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	<title>Violaine LE CHENADEC - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Violaine LE CHENADEC - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Purcell at Prayer – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-at-prayer-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Sep 2024 03:58:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour cette deuxième journée de la manifestation «&#160;Dans les jardins de William Christie&#160;» à Thiré en Vendée, le temps s’annonce on ne peut plus clément. Contrairement à la veille, le vent est tombé et le soleil est au zénith. Encore tout émus des découvertes de la veille, les visiteurs se pressent dans les jardins pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour cette deuxième journée de la manifestation «&nbsp;Dans les jardins de <strong>William Christie</strong>&nbsp;» à Thiré en Vendée, le temps s’annonce on ne peut plus clément. Contrairement <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/">à la veille</a>, le vent est tombé et le soleil est au zénith. Encore tout émus des découvertes de la veille, les visiteurs se pressent dans les jardins pour se repaître des activités qu’ils n’ont pas eu le temps de pratiquer le jour précédent. Il y a ceux qui se lancent en famille dans un parcours itinérant de danse baroque dans le village et les espaces verts sur le thème des <em>Mémoires</em> de Casanova, quand d’autres se passionnent pour le chant participatif sur le thème des oiseaux guidés par <strong>Sophie Daneman</strong>, celle-là même qui met en mouvement le très beau <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/">Dido and Aeneas</a></em> donné en soirée sur le miroir d’eau, alors que d’autres visitent avec les jardiniers les différents espaces des jardins pensés et conçus par William Christie. De notre côté, nous écoutons avec délectation les <em>Conversations croisées </em>entre l’historien de l’art <strong>Henry-Claude Cousseau</strong> et l’académicien <strong>Erik Orsenna</strong>.</p>
<p>Tout irait pour le mieux dans le plus beau des mondes si l’on n’avait pas appris qu’une bonne partie de l’équipe était sur les dents&nbsp;; en effet, la mezzo Rebecca Leggett est souffrante. La lauréate du Jardin des Voix était membre du quintette prévu le soir même pour le programme de <em>Lamentations </em>de Roland de Lassus. Or, les difficultés de l’œuvre ne permettent pas de trouver au pied levé une remplaçante. Il faut donc trouver un programme de rechange et le répéter avant 20h… Quand on le croise à la pause déjeuner, <strong>Paul Agnew</strong>, à la direction musicale pour ce même concert pour voix seules, ne laisse rien paraître et sourit comme à l’accoutumée. Il se réjouissait de faire découvrir une partie du travail du prolifique Roland de Lassus (1532-1594, également connu sous le nom d’Orlando di Lasso ou encore Roland de Lattre). Un premier motet en appel à la paix aurait dû précéder un cycle de douze motets sur le mystère de la Nativité où intervenaient douze sybilles, dans un entrelacs complexe et étrange, tout en expérimentations chromatiques. Redoutable partition que ces prophéties où s’opèrent des changements de tonalités constants. Puis auraient succédé les <em>Lamentations du samedi saint</em>, chantées durant l’office des ténèbres, avec pour seul éclairage neuf bougies éteintes une par une à la fin de chaque mouvement. Enfin, des «&nbsp;Psaumes de pénitence&nbsp;» auraient conclu l’expérience, avec les œuvres parmi les plus célèbres du compositeur dont l’humaniste Samuel van Quickelberg disait à l’époque&nbsp;: «&nbsp;lorsqu’il lui fallait mettre en accord le mot et la chose, d’exprimer l’intensité des diverses émotions en donnant à voir la chose comme si elle se produisait, que l’on peut se demander si c’est la suavité des émotions qui confère sa beauté à la plainte du chant, ou bien l’inverse&nbsp;». Paul Agnew avait bien l’intention de mettre en valeur le génie et la modernité de l’œuvre, en essayant avec ses partenaires de reproduire la palette chromatique du créateur. Las, il faudra renoncer à cette expérience qui s’annonçait passionnante.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-Les-Arts-Florissants-Day_4_005-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-171447"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jay Qin</sup></figcaption></figure>


