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	<title>Georg FRITZSCH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Georg FRITZSCH - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>LEHÁR, Die Lustige Witwe — Karlsruhe</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-lustige-witwe-karlsruhe-valse-hesitation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Oct 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour un peu, on se serait prise pour Hanna Glawari dans sa valse-hésitation du « Damenwahl » de la Veuve joyeuse, quand c’est à l’héroïne de choisir un partenaire alors que l’élu de son cœur est tout trouvé mais qu’il faut résister encore un peu. La question lancinante des jours précédant le spectacle du samedi soir à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour un peu, on se serait prise pour Hanna Glawari dans sa valse-hésitation du « Damenwahl » de la <em>Veuve joyeuse</em>, quand c’est à l’héroïne de choisir un partenaire alors que l’élu de son cœur est tout trouvé mais qu’il faut résister encore un peu. La question lancinante des jours précédant le spectacle du samedi soir à Karlsruhe se résumait à : « Irai ou n’irai pas ? », les rumeurs de fermeture de la frontière avec l’Allemagne se précisant, le Grand-Est étant considéré comme zone à risque. Le vendredi, la décision redoutée est effective et au moment où la nouvelle tombe, comme un couperet, les frontaliers se précipitent pour faire les courses de dernière nécessité (du papier toilette, entre autres, cela rappelle quelque chose…). Et puis c’est un léger soulagement : les voisins directs peuvent entrer dans le Bade-Wurtemberg à condition d’avoir un test négatif datant de moins de 48h qui, pour finir, s’avère inutile puisqu’un aller-retour dans la journée est permis pour les Alsaciens-Mosellans. Enfin ! , se dit-on, ravis de retourner au théâtre pour l’une des opérettes les plus anti-déprime qui soient. Las. Dans le même temps, les autorités allemandes encouragent leurs concitoyens à rester chez eux.</p>
<p>Renseignements pris, les deux premières de <em>Die Lustige Witwe</em> sont maintenues et le service presse, on ne s’en étonnera pas, nous encourage à venir. Eh oui, c’est bien de deux premières le même soir qu’il s’agit car le spectacle, d’une durée normale de près de deux heures trente, est maintenant réduit à 1h30 sans entracte, avec deux castings qui se succèdent. C’est donc la distribution B que nous allons entendre à 20h30, puisque la séance de 18h est complète. Dommage, nous aurions volontiers entendu les deux versions dans la foulée. La jauge a été drastiquement réduite à 250 spectateurs, pour une <a href="https://www.forumopera.com/actu/internationale-handel-festspiele-karlsruhe">salle</a> qui en accueille 1000 en temps normal et à partir de lundi, seuls 100 personnes pourront se côtoyer. Drôle d’impression que ce théâtre où une rangée sur deux est sacrifiée et deux sièges séparent les spectateurs, pour la plupart non masqués, d’ailleurs. Sur scène et dans la fosse, l’écrémage est à l’avenant, puisque nous avons droit à la version pour orchestre de salon, sans chœurs et avec un acteur qui résume les scènes sacrifiées.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="272" src="/sites/default/files/styles/large/public/fvt_057_hp2_lustige_witwe_5f884aeea6c7c4.85304075.jpg?itok=LgNxtxoO" title="© Falk von Traubenberg" width="468" /><br />
	© Falk von Traubenberg</p>
<p>Évidemment, les fêtes où ne figurent que les solistes manquent d’éclat, mais le décor a été intelligemment conçu de manière à servir d’écrin à taille correcte pour les protagonistes, que les jeux de lumière achèvent de mettre en valeur. Cela dit, les charmantes « Grisettes de Paris » auraient gagné à être soutenues par un chœur fourni afin de mieux passer la rampe. Il faut évidemment oublier les souvenirs des productions vues antérieurement et se réjouir de ce que l’on est parvenu à réaliser dans les conditions présentes. La mise en scène d’<strong>Axel Köhler</strong> est loin de simplement, dans le contexte actuel, « faire ce qu’on peut », comme dirait Danilo : elle fourmille de trouvailles. L’homme de théâtre considère l’œuvre de Lehár comme l’opérette politique par excellence et les allusions au Brexit, à la corruption ou à la crise (y compris celle en cours) abondent, habilement distillées par un comédien, l’épatant <strong>Horst Maria Merz</strong>, incarnant un Njegus vieilli qui, dix ans plus tard, se souvient du Pontevedrexit, du scandale de la nation sur la paille et de la menace de la fuite des fortunes, des parties de Bunga-Bunga façon Berlusconi et de bien d’autres épisodes qui font écho à notre époque. Tout cela est très enlevé, mais le public a du mal à sortir de sa torpeur et l’on n’entend que très peu de rires.</p>
