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	<title>Justina GRINGYTE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 11 May 2025 22:07:14 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Justina GRINGYTE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>VERDI, Rigoletto &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 May 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Près de dix ans après sa création à l’Opéra de Paris, la production de Rigoletto de Claus Guth conserve toute sa puissance évocatoire. Le metteur en scène multiplie les niveaux de lecture et de sens. C’est d’abord un propos social que cette production met en évidence : le bouffon, monstre social et marginal, prend les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Près de dix ans après sa création à l’Opéra de Paris, la production de <em>Rigoletto</em> de <strong>Claus Guth</strong> conserve toute sa puissance évocatoire. Le metteur en scène multiplie les niveaux de lecture et de sens. C’est d’abord un propos social que cette production met en évidence : le bouffon, monstre social et marginal, prend les habits du sans-abri, détruit physiquement et psychologiquement par ses traumatismes. L’opéra démarre ainsi par l’apparition d’un double de Rigoletto, vieilli et affaibli, un carton abîmé entre les mains dans lequel il plonge le regard. Le décor tout entier se révèle alors être un gigantesque carton qui prend toute la scène, décor conçu par <strong>Christian Schmidt</strong> au sein duquel les personnages évoluent jusqu’au drame final, dans un récit rétrospectif revécu par Rigoletto, figure étonnante du metteur en scène impuissant.</p>
<p>Le dispositif scénique retenu amplifie la tonalité tragique : tout est écrit d’avance puisque tout s’est déjà produit et le carton, boîte à souvenirs, est aussi le carcan du fatum qui enferme les personnages dans leur destin. Autre niveau de lecture, la production multiplie les mises en abyme : la boite n’est jamais qu’un théâtre dans le théâtre, auquel se rajoute la scène de théâtre qui fait office d’auberge à l’acte III. Malgré ce cadre réussi, certains choix laissent le spectateur plus sceptique. On regrettera l’incohérence des costumes qui font signe vers diverses époques, du Moyen Âge à nos jours, sans que cela ne trouve d’explication narrative ou symbolique. L’approche scénique est parfois bien trop littérale, comme durant « La donna è mobile » et sa danse de cabaret, avec costume des années 1930 et coiffes plumées, qui n’atteint clairement pas sa cible. Le tout est surmonté de quelques vidéos, réalisées avec soins mais dont la valeur ajoutée est loin d’être évidente.</p>
<p><strong>George Gagnidze</strong> se fond aisément dans la noirceur du rôle-titre. Alors qu’il est donné souffrant, il déploie un timbre rocailleux et lugubre à souhait qui sied particulièrement bien au personnage. Son jeu scénique est toutefois un peu trop monolithique : seule la scène finale laisse éclore la vulnérabilité qu’on aurait aimé voir surgir bien avant, notamment lors des duos avec sa fille. C’est cette dernière qui remporte tous les suffrages : <strong>Slávka Zámečníková</strong> est une Gilda idéale, toute en sensibilité et en détermination. La soprano franchit toutes les difficultés du rôle avec aisance et offre de lumineux aigus comme de cristallins pianissimi. Brava !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20250503_Rigoletto_Ge-piano_097_Benoite-Fanton-1-1024x684.jpg" alt="© Benoite Fanton - OnP" class="wp-image-189388" width="582" height="388"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Benoîte Fanton / OnP</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Dmitry Korchak</strong> campe un Duc de Mantoue qui lorgne du côté du Don Juan et impose une belle présence scénique. Au plan vocal, la voix est très expressive mais le volume n’est pas toujours suffisant pour les lieux. En Sparafucile,<strong> Alexander Tsymbalyuk</strong> est aussi ténébreux qu’escompté et la chaleur enveloppante de sa basse ne le rend que plus glaçant. <strong>Justina Gringyté</strong> est une Maddelena rayonnante et pétillante qui nous gratifie d’une voix à la hauteur du rôle. <strong>Seray Pinar</strong> incarne une Giovanna au timbre charnu et au jeu théâtral affirmé, tandis que <strong>Daniel Giulianini </strong>fait montre de tout le charisme attendu d’un comte de Monterone qui fait froid dans le dos lorsqu’il maudit le héros.