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	<title>Alexis KOSSENKO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Alexis KOSSENKO - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>LULLY, Atys</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lully-atys-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jan 2026 14:34:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A quelques jours près, le nouvel enregistrement d’Atys aurait pu sortir pour son trois cent cinquantième anniversaire, que rappelait Cédric Manuel (https://www.forumopera.com/breve/atys-a-350-ans/). En juin 1987, dans « Le Monde », Jacques Lonchampt écrivait à propos de la recréation d’Atys due à William Christie et Jean-Marie Villégier, affirmation du renouveau baroque : « Il ne reste plus qu’à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A quelques jours près, le nouvel enregistrement d’<em>Atys </em>aurait pu sortir pour son trois cent cinquantième anniversaire, que rappelait Cédric Manuel (https://www.forumopera.com/breve/atys-a-350-ans/). En juin 1987, dans « Le Monde », Jacques Lonchampt écrivait à propos de la recréation d’<em>Atys</em> due à William Christie et Jean-Marie Villégier, affirmation du renouveau baroque : « Il ne reste plus qu’à s’engouffrer dans cette voie ouverte ». C’est chose faite, et les productions se sont multipliées, illustrées par les plus grands noms, ce qui réjouit et participe enfin de la diffusion d’un incontestable chef d’œuvre. Alors que la tragédie lyrique est redonnée à Versailles (reprise de 2022) dans sa version signée Angelin Preljocaj et Leonardo García-Alarcón, paraît enfin l’enregistrement dirigé par <strong>Alexis Kossenko</strong>.</p>
<p>Nous l’avions signalé en son temps (<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/carnet-de-bord-datys-cahiers-philidor-44/">lien</a>), la formidable impulsion donnée à la recherche par le CMBV porte ses fruits, marquant une évolution, sinon une rupture avec les versions connues, si belles soient-elles, restitutions musicalement sous-informées (1). Mais tout ce patient travail collectif de recherche ne serait qu’une contribution majeure à la connaissance des œuvres versaillaises et de leur contexte détaillé, s’il ne nourrissait une interprétation idéalement calquée sur ce que l’on sait des techniques, des voix, des instruments, de leurs relations et spatialisation, des interprètes du temps. Tancrède Lahary écrivait à ce propos : « Disons d’emblée que ce projet extraordinaire ne parvient pas tant à récréer l’Atys des origines à l’identique – objectif illusoire, ce que les tenants du projet sont les premiers à admettre – qu’à créer un Atys profondément inouï et renouvelé ». Forumopéra l’avait vu et écouté en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-avignon/">Avignon</a> puis au <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">TCE</a> (en version de concert avec danse), sinon à Tourcoing, patrie de la Grande Ecurie.</p>
<p>Quitte à redire ce qui a été écrit, c’est le couronnement d’une réalisation d’exception. L’histoire est connue (et fort bien résumée par Cédric Manuel dans sa brève) et on se contentera d’emprunter à Benoît Dratwicki, maître d’œuvre du projet : <em>Le jeune Atys aime Sangaride qui doit épouser Idas, le roi de Phrygie. La déesse Cybèle est amoureuse de son jeune prêtre Atys. Le triangle amoureux traverse fureur, jalousie, vengeance, quelques sortilèges, quiproquos et manipulations et finalement l’injustice</em>. Elle est nouvelle dans la mesure où le héros n’est plus un guerrier et par l’absence d’intrigue secondaire. <strong>Alexis Kossenko</strong>, à la tête de son valeureux ensemble Les Ambassadeurs – La Grande Ecurie impose une direction énergique, d’une dynamique constante, fluide, où chaque chanteur, chaque instrumentiste se retrouve en confiance et en communion, secondé par <strong>Fabien Armengaud</strong> et ses Pages et Chantres du CMBV. Première observation, les parties de dessus (soprano) sont tenues par des enfants, qui leur apportent un timbre et une fraîcheur inaccoutumés. Les couleurs instrumentales, individuelles et orchestrales, sont également renouvelées, extraordinaires. Si les cordes sont le plus précisément conformes à la réalité du temps, il en va de même des bois, reconstruits pour l’occasion, avec un souci constant de reproduire les instruments et leur jeu. Pas encore de basson, quelques rares interventions des flûtes traversières, puisque les flûtes à bec demeuraient la règle (et les noms des instrumentistes, connus, justifient ces choix), une famille de hautbois reconstituée, tout change nos habitudes. La percussion, dont usent et abusent certains, a été ramenée à sa fonction chorégraphique et de soulignement. Le continuo (« petit chœur ») reste inchangé durant tout l’ouvrage, fidèlement, et module ses nuances en fonction de l’action dramatique. La déclamation, l’ornementation ont fait l’objet d’un soin particulier même si la prononciation moderne a été retenue. Un travail minutieux conduit par un consensus et une volonté de tendre vers la puissance expressive d’origine. La spatialisation, les placements et déplacements fondés sur les documents ajoutent à la découverte.</p>
<p>La distribution n’a pas lésiné sur les voix dont l’entente est idéale : Les premiers rôles, complices de longue date, s’harmonisent à merveille, caractérisés à souhait, avec en commun le souci constant de la prosodie et de l’intelligibilité. C’est peu dire que <strong>Matthias Vidal</strong>, <strong>Véronique Gens</strong>, <strong>Sandrine Piau</strong> (2) partagent cette excellence vocale et dramatique. Il faudrait énumérer chacune et chacun : il n’est pas de rôle, y compris petit par la durée des interventions qui ne se situe au meilleur niveau. Ainsi <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> (Atys zvec Christophe Rousset) se contentant du modeste rôle du Sommeil, dont il s’acquitte de façon exemplaire. Rien que cette fabuleuse scène mériterait l’écoute de la totalité de l’ouvrage : elle prend ici tout son sens et sa force expressive, non seulement par le chant d’Atys, mais aussi par son tissu instrumental. Impossible de rendre compte de trois heures d’une musique captivante de façon détaillée. Les passions sont à vif, l’émotion est bien là et ira croissant à mesure que le drame se noue. Matthias Vidal est Atys, s’identifiant totalement au jeune berger attaché au culte de Cybèle. Il en connaît tous les secrets et s’y révèle d’une vérité touchante, et d’un chant exemplaire de ductilité, de tendresse et de force. La Sangaride de Sandrine Piau ne nous émeut pas moins, et ce dès son célèbre « Atys est trop heureux ». La plainte de Cybèle, davantage femme que déesse (« Espoir si cher et si doux », qui conclut le III), sa vengeance dont elle se repentira sont au cœur de l’action, et Véronique Gens, illustre magistralement la dimension tragique de la déesse. Ce ne serait que justice que d’énumérer les mérites de chaque chanteur. A regret, nous y renonçons : les interprètes et leurs qualités sont connus. Même les passages réputés modestes sont un régal, ainsi le trio (Morphée, Phantase et Phobétor) de la fameuse scène du Sommeil a-t-il été jamais mieux chanté ?</p>
