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	<title>Mariusz KWIECIEŃ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Mariusz KWIECIEŃ - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Mariusz Kwiecień quitte la scène</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/mariusz-kwiecien-quitte-la-scene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2020 04:40:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une interview à la Radio Polonaise, le baryton polonais a annoncé son retrait des scènes et se consacrera prioritairement à l&#8217;Opéra de Wrocław qu&#8217;il dirige. Ces dernières années, la carrière du baryton polonais, aujourd&#8217;hui âgé de seulement 47 ans, avait été affectée par de nombreuses annulations dues à des problèmes de santé. « J&#8217;ai subi &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans une interview à la Radio Polonaise, le baryton polonais a annoncé son retrait des scènes et se consacrera prioritairement à l&rsquo;<a href="https://www.opera.wroclaw.pl/1/index.php">Opéra de Wrocław </a>qu&rsquo;il dirige. Ces dernières années, la carrière du baryton polonais, aujourd&rsquo;hui âgé de seulement 47 ans, avait été affectée par de nombreuses annulations dues à des problèmes de santé. « <em>J&rsquo;ai subi ma première chirurgie de la colonne vertébrale à New York, où j&rsquo;ai été emmené directement de la scène à l&rsquo;hôpital lors d&rsquo;une représentation de </em>Don<em> </em>Giovanni <em>à cause d&rsquo;un disque déplacé </em>(à l&rsquo;entracte de la représentation du 11 mai 2017). <em>Un an après cet événement, à Londres pendant un </em>Don Carlos <em>j&rsquo;ai eu un deuxième déplacement. Ensuite, un implant a dû être inséré. Maintenant, il y a d&rsquo;autres problèmes et mon activité scénique serait très limitée. C&rsquo;est pourquoi je serai désormais le directeur de l&rsquo;Opéra de Wrocław à temps complet</em> ».  Régulièrement affiché au Metropolitan de New-York (214 représentations), à Londres ou à Munich, Mariusz Kwiecień avait participé à quatre productions à l&rsquo;Opéra de Paris : <em>L&rsquo;Elisir d&rsquo;amor</em>, <em>Eugène Onéguine</em>, <em>I Puritani </em>et <em>Król Roger</em>, l&rsquo;un des spectacles phare du mandat de Gerard Mortier.           </p>
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		<title>PUCCINI, La Bohème — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-boheme-londres-roh-renouveau-reussi-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2020 05:53:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la rediffusion en streaming de La Bohème au Royal Opera House de Londres (visible jusqu&#8217;au 17 juillet 2020), nous vous proposons de retrouver ci-après le compte rendu de la représentation du 16 septembre 2017.  Rien n’est plus hasardeux que de remplacer une production dont le succès n’était pas démenti … depuis 43 ans ! Pari &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong style="font-size: 14px;text-align: justify">A l&rsquo;occasion de la rediffusion en streaming de <em>La Bohème</em> au Royal Opera House de Londres (<a href="https://www.roh.org.uk/tickets-and-events/la-boheme-stream-details">visible jusqu&rsquo;au 17 juillet 2020</a>), nous vous proposons de retrouver ci-après le compte rendu de la représentation du 16 septembre 2017. </strong></p>
<hr />
<p style="font-size: 14px">Rien n’est plus hasardeux que de remplacer une production dont le succès n’était pas démenti … depuis 43 ans ! Pari plutôt réussi avec cette nouvelle <em>Bohème </em>réalisée par <strong>Richard Jones</strong> qui possède déjà de beaux atouts, mais qui gagnera toutefois à être peaufinée. Ainsi, au premier acte, la chambre des bohémiens laisse perplexe : vide, propre et fortement éclairée, elle fait davantage penser à un loft attendant de riches investisseurs qu’au sordide local où résident nos étudiants.  Mais le deuxième acte renoue avec le spectaculaire, avec des changements à vue particulièrement réussis. A la chambre d’étudiant succèdent, sans heurt, un ensemble de passages couverts, avec de beaux effets de perspective, puis le restaurant Momus, enfin une rue éclairée par des lampadaires pour le défilé final. La baraque du troisième acte rend bien l’atmosphère de la barrière de l’octroi, toujours sans réalisme excessif, la neige étant omniprésente lors des trois premiers actes.  </p>
<p style="font-size: 14px">Pour cette création Jones bénéficie d’une belle brochette de jeunes chanteurs talentueux dont la crédibilité physique ajoute à la réussite du spectacle. Si le chant n’a pas la perfection de certaines représentations starisées, et même si l’alchimie ne prend pas toujours entre les protagonistes (par exemple dans le duo du premier acte ou dans la « bataille » du dernier), sa direction d’acteur fouillée offre beaucoup de beaux moments (par exemple, Florent Sempey en roue libre au finale de l’acte II). Surtout, la mort de Mimi, superbement rendue, nous arrache une larme par la justesse théâtrale de la scène. N’est-ce pas le plus beau compliment qu’on puisse faire à une <em>Bohème </em>?</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="281" src="/sites/default/files/styles/large/public/boheme_3.jpg?itok=PV9ydURG" title="© Catherine Ashmore /ROH" width="468" /><br />
	© Catherine Ashmore /ROH</p>
