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	<title>Ben HEPPNER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Ben HEPPNER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Ben Heppner fête ses 70 ans</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/ben-heppner-fete-ses-70-ans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jan 2026 12:58:12 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quelques jours après Waltraud Meier, c&rsquo;est au tour d&rsquo;un de ses partenaires réguliers à la scène de célébrer ses 70 ans. Le canadien Ben Heppner se forme au chant à l&rsquo;Université de Colombie-Britannique, sa province natale, avant de rejoindre l&rsquo;Université de Toronto. Après avoir obtenu le premier prix et le prix Birgit Nilsson lors des auditions du Metropolitan Opera de New-York en 1988, il démarre une carrière de ténor lyrique et fait sensation sur cette scène trois ans plus tard en incarnant l&rsquo;Idoménée de Mozart (avec toutes les vocalises du redoutable « Fuor del mar » !). Mais ce sont dans les rôles de Heldentenor que Ben Heppner se révèle indispensable dans les années 1990 et 2000 : Walther dans <em>Les Maitres Chanteurs de Nuremberg,</em> enregistré avec Sawallisch puis avec Solti, Lohengrin, Tristan, qu&rsquo;il aborde à Seattle en 1998 avant de l&rsquo;incarner à Vienne, New York, Berlin ou encore Paris, Siegfried enfin, qu&rsquo;il ose avec Rattle au Festival d&rsquo;Aix-en-Province, témoignent du wagnérien singulier qu&rsquo;il est, capable d&rsquo;une clarté, d&rsquo;un legato, d&rsquo;une finesse musicale que les monologues les plus ardus laissent intacts. Outre Wagner, le Florestan de Ben Heppner (<em>Fidelio</em> de Beethoven), ses incursions chez Strauss (l&rsquo;Empereur de <em>La Femme sans Ombre</em> ou Bacchus dans <em>Ariadne auf Naxos</em> pour Sinopoli), ou dans les répertoires français et italien (Enée des <em>Troyens </em>de Berlioz, l&rsquo;Otello de Verdi) ont contribué à lui assurer une place au tout premier rang des grands chanteurs du tournant de ce siècle. S&rsquo;il a annoncé en 2014 son retrait des scènes, Ben Heppner a néanmoins continué à partager son amour de la musique avec enthousiasme dans des émissions de radio.</p>
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		<title>Finale des auditions du Met en streaming</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/finale-des-auditions-du-met-en-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 09:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les auditions du Met (plus exactement Metropolitan Opera National Council Auditions) sont une ancienne tradition new-yorkaise, aujourd&#8217;hui dans sa 67e saison. Chaque année, l&#8217;institution organise des auditions à travers tout le pays : cette saison, ce ne sont pas moins de 1.200 candidatures qui se sont manifestées, la moitié ayant été retenues pour les 31 auditions &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les auditions du Met (plus exactement Metropolitan Opera National Council Auditions) sont une ancienne tradition new-yorkaise, aujourd&rsquo;hui dans sa 67<sup>e</sup> saison. Chaque année, l&rsquo;institution organise des auditions à travers tout le pays : cette saison, ce ne sont pas moins de 1.200 candidatures qui se sont manifestées, la moitié ayant été retenues pour les 31 auditions régionales. 141 chanteurs ont été sélectionnés par la suite pour participer aux 10 concours régionaux qui ont eux-mêmes fait émerger 23 demi finalistes. Ceux-ci se sont produit devant un plus large public le 9 mai et les 10 finalistes se produiront à nouveau en concert le 16 mai. Le prix est plutôt bien doté (20 000 dollars par gagnant) et assure une exposition assez unique pour les professionnels du lyrique. La pression est forte et avait inspiré à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/FyMszwMVCVQ">Susan Froemke son film <em>The Audition</em>, réalisé lors de l&rsquo;édition 2007 du concours</a>. Compte tenu des circonstances sanitaires, la finale est proposé en streaming avec inscription préalable sur le lien concerts.kiswe.com/metopera. Rappelons quelques lauréats remarquables : Grace Bumbry, Louis Quilico, Teresa Stratas, Jessye Norman, Frederica von Stade, Shirley Verrett, June Anderson, Samuel Ramey, Kathleen Battle, Cheryl Studer, Carol Vaness, Renée Fleming, Susan Graham, Thomas Hampson, Ben Heppner, Deborah Voigt, Sondra Radvanovsky et, dans les années 2000, Lawrence Brownlee, Michael Fabiano, Angela Meade, Lisette Oropesa ou Nadine Sierra. Pour les curieux, le Met propose <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.metopera.org/about/auditions/national-council-auditions/about-the-national-council/">un petit film retraçant la compétition depuis ses origines,</a> initialement en partenariat avec les radios (Martina Arroyo fut ainsi découverte via ce média). Les 10 finalistes comptent 7 chanteurs américains et 3 artistes coréens : les sopranos Hyoyoung Kim, Brittany Olivia Logan, Murrella Parton, Raven McMillon et  Erica Petrocelli, les mezzos  Emily Treigle et  Emily Sierra, un baryton-basse, Jongwon Han, un baryton Timothy Murray, et un ténor, Duke Kim. Souhaitons aux lauréats des carrières aussi riches que celles de leurs ainés.</p>
<p> </p>
