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	<title>Sara FULGONI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Sara FULGONI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>LENS, Shell Shock — Bruxelles (La Monnaie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/shell-shock-a-requiem-of-war-bruxelles-la-monnaie-le-beau-cliche-erige-en-spectacle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Oct 2014 06:58:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Création très attendue, ce Shell Shock est la contribution que La Monnaie a voulu offrir à son public à l’occasion de la célébration du centenaire de la première guerre mondiale. Shell shock désigne en anglais la psychose traumatique extrême subie par les soldats exposés au feu, qui se traduit par divers symptômes tels la perte &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Création très attendue, ce <em>Shell Shock </em>est la contribution que La Monnaie a voulu offrir à son public à l’occasion de la célébration du centenaire de la première guerre mondiale. <em>Shell shock </em>désigne en anglais la psychose traumatique extrême subie par les soldats exposés au feu, qui se traduit par divers symptômes tels la perte d’équilibre, l’impossibilité de marcher, des mouvements compulsifs incontrôlables conduisant à des contorsions douloureuses, sans parler de maintes phobies.</p>
<p>Sous la forme d’une cantate chorégraphiée – l’œuvre est sous-titrée <em>Requiem of War</em> – <em>Shell Shock</em> est basée sur une suite de douze cantiques, consacrés chacun à une catégorie de victimes de la guerre, les soldats coloniaux, les mères, les orphelins, les rescapés, les infirmières, les déserteurs etc…</p>
<p>Dus à la plume de l’Australien <strong>Nick Cave</strong> – que l’on connaît surtout comme compositeur de chansons rock au travers de groupes comme The Boys Next Door ou les Bad Seeds –, ces textes en anglais prennent souvent des formes incantatoires, volontiers déclamatoires et s’attachent, parfois avec émotion, à décrire la détresse, la colère, la nostalgie du temps d’avant. Pas de dialogue, pas de construction dramatique, mais une juxtaposition d’expériences plus ou moins incarnées, sous la forme de narrations ou de complaintes, dans une langue dénuée de tout artifice.</p>
<p>Sur le plan musical, la partition due au compositeur belge <strong>Nicholas Lens</strong> est d’un abord facile, toujours lyrique et suit d’assez près le texte, avec de nombreuses structures en couplets et refrains. L’orchestration est sobre, voire simpliste, tapis de cordes avec ornements de bois ou de cuivres et partie de piano obligé, relativement peu élaborée, non théâtralisée, et curieusement dépourvue de tension dramatique, pour un sujet qui pourtant justifierait du relief. Les parties solistes sont confiées à cinq chanteurs qui  endossent chacun successivement plusieurs rôles et déroulent le texte avec de nombreuses répétitions, des retours en arrière qui impriment à l’ensemble un rythme lent, au risque de susciter l’ennui. Un chœur à huit voix complète la distribution.</p>
<p>En confiant la mise en scène de ce spectacle à <strong>Sidi Larbi Cherkaoui</strong>, figure importante de la scène chorégraphique belge depuis déjà une dizaine d’années, la Monnaie jouait la carte du contraste et s’assurait une partie visuelle pour le moins mouvementée au service d’une œuvre a priori statique et un peu compassée. Et en effet, devant un décor fait de panneaux coulissant verticalement et permettant un étagement sur trois ou quatre niveaux, la scène est très vite occupée par une troupe de danseurs virevoltants, très virtuoses, qui apportent avec eux les accessoires permettant l’illustrer les différents tableaux de l’œuvre. Ces accessoires donnent vie et corps au texte. Mais ces tableaux au demeurant fort beaux sont aussi une succession de clichés sur la grande guerre, comme sortis d’un livre pour enfants, assez naïvement traités et dépourvus de toute mise en perspective. Peu d’émotion, aucun support pour une réflexion sur le sens de la guerre, sans même parler de ses enjeux, ni sur l’importance historique du conflit, aucune trace d’expérience personnelle directe ou indirecte de la part du metteur en scène, qui semble très extérieur à son sujet et le traite par une sorte d&rsquo;abstraction esthétique. Paradoxalement, c’est quand le mouvement s’arrête que l’émotion est la plus grande, lorsqu’avec une extrême sobriété la parole est laissée aux enfants pour l’ultime tableau, le canto des orphelins.</p>