<p style="font-size: 14px"><strong>Michael Fabiano</strong> offre un Rodolfo un peu uniformément sonore, mais capable de belles nuances dans l’expression du texte. L’aigu est au rendez-vous, avec un contre-ut venant couronner un air non transposé. La Mimi de<strong> Nicole Car</strong> est initialement d’une réserve toute britannique. Son troisième acte est en revanche d’un engagement total, à donner la chair de poule. Le timbre est un peu passe-partout, mais la technique est impeccable et la musicalité toujours au rendez-vous. Le Marcello de<strong> Mariusz Kwiecień </strong>volerait presque la vedette de Rodolfo par son abattage. L’émission est facile, le chant plaisant par son naturel. La voix de <strong>Simona Mihai </strong>n’est pas très puissante, mais elle campe superbement une Musetta alcoolisée, libérée de toutes inhibitions, dans une scène de séduction du plus haut comique. Comme signalé plus haut, le Schaunard de <strong>Florent Sempey</strong> crève l’écran. <strong>Luca Tittoto</strong> est un Colline bien chantant mais un peu discret.</p>
<p style="font-size: 14px">La direction d’<strong>Antonio Pappano</strong> vaudrait à elle seule une seconde écoute : l’acoustique excellente pour les voix nous fait parfois oublier de prêter attention aux subtilités de l’orchestre. Une fois de plus, le chef britannique se révèle un des meilleurs chefs de théâtre actuel, capable de renouveler la lecture d’une partition que l’on imaginait rebattue, sans jamais perdre le fil du drame. Pappano sait aussi faire preuve d’humour, forçant des <em>glissandi </em>comiques à la limite de la justesse dans la scène où Benoît raconte ses tribulations sentimentales. Cette représentation qui, sur le papier, ne payait pas nécessairement de mine, se révèle une bonne surprise, une partie de la salle optant d&rsquo;ailleurs pour la <em>standing ovation</em>.</p>
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		<item>
		<title>Mariusz Kwiecien fait acte de présence au Met</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/mariusz-kwiecien-fait-acte-de-presence-au-met/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marceau Ferrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Nov 2018 07:54:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La logique des contrats a ses mystères&#8230; Mariusz Kwiecien est actuellement à l&#8217;affiche du Metropolitan Opera dans la production des Pêcheurs de perles de Penny Woolcock, qu&#8217;il a inaugurée à New York en 2017 aux côtés de Diana Damrau et Matthew Polenzani. Le 15 novembre, soir de la première, l’annonce fut faite après l’entracte que Monsieur Kwiecien &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La logique des contrats a ses mystères&#8230; <strong>Mariusz Kwiecien</strong> est actuellement à l&rsquo;affiche du Metropolitan Opera dans la production des <em>Pêcheurs de perles</em> de Penny Woolcock, qu&rsquo;il a inaugurée à New York en 2017 aux côtés de Diana Damrau et Matthew Polenzani. Le 15 novembre, soir de la première, l’annonce fut faite après l’entracte que Monsieur Kwiecien était souffrant et qu’il se retirait de la représentation. Rebelote lors de la troisième représentation, le 20 novembre : après un premier acte au cours duquel la voix a paru terne, le baryton a été remplacé pour le reste de la soirée. Bien que le public y gagne au change avec le ténébreux Zurga du jeune Américain <strong>Alexander Birch Elliott </strong>(qui fit ses débuts au Met lors de la première), faut-il s’attendre à ce que ce jeu de remplacement se répète lors des quatre dates restantes ? Alors que le nom de Monsieur Eliott n’apparaît toujours pas sur le site du Met, ne serait-il pas préférable pour Mariusz Kwiecien de prendre le temps de se reposer afin de préparer sa série de <em>Pêcheurs de perles</em> à Houston dans quelques mois ?</p>
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		<title>La Bohème</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-boheme-sans-chercher-la-lune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Nov 2018 07:00:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A supposer même que Puccini soit vériste, cela signifie-t-il qu’il faille nécessairement présenter ses opéras avec un réalisme absolu ? La vérité humaine des sentiments impose-t-elle un cadre en tous points fidèle à une certaine réalité terrestre ? Si l’on exclut l’option extrême que constituait le voyage sur la lune proposé à Bastille par Claus Guth, la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A supposer même que Puccini soit vériste, cela signifie-t-il qu’il faille nécessairement présenter ses opéras avec un réalisme absolu ? La vérité humaine des sentiments impose-t-elle un cadre en tous points fidèle à une certaine réalité terrestre ? Si l’on exclut l’option extrême que constituait le voyage sur la lune proposé à Bastille par Claus Guth, la production londonienne de <em>La Bohème</em>  <a href="https://www.forumopera.com/la-boheme-londres-roh-renouveau-reussi">créée en septembre 2017</a> occupe un juste milieu entre Zeffirelli et Carsen, entre la reconstitution historique de l’un et l’abstraction poétique de l’autre. <strong>Richard Jones</strong> a eu l’intelligence de proposer un spectacle qui respecte les données du livret tout en l’envisageant d’un œil d’aujourd’hui. Déjà en 1896, l’époque Louis-Philippe était loin de Puccini, et il ne pouvait en avoir qu’une vision déformée par la rétrospection. En ce début de XXI<sup>e</sup> siècle, nous sommes encore plus loin des années 1830, d’où peut-être le regard