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MOZART, Die Entführung aus dem Serail – Paris (TCE)

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Spectacle
5 juin 2026
Sans happy end

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Singspiel en trois actes de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) sur un livret de Gottlieb Stephanie
Créé au Burgtheater de Vienne le 16 juillet 1782

Détails

Mise en scène
Florent Siaud

Scénographie
Romain Fabre

Costumes
Jean-Daniel Vuillermoz

Lumières
Nicolas Descôteaux

Vidéos
Eric Maniengui

Création sonore, bruitages
Samuel Hercule

Konstanze
Jessica Pratt

Belmonte
Amitai Pati

Osmin
Ante Jerkunica

Blonde
Manon Lamaison

Pedrillo
Brenton Ryan

Selim
Uli Kirsch

Insula Orchestra
Accentus

Direction musicale
Laurence Equilbey

Paris, Théâtre des Champs-Elysées, le mercredi 3 juin 2026, 19h30

 

Tous les opéras de Mozart se finissent mal : Florent Siaud avait peut-être en tête le vieil adage de Nikolaus Harnoncourt en préparant sa mise en scène de l’Enlèvement au Sérail. Dès le lever de rideau, la neutralité des décors signés Romain Fabre, et composés de panneaux blancs discrètement ajourés que traversent quelques lignes bleues, indique assez que cette turquerie-là ne jouera pas la carte de la couleur locale, ni de la farce. Idée sans doute bienvenue, qui permet tout à la fois d’éviter les grilles de lecture anachronique d’une œuvre devenue trop rare sur nos scènes pour lui infliger pareil traitement, et de rapprocher l’Enlèvement des clair-obscur de Cosi, des Noces ou de Don Giovanni, en somme des authentiques chefs-d’œuvres de Mozart, auxquels il se rattache sans aucun doute. La réalisation donne un résultat plus mitigé. Le harem laisse place à une villa design ; les gardiens, en costumes et écouteurs à l’oreille, ressemblent à des vigiles de centres commerciaux ; le pacha lui-même s’est mué en l’un de ces gourous new age qui sévissaient en Californie dans les années 70. Une froideur qui s’infiltre jusque dans la scène finale, où l’on voit Selim faire abattre Osmin avant de forcer les anciens otages à chanter ses louanges face caméra. Cette vision laquée et glacée marche à rebours de la trépidante partition de Mozart, un des plus grands succès remportés par le compositeur de son vivant ; et pourtant elle marche, grâce à un propos cohérent et à une direction d’acteurs qui évite la provocation facile. Et si les courtes vidéos présentées au début de chaque acte n’apportent aucune révélation fracassante, le bruiteur placé sur le côté du proscenium aura au moins le mérite d’habiller et de rythmer des dialogues parlés que l’on a d’ailleurs réduits au strict nécessaire.

Il n’empêche que l’émotion comme l’humour reposent sur la bonne volonté de chanteurs qui, heureusement, en ont à revendre ! Jessica Pratt aborde Constance comme la belcantiste qu’elle est, sans frein ni fausse pudeur. Et l’on admire, tout au long de la soirée, la discipline et la virtuosité de ce chant où la technique se met toujours au service de la musicalité. Si le vibrato s’est élargi dans le haut de la tessiture, si « Traurigkeit » manque peut-être d’ombres et de murmures, on rend forcément les armes face à un « Martern aller Arten » si souverainement maîtrisé, et brûlant d’une telle fierté ! Amitai Pati, qui chante ce soir son premier Belmonte, compose un personnage qui touche par sa bonhomie comme par sa maladresse, et convainc davantage par les couleurs juvéniles du timbre et la délicatesse de son legato que par des graves pas toujours audibles. On pourrait faire le même reproche à Ante Jerkunica, excellent musicien qui ne fait certes pas de miracle dans « O, wie viel ich triumphieren » (les Kurt Moll ou Martti Talvela n’ont jamais couru les rues), mais s’impose avec bonheur partout ailleurs, en penchant sa longue silhouette menaçante sur les autres personnages. Voix claire et insolemment projetée, Brenton Ryan aussi peut compter sur un tempérament de bête de scène pour rendre immédiatement attachant un Pedrillo doté ce soir d’une épaisseur théâtrale peu commune. Les harmoniques et le fruité du timbre de Manon Lamaison nous change des Blondchen qui ne savent être que piquantes, même s’il faut ce soir faire l’impasse sur les suraigus tandis que, dans le rôle ingrat qui lui est réservé par la mise en scène, Uli Kirsch rend crédible son Selim plus aigre que doux.

Plus aigre que doux sonne également l’Insula Orchestra, dont les bois et les cuivres devraient gagner en précision au fil des représentations. Un reproche qui ne saurait être fait aux choristes d’Accentus, d’une cohésion parfaite à chacune de ses interventions. A la tête de ces ensembles, Laurence Equilbey empoigne vivement la partition, pour en faire saillir les angles et les apprêtés, davantage que les rondeurs et les traits d’humour. La cohésion entre la scène et la fosse est, à cet égard, exemplaire. Mais honorer la gravité de Mozart, n’est-ce pas se condamner à ne célébrer qu’une partie de son génie ?

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❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

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Créé au Burgtheater de Vienne le 16 juillet 1782

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Mise en scène
Florent Siaud

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Jean-Daniel Vuillermoz

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Pedrillo
Brenton Ryan

Selim
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Paris, Théâtre des Champs-Elysées, le mercredi 3 juin 2026, 19h30

 

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