<p>Un enregistrement radicalement neuf, éblouissant de vérité et de tension dramatique, qui nous émeut de façon singulière. A déguster, à savourer sans modération.</p>
<ul>
<li>
<pre>(1) Avec modestie, Benoît Dratwicki écrit : « Il est pourtant difficile, voire impossible de dire si un <em>Atys </em>sera plus juste qu’un autre ; par contre, il est évident qu’aucun <em>Atys </em>ne sera semblable au précédent : la connaissance, la pratique, le goût ne le montreront toujours qu’au miroir de son public et de ses interprètes, à une époque donnée. »
(2) Déjà « Rivales » dans un enregistrement qui les associait… prémonition ?</pre>
</li>
</ul>
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		<title>Le programme du Festival de Pâques d&#8217;Aix 2025 est paru</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-programme-du-festival-de-paques-daix-2025-est-paru/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Oct 2024 09:38:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dominique Bluzet et Renaud Capuçon, duettistes aux commandes depuis le tout premier jour, viennent de présenter le programme de la 12ème édition du festival de Pâques d’Aix-en-Provence, forte de 777 artistes invités et 24 concerts payants. A la différence du festival estival, l’art lyrique est peu représenté, et particulièrement cette année. Voyons le détail. Nous &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dominique Bluzet</strong> et <strong>Renaud Capuçon</strong>, duettistes aux commandes depuis le tout premier jour, viennent de présenter le programme de la 12<sup>ème</sup> édition du festival de Pâques d’Aix-en-Provence, forte de 777 artistes invités et 24 concerts payants. A la différence du festival estival, l’art lyrique est peu représenté, et particulièrement cette année. Voyons le détail.<br />
Nous retrouvons la traditionnelle Passion de Bach, cette année <em>Matthieu</em>, servie par <strong>Alexis Kossenko</strong>, à la tête de l’ensemble Les Ambassadeurs – La Grande Écurie. Kossenko va devoir opérer la fusion entre deux ensembles distincts : sa jeune formation Les Ambassadeurs et l’ensemble La Grande Écurie, riche d’une histoire prestigieuse sous la guidance du regretté Jean-Claude Malgoire, qui fut l’un des premiers orchestres sur instruments d’époque. Après un magnifique Vivaldi – malheureusement numérique, pandémie oblige – en 2021, la franco-italienne <strong>Lea Desandre</strong> revient au festival de Pâques avec l’ensemble Jupiter de <strong>Thomas Dunford</strong>. Elle met son timbre rond aux aigus lumineux au service de la musique de Haendel, auquel elle a déjà consacré un CD à la dramaturgie soigneusement élaborée intitulé «&nbsp;<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/eternal-heavenhaendel-haendel-au-paradis/">Eternal Heaven</a>&nbsp;». Le programme du concert n’est pas précisé.<br />
Il y a eu <em>Le Retour d’Ulysse dans sa patrie</em> en 2017. Place aux <em>Vêpres de la Vierge</em> de Monteverdi servies par l’ensemble I Gemelli, mené par son « chef-chanteur » <strong>Emiliano Gonzalez Toro.<br />
</strong>Après une <em>Passion selon saint Matthieu</em> en 2023, les Talens Lyriques et <strong>Christophe Rousset</strong> reviennent à Aix pour un autre programme Bach parfaitement de saison, articulé autour de <em>l’Oratorio</em> <em>de Pâques</em> qui sera donné exactement 300 ans après sa première audition, le dimanche de Pâques 1725.<br />
Le festival de Pâques d’Aix-en-Provence se tiendra du 11 au 27 avril 2025.<br />
Tout le programme est sur le site du <a href="https://festivalpaques.com/">festival</a>.</p>
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		<item>
		<title>De belles promesses lyriques chez Jeanine Roze production en 2024-25</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/de-belles-promesses-lyriques-chez-jeanine-roze-production-en-2024-25/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Sep 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme chaque année, la nouvelle saison proposée par Jeanine Roze production réserve de très belles surprises. Outre les habituels rendez-vous du dimanche au Théatre des Champs-Elysées ainsi que de nombreux récitals instrumentaux, l&#8217;affiche lyrique et vocale proposée en 2024/2025 est des plus attirantes. Au TCE, on retrouvera ainsi une Resurrezione de Haendel le 4 octobre, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme chaque année, la <a href="https://www.jeanine-roze-production.com/" target="_blank" rel="noopener">nouvelle saison</a> proposée par <strong>Jeanine Roze production</strong> réserve de très belles surprises. Outre les habituels rendez-vous du dimanche au Théatre des Champs-Elysées ainsi que de nombreux récitals instrumentaux, l&rsquo;affiche lyrique et vocale proposée en 2024/2025 est des plus attirantes.</p>
<p>Au TCE, on retrouvera ainsi une <em>Resurrezione</em> de Haendel le 4 octobre, sous la direction de <strong>Julien Chauvin</strong> avec une belle distribution (<strong>Emöke Barath</strong>, <strong>Elsa Benoit</strong>, <strong>Lucile Richardot</strong>, <strong>Emiliano Gonzalez-Toro</strong>, <strong>Robert Gleadow</strong>). Le 6 octobre,<strong> Natalie Dessay</strong> et <strong>Shani Diluka</strong> proposeront leur spectacle <em>Rossignols ! </em>Le 16 décembre, un <em>Couronnement de Poppée</em> sera donné, avec le <strong>Banquet Céleste</strong> accompagnant <strong>Catherine Trottman</strong> (Poppea) et <strong>Ray Chenez</strong> (Nerone) dans les rôles-titres. Une <em>Flûte enchantée</em> sera proposée le 17 novembre pour le jeune public.</p>
