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	<title>Yonghoon LEE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 09 Aug 2024 16:25:51 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Yonghoon LEE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, La Fanciulla del West &#8211; Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-la-fanciulla-del-west-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Aug 2024 06:09:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Fanciulla del West brille davantage par son livret (certains y voient le précurseur des western-spaghetti) que par sa musique, c’est entendu : rien ne reste vraiment dans l’oreille, même si les interventions des mineurs ou la fin de l’acte II font toujours leur petit effet. On s’étonnera donc que l’équipe musicale réunie ce soir &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Fanciulla del West</em> brille davantage par son livret (certains y voient le précurseur des western-spaghetti) que par sa musique, c’est entendu : rien ne reste vraiment dans l’oreille, même si les interventions des mineurs ou la fin de l’acte II font toujours leur petit effet. On s’étonnera donc que l’équipe musicale réunie ce soir soit plus remarquable que la mise en scène. <strong>Andreas Dresen</strong> transpose l’action à l’époque contemporaine, classique. Le rideau s’ouvre devant un mur surmonté de barbelés, et le bar de Minnie se résume à un comptoir, quelques chaises et une table, espace auquel on accède par une passerelle qui vient du fond de scène. Tout est noir, ou presque. On se croit chez Lilas Pastia après l’apocalypse. La cabane de Minnie à l’acte II en est bien une, isolée et entourée d’un paysage sombre où la neige tombe abondamment. Le dernier acte se déroule au pied d’un poteau téléphérique, et voit la ligne de crête des montagnes se refermer avec la fuite des amants. On aurait voulu faire du néo-académisme que l’on ne s’y serait pas mieux pris. La transposition n’apporte pas grand-chose et la direction d’acteurs est la même que si on avait situé le drame dans son contexte initial. Pour traditionnelle qu’elle soit, cette dernière est néanmoins ce qui fait le prix de la production : les déplacements, les attitudes des chanteurs sont réglés avec précision et pertinence, sans renoncer à leur vivacité (la scène du tricheur superbement chorégraphiée).</p>
<p>Il faut dire que les protagonistes ne ménagent pas leur peine pour incarner leur personnage. A commencer par les seconds rôles, tous très vivants (même si on aurait aimé un Ashby plus sonore). Malgré des limites évidentes dans l’aigu et un medium pas assez puissant, le naturel et la force de caractérisation de la Minnie de <strong>Malin Byström</strong> sont très convaincants. Son Johson d’amant est plus performant qu’émouvant&nbsp;: <strong>Yonghoon Lee</strong> porte une telle attention à sa projection, quitte à forcer ses moyens, tout en restant si carré qu’il en néglige nuances et psychologie. L’exact inverse du vilain shérif de <strong>Michael Volle</strong> : annoncé blessé au pied, on n&rsquo;a remarqué son handicap qu’au moment des saluts. Sur le plateau, ce Rance est à la fois le mieux chantant et le plus éclatant, vivant jusque dans ses silences.</p>
<p>Même s’ils sont moins précis en italien qu’en allemand, le chœur de l’opéra de Munich souligne une fois encore leur attachement au jeu, tandis que l’orchestre dirigé par <strong>Juraj Valcuha</strong> apporte un excellent soutien à ce bouillonnement scénique bien réglé.</p>
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		<title>PUCCINI, Turandot — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-new-york/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 May 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce samedi 7 mai le Metropolitan Opera a retransmis dans les cinémas, pour la seconde fois en moins de trois ans, la production désormais historique de Turandot que Franco Zeffirelli avait signée en 1987. Cette production est bien connue des mélomanes puisqu’elle a fait l’objet de deux parutions en DVD, la première avec la distribution &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce samedi 7 mai le Metropolitan Opera a retransmis dans les cinémas, pour la seconde fois en moins de trois ans, la production désormais historique de <em>Turandot </em>que <strong>Franco Zeffirelli</strong> avait signée en 1987. Cette production est bien connue des mélomanes puisqu’elle a fait l’objet de deux parutions en DVD, la première avec la distribution d’origine (Eva Marton, Plácido Domingo, James Levine), la seconde, une vingtaine d’années plus tard avec Maria Guleghina et Marcello Giordani sous la direction d’Andris Nelsons. On connaît le penchant du metteur en scène italien pour les productions grandioses, quelquefois surchargées à l’excès, mais il faut reconnaître que, concernant cet opéra inspiré du conte merveilleux de Carlo Gozzi qui situe l’action dans une Chine légendaire et féerique, cela fonctionne parfaitement. Comment ne pas être captivé par ces tableaux vivants spectaculaires, ces décors monumentaux, ces costumes chatoyants, ces innombrables figurants et acrobates qui, somme toute, témoignent d’une esthétique de bon goût et rendent justice au texte.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="image-large" title="Turandot © Metropolitan Opera" src="/sites/default/files/styles/large/public/turandot-1600x685-4.jpg?itok=O_xvXiw7" alt="" width="468" height="216" /><br />
Turandot © Marty Sohl / Metropolitan Opera</p>
<p>A l’automne 2019, le rôle-titre était dévolu à Christine Goerke. Pour cette reprise qui aurait dû constituer l’un des temps forts de la saison, c’est Anna Netrebko qui devait incarner la princesse de glace et par la même occasion célébrer ses vingt ans de carrière sur la première scène new-yorkaise, vingt ans au cours desquels elle aura interprété devant des salles combles, plus d’une quinzaine d’ouvrages différents dont une grande partie ont été diffusés dans les cinémas. Hélas, les circonstances en ont décidé autrement. Les complaisances supposées de la soprano russo-autrichienne envers Vladimir Poutine dont elle avait soutenu la candidature en 2012 avant de faire volte-face, l’ont contrainte à se retirer de cette production tandis que le Met mettait un terme, peut-être définitif, à sa collaboration avec elle.</p>
