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	<title>Elisabeth KULMAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Elisabeth KULMAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Requiem &#8211; Mariss Jansons</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Feb 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Capté en mai 2017 à Munich, ce Requiem de Mozart est probablement l&#8217;ultime témoignage enregistré par Mariss Jansons en matière de musique sacrée. Le chef letton nous quittait en novembre 2019, laissant dans le cœur des mélomanes et de tous ceux qui l&#8217;ont approché un vide immense. Jansons pressentait-il sa fin ? Avait-il conscience de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Capté en mai 2017 à Munich, ce Requiem de Mozart est probablement l&rsquo;ultime témoignage enregistré par <strong>Mariss Jansons</strong> en matière de musique sacrée. Le chef letton nous quittait en novembre 2019, laissant dans le cœur des mélomanes et de tous ceux qui l&rsquo;ont approché un vide immense. Jansons pressentait-il sa fin ? Avait-il conscience de laisser ici ses derniers mots en matière de spiritualité ? Nul ne le saura sans doute jamais. Ce qui est certain, par contre, c&rsquo;est que le disque gravé ici prend la tête de la discographie du <em>Requiem</em> de Mozart, qui n&rsquo;est pas précisément pauvre, et que sa parution <em>post mortem</em> est un événement.</p>
<p>Nous pourrions commencer notre critique par la méthode classique, en énumérant les qualités qui ont emporté notre suffrage : l&rsquo;orchestre en lévitation dès les premières mesures, à la fois murmurées et terriblement présentes, le son des cors de basset rendu avec une carnation inouïe, la pulsation cursive de Jansons, qui congédie tout pathos au profit d&rsquo;une lumière rassérénante, les mille nuances d&rsquo;un <strong>C</strong><b>hœur de la radio bavaroise</b> à son plus absolu sommet, la cohésion exemplaire de tous les pupitres. Nous enchaînerions sur les mérites respectifs des solistes : la tendresse déversée à longs flots par <strong>Genia Kühmeier</strong>, le refus de la mort qui se cache dans le chant entêté de volupté d&rsquo;<strong>Elisabeth Kulman</strong>, le dramatisme obtenu par des moyens très simples chez<strong> Mark Padmore</strong>, l&rsquo;intensité que met <strong>Adam Plachetka</strong> dans chacune de ses interventions (le «Tuba mirum» !), et soulignerions la cohésion que ce quatuor parviendrait à garder malgré ses fortes individualités. On louerait la prise de son, aérée et réaliste. Tout cela serait bel et bon, en plus d&rsquo;être terriblement juste.</p>
<p>Et pourtant, ces commentaires manqueraient leur but. Comme le bavardage d&rsquo;un guide de musée face à une toile de Monet, ceci serait une barrière dressée entre l&rsquo;auditeur et l&rsquo;évidence. L&rsquo;évidence d&rsquo;une interprétation qui parvient à un naturel si absolu qu&rsquo;on en oublie tout le reste (y compris les cent et quelques autres versions dudit <em>Requiem</em> entendues au disque), et que la seule pensée cohérente qu&rsquo;on parvienne à articuler au milieu de l&rsquo;émotion qui nous submerge est la suivante : « c&rsquo;est exactement comme cela que l&rsquo;œuvre doit sonner ». Merci Maestro, et bonne route ! Si le ciel existe, ses portes vous furent largement ouvertes dès les dernières mesures de ce concert.</p>
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		<title>Wagner, La Walkyrie &#8211; Simon Rattle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-la-walkyrie-simon-rattle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Nov 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous terminions notre compte-rendu enthousiaste du premier volet de cette Tétralogie en appelant la suite de nos vœux. Au premier chef, c&#8217;est la direction de Simon Rattle, avec sa finesse arachnéenne, qui nous avait séduit. Mais ce qui convient à L&#8217;Or du Rhin, à ses niveaux géologiques, à son ton si particulier, à la minéralité &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous terminions <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-das-rheingold-simon-rattle/">notre compte-rendu enthousiaste du premier volet de cette Tétralogie</a> en appelant la suite de nos vœux. Au premier chef, c&rsquo;est la direction de <strong>Simon Rattle</strong>, avec sa finesse arachnéenne, qui nous avait séduit. Mais ce qui convient à<em> L&rsquo;Or du Rhin</em>, à ses niveaux géologiques, à son ton si particulier, à la minéralité de son propos, allait-il convaincre au même titre dans <em>La Walkyrie</em> ? Le moins que l&rsquo;on puisse dire est qu&rsquo;on n&rsquo;est pas déçu. Le chef reproduit, dans un contexte différent, toutes les qualités qui faisaient le prix du prologue. En premier lieu une transparence inouïe du tissu orchestral. Depuis quand n&rsquo;avions nous pas entendu un prélude du premier acte aussi haletant, grâce à une articulation parfaite ? Qui aujourd&rsquo;hui parvient à rendre aussi déchirants les solos de violoncelle lors de la première rencontre entre Siegmund et Sieglinde ? Lors du duo proprement dit, tout s&rsquo;enflamme à l&rsquo;orchestre, mais le chef veille à ne laisser passer aucun débordement, et tous les plans sonores restent clairs, étagés, discernables, jusqu&rsquo;au dernier accord, qui claque comme un coup de fouet. Le sommet reste cependant un acte III où le travail sur les bois relève du sublime, et où Simon Rattle fait tour à tour avancer et reculer son orchestre, l&rsquo;ouvrant et le refermant tel un éventail, en fonction des oscillations des personnages. Du tout grand art, servi par un <strong>Orchestre de la radio bavaroise</strong> au sommet de ses moyens.</p>