<p>La réduction pour orchestre de salon et l’exécution très sage dirigée par <strong>Georg Fritzsch</strong> donne tout d’abord l’impression, un rien ouatée, de se trouver à bord d’un bateau de luxe (on se prend à penser au Titanic…) où l’on passerait d’un tube à l’autre (un interlude, rideau baissé, permet en l’occurrence d’entendre un pot-pourri comprenant le « Wolgalied » du <em>Zarewitsch </em>ou encore « Dein ist mein ganzes Herz »). Mais l’effectif modeste ne tarde pas à donner son meilleur et les sonorités prennent de la couleur et s’affirment pour équilibrer dignement les voix. Le « Lippen schweigen » du couple réuni peut ainsi s’épanouir harmonieusement. <strong>Peter Schöne</strong>, silhouette dégingandée juste ce qu’il faut et dandysme chic faussement détaché idoine, campe un Danilo tout en nuances et en délicatesse. <strong>Juanita Lascarro</strong>, en revanche, correspond moins à l’idée qu‘on peut se faire d’une femme libre et affirmée au charisme exceptionnel, même si elle est tout à fait ravissante. Elle ne dégage ni la fougue d’une Karita Mattila, ni le rayonnement d’une Lucia Popp. Cela dit, la voix est charnue, opulente, et il ne manque guère qu’un peu de peps pour qu’on puisse se laisser emporter totalement par le personnage. Peut-être se laisse-t-elle un peu voler la vedette par <strong>Luise von Garnier</strong>, épatante Valencienne, timbre fruité et frais, qui détonne en particulier dans un numéro de cabaret en Buffalo Bill tout en paillettes et pistolets roses, sans jamais se départir de son air d’« Anständiger Frau », de femme honnête et respectable. Son amoureux, Camille de Rosillon, est tout aussi survolté : <strong>Nutthaporn Thammathi</strong> nous offre quelques aigus percutants jouissifs et une scène du pavillon impayable. Les autres partenaires appuient très honnêtement une distribution somme toute solide pour un spectacle de belle tenue. Et quand le public, enthousiaste, applaudit le final, la magie opère : l’acoustique impeccable du lieu donne l’impression d’être dans une salle pleine.</p>
<p> </p>
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		<title>MOZART, Così fan tutte — Dresde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-dresde-manege-a-quatre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Feb 2020 04:47:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est Andreas Kriegenburg qui est à la manœuvre pour ce Così fan tutte du Semperoper Dresden. Il s’agit de la reprise d’une production de 2014 du metteur en scène magdebourgeois. Kriegenburg est un habitué des scènes européennes les plus diverses ; il assure depuis une quinzaine d’années des régies d’opéra à Francfort (Tosca), Berlin, Hanovre, Vienne, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est <strong>Andreas Kriegenburg</strong> qui est à la manœuvre pour ce <em>Così fan tutte</em> du Semperoper Dresden. Il s’agit de la reprise d’une production de 2014 du metteur en scène magdebourgeois. Kriegenburg est un habitué des scènes européennes les plus diverses ; il assure depuis une quinzaine d’années des régies d’opéra à Francfort (<a href="https://www.forumopera.com/tosca-francfort-que-la-torture-est-douce"><em>Tosca</em></a>), Berlin, Hanovre, Vienne, Hambourg, Munich (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-chute-des-corps"><em>Ring</em></a> complet en 2012), entre bien d’autres et récemment <em>Simon Boccanegra</em> au Festival de Salzbourg 2019.</p>
<p>La proposition scénique de Kriegenburg est servie avec une belle sobriété par les décors de<strong> Harald Thor</strong> et les éclairages de <strong>Stefan Bolliger</strong>. Décor unique pour les deux actes : il s’agit d’un vaste plan incliné circulaire et tournant qui occupe quasiment toute la scène. Imaginez une immense toupie qui tournerait lentement et toujours en oblique. Ce vaste espace est investi d’immenses tentures blanches figurant tantôt les grilles d’une cage à oiseau (nos jeunes femmes sont-elles prisonnières expiatoires ?), tantôt une balancelle (pour tourtereaux ?), tantôt enfin des paravents permettant de voir sans être vu. Cette immense roue est pourvue au second acte de bancs publics où les différents protagonistes prennent place individuellement ou par deux, les couples s’y faisant ou défaisant en un manège parfois étourdissant mais somme toute plaisant et toujours signifiant.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/csm_03_cosi_fan_tutte_c_matthias_creutziger_6467_ce30f4947e.jpg?itok=W4LHtY7K" title="©Matthias Creutziger" width="468" /><br />
	©Matthias Creutziger</p>
<p>D’une façon générale la direction d’acteurs est particulièrement soignée et le jeu plutôt ultra-classique pour cet opéra des mouvements de symétrie, d’échanges, d’inversions des personnages, fonctionne à merveille et le spectateur se laisse volontiers prendre au jeu. Cela donne une fluidité bienvenue et souligne le propos du librettiste.</p>
<p>Kriegenburg part donc du principe que la vie amoureuse est un vaste manège. A deux sans doute, mais pourquoi pas à quatre ? Son idée est aussi que le cours, imperturbable, des événements peut s’apparenter au plateau d’une roulette de casino qui s’arrêtera sur telle ou telle case ; et quand le plateau ne s’arrête plus, en un tournis étourdissant, nous voilà entraînés dans un mouvement qui nous échappe, nous dépasse et que l’on ne contrôle plus. Ainsi, les couples reconstitués à la fin de l’œuvre, en remontant sur le plateau incliné, s’exposent-ils peut-être à de nouvelles tribulations, mais cela nous ne le saurons pas.</p>
<p>Par ailleurs, la proposition scénique de Kriegenburg nous rappelle fort à propos le sous-titre de l’œuvre :  <em>Così fan tutte ossia la scuola degli amanti</em> . Don Alfonso figure bien ici le maître d’école, qui dirige de son doigt autoritaire deux jeunes écolières bien obéissantes et deux jeunes écoliers qui se plient plutôt de bonne grâce aux exigences du maître. Quand celui-ci demande aux garçons de se grimer, ils se transforment, non pas en Albanais, mais en Buster Keaton ou Charlie Chaplin, avec chapeau, moustache, maquillage blanc et grandes chaussures, héros du cinéma muet, prêts à subir docilement tout ce qui leur sera imposé.</p>
