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	<title>Mariss JANSONS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Mariss JANSONS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>MOZART, Requiem &#8211; Mariss Jansons</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mozart-requiem-mariss-jansons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Feb 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Capté en mai 2017 à Munich, ce Requiem de Mozart est probablement l&#8217;ultime témoignage enregistré par Mariss Jansons en matière de musique sacrée. Le chef letton nous quittait en novembre 2019, laissant dans le cœur des mélomanes et de tous ceux qui l&#8217;ont approché un vide immense. Jansons pressentait-il sa fin ? Avait-il conscience de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Capté en mai 2017 à Munich, ce Requiem de Mozart est probablement l&rsquo;ultime témoignage enregistré par <strong>Mariss Jansons</strong> en matière de musique sacrée. Le chef letton nous quittait en novembre 2019, laissant dans le cœur des mélomanes et de tous ceux qui l&rsquo;ont approché un vide immense. Jansons pressentait-il sa fin ? Avait-il conscience de laisser ici ses derniers mots en matière de spiritualité ? Nul ne le saura sans doute jamais. Ce qui est certain, par contre, c&rsquo;est que le disque gravé ici prend la tête de la discographie du <em>Requiem</em> de Mozart, qui n&rsquo;est pas précisément pauvre, et que sa parution <em>post mortem</em> est un événement.</p>
<p>Nous pourrions commencer notre critique par la méthode classique, en énumérant les qualités qui ont emporté notre suffrage : l&rsquo;orchestre en lévitation dès les premières mesures, à la fois murmurées et terriblement présentes, le son des cors de basset rendu avec une carnation inouïe, la pulsation cursive de Jansons, qui congédie tout pathos au profit d&rsquo;une lumière rassérénante, les mille nuances d&rsquo;un <strong>C</strong><b>hœur de la radio bavaroise</b> à son plus absolu sommet, la cohésion exemplaire de tous les pupitres. Nous enchaînerions sur les mérites respectifs des solistes : la tendresse déversée à longs flots par <strong>Genia Kühmeier</strong>, le refus de la mort qui se cache dans le chant entêté de volupté d&rsquo;<strong>Elisabeth Kulman</strong>, le dramatisme obtenu par des moyens très simples chez<strong> Mark Padmore</strong>, l&rsquo;intensité que met <strong>Adam Plachetka</strong> dans chacune de ses interventions (le «Tuba mirum» !), et soulignerions la cohésion que ce quatuor parviendrait à garder malgré ses fortes individualités. On louerait la prise de son, aérée et réaliste. Tout cela serait bel et bon, en plus d&rsquo;être terriblement juste.</p>
<p>Et pourtant, ces commentaires manqueraient leur but. Comme le bavardage d&rsquo;un guide de musée face à une toile de Monet, ceci serait une barrière dressée entre l&rsquo;auditeur et l&rsquo;évidence. L&rsquo;évidence d&rsquo;une interprétation qui parvient à un naturel si absolu qu&rsquo;on en oublie tout le reste (y compris les cent et quelques autres versions dudit <em>Requiem</em> entendues au disque), et que la seule pensée cohérente qu&rsquo;on parvienne à articuler au milieu de l&rsquo;émotion qui nous submerge est la suivante : « c&rsquo;est exactement comme cela que l&rsquo;œuvre doit sonner ». Merci Maestro, et bonne route ! Si le ciel existe, ses portes vous furent largement ouvertes dès les dernières mesures de ce concert.</p>
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		<title>Richard Strauss &#8211; Diana Damrau</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/richard-strauss-diana-damrau-les-derniers-de-sophie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Feb 2020 22:11:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ne s’improvise pas interprète des Vier letzte Lieder. Il faut pour chanter ces pages une hauteur de ton qui n’est pas donnée à tout le monde, et certaines voix s’y sont fourvoyées, se fondant sur leur seule opulence pour s’en autoproclamer dignes. Avec Diana Damrau, le cas est plus compliqué. L’artiste chante dans sa &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On ne s’improvise pas interprète des <em>Vier letzte Lieder</em>. Il faut pour chanter ces pages une hauteur de ton qui n’est pas donnée à tout le monde, et certaines voix s’y sont fourvoyées, se fondant sur leur seule opulence pour s’en autoproclamer dignes. Avec <strong>Diana Damrau</strong>, le cas est plus compliqué. L’artiste chante dans sa langue, elle comprend ce qu’elle chante, c’est déjà beaucoup. Elle connaît son Strauss, pour avoir été une Sophie et surtout une admirable Zerbinette. Mais justement, on voit pointer là le début du problème. Parmi celles qui ont marqué l’histoire de l’interprétation des <em>Quatre Derniers Lieder</em> (on aimerait pouvoir dire « et ceux », mais parmi les quelques messieurs qui l’ont tenté, en est-il un seul qui ait marqué durablement les esprits ?), y eut-il jamais une soprano qui était régulièrement sur les scènes Lucia, Ophélie ou Juliette alors même qu’elle donnait en concert l’ultime chef-d’œuvre de Richard Strauss ?</p>
