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	<title>Lukas KARYTINOS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sat, 12 Apr 2025 11:13:17 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Lukas KARYTINOS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, Lucia di Lamermoor &#8211; Athènes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucia-di-lamermoor-athenes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On se souvient que la mise en scène de Katie Mitchell avait fait grand bruit lors de sa création à Londres en 2016. Était-ce parce que certains affirmaient alors que la metteuse en scène portait sur Lucia di Lamermoor un regard trop féministe, voire idéologique ? Ou bien était-ce parce qu’elle convoquait sur le plateau &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">On se souvient que la mise en scène de<strong> Katie Mitchell</strong> avait fait grand bruit lors de sa création à Londres en 2016. Était-ce parce que certains affirmaient alors que la metteuse en scène portait sur<em> Lucia di Lamermoor </em>un regard trop féministe, voire idéologique ? Ou bien était-ce parce qu’elle convoquait sur le plateau des éléments relevant de la sphère basse du corps humain : une fausse couche, une baignoire, des toilettes ? En tout cas, cette troisième reprise à l’Opéra d’Athènes, co-producteur du spectacle dès sa création, apparaît comme une réussite incontestable, d’une cohérence et d’une efficacité dramaturgiques redoutables.</p>
<p style="font-weight: 400;">L’ambition première de Katie Mitchell est de représenter sur scène ce qui n’apparaît qu’en creux dans le livret de Salvadore Cammarano : ce qui se joue hors-scène (le meurtre d’Arturo), ce qui n’existe que dans le discours des personnages (les apparitions spectrales) ou ce qui ne se dit pas (comment Lucia devient-elle folle ?). Tout au long de la représentation, la scène est divisée en deux, représentant des pièces réellement adjacentes (la chambre et la salle de bain de Lucia au début de l’acte II) ou éloignées (un caveau à gauche et à droite une garde-robe au premier acte). Très souvent, la metteuse en scène choisit de partager le plateau entre l’action principale d’un côté, et de l’autre une action muette qui anticipe l’action principale ou entre en résonance avec elle. On voit par exemple les sbires d’Enrico fouiller la garde-robe de Lucia à la recherche d’une preuve, tandis que Lucia et Edgardo chantent leur amour dans l’espace scénique d’à côté ; on voit également entrer Edgardo par la fenêtre bien avant qu’il ne surgisse dans la salle où se déroule la signature du contrat de mariage ; plus marquant encore, le meurtre d’Arturo est représenté dans la chambre de Lucia pendant que les invités festoient dans une autre salle. À chaque fois, ces scènes secondaires (qui peuvent s’ériger en scène principale, comme dans le cas du meurtre) ont une fonction dramaturgique précise : comme dans un film, où le montage ménage des effets de suspense par l’alternance dans une même séquence de plans situés dans des lieux séparés, elles stimulent l’imagination du spectateur et le placent dans un état de tension et d’attente.</p>
<figure id="attachment_187263" aria-describedby="caption-attachment-187263" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-187263 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/GNO-Lucia-di-Lammermoor-photo-A.