<p>Le 20 janvier 2025, <strong>Alexis Kossenko</strong> dirigera Les Ambassadeurs &#8211; La Grande Écurie pour un <em>Don Giovanni </em>prometteur en version de concert : <strong>Florian Sempey</strong> dans le rôle-titre, <strong>Ana Maria Labin</strong> (inoubliable Alcina cet été à Beaune) en Donna Anna, aux côtés de <strong>Léo Vermot-Desroches</strong>, <strong>Marion Lebègue</strong>, <strong>Edwin Fardini</strong>, Catherine Trottmann, <strong>Louis Morvan</strong>. Le 3 juin 2025, <strong>Thomas Dunford</strong> et son Ensemble Jupiter célébreront le répertoire anglais de Purcell et Dowland jusqu&rsquo;aux Beatles.</p>
<p>Ne manquez pas non plus les multiples concerts et récitals de la saison : de Grigory Sokolov à Adam Laloum, de Nikolaï Lugansky à Félicien Brut, ou encore du Trio Wanderer à Benjamin Grosvenor, les belles affiches ne manqueront pas en 2024/2025 chez Jeanine Roze.</p>


<div style="text-align:center;"><div style="margin:8px 0px 4px;"><a href="https://www.calameo.com/books/00592343914c6b156d5e1" target="_blank" rel="noopener">JEANINE ROZE PRODUCTION SAISON 2024-2025</a></div><iframe src="//v.calameo.com/?bkcode=00592343914c6b156d5e1" width="300" height="194" frameborder="0" scrolling="no" allowtransparency="" allowfullscreen="" style="margin:0 auto;"></iframe><div style="margin:4px 0px 8px;"><a href="http://www.calameo.com/">Publish at Calameo</a></div></div>
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		<item>
		<title>LULLY, Atys &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Mar 2024 03:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quelle époque pour les passionnés d’Atys&#160;! Après la version de Christophe Rousset et des Talens Lyrique, parue et donnée en ce début d’année, c’est au tour d’Alexis Kossenko et des Ambassadeurs de s’emparer, à Avignon, Tourcoing puis Paris, de ce chef d&#8217;oeuvre. Notre confrère constatait, à Avignon, l&#8217;exceptionnelle réussite de cette transfiguration d’Atys, opinion que &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-paris-tce/"> <span class="screen-reader-text">LULLY, Atys &#8211; Paris (TCE)</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quelle époque pour les passionnés d’<em>Atys</em>&nbsp;! Après la version de Christophe Rousset et des Talens Lyrique, <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lully-atys/">parue</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-versailles/">donnée</a> en ce début d’année, c’est au tour d’Alexis Kossenko et des Ambassadeurs de s’emparer, à Avignon, Tourcoing puis Paris, de ce chef d&rsquo;oeuvre. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-avignon/">Notre confrère constatait, à Avignon</a>, l&rsquo;exceptionnelle réussite de cette transfiguration d’<em>Atys</em>, opinion que nous partageons sans nulle réserve.</p>
<p>Le projet, conduit sous l’impulsion de <strong>Benoît Dratwicki</strong>, appuyé par les équipes du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV), est aussi passionnant qu’ambitieux : réunir le plus grand nombre de sources pour tenter de recréer l’<em>Atys</em> de 1676, année de sa création, ou du moins s’en rapprocher le plus possible. Au-delà du choix du manuscrit entreposé à Versailles, c’est surtout la consultation du livret de la création, source littéraire donc, qui permet de prendre la mesure des effectifs de l’époque, notamment pour ce qui concerne les cordes, le positionnement des vents sur scène, ou encore la présence d’enfants dans le chœur. Plus ambitieux encore, les équipes du CMBV sont allées jusqu’à récréer hautbois et cromornes d’époque…</p>
<p>Disons d’emblée que ce projet extraordinaire ne parvient pas tant à récréer l’Atys des origines à l’identique – objectif illusoire, ce que les tenants du projet sont les premiers à admettre – qu’à créer un Atys profondément inouï et renouvelé. Il s&rsquo;agit donc moins, au fond et à nos yeux, d&rsquo;un Atys originel que d&rsquo;un Atys ultime, chaque paramètre de l’œuvre étant porté à son état le plus parfait. La direction d’<strong>Alexis Kossenko </strong>est proche de l&rsquo;idéal : l’énergie insufflée à l’œuvre est sans pareil et le détail apporté à chaque nuance de la partition est sidérant. Aucun choix de tempo n’est à contredire et chaque portée est animée d’une intention dramatique. <strong>Les Ambassadeurs et La Grande Ecurie </strong>font des merveilles tant l’osmose avec le chef n’a jamais été aussi forte. La sonorité des hautbois et cromornes crée un son totalement inédit, instaurant une réelle distance avec le connu et le présent, rappelant les quatre cents siècles qui nous séparent de cette tragédie lyrique. Leur présence sur scène est un délice, particulièrement lorsqu’ils viennent encercler un ou une cantatrice, instaurant un tissage inextricable entre théâtre et musique.</p>
<p>Le chœur, incarné par <strong>les Pages et les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles, </strong>a fait l’objet d’un minutieux travail, sous la direction de<strong> Fabien Armengaud</strong>, notamment lorsqu’il est scindé en groupes qui se répondent les uns aux autres, créant un réel effet théâtral.&nbsp; La présence d’enfants dispense une sonorité totalement nouvelle : la diversité des voix apporte une profondeur qui confère au groupe un relief saisissant. In fine, on en vient à découvrir que le chœur est véritablement le poumon de l&rsquo;œuvre !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="640" height="428" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/24.03.26_ATYS_DSC02723_HD©Anne-Elise_GROSBOIS.jpg" alt="" class="wp-image-159126"/><figcaption class="wp-element-caption"><br><strong>©</strong> Anne-Elise Grosbois / Centre de musique baroque de Versailles</figcaption></figure>


<p>La soirée se distingue aussi par un plateau vocal d’une excellence qui confine à la perfection. Le trio de tête a rarement été aussi bien distribué. C’est une prise de rôle très attendue pour <strong>Mathias Vidal</strong> qui devait un jour ou l’autre s’y confronter. Sans surprise, son Atys est exceptionnel. Conformément aux conclusions des travaux musicologiques du CMBV, le ténor projette et impose une voix puissante. Sa diction et son phrasé, unique en leur genre, d’une élégance folle, procurent une émotion instantanée. Le ténor manie le <em>forte</em> et le <em>piano</em> avec le même talent, pour le plus grand plaisir du spectateur. <strong>Véronique Gens</strong> offre une Cybèle à la noblesse sans pareil. Son autorité naturelle est époustouflante, tout comme son charisme qui impose sa volonté d’un seul regard. La vulnérabilité et l’émotion affleurent comme escompté dans « Espoirs si doux et si chers » ou dans ses ultimes paroles. Ses duos et ses confrontations la trouvent sans cesse triomphante, de par un jeu d’une densité inégalée.</p>