<p>En attendant, les mini-concerts de l’après-midi dans les jardins ont commencé et il est tout de même possible d’entendre <em>Suzanne un jour</em> de Roland de Lassus, donné dans le Petit bois d’Henry-Claude. Les sopranos <strong>Maud Gnidzaz</strong> et <strong>Juliette Perret</strong>, l’alto <strong>Daniel Brand</strong>, le ténor <strong>Michael Loughlin Smith</strong> et la basse <strong>Christophe Gautier</strong> se tirent à merveille des chausse-trapes d’une œuvre moins séduisante que fascinante dans sa complexité formelle. Le contenu des petits concerts est choisi par les artistes. Quelques minutes plus tard, dans un genre très différent, on écoute les chansons originales et les improvisations sur le thème de l’amour de <strong>Douglas Balliett</strong>, contrebassiste et compositeur américain (ancien élève de la Juilliard School, présent à la quasi-totalité des éditions du festival) et <strong>Thomas Dunford</strong>, luthiste fétiche des Arts Florissants dont on se souvient, par exemple, du beau programme <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-recettes-de-lamour-thire-la-vie-en-roses/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1692738954&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-91226&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content">«&nbsp;Les recettes de l’amour&nbsp;»</a> donné en 2022 avec Lea Desandre et William Christie. Les deux artistes affichent une évidente complicité et un plaisir de jouer ensemble dans une sorte de jam baroco-jazzy qui électrise l’auditoire. On regrette de ne pouvoir rester toute la semaine jusqu’au terme du festival, car ce serait l’occasion d’entendre une <em>Passion selon saint Marc</em> composée par Douglas Balliett. Cette création a été commissionnée par les Arts Florissants et marque l’un des temps forts du festival.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-Les-Arts-Florissants-Day_3-063-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-171450"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jay Qin</sup></figcaption></figure>


<p>Après dîner, les bénévoles dévoués organisent le transfert à quelques kilomètres de là, dans l’église de Saint-Juire-Champgillon, car l’église de Thiré est en travaux actuellement. Dans le sanctuaire où chaque siège est occupé et l’éclairage réduit à quelques cierges, un parfum capiteux à base de lys émane de deux somptueux bouquets embellissant les pilastres du chœur. Paul Agnew prend la parole pour expliquer au public que le programme annoncé va être remplacé par un autre, en raison de l’absence de Rebecca Leggett, totalement aphone. Une partie de la journée a été consacrée à concocter un nouveau programme cohérent, en privilégiant des solos plutôt que des ensembles, en fonction de ce que les artistes étaient capables de présenter le soir même. Le jeune <strong>Gabriel Rignol </strong>au théorbe a accepté de se joindre aux chanteurs, secondé par <strong>Florian Carré </strong>au clavecin, lequel se trouvait encore à Paris le matin même… Aucune rumeur de protestation dans l’auditoire pour accueillir l’annonce&nbsp;: Paul Agnew sait y faire et l’on se prend immédiatement d’empathie pour lui et les siens. Ce sont finalement des pièces sacrées de Purcell qui sont proposées… Le pédagogue écossais nous rappelle que Purcell serait sans doute surpris de savoir que nous connaissons surtout sa musique profane, lui qui a tant composé pour le domaine sacré. Et curieusement, cette sélection d’œuvres religieuses intitulée «&nbsp;Purcell at Prayer&nbsp;» est une première dans le festival. L’alto <strong>Mélodie Ruvio</strong>, le ténor <strong>Hugo Hymas</strong> et la basse <strong>Edward Grint</strong> devaient interpréter initialement les œuvres de Lassus. Ils s’adaptent parfaitement à l’univers polyphonique du compositeur anglais. Le public retient son souffle. Pour les soutenir, les sopranos Juliette Perret et <strong>Violaine Le Chenadec </strong>complètent avec Paul Agnew un sextette en idéale harmonie. Très vite, le plaisir de chanter ensemble prend le dessus sur la tension des répétitions à l’arrachée de la folle journée (d’autant que Juliette Perret se produisait trois fois de suite au cours de l’après-midi dans les jardins et Paul Agnew deux fois&nbsp;!). Quelque chose de magique se produit et au terme du concert, c’est un tonnerre d’applaudissements qui salue les artistes. Le moment que nous avons vécu appartient aux grands bonheurs que l’on peut éprouver dans le spectacle vivant&nbsp;: le professionnalisme des artistes, leur capacité d’adaptation et leur connaissance du répertoire leur ont permis de se dépasser et de nous combler.</p>
<p>Après la pause d’une demi-heure et le traditionnel chocolat chaud offert par les paroissiens, tout le monde revient s’installer dans l’église pour la «&nbsp;Méditation à l’aube de la nuit&nbsp;», conçue comme un moment privilégié qui permet de se préparer au sommeil. Les règles sont rappelées par Paul Agnew&nbsp;: il s’agit de laisser infuser la musique à l’issue de la journée et pour cela, s’abstenir d’applaudir. La soprano Violaine Le Chenadec est accompagnée de son époux <strong>Adrien Mabire</strong> au cornet à bouquin, le couple étant soutenu par Gabriel Rignol au théorbe, tout jeune, mais merveilleusement doué. Nous entendons cette fois Monteverdi et ses contemporains. Le couple Mabire/Le Chenadec fonctionne particulièrement bien. La voix, bien timbrée, ample et émouvante, est magnifiée par le jeu inspiré du cornettiste, dont on goûte avec délices la virtuosité exceptionnelle (et en plus, il chante parfaitement bien…). Du coin de l’œil, on aperçoit Paul Agnew, installé dans le public, visiblement ému et soulagé, les yeux mi-clos, qui se repaît des sonorités idéalement réverbérées dans la petite église.</p>