-Simopoulos-1-1024x543.jpg" alt="" width="1024" height="543" /><figcaption id="caption-attachment-187263" class="wp-caption-text">© A. Simopoulos</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400;">La scénographie, signée <strong>Vicki Mortimer</strong>, est d’un réalisme jusqu’au-boutiste et semble tout droit sortie du studio de tournage d’un film historique. En témoigne le soin apporté à la réalisation du caveau, dont émanent des réminiscences lugubres du <em>Moine</em> de Lewis. Si l’on en croit les costumes soignés de la même Vicki Mortimer, l’action se situe plutôt au milieu du XIX<sup>e</sup> siècle, dans une Angleterre corsetée par la morale victorienne. Dans ce contexte, le personnage de Lucia apparaît d’autant plus isolé et réprimé que sa servante Alisa est la seule femme qui la suit tout au long de l’action. Katie Mitchell choisit en effet de travestir les choristes féminines et Lucia se retrouve ainsi exclusivement entourée d’hommes. Un puissant lien de sororité réunit les deux femmes : elles s’habillent et se déshabillent l’une et l’autre pour se travestir au premier acte, puis tuent Arturo ensemble. Comme la servante de Judith décapitant Holopherne, Alisa étouffe l’époux de Lucia pendant que celle-ci le frappe de coups de couteau répétés. Deux autres femmes apparaissent cependant sur le plateau, mais elles ne sont visibles que par Lucia : la jeune ancêtre de la famille des Lamermoor assassinée par un homme de la maison d’Edgardo, citée dans le livret dès le premier air de Lucia, mais aussi la mère d’Enrico et Lucia, également évoquée dans un dialogue. Leur présence fantomatique, lente et angoissante, accompagne Lucia tout au long de l’œuvre et elles ressurgissent dans la scène de la folie, rejointes par Edgardo dans le délire hallucinatoire de Lucia. Ce délire naît d&rsquo;ailleurs autant du traumatisme du meurtre, suite au mariage forcé, que d&rsquo;une fausse couche qui accable Lucia : c&rsquo;est comme si son corps se détruisait de lui-même après toutes les violences que son frère et les autres hommes de son entourage lui ont fait subir. Le sang qui macule sa chemise de nuit blanche n&rsquo;est donc pas celui de son époux assassiné, comme on a l&rsquo;habitude de le représenter, mais son propre sang, rejet ignoble de son corps tourmenté.</p>
<p>Cette mise en scène, reprise ici par <strong>Robin Tebbutt</strong>, se démarque par sa fluidité, l&rsquo;acuité de sa direction d&rsquo;acteur et un sens de la précision temporelle qui est la marque de fabrique de la metteuse en scène britannique (surtout dans ses pièces de théâtre filmée, où tout est réglé au millimètre) : après avoir répandu dans sa baignoire les lettres d&rsquo;Edgardo, Lucia y plonge pour s&rsquo;y trancher les veines. Edgardo survient, chante son air déchirant et répète le geste suicidaire de Lucia : au même moment, l&rsquo;eau, qui coulait dans la baignoire depuis le début de la scène, déborde. Cet épanchement d&rsquo;eau apparaît comme une métaphore tragique de la mort des deux amants, qui se sont échangés des mots d&rsquo;amour près d&rsquo;une fontaine à l&rsquo;acte I, et une traduction scénique de l&rsquo;émotion du spectateur, débordé par l&rsquo;émotion devant le destin tragique de Lucia et Edgardo.</p>
<figure id="attachment_187274" aria-describedby="caption-attachment-187274" style="width: 2560px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-187274 size-full" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/GNO-Lucia-di-Lammermoor-photo-G.-Antonoglou-5-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1706" /><figcaption id="caption-attachment-187274" class="wp-caption-text">© A. Simopoulos</figcaption></figure>