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Andrea Battistoni</strong> ne ménage nullement ses efforts. Il parvient à insuffler un réel dynamisme à la partition et évite tout effet fanfaronnesque par un beau travail des contrastes. Il fixe un équilibre entre l’orchestre et le plateau vocal ciselé, qui permet à l’Orchestre de l’Opéra national de Paris de montrer les muscles à plusieurs reprises. Le chœur se distingue par une émission et une diction précises, en dépit de séquences chorégraphiées peu convaincantes. &nbsp;</p>
<p><em>In fine</em>, c’est le comédien <strong>Henri Bernard Guizirian</strong> qui, en double de Rigoletto, concentre l’essentiel de la charge émotionnelle de la production. Spectateur impuissant des événements qui ont marqué son existence, il dispense, tout en silence et en mimes, une grande palette d’émotions, allant du désespoir ineffable à la sourde résignation. Sa disparition finale dans l’ombre suggère toute synthèse impossible et l’éternel retour du traumatisme. Sa présence ainsi que ses réactions, bouleversantes, à ses pires souvenirs confèrent à cette production un supplément d’âme déchirant.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-paris-bastille/">VERDI, Rigoletto &#8211; Paris (Bastille)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, Rigoletto — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-paris-bastille-debuts-fastueux-pour-calleja-a-lonp/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Nov 2021 05:00:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis sa création sur la scène de l’Opéra Bastille en 2016, la production de Rigoletto signée Claus Guth n’a pas fait l’unanimité, loin s’en faut. L’action tout entière, on le sait, se déroule dans un carton gigantesque dont la réplique à taille normale est trainée sur la scène durant tout le déroulement du spectacle par &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis sa création sur la scène de l’Opéra Bastille en 2016, <a href="https://www.forumopera.com/rigoletto-paris-bastille-un-carton">la production de<em> Rigoletto</em> signée <strong>Claus</strong> <strong>Guth</strong> n’a pas fait l’unanimité</a>, loin s’en faut. L’action tout entière, on le sait, se déroule dans un carton gigantesque dont la réplique à taille normale est trainée sur la scène durant tout le déroulement du spectacle par un double du bossu devenu SDF après la perte de sa fille. Outre la laideur du décor, certaines scènes déjà ridicules lors de la première représentation, apparaissent désormais franchement grotesques, telles l’enlèvement bien peu crédible de Gilda au premier acte ou l’irruption incongrue sur le plateau de danseuses façon Bluebell Girls pendant « La donna è mobile », menées par une Maddalena costumée en maîtresse SM, sans doute une hallucination du duc que l&rsquo;on voit sniffer quelques lignes de coke durant l’introduction de l’air. Quelques scènes poétiques comme l’apparition d’une Gilda petite fille ou les projections qui évoquent l’enfance heureuse du personnage ne sauraient sauver le spectacle dont l’intérêt est ailleurs.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/rigoletto_21-22_c_elisa_haberer_-_onp_45.jpg?itok=_-C90iDB" title="Rigoletto © Elisa Haberer / Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	Rigoletto © Elisa Haberer / Opéra national de Paris</p>