<p>Bien sûr, on pourrait dire que c’est là ce qui fait l’intérêt du disque : entendre cette partition confiée à une voix différente, qui y apporte autre chose que n’avaient pas toujours les grandes titulaires du passé. Malgré tout, pour certains passages qui fonctionnent bien, il y en a aussi beaucoup où l’on ne peut s’empêcher de penser que ce timbre n’est décidément pas celui qu’appellent les <em>Vier letzte Lieder</em>. On voudrait ici une Arabella, une Ariane, une Maréchale dans toute sa splendeur, et l’on n’a qu’une ex-Sophie, dont les aigus ont perdus la précision cristalline de jadis sans que la voix gagne beaucoup en ampleur et en étoffe pour compenser. Et un vibrato assez prononcé se fait entendre à chaque note tenue un peu longuement.</p>
<p>Evidemment il y a <strong>Mariss Jansons</strong>, dans ce qui restera peut-être l’un de ses ultimes enregistrements. Le chef letton parvient à tirer le meilleur de l’orchestre symphonique de la radio bavaroise, avec des tempos très lents, notamment dans le passage où la voix se tait dans « Beim Schlafengehen », avec un solo de violon qui trahit une résignation de fin de jour et de fin de vie. L’orchestre se montre tout aussi poignant dans « Morgen », tout aussi étiré.</p>
<p>Une particularité de ce disque est d’associer lieder avec orchestre et lieder avec piano. La transition après les <em>Quatre Derniers Lieder</em> est assez brutale, et l’on a d’abord l’impression que l’instrument a été enregistré dans une chambre froide, les doigts glacés du pianiste ne pouvant émettre dans « Malven » que des sonorités congelées. <strong>Helmut Deutsch</strong> se réchauffe ensuite, heureusement, et tout s’arrange dès lors que Diana Damrau aborde des mélodies écrites pour sa voix. Les <em>Mädchenblumen</em> sont tout à fait réussis, de même que les <em>Lieder der Ophelia</em> dont le pianiste estompe un peu l’originalité d’écriture de l’accompagnement, toutefois. Si elle s’était bornée à proposer un programme de lieder pour voix et piano, plus respectueux de ses véritables moyens, et qui ne l’aurait pas obligée pas à forcer, la soprano aurait sans doute convaincu davantage.</p>
<p>Rita Streich voulut-elle jamais enregistrer les <em>Quatre Derniers Lieder</em>, ou même les chanter ? Sans doute pas, et elle eut bien raison.</p>
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		<title>Décès du chef Mariss Jansons</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/deces-du-chef-mariss-jansons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Dec 2019 08:48:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Né en 1943 à Riga, le chef letton Mariss Arvidovitch Jansons vient de décéder à Saint-Pétersbourg. Assistant d&#8217;Evgueni Mravinski et d&#8217;Herbert von Karajan, il avait beaucoup dirigé la musique slave et nordique. Grand spécialiste de Tchaïkovski, on lui devait notamment d&#8217;inoubliables interprétations d&#8217;Eugène Onéguine et de La Dame de pique. En 1996, une attaque cardiaque &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Né en 1943 à Riga, le chef letton <strong>Mariss Arvidovitch Jansons</strong> vient de décéder à Saint-Pétersbourg. Assistant d&rsquo;Evgueni Mravinski et d&rsquo;Herbert von Karajan, il avait beaucoup dirigé la musique slave et nordique. Grand spécialiste de Tchaïkovski, on lui devait notamment d&rsquo;inoubliables interprétations d&rsquo;<em>Eugène Onéguine</em> et de <em>La Dame de pique</em>. En 1996, une attaque cardiaque l&rsquo;avait obligé à interrompre son activité pendant plusieurs années. Cet été, sa santé l&rsquo;avait à nouveau contraint d&rsquo;annuler tous les concerts prévus ; hélas, cette pause n&rsquo;aura pas eu l&rsquo;effet « régénérateur » espéré par le corps médical.</p>
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		<title>Pique Dame &#8211; The Queen of Spades</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pique-dame-the-queen-of-spades-choc-de-lanesthesie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Aug 2019 04:00:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand on parle de Regietheater, il est un nom qui devrait venir à l’esprit en priorité : celui de Hans Neuenfels, qui a laissé quelques traces indélébiles dans le monde de l’opéra, avec notamment le fameux « Lohengrin des rats », présenté plusieurs années de suite à Bayreuth. Neuenfels est en quelque sorte un survivant de l’âge d’or &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand on parle de <em>Regietheater</em>, il est un nom qui devrait venir à l’esprit en priorité : celui de <strong>Hans Neuenfels</strong>, qui a laissé quelques traces indélébiles dans le monde de l’opéra, avec notamment le fameux « Lohengrin des rats », présenté plusieurs années de suite à Bayreuth. Neuenfels est en quelque sorte un survivant de l’âge d’or du <em>Regietheater</em>, dont la carrière a commencé dans les années 1970. Son travail ne sort guère du monde germanophone, comme il se doit, et repose en partie sur le goût des images-choc. Ce goût s’illustre dans la production de <em>La Dame de pique</em> que lui avait commandé le festival de Salzbourg à l’été 2018, mais loin de stimuler l’attention et de galvaniser le discours, il aurait plutôt pour effet de pétrifier l’auditeur et, plus grave, les interprètes.</p>