<p>La salle de l&rsquo;Opéra national de Grèce, située dans le Centre culturel de la fondation Stávros-Niárchos, bénéficie d&rsquo;une acoustique exceptionnelle. Alors qu&rsquo;au dixième rang du parterre de l&rsquo;Opéra Bastille, on a l&rsquo;impression que l&rsquo;orchestre joue dans la pièce d&rsquo;à côté, la présence sonore de l&rsquo;orchestre dans la salle d&rsquo;Athènes est d&rsquo;un équilibre et d&rsquo;une netteté rarement égalés. Il faut dire que l&rsquo;<strong>Orchestre de l&rsquo;Opéra national de Grèce</strong> est particulièrement bien dirigé par <strong>Lukas Karytinos</strong> : l&rsquo;équilibre avec les chanteurs est toujours maintenu avec beaucoup d&rsquo;attention et le chef soutient les interprètes dans leurs choix de tempo, de variations ou d&rsquo;interpolations. L&rsquo;orchestration de Donizetti n&rsquo;est peut-être pas ce que le répertoire opératique comprend de plus sophistiqué, mais Lukas Karytinos révèle l&rsquo;efficacité dramaturgique des choix du compositeur et met en valeur les alliages de timbres évocateurs qui apparaissent en plusieurs endroits de la partition. Le solo de harpe ouvrant la scène de la fontaine est par exemple d&rsquo;une plasticité miraculeuse, le pincement doux des cordes se détachant comme des gouttes d&rsquo;eau dans le roulis des vents et des cordes. Si on regrettera toujours la substitution de la flûte à l&rsquo;harmonica de verre dans la scène de la folie, on relèvera la richesse et la clarté sonores que nous offrent toute la petite harmonie, les cors et les pupitres de cordes.</p>
<p>Alors que la suite des représentations afficheront une distribution entièrement constituée de chanteurs grecs, des interprètes de renommée internationale ont été invités pour les deux rôles principaux à l&rsquo;occasion des premières dates de cette reprise. <strong>Jessica Pratt</strong> est une Lucia de référence dans le paysage lyrique actuel et c&rsquo;est un rôle qu&rsquo;elle a incarné sur de nombreuses scènes, y compris <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lucia-di-lammermoor-paris-tce-a-la-recherche-de-maria-callas/">au Théâtre des Champs-Élysées dans une version de concert en 2017</a>. Huit ans plus tard, la chanteuse offre au public athénien un portrait approfondi et parfaitement maîtrisé de la jeune fille écossaise. La technique est impeccable, permettant à la soprano d&rsquo;offrir des trilles, des aigus interpolés du meilleur effet et une ligne musicale d&rsquo;une grande délicatesse. La voix a quelque chose de marmoréen, et puisque nous sommes à Athènes, on pourrait même dire quelque chose d&rsquo;apollinien. Mais c&rsquo;est ici qu&rsquo;entrent en jeu les goûts de chacun, toujours un peu mystérieux : il manque selon nous quelque chose de frémissant, d&rsquo;abandonné, pour que le portrait soit vraiment émouvant et complet. La chanteuse est pourtant scéniquement parfaitement convaincante, plongeant dans le rôle avec une grande sincérité, mais on frissonne plus devant l&rsquo;exploit vocal et les aigus brillants que devant le destin de Lucia.</p>
<figure id="attachment_187268" aria-describedby="caption-attachment-187268" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-187268 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/GNO-Lucia-di-Lammermoor-photo-A.-Simopoulos-5-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-187268" class="wp-caption-text">© A. Simopoulos</figcaption></figure>
<p>À ses côtés,<strong> Ismaël Jordi</strong> reprend le rôle d&rsquo;Edgardo qu&rsquo;il avait déjà fréquenté dans cette production <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lucia-di-lammermoor-londres-roh-donizetti-version-gore/">à Londres en 2017</a>. Le ténor espagnol présente une voix souple, d&rsquo;une belle tenue, avec des phrasés et des nuances de la plus belle eau. Son air final, une des inspirations mélodiques les plus merveilleuses de Donizetti, est particulièrement réussi : son art des demi-teintes colorent la ligne vocale dès son entrée, emportant l&rsquo;auditeur dans son vertige désespéré. Le rôle d&rsquo;Enrico est quant à lui tenu par un chanteur grec qu&rsquo;on a pu récemment entendre en Giorgio Germont à Rennes et à Angers : <strong>Dyonisios Sourbis</strong>. Le vibratello très présent rappelle lointainement Giorgio Zancanaro et la voix impressionne par son mordant et son autorité. Le baryton fait particulièrement mouche dans son air d&rsquo;entrée, où il lance plusieurs aigus qui assoient glorieusement l&rsquo;autorité du personnage.</p>