<p>La seule chanteuse de <em>L&rsquo;Or du Rhin</em> que nous retrouvons ici est la Fricka <strong>d&rsquo;Elisabeth Kulman</strong>. Elle aussi réussit sa mue. Autant elle fut onctueuse lorsque sa partie le réclamait, autant elle parvient à montrer ici la dignité outragée qu&rsquo;on attend d&rsquo;elle. La voix est d&rsquo;une étoffe toujours aussi somptueuse, avec des graves à se pâmer, et la scène qu&rsquo;elle fait à Wotan a grande allure. Pour un peu, elle deviendrait presque sympathique, ce qui serait un contresens. Il faut dire que son mari a un peu de peine à exister face à elle. Appelé en dernière minute à remplacer un Michael Volle souffrant, <strong>James Rutherford</strong> ne comble pas vraiment. Certes, son timbre est de toute beauté, et la présence est celle d&rsquo;un vrai roi des dieux. Mais le discours manque de tranchant, la diction est un peu molle, les consonnes pas suffisamment projetées. Surtout, on ne trouve rien dans cette incarnation qui a sorte du rang, qui la rende mémorable à quelque titre que ce soit. Un honorable chanteur de province, dans un coffret de ce niveau, cela dépare un peu. Après les insuffisances de Michael Volle, voilà donc ce Ring lancé sans un vrai Wotan. Captée avant <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-crepuscule-des-dieux-bayreuth-de-lart-de-tout-gacher/">ses problèmes vocaux qui hérissèrent le public de Bayreuth</a>, <strong>Irene Theorin</strong> offre des aigus solides et agréablement allégés lorsqu&rsquo;il le faut, en osmose avec un chef qui veut à tout prix éviter le côté tonitruant. Sa Brünhilde est finement dessinée, déjà plus humaine que divine, et terriblement en empathie avec le couple des Wälsungen.</p>
<p>Des Wälsungen qui, au même titre que la direction de Sir Simon, font de ce coffret un incontournable. En bons jumeaux, ils ont les mêmes qualités : une puissance, une présence et une projection phénoménales, ainsi qu&rsquo;un équilibre rarement atteint entre héroïsme et humanité. C&rsquo;est vrai de <strong>Stuart Skelton</strong>, dont le métal est fêlé juste ce qu&rsquo;il faut pour laisser passer la souffrance. Un Siegmund valeureux mais qui est notre frère en humanité à nous tous. Et ses « Wälse ! » sont d&rsquo;une durée plus qu&rsquo;honorable. C&rsquo;est encore plus vrai <strong>d&rsquo;Eva-Maria Westbroek,</strong> qui trouve enfin l&rsquo;occasion d&rsquo;immortaliser sa Sieglinde au disque, après l&rsquo;avoir promenée sur toutes les grandes scènes du monde. La voix est large, autant que celle de Brünhilde (le « Nicht sehre dich Sorge um mich » fera trembler vos enceintes), mais c&rsquo;est la puissance de l&rsquo;amour qui s&rsquo;exprime ici, avec une vérité bouleversante. Le duo du I, que l&rsquo;on croyait usé à force de l&rsquo;avoir écouté, retrouve la force de la sève aux premiers jours du printemps. Les Walkyries sont inégales, ce qui étonne au milieu tant de luxe, et le Hunding de <strong>Eric Halfvarson</strong> divisera. Il y aura ceux qui adhèrent, et ceux qui pointeront à raison ce que ce chant peut avoir de trémulant, voire de délabré. Pour notre part, nous avouerons fondre face à une telle profusion du son, jointe à tant d&rsquo;autorité. A l&rsquo;heure du bilan, les qualités l&#8217;emportent largement, même si une Walkyrie sans Wotan d&rsquo;exception laisse fatalement un goût de trop peu. Mais pour son chef électrisant, son orchestre diaphane et son couple d&rsquo;amoureux, on est sûr de revenir souvent à ce coffret.</p>







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		<item>
		<title>Wagner, Das Rheingold &#8211; Simon Rattle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-das-rheingold-simon-rattle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Oct 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Encore récemment, un distingué mélomane de nos connaissances se laissait aller à donner son avis sincère au sujet de Wagner. Il déplorait la lourdeur de l&#8217;orchestration, l&#8217;abus de puissance, la massivité de la musique, tout en reconnaissant sa beauté intrinsèque. Ainsi, même dans les milieux culturels, Wagner continue à traîner sa réputation de compositeur abonné &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Encore récemment, un distingué mélomane de nos connaissances se laissait aller à donner son avis sincère au sujet de Wagner. Il déplorait la lourdeur de l&rsquo;orchestration, l&rsquo;abus de puissance, la massivité de la musique, tout en reconnaissant sa beauté intrinsèque. Ainsi, même dans les milieux culturels, Wagner continue à traîner sa réputation de compositeur abonné à la fanfare, incapable de subtilité, pour tout dire &#8230; teuton. <strong>Simon Rattle</strong> a toujours eu à cœur d&rsquo;élargir le public de la musique savante. Cela passe d&rsquo;abord par battre en brèche les clichés qui empêchent l&rsquo;accès à cette forme d&rsquo;art. Au moment de se saisir de la Tétralogie du grand Richard, il va donc en faire ressortir toute la finesse, et dérouler les sortilèges de l&rsquo;orchestration de la façon la plus exhaustive qui soit, pour montrer que l&rsquo;écriture du Ring joue certes sur la puissance, mais que la palette expressive y est bien plus large que cela.</p>