<p>Ce que donne à voir le DVD C Major laisse d’abord pantois. Sur la gigantesque scène du Großes Festpielhaus, dans un décor presque uniformément noir, apparaissent grâce à un tapis roulant quatre cages remplies d’enfants aux cheveux blancs, sortis du <em>Village des damnés</em> de John Carpenter, que des dresseuses coiffées comme Ioulia Timochenko tiennent en laisse, sous le regard de quelques nourrices aux mamelles opulentes. Vient ensuite l’ensemble du chœur, composé de baigneuses dignes d’un film de Mack Sennett et de messieurs en canotier ou haut de forme et maillot de bain 1900, leurs gestes stéréotypés évoquant la natation. Au fond, la recette est simple : il suffit de faire faire aux chanteurs le contraire de ce que dit leur texte. Ce principe touche principalement le chœur, car les solistes, eux, se comportent à peu près comme on peut s’y attendre, même s’ils sont eux aussi affublés de costumes un peu ridicules : Hermann dévoile ainsi son torse velu sous un costume rouge à brandebourgs, entre dresseur de tigres et Sergent Pepper, le pire étant néanmoins réservé à la Comtesse, en tenue Années Folles aux couleurs criardes (perruque rousse, robe verte bas roses, chaussures et gants rouges).</p>
<p>On pourrait parvenir à faire abstraction de ces facéties si elles n’avaient une influence sur la musique même. Face aux images glaçantes qui sont présentées sur scène, l’orchestre semble parfois lui aussi gelé, anesthésié, prisonnier d’une certaine lenteur au rythme implacable. Avec déjà un CD (avec le Bayerischer Rundfunks en 2014) et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/pique-dame-piotr-aime-nikolai-qui-aime-medea">un DVD (avec le Concertgebouw en 2016)</a>, <strong>Mariss Jansons </strong>avait déjà par deux fois immortalisé son interprétation de <em>La Dame de pique</em>, mais ici, la tyrannie du metteur en scène paraît l’avoir plus d’une fois bridé et l’on ne retrouve pas vraiment l’allant habituel de sa direction, même si les Wiener Philharmoniker restent une formation d’excellence.</p>
<p>Quant aux solistes, ils font de leur mieux pour surmonter les chausse-trapes de cette production. Lisa New Look aux robes montantes et au chignon sévère à la Helena Rubinstein, <strong>Evgenia Muraveva </strong>doit attendre sa dernière apparition pour s’imposer pleinement, et l’on aimerait la réentendre dans d’autres circonstances. Tomski ambigu, qui approuve toutes les moqueries infligées au héros par Tchekalinski et Sourine, <strong>Vladislav Sulimsky</strong> n’a peut-être pas la voix aussi noire que d’autres titulaires mais il livre une prestation tout à fait convaincante. Comtesse qui montre son crâne chauve lorsqu’elle se dépouille de ses oripeaux, mais encore très attachée aux plaisirs de la chair, allant jusqu’à placer dans sa bouche le revolver braqué sur elle, <strong>Hanna Schwarz</strong> est fascinante dans son évocation du temps passé et distille « Je crains de lui parler la nuit » dans un excellent français : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/hanna-schwarz-les-wagneriens-ne-decrochent-jamais">à plus de 75 ans</a>, la voix n’est plus tout à fait ce qu’elle fut, mais l’autorité reste impériale. Pauline pulpeuse qui arbore crânement son smoking-short, <strong>Oksana Volkova </strong>profite de toutes les occasions de faire entendre son beau grave. <strong>Igor Golovatenko </strong>est un Eletski très correct mais peu marquant. <strong>Brandon Jovanovich</strong>, enfin, offre un Hermann juvénile et fougueux, à la voix restée exceptionnellement claire alors que tant de ses confrères abonnés aux mêmes rôles héroïques finissent par barytonner. On se réjouit d’apprendre qu’il remettra prochainement ses qualités scéniques et vocales au service de <em>La Dame de pique</em>, notamment à Chicago en février 2020, où Sondra Radvanovsky, Jane Henschel, Elizabeth DeShong et Lucas Meachem devraient fort bien l’entourer.</p>
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		<item>
		<title>Pique Dame</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pique-dame-piotr-aime-nikolai-qui-aime-medea/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 May 2018 05:57:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme on pouvait le supposer, le DVD de cette Dame de pique amstellodamoise offre incontestablement une plus-value par rapport au spectacle proprement dit, en permettant de remarquer quantité de détails pas nécessairement aperçus en salle, et surtout en favorisant la compréhension : la deuxième, voire la troisième ou la quatrième fois, tout est plus clair… Il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme on pouvait le supposer, le DVD de cette <em>Dame de pique </em>amstellodamoise offre incontestablement une