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		<title>Massenet Operas</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/massenet-operas-sept-fois-jules-en-un-coffret/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 May 2018 05:04:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’avantage d&#8217;une compilation, c’est qu’elle ne coûte à peu près rien à ceux qui les mettent en vente, et qu’elle ne coûte pas trop cher à ceux qui les achètent. A condition de ne posséder aucune intégrale d’opéra de Massenet, le coffret commercialisé par Erato n’est pas dépourvu d’attraits, même s’il n’égale pas le coffret &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’avantage d&rsquo;une compilation, c’est qu’elle ne coûte à peu près rien à ceux qui les mettent en vente, et qu’elle ne coûte pas trop cher à ceux qui les achètent. A condition de ne posséder aucune intégrale d’opéra de Massenet, le coffret commercialisé par Erato n’est pas dépourvu d’attraits, même s’il n’égale pas le coffret de 23 disques réalisé par Decca en 2012, où l’on trouvait notamment <em>Le Roi de Lahore</em>, <em>Esclarmonde</em> et <em>Thérèse</em> en plus des inévitables <em>Manon </em>et <em>Werther</em>. En 16 CD, Erato présente un peu moins de raretés, mais l’offre est alléchante, qui propose sept titres représentatifs de la carrière du compositeur, de ses débuts jusqu’à sa mort, ou presque, de 1881 pour <em>Hérodiade</em> à 1910 pour <em>Don Quichotte</em>. Après, reste à voir si l’objet tient toutes ses promesses.</p>
<p>Ce que ce coffret reflète avant tout, c’est l’inéluctable internationalisation du disque, à une époque où il était apparemment devenu impensable d’enregistrer un opéra français avec des chanteurs francophones. Des Français, il n’y en a pas beaucoup ici, et il y en a qu’on aurait peut-être préféré ne pas entendre. Ainsi, pourquoi être allé chercher <strong>Henry Legay</strong> pour interpréter Des Grieux ? Pourquoi <strong>Nadine Denize</strong> pour chanter Hérodiade ? Pour un <strong>Nicolaï Gedda</strong> qui se montre admirable en Werther ou en Nicias, pour un <strong>Sherrill Milnes</strong> à la diction très correcte, il faut aussi subir quelques accents très exotiques, avec le Palémon visqueux de <strong>Richard van Allan</strong>, par exemple. Mais reconnaissons que, dans l’ensemble, la qualité d’articulation est plutôt très bonne, avec le français toujours étonnamment pur de <strong>Cheryl Studer</strong>. Et puis, soyons juste, il y a dans ce coffret deux titres entièrement confiés à des francophones : dans <em>Le</em> <em>Jongleur de Notre-Dame</em> où l’on entend enfin celui qui aurait pu et dû être le héros de bien des intégrales : <strong>Alain Vanzo</strong>, qui fut sur les scènes un superbe Des Grieux et un somptueux Werther, mais auxquels les studios ne firent jamais appel dans Massenet, sauf pour ce rôle du Jongleur qui ne correspondait peut-être pas parfaitement à sa nature. Et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/lumiere-de-levidence">l’on a déjà dit</a> tout le bien qu’il fallait penser de la <em>Sapho</em> gravée en 1976-77 par une stupéfiante <strong>Renée Doria</strong>, et l’on aimerait que tous les artistes aient conservé la même vaillance à 60 ans. Pour <strong>Beverly Sills</strong>, l’enregistrement de <em>Thaïs</em>, en 1976, arrive un peu tard : comme l’écrivait Sylvain Fort dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/la-reine-est-morte-hommage-a-beverly-sills">son hommage nécrologique</a>, « la voix de Sills commence à décliner dès le milieu des années 70 […] l’instrument se dérobe ».</p>
<p>Curieusement,<strong> Victoria de Los Angeles</strong> a été choisie pour deux intégrales majeures où sa présene étonne un peu. Malgré tout le bien que l’on pense de la soprano espagnole, était-elle la candidate idéale pour Charlotte, rôle de mezzo même si la créatrice viennoise, Marie Renard, avait un répertoire incluant aussi de vrais rôles de soprano (mais Marie Delna, la première Charlotte française, était carrément contralto). Et en Manon, où elle est plus à sa place, il lui manque l’aisance dans l’extrême aigu qui lui aurait permis de respecter tout à fait la partition dans « Profitons bien de la jeunesse ». Dans le même ordre d’idée, <strong>José van Dam</strong> n’est pas exactement la basse exigée par Don Quichotte, et son timbre ne se différencie pas assez nettement de celui d’<strong>Alain Fondary </strong>en Sancho.</p>
<p>Côté chefs, <strong>Georges Prêtre</strong> apporte à <em>Werther</em> toute la passion souhaitable, mais la direction de <strong>Michel Plasson </strong>n’est pas la plus enflammée qui soit. <strong>Lorin Maazel </strong>assume de manière enthousiasmante la dose de clinquant inévitable dans <em>Thaïs </em>(où il interprète aussi le solo de violon de la « Méditation »), mais <strong>Pierre Monteux</strong> n’arrache pas toujours <em>Manon</em> à une certaine routine.</p>
<p>Donc il y a là du bon et du moins bon, mais s&rsquo;il existait une intégrale parfaite de <em>Manon</em> et de <em>Werther</em>, ça se saurait&#8230;</p>
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		<item>