<p>Le reste de la distribution, entièrement grecque, n&rsquo;appelle que des éloges : <strong>Petros Magoulas</strong> est un Raimondo robuste, impressionnant de mesure. La voix a de légères aspérités charbonneuses, mais cela caractérise très justement le personnage. <strong>Yannis Kalyvas</strong> a ce qu&rsquo;il faut d&rsquo;éclat et de métal dans la voix pour donner à Arturo son côté rustre, qui s&rsquo;oppose au timbre plus doux de son rival Edgardo. En Alisa, <strong>Eleni Voudouraki</strong> a peu d&rsquo;interventions chantées, mais s&rsquo;impose par une présence sensible tout au long de la représentation. Enfin, on aimerait pouvoir entendre plus longuement le jeune <strong>Manos Kokkonis</strong>, à qui revient le bref rôle de Normanno, tant cette voix lyrique de ténor séduit par ses couleurs et son phrasé délicat.</p>
<p>Le <strong>Chœur de l&rsquo;Opéra national de Grèce</strong>, par son italien précis et son homogénéité de timbre, contribue à la réussite de la représentation. Outre l&rsquo;excellence globale de la réalisation scénique, la qualité de la distribution nous donne envie de découvrir ce que les titulaires grecs des deux rôles principaux, Vassiliki Karayanni et Yannis Christopoulos, auront à offrir dans cette production au cours des prochaines représentations. Et qu&rsquo;on aimerait avoir une grande salle à l&rsquo;acoustique semblable à Paris !</p>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Athènes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/madama-butterfly-athenes-jaho-incontournable-cio-cio-san-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Nov 2020 04:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En ces temps troublés par l’épidémie de COVID 19, l’Opéra National de Grèce se lance à son tour dans la diffusion de spectacles en streaming. Le premier spectacle proposé est une Butterfly captée dans le moderne Stavros Niarchos Foundation Cultura Center (œuvre de Renzo Piano) à Athènes, en octobre dernier. Signe des temps, c’est une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En ces temps troublés par l’épidémie de COVID 19, l’Opéra National de Grèce se lance à son tour dans la diffusion de spectacles en streaming. Le premier spectacle proposé est une <em>Butterfly</em> captée dans le moderne Stavros Niarchos Foundation Cultura Center (œuvre de Renzo Piano) à Athènes, en octobre dernier. Signe des temps, c’est une version réduite orchestralement qui nous est proposée, afin de respecter les distances dans la fosse.</p>
<p>Est-ce pour compenser cette formation limitée que la balance de l’enregistrement favorise l’orchestre, au détriment des voix ? Ce défaut ne saurait cependant obérer les atouts de cette production, à commencer par son rôle-titre.</p>
<p> <img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/gno_madama_butterfly_-_ermonela_jaho_-_photo_valeria_isaeva_1_resized.jpg?itok=6FdH0zf5" title="Chrysanthi Spitadi (Suzuki), Ermonela Jaho (Cio Cio San) © Valeria Isaeva" width="468" /><br />
	Chrysanthi Spitadi (Suzuki), Ermonela Jaho (Cio Cio San) © Valeria Isaeva</p>
<p><strong>Ermonela Jaho</strong> est aujourd’hui une titulaire incontournable de Cio Cio San, qu’elle a chanté sur toutes les scènes (de <a href="https://www.forumopera.com/madama-butterfly-new-york-ermonela-jaho-a-la-conquete-de-louest">New-York</a> à <a href="https://www.forumopera.com/madama-butterfly-paris-tce-ermonela-chapeau">Paris</a> en passant par <a href="https://www.forumopera.com/dvd/madama-butterfly-a-quoi-sert-un-dvd">Londres</a>). Elle parvient dans ce rôle à une étonnante synthèse : une incandescence dramatique alliée à une grande délicatesse stylistique. On pourra trouver son jeu parfois maniéré (la captation en gros plan fait ressortir quelques minauderies au premier acte), mais difficile de ne pas être happé par son intensité, passant sans difficulté de la légèreté de l’adolescente au plus noir désespoir. Le chant est au diapason, couleurs prégnantes, ligne diaprée de pianissimi, il touche au cœur.</p>