<p>Pour cette reprise en effet les trois rôles principaux ont été confiés à deux équipes de haut vol avec, dans la seconde, une surprise de taille, la présence de <strong>Joseph Calleja</strong> qui effectue enfin ses débuts à l’Opéra de Paris, après deux décennies d’une carrière internationale glorieuse, dans un de ses rôles fétiches qui figure à son répertoire depuis près de vingt ans. Certes, le ténor n’a plus tout à fait l’allure d’un jeune étudiant, en revanche, par rapport à son concert d’avril 2015 au Théâtre des Champs-Elysées, le medium a gagné en largeur et la voix en volume sans rien perdre de sa souplesse comme en témoignent les quelques ornementations qui émaillent le second couplet de sa cabalette « Possente amor mi chiama ». De plus, le Maltais n’est guère avare de nuances dont il parsème sa ligne de chant avec élégance et subtilité. Dès son entrée en scène on est subjugué par la beauté du timbre et l’ampleur de ses moyens, qui lui permettent de remplir sans effort le grand vaisseau de Bastille.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/rigoletto_21-22_c_elisa_haberer_-_onp_37.jpg?itok=25Uhfw3f" title="Rigoletto © Elisa Haberer / Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	Rigoletto © Elisa Haberer / Opéra national de Paris<br />
 </p>
<p>Face à lui, <strong>Irina Lungu</strong> campe une Gilda touchante. Au premier acte, son timbre corsé qui plafonne dans le registre aigu peine à évoquer la jeunesse et l’innocence du personnage, notamment dans son air « Caro nome », mais dès le second acte, lorsqu’elle fait ses aveux à son père et plus encore au dernier, son incarnation dramatiquement émouvante emporte l’adhésion. <strong>Željko Lučić</strong> a promené son Rigoletto un peu partout dans le monde, y compris dans cette production en 2017. Le Met a également retransmis dans les cinémas  sa prestation dans ce rôle qui a fait l’objet d’un DVD. C’est dire si le personnage lui est familier et s’il en a exploré toutes les facettes. Son interprétation est donc tout à la fois captivante et bouleversante, même si la voix a mis un peu de temps à se chauffer et s’il évite prudemment de donner les aigus traditionnellement ajoutés à la partition, mais que Verdi n’a pas écrits.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/rigoletto_21-22_c_elisa_haberer_-_onp_48.jpg?itok=DIMjaIQQ" title="Rigoletto © Elisa Haberer / Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	Rigoletto © Elisa Haberer / Opéra national de Paris</p>
<p>Autres débuts à Paris, ceux de <strong>Goderdzi Janelidze</strong> et de <strong>Justina Gringytė.</strong> La basse géorgienne, qui a remporté le concours Elena Obraztsova en 2017, possède un timbre sombre et sonore et des graves profonds qui font merveille dans le rôle de Sparafucile. Assurément, ce jeune artiste aux moyens prometteurs a un bel avenir devant lui. Quant à la mezzo-soprano lituanienne, son physique avantageux et son timbre fruité lui permettent de camper une Maddalena accorte et sensuelle.</p>
<p>Signalons enfin les interventions irréprochables de <strong>Jean-Luc Ballestra</strong> en Marullo, <strong>Florent Mbia</strong> en  Ceprano et de <strong>Marine Chagnon</strong> en page. Préparés avec soin par <strong>Ching-Lien Wu</strong>, les chœurs offrent une prestation éblouissante.</p>
<p>Au pupitre, <strong>Giacomo Sagripant</strong>i propose une direction contrastée et théâtrale avec des tempos globalement rapides. Il se plait à faire sonner très fort son orchestre dans les tutti pour obtenir un effet spectaculaire sans pour autant couvrir les chanteurs qui ont du répondant.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Works by Raminta Šerkšnytė</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/works-by-raminta-serksnyte-tagore-jadore/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Dec 2019 14:21:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme nous avons eu plusieurs fois l’occasion de le constater, Rabindranath Tagore (1861-1941) compte parmi les poètes du XXe siècle à avoir suscité la plus grande diversité de mises en musique. Traduit dans de nombreuses langues européennes, le lauréat du Prix Nobel de littérature 1913 a inspiré quantité de compositeurs, et il y aurait de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme nous avons eu plusieurs fois <a href="https://www.forumopera.com/cd/fata-morgana-song-by-pavel-haas-quand-janacek-faisait-ecole">l’occasion de le constater</a>, Rabindranath Tagore (1861-1941) compte parmi les poètes du XXe siècle à avoir suscité la plus grande diversité de mises en musique. Traduit dans de nombreuses langues européennes, le lauréat du Prix Nobel de littérature 1913 a inspiré quantité de compositeurs, et il y aurait de quoi établir le programme de dizaines d’heures de récital si l’on voulait réunir toutes ces œuvres, d’Alfano à Zemlinsky en passant par Bridge, Casella, Durey, Eisler, etc. Et le plus beau, c’est que ça dure encore, puisque nos contemporains se penchent eux aussi sur ces textes pour y trouver matière à écrire de nouvelles partitions.</p>