<p><strong>Gwendoline Blondeel</strong> prend le rôle de Sangaride avec une superbe aisance. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-versailles/">Nous appelions de nos vœux cette prise en rôle en janvier dernier</a> et nous ne sommes pas déçu. Une voix de cristal conjuguée à un talent théâtral intrinsèque, permettent à la soprano de faire briller chacune de ses portées et d’arracher le cœur du spectateur. Gwendoline Blondeel sait particulièrement bien faire ressortir l’intelligence du texte par son chant, ses respirations, ses attaques. Tout est au service du drame et sa prestation en fait instantanément une des meilleures Sangaride, au côté de celle d’Emmanuelle de Negri. <strong>Tassis Christoyannis</strong> est un Célénus idéal : la chaleur du timbre ainsi que sa puissance lui permettent de camper un souverain inébranlable jusqu’à ce que le désespoir éclate avec grandeur. Le quatuor de l’acte V avec les 4 rôles principaux représentait tout ce que le baroque européen a de meilleur dans la période actuelle.</p>
<p>Les seconds rôles sont de très bonne facture également. <strong>Adrien Fournaison</strong> est un Idas et Phobétor absolument touchant&nbsp;: la profondeur de la voix du baryton-basse sied parfaitement aux rôles, surtout pour celui de Phobétor durant le divertissement du sommeil. <strong>Hasnaa Bennani</strong> campe une Doris aussi bienveillante qu&rsquo;attendu et possède une technique baroque très maîtrisée. Ses duos avec Adrien Fournaison fonctionnent à merveille, notamment au début de l’acte IV (« Quoi ! Vous pleurez ? »). <strong>Antonin Rondepierre</strong> est le diamant de la soirée&nbsp;: ses aigus d’une douceur onctueuse nous transportent durant le divertissement du sommeil autant qu’ils nous entraînent lorsqu’il incarne le grand dieu du fleuve.</p>
<p><strong>Eleonore Pancrazi</strong> incarne Mélisse à la voix souple et lumineuse tandis que <strong>Carlos Porto</strong> et <strong>François-Olivier Jean</strong> mettent tout leur talent, aux côtés d’Adrien Fournaison et d’Antonin Rondepierre, au service d’un divertissement du sommeil parfaitement exécuté. Ce moment de bravoure trouve le bon équilibre de tempo, de douceur et de grâce. <strong>David Witczak</strong> est efficace en Fleuve Sangar, songe funeste et Temps, mais pourrait certainement projeter davantage. <strong>Virginie Thomas</strong> et <strong>Marine Lafdal-Franc</strong> complète avec brio cette distribution impeccable&nbsp;!</p>
<p>L’œuvre a été enregistrée et devrait paraître sous format CD dans les mois à venir. À n’en pas douter, cet enregistrement figurera sur le podium, aux côtés de celui de William Christie de 1987.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-paris-tce/">LULLY, Atys &#8211; Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>LULLY, Atys &#8211; Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-avignon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Mar 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La résurrection d’Atys avait ébloui durablement le monde musical, en 1986, conduite par William Christie. Depuis, quelques rares spécialistes de la musique baroque ont osé remonter l’ouvrage, chacun avec sa propre approche (1), ayant pour dénominateur commun la volonté d’en traduire la force et l’émotion. L’intrigue en est connue : Atys, secrètement épris de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La résurrection d’<em>Atys</em> avait ébloui durablement le monde musical, en 1986, conduite par William Christie. Depuis, quelques rares spécialistes de la musique baroque ont osé remonter l’ouvrage, chacun avec sa propre approche (1), ayant pour dénominateur commun la volonté d’en traduire la force et l’émotion. L’intrigue en est connue : Atys, secrètement épris de la nymphe Sangaride, est aimé de Cybèle, la déesse. Après que les premiers se soient avoué leur amour, bien que la nymphe ait été promise au roi Célénus, la seconde va se venger en usant de sa magie, pour les faire périr, après quoi elle pleurera Atys qu’elle métamorphosera en un arbre sacré, le pin. Pour la première fois, une tragédie lyrique invite une divinité dans un rôle central. Le livret de Quinault, à lui seul, est un chef-d’œuvre. A-t-on auparavant mieux peint les mouvements du cœur ? Quant à la musique, sa popularité fut sans égale, la quantité de parodies l’attestera, durant des décennies.</p>
<p>La réalisation que conduit <strong>Alexis Kossenko</strong> marque en quelque sorte une rupture radicale avec les propositions antérieures, à plusieurs titres. Certes, le livret et les notes sont bien les mêmes, pour l’essentiel (c’est ici le manuscrit de Versailles qui a été retenu), mais tout change. Le projet, initié par <strong>Benoît Dratwicki</strong> il y a cinq ans, a fédéré les compétences musicologiques les plus pointues autour de l’ouvrage, à propos des sources, des interprètes, de l’orchestre, du chœur, du placement de chacun, et de l’ornementation. Les hautbois et cromornes, reconstruits pour la circonstance, qui sonnent d’une manière nouvelle, leur présence en scène, dès la première gavotte, sont un exemple de ce renouveau. Le lecteur curieux comme le spécialiste feront leur miel de l’impressionnant document regroupant les études (2).</p>
<p>Seules quelques rares œuvres, le plus souvent emblématiques, ont donné lieu à des travaux, aussi nombreux que documentés, permettant d’en connaître toutes les modalités de création, de l’établissement des sources aux conditions de leur exécution, couvrant des domaines aussi larges que l’organologie et la paléographie musicale. <em>Atys</em> figure maintenant parmi elles, et ce n’est que justice.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/24S270-0589-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1710282515936">© Studio Delestrade - Avignon</pre>