<p style="margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt"> Face à elle, <strong>Gianluca Terranova</strong>, dont le timbre est loin d’être désagréable, est un Pinkerton un peu frustre, ce qui s’accorde finalement bien avec le personnage, plus antipathique qu’habituellement, arrogant et vulgaire (on admire notamment ses belles chemises hawaïennes). Manque cependant une quinte aigue plus libre pour totalement complaire au portrait vocal du yankee.</p>
<p>Ils sont entourés d’une équipe 100% grecque d’un très bon niveau. On retiendra en particulier le Sharpless plein de sollicitude de <strong>Dionysos Sourbis</strong>, au beau timbre cuivré, et la Suzuki émouvante de <strong>Chrysanthi Spitad</strong>, au mezzo ombré.</p>
<p>La direction de<strong> Lukas Karytinos</strong> ne souffre pas trop de la version allégée. Il maitrise le phrasé puccinien et compense une moindre variété des couleurs orchestrales par une gestion intelligente des atmosphères et des climax.</p>
<p style="margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt"> </p>
<p>La production de <strong>Hugo de Hana</strong>, datant de 2013 mais réadaptée à la scène du Stavros Niarchos Hall, ne révolutionnera pas le genre, mais fait preuve d’une vraie lisibilité. Le dispositif scénique est très simple (trois pavillons sur fonds nu, animé de projections), et les costumes des protagonistes japonais restent traditionnels (à l’exception du jean porté par Butterfly à l’acte 2 pour souligner la rupture avec son pays et ses traditions). Les projections vidéos sont souvent superflues mais l’attention au jeu d’acteur convainc si ce n’est que les gros plans gâchent certains effets : la mort de l&rsquo;héroïne devait être autrement spectaculaire vue de la salle.</p>
<p> </p>
<p>Cette captation est disponible sur le <a href="https://tv.nationalopera.gr/en/">site du Greek National Opera</a> pour 10 euros jusqu’au 31 décembre 2021 et, élément notable, est disponible en version sous-titrée en français.</p>
<p> </p>
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		<title>L’Opéra National de Grèce lance GNO TV</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lopera-national-de-grece-lance-gno-tv/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Nov 2020 05:52:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra National de Grèce lance mercredi 25 novembre 2020 à 13h GNO TV, sa nouvelle chaîne TV en ligne. L&#8217;objectif est de favoriser le rayonnement international de l&#8217;unique institution lyrique grecque, avec pour commencer Madama Butterfly  dirigée par Loukas Karytinos, mise en scène par Hugo De Ana et interprétée par Ermonela Jaho, Gianluca Terranova, Dionysis Sourbis et Chrassanthi Spitadi dans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra National de Grèce lance mercredi 25 novembre 2020 à 13h GNO TV, <a href="https://youtu.be/fLZ5YihXKrY">sa nouvelle chaîne TV</a> en ligne. L&rsquo;objectif est de favoriser le rayonnement international de l&rsquo;unique institution lyrique grecque, avec pour commencer <em>Madama Butterfly</em>  dirigée par <strong>Loukas Karytinos</strong>, mise en scène par <strong>Hugo De Ana </strong>et interprétée par <strong>Ermonela Jaho</strong>, <strong>Gianluca Terranova</strong>, <strong>Dionysis Sourbis</strong> et <strong>Chrassanthi Spitadi </strong>dans les rôles principaux  (voir communiqué de presse ci-après).</p>
<hr />