<p>Le rôle de Turandot a donc été confié à la soprano ukrainienne – tout un symbole – <strong>Liudmyla Monastyrska</strong> qui chante toute la première partie de « In questa reggia » mezzo-forte, comme dans un rêve éveillé, mais l’effet recherché est quelque peu compromis par son vibrato envahissant lors des premières mesures de l’air. La cantatrice est bien plus à son affaire vocalement lors des énigmes mais elle peine à exprimer son désarroi lorsque Calaf sort vainqueur de l’épreuve sans doute à cause de son timbre pauvre en couleurs, de même qu’elle demeure impavide durant tout le duo final sans se montrer capable de suggérer la métamorphose de son personnage au cours de cette scène. Interviewée durant l’entracte, la soprano avait confié qu’elle n’avait plus chanté cet opéra depuis sept ans, sans doute ne convient-il plus tout à fait à ses moyens actuels. Rien d’indigne n’est à relever dans sa prestation qui demeure cependant en deçà de ce que l’on attend dans ce rôle, surtout au Met. Au rideau final, comme le soir de la première, la chanteuse vient saluer, enveloppée dans un drapeau ukrainien, suscitant une large ovation de la part du public  mais il n’est pas certain qu’elle ne doive ces acclamations qu’à son seul talent.</p>
<p><img decoding="async" class="image-large" title="Liudmyla Monastyrska © Ken Howard / Metropolitan Opera" src="/sites/default/files/styles/large/public/turandot._ken_howard._met_opera.jpeg?itok=peKRNmw5" alt="" width="278" height="468" /><br />
Liudmyla Monastyrska © Ken Howard / Metropolitan Opera</p>
<p>Face à elle, <strong>Yonghoon Lee</strong> aborde Calaf avec un timbre séduisant et une voix assurée lors de son premier air, qui produit un bel effet. Hélas, le ténor est vite dépassé dans la scène des énigmes dont il peine à soutenir la tessiture élevée qui l’oblige à chanter constamment en force au point de frôler l’accident vocal. Le très attendu « Nessun dorma » interprété avec une belle conviction, le trouve bien plus à son affaire en dépit d’un aigu conclusif écourté. C’est dans le duo final, dont la tessiture est mieux adaptée à ses moyens que le ténor coréen se montre sous son meilleur jour et distille une émotion largement perceptible servi par une palette variée de couleurs vocales.</p>
<p>On ne peut qu’être impressionné devant la longévité vocale de <strong>Ferruccio Furlanetto</strong> qui campe un Timur poignant avec une voix solide et bien timbrée, dotée d’un registre grave profond et sonore.</p>
<p>Lorsqu’on aura mentionné les prestations facétieuses mais non dépourvues de sentiment d’<strong>Alexey Lavrov</strong>, <strong>Tony Stevenson </strong>et <strong>Eric Ferring</strong>, respectivement Ping, Pang et Pong, et l’empereur satisfaisant de <strong>Carlo Bosi</strong>, il restera à saluer la Liù magnifique d’<strong>Ermonela Jaho</strong>, grande triomphatrice de la soirée, poignante de bout en bout, dont la douceur et la pureté de la voix et les somptueux sons filés qu’elle émet avec aisance pour servir une incarnation de premier ordre, lui valent un triomphe pleinement mérité.</p>
<p>Signalons également l’excellente préparation des chœurs, si importants dans cet ouvrage, et la qualité superlative de l’orchestre du Met aux belles sonorités.</p>
<p>Au pupitre <strong>Marco Armiliato</strong>, dont on connaît les affinités avec ce répertoire, dirige avec subtilité cette partition complexe en dépit de tempos un rien trop lents au premier acte. En revanche la scène des énigmes est spectaculaire et son dernier acte impeccablement construit avec une progression dramatique qui va crescendo jusqu&rsquo;à la mort de Liù, est un sommet.</p>
<p>Le samedi 21 mai, le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live <em>Lucia di Lammermoor </em>dans une nouvelle production de Simon Stone avec Nadine Sierra dans le rôle-titre.</p>
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		<title>Tosca en ouverture de la saison du Royal Opera House</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/tosca-en-ouverture-de-la-saison-du-royal-opera-house/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Dec 2020 14:29:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Royal Opera House ouvrira sa saison en janvier 2021 avec 12 représentations de Tosca,  Du 13 janvier au 13 mars 2021, dans la mise en scène de Jonathan Kent crée en 2006. La production sera servie par trois distributions différentes. Dans le premier cast, sous la direction musicale de Dan Ettinger, le couple  Anna &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Le Royal Opera House ouvrira sa saison en janvier 2021 avec 12 représentations de Tosca,  Du 13 janvier au 13 mars 2021, dans la mise en scène de <strong>Jonathan Kent </strong>crée en 2006. La production sera servie par trois distributions différentes. Dans le premier cast, sous la direction musicale de <strong>Dan Ettinger</strong>, le couple  <strong>Anna Netrebko</strong> et <strong>Yusif Eyvazov</strong> incarnera le duo Tosca/Mario. <strong>Gérald Finley</strong>, le très classieux Iago de l’Otello de Munich d’il y a deux ans, sera ,quant à lui,  Scarpia dont il saura sans nul doute donner corps à la dualité, autant esthète qu’âme noire. Cette Tosca sera la première production scénique du théâtre depuis le confinement de mars dernier. La représentation du 22 janvier fera l’objet d’une diffusion en streaming.<br />
 <br />