<p>On quitte à grand regret ce festival enchanteur, avec une petite pointe d’envie pour les bienheureux qui peuvent rester jusqu’au bout. Eux entendront les <em>Lamentations de Lassus</em> le lendemain, puis l’extraordinaire violoniste Théotime Langlois de Swarte et son complice William Christie qu’on avait eu la chance d’<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-recettes-de-lamour-thire-la-vie-en-roses/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1692738954&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-91226&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content">entendre par le passé</a>, mais également <em>Orphée et Eurydice</em> de Gluck en version de concert dirigée par Paul Agnew sur le miroir d’eau et bien sûr, la création déjà évoquée&nbsp;: la <em>Passion selon saint Marc</em>. Au bout de quatre jours, le taux de remplissage était de 99&nbsp;%&nbsp;! Il faudra s’y prendre tôt pour les réservations l’année prochaine…</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="&quot;O come sei gentile&quot; (Monteverdi) - Violaine Le Chenadec &amp; Adrien Mabire" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/53KDkXTM1zw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Salve Regina - Doug Balliett" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/btIewTK3d5I?list=PL8ltSP2mqeAg9rZKO00Kecz5cbGxObl-k" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>PURCELL, Dido and Aeneas – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Aug 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce samedi 24 août marque le premier jour de la 13e édition du festival «&#160;Dans les jardins de William Christie&#160;» à Thiré, en Vendée. Si les organisateurs sont confiants dans la mesure où le chiffre de quelque dix mille spectateurs de l’année passée va être à peu près égalé, une légère inquiétude tempère l’excitation des &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce samedi 24 août marque le premier jour de la 13<sup>e</sup> édition du festival «&nbsp;Dans les jardins de <strong>William Christie</strong>&nbsp;» à Thiré, en Vendée. Si les organisateurs sont confiants dans la mesure où le chiffre de quelque dix mille spectateurs de l’<a href="https://www.forumopera.com/thire-une-experience-paradisiaque/">année passée</a> va être à peu près égalé, une légère inquiétude tempère l’excitation des retrouvailles, car la météo est incertaine. Une ondée est prévue pour le milieu de l’après-midi et l’on ne sait pas trop s’il va falloir, ou non, se replier dans les emplacements prévus pour le «&nbsp;Plan pluie&nbsp;», consistant en tentes disposées dans différents points du jardin.</p>
<p>En attendant, les activités habituelles font le plein. Dès l’ouverture au public en tout début d’après-midi, on a l’embarras du choix entre des activités en famille de chant participatif, de danse baroque ou autres animations bucoliques et intellectuelles, sans oublier la visite guidée à la découverte du jardin éclectique rêvé et élaboré au fil des années par William Christie, entre le théâtre de verdure, la cour d’honneur, le potager, le cloître, la serre, la pinède, le grand parterre et l’on en oublie quelques-uns, d’autant qu’il y a des nouveautés chaque année. Tant et si bien qu’à l’heure du goûter où commencent les mini-concerts répartis aux quatre coins du jardin, tout le monde est déjà sous le charme et totalement immergé dans une ambiance à la fois festive, ludique, sympathique et solennelle, tout à fait dans l’esprit du monde baroque.</p>
<p>Après le premier quatuor dans la Pinède, en compagnie de Vivaldi et Telemann, on continue au niveau du mur des Cyclopes, l’un des lieux les plus sauvages des jardins, avec un concert dédié à Purcell. <strong>Paul Agnew</strong> y interprète des œuvres du compositeur anglais, alors que l’académicien <strong>Erik Orsenna</strong> lit avec brio des textes illustrant sa courte vie bien remplie. Las, il pluviote, et deux parapluies sont apportés pour protéger le théorbe du jeune <strong>Gabriel Rignol</strong> ainsi que le violoncelle de <strong>Felix Knecht</strong>. Détail charmant, c’est le ténor écossais Paul Agnew qui tient le parapluie au-dessus de l’instrument alors qu’il chante, tête nue, sous la pluie, avec un flegme tout britannique et l’humour coutumier de celui qui est également co-directeur artistique du festival. Personne ne songe à se mettre à l’abri, surtout quand il susurre, concurrencé par le jars qu’on imagine évoluer, un peu plus loin, sur la rivière Smagne, l’ineffable «&nbsp;Music for a while&nbsp;». La magie opère. Quelques minutes plus tard, on découvre, sous la tente du Pont chinois, accompagnés au théorbe toujours par Gabriel Rignol, un couple idéal&nbsp;: la soprano <strong>Violaine Le Chenadec</strong> et <strong>Adrien Mabire</strong> au cornet à bouquin. Les concerts étant propices à la transmission et à la pédagogie, Adrien Mabire nous parle de son instrument, très populaire et primordial à une époque, bien délaissé aujourd’hui, qui se situe entre la flûte et la trompette. De Monteverdi à Frescobaldi, en passant par Palestrina et Bassano, le programme intitulé «&nbsp;Gli spiriti del giardino&nbsp;» fascine les auditeurs, l’oreille intriguée par ces rares sonorités, merveilleusement mises en valeur par le timbre pur et plein de Violaine Le Chenadec. On se réjouit de savoir qu’on pourra à nouveau entendre le trio le lendemain. Le crachin n’est plus qu’un mauvais souvenir et quelques temps plus tard, le programme de l’après-midi se conclut avec un concerto Brandebourgeois sur les Terrasses, juste derrière le Bâtiment, la maison de William Christie, juste avant le dîner. Heureusement, la pluie a cessé et il ne sera pas nécessaire de se transférer dans la salle de repli située à une demi-heure de route de Thiré.