un peu plus distancié qu’il est permis d’avoir. Les décors (mobiles) et les costumes ancrent bien l’action dans le Paris du XIX<sup>e</sup> siècle, celui des passages couverts chers à Walter Benjamin, un Paris stylisé, autant Second Empire que monarchie de Juillet, peut-être, un Paris des crinolines tel que l’imaginaient les Ballets Russes à la même époque que Puccini, revisité par Léon Bakst pour <em>Carnaval </em>ou <em>La Boutique fantasque</em>. La mansarde est réduite à une sorte d’épure architecturale, charpente parfaitement symétrique où une échelle donne directement accès à ces « cieli bigi » où Rodolfo regarde fumer les cheminées. Au troisième acte, le plateau nu où tombe la neige accueille tout juste la baraque où Marcello peint la façade. Il n’en faut pas plus pour ravir les yeux et pour que le spectateur redevienne le grand enfant qu’il aspire secrètement à être à l’opéra.</p>
<p>Sur le plateau, la jeunesse des interprètes et leur adéquation aux rôles est une égale source de satisfaction, à l’exception de <strong>Luca Tittoto</strong> qui ne semble pas être la véritable basse qu’on aimerait entendre en Colline. Cocorico : Schaunard est interprété par un <strong>Florian Sempey</strong> aussi truculent qu’à son habitude, et l’on peut penser qu’il ne tardera pas à délaisser les habits du musicien pour endosser ceux du peintre. Pour l’heure, Marcello trouve en <strong>Mariusz Kwiecie</strong><strong>ń </strong>un titulaire totalement convaincant, fougueux comme il sied, et au timbre charmeur. Dans un rôle qui n’excède en rien ses moyens, <strong>Michael Fabiano </strong>se montre très à l’aise, Rodolfo rigolard durant tout le premier acte, avec autant de soleil dans la voix que l’exige ce répertoire. Quant aux dames, on se rappelle peut-être que Nadine Sierra aurait dû être Musetta mais que son forfait obligea la Mimì de la deuxième distribution à reprendre le rôle : en tout cas, <strong>Simona Mihai </strong>ne fait qu’une bouchée de la volage maîtresse de Marcello, en nous épargnant toute stridence de soubrette. Même si elle évoque plus de prime abord une institutrice anglaise qu’une grisette parisienne, l’Australienne <strong>Nicole Car</strong> est une Mimì touchante, loin des physiques plantureux auquel on confie parfois la cousette poitrinaire, et vocalement irréprochable. Est-ce la tristesse qu’on devine sur son visage, même lorsqu’il est rieur ? cette Mimì aux yeux bleus suscite une émotion comme on aimerait en ressentir plus souvent au spectacle.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Antonio Pappano </strong> impulse une formidable énergie à cette représentation menée tambour battant, mettant en valeur une orchestration qui prouve que Puccini était à l’écoute de ce qui se composait ailleurs à son époque. On regrette que le bonus où le chef, au piano, livre dans un langage simple quelques-unes clefs de la partition ne dure que cinq minutes, car on pourrait l’écouter ainsi bien plus longtemps, tant son discours est éclairant et accessible.</p>
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		<item>
		<title>BIZET, Les Pêcheurs de perles — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-pecheurs-de-perles-new-york-bizet-facon-bel-canto/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marceau Ferrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Nov 2018 08:16:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Souvent critiqué pour son livret un peu bateau, Les Pêcheurs de perles connaît depuis quelques années un retour en grâce spectaculaire. En témoignent la multiplication de nouvelles productions et un excellent enregistrement en 2017 qui met à l’honneur la nouvelle génération de chanteurs français. Rarement présenté à New York, l’opéra de Bizet avait déjà été monté au Met &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Souvent critiqué pour son livret un peu bateau, <em>Les Pêcheurs de perles</em> connaît depuis quelques années un retour en grâce spectaculaire. En témoignent la multiplication de nouvelles productions et <a href="/cd/les-pecheurs-de-perles-jaimerais-entendre-encore">un excellent enregistrement en 2017</a> qui met à l’honneur la nouvelle génération de chanteurs français. Rarement présenté à New York, l’opéra de Bizet avait déjà été monté <a href="/dvd/les-pecheurs-de-perles-somptueux-quatuor-vocal">au Met en 2016</a> dans la mise en scène de <strong>Penny Woolcock</strong>, inaugurée en 2010 à l’English National Opera. La transposition dans un Sri Lanka moderne où mondialisation se mêle aux traditions permet d’éviter intelligemment l’écueil orientaliste.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="200" src="/sites/default/files/styles/large/public/1600x685_perlesprod.jpg?itok=KyUY3l2x" title="Pretty Yende (Leila) Mariusz Kwiecien (Zurga) et Javier Camarena (Nadir) - Credit: Marty Sohl / Metropolitan Opera" width="468" /><br />
	Pretty Yende (Leila) Mariusz Kwiecien (Zurga) et Javier Camarena (Nadir) © Marty Sohl / Metropolitan Opera</p>
<p>La metteuse en scène britannique revient à ce qui constitue l’essence-même de l’intrigue, c’est-à-dire la mer et offre d’éclairantes clés de lecture. La présence de Leila est le fragile maillon sur lequel repose l’équilibre du village. La rupture des vœux de la prêtresse entraîne logiquement le chaos et le déluge. En faisant de Zurga le parrain de la mafia locale, on comprend mieux pourquoi ce dernier est unanimement désigné chef par les villageois. Les costumes chatoyants et les éclairages subtils forment de somptueux tableaux qui rendent le spectacle très attrayant.</p>