Quant à la seconde distribution, les 15, 18, 21 et 23 janvier, c&rsquo;est la soprano espagnole <strong>Saioa Hernández</strong> qui chantera le rôle-titre, et le ténor sud-coréen <strong>Yonghoon Lee </strong>incarnera Cavaradossi, rôle dans lequel il a fait ses débuts au Royal Opera lors de la saison 2012/13. Le baryton-basse lituanien <strong>Kostas Smoriginas</strong>, ancien membre du Jette Parker Young Artists Program, interprétera le rôle du baron Scarpia.</p>
<p> <br />
Sous la direction d&rsquo;<strong>Alexander Soddy</strong> qui fera ainsi ses débuts dans les lieux, le troisième cast sera composé de la soprano suédoise <strong>Malin Byström</strong>, du ténor anglo-italien <strong>Freddie De Tommaso (</strong>qui fera ici ses premiers pas dans le rôle de Mario) et du baryton allemand <strong>Michael Volle</strong>.</p>
<p> <br />
Les réservations seront ouvertes à compter du mardi 22 décembre 2020 à 10h00.<br />
 <br />
Pour plus d&rsquo;informations: <a href="https://www.roh.org.uk/tickets-and-events/tosca-by-jonathan-kent-details">https://www.roh.org.uk/tickets-and-events/tosca-by-jonathan-kent-details</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Aida — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/aida-new-york-1169-1170-1171/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Jan 2019 05:11:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mille cent soixante et onze ! Aida est bel et bien un pilier du Met dans lequel les plus grandes et les plus grands se sont illustrés. Qu’en est-il en ce vendredi soir de janvier 2019 ? Du muscle et des décibels, Yonghoon Lee est égal à lui-même. Même s’il avait dans son bagage technique la ressource &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Mille cent soixante et onze ! <em>Aida</em> est bel et bien un pilier du Met dans lequel les plus grandes et les plus grands se sont illustrés. Qu’en est-il en ce vendredi soir de janvier 2019 ? Du muscle et des décibels, <strong>Yonghoon Lee</strong> est égal à lui-même. Même s’il avait dans son bagage technique la ressource pour s’essayer au si bémol morendo de « Celeste Aida », il y a fort à parier qu’il préfèrerait encore la note péremptoire dont il a gratifié le public new-yorkais. L’ennui vient du fait que le bagage technique se résume à cet instrument puissant. Ses rares tentatives de nuance piano produisent des notes détimbrées émises dans la gorge et les joues. A chanter toutes vannes ouvertes, les voyelles perdent leur saveur, les « a » et les « o » deviennent des « e » ce qui s’avère très rapidement problématique quand vos répliques consistent à répéter le nom de votre chère et tendre jusqu’à la déraison. Car, sans euphémisme, si Radamès n’est pas le personnage masculin le plus psychologiquement étoffé du répertoire verdien, alors Yonghoon Lee en est peut-être l’interprète idéal. <strong>Kristin Lewis</strong> qui, étonnamment, fait ses débuts new-yorkais à la faveur du remplacement tardif de Sondra Radvanovsky, forfait pour raisons personnelles, offre une approche à l’exact opposé du celle du ténor sud-coréen. De son rôle signature, la soprano américaine possède les nuances et la sensibilité, à défaut de l&rsquo;ampleur d&rsquo;une spinto. Encore prudente et scolaire en première partie (« Ritorna vincitor » qui frémit seulement dans les derniers « pietà »), l’acte du Nil la voit bien plus musicale et engagée, même si elle doit reprendre son souffle en milieu de phrase pour déposer un bel ut piano dans « Patria mia ». Certes, Kristin Lewis est bien loin de la suavité d’une Anna Netrebko ici même ou de la suprématie technique et interprétative d’une Sondra Radvanovsky. Mais somme toute, elle mérite sa place sur les planches du Met pour cette soirée de répertoire.<strong> Dolora Zajick</strong> (Amneris) offre ses derniers feux dans un rôle dont la tessiture tendue lui convient bien moins que les graves gutturaux d’une Ulrica. Les registres sont à présent complètement disjoints, l’aigu aussi acide que le grave est rond. Reste l’abattage de ce pilier du Met avec près de 300 levers de rideau <em>in loco</em>. Les seconds rôles témoignent eux de l’excellence de la scène new-yorkaise dans sa programmation de tous les jours. <strong>Roberto Frontali</strong> compose un Amonasro retors au moyen d’un chant coloré et parfaitement nuancé. <strong>Soloman Howard</strong> (le Roi) en impose par son charisme, son volume et la couleur noire de son timbre, au même titre que <strong>Vitalij Kowaljow</strong> en Ramfis.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/aida_scene_0467.jpg?itok=oTyOiX-C" title="© Metropolitan Opera" width="468" /><br />
	© Metropolitan Opera</p>
<p>Les chœurs et l’orchestre du Metropolitan sont irréprochables dans une œuvre qu’ils fréquentent de saison en saison. A ce titre, le travail élégant de <strong>Nicola Luisotti</strong> est d’autant plus remarquable. Le chef italien s’efforce de maintenir l’équilibre entre dynamique théâtrale, couleurs et détails orchestraux et contrôle strict du volume. Il y parvient la plupart du temps, notamment lors du triomphe de l’acte deux, loin de la manière pompière qu’on peut entendre à l’occasion, proche de son plateau ou même des danseurs.</p>
<p>Une approche chambriste à l’opposé du gigantisme scénique. Cette production bien connue, <a href="https://www.forumopera.com/aida-new-york-lor-du-met">image d’Epinal d’une Egypte fantasmée</a> sur une scène où Broadway, les péplums et le clinquant font partie du langage national, ferait presque office de profession de foi pour le Met. Venez, venez assister à une merveille de machinerie et de costumes rutilants ! Et c’est un plaisir coupable que l’on déguste à l’occasion, comme ce gâteau trop riche qu’on ne peut s’empêcher de commander. Qu’importe si les chanteurs sont laissés à eux-même dans ces décors gigantesques et qu’importe si l’on frise le contre-sens en passant à côté du drame intime qu’est <em>Aida</em>. </p>
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			</item>
		<item>