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-5800-JGazeau-1-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-171304"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>Le beau temps revenu, c’est bien sur la scène flottante du superbe Miroir d’eau que s’installe l’ensemble instrumental des Arts Florissants accompagnés par des jeunes instrumentistes de la très prestigieuse Juilliard School, sous la direction de William Christie, également au clavecin et à l’orgue pour le continuo. Afin de compléter <em>Dido and Aeneas</em>, qui ne comporte qu’une heure de musique, l’ode de Purcell, <em>Celestial music did the Gods inspire</em>, est proposée en introduction. Le vent souffle fort et les platanes ainsi que les charmes qui bordent le plan d’eau bruissent tumultueusement. Cela ne suffit pas à nous empêcher de profiter de toutes les nuances délicates du chef-d’œuvre de Purcell. La scène est sonorisée, c’est-à-dire qu’un dispositif de micros permet de rendre le son audible pour tous, avec un rendu très naturel. <strong>Helen Charlston</strong> est lauréate du Jardin des Voix, la fameuse pépinière de nouveaux talents instaurée par le maître. La mezzo-soprano incarne une Didon aristocratique et passionnée, toute de retenue et de subtilités infinies que son beau mezzo lui permet. Alors que le vent s’est calmé, des oiseaux accompagnent de leur chant inquiet la jeune anglaise, sublime dans une mort déchirante et noble. Un moment d’anthologie pour ce festival… <strong>Renato Dolcini</strong>, l’interprète d’Énée, est lui aussi lauréat du Jardin des Voix. La rencontre vocale avec sa partenaire est passionnante&nbsp;: tous deux forment un couple idéal qu’on prend plaisir à entendre et à voir déambuler, main dans la main, le long des berges du plan d’eau, dans un tableau féerique alors que la nuit tombe. Si l’opéra est donné en version de concert, il est toutefois mis en mouvement par <strong>Sophie Daneman</strong>, la soprano également metteure en scène et pédagogue enthousiaste qui propose cette année dans les jardins un atelier de chant participatif justement consacré au chant des oiseaux. Son travail discret et sobre met en valeur les ensembles, tout en harmonie et en délicatesse. C’est avec la complicité de William Christie qu’elle a eu l’idée de donner deux rôles à Renato Dolcini&nbsp;: ce dernier incarne le prince troyen tout comme la Grande Sorcière. Après tout, l’un comme l’autre poursuivent le même but&nbsp;: se débarrasser de Didon pour permettre le départ d’Énée vers son destin de fondateur de Rome. Le procédé, surprenant, n’est cependant pas gênant et donne la possibilité au baryton italien de démontrer l’étendue de son talent, conférant de l’épaisseur à ses deux rôles. Mais il est une interprète qui nous a séduit tout particulièrement&nbsp;: <strong>Ana Vieira Leite</strong>, également lauréate du Jardin des Voix, est une Belinda absolument délicieuse. La soprano portugaise oscille entre des aigus cristallins très purs et une sorte de joie débordante et communicative qui magnifient le timbre. Les sorcières incarnées par <strong>Maud Gnidzaz </strong>et <strong>Virginie Thomas</strong> sont excellentes et les autres personnages complètent une distribution de haut vol. La virtuosité des musiciens achève de ciseler une œuvre d’excellente facture, dans un cadre enchanteur et idyllique. William Christie, qui va bientôt fêter ses quatre-vingts printemps, affectionne tout particulièrement cette œuvre&nbsp;: sa connaissance intime de l’ouvrage si souvent abordé semble avoir touché toute l’équipe et le résultat nous comble. Pour prolonger la féerie, les jardins sont savamment éclairés et il est permis au public d’y déambuler. C’est peu dire que nous sommes chanceux…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-6125-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-171307"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Bienvenue au Festival Dans les Jardins de William Christie 2024" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/EFezVcKxSVs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<item>