<p>L’Opéra National de Grèce présente GNO TV, la nouvelle chaîne de télévision en ligne consacrée à l’opéra, au ballet, à la musique et au théâtre musical sur <a href="https://www.nationalopera.gr/gnotv/">nationalopera.gr/GNOTV</a> &#8211; <a href="https://youtu.be/fLZ5YihXKrY">https://youtu.be/fLZ5YihXKrY</a></p>
<p>GNO TV, la nouvelle chaîne TV en ligne de l’Opéra National de Grèce ouvre le 25 novembre 2020 à partir de 13h avec la première projection en ligne de <em>Madama Butterfly</em> dont le rôle-titre est interprété par la soprano de réputation internationale, Ermonela Jaho. GNO TV &#8211; qui sera pleinement opérationnelle dès janvier prochain &#8211; est un projet réalisé grâce à la donation de la Stavros Niarchos Foundation (SNF) [<a href="http://www.SNF.org]">www.SNF.org]</a> destinée à renforcer l’internationalisation artistique du GNO. </p>
<p>GNO TV est une nouvelle branche de la programmation du GNO dont le but est de diffuser de par le monde les productions de l’unique théâtre lyrique grec, élargissant ainsi la notion d’internationalisation artistique. Si GNO TV débute en pleine pandémie et à une époque où les représentations du GNO sont suspendues, il n’en reste pas moins que ce nouveau service ne constitue pas seulement une réponse au coronavirus mais une étape dans la transition de l’Opéra National de Grèce vers une époque dont les besoins et les normes sont différents. GNO TV vise à attirer le public du monde entier. En effet, l’identité artistique et la qualité des productions du GNO lui permettent de se placer sur un pied d’égalité parmi les autres institutions sur le marché mondial en ligne du théâtre lyrique.</p>
<p>La période d’essai de GNO TV sera inaugurée avec la diffusion de <em>Madama Butterfly</em>, de Giacomo Puccini. C’était le premier opéra que le GNO a monté, en 1940, et c’est le premier opéra qui inaugurera GNO TV, la nouvelle plateforme numérique du GNO. Dès le 25 novembre 2020, <em>Madama Butterfly</em> sera accessible au public grec et international, via nationalopera.gr/GNOTV, pour un ticket d’à peine 10 euros. La production a été enregistrée à l’aide d’un système de pointe à huit caméras, dans une mise en scène spéciale, afin d’offrir aux spectateurs une expérience de visionnement et d’écoute de qualité. Le public pourra choisir parmi des sous-titres en grec, anglais et français.</p>
<p>Loukas Karytinos signe la direction musicale et Hugo de Ana signe la mise en scène, les décors et les costumes. Dans le rôle-titre, Ermonela Jaho. Elle est entourée de Gianluca Terranova, Dionysis Sourbis, Chrassanthi Spitadi, etc., dans les rôles principaux. Avec la participation de l’Orchestre et du Chœur du GNO. La conception des projections porte la signature d’Ideogramma SRL et Sergio Metalli, et, les lumières, celle de Valerio Alfieri. Le chœur est dirigé par Agathangelos Georgakatos.</p>
<p>Le Directeur artistique du GNO, Giorgos Koumentakis, note : « La création de GNO TV, la nouvelle chaîne de télévision en ligne de l’Opéra National de Grèce, lève le rideau sur une nouvelle ère pour notre organisation. Les circonstances éprouvantes des derniers mois nous ont amenés à accélérer nos efforts et à nous rapprocher un peu plus de l’avenir. Grâce au soutien que nous accorde la Stavros Niarchos Foundation, nous avons le plaisir de présenter une nouvelle plateforme de diffusion de notre travail, une nouvelle scène numérique, qui rendra notre travail artistique accessible au monde entier. Notre internationalisation artistique acquiert dorénavant une nouvelle dimension et nous sommes prêts prendre la mesure de nos forces et de nous adresser au public international aux côtés de tous les grands théâtres lyriques de la planète. Moyennant un ticket au prix réduit de 10 euros, les amateurs d’opéra pourront voir nos spectacles de chez eux. À partir de janvier 2021, la programmation de GNO TV sera enrichie d’un large éventail de productions d’opéra, de ballet, de musique, de théâtre musical, de festivals, de productions pour enfants et bien d’autres. Nous vous attendons. »</p>