<p>A défaut de francophones, le Metropolitan Opera reprend l’intégralité de la distribution des <em>Puritains </em>de Bellini<em>, </em>donné en octobre au Liceu de Barcelone. Le duo formé par <strong>Javier Camarena</strong> et <strong>Pretty Yende</strong> fait merveille dans une interprétation assurément belcantiste de l’œuvre. Le timbre brillant du ténor mexicain est à l’opposé des Alain Vanzo, Henry Legay ou Cyrille Dubois, aux voix pâles et aux aigus proches du <em>falsetto</em>. Javier Camarena délaisse le côté fleur bleue pour incarner un Nadir solaire, qui impressionne par la pureté des lignes et la tendresse de son chant. Le ténor est cependant mis à mal par les <em>piannissimi </em>de « Je crois entendre encore », difficiles à soutenir sans considérablement alléger la voix. Le timbre argenté, presque lunaire de Pretty Yende convient  au rôle de la prêtresse de Brahma. Drapée dans un sari flamboyant, la soprano sud-africaine irradie tout au long de la représentation. De son premier « Je le veux » éthéré et délicat, à ses supplications bouleversantes, Pretty Yende s’approprie complètement le rôle. On aimerait entendre encore et encore cette voix tendre aux vocalises envoûtantes.</p>
<p>Le Zurga de <strong>Mariusz Kwiecień</strong> est en petite forme dès le début de la représentation. Le beau legato du baryton polonais ne cache pas un timbre voilé. Au terme d’un honorable « Au fond du temple saint », Kweicien se retire définitivement de la production, mettant fin aux spéculations sur son maintien. Son remplaçant, <strong>Alexander Birch Elliott</strong>, convainc dès le début de sa grande scène. La violence presque adolescente de son interprétation est catalysée par un timbre d’un noir intense. La prononciation reste perfectible mais est compensée par un engagement scénique total. L’Américain faisait ses débuts au Metropolitan Opera et assurera le reste des représentations. Seul francophone de la distribution, <strong>Nicolas Testé</strong> dispose de l’autorité nécessaire au rôle du grand prêtre, même si son Nourabad aurait pu se faire encore plus terrifiant.</p>
<p><strong>Emmanuel Villaume</strong> dirige avec générosité l’orchestre du Metropolitan Oprea et exploite totalement la luxuriante palette de couleurs de la partition. Le tempo est cependant trop uniforme et trop rapide dans les moments tendres. Si l’on entend la houle gronder dans « O nuit d’épouvante », on aurait voulu goûter un peu plus longtemps ces moments où le temps suspend son vol l’instant d’une note.</p>
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		<item>
		<title>Bibao, la 3e scène espagnole ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bibao-la-3e-scene-espagnole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Mar 2018 18:22:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Où applaudir la saison prochaine Angela Meade, Javier Camarena, Mariusz Kwiecień, Daniela Barcellona, Roberto Tagliavini, Elena Pankratova, Artur Ruciński ? A New York, Londres ou Munich ? Non, à Bilbao. La saison 2018-19 de la capitale de la Biscaye réussit l’exploit de réunir des chanteurs parmi les prestigieux du moment dans des titres aimés autant du grand &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Où applaudir la saison prochaine<strong> Angela Meade</strong>, J<strong>avier Camarena</strong>, <strong>Mariusz Kwiecień</strong>, <strong>Daniela Barcellona</strong>, <strong>Roberto Tagliavini</strong>,<strong> Elena Pankratova</strong>, <strong>Artur Ruciński </strong>? A New York, Londres ou Munich ? Non, à Bilbao. La <a href="http://www.abao.org/es/Temporada1819.html">saison 2018-19 de la capitale de la Biscaye</a> réussit l’exploit de réunir des chanteurs parmi les prestigieux du moment dans des titres aimés autant du grand public que des initiés : <em>La Bohème</em>, <em>I lombardi</em>, <em>Semiramide, Fidelio</em> et <em>Les Pêcheurs de perles. </em>Avec cette programmation digne des grandes scènes internationales, Bilbao pourrait damer le pion à Valence, <a href="https://www.forumopera.com/breve/valence-en-plein-kafka">actuellement en crise</a>, et prétendre au titre de 3<sup>e</sup> scène espagnole derrière Madrid et Barcelone. Plus d&rsquo;informations sur <a href="http://www.abao.org/es/Temporada1819.html">www.abao.org</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Favorite</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-favorite-madame-porte-la-culotte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Sep 2017 08:52:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme nous l’enseignent les immortels auteurs de Frou-Frou, « La femme porte quelquefois / La culotte dans le ménage ; / Le fait est constaté, je crois, / Dans les liens du mariage ». Dans cette production munichoise de La Favorite, Léonor arbore les trois quarts du temps un tailleur-pantalon, symbolisant sans doute sa domination – au moins &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme nous l’enseignent les immortels auteurs de <em>Frou-Frou</em>, « La femme porte quelquefois / La culotte dans le ménage ; / Le fait est constaté, je crois, / Dans les liens du mariage ». Dans cette production munichoise de <em>La Favorite</em>, Léonor arbore les trois quarts du temps un tailleur-pantalon, symbolisant sans doute sa domination – au moins morale – sur les deux protagonistes masculins, ici dépeints comme de véritables gamins immatures. Ah, la naïveté de ce simplet de Fernand ! Et cet Alphonse, macho qui roule des mécaniques mais qui n’est jamais qu’un sale gosse, comme le montre ce grand moment de théâtre qu’est ici le ballet, transformé en projection de film (invisible) à laquelle assistent le roi et sa maîtresse : en cinq minutes, cette scène muette traduit admirablement la relation entre les deux personnages.</p>