		<title>Le Ballet royal de la nuit — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-ballet-royal-de-la-nuit-paris-tce-une-heure-de-trop/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tout spectateur a déjà vécu cette étrange expérience : sortir d’un spectacle mi-figue mi-raisin, en pensant d’un coté aux très belles scènes qu’il a pu admirer mais aussi à toutes celles qui l’ont franchement ennuyé, et de presque regretter que plus de coupes n’aient pas été opérées dans l’œuvre pour se concentrer sur les passages qui &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14px">Tout spectateur a déjà vécu cette étrange expérience : sortir d’un spectacle mi-figue mi-raisin, en pensant d’un coté aux très belles scènes qu’il a pu admirer mais aussi à toutes celles qui l’ont franchement ennuyé, et de presque regretter que plus de coupes n’aient pas été opérées dans l’œuvre pour se concentrer sur les passages qui ont vraiment inspiré le metteur en scène, quitte à se priver de morceaux d’une œuvre qu’il n’aura sans doute jamais l’occasion de revoir. C’est l’impression avec laquelle nous avons quitté la salle ce soir.</p>
<p style="font-size: 14px">Car ce ballet, à la partition patiemment et intégralement reconstituée, à l’importance politique (il suit la victoire sur la Fronde) et imaginaire (une des représentations les plus connues de Louis XIV, costumé en soleil, vient de ce ballet) majeure a été conçu comme un tout : drame, costume, décors et musique. Or <strong>Francesca Lattuada</strong> a préféré écarter la narration au profit d’une longue rêverie aux costumes chatoyants. Soutenir l’attention sur presque 3h30 de spectacle sans support dramatique, c’est hélas une gageure qu’elle ne gagne pas, et l’errance dans les mystères abscons de la nuit n’excuse pas la faiblesse esthétique de certains tableaux. Le livret était certes faible, concentrant toute la flatterie qui pourra ennuyer dans les prologues des futures tragédies lyriques, mais on aurait préféré de la pantomime à beaucoup de chorégraphies qui sentent le remplissage : va quand c’est une scène aussi courte que celle d’Angélique et Médor, on est plus agacé quand c’est toute la comédie muette d’Amphitryon qui transpire l’ineptie. Heureusement plusieurs scènes sont d’une inspiration plus haute, aussi bien graphique que chorégraphique : l’entrée de la nuit, l’entrée des ombres, les noces de Thétis, la folia, toutes les scènes « infernales » s’offrent aussi bien à l’admiration qu’à l’analyse ; certaines versent joliment dans la parodie (les espagnoles). Les entrées qui voyaient danser Louis XIV sont ici interprétées par un grand et sculptural danseur noir qui souligne l’intrigante distinction de ces passages. Le tout est par ailleurs très bien exécuté, avec un magnifique souci plastique qui reste imprimé dans votre esprit et ferait la joie des photographes. On regrettera enfin l’absence de décor : les splendides costumes et les éclairages soignés ne suffisant pas, là non plus, à soutenir l’attention dans tous les passages, et la scène renvoie mal les voix dans le trop grand espace du Théâtre des Champs-Elysées.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/20201006-73vp.jpg?itok=78R5fNnc" title="© Vincent Pontet" width="468" /><br />
	© Vincent Pontet</p>
<p style="font-size: 14px">La longueur du spectacle tient aussi à ce que <strong>Sébastien Daucé</strong> a poussé le perfectionnisme jusqu’à réintégrer les entrées accompagnées par de la musique italienne, sans que l’on sache bien celles qui furent utilisées à l’époque. Ce sont donc rien moins que Cavalli et Rossi qui s’y collent ici. Si la démarche est louable, elle a l’inconvénient d’éclipser la musique française (les très oubliés et putatifs Cambefort, Boësset, Constantin et Lambert) par sa richesse harmonique et la puissance des affects qui y sont exprimés. A contredire le chœur qui déclare l’Italie fière du joug français ! Néanmoins, l’ensemble <strong>Correspondances</strong>, très fourni, ne fléchit jamais et accorde la même amoureuse attention à tous les morceaux sous la direction précise et énergique de Sébastien Daucé. Les chœurs du même ensemble n’appellent aussi que des éloges.</p>
<p style="font-size: 14px">Vocalement, <strong>Lucile Richardot</strong> se distingue clairement : élocution toujours aussi spectaculaire (jusque dans les murmures de la Nuit), timbre profond et caressant, projection noble, on regrette qu’elle chante si peu. Quelle Vénus au verbe haut, charmeuse et menaçante, ronde et solide ! On célèbrera également l’intense Junon d’<strong>Ilektra Platiopoulou</strong>. Les autres chanteurs sont tous méritants mais manquent souvent de brillant ou de moyens plus conséquents pour faire rayonner des personnages à l’apparition fugace ou qui ne sont que des supports à une morale stéréotypée.<br />
	 </p>
<p style="font-size: 14px">Ce spectacle continuera sa tournée à l&rsquo;Opéra de Lille en novembre et à l&rsquo;Opera national de Lorraine en décembre.</p>
<p style="font-size: 14px"> </p>
<p style="font-size: 14px"> </p>