<p>Certes, nous avons eu Karajan et Pierre Boulez dans cette optique d&rsquo;un Wagner « dégraissé », mais tous deux ont buté sur le problème d&rsquo;une distribution un peu à contre-emploi (Karajan), voire carrément déficiente (Boulez) ; ils ont dû en outre se contenter des prises de son de leur époque. On a pas mal progressé depuis, et Sir Simon peut compter sur les ingénieurs de la radio bavaroise et leurs équipes ultra-familiarisées avec l&rsquo;orchestre de Wagner, puisque ce sont elles qui assurent les retransmissions de Bayreuth chaque année. Que l&rsquo;auditeur s&rsquo;apprête donc à effectuer un fantastique voyage géologique, tant les différentes « couches » de la partition seront mises en valeur. Dans un opéra qui se déroule des profondeurs du Rhin aux sommets du Walhalla, avant de replonger vers le Nibelheim, puis retour, c&rsquo;est fantastiquement sensé. <strong>L&rsquo;Orchestre symphonique de la radio bavaroise</strong> a déjà livré un Ring complet au disque. C&rsquo;était au début des années 90, en studio, sous la baguette de Bernard Haitink. Depuis, le niveau de la phalange a encore progressé, lui permettant de se mesurer sans aucune crainte aux plus grands ensembles de la planète. Et ces instrumentistes savent leur Wagner sur le bout des doigts. Avec un outil d&rsquo;une telle qualité entre ses mains, le chef peut se permettre les expériences les plus inouïes. Impossible d&rsquo;énumérer ici tous les détails que la direction fait ressortir, des harpes qui accompagnent le thème du Walhalla aux pizzicati pour entourer le personnage de Loge, l&rsquo;orchestre de Wagner étincelle, bondit, gémit, ronronne et se pâme tour à tour. Il explose aussi lorsqu&rsquo;il le faut, mais Rattle le reprend aussitôt en main dans une sorte de kamasutra musical qui exaspère la jouissance au lieu de l&#8217;empêcher. Un tel contrôle du son laisse pantois. Les auditeurs de ces concerts munichois ont eu bien de la chance, et on comprend que le chef ait été nommé directeur musical peu après. Il avait passé son baptême du feu, et de quelle façon !</p>
<p>On l&rsquo;a dit, Karajan et Boulez péchaient par leurs distributions. Rien de tel ici, où Rattle est allé chercher les meilleurs titulaires du moment (nous sommes en avril 2015), avec un travail de casting qu&rsquo;on imagine très patient. Son contrôle du volume permet en plus à chacun de déployer sa vocalité naturelle, sans avoir à pousser. Ajoutons que le chef interdit à ses chanteurs tout histrionisme, même dans les rôles comiques. Pas question de sangloter, de réciter, de forcer. Se déploie alors sous nos oreilles émerveillées un bel canto wagnérien, aérien et cursif, qui devrait achever de convaincre les plus rétifs face à la « musique de l&rsquo;avenir ». Tout commence avec des Filles du Rhin qui sonnent comme de vraies femmes, avec des timbres bien différenciés les uns des autres. L&rsquo;Alberich de <strong>Tomasz Konieczny</strong> surprend, tant on est habitué à entendre ce timbre si reconnaissable depuis quelques années en Wotan, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">notamment dans la dernière Tétralogie de Bayreuth.</a> Amateurs de gnômes glapissants et hirsutes, passez votre chemin. Tout le rôle est ici chanté, et non déclamé, et de quelle façon. Noblesse, mordant, articulation, tout est de premier ordre, et représente idéalement cette « aspiration de la laideur vers la beauté » voulue par Wagner. Les deux malédictions sont à thésauriser. Le Wotan de <strong>Michael Volle</strong> apparaîtra peut-être légèrement en retrait. A force de contrition et de retenue, Volle passe peut-être un peu à côté du rôle, et son « Vollendet » est vraiment trop murmuré pour convaincre. S&rsquo;ajoute à ces choix contestables un grave fuyant, qui n&rsquo;a jamais vraiment été le fort du chanteur. Son épouse ne semble faire qu&rsquo;une bouchée de lui : <strong>Elisabeth Kulman</strong> est une vraie perle, avec un timbre dont la beauté semble fasciner le chef. Chacune des phrases de Fricka est prise lentement, de façon à permettre à la chanteuse de filer ses sons. Foin des mégères, la Fricka du <em>Rheingold</em> doit être séduisante, et elle l&rsquo;est ici au-delà de toutes nos espérances. Loge, Donner et Freia sont de la meilleure eau, et le Loge de <strong>Burkhard Ulrich</strong> a juste ce qu&rsquo;il faut de nasalité pour incarner l&rsquo;insolence et la ruse. Son autorité (le souvenir de Windgassen chez Karl Böhm affleure souvent), la façon dont le timbre se détache de l&rsquo;ensemble, ses sons haut perchés sont parfaitement en situation.</p>
<p>Fasolt et Fafner sont équilibrés. A <strong>Peter Rose</strong> le ton attendri et les aigus qui percent le cœur, à <strong>Eric Halfvarson</strong> les rugissements d&rsquo;un bloc de haine. Ces sons semblent sortir d&rsquo;un corps qui est déjà transformé en dragon. Mime pleure sans geindre, et la Erda de <strong>Janina Baechle</strong> est une vraie contralto, dont les graves semblent pouvoir descendre indéfiniment vers les profondeurs où elle vit. Tout ce beau monde est comme ensorcelé par une baguette magique, qui charme et hypnotise tel le musicien dans le conte de Grimm. Vite, la <em>Walkyrie</em> ! Et si vous avez des amis qui continuent à résister à Wagner, ce coffret est à leur offrir.</p>
