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	<title>Isabel LEONARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 30 Jun 2025 17:46:41 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Isabel LEONARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Pas de visa, pas d’Aigul Akhmetshina</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/pas-de-visa-pas-daigul-akhmetshina/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2025 17:26:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors qu&#8217;elle devait chanter Rosina pour la seconde série des représentations du Barbiere di Siviglia à l&#8217;Opéra de Paris (du 28 juin au 13 juillet), Aigul Akhmetshina n&#8217;a pu assurer sa première de samedi dernier et a été remplacée par la tout aussi excellente Isabel Leonard. Celle-ci chantait déjà Rosina dans la première série (du 10 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors qu&rsquo;elle devait chanter Rosina pour la seconde série des représentations du <em>Barbiere di Siviglia</em> à l&rsquo;Opéra de Paris (du 28 juin au 13 juillet), <strong>Aigul Akhmetshina</strong> n&rsquo;a pu assurer sa première de samedi dernier et a été remplacée par la tout aussi excellente <strong>Isabel Leonard</strong>. Celle-ci chantait déjà Rosina dans la première série (du 10 au 25 juin). Sur sa page Facebook, le mezzo russe explique l&rsquo;annulation de sa première de samedi dernier par l&rsquo;impossibilité d&rsquo;obtenir à temps un visa (les autorités ne sont jamais trop prudentes et, on a beau dire, on n&rsquo;est jamais assez protégé). Elle évoque la date du 2 juillet pour son retour : l&rsquo;Opéra de Paris semble mieux informé (ou plus au fait des rigueurs administratives nationales) : Aigul Akhmetshina a discrètement disparu des distributions indiquées sur son site web, et Isabel Leonard est affichée pour toutes les futures représentations. <strong>Aigul Akhmetshina</strong> est par ailleurs annoncée dans <em>Carmen</em> à Vérone vendredi prochain.</p>
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		<title>ROSSINI, Il Barbiere di Siviglia &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-barbiere-di-siviglia-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louise Momal]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jun 2025 04:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour l’amateur d’art lyrique, assister à une représentation du Barbiere, comme à une de Carmen ou de La Traviata, c’est revenir à l’essentiel, c’est se voir rappeler, en quelques trois heures à peine, tout ce qu’est l’opéra dans son expression la plus pure. Même dans une soirée de répertoire comme celle à laquelle nous avons &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour l’amateur d’art lyrique, assister à une représentation du <em>Barbiere</em>, comme à une de <em>Carmen</em> ou de <em>La Traviata</em>, c’est revenir à l’essentiel, c’est se voir rappeler, en quelques trois heures à peine, tout ce qu’est l’opéra dans son expression la plus pure. Même dans une soirée de répertoire comme celle à laquelle nous avons assisté hier, le génie irrésistible de la partition du <em>Barbiere</em> ne peut manquer son effet.</p>
<p>Le spectateur parisien est désormais familier de la production de <strong>Damiano Michieletto</strong>, créée à Genève en 2010, entrée au répertoire de Bastille en 2014. Malgré son âge, elle n’a rien perdu de son charme et de son efficacité. Figurant l’action dans une rue de Séville, dont les façades jaunes aux volets verts si méditerranéens dépaysent immédiatement, les décors permettent, en tournant la façade de la maison centrale, de découvrir l’intérieur de la demeure de Bartolo, sorte de maison de poupées grandeur nature sur trois étages où les personnages vont et viennent d’une pièce à l’autre, dévalent et remontent les escaliers à toute vitesse. Tout cela marche comme une horloge suisse, et les ensembles sont particulièrement réussis, ce qui est, selon nous, l’essentiel pour le <em>Barbiere</em>. Le final de l’acte I, où Almaviva s’introduit chez Bartolo déguisé en soldat ivre, fonctionne particulièrement bien avec son enchaînement de gags (parfois simultanés)&nbsp;: Rosina, Bartolo, Almaviva et Berta se trouvent coincés dans un <em>mexican stand-</em><em>off</em> autour de la table basse du