		<title>Quand Ben Heppner chante Donald Trump</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/quand-ben-heppner-chante-donald-trump/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 May 2016 08:33:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Homme d&#8217;affaires américain, magnat milliardaire de l&#8217;immobilier et candidat républicain à la présidence des Etats-Unis, Donal Trump n’a pas que des amis. Sa volonté de construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique pour mettre un terme à l&#8217;immigration illégale a suscité une vague d’indignation amusée. L’idée parait d’autant plus saugrenue que le coût &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Homme d&rsquo;affaires américain, magnat milliardaire de l&rsquo;immobilier et candidat républicain à la présidence des Etats-Unis, Donal Trump n’a pas que des amis. Sa volonté de construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique pour mettre un terme à l&rsquo;immigration illégale a suscité une vague d’indignation amusée. L’idée parait d’autant plus saugrenue que le coût de la construction, estimé à environ 8 millions de dollars, serait financé par le Mexique, et non par les contribuables américains. Le président mexicain Enrique Pena Nieto a évidemment fait savoir qu&rsquo;il rejetait l&rsquo;idée de payer quoi que ce soit. Dans <em>Because news</em>, son émission hebdomadaire sur CBC Radio One, le comédien canadien Gavin Crawford s’est livré en compagnie de <strong>Ben Heppner</strong> à une parodie lyrique de l’histoire qui vaut son pesant de tacos. Le ténor y chante de manière wagnérienne les propos de Donald Trump tandis que l’animateur, transmué en président mexicain, lui donne la réplique. A regarder sans modération pour conjurer une actualité sordide et un ciel printanier à Paris désespérément gris.</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="450" src="http://www.cbc.ca/i/caffeine/syndicate/?mediaId=2689602421" width="800"></iframe></p>
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		<item>
		<title>Ben Heppner, le retour</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/ben-heppner-le-retour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2014 05:11:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un communiqué annonçait son retrait des scènes en avril dernier (voir brève du 25 avril). Son absence aura été de courte durée. Ben Heppner revient déjà. Si la nouvelle nous réjouit, l&#8217;objet de son retour nous emballe moins. A 57 ans, l’un des plus grands ténors dramatique de sa génération figure à l&#8217;affiche de Titanic, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un communiqué annonçait son retrait des scènes en avril dernier (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/breve/ben-heppner-decroche">brève du 25 avril</a>). Son absence aura été de courte durée. Ben Heppner revient déjà. Si la nouvelle nous réjouit, l&rsquo;objet de son retour nous emballe moins. A 57 ans, l’un des plus grands ténors dramatique de sa génération figure à l&rsquo;affiche de <em>Titanic</em>, une comédie musicale de Maury Yeston, créée à Broadway en 1997 et représentée à Toronto du 20 mai au 21 juin prochains. « <em>Pensez juste, je vais pouvoir naviguer sur scène sans avoir à boire le poison d&rsquo;Isolde ou porter des cornes de viking</em>… » se félicite Ben Heppner qui endosse dans la pièce plusieurs rôles dont celui de Isidor Straus, le co-fondateur de Macy’s. On le comprend mais le philtre d&rsquo;amour wagnérien est tout de même autrement ensorcelant.<br />
	 </p>
<p><object></object></p>
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			</item>
		<item>
		<title>SAINT, Samson et Dalila — Paris (Pleyel)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/arteriotomie-peu-vocale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 May 2011 21:48:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’époque de la composition de Samson et Dalila, entre 1868 et 1877, Camille Saint-Saëns passait auprès de ses contemporains pour un partisan de la musique de l’avenir, un « algébriste ». Le mot était utilisé pour désigner les compositeurs qui privilégiaient la théorie à la mélodie. Faut-il rappeler le jugement, surprenant pour l’auditeur aujourd’hui, du critique Henri &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          A l’époque de la composition de <em>Samson et Dalila</em>, entre 1868 et 1877, Camille Saint-Saëns passait auprès de ses contemporains pour un partisan de la musique de l’avenir, un « algébriste ». Le mot était utilisé pour désigner les compositeurs qui privilégiaient la théorie à la mélodie. Faut-il rappeler le jugement, surprenant pour l’auditeur aujourd’hui, du critique Henri Cohen qui à l’issue d’une présentation du premier acte de cet opéra biblique, au Châtelet en 1875, écrivait : « Jamais absence plus complète de mélodie ne s’est fait sentir comme dans ce drame ». Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si deux ans après, l’œuvre fut créée dans son intégralité non en France mais en Allemagne, à Weimar. La patrie de Goethe formait alors sous l’influence de Franz Liszt l’épicentre de la Wagnerie, avant que Bayreuth n’en devienne la capitale. Paradoxalement, des années plus tard, Camille Saint-Saëns incarnera une forme de résistance parnassienne – ses détracteurs diront pompière – à l’entrisme de la musique germanique. </p>
<p> </p>