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		<item>
		<title>VERDI, Un ballo in maschera</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/verdi-un-ballo-in-maschera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Jul 2023 14:45:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avant d&#8217;aborder la dimension artistique de cet enregistrement, il convient de saluer sa simple existence. On sait que les intégrales d&#8217;opéras en studio se raréfient jusqu&#8217;à l&#8217;exceptionnel. Si on ajoute que les sessions de ce Ballo ont eu lieu en juin et juillet 2021, au paroxysme des divers confinements, on mesure les obstacles que les &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div dir="auto">Avant d&rsquo;aborder la dimension artistique de cet enregistrement, il convient de saluer sa simple existence. On sait que les intégrales d&rsquo;opéras en studio se raréfient jusqu&rsquo;à l&rsquo;exceptionnel. Si on ajoute que les sessions de ce <em>Ballo</em> ont eu lieu en juin et juillet 2021, au paroxysme des divers confinements, on mesure les obstacles que les équipes de Pentatone ont du affronter avant de voir aboutir le projet. Preuve pour ceux qui auraient des doutes : les parties de chœur ont été captées intégralement à Cluj en novembre 2021, et synchronisées après coup. Les ingénieurs du son ont réussi le prodige que cela s&rsquo;entende à peine. Chapeau bas, pour cela et pour tout le reste. Ces conditions techniques relativisent, et c&rsquo;est normal, les considérations qui vont suivre.</div>
<div dir="auto"></div>
<div dir="auto"></div>
<div dir="auto">Parce qu&rsquo;on regrette sincèrement de l&rsquo;écrire, mais ce coffret aura du mal à s&rsquo;imposer dans une discographie de très haut niveau, où Solti, Abbado, Karajan ou Leinsdorf ont posé des jalons qui restent indépassables. <strong>Marek Janowski</strong> semble, malgré des efforts visibles, ne jamais trouver la pulsation naturelle de cette musique. Tantôt pressée, tantôt languissante, sa battue manque cruellement de dramatisme. Les numéros s&rsquo;enchaînent dans une certaine monotonie,&nbsp; sans sentiment de nécessité dans le passage de l&rsquo;un vers l&rsquo;autre, et l&rsquo;on se surprend plus&nbsp; d&rsquo;une fois à être gagné par l&rsquo;ennui ; c&rsquo;est péché mortel dans le théâtre verdien. Marek Janowski déçoit, alors que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/finis-coronat-opus/">sa récente tétralogie wagnérienne </a>a encore démontré quel chef de théâtre il peut être. Il a pourtant à sa disposition un <strong>Orchestre philharmonique de Monte-Carlo</strong> aux sonorités flatteuses, mais qui parait ne pas très bien que savoir faire de ses splendeurs, et semble tourner un peu en pilotage automatique.</div>
<div dir="auto"></div>
<div dir="auto"></div>
<div dir="auto">De même, on attendait bien plus de <strong>Freddie de Tommaso</strong>, pour son premier grand rôle au disque, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/freddie-de-tommaso-il-tenore-aux-ames-bien-nees/">surtout après ses débuts fracassants</a>. Son Riccardo est à court de noblesse et de caractérisation. Très indifférent aux climats, le ténor britannique se contente de pousser le son et de tenir ses aigus le plus longtemps possible. Il souffre en outre d&rsquo;un timbre qui sonne ici plutôt plébéien. Cela conviendrait à la rigueur dans <em>La Bohême</em> ou <em>Cavalleria Rusticana</em>, mais beaucoup moins chez Verdi. Une même absence de distinction disqualifie le Renato de <strong>Lester Lynch</strong>. Du gros son, pas toujours très juste, un souffle court et une diction pâteuse : on est à des années-lumières de ce que devrait offrir un baryton verdi.</div>
<div dir="auto"></div>
<div dir="auto"></div>
<div dir="auto">Le niveau s&rsquo;élève avec les protagonistes féminines. L&rsquo;Ulrica d&rsquo;<strong>Elisabeth Kulman</strong> force peut-être un peu le côté sorcière, mais elle a les graves telluriques qu&rsquo;on attend, et son « Re del abisso » donne la chair de poule. <strong>Annika Gerhards</strong> manque du côté piquant des grands Oscar du passé, et la dimension comique du rôle semble lui échapper, mais la façon dont elle place son aigu dans tous les ensembles retient l&rsquo;attention, tant elle semble planer, libérée des contraintes physiques du chant.</div>
<div dir="auto"></div>
<div dir="auto">Encore plus haut, <strong>Saioa Hernandez</strong> justifie à elle seule l&rsquo;achat du coffret. C&rsquo;est que le rôle d&rsquo;Amelia est au carrefour des défis posés par le chant verdien, et que les titulaires valables ne sont pas légion ces dernières années. Plutôt que d&rsquo;aborder les choses avec prudence, la soprano espagnole décide de se jeter dans la fournaise, avec une confiance totale en ses moyens. Cette chair dans le timbre, ce volume torrentiel, cette scansion du texte au cordeau nous ramènent à l&rsquo;âge d&rsquo;or du chant verdien, comme si on avait mélangé le tempérament de Callas avec le moelleux de Tebaldi. Résultat : la température monte de 10 degrés à chacune de ses apparitions, ce qui ne manque pas de compliquer la tâche de ses partenaires.</div>
<div dir="auto"></div>