<p>Deutsche Grammophon consacre ainsi une nouveauté aux œuvres de la compositrice lituanienne Raminta Šerkšnytė, née en 1975. Enfin, plus précisément, le disque semble surtout vouloir attirer l’attention sur la cheffe d’orchestre <strong>Mirga Gražinytė-Tyla</strong>, également lituanienne, dont le nom se détache en blanc sur la couverture brune du CD, et qui bénéficie dans le même boîtier d’un DVD monographique, d’une durée presque aussi longue que le CD&#8230; Celle-ci  n’est plus une inconnue, puisque le label à l’étiquette jaune lui a déjà confié deux disques dévolus à la musique de chambre et aux symphonies de Mieczyslaw Weinberg. Ce portrait, intitulé « Le choix de l’impossible »,</p>
<p>Aout 2016, préparant son premier concert à la tête du City of Birmingham Symphony Orchestra ; elle dirige l’<em>Ouverture 1812</em> de Tchaïkovski, déchiffre le <em>Prélude à l’après-midi d’un faune</em>, travaille avec Gidon Kremer ; on la voit marcher dans le sable, dans la neige, dans l’herbe ; ses parents évoquent leurs souvenirs de son enfance…</p>
<p>Mais par-delà la cheffe, peut-être faudrait-il aussi s’intéresser à la compositrice d’autant que l’œuvre qui concerne le plus directement Forum Opéra n’est pas dirigé par madame Gražinytė-Tyla mais par une autre dame encore, <strong>Giedrė Šlekytė</strong>. Pour en revenir à ce par quoi nous ouvrions ce compte rendu, c’est elle qui a conçu en 2007 une œuvre ambitieuse autour des poèmes de Tagore, ici traduits en lituaniens : trente minutes de musique pour quatuor de solistes, chœur mixte et grand orchestre, sur des thèmes abordés depuis des siècles par les compositeurs : les différents moments de la journée, soir, nuit, et matin, soit trois parties de dix minutes chacune. Les différentes voix s’entrelacent constamment, se superposant aux instruments. Même si le texte de la première partie prend la forme d’un monologue dont l’auteur s’adresse à un inerlocuteur silencieux, les phrases sont réparties entre les chanteurs, parfois fragmentées, en une atmosphère sereine qui rappelle celle du morceau sur lequel s’ouvre le disque, un « Chant d’été » pour orchestre seul, dont les mille bruissements rappellent de loin le panthéisme de la nature pratiqué par Ravel dans <em>Daphnis et Chloé</em>. Pour la nuit, un chœur ténébreux s’ajoute d’abord par-dessus les sons étirés des instruments, avant que le ténor (<strong>Tomas Pavilionis</strong>) ne vienne chanter les souffrances de l’amour, la soprano (<strong>Lina Dambrauskaitė</strong>) enchaînant sur le même sujet, dans le passage le plus lyrique de l’œuvre. Quant au matin, il est assez traditionnellement traduit par une multiplication de chants d’oiseau des hautbois et des flûtes ; on y remarque surtout la répétition de la formule « Čiulba ryto paukštis » (« L’oiseau du matin chante »), avec une première syllabe longue accentuée, suivie de plusieurs autres articulée plus rapidement, d’où un effet qui n&rsquo;est pas sans évoquer le travail d’un Janáček sur son idiome natal. L’animation progressive de ce mouvement culmine en une frénésie qui, là encore, fait penser à la bacchanale de <em>Daphnis</em>, mais le paroxysme est atteint à mi-parcours et un long decrescendo qui confine au silence complet. L’œuvre est intéressante, d’une modernité sans agressivité – on songe aussi parfois à Ligeti – et pourrait réconcilier avec la musique contemporaine les oreilles les plus réfractaires.</p>