<p>Autrement dit, la mise en scène d’<strong>Amélie Niermeyer </strong>s’impose par de solides qualités dramatiques ; c’est également à elle qu’on doit l’<em>Elisabetta regina d’Inghilterra</em> montée à Vienne et que Christophe Spinosi a présentée en concert à Versailles. Le jeu des acteurs est remarquable, porté par des physiques assez cinématographiques, il faut le dire. On sera moins enthousiastes pour des costumes assez ternes (du moins avant le finale du troisième acte) et un décor monumental mais encombré de chaises hideuses. On est cependant à cent lieues du statisme et des mouvements vains de la <a href="https://www.forumopera.com/dvd/la-favorite-tableaux-pas-tres-vivants">seule vraie version concurrente</a>, qui nous vient du Capitole de Toulouse.</p>
<p>Musicalement, l’oreille est gâtée par quelques timbres somptueux, à condition de ne pas s’intéresser de trop près au texte. <strong>Elina Garanča</strong> joue des charmes capiteux de sa voix, mais escamote toutes les consonnes qui l’embarrassent, et tous les sons sont un peu trop uniformément couverts pour qu’on y trouve des voyelles vraiment françaises. Baryton solide, mais pour un personnage auquel la mise en scène retire toute grandeur, <strong>Mariusz Kwiecień </strong>articule mieux. Néanmoins, on regrette le temps où notre répertoire était encore assez dominant pour que les chanteurs étrangers s’expriment dans un français limpide (écoutez Bidu Sayao et Jussi Björling dans <em>Roméo et Juliette</em>, vous comprendrez). Les e, é et è posent des problèmes à plus d’un, et la notion de diérèse semble bien oubliée – essayez pourtant de chanter <em>Frou-Frou</em> sans prononcer « li-ens du mari-age » et vous serez bien embarrassé. Incontestablement, en matière de diction, <strong>Matthew Polenzani </strong>est le plus à l’aise, avec un français impeccable, et une belle voix claire qui atteint sans difficulté les aigus de Fernand. <strong>Mika Kares</strong> possède un timbre de basse où l’on aimerait entendre parfois plus de noirceur. Et l’on saluera notre compatriote <strong>Elsa Benoît</strong>, en troupe à Munich depuis quelques années, qui arrache Inès à la cohorte des sopranos pépiantes pour en faire un vrai personnage, grâce à une voix plus corsée que les coloratures n’en offrent en général.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Karel Mark Chichon</strong> dirige la partition de Donizetti comme elle le mérite, avec tout le sérieux justifié par l’ambition de ce quasi grand opéra à la française. La noblesse que n’ont pas forcément sur scène les personnages du drame, on l’entend en tout cas dans la musique, dans les sonorités soyeuses d’un orchestre en grande forme.</p>
<p>Ce DVD semble donc pouvoir s’imposer en tête d’une vidéographie par ailleurs assez restreinte. Un regret, néanmoins : serait-il possible de trouver une solution pour que les micros captent les chanteurs, mais pas le souffleur qui, à chaque entrée du chœur, clame haut et fort le premier mot de chaque vers ? Enfin, on se demande à qui a été confié le sous-titrage français, émaillé de coquilles (« Ah ! que je meu<strong>rs</strong> » à la Johnny, ou ce S superflu qu’un petit malin a cru bon de rajouter dans « A mes serments infidèle<strong>s</strong>, j’ai… »). </p>
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		<title>PUCCINI, La Bohème — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-boheme-londres-roh-renouveau-reussi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Sep 2017 06:31:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rien n’est plus hasardeux que de remplacer une production dont le succès n’était pas démenti … depuis 43 ans ! Pari plutôt réussi avec cette nouvelle Bohème réalisée par Richard Jones qui possède déjà de beaux atouts, mais qui gagnera toutefois à être peaufinée. Ainsi, au premier acte, la chambre des bohémiens laisse perplexe : vide, propre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rien n’est plus hasardeux que de remplacer une production dont le succès n’était pas démenti … depuis 43 ans ! Pari plutôt réussi avec cette nouvelle <em>Bohème </em>réalisée par <strong>Richard Jones</strong> qui possède déjà de beaux atouts, mais qui gagnera toutefois à être peaufinée. Ainsi, au premier acte, la chambre des bohémiens laisse perplexe : vide, propre et fortement éclairée, elle fait davantage penser à un loft attendant de riches investisseurs qu’au sordide local où résident nos étudiants.  Mais le deuxième acte renoue avec le spectaculaire, avec des changements à vue particulièrement réussis. A la chambre d’étudiant succèdent, sans heurt, un ensemble de passages couverts, avec de beaux effets de perspective, puis le restaurant Momus, enfin une rue éclairée par des lampadaires pour le défilé final. La baraque du troisième acte rend bien l’atmosphère de la barrière de l’octroi, toujours sans réalisme excessif, la neige étant omniprésente lors des trois premiers actes.  </p>