plus-value par rapport au spectacle proprement dit, en permettant de remarquer quantité de détails pas nécessairement aperçus <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-dame-de-pique-amsterdam-piotr-ilyitch-le-prince-travesti">en salle</a>, et surtout en favorisant la compréhension : la deuxième, voire la troisième ou la quatrième fois, tout est plus clair… Il n’en demeure pas moins que cette production signée <strong>Stefan Herheim</strong>, pour suprêmement intelligente qu’elle soit, reste un rien plaquée sur l’œuvre, et nous raconte une histoire bien différente de celle de Pouchkine ou de Modeste Tchaïkovski. C’est l’histoire de Tchaïkovski qui nous est présentée, histoire un peu fantasmée, à la Ken Russell dans <em>Music Lovers</em> : en résumé, Piotr Ilyitch alias le prince Eletski aime Nikolaï (Figner, le créateur du rôle d’Hermann) qui aime – peut-être un peu quand même – Medea (Figner, son épouse, créatrice du rôle de Lisa). Et toute l’intrigue se déroule comme une sorte de vision ultime du compositeur à l’instant où il but le verre d’eau fatal porteur du choléra. Avec une virtuosité stupéfiante, on va et vient entre deux époques – le dernier quart du XIX<sup>e</sup> siècle et le milieu du XVIII<sup>e</sup> –, les jeux d’écho, de correspondance et de reflet se multiplient, entre les personnages et les chœurs, et entre les personnages eux-mêmes, le tout nous situant dans l’univers mental d’un Tchaïkovski tourmenté par sa créativité, perturbé par sa sexualité. Le spectacle est beau, fort, animé, la direction d’acteurs est excellente, mais l’on ne saurait recommander cette version à qui voudrait simplement découvrir <em>La Dame de pique</em>.</p>
<p>Ces réserves posées, il faut reconnaître les immenses mérites musicaux de ce DVD. En tête de distribution, le meilleur Hermann actuel, <strong>Misha Didyk</strong>, maître de toutes les facettes de son personnage, impressionnant dans sa folie et dont le chant ne cède jamais à la facilité ou au débraillé ; on saluera aussi la prestation du ténor qui se plie à tout ce qui lui demande la mise en scène (gâterie initiale offerte à Tchaïkovski et traverstissement en Catherine II inclus). Ni monstre extra-terrestre ni petite vieille pas assez méchante, <strong>Larissa Diadkova</strong> est une comtesse tout en finesse, qui retrouve jeunesse et sensualité lorsqu’elle chante l’air de Grétry. Indépendamment de la beauté de la voix, saluée notamment dans ses incarnations verdiennes, <strong>Vladimir Stoyanov </strong>réalise une véritable prouesse d’acteur : à part durant un court moment où il est remplacé par un figurant, son Eletski-Tchaïkovski est présent en scène d’un bout à l’autre du spectacle : il sera l’un des rares rescapés à participer en janvier prochain à la reprise londonienne de cette production, dont il est l’indispensable pilier. <strong>Svetlana Aksenova</strong> avait été à Amsterdam une magnifique Fevronia dans <em>Kitège </em>: elle est cette fois une Lisa idéale, avec le juste degré d’engagement, la largeur vocale nécessaire et le caractère juvénile voulu. <strong>Alexey Markov</strong> est un Tomski parfait, totalement idiomatique – dans sa chanson du dernier acte, notamment – mais sans jamais rien de pesant dans le jeu. <strong>Anna Goryachova </strong>fait regretter que le rôle de Pauline disparaisse après sa prestation en Milovzor au troisième acte. Et l’on pourrait continuer ainsi en détaillant le moindre second rôle, chacun campant un personnage à part entière, avec une voix irréprochable (même Macha la servante mérite une mention spéciale).</p>
<p>Quant à l’orchestre de Concertgebouw, il est somptueux, et admirablement dirigé par <strong>Mariss Jansons</strong>, dans un répertoire où le chef letton est souverain. Le chœur du DNO est impeccable. Autrement dit, une référence dans la vidéographie, mais certes pas pour une première initiation.</p>
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		<title>CHOSTAKOVITCH, Lady Macbeth de Mtsensk — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lady-macbeth-de-mtsensk-salzbourg-dabord-la-tragedie-apres-la-farce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Aug 2017 03:42:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour cette nouvelle production d’un des chefs-d’œuvre incontestables du XXe siècle, le Festival de Salzbourg a réuni une somme impressionnante d’atouts. Le premier est une silhouette élancée qui s’avance parmi les rangs des Wiener Staatsoper. Mariss Jansons retrouve une œuvre sur laquelle il a très largement apposé son sceau ces dernières décennies, notamment depuis la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour cette nouvelle production d’un des chefs-d’œuvre incontestables du XXe siècle, le Festival de Salzbourg a réuni une somme impressionnante d’atouts. Le premier est une silhouette élancée qui s’avance parmi les rangs des Wiener Staatsoper. <strong>Mariss Jansons</strong> retrouve une œuvre sur laquelle il a très largement apposé son sceau ces dernières décennies, notamment depuis la création triomphale en 2006 à Amsterdam de la production de Martin Kusej<strong> </strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cest-pour-mieux-te-broyer-mon-enfant">vue à Paris en 2009</a>). Si quelques tempos particulièrement alanguis dans les scènes intimes manquent un chouïa de soutien, on rendra les armes sur tout le reste. Les pastiches, les moqueries, le scabreux comme le pornographique, le grotesque comme l’effrayant, le doux, le cinglant, le romantique dégoulinant… L&rsquo;orchestre est un vrai caméléon capable de changement de couleur, de volume et de rythme à vue.</p>