salon, armés chacun d’un cactus ; plus tard Figaro sépare Almaviva et Bartolo en brisant le quatrième mur et en passant sa main d’un étage à l’autre ; Bartolo tient tout ce petit monde en joue autour de sa table de cuisine en formica, puis lui et Almaviva se lancent dans un duel à coup d’armes culinaires improvisées. L’entrée de Basilio au deuxième acte, affublé d’un tuba porté en bandoulière ne manque également jamais son petit effet. Fourmillante de détails, mais sans pour autant distraire au point de gêner une écoute attentive, cette production fonctionne donc toujours aussi bien. Avouons cependant souhaiter que l’on change un jour les costumes de Rosina qui, s’ils ont jamais pu paraître seyants dans les années 2010, sont désormais aussi démodés que peu grâcieux.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/il-barbiere-bastille-2025-agathe-poupeneysekgapane-leonard.webp" alt="">© Agathe Poupenay</pre>
<p>Côté voix, la distribution est assez hétérogène, mêlant grands habitués de l’œuvre et presque nouveaux venus. Déjà Berta à Bastille en 2016, <strong>Anaïs Constans</strong> ne chantait que cette première représentation, laissant la place à Margarita Polonskaya, membre de la troupe, pour la suite de la reprise. Avec son joli timbre fruité, elle offre à son air «&nbsp;Il vecchiotto cerca moglie&nbsp;» plus de jeunesse et de fraîcheur que n’en sous-entend le livret. Mais qu’importe ce décalage quand l’artiste est si agréable à entendre, faisant de ce personnage d’arrière-plan un des meilleurs aspects de la soirée. L’inénarrable <strong>Luca Pisaroni</strong>, dont on connaît bien la verve comique, campe ce soir Don Basilio, pour la seconde production seulement dans sa carrière. Son interprétation du personnage, moins grotesque que sournois et naïf, est excellente, évoquant par sa grande taille et sa minceur un Buster Keaton qui se serait perdu sous le soleil d’Espagne. Il prend visiblement un plaisir communicatif à distiller le texte de l’air de la calomnie, étirant le [s] de « sibillando », savourant les sonorités du mot « meschino ». Tout l’art consommé du chanteur ne parvient pas entièrement à faire oublier que le rôle appelle peut-être une voix plus large dans le registre grave, surtout pour les explosions de canon à la fin de son air. Mais sans doute c&rsquo;est là faire la fine bouche, et nous nous inclinons devant l’intelligence de l’artiste. À ses côtés, son complice et patron, Bartolo, revêt les traits de <strong>Carlo Lepore</strong>, basse bouffe italienne dont on ne vantera jamais assez les mérites. Grand habitué du rôle, grand rossinien, il se jette à corps perdu dans ce Bartolo hautement comique, mais aussi inquiétant, lubrique, un brin huileux. Le timbre, très distinctif, pincé, un peu corsé – que le lecteur courre l’écouter s’il ne le connaît pas déjà, car il est indescriptible – convient à merveille au personnage et à la manière dont Lepore cisèle chaque mot. Dès sa première apparition au balcon de Rosina, on goûte son art du récitatif, presque naturaliste. Toute la palette de la basse bouffe est impeccable, depuis un chant syllabique absolument magistral, renversant dans « A un dottore della mia sorte », jusqu’à une voix de tête à en faire pâmer d’envie un contre-ténor de métier, dont il fait un usage généreux, aussi bien pour imiter Rosina que pour imiter le légendaire Caffariello bien aimé de Bartolo. C’est une performance impeccable, une leçon de chant rossinien.</p>
<p>Le trio de tête est un peu en-deçà, avouons-le. Le Figaro de <strong>Mattia Olivieri</strong> a du bagout, de l’aplomb, un beau baryton solaire et sonore, de l’<em>italianità</em> à revendre. Mais les passages les plus rapides sont quelque peu laborieux, et l’interprétation reste trop générique. L’air d’entrée notamment, quoique bien exécuté, manque de contraste et de jeu. Mais peut-être est-ce l’effet de la première et Olivieri gagnera-t-il en assurance, et donc en audace, au fil des représentations. <strong>Levy Segkapane</strong> offre à Almaviva des suraigus en voix mixtes sauves, une vocalisation imperturbable et sûre, une énergie qui va crescendo au cours de la soirée. Mais là aussi, trac de la première peut-être, il nous manque quelque chose, le ténor étant très en retrait dans les ensembles au premier acte, avant de se laisser entraîner et de finir