<p>Emmené par la soprano américaine <strong>Claron McFadden</strong>, au timbre particulièrement généreux et très présente, le quintette vocal a fort à faire pour donner vie au texte et s’insérer dans la mise en scène. Prestation remarquable également pour le ténor anglais <strong>Ed Lyon</strong>, qui apporte beaucoup de distinction et d’élégance à son rôle, et déploie avec aisance un timbre très agréable et une diction impeccable. La mezzo <strong>Sara Fulgoni</strong> n’est pas en reste et sa voix chaude et enveloppante convient particulièrement bien aux parties qui lui sont confiées. Et les trois enfants solistes sont particulièrement émouvant, la fragilité de leur voix entraînant d’emblée la sympathie du public. <strong>Gerald Thompson,</strong> contreténor, <strong>Mark S. Doss</strong>, baryton-basse, et les chœurs de la Monnaie, nombreux et très mobiles, complètent heureusement cette distribution vocale de grande qualité.</p>
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		<title>BATTISTELLI, Richard III — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/une-ouverture-en-fanfare/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Emmanuel Lephay]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Sep 2009 18:09:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour cette ouverture de saison, l’Opéra National du Rhin renoue avec le festival de musique contemporaine Musica, un festival qui avait boudé l’an dernier le pourtant superbeFrühlings Erwachen de Benoît Mernier.   Richard III fut créé en 2005 à l’Opéra de Flandre (Anvers-Gand), ancien fief du nouveau directeur général de l’Opéra National du Rhin, Marc &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Pour cette ouverture de saison, l’Opéra National du Rhin renoue avec le festival de musique contemporaine Musica, un festival qui avait boudé l’an dernier le pourtant superbe<a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=380&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54"><em>Frühlings Erwachen </em>de Benoît Mernier</a>.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>Richard III</em> fut créé en 2005 à l’Opéra de Flandre (Anvers-Gand), ancien fief du nouveau directeur général de l’Opéra National du Rhin, Marc Clémeur. Il s’agit d’une superbe partition, foudroyante d’intensité &#8211; tant sonore que dramatique &#8211; évoquant l’ascension vers le pouvoir puis la chute d’une figure dévorée par l’ambition et la cruauté. N’hésitant pas à tuer son propre frère et ses neveux puis à épouser la femme d’un des fils du roi qu’il a également fait assassiner, Richard III meurt sur le champ de bataille, tout comme Macbeth. L’ouvrage repose bien entendu sur la pièce de Shakespeare « concentrée » par Ian Burton en un opéra de deux actes se déroulant sur deux heures trente de musique. Du fait de cette compression (ou bien est-ce un choix délibéré), il n’y a pratiquement aucune pause dans une action constamment exacerbée voire paroxystique où les événements se bousculent. </p>
<p>La musique est sur la même longueur d’ondes : il s’agit d’un geyser continu qui vous prend dès l’impressionnant prélude et ne vous lâche que dans un déroutant finale qui, pour le coup, semble presque saint-sulpicien (chœur tonal en coulisses, avec accompagnement atonal de l’orchestre incluant d’incessants glissandi ascendants-descendants de la harpe, le tout en <em>fade-out</em>) : pourquoi ne pas avoir arrêté l’action sur la pathétique mort de Richard, délivrant son fameux « A horse, a horse, my kingdom for a horse » (« Un cheval, un cheval, mon royaume pour un cheval ») ?&#8230; Seul moment de &#8211; relatif &#8211; répit, le beau récit de Tyrrel au deuxième acte sur fond de chœur d’enfants en coulisse, mais c’est bien peu.</p>
