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	<title>Igor BOUIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Igor BOUIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BIZET, Carmen &#8211; Opéra Comique (Hors-les-murs)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2026 04:05:28 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« L&rsquo;amour est enfant de bohème. Il n&rsquo;a jamais connu de loi », et encore moins d&rsquo;intérieurs bourgeois et de salons dorés, nous fait remarquer <strong>Jeanne Désoubeaux</strong> dans sa note d&rsquo;intention. L&rsquo;opéra de G. Bizet dans la relecture qu&rsquo;en fait la metteuse en scène est donc donné en extérieurs dans une version en partie fidèle au livret, en partie improvisée par les chanteurs, tous instrumentistes (et vice-versa). Cette version allégée d&rsquo;une grosse demi-heure, ramenée à trois actes, avec disparition de Micaela, est aussi réécrite pour faire résonner l&rsquo;intrigue (elle l&rsquo;aime, elle le quitte, il la tue) aux problématiques des violences contemporaines. La note d&rsquo;intention en dresse une énumération conséquente. Cette reprise d&rsquo;un spectacle créé à la Cartoucherie de Vincennes en 2024 appartient à la saison 2026-2027 hors-les-murs de l&rsquo;Opéra Comique, en travaux.<br />
Pour faire tomber le quatrième mur, faire léger avec un décor minimal mais faire cadre pour le spectateur, en échappant ainsi à la catégorie de théâtre de rue, le public est d&rsquo;abord invité à un cours d&rsquo;autodéfense donné par Frasquita et Mercedes devant le mur arrière de la Cité internationale des Arts, quai de l&rsquo;Hôtel de ville (d&rsquo;une laideur soviétique pour cette construction des années 60). Dans cette foule bigarrée on croise pas mal d’enfants, de scolaires, des adultes de tous âges, y compris un public populaire. Bien vu, c&rsquo;était l&rsquo;idée. L&rsquo;acte I se fera devant cette façade alors que nous sommes invités à nous asseoir sur des tabourets certes guère confortables, mais provisoires puisque l&rsquo;itinérance est revendiquée et la déambulation doit aussi rythmer la soirée.<br />
Avec un instrumentarium réduit mais bien pensé par <strong>Jérémie Arcouche</strong> et <strong>Igor Bouin</strong>, la troupe va jouer plusieurs rôles (hormis le couple formé par <strong>Anaïs Bertrand</strong> et <strong>Kaëlig Boché</strong>). Les costumes tout droit sortis d’un tableau d&rsquo;Edouard Manet sont jolis et astucieux, les femmes portent pantalons et ceintures corset, telles des toréadors féminines.<br />
Malheureusement on n&rsquo;entend pas toujours les artistes à l&rsquo;acte I puisque le choix a été fait de se passer de sonorisation. C&rsquo;est médiocrement que le chant parvient à qui n’est pas au centre de la cour dans ce dispositif.<br />
Alors que la nuit est tombée et que nous partons vers la cour de récréation du Collège François Couperin voisin (admirable organisation d&rsquo;ailleurs pour ces déplacements), on entend ci-et-là : « C&rsquo;est potache », dit un monsieur d&rsquo;un certain âge manifestement abonné à l&rsquo;OC, « C&rsquo;est ouf ! », ajoute cet autre spectateur vingtenaire, alors que les scolaires, un peu surpris et ricanants dès les premiers chants, ne laissent pas de s&rsquo;amuser ensuite et de battre le rythme irrésistible de la musique de Bizet.<br />
Alors que les nombreuses sirènes du quai en ce jour de visite papale se font envahissantes, on regrette certaines scènes sans accompagnement musical qui perdent en force (comme la scène de la fleur au I). Mais pour ce spectacle l&rsquo;incroyable investissement des artistes est réjouissant, compensant allègrement ces quelques défauts.<br />
Dans la belle cour du collège agrémentée de tapis, de coussins et de bancs, la sonorisation et l&rsquo;adjonction d&rsquo;autres instruments hissent la soirée plus haut dans la joie et la fête, les personnages venant chercher sans cesse le public ou y allant de leur tour de chant au micro tandis que Lillas Pastia sert à boire, littéralement à certains spectateurs. Tout s&#8217;emballe et prend sens alors que la fête devient klezmer avec la clarinette. Le pari de la mise en scène bohème est réussi.<br />
Ex Morales, <strong>Jean-Christophe Lanièce</strong> se fait Escamillo (très convaincant), hyper sexualisé, Don José et Carmen (Anaïs Bertrand très Catherine Ringer) prenant tout à fait les marques de leur rôle lyrique. Ils sont superbes. Tous courent parmi le public, l’interpellent et ce dernier doit participer, applaudir, chanter.<br />
Igor Bouin, hyper drôle et comme en transe à la trompette, est pour beaucoup dans la réussite de la soirée, il est formidable en Zuniga bateleur et cicérone, faisant patienter le public dans la rue alors qu&rsquo;on installe le décor de l&rsquo;arène de l&rsquo;acte 3, en se plaignant des budgets comparés de la Défense et de la Culture. Le public lui-même devient attraction, se faisant photographier par des touristes japonais quelque peu surpris. Après un début de la scène des cartes façon chanson pop au collège, la suite est reprise plus lyriquement au début du dernier acte à nouveau derrière la façade de la Cité.<br />
Alors que chaque spectateur et spectatrice reçoit une carte à jouer et que les artistes se font placeurs, <strong>Flore Merlin</strong> au piano replonge le public dans le drame. Le cercle de tabourets se referme autour d’un cercle de sable, l&rsquo;arène sera le décor des dernières scènes. Carmen c&rsquo;est le taureau, évidemment. La sonorisation n&rsquo;est à nouveau plus de mise mais c&rsquo;est beaucoup moins gênant alors que nous faisons cercle autour des chanteurs et instruments.<br />