<div dir="auto">Même si on n&rsquo;omettra pas de saluer le travail du&nbsp;<b>Chœur d&rsquo;Etat de Transylvanie,</b> parfaitement idiomatique, et des comprimari de qualité, avec en particulier le Silvano finement ciselé de <strong>Jean-Luc Ballestra</strong>, c&rsquo;est bien pour Hernandez que ce coffret méritera de trouver sa place sur vos étagères.</div>
<div dir="auto"></div>
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			</item>
		<item>
		<title>MAHLER, Symphonie n°2</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mahler-symphonie-n2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Mar 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=127335</guid>

					<description><![CDATA[<p>On n&#8217;ira certes pas prétendre qu&#8217;aucune symphonie de Mahler soit facile à jouer, et encore moins à enregistrer. Ceci étant posé, la Deuxième est sans doute celle qui pose le moins de défis au chef : sa trajectoire rectiligne de l&#8217;ombre à la lumière, sa montée en puissance progressive, son usage logique des moyens musicaux, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On n&rsquo;ira certes pas prétendre qu&rsquo;aucune symphonie de Mahler soit facile à jouer, et encore moins à enregistrer. Ceci étant posé, la <em>Deuxième</em> est sans doute celle qui pose le moins de défis au chef : sa trajectoire rectiligne de l&rsquo;ombre à la lumière, sa montée en puissance progressive, son usage logique des moyens musicaux, qui s&rsquo;additionnent au lieu de se disperser comme dans la <em>Troisième,</em> la luminosité de son finale, le récit qui sous-tend le texte musical, tout concourt à rendre l&rsquo;œuvre lisible, et à assurer son effet, au concert comme au disque. Il suffit de se laisser porter par le souffle ardent du lyrisme mahlérien, de lier les différents épisodes de l&rsquo;épopée, de faire confiance au texte, et le tour est joué. On comprend d&rsquo;autant moins l&rsquo;échec patent de <strong>Semyon Bychkov.</strong> Alors que ses deux premiers volets de ce qui s&rsquo;annonce comme une nouvelle intégrale (la <em>Quatrième</em> et la <em>Cinquième</em>) posaient des jalons plus que respectables, on est surpris de voir un chef confirmé s&rsquo;effondrer de la sorte dans un enregistrement studio. En matière d&rsquo;interprétation, Bychkov ne semble avoir pour seul projet que de morceler le texte musical en une multitude de micro-épisodes sans lien les uns avec les autres, transformant ces 86 minutes en une succession de déflagrations suivies des plus impalpables pianissimi, sans qu&rsquo;on perçoive la moindre nécessité dans le passage de l&rsquo;un à l&rsquo;autre.</p>
<p>Cette sollicitation excessive du texte est particulièrement irritante dans le premier mouvement, qui ne parvient jamais à trouver son unité et qui donne le mal de mer à force d&rsquo;hésiter entre des affects qui sonnent arbitraires. On dirait que le chef prend un malin plaisir à donner raison aux critiques de la création, qui n&rsquo;entendaient dans tout cela que charivari. Debussy, qui parlait de « géant pneumatique », peut respirer d&rsquo;aise. Le second mouvement est mieux venu, encore qu&rsquo;il reste en deçà de son potentiel poétique, et que la séquence des pizzicati soit beaucoup trop lente et amorphe. Le scherzo n&rsquo;avance pas, et on se surprend à regarder sa montre, alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit normalement d&rsquo;un épisode haletant, où l&rsquo;on est comme suspendu à la baguette du chef. Mais comme tout cela sonne engoncé, lourd, bruyant et sans profondeur. Le <em>Urlicht</em> passe sans problème, grâce aux cuivres d&rsquo;un <strong>Orchestre philharmonique tchèque</strong> qui restent de grands musiciens (les trompettes!) et au beau mezzo d&rsquo;<strong>Elisabeth Kulman,</strong> qui sait phraser son lied avec volupté.</p>
<p>Hélas, le finale renoue avec tous les défauts mentionnés, et ne quitte jamais un ton séquentiel et anecdotique, faisant ressembler la vaste fresque apocalyptique à un banal péplum. On aurait pu espérer que l&rsquo;intervention chorale sauve les meubles, mais le <strong>Chœur philharmonique de Prague</strong> est d&rsquo;abord mal capté (un son trop diffus), sa diction allemande est indécise, et il se prend les pieds dans le tapis à plusieurs reprises, notamment lorsque le tempo accélère, et que les phrases doivent rebondir d&rsquo;un pupitre à l&rsquo;autre. Plutôt que de voltiger, elles se trainent et l&rsquo;effet global est complètement manqué.</p>
<p>Cet enregistrement est-il dépourvu de qualités? Certes non. On l&rsquo;a dit, le Philharmonique tchèque reste une phalange de premier ordre, et la façon dont les cordes détaillent leurs différents niveaux d&rsquo;écriture peut émerveiller par moments, de même que certaines individualités dans les bois (les flûtes). Deux problèmes cependant : ces belles sonorités ne se distinguent plus guère de celles que l&rsquo;on trouve sur le circuit international, et surtout elles ne sont pas vraiment utilisées par le chef pour construire quelque chose de cohérent au niveau interprétatif. On mettra cependant à part la prestation de la soprano, <strong>Christiane Karg,</strong> dont la voix échappée du paradis et la délicate fêlure planent des années-lumières au dessus de tout ce pensum. Bernstein, Mehta et Haitink peuvent dormir sur leurs deux oreilles, leur suprématie discographique n&rsquo;est guère menacée.</p>