<p>Tout cela, la direction de <strong>Tugan Sokhiev</strong>, dans cette version de concert de <em>Samson et Dalila</em> salle Pleyel, l’expose avec une éloquence qui a valeur de démonstration. D’une partition dont l’équilibre est le maitre-mot, le directeur musical de l’Orchestre du Capitole de Toulouse surligne les principaux motifs, cette vingtaine de thèmes qui, selon l’exemple de Wagner, maillent le tissu musical. Pour autant, et c’est en cela que la dimension plastique de l’écriture n’est pas oubliée, Tugan Sokhiev ne se satisfait pas d’une artériotomie qui ferait de <em>Samson et Dalila</em> l’épigone d’un opéra wagnérien. Sa lecture exalte aussi les innombrables teintes dont Saint-Saëns, en adepte de la forme, a colorié son orchestration. Sans complexe, quitte à franchir plusieurs fois la frontière qui sépare le bon goût du kitch. Mais on ne se plaindra pas de ce flot de sonorités déversées comme des jarres de pierreries sur un tapis persan. Parce que l’excès de couleurs est une des composantes de cette école orientaliste à laquelle <em>Samson et Dalila </em>se rattache ; parce que, surtout, ni l’orchestre, ni le chef ne négligent une autre des caractéristiques fondamentales de la musique de Saint-Saëns (et de la musique française en général) : la clarté.</p>
<p> </p>
<p>Regrettons alors que la distribution réunie pour l’occasion ne fasse pas plus cas de cette clarté constitutive et que les chanteurs se préoccupent davantage de sons que de sens. Le timbre griffé de <strong>Ben Heppner</strong> évoque au mieux celui de Jon Vickers, Samson de référence sur scène comme au disque, mais ni la prononciation, ni l’héroïsme du ténor canadien ne sont comparables à ceux de son illustre compatriote. D’une interprétation grisâtre aux aigus étranglés (quand ils ne sont pas craqués) se détache un « air de la meule », dont la neurasthénie correspond mieux au tempérament de Ben Heppner que les nombreux assauts de fièvre qui parsèment sa partition. </p>
<p>Le son, plus encore, est la marque de fabrique de <strong>Tómas Tómasson</strong>, dont les vociférations laissent à penser qu’il confond le Grand-Prêtre avec Klingsor, et d’<strong>Elena Bocharova</strong> que le rôle de Dalila ne présente pas sous son meilleur jour : articulation épaisse, voix capiteuse qui s’enivre de son propre bouquet sans que l’on en partage l’ivresse, chant opaque, registres disjoints… </p>
<p>On met dans le même sac la bande des philistins, tous plus brouillons les uns que les autres, à deux exceptions près : l’Abimélech magistral de <strong>Nicolas Testé</strong> dont l’intervention se réduit malheureusement à quelques répliques et le messager d’<strong>Alain Gabriel</strong>. Perché en haut des gradins au milieu des choristes, le ténor apparaît comme le héraut d’un chant français qui sans lui n’aurait pas eu droit de cité. </p>
<p> </p>
<p>Il est symbolique d’ailleurs que cette leçon d’excellence soit donnée par un membre du <strong>Chœur du Capitole de Toulouse</strong>. Dans un opéra que l’on assimile souvent à un oratorio, les forces chorales font tout au long de la soirée plus que jouer un rôle majeur. Par la puissance, le souffle, l’inspiration mais aussi l’art des nuances, le style tout simplement, elles occupent ici la première place.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Otello — Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/otello-baden-baden-pour-anja-harteros-sublime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Emmanuel Lephay]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Sep 2010 14:45:08 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/pour-anja-harteros-sublime/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette version de concert d’Otello (dont c’était ce soir la première avant qu’elle ne soit représentée à Luxembourg, Dortmund puis Paris) voit l’orchestre dans la fosse et une mise en espace des chanteurs, qui n’ont donc pas de partition. Il faut également noter quelques éclairages variés, un fin rideau descendant pour certaines scènes intimes afin &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>
	Cette version de concert d’<em>Otello </em>(dont c’était ce soir la première avant qu’elle ne soit représentée à Luxembourg, Dortmund puis Paris) voit l’orchestre dans la fosse et une mise en espace des chanteurs, qui n’ont donc pas de partition. Il faut également noter quelques éclairages variés, un fin rideau descendant pour certaines scènes intimes afin d’isoler les chanteurs des chœurs, et même un petit lit pour Desdemona au dernier acte. Si on en saisit mieux les agissements des personnages, notamment dans les magnifiques ensembles que renferme la partition, tout cela ne fait pas du théâtre (surtout lorsque les chanteurs n’ont pas de dons innés de comédien). Non, vraiment, la version de concert ne sied pas à l’opéra dont l’essence même ne comporte que 50 % de musique, surtout dans un ouvrage comme celui-ci. </p>
<p>	La distribution était très alléchante sur le papier : Heppner, Harteros, Vassallo, voilà de quoi saliver. Hélas, <strong>Ben Heppner</strong> était visiblement en méforme, et ce fut une triste succession de sons serrés ou blancs, de notes craquées ou escamotées. Par ailleurs, on sent le ténor mal à l’aise avec la langue italienne dont la prononciation pâteuse devient gênante à la longue. Inutile d’épiloguer sur cette prestation vocale mais la puissance du personnage en prend un sacré coup, d’autant plus que le ténor canadien n’est en rien un comédien, au point que l’on sourit des postures stéréotypées et des maladresses (l’index tendu comme principal geste scénique&#8230;). Difficile alors de croire à son Otello qui ne fait jamais frémir et qui peine à émouvoir, y compris dans la scène finale, pourtant l’une des plus sublimes de l’histoire de l’opéra&#8230; </p>
<p>	 </p>