<p>Pour cette création Jones bénéficie d’une belle brochette de jeunes chanteurs talentueux dont la crédibilité physique ajoute à la réussite du spectacle. Si le chant n’a pas la perfection de certaines représentations starisées, et même si l’alchimie ne prend pas toujours entre les protagonistes (par exemple dans le duo du premier acte ou dans la « bataille » du dernier), sa direction d’acteur fouillée offre beaucoup de beaux moments (par exemple, Florent Sempey en roue libre au finale de l’acte II). Surtout, la mort de Mimi, superbement rendue, nous arrache une larme par la justesse théâtrale de la scène. N’est-ce pas le plus beau compliment qu’on puisse faire à une <em>Bohème </em>?</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="281" src="/sites/default/files/styles/large/public/boheme_3.jpg?itok=PV9ydURG" title="© Catherine Ashmore /ROH" width="468" /><br />
	© Catherine Ashmore /ROH</p>
<p><strong>Michael Fabiano</strong> offre un Rodolfo un peu uniformément sonore, mais capable de belles nuances dans l’expression du texte. L’aigu est au rendez-vous, avec un contre-ut venant couronner un air non transposé. La Mimi de<strong> Nicole Car</strong> est initialement d’une réserve toute britannique. Son troisième acte est en revanche d’un engagement total, à donner la chair de poule. Le timbre est un peu passe-partout, mais la technique est impeccable et la musicalité toujours au rendez-vous. Le Marcello de<strong> Mariusz Kwiecień </strong>volerait presque la vedette de Rodolfo par son abattage. L’émission est facile, le chant plaisant par son naturel. La voix de <strong>Simona Mihai </strong>n’est pas très puissante, mais elle campe superbement une Musetta alcoolisée, libérée de toutes inhibitions, dans une scène de séduction du plus haut comique. Comme signalé plus haut, le Schaunard de <strong>Florent Sempey</strong> crève l’écran. <strong>Luca Tittoto</strong> est un Colline bien chantant mais un peu discret.</p>
<p>La direction d’<strong>Antonio Pappano</strong> vaudrait à elle seule une seconde écoute : l’acoustique excellente pour les voix nous fait parfois oublier de prêter attention aux subtilités de l’orchestre. Une fois de plus, le chef britannique se révèle un des meilleurs chefs de théâtre actuel, capable de renouveler la lecture d’une partition que l’on imaginait rebattue, sans jamais perdre le fil du drame. Pappano sait aussi faire preuve d’humour, forçant des <em>glissandi </em>comiques à la limite de la justesse dans la scène où Benoît raconte ses tribulations sentimentales. Cette représentation qui, sur le papier, ne payait pas nécessairement de mine, se révèle une bonne surprise, une partie de la salle optant d&rsquo;ailleurs pour la <em>standing ovation</em>.</p>
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		<title>Gala du cinquantenaire du Metropolitan Opera au Lincoln Center — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gala-du-cinquantenaire-du-metropolitan-opera-au-lincoln-center-new-york-pluie-detoiles-au/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 May 2017 21:42:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ouvert en 1883, l&#8217;ancien bâtiment du Metropolitan Opera fut vite jugé obsolète puisque, dès 1908, son remplacement par une salle plus grande et plus adaptée fut sérieusement envisagé. A la fin des années 20, il fut ainsi question de l&#8217;intégrer au complexe du Rockefeller Center. C&#8217;est en 1955 que le site de Lincoln Square fut choisi &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ouvert en 1883, l&rsquo;ancien bâtiment du Metropolitan Opera fut vite jugé obsolète puisque, dès 1908, son remplacement par une salle plus grande et plus adaptée fut sérieusement envisagé. A la fin des années 20, il fut ainsi question de l&rsquo;intégrer au complexe du Rockefeller Center. C&rsquo;est en 1955 que le site de Lincoln Square fut choisi pour accueillir ce qui allait devenir le pôle culturel du Lincoln Center, regroupant opéra, ballet et musique classique. Le New Met fut finalement inauguré le 16 septembre 1966, c&rsquo;est-à-dire près de 60 ans après que la nécessité de ce déplacement eut été jugée impérative.</p>
<p>Pour le cinquantenaire de cette inauguration, le Met proposait un de ses galas dont il a le secret. <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/addio-del-passato">Comme en 2009</a>,  la formidable mise en scène de la soirée, signée cette fois <strong>Julian Crouch</strong>, fait la part belle aux vidéos : l&rsquo;ouverture de<em> West Side Stor</em>y (un clin d’œil à la localisation géographique), sous la baguette de<strong> </strong>Yannick Nézet-Séguin, présente une animation des différentes esquisses préalables (il y eut 44 versions de l&rsquo;extérieur !), des plans, jusqu&rsquo;à la construction de la salle. Par la suite, les décors, rehaussés par des projections, vont faire revivre les grandes mises en scène de cette période : il suffira de presque rien pour reconnaître <em>La Bohème</em> de Franco Zeffirelli ou pour faire revivre la production <em>Die Zauberflöte</em> en animant les dessins de Marc Chagall.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/met_1_1.jpg?itok=s2NQEZIH" title="© Jonathan Tichler/Metropolitan Opera" /><br />
	© Jonathan Tichler/Metropolitan Opera</p>