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		<title>Madama Butterfly (Melody Moore)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/madama-butterfly-melody-moore-demi-teinte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Rousseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Jan 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand surgit une nouvelle version – de studio – d&#8217;un opéra du répertoire, on se dit que : 1. l&#8217;éditeur est courageux  2. qu&#8217;elle peut enrichir la discographie de l&#8217;œuvre. Le problème, s&#8217;agissant de Madame Butterfly , c&#8217;est que l&#8217;ouvrage a été particulièrement bien servi au disque : deux fois Karajan avec Callas et Freni, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand surgit une nouvelle version – de studio – d&rsquo;un opéra du répertoire, on se dit que :</p>
<p>1. l&rsquo;éditeur est courageux </p>
<p>2. qu&rsquo;elle peut enrichir la discographie de l&rsquo;œuvre.</p>
<p>Le problème, s&rsquo;agissant de <em>Madame Butterfly</em> , c&rsquo;est que l&rsquo;ouvrage a été particulièrement bien servi au disque : deux fois Karajan avec Callas et Freni, Pappano avec Angela Gheorghiu et Jonas Kaufmann, mais aussi Barbirolli (Scotto), Serafin (Tebaldi), Santini (Los Angeles)&#8230; et quelques ténors de premier plan.</p>
<p>A priori la nouvelle venue ne présente pas un casting qui soit de nature à bouleverser la discographie. Mais l&rsquo;écoute peut réserver des surprises&#8230;</p>
<p><strong style="font-size: 14px">Un opéra de chef ?</strong></p>
<p>Kasper van Kooten signe – en anglais seulement – l&rsquo;excellent texte d&rsquo;introduction de ce nouvel enregistrement d&rsquo;un opéra qu&rsquo;il décrit comme « le plus cohérent et le plus symphonique de Puccini »<em>.</em></p>
<p>Est-ce à dire que <em>Butterfly</em> est d&rsquo;abord un opéra de chef ?  A l&rsquo;évidence l&rsquo;orchestre de Puccini exige de grands maîtres de l&rsquo;orchestre autant que de la scène. Au même titre que les rôles principaux, le chef signe une version. </p>
<p>A commencer par l&rsquo;ébouriffante introduction orchestrale. Cette nouvelle version, de ce point de vue, commence plutôt mal. Une direction poussive, un orchestre – celui de la fondation Gulbenkian de Lisbonne – à la peine, et une prise de son de boîte à chaussure tellement détaillée qu&rsquo;elle ne flatte guère l&rsquo;orchestre portugais et ses cordes rèches.</p>
<p>Le label Pentatone avait déjà confié un Puccini, nettement moins exposé, <em>La fille du Far West,</em> au chef américain <strong>Lawrence Foster</strong>, 81 ans, qui après une longue carrière symphonique qui n&rsquo;a pas marqué les mémoires, a dirigé plusieurs productions lyriques ces dernières années. </p>
<p><strong>Une Butterfly en demi-teinte</strong></p>
<p>L&rsquo;attrait principal de cette version est la soprano américaine <strong>Melody Moore</strong>, qui se révèle une voix idéale pour Puccini et une interprète qui habite toutes les facettes du rôle de Cio-Cio-San. Bien que la voix soit trop mature pour vraiment suggérer une adolescente dans le premier acte, elle  est à son meilleur dans l&rsquo;acte 2 où le désespoir et l&rsquo;espoir se mêlent si cruellement, même si elle semble demeurer toujours en deça des grands climax : son « Un bel dì » reste un peu terre-à-terre alors que sa scène de suicide n&rsquo;est pas aussi bouleversante qu&rsquo;elle devrait l&rsquo;être.</p>
<p>Cette sorte de relative neutralité tient à la direction prudente, trop prudente, de Lawrence Foster, qui  soutient les chanteurs en se refusant à  attiser le drame ou en épouser les ressorts émotionnels : le duo de l&rsquo;acte 1 manque de flux et de reflux et, finalement, de passion. La prise de son propre et clinique, avec les voix placées trop en avant, ne contribue pas non plus à la nécessaire fusion voix/orchestre.</p>
<p><strong>Pinkerton etc.</strong></p>
<p style="font-size: 14px">Le Pinkerton de <strong>Stefano Secco</strong> est solide et fiable mais c&rsquo;est une voix plutôt sèche, sans mauvais jeu de mots,  qui souffre de l&rsquo;inévitable comparaison avec ses illustres prédécesseurs au disque (Pavarotti, Björling, Kaufmann&#8230;). <strong>Lester Lynch</strong> est un Sharpless gentil mais cotonneux, <strong>Elisabeth Kulman</strong> est une Suzuki idéale, dévouée et émouvante. Le reste du casting est tout à fait honorable.</p>
<p>Cette nouvelle version n&rsquo;est donc pas près de détrôner les piliers de la discographie de Madame Butterfly, en tout premier lieu pour nous Karajan, les somptuosités du philharmonique de Vienne, et son duo de stars Freni et Pavarotti (Decca), et juste après Pappano, Gheorghiu et Kaufmann et la chaleur des musiciens romains de l&rsquo;Accademia Santa Cecilia (Warner)</p>
<p> </p>
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		<title>Die Fledermaus</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/die-fledermaus-du-champagne-avec-moderation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Mar 2019 06:59:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Enregistrée en janvier 2018 à Hanovre sous la direction de Lawrence Foster, voici une Chauve-Souris qui, malgré des atouts indéniables, peine à prendre son envol. Ce n’est pourtant pas à cause des dialogues, adaptés pour l’occasion par Nikolai Schukoff (l’interprète d’Eisenstein), et qui conviennent parfaitement au format du disque : sans rendre toutes les facéties de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Enregistrée en janvier 2018 à Hanovre sous la direction de <strong>Lawrence Foster</strong>, voici une <em>Chauve-Souris</em> qui, malgré des atouts indéniables, peine à prendre son envol.</p>