<p>La réalisation scénique outrepasse largement la version de concert (3). Certes, aucun décor, aucun accessoire, une discrète estrade linéaire et incurvée permettant au second rang des chanteurs du chœur de dominer le premier. Pages et Chantres du CMBV, comme les solistes hommes, sont vêtus de costumes sombres, quasi uniformes, dans un cadre anthracite, du sol au fond de scène. Ceux-ci chantent, immobiles, alignés, ou en petits groupes, ou encore en fer à cheval (comme attesté en 1676), à ceci près que la gestique des solistes traduit évidemment leur sentiment. Les solistes femmes revêtent des tenues colorées et élégantes, en relation avec leur rang et leur fonction. Avec des moyens aussi limités qu’efficaces, les lumières magistrales de <strong>Pierre Daubigny</strong> explicitent et magnifient chaque moment, renouvelant et animant la scène. La danse, au cœur du spectacle, n’est plus ici un aimable divertissement convoqué pour satisfaire l’esprit du temps :&nbsp; point de simulacre de reconstitutions de danses baroques, dont l’esprit est pourtant bien là, mais d’admirables évolutions chorégraphiques, aussi inventives que colorées, conférant une incroyable vie scénique, éblouissante. Il revient aux danseurs du ballet de l’Opéra d’Avignon, dirigés par <strong>Victor Duclos</strong>, de traduire l’action comme les états psychologiques de chaque scène. Tous les apports de la danse contemporaine depuis Béjart ont été assimilés, mûris, transcendés, pour une réalisation superlative, où la performance de chacun s’harmonise à celle du groupe. La qualité des costumes, des coiffures recherchées mérite d’être soulignée. Certaines scènes – l’attente impatiente de l’arrivée de Cybèle, le sommeil d’Atys, la déploration de sa mort, sa métamorphose finale – sont fascinantes.</p>
<p>Ce qui frappe d’emblée est le son, proprement inouï. Avant d’énumérer les solistes, l’accent doit être mis sur cette approche radicalement neuve. Ici, sans jamais sentir la naphtaline, toutes les découvertes de la recherche la plus pointue sont mises à profit pour restituer le son originel. Comme signalé, les hautbois et cromornes ont été reconstruits à cet effet, générant un son inimitable. D’autre part, ils jouent toujours sur scène (comme la recherche le légitime…). Outre ceux-ci, (qui passent naturellement à la flûte à bec), l’orchestre réunit un continuo de sept instruments et le tutti, dont le dosage des interventions est un bonheur. La prononciation ancienne a été délibérément écartée, à juste titre. Aucune figure hiératique convenue&nbsp;: le naturel, la simplicité qui vont droit au cœur.</p>
<p>Le chœur est un ensemble vocal dont la composition et l’effectif fluctuent au fil des scènes. Les chœurs, petits et grands, préparés par <strong>Fabien Armengaud</strong>, sont réglés sur la pratique et les effectifs du temps. Point de voix de femmes&nbsp;: les dessus sont confiés à des enfants, dont il faut souligner les qualités d’émission, projection comprise, et qui assument ponctuellement de petits rôles.</p>
<p>Même si, au cas par cas, on peut préférer tel ou tel artiste dans tel ou tel emploi, on aura rarement trouvé une distribution si homogène, cohérente, s’appuyant sur des valeurs sûres, dont l’adéquation aux rôles n‘appelle que l’admiration : chacun est à la fois renommé dans le répertoire baroque, d’une maîtrise exemplaire de la déclamation , doté d’extraordinaires qualités vocales et dramatiques. &nbsp;La simplicité, le naturel sont convoqués : les ornements (documentés) sont rigoureusement limités, y compris dans les reprises. <strong>Mathias Vidal</strong> est Atys. Le choix s’est porté sur un authentique ténor (une haute-taille, et non un haute-contre). Ses qualités d’émission, de timbre, son énergie sont connus. Dès son « allons, allons, accourez tous », jusque son ultime propos (« je suis assez vengé, vous m’aimez, et je meurs »), il nous tient en haleine, nous partageons ses émotions, ses doutes, sa passion comme sa résolution. Un immense Atys. Figure féminine attendrissante, Sangaride est confiée à <strong>Sandrine Piau</strong>, sur laquelle les ans n’ont pas prise&nbsp;: la fraîcheur d’émission, sa clarté comme son expression font merveille. Après «&nbsp;Quand le péril est agréable&nbsp;», le languissant «&nbsp;Atys est trop heureux&nbsp;» sur basse de chaconne, où sa tendresse malheureuse s’exhale, est un moment attendu, et récompensé, ô combien&nbsp;! Cybèle, la reine des dieux, qui est descendue retrouver Atys, au prétexte de l’union de Sangaride à Célénius, appelle l’autorité d’une grande tragédienne&nbsp;: <strong>Véronique Gens</strong> trouve là un emploi rêvé. La sincérité de son amour ne fait aucun doute. Malgré sa jalousie, sa cruauté, on ne saurait la détester. Ses plaintes pathétiques et nobles du dernier acte («&nbsp;Atys n’est plus coupable&nbsp;»), avec le chœur funèbre, nous émeuvent par leur vérité. Célénus, le souverain épris de Sangaride, dont il se voit privé par son ami, est <strong>Tassis Christoyannis</strong>. Il n’apparaît qu’au deuxième acte. Si, passagèrement, une certaine instabilité marque sa première intervention, la bonté chaleureuse, noble, du personnage, puis sa révolte à la découverte de sa trahison sont fort bien traduits. <strong>David Witczak</strong> chante le père de Sangaride (le fleuve Sangar). Lorsqu’il apparaît avec les autres divinités aquatiques, on ne sait que préférer de son chant et de celui de l’orchestre, d’un figuralisme juste. Les suivantes sont opportunément caractérisées, magnifiques Doris (<strong>Hasnaa Bennani</strong>) et Mélisse (<strong>Eléonore Pancrazi</strong>). Idas (<strong>Adrien Fournaison</strong>), associé à Doris, n’est pas un simple faire-valoir. Merveilleuse est la scène du sommeil, ordonnée par Cybèle, chantée par Morphée (<strong>Carlos Porto</strong>), Phobétor (de nouveau Adrien Fournaison) et Phantase (<strong>François-Olivier Jean</strong>), où, aux songes agréables succèdent les funestes. La plénitude, l’homogénéité participent à notre émotion. Il faudrait citer chacun et chacune, même si leurs interventions sont limitées. Ainsi la délicieuse Flore que campe <strong>Virginie Thomas</strong>, au Prologue, comme l’Iris confiée à <strong>Marine Lafdal-Franc </strong>(qui participait à l’<em>Atys</em> de Christophe Rousset, avec <strong>Antonin Rondepierre</strong>).</p>