<p>Fort opportunément, la mise en scène de<strong> Robert Carsen</strong> s’inscrit dans la même logique de violence exacerbée : nous sommes dans une arène (le décor évoque le cirque d’hiver parisien) dont la scène est couverte d’un impressionnant sable rouge. Symbole du sang bien sûr, mais aussi du temps qui passe, le sable est encore une matière que l’on ne peut saisir et qui « file » des doigts, tout comme le pouvoir et le succès. Dans cet étonnant cadre, action et agissements des personnages sont volontairement grossis : le sang gicle, Richard III grimace et gesticule en tous sens, les poses sont théâtrales, etc. Tout cela est superbement réglé et parfaitement en phase avec la partition, comme toujours avec Carsen. Autre marque de fabrique du metteur en scène canadien, une formidable direction d’acteurs offrant ainsi une grande intensité pour un sujet qui n’en réclame pas moins. On ne s’ennuie donc pas une seconde dans cet ouvrage mais le risque est de ressentir une certaine lassitude devant tant de violence et de décibels&#8230;</p>
<p> </p>
<p>L’équipe musicale rassemble certains des créateurs de l’ouvrage en 2005 à commencer par le stupéfiant <strong>Scott Hendricks</strong> qui incarne magistralement le rôle titre. La voix est superbe et solide tandis que l’acteur est confondant : on en arrive presque à ressentir un certain attachement pour le personnage. On est totalement admiratif devant cette performance tant musicale que scénique. Certains chanteurs pâtissent un peu devant cette prodigieuse prestation, comme <strong>Lisa Houben</strong>, qui campe une Lady Anne un peu terne et en manque d’aigus, mais <strong>Sarah Fulgoni</strong> en Duchesse d’York ou <strong>Urban Malmberg</strong> en Buckhingham par exemple arrivent cependant à tirer leur épingle du jeu. </p>
<p>Les chœurs, tant ceux de l’Opéra National du Rhin, que la Maîtrise, sont superbes tout comme l’Orchestre Symphonique de Mulhouse qui offre une performance absolument extraordinaire. Mention spéciale pour le pupitre des percussions mis à rude épreuve. </p>
<p>Autre artisan incontestable de la réussite de cette soirée, le chef <strong>Daniel Klajner</strong> qui ne cesse de nous combler lorsqu’il dirige des ouvrages aussi énergiques et intenses que ce <em>Richard III</em> (on se souvient de sa fabuleuse <em>Elektra</em> ici-même, ou de la compilation de symphonies de Chostakovitch destinées à accompagner le film muet <em>Le Cuirassé Potemkine</em> d’Eisenstein donné en juin dernier à Mulhouse). Klajner dirige avec une sûreté et un sens du théâtre vraiment stupéfiants. La partition semble briller de milles feux entre des mains aussi expertes. Tant l’orchestre que son chef semblent avoir été portés par l’enjeu et tous sont à féliciter pour le bonheur qu’ils nous ont offert ce soir-là. </p>
<p> </p>
<p>Ouverture de mandat réussie donc pour Marc Clémeur (tout le monde ne peut pas en dire autant !) mais réussite également pour le festival Musica (dans lequel cette production s’inscrivait) qui proposait un week-end d’ouverture absolument somptueux : concert inaugural avec le superbe SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg dirigé par Sylvain Cambreling le vendredi soir, une étonnante œuvre de Luca Francesconi pour cinq orchestres d’harmonie partant de différents endroits du centre ville et convergeant vers le parvis de la cathédrale (grand succès populaire pour une partition ne faisant aucune concession à la facilité) le samedi après-midi, ou encore 20 concerts gratuits à la Cité de la Musique retransmis en direct sur le site internet d’Arte le dimanche après-midi. Qui dit mieux ?</p>
<p> </p>
<p> </p>
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