<p>	Le Iago de <strong>Franco Vassalo</strong> « profite » de la faiblesse de son Otello avec une prestation vocale et scénique largement plus convaincante ! Le baryton italien affiche un timbre superbe, un chant d’une grande élégance et une présence scénique éclatante. Sans doute un manque de noirceur l’empêche-t-il d’être un Iago tout à fait crédible. Ainsi, si le <em>Brindisi</em> du premier acte laisse pantois par l’insolence de la prestation (les La aigus sont impressionnants), le « Credo » du deuxième est peut-être trop chanté et pas assez joué et incarné. Sans doute un metteur en scène aurait permis au baryton d’être davantage dans le personnage. Mais il faut admettre les limites de l’exercice dans le cadre d’une version de concert.</p>
<p>	Carton plein en revanche pour la sublime <strong>Anja Harteros</strong>. La soprano est vraiment à l’apogée de ses moyens. La voix est renversante de beauté (du grave &#8211; rond, jamais forcé &#8211; à l’aigu, irradiant) et le chant d’un raffinement inouï est à se damner. Le personnage de Desdemona convient en outre parfaitement à la soprano : la féminité qu’elle dégage, son amour dévoué pour Otello puis son désespoir, la pitié qu’elle suscite, tout cela passe parfaitement la rampe. Le dernier acte est mené à la perfection avec une chanson du saule anthologique et un « Ave Maria » sur le fil. Entre les deux, le fameux élan sur « Ah, Emilia, addio » tétanise d’émotion. Sublime.  </p>
<p>	Le Cassio d’<strong>Alexey Dolgov </strong>séduit par son joli timbre et une voix lyrique qui donne une consistance non négligeable à son personnage. Il devient ainsi plus qu’un simple pion de Iago. En contrepartie, Roderigo a été opportunément distribué à un ténor à la voix plus légère, sinon un peu blanche. <strong>Emanuele Giannino </strong>s’y montre convaincant.</p>
<p>	 </p>
<p>	Si l’Emilia de <strong>Christina Daletska</strong> est quasiment transparente, on apprécie la stature de <strong>Stanislav Shvets </strong>en ambassadeur de Venise. </p>
<p>	 </p>
<p>	Le <strong>WDR Rundfunkchor de Köln</strong> est superbe de tenue tandis que les six petits chanteurs de la <strong>Maîtrise de l’Opéra national du Rhin</strong> étonnent par l’excellence de leur prestation malgré leur petit nombre. </p>
<p>	 </p>
<p>	Dans la fosse, <strong>Daniel Harding</strong> est tel qu’on le connaît : capable de fulgurances extraordinaires, de mises en valeur particulières mais aussi, par moments, d’une relative indifférence. La tempête du début de l’ouvrage est impressionnante et l’orchestre et les chœurs y rugissent fort opportunément. Mais Harding semble rester pied au plancher trop longtemps avec un duo d’amour qu’on aurait souhaité plus alanguissant et sensuel, notamment pour le merveilleux thème du baiser. De manière générale, une plus grande palette de nuances aurait été bienvenue, mais la prestation de Harding convient bien à l’électricité que dégage cette musique. Et soulignons encore cette capacité du chef anglais à « sculpter » le discours d’une manière vraiment extraordinaire, comme par exemple dans le solo des contrebasses à l’entrée d’Otello (acte IV), sublimement phrasé. </p>
<p>	 </p>
<p>	Le <strong>Mahler Chamber Orchestra</strong> (qui porte ici bien mal son nom vue sa taille) n’est pas, contrairement à ce qu’on voudrait parfois nous faire croire, la plus merveilleuse des formations. Elle nous gratifie même d’un certain nombre d’accidents notamment dans le « Credo » (timbales en avance d’une mesure, faux-départ d’un violon..) et de couacs un peu surprenants. Admirons par contre une belle sonorité des cuivres et le beau solo de cor anglais. Sans doute toutes ces petites scories disparaîtront au fur et à mesure de la tournée ? Espérons surtout que Ben Heppner retrouvera sa voix&#8230; </p>
<p>	 </p>
<p>	 </p>
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		<title>WAGNER, Götterdämmerung — Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/crepuscule-mi-figue-mi-raisin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2009 11:42:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec ce « Crépuscule des Dieux » s’achève un « Ring » dont on peut dire qu’il aura concentré un maximum d’attentes et beaucoup de déceptions. Au positif, on rendra hommage aux talents de maître d’œuvre de Stéphane Lissner : quand il annonça ce Ring en 2005, avec la participation de la Philharmonie de Berlin, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>	Avec ce « Crépuscule des Dieux » s’achève un « Ring » dont on peut dire qu’il aura concentré un maximum d’attentes et beaucoup de déceptions. Au positif, on rendra hommage aux talents de maître d’œuvre de Stéphane Lissner : quand il annonça ce Ring en 2005, avec la participation de la Philharmonie de Berlin, la prise de rôle de Ben Heppner et l’ouverture d’un nouveau théâtre à la clé, nous n’en croyions pas nos oreilles. Belle réussite du point de vue de la stricte atteinte des objectifs annoncés : la Philarmonie aura été fidèle à sa réputation, Heppner n’a pas annulé et la salle (fait exceptionnel) a été livrée à l’heure. Mais l’arbre se juge à ses fruits : la nouvelle salle existe bien, c’est entendu, mais le bâtiment est on ne peut plus médiocre ; quant à l’aspect musical et théâtral, malgré un « Rheingold » pour lequel on pouvait avoir quelques indulgences, il n’est allé qu’en diminuant.</p>
<p><strong>Wagnériens poids plumes</strong></p>