		<title>BIZET, Carmen — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-new-york-new-york-en-attendant-la-releve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marceau Ferrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Oct 2018 06:41:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le principal mérite de la production new-yorkaise de Carmen signée Richard Eyre est d’avoir réuni Elīna Garanča et Roberto Alagna lors de sa création en 2009. La présence magnétique de ces derniers avait occulté une mise en scène très prosaïque, platement reprise cette saison par Paula Williams. La transposition dans l’Espagne de la guerre civile &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le principal mérite de la production new-yorkaise de <em>Carmen</em> signée <strong>Richard Eyre</strong> est d’avoir réuni Elīna Garanča et Roberto Alagna lors de sa création en 2009. La présence magnétique de ces derniers avait occulté une mise en scène très prosaïque, platement reprise cette saison par <strong>Paula Williams</strong>. La transposition dans l’Espagne de la guerre civile n’apporte rien sinon des casques franquistes et des costumes insipides. En guise de décors, les ruines des remparts de Séville encombrent la scène et ne laissent qu’un proscenium étroit sur lequel les protagonistes s’entassent rapidement. La taverne de Lilias Pastia est surplombée par des poutres rouges sur lesquelles tombe une lumière bleue du plus mauvais goût.</p>
<p>Plus dérangeante est l’obsession de Richard Eyre de meubler les préludes, pourtant très courts, avec de la danse et autres déplacements de décors. Ces scènes de danse sont au mieux plaisantes, au pire néfastes, comme le flamenco chez Lilas Pastia où les danseurs frappent du pied au point de couvrir « Les tringles des sistres tintaient ».</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="302" src="/sites/default/files/styles/large/public/carmen_6448-s.jpg?itok=cP3wexro" title="Clémentine Margaine (Carmen), Acte II - Photo: Marty Sohl/ Met Opera" width="468" /><br />
	Clémentine Margaine (Carmen), Acte II ©  Marty Sohl/ Met Opera</p>
<p>Mettre en avant la violence et la crudité de l’intrigue de <em>Carmen</em>, c’est une chose. En faire étalage avec vulgarité jusqu’au grotesque, c’en est une autre. Le jeu est souvent outrancier et sans subtilité ; Carmen passe ainsi la moitié de la soirée les jupons relevés et à califourchon sur Don José. La gaucherie des scènes sensuelles finit par mettre le public aussi mal à l’aise que les chanteurs eux-mêmes.</p>
<p>On aurait souhaité à <strong>Omer Meir Wellber</strong> un meilleur début au Metropolitan Opera. Le futur chef principal de l’orchestre de la BBC laisse paraître un manque de préparation assez évident de l’œuvre. Sa direction fait penser à ces cahiers d’écoliers aux premières lignes soigneusement calligraphiées qui deviennent brouillons la première page tournée. De préludes magnifiques de brillance et de vivacité, on passe à des ensembles décousus et un orchestre trop souvent en décalage avec les solistes.</p>
<p>La Carmen mutine de <strong>Clémentine Margaine</strong> lui a ouvert les portes des plus grandes maisons. On pouvait alors s’attendre à une interprétation maîtrisée de bout en bout de la part de celle qui chantera le rôle plus d’une vingtaine de fois cette saison. Pourtant, la Française semble ne jamais trouver d’équilibre au cours de la représentation. La ligne est hachée et oscille entre aigus éclatants et graves puissants sans jamais trouver de médium stable. A un timbre raide et sans séduction vient s’ajouter une prononciation hasardeuse, ce qui est bien dommage pour une Carmen francophone. Le Don José de <strong>Yonghoon Lee</strong> ne connaît que deux expressions : la stupeur et la colère. A ce titre, son interprétation relève plus d’un pastiche de Franco Corelli que d’une véritable appropriation du rôle. Le français est plus qu’approximatif et la ligne tendue et monochrome. Après un « Parle-moi de ma mère » inutilement <em>forte</em>, le ténor sud-coréen se rattrape avec un « La fleur que tu m’avais jetée » plus nuancé. Son absence d’alchimie avec Carmen ne tire pas cette première représentation vers le haut.</p>
<p>Les autres rôles sont plus heureusement distribués. Le charmant vibrato de la Micaëla de <strong>Guanqun Yu</strong> apporte un peu de fraîcheur au plateau vocal. Bien que superbement exécuté, son « Je dis que rien ne m’épouvante » pourrait encore gagner en puissance et en intériorité. <strong>Kyle Ketelsen</strong> incarne un Escamillo dandy, dont le timbre clair est compensé par une excellente diction et une interprétation convaincante. Les rôles secondaires permettent de rattraper cette représentation. Malgré une bonne projection, le Zuniga de <strong>Richard Bernstein</strong> ne correspond pas exactement aux exigences du rôle. La Frasquita de <strong>Sydney Mancasola</strong> et la Mercédès de <strong>Sarah Mesko </strong>sont des Bohémiennes piquantes qui brillent dans la scène des cartes. <strong>Adrian Timpau </strong>(Moralès), <strong>Javier Arrey</strong> (Le Dancaïre) et <strong>Scott Scully</strong> (Le Remendado) viennent solidement compléter la distribution. Le chœur du Met livre une magnifique prestation dès « La cloche a sonné » mais se perd au gré de la direction encore mal assurée d&rsquo;Omer Meir Wellber.</p>
<p>Espérons que la venue début 2019 de Louis Langrée, Roberto Alagna et Aleksandra Kurzak relèvera le niveau de cette <em>Carmen</em> bien morne.</p>