Don José chante son dernier air d’avertissement alors qu&rsquo;on assiste au défilé d’Escamillo, les mains pleines de sang – pour dénoncer la culture machiste. Chacun se dépense sans compter, la corrida devient folle.<br />
Carmen meurt sous les coups du caporal derrière le piano, ce dernier en sort avec les mêmes mains rouges que son rival. Tous valeureux, les artistes font l&rsquo;unanimité et sont acclamés. Pour repartir chez soi, il faut passer devant les dizaines de tentes des migrants installés juste sous le long péristyle de la Cité côté quai. Cette violence se sera fait oublier le temps d&rsquo;une belle utopie devenue réalité.</p>
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		<title>Venise, de Razzi à Vivaldi &#8211; Ambronay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/venise-de-razzi-a-vivaldi-ambronay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Sep 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est au terme du concert, enregistré par France Musique, que Vincent Dumestre explicite sa démarche : illustrer la Venise baroque, depuis ses prémices populaires (les laudes, prières récitées le matin) jusqu’à son apogée vivaldienne, dont le justement célèbre Nisi Dominus est l’aboutissement. Ambronay découvre ce singulier programme, qui avait fait l’objet d’un CD Alpha Classics en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">C’est au terme du concert, enregistré par France Musique, que <strong>Vincent Dumestre</strong> explicite sa démarche : illustrer la Venise baroque, depuis ses prémices populaires (les laudes, prières récitées le matin) jusqu’à son apogée vivaldienne, dont le justement célèbre <em>Nisi Dominus </em>est l’aboutissement. Ambronay découvre ce singulier programme, qui avait fait l’objet d’un CD <em>Alpha Classics</em> en 2022 (*). Seule modification, la présence de <strong>Virginie Thomas</strong>, dont on retiendra les échos célestes qu’elle offre aux trois voix d’hommes. La mise en espace, les déambulations, les éclairages renouvelés participent à la réussite de la formule, y compris l’accord des instruments réalisé sur une improvisation du posifif, en valeurs longues. A côté de pièces bien connues (la <em>Sinfonia funebre</em>, que Locatelli écrivit à la disparition de son épouse, celle <em>alla Santo Sepolcro</em> qui précède ce soir le <em>Nisi Dominus </em>du prêtre roux), le public découvre une Venise, marquée par le culte marial, au travers d’œuvres moins connues, de Soto de Langa et Razzi. Les laudes, dont la mélodie, délibérément simple, obsessionnelle, soutient un texte renouvelé au fil des reprises. Serafino Razzi en publia en 1563 un livre important, qui participa rapidement au répertoire de la dévotion populaire. Ainsi « O Vergin Santa », de Razzi, est-elle présentée par deux violons qui se répondent puis se conjuguent, avant d’être rejoints par nos deux voix de femme.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les déambulations, conduites par Vincent Dumestre à la guitare baroque, participent à l’animation constante de cette soirée, dont les lumières créent les atmosphères propices à l’écoute : une authentique mise en espace assortie d’éclairages recherchés et bienvenus.  Les qualités du Poème Harmonique sont connues. La dynamique, la précision, les équilibres, le chant n’ont pas pris une ride. Mieux, pour avoir écouté ce programme à plusieurs reprises, on se prend à penser que ce ne pouvait être plus achevé, plus proche de l’idéal.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Eva Zaïcic</strong>, dont la complicité avec Vincent Dumestre est connue, s’y confirme sous son meilleur jour. La plénitude du chant, la conduite, le soutien de la ligne, la virtuosité n’appellent que des éloges : l’émotion est bien au rendez-vous, malgré la familiarité de l’auditeur au motet <em>Invicte bella</em> comme au psaume final. De ce dernier, <em>Nisi Dominus</em>, où la piété se conjugue au lyrisme, on retiendra particulièrement le <em>Cum dederit</em>, d’une intériorité troublante. Auparavant, son duo avec Virginie Thomas (<em>O Vergin Santa</em>) était un régal. Les trois voix d’hommes (<strong>Serge Goubioud</strong>, <strong>Martial Pauliat</strong>, et <strong>Igor Bouin</strong>) ont en commun une projection, une articulation qui leur permet d’emplir la nef de l’abbatiale à l’égal d’un chœur. Chacune de leurs interventions est un bonheur. Qu’il s’agisse des pièces populaires ou des plus élaborées, c’est toujours le même soin, le même fini qui sont mis à leur épanouissement. Un concert réjouissant, qui aura ravi l’auditoire (**)</p>
<pre style="font-weight: 400;">(*) Découvert <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-nisi-dominus-sable-sur-sarthe/">à Sablé-sur-Sarthe</a>, puis à Beaune (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-nisi-dominus-beaune/">https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-nisi-dominus-beaune/</a>), quasi identique, y compris dans ses éclairages comme dans sa mise en espace, déambulations comprises.

(**) Le concert, enregistré par France Musique, interdit tout bis, et on ne s’en plaindra pas : sortir en ayant en mémoire les vocalises de l’Amen est un bonheur, la voix chaude, veloutée nous poursuivra.</pre>
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