<p>Le plateau vocal nous aura fait meilleure impression dans son ensemble que dans ses individualités. Pas si grave car chanter <em>Così</em> s’apparente davantage à un sport collectif qu’individuel. Pour faire simple, chacun des six personnages possède une aria par acte, tout le reste est duos, trios, quatuors ou autres ensembles. Ceux-ci auront été de belle facture, gommant parfois des imperfections singulières, servis nous le disions par une direction d’acteurs vive et intelligente. Un satisfecit particulier au trio du I « Soave sia il vento », qui figea le plateau en une parenthèse quasi extatique.</p>
<p>La distribution est dominée haut la main par la Fiordiligi de <strong>Francesca Dotto</strong>, appréciée par notre confrère en Luisa Miller à <a href="https://www.forumopera.com/luisa-miller-parme-la-passion-de-luisa">Parme</a> à l’automne dernier. Beaucoup de qualités dans la voix de cette jeune cantatrice de moins de 30 ans : beauté du timbre, bonne technique, ampleur de l’émission. Sa performance a été dominée par un « Per pietà, ben mio, perdona » de toute beauté. Aucune difficulté n’a été contournée, les sauts de tessitures bien ajustés, les ornements sûrs. Manque peut-être encore l’aisance, mais peut-on être pleinement à l’aise dans une aria d’une telle science ? A lire son « carnet de commandes » des mois à venir, on se permettra seulement de recommander à Francesca Dotto, de ne pas se précipiter vers des rôles qui pourraient s’avérer encore trop lourds.</p>
<p>La Dorabella de <strong>Jana Kurucová</strong> ne dispose peut-être pas des mêmes facilités mais possède un bagage solide. Ce membre de la troupe du Deutsche Oper Berlin est visiblement à l’aise dans ce rôle et manifeste une énergie communicative. Des deux amants, nous aurons nettement préféré le Guglielmo de <strong>Lawson Anderson</strong>. Membre récent de la troupe de l’opéra de Dresde, il possède un superbe baryton et dispose d’une force de conviction admirable. A suivre sans doute. Nous concéderons avoir été très peu sensible au timbre du Ferrando de <strong>Joseph Dennis</strong>. A la peine dans « Un’ aura amorosa », il n&rsquo;aura su nous associer aux émois du jeune héros. La technique vient souvent à la rescousse mais la technique ne suffit pas toujours.</p>
<p>Le Don Alfonso/maitre d’école de <strong>Martin-Jan Nijhof</strong> est solide et convaincant, la Despina de <strong>Ute Selbig</strong> n’était pas pleinement à sa place. Nous avons beaucoup de respect pour cette spécialiste de la musique sacrée, membre de la troupe à Dresde depuis 35 ans et que nous avions appréciée l’automne dernier dans le rôle de Marianne du <a href="https://www.forumopera.com/der-rosenkavalier-dresde-un-monde-qui-se-decompose"><em>Rosenkavalier</em></a>, mais le rôle de Despina exige une vista, une légèreté de mouche, un sautillement permanent et une insolence adolescente que Ute Selbig ne peut proposer.</p>
<p>Belle mention à l’orchestre réduit de la Staatskapelle Dresden conduite avec amour et souplesse par <strong>Georg Fritzsch</strong> et des bravi tout particulier au hautbois, à la flûte et surtout au piano-forte toujours plein d’humour et qui sut parfaitement cheminer dans des récitatifs parfois labyrinthiques.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Götterdämmerung — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gotterdammerung-geneve-enchantements-du-desenchantement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Feb 2019 06:54:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le dernier volet de la Tétralogie donnée à Genève, dans la reprise de la mise en scène de Dieter Dorn de 2013-2014, constitue un bel achèvement du cycle qu’ouvrait mardi un Prologue prometteur. Sans aucune des quelques faiblesses, vénielles comme dans Siegfried, ou plus gênantes, comme dans La Walkyrie, mais avec toutes les qualités relevées &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le dernier volet de la <em>Tétralogie</em> donnée à Genève, dans la reprise de la mise en scène de <strong>Dieter Dorn</strong> de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/entre-chien-et-loup">2013-2014</a>, constitue un bel achèvement du cycle qu’ouvrait mardi un <a href="https://www.forumopera.com/das-rheingold-geneve-mouvement-perpetuel"><em>Prologue</em></a> prometteur. Sans aucune des quelques faiblesses, vénielles comme dans <a href="https://www.forumopera.com/siegfried-geneve-irresistible-ascension"><em>Siegfried</em></a>, ou plus gênantes, comme dans <a href="https://www.forumopera.com/die-walkure-geneve-des-hauts-et-des-bas"><em>La Walkyrie</em></a>, mais avec toutes les qualités relevées dans ces autres volets, ce <em>Crépuscule des dieux</em> est un enchantement continu dans sa représentation si humaine, si émouvante, du désenchantement et de la désagrégation du monde.</p>
<p>Au tout début du Prologue, avant même l’arrivée des Nornes, la présence muette et fugace d’Alberich, non prévue dans le livret, suggère au spectateur le basculement que les Nornes ensuite vont énoncer. Image d’autant plus prégnante que l’on a dit à quel point son apparence était, dans sa dissemblable similitude, le double inversé ou le négatif de celle de Wotan ou du Voyageur.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/gotterdammerung_c_carole_parodi_ring_2019-11.jpg?itok=iBTHs8GR" title="Wagner, Götterdämmerung, Genève 2019 © GTG / Carole Parodi" width="468" /><br />