<p>L’orchestre, <em>Les Ambassadeurs</em> et <em>La Grande Ecurie</em>, souple, subtil, réactif, est dépourvu de l’éclat martial (pas de trompettes) propre à la plupart des autres tragédies, comme de tout maniérisme. La force, l’énergie comme la délicatesse n’en sont pas moins illustrées avec maestria. Il n’intervient pour l’essentiel que dans les préludes et divertissements. Le continuo, rigoureusement semblable dans sa composition (un « petit chœur » de sept instruments) comme dans son jeu à celui de la création, n’a plus de rapport à celui de William Christie (4 luths, une guitare, 2 clavecins, des basses de violon et des basses de viole, aux associations renouvelées). A sa décharge, il se défendait de réaliser une version « historique ».&nbsp;La subtilité des évolutions psychologiques et dramatiques de chacun est magistralement traduite par l’énergie qu’Alexis Kossenko communique à tous. La souplesse, les phrasés, les équilibres n’appellent que des éloges, toujours, ça respire, ça chante comme ça gronde, au service d’une émotion partagée. La mélancolie du premier acte ne laisse personne insensible, l’implacable progression dramatique qui culmine au dernier acte nous emporte, nous prend à la gorge, puissante, poignante.</p>
<p>Nul doute que l’enregistrement promis rencontrera le plus nombreux public, et fera l’objet de bien des débats. Il y aura bientôt cinquante ans, le regretté Philippe Beaussant appelait de ses vœux un Atys «&nbsp;total&nbsp;», déplorant qu’il soit&nbsp;«&nbsp;gravement trahi par le concert comme par le disque&nbsp;». Jamais nous n’en avons été aussi proches (4), le bonheur et l’émotion en partage, et il aurait été certainement fort heureux de cette admirable production. Reste à souhaiter qu’une grande scène lui restitue son absolue plénitude, sa somptuosité scénique, ses décors grandioses, ses costumes flamboyants et ses machineries.</p>
<pre>(1) Hugo Reyne, Leonardo Garcia Alarcon, Christophe Rousset, en version scénique ou de concert.&nbsp;
(2) Les 103 pages du document (Cahiers PHILIDOR, 44) sont consultables sur le site&nbsp; du CMBV. Un compte-rendu spécifique lui sera prochainement consacré dans la rubrique «&nbsp;Livres&nbsp;». A signaler que la <em>Médée</em> de Charpentier, qu’enregistrait récemment Hervé Niquet, conseillé par Benoît Dratwicki, prenait déjà en compte une part des recherches du CMBV.&nbsp;
(3) Elle sera reproduite à Tourcoing, mais, hélas, irréalisable au TCE, raison supplémentaire pour justifier tel déplacement.&nbsp;
(4) Sans pour autant oublier l’extraordinaire production genevoise que Leonardo Garcia Alarcon conduisit dans la mise en scène d’Angelin Preljocaj. La proposition, esthétiquement admirable, ne répondait pas aux mêmes critères.</pre>
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		<title>Promesse d’un Atys « résolument neuf »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/promesse-dun-atys-resolument-neuf/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jan 2024 07:03:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Atys, en 1987, fut un événement musical marquant. Le chef d’œuvre de Lully et Quinault, que révélait William Christie, est dans toutes les mémoires. Remettant son métier sur l’ouvrage, il l’enregistra de nouveau en 2011, après l’avoir produit avec son fidèle complice, Jean-Marie Villégier, qui vient de disparaître. Entretemps, ou depuis, Hugo Reyne, Iakovos Pappas, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Atys</em>, en 1987, fut un événement musical marquant. Le chef d’œuvre de Lully et Quinault, que révélait William Christie, est dans toutes les mémoires. Remettant son métier sur l’ouvrage, il l’enregistra de nouveau en 2011, après l’avoir produit avec son fidèle complice, Jean-Marie Villégier, qui vient de disparaître. Entretemps, ou depuis, Hugo Reyne, Iakovos Pappas, puis Leonardo Garcia Alarcon s’en étaient emparés. Christophe Rousset, à son tour, l&rsquo;a dirigé il y a peu à<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-versailles/"> Versailles</a>.</p>
<p>Le Centre de Musique Baroque de Versailles, dont on connaît l’activité, le rayonnement et la qualité des productions comme des découvertes, nous promet maintenant un <em>Atys</em> « résolument neuf », le plus documenté, avec <strong>Alexis Kossenko</strong> et <strong>Fabien Armengaud</strong>. La version de concert, retenue, réunira la crème du chant baroque (<strong>Matthias Vidal</strong>, <strong>Véronique Gens</strong>, <strong>Sandrine Piau</strong>, comme têtes d’affiche) avec <em>Les Ambassadeurs</em>, <em>la Grande Ecurie</em>, <em>les Pages et Chantres du CMBV</em>. Seulement trois occasions de les écouter (avant l’enregistrement espéré) : Avignon, le 10 mars, Tourcoing le 17 (ces deux premières avec ballets) et Paris, au Théâtre des Champs-Elysées le 26 (version de concert). Les places seront rares.</p>
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		<title>Le disque du mois : Zoroastre par les Ambassadeurs</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-disque-du-mois-zoroastre-par-les-ambassadeurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jan 2023 04:26:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après plusieurs (et souvent fort belles) intégrales de sa version révisée, voici enfin que nous est rendu Zoroastre dans sa toute première mouture. L&#8217;équipe réunie chez Alpha autour d&#8217;Alexis Kossenko, avec entre autres intérprètes les merveilleux Reinoud Van Mechelen, Véronique Gens, Jodie Devos, Tassis Christoyannis, Mathias Vidal et David Witczak, nous permet de redécouvrir ce fabuleux chef-d&#8217;œuvre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après plusieurs (et souvent fort belles) intégrales de sa version révisée, voici enfin que nous est rendu <a href="https://www.forumopera.com/cd/zoroastre-zoroastre-enfin-dans-sa-splendeur-et-sa-verite-premiere-swag"><em>Zoroastre</em></a> dans sa toute première mouture. L&rsquo;équipe réunie chez Alpha autour d&rsquo;Alexis Kossenko, avec entre autres intérprètes les merveilleux Reinoud Van Mechelen, Véronique Gens, Jodie Devos, Tassis Christoyannis, Mathias Vidal et David Witczak, nous permet de redécouvrir ce <a href="https://www.forumopera.com/cd/zoroastre-zoroastre-enfin-dans-sa-splendeur-et-sa-verite-premiere-swag">fabuleux chef-d&rsquo;œuvre lyrique de Rameau</a>. Notre tout premier disque de l&rsquo;année 2023 !</p>
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		<title>Remportez un exemplaire de Zoroastre de Rameau</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/remportez-un-exemplaire-de-zoroastre-de-rameau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Dec 2022 07:43:41 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><iframe frameborder="0" height="863" marginheight="0" marginwidth="0" src="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeMD1wgWZDDP_X8SsTlxnfunaPjJdz1cTaFzz4QmxADnpx7Jg/viewform?embedded=true" width="500">Chargement…</iframe></p>