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		<title>VERDI, Il trovatore — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-trovatore-new-york-anita-rachvelishvili-dans-le-feu-de-laction/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jan 2018 05:47:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il a souvent été dit que Verdi avait envisagé de rebaptiser son opéra Il Trovatore La Gitana en raison de l&#8217;importance accordée à Azucena. Avec Anita Rachvelishvili dans le rôle, nul doute que la question se pose. Comme à Londres il y a quelques mois, le mezzo soprano georgien campe un personnage passionnant, un roc vocal &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il a souvent été dit que Verdi avait envisagé de rebaptiser son opéra <em>Il Trovatore </em><em>La Gitana</em> en raison de l&rsquo;importance accordée à Azucena. Avec <strong>Anita Rachvelishvili</strong> dans le rôle, nul doute que la question se pose. <a href="/il-trovatore-londres-roh-affaires-de-famille">Comme à Londres </a>il y a quelques mois, le mezzo soprano georgien campe un personnage passionnant, un roc vocal d&rsquo;une insolence incroyable, qui ne laisse percer que les fissures dramatiques indispensables à la caractérisation de son personnage. La voix est puissante et chaude, l&rsquo;aigu généreux. </p>
<p>Fort opportunément, son Manrico vient rétablir l&rsquo;équilibre de l&rsquo;ouvrage. S&rsquo;il n&rsquo;a pas les moyens, ni le timbre, d&rsquo;illustres ténors qui l&rsquo;ont précédé, <strong>Yonghoon Lee </strong>a clairement beaucoup écouté Franco Corelli, au point d&rsquo;en offrir à maints endroits des nuances équivalentes. Le chanteur coréen dispose à la fois d&rsquo;un aigu généreux (la « Pira » est toutefois transposée), et d&rsquo;une authentique musicalité, ainsi que d&rsquo;une grande intelligence, panachant ainsi les qualités d&rsquo;uns <em>spinto</em> et d&rsquo;un <em>lirico</em>.  </p>
<p>En Leonora, la jeune soprano américaine <strong>Jennifer Rowley </strong>doit encore gagner en maturité. L&rsquo;air d&rsquo;entrée, un peu grave pour ses moyens naturels, manque de poids et la voix est affectée d&rsquo;un léger vibratello. Tout change en seconde partie où l&rsquo;aigu, davantage sollicité, permet d&rsquo;apprécier un timbre cristallin et un superbe <em>legato</em>. </p>
<p><strong>Quinn Kelsey</strong> de son côté, renvoie plutôt à la tradition des Louis Quilico : la voix a du mordant, le chant est nuancé avec intelligence, mais les aigus sont un peu détimbrés pour un authentique baryton verdien. </p>
<p><strong>Štefan Kocán</strong> a une authentique voix de basse, sombre à souhait. Malheureusement, la technique ne suit pas : toutes la partie belcantiste passe à la trappe, avec des vocalises sommairement savonnées et des trilles aux abonnés absents. </p>
<p>La mise en scène de <strong>David McVicar </strong>se réfère à Goya, avec une violence exacerbée entre hommes et femmes <a href="/le-prophete-berlin-deutsche-oper-meyerbeer-est-grand-kunde-est-son-prophete">qui finit par devenir un tic gênant chez les metteurs en scène actuels</a>.  Au positif, aucun temps mort, comme si McVicar craignait un éventuel ennui  créé par la musique seule.  </p>
<p>A la tête d&rsquo;un choeur et d&rsquo;un orchestre impeccable, <strong>Marco Armiliato</strong> offre une direction efficace, bien en phase avec le plateau. Mais pourquoi donc avoir pratiqué une fois de plus des coupures dans la partition ?</p>
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		<title>Cavalleria rusticana&#124;Sancta Susanna — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalleria-rusticana-sancta-susanna-paris-bastille-le-triomphe-des-mezzos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2016 04:19:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Peut-on imaginer deux opéras aussi dissemblables que Cavalleria rusticana et Sancta Susanna ? Le premier, inspiré d’une nouvelle écrite par le chef de file du mouvement vériste en littérature italienne, Giovanni Verga, est un drame de la jalousie qui se déroule dans un village sicilien ; le second, influencé par l’école expressionniste allemande nous entraîne entre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Peut-on imaginer deux opéras aussi dissemblables que<em> Cavalleria rusticana</em> et <em>Sancta Susanna ?</em> Le premier, inspiré d’une nouvelle écrite par le chef de file du mouvement vériste en littérature italienne, Giovanni Verga, est un drame de la jalousie qui se déroule dans un village sicilien ; le second, influencé par l’école expressionniste allemande nous entraîne entre les murs austères d’un couvent et met en scène une religieuse en proie à des pulsions sexuelles. Il paraît donc à première vue incongru de les réunir au sein d’une même soirée à moins d’imaginer que Santuzza ait pris le voile après la mort de Turridu et soit devenue Susanna. A la Scala, en 2011, cette production de l’opéra de Mascagni avait été associée, comme c’est la tradition, à <em>I Pagliacci</em> de Leoncavallo. Quant à <em>Sancta Susanna</em>, l’opéra de Lyon l’avait montée en 2012 en la couplant avec la <em>Suor Angelica</em> de Puccini, ce qui constitue un appariement logique. Pourtant il existe des points communs entre les deux ouvrages. Dans le programme du spectacle, <strong>Mario Martone</strong> explique qu’ils mettent en scène <font color="#000000">«<em> </em></font><em>le sacré et ce contraste entre la dimension sensuelle et le corps en demande qui veut satisfaire son désir.</em> <font color="#000000">»</font></p>
<p>Dans <em>Cavalleria rusticana</em>, le metteur en scène italien adopte le parti pris d’évacuer l’aspect folklorique de l’œuvre. Point de place du marché, de clocher ni de chariots. Sur le plateau nu, les villageois, dos au public, assistent à la messe de Pâques, l’église étant suggérée par un autel et un crucifix dressé au fond de la scène, tandis qu’à l’avant-scène, face au public, se noue le drame à travers l’affrontement entre Turridu et Santuzza puis le bref échange entre celle-ci et Alfio. A la fin de la messe, l’image de Mamma Lucia assise sur une chaise au milieu du plateau désert face à Turridu qui s’avance vers elle en la suppliant est particulièrement saisissante. Un seul regret cependant, sans décor pour renvoyer le son vers la salle, les voix ont tendance à se perdre dans les cintres.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/2016-17-caval-299.jpg?itok=NqbSgQpV" title="Cavalleria rusticana © Elisa Haberer / OnP" width="468" /><br />