	Wagner, Götterdämmerung, Genève 2019 © GTG / Carole Parodi</p>
<p>Devant la structure modulable figurant le rocher des Walkyries, les Nornes portent à présent dans leurs bras la pelote des cordes de destinée qu’elle devaient auparavant pousser devant elles, tant celle-ci n’a cessé de diminuer de volume au cours des épisodes successifs. Côté cour s’élève le tronc du frêne primordial. Des dieux vivants que nous avions vus précédemment ne restent, côté jardin, que des artefacts, têtes gigantesques aux allures de masques mortuaires, figées dans la grisaille de la pierre – évocation de temps déjà révolus, rendant dérisoire le geste de fureur d’Alberich jetant à l’acte II le visage de Wotan à terre, et vaine l’impuissante révolte de Brünnhilde martelant de ses poings ce même visage, sous le regard impassible des têtes statufiées des autres dieux. L’épée Notung elle-même apparaît aussi pétrifiée, gigantesque monument érigé en mémoire de ce qui désormais n’est plus que mythe.</p>
<p>Un décor (<strong>Jürgen Rose</strong>) qui crée une disposition d’esprit favorable pour entendre le récit des Nornes, détentrices de la vision du passé, du présent et de l’avenir. Au contralto impressionnant de <strong>Wiebke Lemkuhl</strong>, remarquée en Erda, surtout dans <a href="https://www.forumopera.com/siegfried-geneve-irresistible-ascension"><em>Siegfried</em></a>, répondent de manière soutenue et efficace le mezzo de <strong>Roswitha Christina Müller</strong> et le soprano de <strong>Karen Foster</strong> (respectivement Rossweisse et Helmwige dans <em>La Walkyrie</em>).</p>
<p><strong>Petra Lang</strong>, dont nous avons souligné déjà l’engagement total au service du personnage de Brünnhilde, trouve ici des accents lyriques qui à la fin de <em>Siegfried</em> étaient moins perceptibles. À côté de ces raffinements de nuances, mais aussi de quelques stridences, l’épanouissement vocal, la générosité du souffle, l’ampleur du volume, l’énergie et la vaillance sont ici des qualités que couronne son endurance jusqu’à l’utime monologue <em>(« Starke Scheite »</em>) du troisième acte, et qu’elle partage avec <strong>Michael Weinius</strong>. Le ténor suédois continue en effet de se révéler comme un Siegfried de premier plan. Scéniquement, ils évoluent l’un et l’autre avec aisance dans une scénographie qui joue sur les reflets et les images en écho – comme l’apparition du bras de Brünnhilde émergeant du sol avant le premier duo, à l’endroit même où plus tard sortira le bras de Siegfried frappé à mort et se remémorant la bien-aimée.</p>
<p>La pièce-caisson dans laquelle apparaissent les Gibichung, espace restreint qui renferme une nouvelle pièce du puzzle du monde (une boîte, tels les cartons qui jonchaient le lit du Rhin dans le <em>Prologue</em> ou le caisson dans lequel se trouvaient les Walkyries), est inclinée, comme prête à glisser, manifestation du désordre du monde ou annonce de sa fin prochaine. Sa conception, avec ses cloisons coulissantes, rappelle l’inspiration japonaise de certains des costumes de Jürgen Rose. Le jeu des lumières (<strong>Tobias Löffler</strong>), qui illuminent notamment l’intérieur de ce caisson, est magnifique.</p>
<p><strong>Mark Stone</strong>, impeccable baryton, est un Gunther dont la présence scénique et les qualités de timbre et de projection expriment davantage la noblesse du personnage qu’une veulerie à laquelle on a du mal à croire – et qui réussit à se faire entendre à la fin de l’acte II. De Hagen, la basse <strong>Jeremy Milner</strong>, par ailleurs d’une grande prestance, a la voix noire et caverneuse, la puissance aussi  et une capacité de résonance impressionnante, qui met en valeur un très beau timbre ; puisse-t-il se débarrasser de cet encombrant vibrato qui nuit à l’intelligibilité du texte et à la ligne de chant ! Sur le plan scénique, on notera que son costume rappelle celui d’Alberich (et donc de Wotan) – il tient d’ailleurs en permanence une lance qui n’est pas sans évoquer celle du Voyageur (on ne se rappelle pas toujours que Wotan, à la scène 2 de l’acte II de <em>La Walkyrie</em>, avait d’abord déclaré faire de Hagen son héritier avant de désigner Siegfried : « Ainsi reçois ma bénédiction, fils du Nibelung ! Ce qui m’écœure profondément, je te le donne en héritage, / ce vain éclat des dieux ; / que ton envie le dévore avec voracité ! »).</p>
<p>Comme c’est souvent l’usage, Gutrune est chantée par la même interprète que Freia, ce qui n’empêche pas <strong>Agneta Eichenholz,</strong> grâce à la solidité de sa voix et à la qualité de ses aigus, de donner ici consistance, même de manière fugace, à un tout autre personnage, capable vocalement de rivaliser avec les autres et d’affirmer une existence qui au vrai ne prend forme qu’au moment de s’achever. <strong>Michelle Breedt</strong> est une Waltraute touchante et de très bonne tenue, convaincante dans le climat d’urgence absolu qu’elle sait exprimer, solide dans son long récit, même si certains aigus semblent moins aisés à dompter. L’Alberich de <strong>Tom Fox</strong> confirme les qualités et le savoir-faire déjà évoqués pour les volets précédents, voix sombre et jeu inquiétant. Dans les rôles des Filles du Rhin, <strong>Polina Pastirchak, Ahlima Mhamdi</strong> et <strong>Carine Séchaye</strong> proposent un parfait équilibre des tessitures, dans une grande cohésion de volume et une cohérence d’interprétation que souligne le jeu dramatique d’ensemble.</p>