<p>Dernière des trois œuvres de Raminta Šerkšnytė figurant sur ce disque, et la plus ancienne, un <em>De profundis</em> d’un caractère assez diférent, où l’on entend plutôt passer l’ombre de Bernard Herrmann. Cette composition, d’une durée de 13 minutes, a été donnée en création française en janvier 2018 à la Maison de la Radio et sera dirigée à la Philharmonie en mars prochain par Mirga Gražinytė-Tyla.</p>
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		<item>
		<title>VERDI, Rigoletto — Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-madrid-servi-cru-et-bien-servi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Dec 2015 08:16:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Teatro Real de Madrid semble avoir le vent en poupe malgré la tempête économique et politique qui secoue le monde actuel. Pour clore 2015 — avant d’entamer deux années de célébration à l’occasion du bicentenaire de sa fondation en 1818 — il a choisi de créer un choc en présentant dans une triple distribution &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Teatro Real de Madrid semble avoir le vent en poupe malgré la tempête économique et politique qui secoue le monde actuel. Pour clore 2015 — avant d’entamer deux années de célébration à l’occasion du bicentenaire de sa fondation en 1818 — il a choisi de créer un choc en présentant dans une triple distribution la puissante production de <em>Rigoletto</em> par <strong>David McVicar</strong> créée à Londres en 2001, plusieurs fois reprises, et qu’un DVD Opus Arte a contribué à faire largement connaître.</p>
<p>À travers l’orgie sexuelle d’une crudité presque insoutenable qu’il impose sur un rythme littéralement endiablé, le metteur-en-scène écossais exhibe sans retenue la cruauté et les bassesses qui peuvent se trouver dans la nature humaine. Si la noirceur de l’œuvre est ici poussée à l’extrême, la direction d’acteurs témoigne d’une étude psychologique approfondie qui rend les personnages crédibles et attachants. Alors que le dévergondage effréné des courtisans de l’époque témoigne de leur mépris des femmes, l’amour paternel et filial, l’éveil du sentiment amoureux et le désir fou qu’il est susceptible d’inspirer à une toute jeune-fille sont traités avec une rare délicatesse.</p>
<p>Au service de la partition et du livret, le saisissant dispositif scénique pivotant — sans surcharge d’accessoires inutiles — favorise la tension voulue pour que musique et action se conjuguent en symbiose. De l’explosive irruption des nombreux courtisans, serviteurs, hallebardiers, succédant au bref prélude qui introduit le thème de la malédiction, jusqu’ à la poignante scène finale où amour et mort se confondent, le drame se déroule à un train d’enfer. Les lumières expertes de <strong>Paule Constable</strong> exploitent savamment les clairs-obscurs. Les somptueux costumes de <strong>Tanya McCallin</strong> inspirés des peintures sensuelles de Caravaggio en accord avec l’époque choisie par Verdi, rendent le spectacle fort agréable à l’œil et réussissent à montrer sans vulgarité excessive les scènes les plus égrillardes.</p>
<p>Attentive au chant, la direction musicale de <strong>Nicola Luisotti </strong>sait aussi galvaniser les forces chorales et orchestrales du Teatro Real pour exécuter une musique aux univers sonores contrastés en suivant le fil rouge harmonique de ce mélodrame ambigu et complexe, lourd de signification. Et, avant que l’horrible dénouement ne s’accomplisse, les magnifiques duos et mémorables arias s’enchaînent jusqu’au sublime quatuor du troisième acte.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/rigoletto_6003_0.jpeg?itok=28ANOIJ0" title="Luca Salsi (Rigoletto) Lisette Oropesa (Gilda) © Javier del Real" width="468" /><br />
	Luca Salsi (Rigoletto) Lisette Oropesa (Gilda) © Javier del Real</p>
<p>Dans les deux distributions entendues, tous les chanteurs  sont à la hauteur de leur rôle. Tant le jeune baryton argentin <strong>Fernando Radó </strong>dans la tonitruante apparition de Monterone, qu&rsquo;<strong>Andrea Mastroni</strong> qui interprète Sparafucile avec une voix de basse sonore et une désinvolture assez inhabituelle dans ce personnage. Sensuelles et bien chantantes, les deux Maddelena, <strong>Justina Gringyte</strong> et <strong>Barbara di Castri</strong>, font à peu près jeu égal, avec un léger avantage pour la seconde dont la voix possède des couleurs plus chaudes et plus variées.         </p>