<p>	La distribution promettait Nina Stemme en tête d’affiche. Hélas, après deux premières représentations triomphales, la suédoise a dû jeter l’éponge, victime d’un mauvais virus (qui semble-t-il n’a pas épargné l’auteur de ces lignes). Formée au Mariinski, <strong>Evgenia Muraveva</strong> (interprète initiale d’Aksenya) la remplace au pied levé. L’incarnation troublante et musclée de sa Katarina lui promettent d’hors et déjà un très bel avenir (comme à d’autres remplaçants de vedettes par le passé). Sur scène, la soprano gracile se glisse sans mal dans une direction d’acteur digne d’un théâtre à tel point que les premiers tableaux pourraient ressembler à une représentation <em>d’Une Maison de Poupée</em>. <strong>Andreas Kriegenburg</strong> ne lâche en effet jamais la thématique de la détresse sexuelle et de la femme en lutte contre l’ordre masculin. Vocalement, la Russe brille surtout par la fraicheur et l’aisance de son registre aigu particulièrement sollicité dans les premiers tableaux, ceux de l’hystérisation sexuelle de son personnage. Il lui manque encore quelques capitons, ceux de voix plus dramatiques, pour épouser la sensualité démesurée qui prend possession de son personnage sitôt la fornication avec Sergei accomplie. Un « Serjoscha » qui trouve son interprète idéal en <strong>Brandon Jovanovitch</strong>. Carrure et port de lutteur, l’Américain dispose aussi d’un volume considérable pour composer un arriviste bravache et enjôleur. Ce qui n’est pas contradictoire avec de belles nuances et même des demi-teintes. On croirait presque le personnage quand il dit être sensible, à l’inverse des autres mâles alpha qui l’entourent ! Les Ismailow sont bien servis par <strong>Maxim Paster</strong> ténor de caractère qui compose un Sinowi acidulé (et éméché) et le Boris marmoréen de la basse russe <strong>Dmitry Ulyanov</strong>. Les seconds rôles sont tous de premières classes dans cette distribution quasi exclusivement slave, au premier rang desquels le Pope alcoolique de <strong>Stanislav Trofimov</strong>. Les Chœurs du Wiener Staatsoper délivrent une prestation irréprochable.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="310" src="/sites/default/files/styles/large/public/hires-08_ladymacbethvonmzensk_2017_ninastemme_stanislavtrofimov_ensemble_c_sf_thomasaurin.jpg?itok=MJqzsm3e" title="© Salzburger Festspiele / Thomas Aurin" width="468" /><br />
	© Salzburger Festspiele / Thomas Aurin</p>
<p><strong>Andreas Kriegenburg</strong> fait le choix de la cruauté. Son décors est aussi réaliste qu’il est déprimant : une usine en béton gris délabrée, qui se transformera sans mal en prison au dernier tableau. Deux boites coulissantes s’extraient de ces murs et viennent composer deux prosceniums. A jardin, on retrouve la « bulle » d’ennui bourgeois de Katia, meublée comme presque toutes les chambres d’hôtel design actuel ; de l’autre, les lieux du pouvoir masculin (bureau de son mari, commissariat). De solides jalons pour déployer une direction d’acteur millimétrée qui travaillent sur les corps, leur attraction et leur répulsion. Une mise en scène qui ne stylise ni la violence ni le sexe et les représente crûment, comme la musique ne laisse pas aucun doute sur ce qui se trame. Seule la manie de vouloir systématiquement mettre en scène les interludes (Katarina qui fantasme des étreintes etc.) agace tant elle est redondante du travail réalisé pendant les scènes. Enfin, Andreas Kriegenburg opère une transposition temporelle discrète mais néanmoins judicieuse : la Russie tsarine devient Russie post-soviétique. Or, si Chostakovitch se moquait des apparatchiks du régime, sa musique et son texte mordent avec d’autant plus d’ironie ces nouveaux barons et leurs mercenaires, cette police discrétionnaire, cette société hétéro-normée, peuplée de machos aussi idiots qu’ils sont violents. De l&rsquo;URSS à la Russie actuelle, les époques bafouillent à travers l’œuvre du compositeur et l’on ne peut s’empêcher de penser à la réflexion de Karl Marx à propos de Hegel sur l’Histoire : «<em> les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois (…) : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.