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		<title>Grande messe vénitienne — Paris (Cité de la Musique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/grande-messe-venitienne-paris-cite-de-la-musique-vivaldi-recompose/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2020 07:13:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une grande messe vénitienne de Vivaldi ? « Impossible ! » s’écrieront les spécialistes, et pour cause : aucune partition complète d’une telle œuvre ne nous est parvenue. Qu’à cela ne tienne : les Arts florissants recomposent – pour reprendre un titre cher à Max Richter – une messe telle qu’elle aurait pu être créée. Si on reconnaît aisément le Kyrie, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une grande messe vénitienne de Vivaldi ? « Impossible ! » s’écrieront les spécialistes, et pour cause : aucune partition complète d’une telle œuvre ne nous est parvenue. Qu’à cela ne tienne : les <strong>Arts florissants</strong> recomposent – pour reprendre un titre cher à Max Richter – une messe telle qu’elle aurait pu être créée.</p>
<p>Si on reconnaît aisément le Kyrie, le Gloria et le Credo, gardés tels que Vivaldi les a composés, le reste de la partition s’apparente à un pastiche. Les Sanctus, Benedictus et Agnus Dei sont ainsi ce que l’on nomme des <em>contrafacta</em>, c’est-à-dire des pièces musicales habillées d’un nouveau texte. Mais le pastiche est poussé plus loin encore avec le <em>Laudate Dominum de coelis </em>de Michel Corrette, composé à partir du « Printemps » des <em>Quatre saisons</em>, et qui vient clore le concert.</p>
<p>Ces jeux de composition et recomposition peuvent sembler tortueux à la lecture ; en revanche, leur exécution résonne de manière tout à fait cohérente : ce premier défi est donc relevé.</p>
<p>Pour l’occasion, <strong>Paul Agnew</strong> a réuni autour de lui un orchestre exclusivement féminin, en hommage aux musiciennes de l’Ospedale della Pietà que Vivaldi dirigeait à Venise. Le jeu est net – à l’exception de quelques inexactitudes à la trompette – voire virtuose, notamment pour les trois violons solo chez Corrette. Le continuo est également solide, mais l’orchestre semble un peu effacé, manque de contrastes frappants et de l’énergie vivaldienne qu’on attend.</p>
<p>On fera des remarques semblables pour le chœur : le son est beau, les attaques précises, mais on ne retrouve pas la beauté des phrasés, le brillant, le mordant auxquels les Arts florissants et leur chef nous avaient habitués. C’est d’autant plus frappant pour les spectateurs qui avaient eu la chance, en 2019, de <a href="https://www.forumopera.com/dixit-dominus-paris-philharmonie-paris-philharmonie-les-deux-font-la-paire">les entendre dans ce même Kyrie et ce même Credo</a>. On notera en revanche un très beau « Crucifixus » et un bis (les premières mesures du Gloria) très réussi.</p>
<p>Du côté des solistes, la soprano Sophie Karthäuser se voit remplacée par un membre du chœur, <strong>Violaine le Chenadec</strong>. La voix est jolie, bien qu’un peu mince pour remplir la salle ; elle nous livre malgré tout un « Domine Deus » très élégant et bien mené.</p>
<p>Le bât blesse davantage du côté de la mezzo-soprano <strong>Renata Pokupic</strong>, qui manque cruellement de projection. C’est d’autant plus dommage que son timbre semblait dessiner un contraste intéressant avec celui de sa partenaire et qu’elle semblait porter une vraie attention au texte.</p>
<p>Le sentiment à l’issue de ce concert est donc mitigé ; sans doute reste-t-on sur sa faim parce que les Arts florissants et Paul Agnew nous ont fait connaître des soirées plus mémorables. Nous auraient-ils rendus difficiles ?</p>
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		<title>ROSSINI, Petite Messe solennelle — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-petite-messe-solennelle-rennes-qui-riait-elle-et-y-sonne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Dec 2019 15:35:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On entend d’ici crier au double blasphème. Quoi ! Mettre en scène la Petite Messe solennelle ? L’idée de donner une forme théâtrale aux textes liturgiques n’est pourtant pas nouvelle, et l’on ne s’étonne plus des versions scéniques de la Passion selon saint Mathieu ou du Messie, par exemple. Cependant, la Petite Messe n’est pas un texte &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On entend d’ici crier au double blasphème. Quoi ! Mettre en scène la <em>Petite Messe solennelle</em> ? L’idée de donner une forme théâtrale aux textes liturgiques n’est pourtant pas nouvelle, et l’on ne s’étonne plus des versions scéniques de la <em>Passion selon saint Mathieu</em> ou du <em>Messie</em>, par exemple. Cependant, la Petite Messe n’est pas un texte narratif, en dehors du très bref « récit » de la passion du Christ dans le Credo, et se pose donc la question de ce que l’on peut raconter sur une scène. Les choses se compliquent quand on apprend qu’il s’agit d’un traitement burlesque de ladite Messe. Quoi ! Faire rire avec une œuvre sérieuse de Rossini, lui que l’a France n’a déjà que trop tendance à réduire au versant buffa de sa production ? Mais peut-on vraiment parler de lèse-majesté, quand le compositeur lui-même parlait de « sacrée musique » à propos de cet ultime péché de sa vieillesse ?</p>