<p>Selon la programmation de l’Opéra National de Grèce, en décembre GNO TV présentera en première la nouvelle production de <em>Don Quichotte</em> avec le Ballet du GNO. Fin décembre, ce sera le tour de <em>Don Giovanni</em>, une coproduction internationale du GNO en collaboration avec les Opéras de Göteborg et de Copenhague.</p>
<p>Pleinement opérationnelle début janvier 2021, GNO TV proposera une large gamme de spectacles au public du GNO, allant de représentations d’opéra et de ballet de la Salle Stavros Niarchos, d’opérette, de théâtre musical et de festivals de la Scène Alternative, mais aussi de productions plus anciennes du GNO ainsi que de nouveaux festivals, programmes éducatifs et productions pour enfants, en ligne. La liste détaillée des services proposés par GNO TV sera communiquée ultérieurement.</p>
<p>La diffusion des spectacles de GNO TV sera réalisée via le lecteur Akamai. Il s’agit d’un excellent service virtuel de sécurité, de performance en ligne et de livraison de contenu qui assure des diffusions sûres, fiables et rapides, sur tout appareil et en tout lieu. Avec plus de 270 000 appareils dans plus de 120 pays, Akamai distribue plus de 40% du trafic international en ligne. En effet, elle supporte plus de 3 milliards d’interactions numériques par jour, par 6 000 entreprises et organismes de premier plan, de par le monde.</p>
<p>Les tickets de 10 euros pour la diffusion de <em>Madama Butterfly</em> par GNO TV sont en prévente sur <a href="https://www.ticketservices.gr/">www.ticketservices.gr</a>.</p>
<p>La video est disponible jusqu’au 31 juillet 2021. Avec le ticket de 10 euros, le spectateur pourra savourer cette excellente production d’opéra sur <a href="https://www.nationalopera.gr/gnotv/">nationalopera.gr/GNOTV</a> depuis le confort de son foyer, au moment où il le choisira, sur son ordinateur, son iPad, son téléviseur, voire, son téléphone portable.</p>
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		<title>MASSENET, Manon — Athènes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/manon-athenes-ce-nest-pas-la-que-les-atheniens-satteignirent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Dec 2018 18:07:25 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Qui croirait la Grèce au bord du gouffre économique à la vue de son nouvel opéra ? Don de la Stavros Niarchos Foundation à l’état, le Cultural Center étale des formes tracées à la règle dans la baie de Faliro, à une vingtaine de minutes en voiture du centre-ville d’Athènes. L’architecte italien Renzo Piano, qui en son temps commit le Centre Georges Pompidou, a voulu le complexe tel un morceau de croûte terrestre avec au sommet une canopée censée évoquer un nuage. La bibliothèque étale ses angles en contrebas. Inaugurée en octobre 2017 par une représentation d’<em>Elektra</em>, la grande salle offre une capacité de 1400 places et des équipements technologiques dernier cri, dont un système de surtitrage bilingue intégré aux fauteuils. Du parterre, en dépit de panneaux de bois rouge censés réfléchir le son, l’acoustique semble perfectible. L’exiguïté des escaliers sur cinq étages à l’intérieur du bâtiment, l’absence de foyer ou plutôt son absorption par un hall d’entrée mieux adapté à un aéroport qu’à un théâtre laissent dubitatif quant à l’intimité de l’architecte avec la pratique lyrique. L’opéra ne serait-il plus une fête, et ses temples des lieux de plaisir ? Comme trop souvent dans ce genre de construction, la rigueur mathématique semble une injonction faite au rêve de passer son chemin.</p>