</em> »</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lady-macbeth-de-mtsensk-salzbourg-dabord-la-tragedie-apres-la-farce/">CHOSTAKOVITCH, Lady Macbeth de Mtsensk — Salzbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, La Dame de pique — Amsterdam</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-dame-de-pique-amsterdam-piotr-ilyitch-le-prince-travesti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jun 2016 04:42:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Stefan Herheim, même sans savoir à quoi s’attendre exactement, on sait toujours que l’on aura affaire à un spectacle intelligent, fruit d’une réflexion s’appuyant sur un solide travail, dont il faut sans doute en partie créditer aussi son dramaturge, Alexander Meier-Dörzenbach. Après un Eugène Onéguine sensationnel, l’Opéra d’Amsterdam a décidé de réunir la même &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec <strong>Stefan Herheim</strong>, même sans savoir à quoi s’attendre exactement, on sait toujours que l’on aura affaire à un spectacle intelligent, fruit d’une réflexion s’appuyant sur un solide travail, dont il faut sans doute en partie créditer aussi son dramaturge, <strong>Alexander Meier-Dörzenbach</strong>. Après un <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/dvd/lannee-derniere-a-tsarskoie-selo"><em>Eugène Onéguine</em> sensationnel</a>, l’Opéra d’Amsterdam a décidé de réunir la même équipe pour <em>La Dame de pique</em>, en confiant également la partie musicale à l’un des plus beaux orchestres du monde dirigé par un chef qui connaît l’œuvre à fond. De ce côté-là, le pari est superbement tenu par l’Orchestre du Concertgebouw, et <strong>Mariss Jansons</strong> propose une lecture d’une limpidité totale, excluant tout excès mais soignant les nombreux contrastes qu’appelle la partition dès lors qu’on la respecte dans son intégralité, avec ses éléments empruntés à diverses esthétiques. Contrairement à Robert Carsen à Zûrich et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/la-dame-de-pique-strasbourg-que-signifie-maitre-en-scene">à Strasbourg</a>, Stefan Herheim n’a pas besoin de couper les passages qui ne s’intégreraient pas à sa vision de l’œuvre : au contraire, il ajoute même un bref prologue silencieux pour expliciter son propos. S’inspirant avant tout de l’amour du compositeur pour le ténor qui créa le rôle, Nikolaï Figner, lui-même marié à la première interprète de Lisa, Medea Figner, le metteur en scène donne à Tchaïkovski le rôle d’Eletski dans l’étrange triangle amoureux de <em>La Dame de pique</em>. A cela près que le prince est cette fois épris d’Hermann, ce qui explique notamment le manque d’ardeur d&rsquo;Eletski lorsqu’il évoque son bonheur conjugal à venir et la réserve du personnage lorsqu’il plaide sa cause auprès de Lisa. Toute l’intrigue devenant une projection des tourments de Piotr Ilyitch, le chœur masculin se compose ainsi d’une vingtaine de Tchaïkovski, tandis que le chœur féminin est d’abord une démultiplication de la servante qui trouve son maître effondré à terre (admirable prestation du Chœur du Nederlandse Opera). Même la comtesse partage des traits communs avec le compositeur, notamment sa nostalgie pour un temps passé qui explique un va-et-vient constant entre le XIX<sup>e</sup> et le XVIII<sup>e</sup> siècle. Accessoire récurrent, le verre d’eau par lequel le compositeur se serait suicidé reparaît à plusieurs reprises, lumineux comme le verre de lait que Hitchcock fait porter par Cary Grant dans <em>Soupçons</em>. Les fantasmes sont brillamment incarnés, notamment par une apparition de trois danseurs déguisés en Tchaïkovski-saint Sébastien, le corps percé de plumes, les trois cartes de la comtesse devenant trois pages de partition, le tout dans un décor qui ne cesse de se désarticuler et de se réagencer pour quitter le salon du compositeur et y revenir. Tout cela est d’une virtuosité admirable, mais n’a pas tout à fait la force du travail accompli sur <em>Eugène Onéguine</em>, ni surtout la même lisibilité. Tchaïkovski-Eletski est omniprésent, mais le spectateur comprend seulement lors du salut final que le rôle a en fait été partagé entre un chanteur et un figurant.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/pique2.jpg?itok=UKWbKvQ_" title=" © DR" width="468" /> <br />
© DR</p>
<p>Commençons malgré tout par saluer la performance de <strong>Vladimir Stoyanov</strong>, même s’il n’est pas seul Tchaïkovski en scène : sa participation est en tout cas considérablement augmentée par rapport à ce qu’on attend ordinairement d’Eletski, et le rôle acquiert une complexité nouvelle. Néanmoins, ce que le prince exprime par le chant n’est ici qu’une façade, puisque ses véritables sentiments sont bien davantage exprimés par la pantomime pendant tout le temps où il n’ouvre pas la bouche, et ce baryton verdien qu&rsquo;est Stoyanov n&rsquo;a finalement guère d&rsquo;occasions de toucher par sa voix. Lisa trouve en <strong>Svetlana Axenova</strong> une interprète sensible, et qui possède bien la couleur juvénile d’un personnage que l’on confie parfois à des voix trop mûres : c’est une joie de retrouver celle qui fut sur cette même scène une si belle Fevronia <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/dvd/ou-le-peche-abonde-la-grace-surabonde">dans <em>Kitège</em></a>. Vue par Stefan Herheim, la comtesse n’a rien d’une sorcière ou d’un être