<p>La soirée offre de vraies pépites : on ira au bout de monde pour entendre<strong> Sonya Yoncheva</strong> et<strong> Joseph Calleja</strong> dans <em>La Bohème</em> après avoir goûté leur magnifique complémentarité dans leurs airs et duo de l’acte I. Dans Donizetti, <strong>Javier Camarena</strong> fait chavirer la salle avec <a href="https://youtu.be/qDYWOc_kQgI">un Tonio insolent</a>, et <strong>Pretty Yende</strong> avec son adorable Norina (aux côtés de <strong>Mariusz Kwiecen</strong>). La scène de folie de <em>Boris Godounov</em> trouve un interprète d’exception avec <strong>René Pape</strong>. <strong>Angela Meade</strong> électrise le trio d’<a href="https://youtu.be/R_B2LIauU6k"><em>I Lombardi</em></a>. <strong>Renée Fleming </strong>chante un « Porgi, Amor » tout simplement sublime de beau son. <strong>Piotr Beczała</strong> est un Rodolfo de <em>Luisa Miller</em> superbe d&rsquo;élégance. Enfin <strong>Anna Netrebko</strong> impressionne par sa puissance dans le premier air de Lady Macbeth (avec reprise mais sans variations) et dans celui de <em><a href="https://youtu.be/XtG8Eab-wTk">Madama Butterfly</a> </em>(dont elle fait un personnage plus proche de Turandot que de la fragile japonaise !). <a href="http://www.forumopera.com/breve/retour-surprise-de-dmitri-hvorostovsky-au-met">Mais c’est bien sûr la présence « surprise » de <strong>Dmitri Hvorostovsky</strong> qui bouleverse l’assistance</a> : l’ovation qui l’accompagne montre que le public du Met, même pour un gala aussi « people », est un public de connaisseurs qui aiment les chanteurs. Inévitablement, la soirée a aussi son lot de contre-performances : <strong>Kristine Opolais</strong> ne convainc pas en <em>Tosca </em>et <strong>Diana Damrau</strong> rate le suraigu de <em>La Traviata. </em>Le Metropolitan sait accueillir tous les répertoires, du baroque au contemporain, et c&rsquo;est ainsi que se succèdent le duo de <em>Giulio Cesare</em> (superbement chanté par <strong>Stéphanie Blythe</strong> et <strong>David Daniels</strong>) et un extrait de <em>The Tempest</em>. Le duo de <em>Thaïs </em>en double version esperanto (Domingo) et volapük (Fleming) laisse le public interrogatif au point qu&rsquo;il en oublie presque d&rsquo;applaudir. <strong>Dolora Zajick</strong>, très en voix, n&rsquo;est pas suffisamment mise en valeur par l&rsquo;air de la Princesse de Bouillon et <strong>Elina Garanča</strong> pas davantage avec un « Mon cœur s&rsquo;ouvre à ta voix » d&rsquo;une rare musicalité mais un peu grave pour sa tessiture naturelle. L’indéboulonnable <strong>Plácido Domingo</strong> campe un Gérard convaincant et un Athanaël en service minimum. Nous sommes heureux de retrouver <strong>James Morris</strong>, superbe Grand Inquisiteur face au Filippo surprenant de <strong>Günther Groissböck </strong>(un chanteur qu&rsquo;on n&rsquo;attendait pas dans le répertoire italien). Il aurait été plus émouvant d’entendre le Credo de Iago chanté par Sherrill Milnes (présent dans la salle) plutôt que mollement interprété par <strong>Željko Lučić</strong>. On regrettera l&rsquo;absence de Roberto Alagna, formidable Cyrano de Bergerac la veille et qui aurait été le partenaire idéal de la magnifique <strong>Susan Graham</strong> dans <em>Les Troyens</em>. Au chapitre des curiosités, on notera la <em><a href="https://youtu.be/KYilS01RPgI">Semiramide</a> </em>de <strong>Joyce DiDonato</strong> (qui chantait également <em>Werther</em>) et les deux prestations contrastées de <strong>Vittorio Grigòlo </strong>: un « Ah ! Lève-toi, soleil ! » de <em>Roméo et Juliette</em> aux tempos aléatoires et généralement sans rapport avec la partition, mais aussi une interprétation prometteuse du dernier air de Cavaradossi : il faut dire que cette fois,<strong> James Levine </strong>veillait au grain.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/boheme_1.jpg?itok=hC5hKXXS" title="©  Ken Howard/Metropolitan Opera" /><br />
	©  Ken Howard/Metropolitan Opera</p>
<p>Quoiqu’extrêmement diminué par son Parkinson, le chef américain a une fois de plus fait preuve de son extraordinaire talent et de sa diversité : ni Yannick Nézet-Séguin, ni <strong>Marco Armiliato</strong> (parfois un peu bruyant) ne nous ont autant convaincus ce soir à la tête de la formation new-yorkaise. Quelques projections d&rsquo;interviews agrémentent le fil du concert : Leontyne Price raconte avec humour la création d’<em>Anthony and Cleopatra</em> ; Marc Chagall supervise l&rsquo;installation de ses deux fresques ; le chantier du Lincoln Center est lancé par le président Eisenhower ;  le parcours artistique de James Levine est rappelé au travers d’extraits s’étalant sur plusieurs décennies ; l’origine accidentelle des fameux lustres qui décorent la salle nous est également révélée (Alors que l’architecte Wallace K. Harrison devait présenter un dessin du hall à Rockerfeller et aux autres soutiens financiers du projet, des tâches de peinture blanche étaient inopportunément tombées sur la feuille. Dans l’urgence, les points blancs avaient été maquillés en étoiles, suscitant l’enthousiasme desdits sponsors au grand étonnement de l&rsquo;architecte qui sut rebondir sur cet accident pour concevoir les lustres).</p>