<p>Ce n’est pourtant pas à cause des dialogues, adaptés pour l’occasion par <strong>Nikolai Schukoff</strong> (l’interprète d’Eisenstein), et qui conviennent parfaitement au format du disque : sans rendre toutes les facéties de l’intrigue et mettant certains petits rôles de côté, ils paraîtraient trop brefs et légers pour une représentation ; mais ils se révèlent d’une longueur idéale à l’écoute.</p>
<p>La faute en revient plutôt à un plateau vocal inégal. <strong>Laura Aikin</strong> domine la distribution en Rosalinde : voix puissante, autorité, aigu éclatant, la soprano se saisit de la czardas du deuxième acte à bras le corps et incarne son personnage avec conviction dans les dialogues parlés. Falke et Franck bénéficient également d’interprètes de choix, tant vocalement que dramatiquement, à travers les voix de <strong>Mathias Hausmann</strong> et <strong>Jochen Schmeckenbecher</strong>, qui allient beauté du timbre et engagement dans la diction. Quant à <strong>Elisabeth Kulman</strong>, son Orlofsky convainc grâce à des aigus assurés, une vraie homogénéité dans le bas-medium et le grave, ainsi qu’à une voix parlée rendue étonnamment masculine !</p>
<p>La déception vient plutôt de Nikolai Schukoff (Eisenstein) et <strong>Christian Elsner</strong> (Alfred) : on regrette chez les deux ténors des sons trop ouverts et une prononciation qui manque de mordant.</p>
<p>De son côté, <strong>Annika Gerhards</strong> offre à Adèle une voix riche et corsée, mais que l’on ne peut s’empêcher de trouver un peu lourde pour le rôle – la faute sans doute à une direction empesée dans ses deux airs. Des inspirations sonores et une gouaille un peu outrancière dans les dialogues font perdre au personnage la vivacité et la légèreté qu’on en attend. C’est dommage car les aigus sont beaux : c’est presque en Rosalinde qu’on voudrait l’entendre !</p>
<p>Reste le cas du Frosch de <strong>Kurt Rydl</strong> : s’il possède une belle voix de basse, profonde, vibrante, on s’interroge sur le choix d’insérer dans cette <em>Chauve-Souris </em>la « Chanson de la puce » de Moussorgski et le « O wie will ich triumphieren » de <em>L’Enlèvement au Sérail</em>. S’il s’agissait d’offrir un contrepoint sérieux à la comédie, c’est réussi… mais était-ce bien utile ?</p>
<p>On espérait que l’orchestre dynamise cette distribution qui, sans convaincre totalement, ne possède pas moins de belles qualités ; mais bien que Lawrence Foster dirige la NDR Radiophilharmonie avec un vrai sens du détail – notamment grâce aux pupitres des vents qui donnent du relief à la partition – les musiciens sont trop souvent en retrait, effacés. On regrette quelques tempos bien lents, notamment dans « Mein Herr Marquis » et le trio « Ich stehe voll Zagen » : où est passé le charme viennois du maître de la valse ?</p>
<p>Signalons un détail – mais qui a son importance pour un auditeur francophone –, le livret accompagnant le CD n’est traduit qu’en anglais. Maîtriser la langue de Goethe ou de Shakespeare s’impose si l’on espère comprendre les dialogues…</p>
<p>Une <em>Chauve-Souris</em> qui possède donc des atouts, mais une <em>Chauve-Souris</em> sans la valse et le champagne : il nous manque le tournis.</p>
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		<title>Le Requiem à cheval victime de son succès</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-requiem-a-cheval-victime-de-son-succes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Aug 2016 12:30:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est bien connu, on ne change pas une équipe qui gagne. Le tandem formé par Marc Minkowski et Bartabas ayant connu à Salzbourg en janvier 2015 un franc succès avec son Davide penitente dirigé par le premier et « dansé » par les chevaux du second, la Semaine Mozart a prévu de remettre le couvert pour 2017, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est bien connu, on ne change pas une équipe qui gagne. Le tandem formé par <strong>Marc Minkowski </strong>et <strong>Bartabas</strong> ayant connu <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/dvd/davide-penitente-horsegang-amadeus">à Salzbourg en janvier 2015</a> un franc succès avec son <em>Davide penitente</em> dirigé par le premier et « dansé » par les chevaux du second, la Semaine Mozart a prévu de remettre le couvert pour 2017, avec un projet musicalement plus ambitieux, puisqu’il s’agit cette fois de s’attaquer à rien moins que le <em>Requiem</em>. Trois représentations étaient donc prévues au Manège des Rochers pour janvier prochain, mais face au nombre de demandes, il a fallu en ajouter une quatrième. Outre les Musiciens du Louvre, les solistes humains seront <strong>Genia Kühmeier, Elisabeth Kulman, Julien Behr</strong> (cocorico) et <strong>Charles Dekeyser</strong> ; les solistes non-humains seront bien sûr les pensionnaires de l’Académie équestre de Versailles, comme en 2015.</p>
