Forum Opéra

VIVALDI, Nisi Dominus – Beaune

arrow_back_iosarrow_forward_ios
Partager sur :
Spectacle
16 juillet 2026
On ne s’en lasse pas

Note ForumOpera.com

4

Infos sur l’œuvre

Anonyme (plain-chant)
Nisi Dominus
Francesco Soto
O vergin santa

Giovanni (Serafino) Razzi
O Vergin santa, du premier livre de laudes, 1563
Pietro Antonio Locatelli
Sinfonia funebre, en fa mineur, D.2.2
Antonio Vivaldi
Invicti Bellate, motet pout voix d’alto, RV 628
Giovanni (Serafino) Razzi
O dolcessa, laude
Antonio Vivaldi
Sinfonia al Santo Sepolcro, en si mineur, RV 169
Nisi Dominus, Psaume 126, RV 608

Détails

Anonyme (plain-chant)
Nisi Dominus
Francesco Soto
O vergin santa

Giovanni (Serafino) Razzi
O Vergin santa, du premier livre de laudes, 1563
Pietro Antonio Locatelli
Sinfonia funebre, en fa mineur, D.2.2
Antonio Vivaldi
Invicti Bellate, motet pout voix d’alto, RV 628
Giovanni (Serafino) Razzi
O dolcessa, laude
Antonio Vivaldi
Sinfonia al Santo Sepolcro, en si mineur, RV 169
Nisi Dominus, Psaume 126, RV 608

Eva Zaïcik, mezzo-soprano
Marie Théoleyre, soprano
Serge Goubioud, Paco Garcia, ténors
Igor Bouin, baryton

Le Poème harmonique
Direction musicale
Vincent Dumestre

Beaune, Festival international d’opéra baroque, Basilique, 13 juillet 2026, 21h

C’est au terme du Nisi Dominus, longuement acclamé par le public, que Vincent Dumestre explicite sa démarche avant d’offrir en bis une nouvelle laude, avec déambulation dans la nef : les laudes, fleurissantes durant la Contre-Réforme, liées à l’activité des confréries, irriguaient la vie musicale du temps (*).
Toutes les œuvres sont enchaînées sans interruption, ainsi le concert associe-t-il, fût-ce brièvement, l’essentiel des formes d’expression religieuse du baroque italien. À signaler, le soin mis par le chef, dont on connaît la passion pour la théâtralité de l’époque, à user de la lumière, du mouvement et des contrastes pour renforcer le climat de cette soirée, aussi brève que dense, dont le programme est identique à celui de l’enregistrement publié en 2022 par Alpha Classics, déjà repris en concert au Festival de Sablé 2024.

L’intonation du Nisi Dominus grégorien, après que le grand orgue a préludé, va introduire la première laude, de Soto, où les trois hommes, aux voix très projetées, sont accompagnés pour plus d’une dizaine de strophes de quelques instruments durant leur lente déambulation, animée, quasi dansante, du porche à la croisée du transept. Les musiciens ont pris place, et Eva Zaïcic, et une violoniste, devant le chœur, entonnent une pièce aussi simple qu’émouvante. La surprise vient de la réponse, dupliquée qui nous parvient à l’opposé de la nef : Marie Théoleyre, également accompagnée, va lui faire écho, et les très nombreuses strophes vont s’enchaîner au point d’imprégner les mémoires. La pureté d’émission, associée aux couleurs des deux voix qui vont finir par se retrouver est un bonheur, d’autant que les deux violons ne sont pas en reste.
L’obscurité se fait pour la Sinfonia funebre de Locatelli. Tendu, pesant et intensément dramatique, aux harmonies douloureuses, le largo initial donne le ton. Les mouvements suivants, contrastés, articulés, sont d’une belle pâte, et Le Poème harmonique s’y montre exemplaire de plénitude, de rondeur, avec un violon solo (Louise Ayrton) admirable de jeu. Le motet Invicta bellate, de Vivaldi, confié à notre mezzo, est un bonheur, imagé à souhait, avec un Alleluia agile et d’une incroyable longueur de souffle. C’est a cappella que les trois hommes entonnent le O dolcezza , de Rizzi, avec incises de la soprano. La séduction ne se dément pas, comme sa justesse, constante pour une pièce dont la longueur est propre à engendrer des défaillances. La Sinfonia al Santo Sepolcro, de Vivaldi, écrite sans basse continue, est une autre respiration bienvenue.

Pour conclure, le Nisi Dominus répond à toutes les attentes, avec des basses profondes (dont les pizzicati des violoncelles, de la contrebasse, avec le théorbe sont remarquables), des violons bien articulés, contrastés. La voix d’Eva Zaïcik s’y révèle magistrale de conduite, qu’il s’agisse de quatre mesures de traits (« custodia » de l’allegro initial), de l’ample soutien du largo suivant, de la vélocité du Surgite… Arrêtons là l’énumération, ce fut superlatif de force expressive et d’émotion juste, jusqu’à la jubilation de l’Amen. Après les saluts, elle participa au bis en jouant des castagnettes… on retrouve la pétulante Fiammetta d’hier (Il vecchio avaro, de Gasparini). Quel tempérament !

* la laude se présente alors comme simple, syllabique, strophique, toujours tonale, monodique comme polyphonique. Dans ce cas, l’homorythmie gouverne le mouvement des voix (tous les chanteurs articulent le même texte en même temps). C'est l'héritiére de la tradition populaire et de la polyphonie de la frottole. Razzi édita plusieurs livres de laudes entre 1563 et 1609. Soto de Lanza, chanteur espagnol qui dirigea un temps le choeur de la Chapelle pontificale, en laisse cinq livres, à partir de 1562.

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.

Note ForumOpera.com

4

Légende

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

Note des lecteurs

()

Votre note

/5 ( avis)

Aucun vote actuellement

Infos sur l’œuvre

Anonyme (plain-chant)
Nisi Dominus
Francesco Soto
O vergin santa

Giovanni (Serafino) Razzi
O Vergin santa, du premier livre de laudes, 1563
Pietro Antonio Locatelli
Sinfonia funebre, en fa mineur, D.2.2
Antonio Vivaldi
Invicti Bellate, motet pout voix d’alto, RV 628
Giovanni (Serafino) Razzi
O dolcessa, laude
Antonio Vivaldi
Sinfonia al Santo Sepolcro, en si mineur, RV 169
Nisi Dominus, Psaume 126, RV 608

Détails

Anonyme (plain-chant)
Nisi Dominus
Francesco Soto
O vergin santa

Giovanni (Serafino) Razzi
O Vergin santa, du premier livre de laudes, 1563
Pietro Antonio Locatelli
Sinfonia funebre, en fa mineur, D.2.2
Antonio Vivaldi
Invicti Bellate, motet pout voix d’alto, RV 628
Giovanni (Serafino) Razzi
O dolcessa, laude
Antonio Vivaldi
Sinfonia al Santo Sepolcro, en si mineur, RV 169
Nisi Dominus, Psaume 126, RV 608

Eva Zaïcik, mezzo-soprano
Marie Théoleyre, soprano
Serge Goubioud, Paco Garcia, ténors
Igor Bouin, baryton

Le Poème harmonique
Direction musicale
Vincent Dumestre

Beaune, Festival international d’opéra baroque, Basilique, 13 juillet 2026, 21h

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

En attendant le bicentenaire…
CDSWAG

Les dernières interviews

Les derniers dossiers

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

Immersion vocale et spatiale dans le XVe siècle
James TOMLINSON
Spectacle