<p>Le Chœur du Grand Théâtre de Genève est d’une précision et d’une homogénéité de voix remarquables. Sous la direction de <strong>Georg Fritzsch</strong>, l’Orchestre de la Suisse romande propose une interprétation chatoyante, déployant une richesse de timbres proprement enchanteresse. Tout au long de cette dernière journée du festival sécnique, son volume sonore ne cesse d’augmenter, comme si les derniers éclats du chant allaient bientôt se résorber dans la musique seule. Autant les interludes symphoniques que le <em>Voyage de Siegfried sur le Rhin</em> sont exécutés avec un raffinement qui n’exclut jamais la dimension dramatique. La <em>Marche funèbre</em> est saisissante de beauté tragique, prenant pleinement la dimension de ce chœur grec voulu par Wagner.</p>
<p>À la fin, lorsque tout est submergé par le Rhin, l’ensemble du décor plonge dans les profondeurs de la scène, laissant, aux dernières mesures, tandis qu’en fond de scène les dieux chutent au ralenti, le plateau totalement noir et vide, prêt pour un recommencement.</p>
<p>Et de fait, au terme de ces quinze heures de musique, de chant et de théâtre, on est prêt à réentendre et à revoir le <em>Prologue</em> qu’appelle ce retour final aux origines de toutes choses, on n’attend qu’une chose : tout recommencer – si tel est aussi, à en croire les applaudissements et les acclamations, l’avis d’une majeure partie du public, voilà assurément un gage de qualité et un signe de réussite qui ne trompent pas.</p>
<p> </p>
<p><em>N. B. : Le cycle complet sera donné à nouveau à deux reprises, du 5 au 10 mars et du 12 au 17 mars 2019. Renseignements sur <a href="https://www.geneveopera.ch/der-ring/">le site du Grand Théâtre de Genève</a>.</em></p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Siegfried — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/siegfried-geneve-irresistible-ascension/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Feb 2019 04:45:36 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/irrsistible-ascension/</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Deuxième journée » du festival scénique et troisième volet de la Tétralogie, Siegfried confirme, s’il en était besoin, que l’Opéra de Genève a eu bien raison de proposer la reprise de la mise en scène de Dieter Dorn de 2013-2014. Les superbes décors de Jürgen Rose jouent avec les éléments visuels, leurs reprises et leurs métamorphoses &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Deuxième journée » du festival scénique et troisième volet de la Tétralogie, <em>Siegfried</em> confirme, s’il en était besoin, que l’Opéra de Genève a eu bien raison de proposer la reprise de la mise en scène de <strong>Dieter Dorn</strong> de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cherchez-le-heros">2013-2014</a>. Les superbes décors de <strong>Jürgen Rose</strong> jouent avec les éléments visuels, leurs reprises et leurs métamorphoses à la manière de véritables leitmotive. Ainsi, on ne sait au début si l’on voit sur scène de monstrueux serpents, des géants ou deux arbres tentaculaires ondulant au son des motifs sinistres énoncés par le basson et le tuba contrebasse, avant que les autres bois et cuivres ne paraissent confirmer musicalement cette parenté entre l’animal et le végétal. Le prélude orchestral semble les animer d’un souffle de vie qui les rend menaçants. Cette parfaite adéquation de l’image avec la musique, sans faire redondance, crée des connexions mentales et suscite des réminiscences qui, dans leur combinaison du visuel et du sonore, participent d’une réception quasi synesthésique. C’est dire aussi la puissance et la qualité de la direction musicale de <strong>Georg Fritzsch</strong> à la tête de l’Orchestre de la Suisse romande, dont nous avons déjà souligné les mérites.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/siegfried_c_carole_parodi_ring_2019_04b.jpg?itok=KMI3BY_V" title="Wagner, Siegfried, Genève 2019 © GTG / Carole Parodi" width="468" /><br />
	Wagner, Siegfried, Genève 2019 © GTG / Carole Parodi</p>
<p>Parmi les idées qui prolongent et renouvellent la vision élaborée dans <a href="https://www.forumopera.com/das-rheingold-geneve-mouvement-perpetuel"><em>L’Or du Rhin</em></a> et dans <a href="https://www.forumopera.com/die-walkure-geneve-des-hauts-et-des-bas"><em>La Walkyrie</em></a>, signalons le mouvement ascensionnel du plateau qui s’élève des profondeurs de la scène et révèle la grotte et la forge de Mime, dès la fin du Prélude, dans un effet saisissant, annonciateur de l’initiation à venir, de la progression du héros depuis les ténèbres jusqu’à la lumière de la connaissance et de l’amour. Cette quête de verticalité viendra sans peine à bout des obstacles horizontaux, panneaux en déplacement latéral – sorte d’agrandissement des plaques protégeant Brünnhilde à la fin de <em>La Walkyrie</em> –, lance de Wotan brandie en travers du chemin.</p>