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		<title>Zoroastre</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/zoroastre-zoroastre-enfin-dans-sa-splendeur-et-sa-verite-premiere-swag/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Dec 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le public du temps, curieux du nouvel ouvrage, était nombreux mais partagé, d’autant que les oppositions dogmatiques n’avaient cessé de se manifester. Le sujet était neuf, et dérogeait aux habitudes (1). Au motif que la tragédie avait connu un profond remaniement en 1756, nous avions presqu’oublié la partition originale, car on semblait préférer la dernière, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/swag_1.jpg?itok=L3WL7JQK" style="font-size: 14px; width: 100px; height: 100px; margin: 10px; float: left;">Le public du temps, curieux du nouvel ouvrage, était nombreux mais partagé, d’autant que les oppositions dogmatiques n’avaient cessé de se manifester. Le sujet était neuf, et dérogeait aux habitudes (1). Au motif que la tragédie avait connu un profond remaniement en 1756, nous avions presqu’oublié la partition originale, car on semblait préférer la dernière, ou on mêlait les deux (2). Dans sa version seconde, Sigiswald Kuijken, puis, vingt ans après, William Christie (3) avaient permis la redécouverte de ce chef-d’œuvre au disque. De nouveau, vingt ans après, en mobilisant les meilleurs interprètes, c’est le Centre de Musique Baroque de Versailles qui nous vaut cette première du <em>Zoroastre</em> premier.</p>
<p>Avant qu’ Anquetil-Duperron publie les <em>Upanishads et le</em> <em>Zeud-Avesta</em>, à partir de 1771, la figure de Zoroastre (Zarathoustra) n’était connue qu’à travers les Grecs et les Romains, de Platon à Plutarque, et surtout par l’ouvrage de Samuel Hyde, imprimé à Oxford en 1700. Nombre de récits, plus fantaisistes les uns que les autres, connurent une réelle popularité. Voltaire y voyait une forme de déisme éclairé, préférable au dogmatisme chrétien. Le livret exotique de Cahusac véhicule les valeurs fondatrices de la franc-maçonnerie naissante, qui avait agrégé la figure mythique du sage, et – surtout –&nbsp;les oppositions manichéennes du bien et du mal, de la lumière et des ténèbres. Dès l’ouverture, au pouvoir terrible du méchant Abramane, l’oppresseur, succède l’image apaisée et souriante de Zoroastre, le libérateur. Le propos moralisateur se combine au conflit sentimental, puisque nous sommes dans l’univers galant, avec une expression plus forte qu’ailleurs de la tendresse comme de la haine, de la jalousie, de la vengeance.</p>
<p>Quatre personnages principaux, deux couples qui s’affrontent&nbsp;: Amélite est au cœur de l’action, princesse convoitée par le maléfique Abramane et Zoroastre le sage, persécutée par le premier, sauvée par le second. Erinice&nbsp;, l’usurpatrice et complice d’Abramane, en est le contraire. Nombre de figures gravitent autour de ce quatuor, de Zopire aux trois Furies, avec une riche galerie de personnages allégoriques et fabuleux.</p>
<p>Les moyens mobilisés à la création étaient incroyablement importants, d’une modernité manifeste. Ainsi les scènes infernales, sacrificielles, quasi «&nbsp;gore&nbsp;», avec le sang qui coule, la magie, les démons, les machineries, le spectacle ne manquait pas d’impressionner. L’écriture, elle aussi, était novatrice, unifiant le discours où les récits, les ariettes, duos, chœurs et danses se succèdent dans une continuité qui anticipe un siècle d’histoire. Les «&nbsp;ballets figurés&nbsp;», où chacun mimait une action étroitement liée au drame, devaient produire un effet insoupçonné (4). Bref, une œuvre en avance sur son temps, alors que l’image de Rameau – en dehors de ses écrits théoriques – est le plus souvent connotée avec l’Ancien régime.</p>
<p>La distribution est exemplaire, cohérente, et l’équipe réunie s’investit pleinement dans la réalisation. La réussite est collective (5). Peut-on imaginer meilleur Zoroastre que le digne héritier de Jélyotte, <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, qui l’a mûri depuis sa prise de rôle en 2016&nbsp;? &nbsp;L’émission est claire, toujours intelligible, la ligne admirablement conduite, l’ornementation subtile, qui semble couler de source… Les qualités expressives, la beauté du timbre, l’aisance forcent l’admiration, comme sa suprême intelligence de l’ouvrage et de son style. Abramane, dont l’ambitus est démesuré, est confié à <strong>Tassis Christoyannis</strong>. La voix est autoritaire, au soutien constant, dans tous les registres. Dès les premières scènes, il s’impose dans ce personnage sombre et complexe. C’est surtout au quatrième acte, («&nbsp;Cruels tyrans&nbsp;»), lorsqu’il invoque les puissances du mal, que l’écriture dramatique lui confère sa démesure. L’Amélite de <strong>Jodie Devos</strong>, lumineuse à souhait, nous comble. Sa tendresse, sa sensibilité, sa fraîcheur rayonnante (de «&nbsp;Soutien des malheureux&nbsp;» à «&nbsp;Douce paix&nbsp;» au dernier acte) servent idéalement l’évolution de cette héroïne attachante. <strong>Véronique Gens</strong> prête sa voix à Erinice. Forte et habile, équivoque et redoutable, notre grande tragédienne est magnifique, dont on apprécie toujours l’émission et la diction. Son unique air («&nbsp;Portons les coups les plus terribles&nbsp;») est exemplaire. Il faudrait citer chacune et chacun des autres solistes, tant les qualités et l’engagement vocal et dramatique sont constants.</p>
<p>En accord avec la volonté de satisfaire le goût des auditeurs, la version de 1756 faisait la part belle à l’intrigue sentimentale au détriment du message moral. William Christie, le soulignait à dessein. Ici, l’équilibre est idéal entre les deux composantes du livret. L’orchestre, où se retrouvent les musiciens des Ambassadeurs et de la Grande Ecurie, brille de ses mille feux. L’ouverture, animée à souhait, les pièces instrumentales (nombreuses danses et ballets figurés) sont du meilleur niveau. Le lever de l’aurore qui ouvre le deuxième acte est un régal. Mais c’est encore dans les combinaisons complexes, où se mêlent la voix et les chœurs qu’il se montre le plus remarquable&nbsp;: <strong>Alexis Kossenko</strong> tisse les lignes, équilibre, colore les textures en imposant une vie extraordinaire à cette partition rare.</p>