<p>Avec sa technique belcantiste admirablement maîtrisée (portamenti, trilles, legato&#8230;), <strong>Olga Peretyatko</strong> se montre très attrayante vocalement et physiquement dans Gilda. Tandis que le chant et la fraîcheur de <strong>Lisette Oropesa</strong> sont infiniment émouvants. La pureté du timbre et la sensibilité à fleur de peau de la soprano américaine font merveille dans ses duos avec Rigoletto et le Duc, pour culminer, après le frisson de son premier baiser, dans un « Gualtier Maldè » d’une exceptionnelle beauté. Ensuite, par son héroïque sacrifice pour sauver celui qu’elle aime, Opresa achèvera de nous faire chavirer pendant les derniers instants où s’accomplit la malédiction tant redoutée par son père.</p>
<p>Dans le Duc de Mantoue, <strong>Stephen Costello</strong>  possède la prestance indispensable et le timbre clair et mordant pour chanter brillamment le premier acte, mais dans les scènes de séduction et de libertinage, comme le magnifique duo « Addio&#8230; speranza ed anima » ou « Bella figlia dell’amore ». on penche pour la voix enjôleuse et l’entregent de <strong>Piero Pietri</strong>. Les deux ténors chantent très correctement « La donna è  mobile », tube récurrent de la partition, sans toutefois enflammer le public madrilène.</p>
<p>Avec sa carapace luisante, son casque hérissé d’épines et ses deux longs bâtons noueux, le Rigoletto de cette production prend une étonnante silhouette de gros insecte. Certainement un défi pour l’interprète de parvenir à apprivoiser un tel costume. L’un et l’autre de ces jeunes barytons sont novices dans ce rôle tourmenté, souvent <em>quasi-parlante,</em> qui requiert avant tout un talent d’acteur. Le baryton espagnol, <strong>Juan Jesús Rodríguez</strong> possède de solides moyens vocaux qui le servent dans les accès de violence et de désespoir. Manquant quelque peu de lyrisme, il tire cependant très correctement son épingle du jeu. Pour <strong>Luca Salsi</strong>, il s’agit d’une prise de rôle. La manière dont il habite avec une démarche animale cet étrange costume de bouffon, son engagement dramatique vis-à-vis de ses partenaires, les nuances apportées à son chant afin de faire vivre ce personnage d’une grande complexité psychologique&#8230; sont autant de qualités qui démontrent que le baryton italien pourrait bien avoir l’étoffe d’un excellent Rigoletto.</p>
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		<item>
		<title>GQ aime Carmen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/gq-aime-carmen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2015 14:00:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son édition britannique, le magazine GQ salue l’opéra de l’avenir : Carmen. Enfin, pas n’importe quelle Carmen, mais très spécifiquement la production de Calixto Bieito, qui a déjà pas mal voyagé. Après un premier passage par Londres en 2012, elle est actuellement reprise à l’English National Opera avec Eric Cutler en Don José et la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son édition britannique, le magazine <em>GQ</em> salue l’opéra de l’avenir : <em>Carmen</em>. Enfin, pas n’importe quelle <em>Carmen</em>, mais très spécifiquement la production de <strong>Calixto Bieito</strong>, qui a déjà <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/autant-en-emporte-le-cul">pas mal voyagé</a>. Après un premier passage par Londres <a href="http://www.forumopera.com/breve/ruxandra-donose-encore-une-gitane-blonde">en 2012</a>, elle est actuellement reprise à l’English National Opera avec Eric Cutler en Don José et la torride Justine Gringyte en Carmen. Après un résumé de l’intrigue (le rôle-titre est une bomba latina qui joue avec deux hommes, Micaela étant la quatrième roue du carrosse), la journaliste conclut : « <em>L’histoire est presque entièrement fondée sur le sexe, l’infidélité et le désir ardent. Si tout ça n’attire pas un plus jeune public à l’opéra, on se demande bien ce qui pourra y parvenir </em>». Prochain défi pour Calixto Bieito : attirer le public parisien pour <em>Lear</em> d’Aribert Reimann en mai 2016. Là non plus, ce n’est peut-être pas gagné…</p>