surnaturel : c’est une vieille femme qui perd la boule, et <strong>Larissa Diadkova</strong> évite avec soin de la métamorphoser en goule. D’ailleurs, dans le songe d’Hermann, on entend sa voix amplifiée, mais elle reste invisible, ses paroles étant articulées par Tchaïkovski. Superbe Tomski d’<strong>Alexey Markov</strong>, doté de tout le grave qu’exige le rôle, mais plein de délicatesse, notamment dans son air du premier acte où il sait se dispenser de décibels et d’effets de manche pour créer un climat insidieux. Plus connue dans le répertoire rossinien, <strong>Anna Goryachova</strong> est une charmante Pauline, à qui <strong>Pelageya Kurennaya</strong> donne une réplique adéquate dans l’intermezzo mozartien. <strong>Misha Didyk</strong>, enfin, confirme qu’il est l’Hermann de sa génération ; totalement barytonal dans le grave, il est totalement ténor dès qu’il le faut. Guidé par Mariss Jansons, il renonce à tout expressionnisme et fait confiance à la partition pour créer un personnage mémorable.</p>
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		<title>Brahms &#8211; Ein Deutsches Requiem</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/brahms-ein-deutsches-requiem-sur-le-papier-seulement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Oct 2015 05:31:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’affiche est alléchante : le meilleur orchestre du monde, son chœur attitré, le chef le plus excitant de sa génération, et une œuvre d’une profondeur insondable, où chaque artiste peut apporter sa vision et contribuer à enrichir une discographie pléthorique, mais qui est loin d’avoir épuisé le sujet. Pourtant, à l’issue de l’écoute, la déception est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">L’affiche est alléchante : le meilleur orchestre du monde, son chœur attitré, le chef le plus excitant de sa génération, et une œuvre d’une profondeur insondable, où chaque artiste peut apporter sa vision et contribuer à enrichir une discographie pléthorique, mais qui est loin d’avoir épuisé le sujet. Pourtant, à l’issue de l’écoute, la déception est palpable. Comme on est loin de ce que l’on attendait ! La faute en revient d’abord à une prise de son inadaptée. Réalisée beaucoup trop bas (on peine à entendre les premières mesures de l’œuvre), elle souffre de confusion dans les différents plans, ne permet pas de détailler la riche matière instrumentale, et diminue l’impact des <em>forte</em>. Le 6<sup>e</sup> mouvement souffre particulièrement de ce rabotage, avec un tableau du jugement dernier qui se transforme en une aimable pastorale. Un contresens absolu. Est-ce parce que les ingénieurs du son n’étaient pas satisfaits de leur travail que ces bandes ont dormi trois ans dans les archives du Concertgebouw ? Ce n’est pas impossible…</p>
<p class="rtejustify">Le <strong>chœur de la radio néerlandaise</strong> est également problématique : quelques problèmes d’homogénéité dans le 1<sup>er</sup> mouvement, ce qui serait certes véniel si la suite de l’interprétation n’était marquée par une trop grande prudence, un manque d’engagement. Quand on sait que les concurrents dans cette œuvre ont nom Collegium Vocale, Monteverdi Choir ou Accentus, c’est trop peu pour s’imposer. Rien d’indigne ou de mal répété, mais une masse de chanteurs trop importante, trop lourde, qui empêche d’aller jusqu’au bout des fugues avec aisance. On est trop dans une esthétique chorale victorienne, qui ne tient plus la rampe à l’heure actuelle, où nos oreilles veulent jouir de chaque détail d’écriture.</p>
<p class="rtejustify">Pourtant, la conception de <strong>Mariss Jansons</strong> intéresse, voire captive. Contrairement à ce qu’on attendait d’un chef réputé sanguin, il fait le choix d’un Requiem apaisé, contemplatif, presque agreste, où toute peur de la mort a disparu et où ne reste que la consolation ; un choix pleinement justifiable dans une œuvre où le mot « Trost » abonde. Cela résulte en tempi larges, en grandes arches où le lyrisme se déploie avec ivresse. Un « Wie lieblich sind deine Wohnungen » d’anthologie et une transition très habilement menée entre le récitatif et la fugue dans le troisième mouvement ne parviennent pas à faire oublier le défaut majeur : une absence de tension et de dramatisme qui confine parfois à l’ennui. L’orchestre est fidèle à sa réputation, avec des attaques impeccables, et une sonorité d’ensemble à la fois fondue et détaillée, mais la prise de son minore ces qualités. Il en va de même pour les solistes : la délicieuse <strong>Genia Kühmeier</strong> semble chanter depuis le fond d’une piscine, alors que le très professionnel <strong>Gerald Finley</strong> est tellement mal capté que certains de ses graves échappent purement et simplement au micro. Un CD qui est finalement une somme d’occasion manquées. Mariss Jansons nous doit une revanche !</p>