<p>Depuis qu’Elvira De Hidalgo, avant de prendre sous son aile une jeune chanteuse nommée Maria Callas, en chanta dans les années 1930 la partition, Athènes entretient une relation privilégiée avec <em>Manon</em>. On suppose que l’opéra de Massenet a pour les Grecs les attraits d’un exotisme « bon chic parisien », synonyme d’un univers d’élégance sophistiquée non exempt de luxure. Telle est la manière dont <strong>Thomas Moschopoulous</strong> actualise l’ouvrage. Créature extirpée d’une <em>Fashion week</em> à tendance sado-maso, le « Sphynx étonnant » pousse son dernier soupir dans les couloirs d’une aérogare, rendue à sa condition de technicienne de surface. C’est là l’histoire de Manon Lescaut ? Oui, quoi que puissent en penser les partisans de la plus stricte obédience au livret. Dans un décor vertical axé autour d’un tapis à bagages, devenu podium de mode lors du tableau du Cours-la-Reine expurgé de ses ballets, la lettre du récit est respectée au delta d’accessoires et de costumes empruntés à notre époque. Si d’ailleurs on se laisse prendre une nouvelle fois aux filets de l’opéra de Massenet jusqu’à renifler sur les dernières mesures, c’est en raison de l’approche scénique plus que musicale.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/man0.jpg?itok=pZooGZfD" title="© Dimitris Sakalakis" width="468" /><br />
	© Dimitris Sakalakis</p>
<p>Face à un chœur en déroute, <strong>Lukas Karytinos </strong>peine à recoller les morceaux d’une écriture volontairement composite. Bien que labellisé « Opéra-comique », Manon touche à tous les genres, du pastiche dix-huitièmiste aux élans pré-pucciniens. Sans mettre sur la table l’inévitable sujet de la diction française, ici allègrement négligée à l’exception de <strong>Vangelis Maniatis</strong> en Lescaut, les seconds rôles peinent à se glisser dans un format dit de caractère où compte d’abord l’art de la composition. A tout prendre, il faut des acteurs – ou du moins des diseurs – plus que des chanteurs pour croquer en quelques phrases Guillot de Morfontaine ou éviter que Rosette, Poussette et Javotte ne forment une réplique dévoyée des trois Dames de <em>La Flûte enchantée</em>. Et le Comte Des Grieux ne peut raisonnablement admonester son fils comme le Grand Inquisiteur Philippe II, ainsi que le propose d’une voix de stentor <strong>Tassos Apostolou</strong>.</p>
<p>Les deux amoureux ont été voulu plus légers que ne l’exige la tradition – et la partition. Manon peut-elle être confiée à une Reine de la nuit sous prétexte d’un air brillant au 3e acte ? <strong>Christine Poulitsi</strong> a certes la silhouette du rôle mais pour une « petite table » au dessin pur, combien de faussetés et de duretés. <strong>Ian Hotea</strong> chantait Almaviva dans <em>Il barbiere di Siviglia</em> <a href="https://www.forumopera.com/il-barbiere-di-siviglia-orange-cinecitta-annees-cinquante">cet été à Orange</a> et <a href="https://www.forumopera.com/il-barbiere-di-siviglia-mulhouse-marina-viotti-les-mene-par-le-bout-du-nez">cet automne à l&rsquo;Opéra national du Rhin</a>. En écoutant le jeune ténor roumain se débattre avec des Grieux, on comprend pourquoi Juan-Diego Florez, autre contraltino rossinien qu’il n’est pas interdit de prendre pour modèle, a attendu une vingtaine d’années pour ajouter le rôle à son répertoire. Non l’air du rêve, que des registres habilement mixés posent en apesanteur, mais tout le tableau de Saint Sulpice où la voix donne l’effet d’une coque de noix sur une mer déchaînée. Le naufrage est évité de justesse, mais ce n’est pas rendre service à de jeunes artistes que les mettre ainsi en danger. Le public, dissipé durant la représentation, réserve cependant un triomphe à l’ensemble des artistes. Si tout le monde est content, pourquoi se remettre en question ? Ainsi va trop souvent l’art lyrique aujourd’hui.</p>
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