	Cavalleria rusticana © Elisa Haberer / OnP</p>
<p>A l’inverse, le dispositif scénique de <em>Sancta Susanna</em> est constitué par un immense mur blanchâtre, fissuré par endroits, dans lequel est encastrée la cellule de la religieuse. La partie inférieure du mur s’effondre laissant voir un crucifix gigantesque, couché sur le sol, contre lequel une figurante dévêtue vient se frotter pendant le récit de Klementia, tandis qu’une araignée géante, sans doute fruit de l’imagination de Susanna, traverse le plateau avec sur le dos une autre figurante dénudée. A la fin, les sœurs relèveront le pan de mur tombé pour réserver à Susanna le même sort que la jeune femme nue, emmurée vivante, du récit de Klementia.</p>
<p>La distribution de<em> Cavalleria</em> est dominée par l’exceptionnelle prestation d’<strong>Elīna Garanča </strong>qui effectue une prise de rôle époustouflante. La mezzo lettone qui en studio ne parvient pas à se départir d’une certaine réserve, se lâche totalement sur le plateau. Sa Santuzza est bouleversante de bout en bout, le « Voi che sapete o mamma » lui arrache des accents poignants tout comme ses imprécations contre Turridu lors de leur face à face. La voix, homogène sur toute la tessiture, est somptueuse et culmine sur un registre aigu opulent. <strong>Elena Zaremba</strong> campe une Lucia digne et humaine avec un timbre sombre à souhait. <strong>Yonghoon Lee</strong> dont ce sont les débuts à l’Opéra de Paris possède une voix solide et bien projetée, au timbre claironnant. Son Turridu tout d’une pièce n’est pas dénué d’intérêt mais il gagnerait à être plus nuancé, tant au point de vue vocal que scénique. <strong>Vitaliy Bilyy</strong> (voir son<a href="http://www.forumopera.com/actu/vitaliy-bilyy-sa-voix-est-plus-italienne-que-russe"> interview</a>)  incarne un Alfio sobre et viril tout à fait convaincant. Sa voix qui s’épanouit naturellement dans le registre aigu ne manque pas de séduction. Enfin la Lola mutine et sensuelle d’<strong>Antoinette Dennefeld</strong> ne passe pas inaperçue. Quant aux chœurs, protagonistes à part entière du récit, ils sont épatants de bout en bout.</p>
<p><strong>Anna Caterina Antonacci</strong> possède un timbre clair et chaud qui confère à son personnage toute la sensualité requise. Elle campe une Sancta Susanna à la fois fragile et ambiguë. La mezzo-soprano n’hésite pas à découvrir sa poitrine comme le demande le livret afin de donner plus de vérité à son incarnation troublante et hallucinée qui sera saluée par une ovation méritée. La voix sombre de <strong>Renée Morloc </strong>contraste avec celle de sa partenaire, sa Klementia effarée est parfaitement en situation. Regrettons enfin que les interventions de <strong>Sylvie Brunet-Grupposo</strong> dont on aurait aimé entendre davantage le timbre opulent, soient si brèves.</p>
<p><strong>Carlo Rizzi</strong> adopte des tempi retenus au début de <em>Cavalleria rusticana</em> qui vont crescendo jusqu’aux éclats du drame final. Attentif aux chanteurs, ils leur ménage un tapis sonore subtil propre à laisser s’épanouir leurs voix, notamment dans toute la première partie de <em>Sancta Susanna</em>.</p>
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		<title>Il Trovatore à New York en technicolor</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/il-trovatore-a-new-york-en-technicolor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cedric Manuel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Oct 2015 07:04:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour ce Trouvère retransmis depuis le Metropolitan Opera de New York dans les cinémas Gaumont et Pathé (à noter qu&#8217;à Paris, deux salles sur 5 affichaient complet), le grand spectacle était assuré. Dans des décors pivotants un peu tristes, David Mc Vicar met en scène une violence plus ou moins contenue pour une intrigue toujours &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour ce <em>Trouvère</em> retransmis depuis le Metropolitan Opera de New York dans les cinémas Gaumont et Pathé (à noter qu&rsquo;à Paris, deux salles sur 5 affichaient complet), le grand spectacle était assuré. Dans des décors pivotants un peu tristes, <strong>David Mc Vicar</strong> met en scène une violence plus ou moins contenue pour une intrigue toujours aussi tortueuse transposée ici au XVIIIe siècle. C&rsquo;est un <em>all-stars cast</em> comme le dit la présentatrice de la soirée, <strong>Susan Graham</strong>. Et c&rsquo;est vrai : la Leonora un rien extérieure d&rsquo;<strong>Anna Netrebko</strong>, dont la voix s&rsquo;est assombrie avec des aigus qui semblent parfois plus difficiles, se déchaine littéralement au dernier acte – le plus réussi de tous. <strong>Dmitri Hvorostosky</strong>, visiblement bien rétabli – ce qui lui a valu une standing ovation et une pluie de fleurs – campe un comte violent et tendu à l&rsquo;extrême. L&rsquo;Azucena de la vétérane <strong>Dolora Zajic </strong>est plus caverneuse que jamais et demeure impressionnante, en particulier au dernier acte. <strong>Yonghoon Lee</strong> se joue plus ou moins habilement des pièges de Manrico mais n&rsquo;est pas avare de nuances. A noter également l&rsquo;excellent Ferrando de <strong>Stefan Kocán </strong>et le non moins excellent choeur maison, qui comme souvent prend visiblement beaucoup de plaisir à jouer autant qu&rsquo;à chanter. <strong>Marco Armiliato</strong> emporte le tout sans faiblesse. Il ne manquait que le générique de la MGM et on était presque à Hollywood. Tout le monde en fait des tonnes, le public est en délire (mais pas celui de la salle de cinéma, aussi froid qu&rsquo;il est possible), on s&#8217;embrasse aux saluts. L&rsquo;opéra parfois, c&rsquo;est un sacré (beau) cinéma.</p>
<p><!--//--><!--
(function(d, s, id) {  var js, fjs = d.getElementsByTagName(s)[0];  if (d.getElementById(id)) return;  js = d.createElement(s); js.id = id;  js.src = "//connect.facebook.net/fr_FR/sdk.js#xfbml=1&amp;version=v2.3";  fjs.parentNode.insertBefore(js, fjs);}(document, 'script', 'facebook-jssdk'));