<p>Intervenant plus fréquemment que dans toute autre tragédie lyrique, le chœur joue un rôle dramatique indéniable. On ne présente plus le Chœur de chambre de Namur (6) tant il excelle à illustrer tous les ouvrages pour lesquels il est sollicité. Pour ne retenir qu’une de ses interventions (qui passent la vingtaine), le chœur douloureux des Bactriens peut-il être plus juste&nbsp;? Il est permis d’en douter.</p>
<p>Signée Benoît Dratwicki, la riche brochure d&rsquo;accompagnement apporte tous les éclairages attendus, comme toutes les précisions. Si elle est trilingue (français, anglais, allemand), le livret –&nbsp;intégral –&nbsp;ne connaît que l&rsquo;original et sa traduction anglaise.</p>
<p>Les éminentes qualités de cet enregistrement en font une référence. Ce nouveau jalon s’imposera-t-il vingt ans&nbsp;? On ne se hasardera pas à telle prédiction, mais il est sûr que nous tenons là une réalisation appelée à faire date.</p>
<p>(1) encore que le personnage de Zoroastre apparaissait déjà dans trois ouvrages antérieurs à celui de Rameau, dont la <em>Sémiramis</em> de Destouches, dès 1718 (Masson). Quant à l’ouverture substituée au traditionnel prologue, ce n’était pas vraiment une nouveauté, sinon chez Rameau.<br />
(2) Christophe Rousset à Drottingholm (2006), puis à Amsterdam et à l&rsquo;Opéra Comique ; Raphaël Pichon en 2016, à Montpellier (Festival Radio-France), puis Aix-en-Provence, sans clarinettes.<br />
(3) William Christie emprunte le finale à la version de 1749.<br />
(4) au IVe acte, celui de la Haine, du Désespoir et de leur suite, puis celui des Esprits infernaux qui accourent à l’appel de la Vengeance, avec d’admirables chœurs.<br />
(5) on compte plus de dix duos, et les passages où les chœurs répondent aux soli abondent.<br />
(6) préparé par <strong>Thibaut Lenaerts</strong> qui chante en outre une Furie.</p>
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		<title>RAMEAU, Zoroastre — Tourcoing</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/zoroastre-tourcoing-anges-et-demons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 May 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que Zoroastre est loin d’être l’opéra de Rameau le plus connu du public, Alexis Kossenko fait le pari de proposer non pas sa version la plus jouée, celle de 1756, mais bien la toute première, créée en 1749. En effet, la première fut un four à l’époque, principalement en raison du livret de Louis &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que <em>Zoroastre</em> est loin d’être l’opéra de Rameau le plus connu du public, <strong>Alexis Kossenko</strong> fait le pari de proposer non pas sa version la plus jouée, celle de 1756, mais bien la toute première, créée en 1749. En effet, la première fut un four à l’époque, principalement en raison du livret de Louis de Cahusac, jugé trop moral et philosophique, d’où une réécriture profonde en 1756 faisant la part belle aux sous-intrigues amoureuses.</p>
<p>Cette recréation mondiale est un véritable succès. Rendue possible grâce au travail du Centre de musique baroque de Versailles, cette version nous plonge au cœur du livret original résolument centré autour de la lutte entre le bien et le mal. Elle est aussi l’occasion de découvrir de somptueuses pages inédites, notamment une autre version du duo final entre Zoroastre et Amélite axé autour de l’immortalité de l’amour, un peu différent du duo de 1756 (« Que ces noeuds sont charmants »). Le chef Kossenko ne ménage pas ses efforts : sa direction musicale fait le grand écart entre le registre épique, qui sied d’autant plus que le propos s’étend à des enjeux d’échelle divine, et les registres plus tendres des déchirures amoureuses. L’orchestre des <strong>Ambassadeurs – La Grande Écurie </strong>donne un témoignage supplémentaire de son excellence, positionné en format « d’origine » si l’on peut dire, en matière d’effectif (quatre flûtes, hautbois, bassons et neuf violoncelles) comme de disposition (violons au centre, flûtes sur le devant, basses de part et d’autre). Le <strong>Chœur de chambre de Namur</strong> est à l’avenant : sa puissance et sa projection font frémir le spectateur à chacune de leurs interventions.</p>
<p>Mais ce qui particularise la soirée est vraiment le plateau vocal, qui est tout simplement la réunion de l’excellence baroque européenne du moment. Sans surprise aucune, le Jéliote de notre temps, <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, est l’étoile de la soirée. La voix est douce comme du coton, l’émission est aussi puissante que fine, le vibrato élégant, maîtrisé – le tout servi par une diction irréprochable. C’est bluffant aussi scéniquement, son Zoroastre a tant la force du leader mystique que la fragilité du héros tragique. <strong>Jodie Devos</strong> de son côté est une splendide Amélite : la clarté de la voix n’a d’égale que son agilité. Son « Amour<em> </em>vole » final a fait s’envoler tout le public sans exception ! Son charisme et sa présence scénique permettent aussi d&rsquo;ailleurs de sublimer la grâce de sa voix. L’Érinice de <strong>Véronique Gens</strong> a tout de la conspiratrice blessée. La soprano sait osciller entre les tonalités sombres de la vengeance et le désespoir de la déception, par une voix dense et profonde. L’Abramane de <strong>Tassis Christoyannis</strong> déploie souverainement la stature du grand prêtre des idoles et nous gratifie de graves démoniaques et infernaux. Sa solennité peut parfois donner une impression monolithique, mais c’est peut-être là l’effet d’une version concert qui gagnerait à être mise en scène.</p>
<p>Le reste du plateau vocal est curieusement luxueux. Le joyau de la soirée est bien sûr l’excellentissime <strong>Mathias Vidal</strong>. La tenue de ses aigus, son phrasé et sa technique d’attaque des lignes mélodiques aboutissent à une voix aussi somptueuse qu’immédiatement reconnaissable. Cette excellence et cette élégance sans égal en font un haute-contre éminemment précieux. <strong>Gwendoline Blondeel</strong> et <strong>Marine Lafdal-Franc</strong> sont rayonnantes et apportent toutes deux de beaux éclats de voix à chacune de leur apparition. <strong>David Witczak</strong> campe ses multiples rôles avec la même aisance et la profondeur d’un beau baryton. Enfin, en apparition finale, la Furie de <strong>Thibaut Lenaerts</strong> s’insère parfaitement au reste de cette excellente distribution.</p>
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