<p>	Dans le désert actuel de voix wagnériennes, Katarina Dalayman est mieux qu’un pis-aller : voix franche, sonore, bien tenue, mais qui a un peu de mal à finir. Certes le final de l’immolation nous offrira son comptant de décibels, mais de nombreux passages de la dernière scène sont souvent peu audibles soit que la chanteuse s’économise, soit que le registre grave soit insuffisant. La réserve principale est surtout d’ordre dramatique car cette Brünnhilde au chant uniforme n’a malheureusement pas grand-chose à nous dire dramatiquement. Economies disions nous ? C’est bien ce qui caractérise le mieux le style de Ben Heppner. Son Siegfried de l’année précédente se caractérisait par l’incapacité à chanter correctement les trois actes de suite avec l’héroïsme attendu (au mieux, suivant les soirs, on pouvait entendre deux actes corrects, pas toujours les mêmes, ce qui permettra sans doute de concocter un DVD parfait). Cette année, le ténor canadien a fait le choix de chanter sans forcer : conséquence, son Siegfried intimiste et peu héroïque a du mal à passer la rampe, et surtout à nous convaincre qu’il est autre chose qu’un gros nigaud ; à noter que ces prudences n’empêchent pas le ténor d’avoir du mal à tenir la route et la voix craque à de nombreuses reprises . Reste un chant coloré, d’une belle musicalité, mais est-ce suffisant?</p>
<p>	Mikhail Petrenko obtient la palme à l’applaudimètre : on pourra trouver son Hagen juvénile, la voix un peu claire, mais au moins l’artiste s’investit vocalement et scéniquement sans tricher, et il n’est guère couvert que pour son ultime intervention, inaudible. Au global, un Hagen qui ne passerait pas dans une grande salle mais qui arrive à convaincre ici. Curieuse idée d’avoir proposé le rôle de Waltraute à Anne-Sofie von Otter, bien éloignée de son répertoire naturel. La chanteuse s’en tire grâce à son métier et à son investissement, mais la voix est ici poussée dans ses derniers retranchements. Dale Duesing est un Alberich simplement correct ; Emma Vetter, un peu inodore dans un rôle plutôt sacrifié ; Gerd Grochowski, un Gunther légèrement pâlot, qui manque de veulerie.</p>
<p>	<strong>Ca ne marche pas</strong></p>
<p>	Porté par un grand chef, un tel plateau aurait peut-être pu convaincre (on en a eu l’illustration à plusieurs reprises sous la baguette de Riccardo Muti). Malheureusement, Simon Rattle est bien dépassé par sa tache. On appréciera un travail extraordinaire sur la texture des pupitres, des leitmotiv et des subtilités d&rsquo;orchestration superbement mis en valeur. Surtout, ce travail sur le détail se fait au détriment du tout : point de conception d’ensemble, point de souffle qui porterait l’ouvrage sur la durée. Une vague conception chambriste, raffinée, sans ampleur, sans grandeur, évacuant les boursoufflures de l’ouvrage mais le trahissant par la même occasion. Il ne s’agit pas ici d’être sourd à une conception originale voire expérimentale, mais de constater qu’il s’agit bien, d’une part, d’une trahison et, d’autre part que « ça ne marche pas ». Quant à suivre les chanteurs, n’en parlons même pas.</p>
<p>	<strong>Tabula rasa</strong></p>
<p>	Le minimalisme de Stéphane Braunschweig m’avait fait plutôt bonne impression lors du Rheingold. Les « journées » se succédant, force est de reconnaître que l’on a du mal à percevoir là aussi une perception d’ensemble, une vision, un message, une petit quelque chose, quoi. Car c’est bien beau de vouloir dépoussiérer un tel ouvrage : encore faut-il être capable de proposer un tout cohérent à la place. Débarrasser le Louvre des vieilleries qui l’encombrent, c’est bien joli, mais si c’est pour ne laisser que les parquets et des murs blancs, c’est un peu court. Il semble que le metteur en scène se soit surtout consacré à la psychologie des personnages ; malheureusement la traduction scénique de cette approche est peu visible : soit les interprètes ne sont pas à la hauteur de ce travail, soit il n’est pas visible au-delà du 5ème rang d’orchestre, ou bien est-il tout simplement sans effet ? Quant à la nouveauté d’une telle approche, c’est celle d’un Strosser pour le Châtelet il y a 15 ans, Ring somnifère de sinistre mémoire. Braunschweig semble également vouloir palier au manque d’idées par des contre-pieds ; exemple, tandis que Wagner s’efforce au sublime pour introduire le rocher de la Walkyrie, nous avons droit à un Siegfried enfilant péniblement ses godasses assis sur le lit où repose Brünnhilde : on sent bien, paradoxalement, que la flamme n’y est plus. Que dire enfin de la joyeuse cohorte des suivants de Gunther costumés en « sportmen » des années 50 (polo, tir, à vous de choisir la tenue).</p>
<p>	Et pourtant, nous ne pouvons pas nous empêcher d’une certaine satisfaction. D’abord, parce que nous aurons entendu la Philarmonie de Berlin « en fosse », ce qui n’est pas si courant et que nous n’aurons pas été déçu par celle-ci : c’est une diva qui en fait un peu à sa tête, mais une diva quand même. Ensuite, et c’est un sentiment extra musical, parce que 5 ans entre l’annonce de ce Ring et son accomplissement, c’est bien long et l’on sentait un sentiment « d’accomplissement » naturel à la fin de cette série qui pouvait expliquer une partie des applaudissements un peu exagérés au rideau final. Bravo à Stéphane Lissner pour son talent qui lui aura permis de monter à bien un tel projet : mais il est triste que ses intuitions musicales et théâtrales n’aient pas été à la hauteur de l’événement car une telle occasion ne se représentera pas de si tôt.<br />
	 </p>