<p>Si ce spectacle doit susciter des avis tranchés, celui qu’on va lire ici sera totalement enthousiaste. <strong>Jos Houben </strong>et <strong>Emily Wilson</strong>, à qui l’on devait déjà la mise en scène de <em>La Princesse légère</em>, créée à Lille en décembre 2017 (Jos Houben était aussi le récitant dans <em>Trois Contes</em> de Gérard Pesson, toujours à Lille). Leur idée est cette fois de proposer un foisonnement d’images insolites, un univers de l’absurde quotidien, entre Jacques Tati et les Deschiens. Tout commence par un prologue muet, ou émaillé d’onomatopées et de monosyllabes, où l’on comprend que l’on a affaire à une sorte de vide-grenier se déroulant dans un gymnase : les acheteurs potentiels déambulent parmi les étals couverts d’objets insolites ou kitsch, puis tout à coup la musique se fait entendre. Le plus surprenant, c’est que jusque-là, il n’y a pas moyen de déterminer qui est chanteur, qui est acteur et qui est le chef parmi ce microcosme où se côtoient les individus les plus divers. Le travail réalisé par toute l’équipe donne l’impression d’assister à une véritable pièce de théâtre, dont le texte serait déconnecté de l’action, mais pas aussi totalement qu’on pourrait le croire. D’abord, en un sens, le jeu scénique suit la partition, statique ou mobile selon la musique. Dans le Gratias, l’un des comédiens présents sur scène met en relief les entrées de chacun des membres du trio. Et si la soirée démarre dans le rire, avec ces actes d’héroïsme dérisoire accomplis par les techniciens de surface, ou le sourire, avec ces gestes de gentillesse ordinaire que la musique transcende en exemples de générosité sublime, sans parler du cocasse tableau vivant reconstituant la déposition de croix, l’émotion l’emporte dans la deuxième partie, quand le décor s’ouvre et que le groupe forme désormais un tout.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/la_petite_messe_solennelle_6_c_laurent_guizard_0.jpg?itok=ZPag0KSH" title="© Laurent Guizard" width="468" /><br />
	© Laurent Guizard</p>
<p>Les seules que l’on identifie d’emblée, ce sont les instrumentistes. <strong>Colette Diard</strong> ne quittera guère son piano, naturellement, mais <strong>Elodie Soulard</strong> est plus mobile avec son accordéon, instrument dont la présence n’a ici rien d’incongru, puisque c’est celui auquel Rossini lui-même avait songé dans un premier temps, avant de se raviser pour lui préférer l’harmonium. Celui qui s’agite d’un bout à l’autre, c’est évidemment <strong>Gildas Pungier</strong>, même si sa première apparition ne laissait nullement deviner qu’il est le chef, dont les chanteurs imitent d’ailleurs les gestes à un moment de réjouissante parodie. C’est de lui que vient l’idée de donner une forme scénique et comique à cette œuvre, et le résultat lui donne mille fois raison, surtout si l’on songe qu’après les ors de l’Opéra de Rennes, cette production se promènera en France dans des lieux où l’art lyrique n’a pas spécialement droit de cité et permettra peut-être d’attirer un public moins familier de cette musique.</p>
<p>L’ensemble <strong>Mélisme(s)</strong> brille ce soir autant par sa musicalité que par sa « théâtralité », ses membres campant de véritables personnages (le monsieur en costume trois pièces rose pâle à nœud papillon assorti, la dame au déambulateur, etc.) au même titre que les trois hilarants comédiens, <strong>Nathalie Baunaure</strong> en sympathique paumée, <strong>Jofre Caraben</strong> en petit fonctionnaire étriqué ou <strong>Marc Frémond</strong>, l’homme aux bottes en caoutchouc qui manie diaboliquement le mètre-ruban métallique. Quant aux solistes, ils sont impressionnants. Si <strong>Ronan Airault</strong> n’est pas la grande basse à laquelle on peut s’attendre, il faut se rappeler que la Petite Messe solennelle, dans l’intimité de sa version originale, n’appelle pas les mêmes formats vocaux que sa version postérieure orchestrée. Et en tant qu’œuvre de la période française de Rossini, il n’est pas non plus indispensable d’y entendre des chanteurs italiens : on apprécie au contraire les couleurs très françaises d’<strong>Estelle Béréau </strong>et de<strong> Violaine Le</strong> <strong>Chenadec</strong>, qui se partagent les interventions de soprano (la seconde chante le O Solitaris), ici métamorphosées en bourgeoises jumelles en manteau de fourrure. <strong>Sahy Ratia </strong>éclate littéralement dans les solos du ténor, par la clarté et le naturel de son émission, et l’on se réjouit d’apprendre qu’il reviendra la saison prochaine sur cette même scène dans un rôle de premier plan du répertoire français (mais chut, c’est déjà trop en dire). Révélation, enfin, avec la mezzo <strong>Blandine de Sansal</strong>, dont le timbre chaud se révèle particulièrement envoûtant dans l’Agnus Dei final.</p>
<p> </p>
<p>Le spectacle sera proposé à Compiègne le 9 janvier, puis à Dunkerque, à Besançon et à Sète cette saison, à Quimper et à Nantes la saison prochaine.</p>