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		<title>DVOŘÁK, Stabat Mater — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/stabat-mater-de-dvorak-paris-philharmonie-dvorak-sur-les-sentiers-de-la-gloire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Apr 2016 22:58:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Antérieur au Requiem, à Rusalka, au Concerto pour violoncelle ou aux trois dernières symphonies, le Stabat Mater est l’œuvre d’un Antonin Dvorak déjà trentenaire, mais encore bien loin de la gloire qu’il fera sienne quelques années plus tard. L’œuvre par laquelle, plus précisément, il commence à tutoyer la gloire : en 1884, les premières représentations londoniennes &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Antérieur au <em>Requiem, </em>à <em>Rusalka</em>, au Concerto pour violoncelle ou aux trois dernières symphonies, le <em>Stabat Mater </em>est l’œuvre d’un Antonin Dvorak déjà trentenaire, mais encore bien loin de la gloire qu’il fera sienne quelques années plus tard. L’œuvre par laquelle, plus précisément, il commence à tutoyer la gloire : en 1884, les premières représentations londoniennes sont un triomphe qui annonce la commande, l’année suivante, de la 7<sup>e</sup> Symphonie par la London Philharmonic Society.</p>
<p class="rtejustify">Avant le couronnement final, quel chemin chaotique pour cette première grande œuvre religieuse du compositeur tchèque ! Une composition affreusement rythmée par la mort de ses trois premiers enfants, un long abandon de la partition avant sa remise sur le métier, une première version, finalement, où le piano se fait seul accompagnateur des voix.</p>
<p class="rtejustify">Cette primauté au chant, la version orchestrée l’accorde toujours. Moins opulent, peut-être moins coloré que dans les pièces futures, l’orchestre a l’unité d’un seul instrument, et son écoute pourrait à elle seule défaire l’image d’un Dvorak uniformément rutilant dans ses compositions. <strong>Tomáš Netopil</strong> n’est pas désoeuvré pour autant : il ne cherche pas à diriger un petit frère caricatural du <em>Requiem </em>de Verdi, et conserve, du tragique de l’introduction à la ferveur du chœur final, une cohérence et une élégance dénuées d’ostentation, même quand il s’agit de ne pas trahir le soupçon de grandiloquence que l’on peut trouver au détour d’un mouvement.</p>
<p class="rtejustify">De quoi mettre en confiance des chanteurs mieux que sollicités, sublimés plutôt, toujours au premier rang des plans sonores. Le <strong>Chœur de l’Orchestre de Paris</strong>, à cet égard, tire profit d’une exposition qui pourrait lui être fatale, où il montre pourtant une unité quasiment chambriste : la plus belle des récompenses pour l’ambitieux travail de <strong>Lionel Sow</strong>. Du côté des solistes, tout juste aura-t-on noté quelques problèmes d’intonations dans les premières interventions de <strong>Dmitry Korchak</strong>, des aigus un peu tirés chez <strong>Aga Mikolaj</strong>, perturbée, au moment d’entamer « Fac, ut portem Christi mortem », par l’évacuation d’une spectatrice qui s’est sentie mal : ces quelques réserves sont vite balayées, pour lui, investi et stylé, comme pour elle, expressive et musicienne. Pas l’ombre d’un doute ne traverse l’esprit de qui entend la voix profonde de <strong>Georg Zeppenfeld</strong>, tandis qu’<strong>Elisabeth Kulman</strong>, qu’il faudra s’habituer à ne plus applaudir que dans des oratorios et des récitals maintenant qu’elle s’est détournée de la scène, apporte à  « Inflammatus et accensus » une grandeur théâtrale de trop bon goût pour être déplacée. Un Dvorak émacié ? Au contraire : un Dvorak transcendant trouvant, par-delà les tentations de l’excès et de l’extraversion, le chemin du chant. Et les sentiers de la gloire.</p>
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		<item>
		<title>Elisabeth Kulman se retire des scènes lyriques</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/elisabeth-kulman-se-retire-des-scenes-lyriques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2015 05:03:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La mezzo autrichienne vient de publier le communiqué suivant : « Elisabeth Kulman a décidé de concentrer ses activités futures sur les concerts, les récitals et les opéras en version de concert. Elle s’est donc retirée de tous les projets scéniques auxquels elle devait participer dans plusieurs maisons d’opéra et festivals internationaux. Lorsqu’elle revoit sa carrière opératique, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La mezzo autrichienne vient de publier le communiqué suivant : « <strong>Elisabeth Kulman </strong>a décidé de concentrer ses activités futures sur les concerts, les récitals et les opéras en version de concert. Elle s’est donc retirée de tous les projets scéniques auxquels elle devait participer dans plusieurs maisons d’opéra et festivals internationaux. Lorsqu’elle revoit sa carrière opératique, Elisabeth Kulman est heureuse et reconnaissante mais elle espère que le public comprendra sa décision personnelle. Elle a hâte d’aborder ses prochains projets artistiques ». Carrière scénique plus que brève, puisque Elisabeth Kulman avait fait ses débuts en 2001, en tant que soprano, dans le rôle de Pamina ; en juin 2005, on avait pu l’applaudir à l’Opéra de Paris dans la version Pina Bausch de l’<em>Orfeo</em> de Gluck. Parmi les incarnations prévues pour l’avenir, passent donc à la trappe son Orlowsky munichois pour les fêtes de Noël, sa Fricka viennoise de janvier 2016, sa Carmen à Munich en mai et sa Brangäne à Berlin en juin…</p>
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