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		<title>WAGNER, Siegfried — Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-heros-est-fatigue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Jul 2008 12:02:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2006 au festival d’Aix-en-Provence, L’or du Rhin (http://www.forumopera.com/concerts/rheingold_aix2006.html) selon Stéphane Braunschweig nous projetait dans le rêve de Wotan, au cœur de son inconscient. Il fallait au dieu à son réveil, l’année suivante dans La Walkyrie, assumer les conséquences de ce rêve, punir sa fille Brünnhilde de sa désobéissance en la plongeant dans un sommeil &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>
	En 2006 au festival d’Aix-en-Provence, L’or du Rhin (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/concerts/rheingold_aix2006.html">http://www.forumopera.com/concerts/rheingold_aix2006.html</a>) selon Stéphane Braunschweig nous projetait dans le rêve de Wotan, au cœur de son inconscient. Il fallait au dieu à son réveil, l’année suivante dans La Walkyrie, assumer les conséquences de ce rêve, punir sa fille Brünnhilde de sa désobéissance en la plongeant dans un sommeil sans fin. Le troisième volet du cycle, Siegfried, nous invite maintenant à pénétrer les songes de Brünnhilde, endormie sur les trois chaises qui servaient déjà de lit à son père. C’est pourquoi la matière des murs qui enserrent la scène prend un reflet métallique : nous sommes à l’intérieur du casque de la guerrière, là, juste sous sa visière. Une fois que l’on a dit cela, l’on a tout dit, ou presque.</p>
<p>
	Tout dit parce que la lecture de <strong>Stéphane</strong> <strong>Braunschweig</strong> se limite, pour le moment, à cette approche onirique. On lui reproche de manquer d’envergure ; dans sa clarté fidèle cependant, elle offre au spectateur l’avantage de pouvoir prendre le récit en route. Forge, ours, épée, oiseau, dragon, elle suit pas à pas les indications du livret avec quelques jolies trouvailles &#8211; l’utilisation de la vidéo pour traduire le flamboiement de la forge ou le cauchemar de Mime – et d’autres moins concluantes – le lit d’Erda qui encombre le 3e acte, la représentation de Fafner soigneusement évitée.<br />
	Ce serait assez cependant pour Siegfried qui se soucie moins de symboles que les autres opéras de La Tétralogie, dont le discours se veut plus épique, optimiste presque dans l’extase amoureuse de son duo final, l’instant le plus heureux du cycle des Nibelungen, son « scherzo » selon certains. Ce serait assez donc si le metteur en scène n’avait oublié les moments de poésie qui irisent la partition &#8211; les murmures de la forêt devenue ici poignée de troncs calcinés qu’une vague lumière verte peine à ranimer, l’aurore embrasée du réveil de Brünnhilde rendue banale par la violence de l’éclairage &#8211; et si la direction d’acteurs ne s’en remettait pas autant à la personnalité des interprètes.</p>
<p>
	<strong>Ben Heppner,</strong> très attendu pour cette prise de rôle, a du mal à jouer les jeunes hommes &#8211; ce n’est pas une surprise &#8211; on l’aurait aimé un peu mieux guidé dans ses gestes pour qu’en dépit de son âge et de sa silhouette, l’incarnation semble moins maladroite. A vrai dire, on craignait surtout que le tempérament du ténor canadien ne se heurte à l’héroïsme du personnage, le chant à gorge déployée des scènes les plus vaillantes, l’ivresse du duo final… On avait tort puis hélas raison.<br />
	Au premier acte, la voix une fois chauffée laisse oublier son manque d’éclat pour faire valoir la science de l’expression et même un certain rayonnement (l’air de la forge). Sans abuser de puissance, elle parvient à franchir la barrière d’un orchestre que Simon Rattle, attentif, s’applique à contenir afin de ne pas épuiser les forces du chanteur. En vain, le rôle, surhumain, le pousse dans ses retranchements. Au deuxième acte, la fatigue du timbre convient encore à la rêverie de « Dass er mein Vater nicht ist » mais au troisième, l’affrontement avec Wotan puis le duo avec Brünnhilde mettent Siegfried sur le carreau. Méforme à l’issue de l’avant-dernière représentation d’un opéra éprouvant entre tous ou inadéquation aujourd’hui de la voix au rôle ?</p>
<p>
	Le contraste avec<strong> Katarina Dalayman,</strong> d’une fraîcheur impitoyable, n’en est que plus cruel. D’un côté, le chanvre effilé du héros harassé par quatre heures de combat, de l’autre le fruit sonore et pulpeux, la chair offerte d’une Walkyrie reposée qui, à l’opposé de Birgitt Nilson dont elle partage pourtant les origines suédoises, offre un chant voluptueux, à l’aigu parfois un peu bas mais au pigment nourri, annonciateur des Isolde et des Kundry à venir.</p>
<p>
	Le déséquilibre entre Ben Heppner et ses partenaires n’a pas attendu le réveil de Brünnhilde pour devenir évident. Il est présent dès le début, dès la confrontation de Siegfried avec Mime, Burkhard Ulrich, lui aussi éclatant de santé vocale. Trop d’ailleurs. Trop sain, trop limpide, trop franc pour les circonvolutions de l’albe. Du caractère assurément, mais pas assez de piailleries, de borborygmes, de geignements verdâtres. Et puis le volume, le poids n’ont rien à envier à ceux de Ben Heppner ; paradoxe pour Siegfried, les deux ténors jouent à armes égales.</p>
<p>
	Même constat avec le Wotan de <strong>Willard White</strong>. Le grand-père en remontre au petit-fils et s’impose très vite, plus encore que dans La Walkyrie où l’on percevait une sorte de lassitude derrière l’ampleur et l’autorité. Magnétique, la présence culmine dans la première scène du troisième acte où le chanteur, face au déchainement de l’orchestre, accomplit des prodiges. Le duel avec l’Erda stupéfiante d’<strong>Anna Larsson</strong>, authentique contralto aux couleurs incroyables, est un sommet.</p>
<p>