//--></p>
<blockquote cite="https://www.facebook.com/MetOpera/videos/10156202923455533/">
<p><a href="https://www.facebook.com/MetOpera/videos/10156202923455533/">Yonghoon Lee Sings « Ah! sì, ben mio » from Verdi&rsquo;s Il Trovatore</a></p>
</blockquote>
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		<title>VERDI, Don Carlo — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-carlo-new-york-lauberge-espagnole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2015 06:54:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un chef canadien, une soprano italienne, un ténor sud-coréen, un baryton russe, quelques Américains… Metropolitan Opera oblige, les espoirs montants et valeurs sûres de la planète lyrique se retrouvent fréquemment à New York. Le résultat est parfois contrasté, comme pour ce Don Carlo. A maison internationale, production internationale. Arrivée de Londres où elle voyait le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un chef canadien, une soprano italienne, un ténor sud-coréen, un baryton russe, quelques Américains… Metropolitan Opera oblige, les espoirs montants et valeurs sûres de la planète lyrique se retrouvent fréquemment à New York. Le résultat est parfois contrasté, comme pour ce <em>Don Carlo</em>.</p>
<p>A maison internationale, production internationale. Arrivée de Londres où elle voyait le Don Carlo de Jonas Kaufmann et l&rsquo;<a href="http://www.forumopera.com/breve/lianna-haroutounian-debuts-precipites-a-londres">Elisabeth de Liana Haroutounian propulsée sur le devant de la scène par l&rsquo;annulation d&rsquo;Anja Harteros</a>, la production de <strong>Nicholas Hytner</strong> s&rsquo;établit à New York. D’un classicisme modernisé sous des dehors design, elle règle les entrées et sorties de manière lisible et définit des ambiances claires. Elle compte autant de réussites (le cloître de Saint-Just) que de ratés (l’autodafé devant la basilique d&rsquo;Atocha) et se contente d’une définition sommaire et sans surprise des personnages.</p>
<p>	En fosse aussi la soirée se divise entre un orchestre au son toujours aussi rond, plein, précis dans ses attaques et son chef du soir, <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong>. Le Québécois est particulièrement attentif à la balance scène/salle, ce qui ne l’empêche pas d’alourdir les climax les plus martiaux de l’œuvre. La faute à un manque de dynamisme et à une direction qui oublie à intervalles réguliers d’aller chercher détails et fourmillements (à la petite harmonie notamment) dans la partition de Verdi. Inégaux aussi sont les chœurs où les basses mènent la barque cependant que les sopranos sont bien moins audibles. C’est, pour ainsi dire, criant dans la scène de l’autodafé. Une scène où se distinguent les Flamands, pour beaucoup issus du Lindemann Young Artist Development Progam.</p>
<p>	Sur scène, chaque continent ou presque a envoyé sa délégation. L’Amérique dispose de valeurs sûres : <strong>James Morris</strong>, <a href="http://www.forumopera.com/die-meistersinger-von-nurnberg-new-york-cest-dans-les-vieux-pots">Hans Sachs étonnant de fraicheur en décembre dernier</a>, est ce soir le Grand Inquisiteur, auquel il prête et son vibrato et ce timbre devenu piquant malgré la basse tessiture. L’Italie a fait convoi : <strong>Ferruccio Furlanetto</strong> (Philippe II) sonnerait presque comme au premier soir tant la ligne verdienne est châtiée, le souffle remarquable.  Il compense un timbre moins chatoyant désormais par l’intelligence dramatique. Servi par un solo de violoncelle à faire fondre les gratte-ciels new-yorkais, il entonne « ella giammai m’amò » comme un long sanglot, très intérieur. <strong>Barbara Frittoli</strong> ferait presque pâle figure en comparaison : l’aigu se refuse parfois, le vibrato lui prend le pas et la projection est plus que limitée pour cet auditorium de 3800 places. La Russie n’est pas en reste. <strong>Dmitri Hvorostovksy</strong>, enchaine, <a href="http://www.forumopera.com/un-ballo-in-maschera-new-york-quinte-flush-royale">après sa série de Renato</a>, sur ce rôle qui met moins à mal son souffle. Nuances, style et charisme scénique continuent d’en faire un des Posa du moment. La Bulgare <strong>Nadia Krasteva</strong> prête son mezzo à la fatale Eboli. <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/en-toute-integrite">A Munich et à Paris sa Preziosilla faisait étalage de registres disjoints</a>, New York l’entend avec une technique plus saine malgré quelques graves poitrinés dans le premier air. « O don fatale » met en revanche son ambitus à rude épreuve. En Don Carlo, le jeune <strong>Yonghoon Lee</strong> enfin est ambivalent. Il a pour lui un volume évident, une longueur de souffle et un beau timbre, qu’hélas il perd, lorsqu’il cherche une nuance piano. La prononciation est problématique, l’émission émaillée de <em>portando</em> disgracieux. Mais il est vaillant vocalement et ne connaît de défaillance à aucun moment de la soirée. Une vaillance qui conduit son jeu bien trop souvent au stéréotype : bras ouverts et poitrine gonflée.</p>
<p>	Au final on est entré au Metropolitan comme on serait entré dans une auberge espagnole : on y trouvé un peu de tout, avec des qualités diverses, pour un résultat qui, sans atteindre à la gastronomie des palaces, n’en laisse pas moins apprécier le séjour.</p>