<p>On retrouve l’excellent <strong>Dan Karlström</strong> qui confirme dans le rôle de Mime la clarté de sa diction et ses talents de projection, au service d’aigus percutants et d’une voix dont la séduction résiste aux tentatives de la gommer – le chanteur doit en rajouter scéniquement pour rendre crédible la noirceur des desseins du nain forgeron. Aux côtés du ténor finlandais, le Suédois <strong>Michael Weinius</strong> n’est pas un inconnu en terre wagnérienne puisqu’il a notamment été <a href="https://www.forumopera.com/die-walkure-stockholm-une-confirmation-et-une-revelation">Siegmund à Stockholm en 2017</a> et qu’il a interprété Siegfried l’année dernière à Düsseldorf. Clarté du timbre, parfaite diction et puissance vocale s’allient à un art des nuances qui caractérise un chant dont la vaillance tiendra jusqu’au dernier acte, manifestant seulement à ce moment-là une légère baisse de volume. Scéniquement, il joue avec naturel l’enfant maladroit, brutal par ignorance mais sensible aux murmures de la forêt – très beau moment de la soirée, suivi par ailleurs d’une remarquable exécution du solo de cor.</p>
<p>Dans la continuité du personnage de Wotan que nous avons vu évoluer lors des deux premiers volets,<strong> Tómas Tómasson</strong> campe un magnifique Wanderer, Voyageur semblant contenir sans cesse une tension interne qui jaillit par moments de manière fulgurante, tandis que sa lance est sans cesse brandie comme l’éclair par Zeus jusqu’à ce que Siegfried la brise. Faut-il voir dans sa première apparition, qui évoque la figure du Nosferatu de Murnau, le statut de mort-vivant qui est désormais le sien ? Dans le rôle d’Alberich, son double obscur, selon l’interprétation suggérée dans le Prologue,<strong> Tom Fox</strong> lui tient tête dans un échange prenant parfois un tour comique tant les deux personnages se ressemblent, parfois une dimension proprement métaphysique.</p>
<p>Opposé à cette troublante complexité, le monolithisme de la basse sourde de <strong>Taras Shtonda</strong> convient parfaitement aux grognements et aux brèves rodomontades du dragon Fafner, auxquelles s’opposent, selon la loi du contraste, les envolées lyriques de l’Oiseau de la Forêt, que chante <strong>Mirella Hagen</strong> avec beaucoup de charme et de virtuosité.</p>
<p>Au troisième acte, <strong>Wiebke Lehmkuhl</strong> donne toute la mesure de son ampleur vocale en incarnant une Erda beaucoup plus consistante et structurée que mardi dernier dans <em>L’Or du Rhin</em>, envoûtante ce soir dans son extraordinaire dialogue avec le Voyageur. Peut-être attendait-on trop de <strong>Petra Lang</strong> après une <em>Walkyrie</em> dans laquelle elle avait déployé non seulement une belle énergie vocale mais aussi un lyrisme moins perceptible ce soir ? Le timbre métallique et l’émission serrée des aigus, l’attaque un peu trop sonore, enlèvent au réveil de Brünnhilde («<em> Heil dir Sonne </em>») et au lied <em>« Ewig war ich »</em> la douceur attendue. Mais la présence vocale est là, l’intensité nécessaire face à l’orchestre aussi, et l’incandescence du duo final est portée à son comble, jusqu’à l’évocation de la mort radieuse («<em> lachender Tod </em>») annonçant le <em>Crépuscule des dieux</em>.</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-geneve-des-hauts-et-des-bas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Feb 2019 08:06:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un Or du Rhin prometteur, la Walkyrie, dans le cadre du Ring complet proposé à Genève dans la reprise de la mise en scène de Dieter Dorn de 2013, se révèle inégale. Certes, le projet scénique reste cohérent et dévoile de belles idées, qui alternent toutefois avec quelques partis pris désormais usés ; certes, la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après un <em><a href="https://www.forumopera.com/das-rheingold-geneve-mouvement-perpetuel">Or du Rhin</a> </em>prometteur, la <em>Walkyrie</em>, dans le cadre du <em>Ring</em> complet proposé à Genève dans la reprise de la mise en scène de Dieter Dorn de 2013, se révèle inégale. Certes, le projet scénique reste cohérent et dévoile de belles idées, qui alternent toutefois avec quelques partis pris désormais usés ; certes, la volonté de jouer une musique qui ne couvre jamais les voix, mais dont on entend toutes les nuances, reste présente ; cependant, l’œuvre est desservie vocalement par un premier acte dont seul émerge le personnage de Hunding, chanté par la remarquable basse <strong>Alexey Tikhomirov </strong>qui interprétait hier Fasolt et réussit ce soir un rôle de composition parfaitement convaincant.</p>
<p>On aimerait pouvoir jeter un voile pudique sur les prestations du ténor <strong>Will Hartmann</strong> et de la soprano <strong>Michaela Kaune</strong>, qui, dans les rôles de Siegmund et de Sieglinde, semblent tous deux à la peine, dans la ligne de chant comme dans l’articulation du texte. S’y ajoutent pour le premier un manque de projection et de volume qui fait douter des choix effectués pour l’interprétation de ce rôle, et pour la seconde des difficultés de justesse et d’homogénéité. Ni le très attendu « Winterstürme wichen dem Wonnemond <em>»</em> ni « Du bist der Lenz<em> »</em> n’émeuvent, dépourvus qu’ils semblent de souffle, d’ampleur, de maîtrise du phrasé et du déploiement de la mélodie. C’est d’autant plus regrettable que la direction de <strong>Georg Fritzsch</strong> est constamment attentive à l’intelligibilité des dialogues – parler d’interprétation chambriste serait sans doute exagéré, mais le volume sonore global de l’Orchestre de la Suisse romande reste relativement modéré, mettant les voix – le texte – en valeur, comme le voulait Wagner.</p>