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		<title>Le Ballet royal de la nuit — Caen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-ballet-royal-de-la-nuit-caen-nuit-resplendissante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Nov 2017 05:38:38 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/nuit-resplendissante/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Oui, vraiment, « Nuit resplendissante » – comme aurait dit le Gounod de Cinq-Mars – que celle offerte par l’Opéra de Caen. Nuit d’émerveillement, nuit de ravissement, tant le spectacle qui vient concrétiser plusieurs années d’efforts se révèle un enchantement comme le public rêverait d’en obtenir plus souvent. Un spectacle où l’inventivité constante de ce que l’œil voit se &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Oui, vraiment, « Nuit resplendissante » – comme aurait dit le Gounod de <em>Cinq-Mars –</em> que celle offerte par l’Opéra de Caen. Nuit d’émerveillement, nuit de ravissement, tant le spectacle qui vient concrétiser plusieurs années d’efforts se révèle un enchantement comme le public rêverait d’en obtenir plus souvent. Un spectacle où l’inventivité constante de ce que l’œil voit se marie à la beauté parfaite de ce que l’oreille entend. Et puis les représentations de ce <em>Ballet royal de la nuit</em> permettent de revenir sur un jugement trop sévère émis il y a un an, quand était paru <a href="https://www.forumopera.com/cd/le-concert-royal-de-la-nuit-lhooq">le disque du <em>Concert royal de la nuit</em></a>. Pour une version scénique, on admettra volontiers qu’il n’aurait pas forcément été judicieux de donner ce qui nous est parvenu de la partition dudit <em>Ballet</em> sans chercher à l’aménager un peu, dans la mesure où les conditions dans lesquelles nous apprécions aujourd’hui un spectacle n’ont pas grand rapport avec celles des spectacles de cour au milieu du XVII<sup>e</sup> siècle.</p>
<p>Autrement dit, il y avait tout à réinventer pour nous rendre accessibles ce texte et cette musique, pour concevoir une représentation mi-chantée mi-dansée qui, sans ruiner un théâtre – même dans le cadre d’une coproduction avec d’autres maisons –, suscite une émotion proche de la magie dont quelques dessins d’époque conservent la trace.</p>
<p>A part une production de <em>Curlew River</em> à Strasbourg en 1999, <strong>Francesca Lattuada</strong> ne s’était jusqu’ici guère approchée de l’opéra. C’est en chorégraphe et en femme de théâtre qu’elle aborde ce <em>Ballet royal</em>, d’où le chant disparaît parfois pendant de longs moments, et où il n’y a pas véritablement d’action dramatique (les seuls passages où un semblant d’intrigue se noue sont ceux qui ont été empruntés à Rossi et à Cavalli). Et c’est là qu’éclate une imagination foisonnante, qui permet de pallier l’absence de récit ou de personnages auxquels s’intéresser, en introduisant acrobates et jongleurs. Avec le concours des stupéfiants costumes d’<strong>Olivier Charpentier</strong>, la metteuse en scène parvient à constamment faire rebondir le spectacle, non sans humour, créant un univers peuplé de sphinges, de cyclopes, de loups garous, d’hommes-sirènes et de femmes à barbe, univers tantôt unisexe – tout le monde danse d’abord en costume croisé gris –, tantôt plus pittoresquement sexué, certaines et certains revêtant une tenue de danseuse de tango ou une robe à paniers… Bravo surtout de ne pas avoir succombé à la tentation de la pseudo-reconstitution et d’avoir proposé un spectacle conçu par des esprits d’aujourd’hui pour des yeux d’aujourd’hui.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/cph-delval-ballet_royal_de_la_nuit-11_2017_1499.jpg?itok=cvoP3STu" title=" © Ph. Delval" width="468" /><br />
	 © Ph. Delval</p>
<p>Quant aux oreilles, un nectar leur est distillé tant par l’ensemble Correspondances que par les différents chanteurs réunis sur le plateau, qui sont à deux ou trois noms près les mêmes que sur le disque. On retrouve aussi les mêmes options défendues par <strong>Sébastien Daucé</strong> : déclamation pompeuse et proche du parlé pour toute la musique française (peut-être est-ce d’ailleurs à ces choix stylistiques qu’il faut imputer le relatif manque de projection de certains artistes), dramatisme exacerbé pour les extraits d’opéras italiens. Deux nouvelles venues dans l’équipe : <strong>Ilektra Platiopoulou</strong>, véhémente Junon, et <strong>Deborah Cachet</strong>, superbe Déjanire, viennent ajouter leur voix grave à celle, désormais bien connue, de <strong>Lucile Richardot</strong>. Parmi les timbres plus aigus, signalons aussi l’arrivée de <strong>Judith Fa</strong>, charmante Mnémosyne. On est également sensible à l’impressionnante basse <strong>Nicolas Brooymans</strong>, ou à la délicate voix de haute-contre de <strong>David Tricou</strong>. Impossible de citer tous les chanteurs, solistes ou choristes, dont on signalera néanmoins le brio avec lequel ils s’intègrent aux évolutions des acrobates : <strong>Etienne Bazola</strong> chante en portant une danseuse sur ses épaules, <strong>Renaud Brès</strong> gravit un escalier vivant et s’en laisse tomber comme s’il avait fait cela toute sa vie…</p>
<p>Espérons maintenant qu’un DVD viendra immortaliser ce spectacle mémorable. A défaut, ouvrez grands vos yeux et vos oreilles, heureux spectateurs qui découvrirez cette Nuit renversante à Versailles ou à Dijon. </p>
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