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		<title>Eugène Onéguine</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lannee-derniere-a-tsarskoie-selo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Apr 2012 04:30:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Dans un hôtel aux parois de marbre vert, aux portes de noyer, avec ses enfilades de vitres et de miroirs propices aux jeux de doubles et aux faux semblants, un homme et une femme se revoient, ou du moins il croit la reconnaître, mais elle s’en défend ; ils auraient eu auparavant une liaison passionnée, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Dans un hôtel aux parois de marbre vert, aux portes de noyer, avec ses enfilades de vitres et de miroirs propices aux jeux de doubles et aux faux semblants, un homme et une femme se revoient, ou du moins il croit la reconnaître, mais elle s’en défend ; ils auraient eu auparavant une liaison passionnée, mais elle refuse de se souvenir… Ce scénario évoque plus <em>L’Année dernière à Marienbad</em> qu’<em>Eugène Onéguine</em>, mais c’est tout le génie de <strong>Stefan Herheim</strong> que d’avoir à son tour réécrit cette histoire, ajoutant une épaisseur supplémentaire au feuilletage par lequel Shilovsky avait déjà révisé Pouchkine lui-même revisitant le mythe du dandy byronien.</p>
<p>			 </p>
<p>			Dans cette mise en scène, l’une des plus intellectuellement stimulantes que l’œuvre ait connue, ce ne sont plus quelques mois, mais quelques décennies qui séparent le dernier acte des premiers, et à en juger d’après les costumes, il s’est bien écoulé un siècle, ou du moins vingt ans (et une révolution) entre le passé tchékhovien correspondant à la jeunesse des personnages, et la réception – destinée à la nomenklatura stalinienne ? – dans un luxueux hôtel, au cours de laquelle Onéguine revoit Tatiana. Les deux couples ont leur double juvénile, interprété par des danseurs, et c’est ici le prince Grémine, traditionnellement campé par un barbon, qui est visiblement moins âgé que son épouse.</p>
<p>			 </p>
<p>			Si Tatiana est en général le centre de toute l’attention, Onéguine se voit ici offrir une belle revanche, et il est pratiquement présent en scène de bout en bout ; c’est lui qui écrit la fameuse lettre, et il « double » Lensky dans son air. Et même si cette production ne repose pas sur l’extraordinaire numéro d’acteur d’une troupe entière comme la version de Dimitri Tcherniakov (disponible en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=939&amp;cntnt01returnid=55">DVD BelAir classiques</a>), elle offre de grands moments de théâtre, à commencer par la Lettre de Tatiana, sans oublier tous les passages où Herheim fait se rejoindre le passé et le présent, quand l’héroïne semble s’adresser à celle qu’elle était jadis pour la mettre en garde contre Onéguine. Comme tout ou presque se passe dans la tête du héros perturbé, tous les stéréotypes d’une Russie « éternelle » (tsar, popes, costumes folkloriques) ou « moderne » (l’ouvrier et la kolkhozienne, mais aussi les athlètes et les cosmonautes) se télescopent dans des images savamment parodiques.</p>
<p>			 </p>
<p>			<strong>Bo Skovhus</strong> a une longue carrière derrière lui, et cela commence à s’entendre par moments, mais le rôle d’Onéguine demande heureusement plus d’élan que d’éclat, plus d’endurance que de brillance. Comme le baryton danois<strong> </strong>est entouré de slavophones, son accent paraît parfois d’autant plus exotique (il prononce « Ja » au lieu de « Ya »). Déjà Lensky dans la production du Bolchoï, <strong>Andreï Dunaev</strong> compose ici un personnage plus conventionnel, beaucoup moins déjanté, mais tout aussi bien chantant, avec la reprise susurrée de la dernière partie de son air. <strong>Mikhaïl Petrenko </strong>est unéblouissant Grémine, rôle qu’on est heureux d’entendre interprété non par un artiste en fin de voix, mais au contraire par une excellente jeune basse (on attend avec hâte le probable DVD immortalisant son Rousslan au Bolchoï). Sans avoir toute l’ensorcelante finesse d’un Jean-Paul Fouchécourt, <strong>Guy de Mey </strong>compose un Triquet ridicule à souhait.</p>
<p>			 </p>
<p>			<strong>Nina Romanova </strong>et <strong>Olga Savova</strong> sont parfaitement à leur place dans leurs personnages maternels. L’exquise <strong>Elena Maximova</strong> est une Olga au grave nourri, comme il se doit, mais la mise en scène ne lui accorde pas une très grande attention. Enfin, pour sa première Tatiana, <strong>Krassimira Stoyanova</strong> triomphe une fois de plus, avec une voix apparemment inaltérable, toujours aussi expressive et sensible, et l’actrice joue admirablement le jeu complexe que lui impose Stefan Herheim.</p>
<p>			 </p>
<p>			Sous la direction étincelante de <strong>Mariss Jansons</strong>, l’<strong>Orchestre du Concergebouw</strong> ne s’abandonne jamais à la sensiblerie, mais sait s’enivrer des sonorités grisantes de Tchaïkovski, secondé par le <strong>Chœur du Nederlandse Opera</strong>, très sollicité dans toute la première moitié de l’œuvre.</p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lannee-derniere-a-tsarskoie-selo/">Eugène Onéguine</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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