<p>Selon une logique inattendue, le spectacle est sauvé, du point de vue vocal, par l’arrivée à l’acte II à la fois de celle qui défend Siegmund, et par celle qui prend fait et cause pour Hunding. D’emblée, <strong>Petra Lang</strong> affirme l’énergie et la volonté de Brünnhilde par la puissance de ses « Hojotoho », avant de révéler le lyrisme de son chant dans ses échanges avec Wotan puis dans son annonce à Siegmund, tandis que l’interprétation du personnage de Fricka, dans une extraordinaire scène de ménage, permet de confirmer les qualités vocales et scéniques de <strong>Ruxandra Donose</strong> tout autant que celles de <strong>Tómas Tómasson</strong>, déjà soulignées dans le Prologue. On passe là à un niveau supérieur, dont la qualité se maintient jusqu’au bout, entraînant même dans son sillage quelques envolées lyriques de Michaela Kaune lors de ses ultimes échanges avec Siegmund.</p>
<p>On notera l’originalité d’une Chevauchée des Walkyries qui n’est ni clinquante ni tonitruante, au volume sonore volontairement réduit, permettant ensuite aux voix des huit sœurs – excellemment interprétées – de se faire entendre avec clarté, dans leur dynamique commune et leur diversité. Les adieux de Wotan, d’un lyrisme consommé, après les derniers échanges avec Brünnhilde révélant toute une palette de  nuances, achèvent de réconcilier avec ce spectacle. Même si l’on regrette un premier acte en partie manqué pour ce volet considéré comme le plus lyrique de la Tétralogie, on retiendra la beauté et l’émotion dégagées par les deux derniers actes.</p>
<p>Qu’en est-il de la scénographie, puisque ce <em>Ring</em> est placé sous le signe de sa reprise ? Dans un décor (<strong>Jürgen Rose</strong>) toujours dépouillé, sans être pour autant le plateau « vide » ou « nu » dont on a parfois parlé lors de la création de cette mise en scène en 2013-2014, un frêne aux branches tortueuses figure à l’acte I la complexité du destin tandis que des panneaux de bois – placards ou cabanes – restreignent l’espace autour du promontoire sur lequel Hunding marque son autorité en suspendant son manteau et son accoutrement de chasseur. Au II, on peut sourire de l’arrivée de la déesse sur un palanquin, de la tenue orientalisante du maître des dieux, ou du cheval Grane porté et animé par des marionnettistes, mais ces choix s’inscrivent dans la continuité d’une vision d’ensemble et peuvent prétendre au statut de leitmotive visuels (comme les nornes faisant rouler à nouveau leur pelote au début chaque acte). Au reste, ces références à d’autres formes de théâtre que celles de la tradition occidentale illustrent à leur manière le syncrétisme religieux de Wagner. Le sol fait de plaques enchevêtrées rappelle la structure qui se trouvait au fond du Rhin lors du Prologue, tout en évoquant d’immenses cristaux de glace brisée à la manière d’un tableau de Caspar David Friedrich (on pense à « La mer de glace », qui, au demeurant, s’intitule aussi « Le naufrage »). Certaines de ces plaques sont des miroirs qui s’élèvent, entourent et enferment Wotan dans ses propres reflets, illustrant une omniscience tournant à vide et les propres traités du dieu qui limitent désormais sa liberté. Dans une superbe image finale, ces miroirs se dresseront autour du rocher de Brünnhilde tels des mégalithes protecteurs, comme la part divine revendiquée par la fille de Wotan. Il est plus difficile d’adhérer pleinement au choix des mannequins grotesques figurant les valeureux guerriers emportés par les Walkyries au Walhalla, dans la mesure où l’éventuelle dérision qu’exprime le procédé ne répond à aucune argumentation implicite ou explicite dans le reste de la mise en scène. En revanche, le caisson abritant les Walkyries, rappelant les cartons vus dans le <a href="https://www.forumopera.com/das-rheingold-geneve-mouvement-perpetuel">Prologue</a> (abritant l’or, ou les filles du Rhin, ou se transformant en nacelle de montgolfière pour les dieux), suggère le recours constant à des matériaux divers, issus de la boîte à outils du créateur. Aux saluts, comme hier, <strong>Dieter Dorn</strong> – né en 1935 –, venu se joindre aux chanteurs et au chef d’orchestre, est applaudi avec enthousiasme.</p>
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		<title>WAGNER, Das Rheingold — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-geneve-mouvement-perpetuel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Feb 2019 06:48:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour l’inauguration du Grand Théâtre de Genève rénové après trois ans de fermeture, la reprise du Ring complet donné en 2013-2014 marque aussi la dernière saison de Tobias Richter à la tête de cette institution. Autant dire que cette Tétralogie, proposée cette année trois fois sous forme de cycle complet, a valeur de symbole. La &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour l’inauguration du Grand Théâtre de Genève rénové après trois ans de fermeture, la reprise du <em>Ring</em> complet donné en 2013-2014 marque aussi la dernière saison de Tobias Richter à la tête de cette institution. Autant dire que cette <em>Tétralogie</em>, proposée cette année trois fois sous forme de cycle complet, a valeur de symbole. La première soirée en est un Prologue puissant qui ne connaît ni temps mort, conforme en cela aux intentions d’écriture musicale continue du compositeur, ni chute de tension. La direction musicale de <strong>Georg Fritzsch</strong> maintient du début à la fin l’attention soutenue de l’auditoire : la qualité des timbres, les couleurs de l’orchestre, mais aussi les nuances, les respirations tout autant que la force des contrastes et même certaines rugosités expriment cette naissance d’un monde et cette histoire de la violence. Happé d’emblée par le mi bémol initial du prélude, le public est rivé à son siège jusqu’à la montée au Walhalla.</p>