	Le dragon canonique <strong>d’Alfred Reiter</strong>, l’oiseau lyrique, d’une délicieuse fraicheur, de <strong>Mojca Erdmann </strong>rendent eux aussi plus sensible, le temps de leur intervention, la faiblesse du héros.</p>
<p>
	Seul <strong>Dale Duesing</strong> laisse paraître une usure comparable, supérieure même car irrémédiable, mais là où le chanteur s’incline, l’interprète vient à la rescousse ; Alberich, privé de ses noirceurs, garde sa part d’ombre maléfique.</p>
<p>
	Des deux nécessités qui président à toute représentation de Siegfried, l’heldenténor et l’orchestre, il ne reste à part entière que la seconde, mais d’une qualité et d’une intensité suffisantes pour porter à elle seule le spectacle. Machine impressionnante à produire des sons, du piano le plus subtil au forte le plus fracassant, le Berliner Philharmoniker se contient deux actes durant afin d’épargner les interprètes. Les passages symphoniques et quelques interventions solistes &#8211; le cor et les cuivres d’une manière générale &#8211; donnent seuls l’idée de sa mesure. L’orchestre se libère vraiment au troisième acte dans l’orage du prélude et sur sa lancée, dans un éveil de Brünnhilde aveuglant de lumière. Tout au long de la soirée, la direction de Simon Rattle, inspirée et respirée, l’aide à dépasser la simple virtuosité pour toucher à l’essence même de Siegfried : le merveilleux.</p>
<p>
	 </p>
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		<title>5 questions à Ben Heppner</title>
		<link>https://www.forumopera.com/5-questions-a-ben-heppner/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Helene Mante]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Nov 2006 07:57:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous n’en avez pas assez de chanter des héros surhumains avec casque et armures ? Il faut croire que non : en abordant le Ring, j’en ajoute deux, et non des moindres. Siegmund, avec son côté sombre, et même grave – y compris vocalement. Siegfried, plus lumineux, plus niais si vous voulez, mais agréablement juvénile &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          <strong>Vous n’en avez pas assez de chanter des héros surhumains avec casque et armures ?</strong></p>
<p>			Il faut croire que non : en abordant <em>le Ring</em>, j’en ajoute deux, et non des moindres. Siegmund, avec son côté sombre, et même grave – y compris vocalement. Siegfried, plus lumineux, plus niais si vous voulez, mais agréablement juvénile et finalement très humain. Je trouve intéressante cette composante humaine. Intéressant aussi le fait que tous ces personnages soient « larger than life », comme on dit. Ils transcendent la vie ordinaire tout en restant des hommes.</p>
<p><strong>Préférez-vous « Winterstürme » ou « Io ti sento » ?</strong></p>
<p>			J’aime les deux ! Mais différemment… Disons que Wagner vous engage dans un effort très soutenu, et le public doit suivre. Avec Tosti, on va à la rencontre du public. On dit souvent qu’il en faut pour tous les goûts et comme artiste, je considère de mon devoir de ne pas laisser sur le côté les gens qui n’ont pas d’opéra dans leur ville ou qui n’ont pas été éduqué à cela. Du reste, moi-même je n’ai pas été du tout éduqué à l’opéra. Ce fut un hasard assez tardif qui m’a mené sur des sentiers dont j’ignorais totalement l’existence. J’ai eu ce destin, ou cette chance, comme vous voudrez &#8211; cela ne doit pas me dispenser de donner au public des récitals accessibles, plaisants, une musique qui ne soit pas difficile. Il faut mêler les deux. C’est ma méthode depuis longtemps. Je ne me vois pas chanter Wagner toute l’année.</p>
<p><strong>Entre Tosti et Wagner, on pourrait insérer Puccini, Giordano, Verdi, Leoncavallo…</strong></p>
<p>			Je chante Calaf, je dois faire André Chénier a New York… Si vous me dites que vous aimeriez m’entendre davantage dans le répertoire italien, cela me fait plaisir : moi aussi ! Le problème est que répéter un <em>Siegfried </em>ou un <em>Crépuscule des dieux</em>, puis les chanter, c’est une entreprise de plusieurs mois : cela vous bloque un agenda sur une longue période, donc vous contraint à renoncer à bien d’autres engagements. Mon exploration du répertoire italien sera donc volontariste, mais pas aussi ample que je le souhaiterais.</p>
<p><strong>Vos projets sont nombreux et… contrastés.</strong></p>
<p>			Je passe beaucoup de temps au Metropolitan. Je serai de passage en France le 14 novembre au Théâtre des Champs-Elysées, le 8 décembre salle Pleyel. Wagner, toujours Wagner. J’irai faire un grand tour en Allemagne. Je chanterai… Wagner. Mais dès janvier 2007, je suis à Dawson Creek, à White Rock, à Prince George, à Kelowna, à Kamloops, chez moi, en Colombie Britannique, à plus de mille kilomètres de Vancouver. Je suis l’enfant du pays qui revient offrir ce qu’il a à donner.</p>
<p><strong>En quoi ces projets se nourrissent-ils mutuellement ?</strong></p>
<p>			Avec l’opéra, j’accomplis ma vocation. Avec mes récitals dans ma région natale je paie ma dette. Dans les deux cas, c’est le contact avec le public qui m’importe. Je voudrais que les règles du récital s’assouplissent. Je voudrais pouvoir converser avec le public, parler, raconter, insérer de la narration. Faire des récitals plus conviviaux, moins normés et glacés. A l’avenir, mon activité de récital prendra plus d’ampleur, elle ira dans ce sens – j’ai l’âme d’un pédagogue.</p>
<p>			 <br />
			<strong>Hélène Mante</strong></p>
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