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		<title>VERDI, Don Carlo — Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-carlo-baden-baden-en-dents-de-scie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jul 2014 05:26:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est des soirées très prometteuses qui laissent des impressions en demi-teintes : c’est le cas pour ce Don Carlo très attendu donné deux fois et dont la première avait été accueillie avec enthousiasme. En effet, la troupe du Mariinsky avec Valery Gergiev à sa tête s’est produite quatre soirées d’affilée à Baden-Baden avec au programme &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est des soirées très prometteuses qui laissent des impressions en demi-teintes : c’est le cas pour ce <em>Don Carlo</em> très attendu donné deux fois et dont la première avait été accueillie avec enthousiasme. En effet, la troupe du Mariinsky avec <strong>Valery Gergiev</strong> à sa tête s’est produite quatre soirées d’affilée à Baden-Baden avec au programme l’opéra de Verdi doté d’une double distribution, un <a href="http://www.forumopera.com/requiem-baden-baden-a-reveiller-les-morts"><em>Requiem</em> de Verdi chroniqué dans ces colonnes</a> et pour finir, un concert consacré à Tchaïkovski et Prokofiev.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Giorgio Barberio Corsetti </strong>notamment jouissait d’un bouche à oreille mieux que favorable. Las ! Alors que l’œuvre est donnée en intégralité, on commence avec un premier acte à Fontainebleau plus que décevant. Une toile tient lieu de décor et l’on retrouve les projections vidéo chères à Corsetti, en l’occurrence des branchages vaguement frémissants. L’ennui, c’est que la scène du Festspielhaus est immense et que le son se perd en l’absence de décor consistant. Certes, la mise en scène a été conçue pour Saint-Pétersbourg et exportée telle quelle. Mais cela pose problème, pour le moins ! Par ailleurs, peu ou pas de direction d’acteur, notamment pour le ténor qui hésite entre une gestuelle ampoulée et une apparente gêne de ne pas savoir où se mettre. <strong>Anna Markarova </strong>campe une Élisabeth égarée et transpose vers le bas, visiblement indisposée. À la première pause, c’est la consternation et le désespoir : que va-t-on pouvoir dire de cette production ?</p>
<p>Tout change à la reprise, non sans au préalable une angoisse supplémentaire. Les lumières se rallument (problème technique rapidement réglé) et on vient faire une annonce : Anna Markarova, souffrante, ne continue pas mais est remplacée par <strong>Viktoria Yastrebova </strong>qui avait interprété le rôle l’avant-veille et qu’on a entendue le jour précédent dans le <em>Requiem</em>. Jamais deux sans trois, peut-être, mais tout de même, on s’inquiète pour la jeune femme et son éventuel état de fatigue. À partir de là, tout va mieux : on constate enfin une direction d’acteurs et de judicieux placements, notamment dans les affrontements verbaux. Les choix sont parfois contestables ou opaques mais toujours intéressants et relèvent d’un véritable travail de metteur en scène. Dans la scène finale, par exemple, on pense voir revenir le grand inquisiteur dans sa robe de bure et sa capuche rabattue comme les pleurants des tombeaux de Bourgogne. Il s’agit en fait de Charles Quint, en chair et en os plutôt qu’une voix sortie des coulisses. L’idée fait sens, comme la plupart des choix de Corsetti. Mais au moment de la mort de Posa, pourquoi projeter l’image démultipliée de Don Carlo épée à la main, ce qui gâte l’intensité émotionnelle ? Pour indiquer que si l’un meurt, l’autre poursuivra son exemple en l’amplifiant ? Les costumes de <strong>Christian Taborrelli </strong>et<strong> Angela Buscemi </strong>sont magnifiques et surprenants, car à cheval sur plusieurs temporalités et zones géographiques : les vêtements portés par les paysans évoquent ainsi plutôt les Flandres et les tableaux de Bruegel, mais là encore, l’ensemble convainc. Le placement des chœurs est parfaitement maîtrisé et dans l’air de l’autodafé, un décor en pente qui met enfin en valeur les voix est judicieusement utilisé pour placer les choristes face au public, ce qui permet d’en prendre plein les oreilles.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="299" src="/sites/default/files/styles/large/public/don_carlo_c_n.razina_8_.jpg?itok=_pXgOnr0" title="© N. Razina" width="468" /><br />
	© N. Razina</p>
<p>Le plateau vocal est très satisfaisant. <strong>Viktoria Yastrebova</strong> est une Élisabeth superbe même si ses moyens vocaux sont peut-être davantage adaptés à d’autres rôles. Sa beauté, son port royal et sa science du jeu font merveille, mais les aigus sont difficiles. N’empêche, elle a sauvé la soirée et le public lui en est reconnaissant. Elle est toutefois littéralement écrasée par la performance de <strong>Ekaterina Gubanova</strong>, sublime en Eboli, dont elle fait ressortir toute l’humanité, en particulier dans le « Don fatale ». Charnue, généreuse et moirée, la voix s’impose souverainement. Autre interprète d’exception : <strong>Vladislav Sumlinsky</strong>, admirable Posa. Son timbre riche dégage une suavité, une profondeur et une aura qui magnifie ses moyens amplement en adéquation avec le rôle, à tel point qu’il en devient pour ainsi dire le personnage principal. <strong>Yonghoon Lee </strong>tire cependant son épingle du jeu en Don Carlo et semble chanter de tout son cœur, impeccablement, avec une bonne prononciation de l’italien. Son physique avenant fait le reste. <strong>Yevgeny Nikitin </strong>incarne un Philippe II noble et imposant, sans doute convaincant dans son lamento, à en croire l’applaudimètre. Malheureusement, « Ella giammai m’amò ! » est totalement ruiné par notre voisine qui l’accompagne en chantant doucement. En Grand Inquisiteur, <strong>Mikhail Petrenko </strong>propose sa belle voix de basse russe. Il semble néanmoins très gêné par la capuche de sa robe de bure qu’il passe son temps à redresser pour laisser passer le souffle. Dommage, car cela plombe quelque peu la très belle scène d’affrontement avec le roi.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Valery Gergiev </strong>impose sa fougue et son rythme habituels. L’orchestre devient transparent, dans le bon sens du terme, et la beauté des accents verdiens est pleinement mise en valeur. Au final, drôle de soirée, entre sublime et ratés, mais tout de même fort belle et sans doute mémorable…</p>
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