<p>Le travail de <strong>Dieter Dorn</strong> à la mise en scène, qui avait suscité l’intérêt et l’admiration de la critique <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-promesses-dun-prelude">à l’époque</a>, se caractérise par une grande lisibilité, qui n’exclut pas la subtilité ni la finesse de l’interprétation. Le liseré lumineux rouge qui encadre la scène noire crée la distance voulue tout en nouant avec le spectateur un pacte de lecture autorisant le mélange des genres. Ainsi des projections en noir et blanc de photographies de guerres et de catastrophes (vidéo de <strong>Jana Schatz</strong>), annonciatrices des malheurs à venir, qui précèdent les premières mesures, de la chute dans les profondeurs du plateau d’un bloc d’or venu des cintres, des nornes poussant une immense pelote faite des cordes des vies humaines, tandis que les dieux, d’abord masqués à la façon de la tragédie grecque, représentent par leurs tenues vestimentaires diverses traditions historiques ou mythologiques (avec un Donner en samouraï et un Froh en dieu gréco-romain). Les costumes de <strong>Jürgen Rose</strong> s’insèrent dans ses décors qui font se succéder des blocs de béton au fond du Rhin, les couleurs vives des filles du Rhin, la magie des profondeurs obscures du Nibelheim peuplées par ailleurs de travailleurs réduits en esclavage, la fantastique – et comique – métamorphose d’Alberich en dragon ou l’ascension finale des dieux dans un carton devenu montgolfière vers les hauteurs, censées être celles du Walhalla, drapées d’une tenture aux couleurs de l’arc-en-ciel. La dramaturgie de <strong>Hans-Joachim Ruckhäberle</strong> agence les déplacements pour créer une narration très vivante, un récit mobile, parfois effrayant, parfois amusant, avec des personnages sans cesse en mouvement, même lorsqu’ils font face au public, alignés sur le devant de la scène.</p>
<p>La vaillance vocale est au rendez-vous, augmentée d’une musicalité que ne vient jamais perturber la quête du volume sonore. Dans une parfaite osmose avec l’orchestre, les chanteurs se font entendre avec une apparente facilité qui force l’admiration. <strong>Tómas Tómasson</strong> est un Wotan tour à tour veule et impérieux, vocalement très convaincant, face auquel l’Alberich de <strong>Tom Fox</strong> (qui incarnait Wotan en 2013) apparaît véritablement comme l’albe noir faisant contrepoint à l’albe blanc (gémellité soulignée par les statures des deux chanteurs et par les costumes dont chacun porte la nuance qui le symbolise) et capable de l’égaler par ses qualités et son endurance vocales. Solidité et parfaite diction au service du chant aussi pour <strong>Stephan Gentz</strong>, Donner un peu empêtré scéniquement par son marteau, et pour le Froh parfois un peu moins compréhensible, mais toujours mélodieux, de <strong>Christoph Strehl</strong> (qui tenait déjà le rôle en 2013). On accordera une mention spéciale à <strong>Stephan Rügamer</strong>, remarquable Loge, facétieux et bondissant, virevoltant sur scène et d’une virtuosité vocale époustouflante. Mime bénéficie de la belle voix de ténor de <strong>Dan Karlström</strong>, presque trop belle dans le rôle de ce personnage pitoyable, pour lequel il ne ménage d’ailleurs pas sa peine en tant qu’acteur. <strong>Alexey Tikhomirov</strong> projette une voix claire et distincte en Fasolt, qu’accompagne <strong>Taras Shtonda</strong>, un peu engorgé au début mais capable d’affirmer ensuite avec force la personnalité ombrageuse du géant Fafner</p>
<p>La distribution féminine, dominée par le timbre clair de <strong>Ruxandra Donose</strong>, lumineuse et inflexible Fricka, voit <strong>Agneta Eichenholz</strong> reprendre, avec talent, le rôle de Freia chanté déjà il y a cinq ans, auquel elle donne fraîcheur et sensibilité. Si <strong>Wiebke Lehmkuhl</strong> sait prêter à Erda la justesse de ton et la dimension énigmatique attendues, la voix manque peut-être d’un peu d’épaisseur et de sonorité ce soir pour incarner pleinement la prophétesse doublée d’une aïeule.</p>
<p><strong>Polina Pastirchak</strong> chante à nouveau le rôle de Woglinde qu’elle interprétait en 2013, avec clarté et séduction, secondée par la Flosshilde parfois moins compréhensible, mais à la voix bien timbrée, d’<strong>Ahlima Mhamdi</strong> et par <strong>Carine Séchaye</strong> en accorte et bien-chantante Wellgunde.</p>
<p>Voilà un Prologue qui laisse attendre avec impatience la suite de ce <em>Ring</em>, mais qui constitue aussi un tout réussi, à saluer en soi, dans la cohérence de sa narration scénique, attachée à rendre limpide une histoire complexe et sombre, et dans l’équilibre accompli entre chant et musique.</p>
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