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		<title>Rachmaninov : Songs</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rachmaninov-songs-une-integrale-initiatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Schuwey]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jun 2014 05:05:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De Rachmaninov, on connaît évidemment ses retentissants concertos pour piano, ses symphonies, et certains airs ou pièces isolées qui ont su – hasard du répertoire – se faire classiques, telle la célèbre « Vocalise ». En revanche, on oublie combien sa production de mélodies a été florissante jusqu’à son départ de Russie. Le label écossais Delphian nous &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>
	De Rachmaninov, on connaît évidemment ses retentissants concertos pour piano, ses symphonies, et certains airs ou pièces isolées qui ont su – hasard du répertoire – se faire classiques, telle la célèbre « Vocalise ». En revanche, on oublie combien sa production de mélodies a été florissante jusqu’à son départ de Russie. Le label écossais Delphian nous le rappelle en proposant le premier enregistrement intégral de ces chefs-d’œuvre. Cette première risque de faire référence un certain temps : loin de se contenter d’être exhaustifs, ces trois disques sont l&rsquo;objet d’un voyage initiatique envoutant au fil de l’une des plus belle production de mélodies du XXe siècle.</p>
<p>
	Des premières compositions de 1890 à celles de 1916, , de mélodies en mélodies, différénts interprètes semblent se passer le témoin au gré de leurs envies. Cette diversité de voix, qui fait ressembler cette intégrale à un opéra sans livret, constitue l’une de ses grandes forces puisqu’elle revitalise sans cesse l’écoute. On y entend ainsi deux sopranos différentes (<strong>Evelina Dobraceva, Ekaterina Siurina</strong>), une mezzo (<strong>Justina Gringyte</strong>), un ténor (<strong>Daniil Shtoda</strong>), deux barytons (<strong>Andrei Bondarenko</strong>, <strong>Rodion Pogossov</strong>) et une basse (<strong>Alexander Vinogradov</strong>) : autant d’artistes de haute tenue au service de la musique de Rachmaninov. Devant une telle cohérence, où c’est le tout qui fait l’œuvre, on hésite à détailler les qualités de chacun, tant elles semblent indissociables de celles des autres. On ne s’abstiendra pas toutefois de relever la voix dorée de <strong>Daniil Shtoda</strong> un ténor dans la plus belle tradition russe, ni de s’émerveiller de sa ligne vocale noble et imperturbable. <strong>Evelina Dobraceva</strong> est aussi convaincante dans les passages les plus tourmentés que dans les moments plus intérieurs, où la voix se fait presque parlée. <strong>Justina Gringyte </strong>surprend agréablement par un timbre de mezzo-soprano étonnant de fraîcheur et de légèreté. C’est pourtant le chant éblouissant, d’une distinction proprement royal de <strong>Ekaterina Siurina </strong>qui s’impose comme l’expérience la plus bouleversante du disque. <strong>Andrei Bondarenko </strong>joue des couleurs luxuriantes, presque débordantes de son instrument auquel répond, en contrepoint, la concentration sonore plus intérieure de <strong>Rodion Pogossov</strong>. Enfin <strong>Alexander Vinogradov </strong>allie des moyens substantiels à une autorité vocale incontestable.   </p>
<p>
	Mais le véritable maître de cette extraordinaire société, c’est le pianiste <strong>Iain Burnside</strong>. En osmose parfaite avec chacun des chanteurs, il se fait tantôt le chantre d’un Rachmaninov orchestral et débordant, tantôt, celui des couleurs délicates et chambristes des printemps russes, des cerises, du Petersbourg d’Anna Akhmatova. L’auditeur n’a plus qu’à fermer les yeux, et à se laisser couleur dans un tourbillon d’harmonies et de sensations, porté, guidé par les interprètes de cette intégrale inspirée, que l’on quitte avec une nostalgie toute slave. </p>
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