<p>La soirée, commencée près de cinq heures plus tôt, s&rsquo;achève <a href="https://www.facebook.com/MetOpera/videos/10158774017320533/">sur la conclusion de la scène du triomphe d’<em>Aida</em>, tandis que des photos des gloires de ces cinquante dernières années surgissent sur un écran comme une pluie d’étoiles sous les applaudissements de la salle</a> : Bergonzi, Pavarotti, Kraus, Corelli, Price, Tucker, Crespin, Bacquier, van Dam, Verrett, Rysanek, Sutherland, Cossotto, Nilson, Horne, Kleiber, Caballé, Gedda, Scotto &#8230; et dans la salle Bonynge, Amara (éternelle doublure aujourd&rsquo;hui agée de 93 ans), Arroyo, Stratas &#8230; Au total, 90 artistes fidèles au Metropolitan et auxquels l&rsquo;institution new-yorkaise, sait rendre cet émouvant hommage.  Signalons enfin que ce gala était accessible à tous les publics puisqu&rsquo;on pouvait y assister pour quelques dizaines de dollars ou quelques milliers. C&rsquo;est ça aussi le Met !</p>
<p> </p>
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		<title>Les Pêcheurs de perles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-pecheurs-de-perles-somptueux-quatuor-vocal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Feb 2017 04:24:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La saison passée, le Metropolitan Opera avait mis à l’affiche Les Pêcheurs de perles, spectacle qui a été diffusé dans les cinémas voici un peu plus d’un an et qui paraît aujourd’hui en DVD sous le label Erato. La production signé Penny Woolcock avait été créée à l’English National Opera en 2010. La metteuse en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La saison passée, le Metropolitan Opera avait mis à l’affiche <em>Les Pêcheurs de </em>perles, spectacle qui a été diffusé dans les cinémas voici un peu plus d’un an et qui paraît aujourd’hui en DVD sous le label Erato. La production signé <strong>Penny Woolcock</strong> avait été créée à l’English National Opera en 2010. La metteuse en scène transpose l’action de nos jours quelque part en Asie du sud-est. Au premier acte, le décor représente une sorte de bidonville sur pilotis, fait de bric et de broc éclairé la nuit par des lampions multicolores. Leila est amenée sur une pirogue. D’ailleurs la mer est omniprésente dans cette production : durant le prologue, des acrobates évoluent parmi des projections ondoyantes de lumière bleutée, donnant ainsi l’illusion de plongeurs sous-marins tandis que l’orage qui conclut l’acte deux est illustré par des images de vagues gigantesques qui évoquent un tsunami. Au troisième acte, la demeure de Zurga est une immense pièce délabrée dans laquelle s’entassent des meubles usés, une ancienne télévision cathodique, un ordinateur vétuste, avec au mur des étagères où s’empilent de vieux dossiers. Les personnages sont vêtus de costumes mi-traditionnels, mi-modernes où dominent les teintes chaudes, orange, jaune, ocre. Leila porte un magnifique sari rouge et or, Zurga, un gilet bleu par-dessus une chemise et un pantalon noir. La tenue de Nadir, chemise violette et bermuda à carreaux vert et noir, est moins heureuse. La direction d’acteurs a le mérite d’être précise et les mouvements de foule sont bien réglés.</p>
<p>La distribution, sans faille, réunit quatre chanteurs de haut niveau dont les moyens conviennent idéalement aux rôles qu’ils interprètent. <strong>Nicolas Testé</strong>, voix de bronze et diction parfaite, propose un Nourabad sévère et intraitable, aveuglé par ses convictions religieuses. <strong>Mariusz Kwiecien</strong> et <strong>Matthiew Polenzani</strong> qui appartiennent à la même génération, forment un couple d’amis crédible et bien assorti dont le français est à peu près intelligible. Le premier campe un Zurga qui laisse paraître sous sa carapace autoritaire une certaine fragilité, notamment face à Leila. Son air du troisième acte, « L’orage s’est calmé », bénéficie d’une ligne de chant d’une élégance exemplaire et d’un timbre homogène et suave, capable de séduire autant que d’émouvoir. Le second doté d’une voix claire et lumineuse, incarne un Nadir d’un raffinement inouï. Le ténor s’offre le luxe de chanter tout son air « Je crois entendre encore » en voix mixte, avec un legato impeccable et de l’achever par un contre-ut pianissimo, comme dans un rêve. Jeune homme amoureux, il parsème son duo avec Leila « Ton cœur n’a pas compris le mien » d’accents d’une tendresse infinie du plus bel effet. Enfin <strong>Diana Damrau </strong>trouve en Leila un rôle à la mesure de ses moyens actuels qui lui permet, sans forcer sa voix, d’exprimer les divers sentiments qu’éprouve l’héroïne. Tout au plus pourrait-on lui reprocher certaines minauderies – son péché mignon – au début de l’ouvrage. Au deuxième acte, sa cavatine « Me voilà seule dans la nuit », chantée avec simplicité et naturel, dispense une émotion contenue. Enfin, la soprano allemande traduit à merveille la détermination inébranlable du personnage lors de son affrontement avec Zurga au dernier acte.</p>
<p>La direction énergique et contrastée de <strong>Gianandrea Noseda</strong> participe à la réussite de l’ensemble. Signalons que c’est la partition originale de 1863 que l’on entend ici sans les ajouts postérieurs à la mort de Bizet. Ainsi, lors du dénouement, Zurga n’est pas châtié par Nourabad mais reste seul en scène tandis que derrière lui le village est la proie des flammes.</p>
<p>Cet enregistrement vient se hisser au sommet d’une vidéographie qui jusqu’ici ne proposait que deux versions, la première, filmée à La Fenice en 2004 avec Annick Massis en Leila et Marcello Viotti à la baguette (Dynamic), la seconde avec Patrizia Ciofi et Dmitri Korchak sous la direction de Gabriele Ferro au San Carlo de Naples en 2014 (Cmajor).</p>
<p> </p>
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