elle pu rendre manifeste l’étrangeté de Mélisande par son costume dans sa première scène, et faire rentrer Geneviève dans le rang, parce que sa crinoline en fait une parente d’Odette de Crécy restée fidèle dans ses vieux jours aux toilettes de sa jeunesse. D’autant que <strong>Sylvie Brunet-Grupposo </strong>propose une interprétation pour nous originale : où nous attendions une femme devenue, en quarante ans, la proie du château et l’incarnation de la soumission et du conformisme, elle suggère, par des regards, des sourires, des mouvements à peine esquissés, qu’elle a perçu l’attirance réciproque entre Pelléas et Mélisande et qu’en silence elle s’en réjouit peut-être. C’est très singulier et cela ajoute à l’intérêt théâtral. Evidemment les lumières réglées par <strong>Nicolas Descôteaux </strong>constituent un élément fondamental de la réussite du spectacle, et elles accompagnent sans le moindre hiatus toutes les situations, en symbiose avec les vidéos et avec l’orchestre.</p>
<p>Ces tours de force techniques – réalisés, rappelons-le, dans un délai largement inférieur à la durée habituelle des répétitions pour une production scénique, s’accompagnent d’une autre triple prouesse, celle accomplie par les trois prises de rôle. Sylvie Brunet- Grupposo et <strong>Jérôme Varnier </strong>ont déjà été ici ou là Geneviève et Arkel, la première avec son timbre ambigu et son tempérament, le second avec sa voix profonde et sa musicalité, et leur expérience leur permettait de s’adapter à l’évolution du projet sans peine. En revanche, on ne peut qu’admirer l’intrépidité des interprètes de Mélisande, de Pelléas et de Golaud qui ont dû mémoriser leurs rôles et apprendre à les jouer. Cette épreuve pour leur talent, ils la surmontent tous trois sans que jamais l’on sente ce qu’il a pu leur en coûter. C’est une étonnante et envoûtante impression de « sur-le-vif » qu’ils donnent, probablement guidés par une direction d’acteurs attentive à faire parler leurs corps, puisqu’aussi bien les personnages sont rarement éloquents et que leurs paroles ne disent pas toujours ce qu’ils sentent.  Ce sont des riens, un pied tourné, une tête baissée, un tassement sur soi, mais ils animent d’une vie organique ces échanges où l’essentiel est comme indicible. Et rarement nous avons senti autant la violence de Golaud envers Mélisande comme un défi vainqueur à l’Otello de Verdi.</p>
<p>Sans idée de hiérarchie, car nous les confondons tous trois dans une même admiration, <strong>Chiara Skerath </strong>est Mélisande dès son apparition, dans sa fragilité, mais elle saura lui donner la dimension d’une femme, jamais provocante, peut-être traumatisée par les sévices qu’elle a fuis, en jouant de sa voix ductile et néanmoins assez charnue, jusqu’à l’amenuiser dans la scène finale où elle s’éteint. L’unité de l’interprétation vocale et théâtrale en fait d’ores et déjà une des grandes titulaires du rôle. De Golaud, <strong>Alexandre Duhamel </strong>a la stature imposante ; passées les premières répliques, un peu plus rogues que nécessaire, il accomplit lui aussi un parcours sans faute, dont il faudrait détailler chaque étape, dont les plus saillantes sont évidemment la scène de la fenêtre, ou la scène finale, où son corps recroquevillé exprime le tourment avant même qu’il s’exhale dans la voix. Sans nous faire oublier d’autres interprètes, il se hausse d’emblée au niveau le plus haut. Et c’est la même satisfaction que nous a donné le Pelléas de <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> ; avec la même subtilité vocale et théâtrale que ces deux partenaires, il fait oublier le débat ténor-baryton et captive par une incarnation que sa sensibilité nourrit d’une sincérité apparemment immédiate dont on oublierait facilement qu’elle est aussi le fruit d’une composition. Tous trois remportent haut la main la gageure de faire sonner vrai, quasiment naturel, ce qui est le comble de l’artifice. Il serait injuste d’oublier <strong>Maëllig Querré, </strong>issue de la jeune académie vocale d’Aquitaine, qui débutait elle aussi dans le rôle d’Yniold, et le chevronné <strong>Jean-Vincent Blot </strong>dans les rôles du médecin et du berger, ainsi que le choeur invisible des marins, aussi lointain que mystérieux.</p>
<p>Sous sa double casquette de directeur de l’Opéra national de Bordeaux  et de chef d’orchestre, <strong>Mark Minkowski</strong> a le triomphe modeste, et pourtant il pourrait pavoiser. Sa décision téméraire de transformer en version scénique les concerts prévus a débouché sur une réussite indiscutable et mémorable, à la mesure des risques pris. Sa direction a la netteté d’un Boulez et le lyrisme d’un Engelbrecht ; il réussit la synthèse de la clarté et de la fusion, obtenant des musiciens de l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine une exécution à la fois vibrante et précise, où certains détails généralement inaperçus, comme les échos d’antienne médiévale, sont autant de révélations sur la richesse infinie de la composition. Il imprime à sa lecture une vigueur qui, sans méconnaître les incessantes variations des tons et des rythmes, fait litière des approximations sur un Debussy à confiner dans le flou. Un seul regret pour finir : il n’y a plus qu’une date (ce dimanche, 21 janvier) pour s’enivrer de  cette exceptionnelle production. </p>
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