la soirée par un «&nbsp;Cessa di più resistere&nbsp;» assez brillant. La mezzo américaine <strong>Isabel Leonard</strong> complète le trio. C’est pour elle sa dix-septième production du <em>Barbiere</em>, et sa grande connaissance du rôle se sent. Elle confère à sa Rosina un beau timbre de mezzo, chaud, rond, avec quelques aspérités bienvenues dans le grave. Et cette Rosina ne s’en laisse pas conter : des Bartolo, des Figaro, des Almaviva, elle en a vu. Si son « Una voce poco fa » manque un peu de solidité dans la vocalise – le trac, sans aucun doute –, son « Contro un cor » est impeccable de fougue, d’autodérision et de maîtrise vocale. Déjouant toutes les chausse-trappes du rôle, elle le maîtrise au point de détourner des vocalises vers des trépignements, des cris, des soupirs d’exaspération, puis de les reprendre en plein vol. Et l’artiste, visiblement, s’amuse beaucoup, cabotinant sans réserve, dessinant une Rosina assurée et convaincante.</p>
<p>Si, sur scène, le chœur d’hommes de l’Opéra de Paris est un peu en retrait, l’orchestre est également un peu routinier, ne paraissant pas vraiment emporté par la fièvre rossinienne du <em>Barbiere</em>. La faute peut-être à la direction très efficace, attentive au chanteur de<strong> Diego Matheuz</strong>, mais manquant un peu d’inventivité et d’intensité. Son <em>Barbiere</em> est tout à fait honorable, mais il pourrait avoir plus d’éclat et de verve, à l’instar de son ouverture qui, malgré de très beaux contrastes chez les cordes, reste assez commune.</p>
<p>C’est donc un joli spectacle de répertoire que nous offre l’Opéra de Paris pour cette fin de saison, rehaussé par la présence du Bartolo superlatif de Lepore et d’une distribution somme toute fort solide.</p>
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		<title>Négociations salariales au Met : pas de ça, Lisette !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/negociations-salariales-au-met-pas-de-ca-lisette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 May 2021 08:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Longtemps bloquées, les négociations entre le Metropolitan Opera et l’American Guild of Musical Artists (l’AGMA) ont finalement abouti à un accord. Créée en 1936 à l’initiative du baryton Lawrence Tibbett, l’AGMA représente l’ensemble des acteurs du monde opératique, de la danse ou même du patinage artistique, du technicien au soliste en passant par les chœurs. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Longtemps bloquées, les négociations entre le Metropolitan Opera et l’American Guild of Musical Artists (l’AGMA) ont finalement abouti à un accord. Créée en 1936 à l’initiative du baryton Lawrence Tibbett, l’AGMA représente l’ensemble des acteurs du monde opératique, de la danse ou même du patinage artistique, du technicien au soliste en passant par les chœurs. Tout artiste américain travaillant dans une institution telle que le Metropolitan Opera, le Lyric Opera de Chicago, le San Francisco Opera, le New York City Ballet, etc. bénéficie d’un contrat négocié par l’AGMA avec l’institution (étonnant pour un pays qui se présente comme libéral…). A l’origine du bras de fer, l’actuel directeur du Met, Peter Gelb, avait réclamé des réductions de salaires de 30% et les artistes n’étaeint plus payés depuis le 31 mars de l’année dernière. L’accord concerne toutes les catégories socioprofessionnelles : choristes, solistes, danseurs, metteurs en scène et leurs assistants, jongleurs, etc. mais pas l’orchestre, qui dépend d’une autre organisation syndicale, l’ American Federation of Musicians. Finalement, les cachets au-dessous de 6 000 $ seront réduits de 6%, de 8% pour ceux de 6 000 à 9 999 $, de 9% de 10 000 à 12 000 $, 9,5% de 12 000 à 13 999 $ et finalement de 12,7% pour les émoluments supérieurs. Les choristes verront leurs salaires réduits de 3,7% quand leurs revenus annuels sont autour de 200 000 $ et incluent une assurance-maladie&#8230; Des montants auxquels peu de solistes peuvent prétendre, mais on n’est jamais si bien servi que par soi-même. Sur sa page Facebook, <strong>Lisette Oropesa</strong> (bientôt rejointe par<strong> Isabel Leonard</strong>) s’est émue de ce traitement de (dé)faveur : « Les solistes prennent davantage de risques, subissent plus de pression, ont davantage à perdre et supportent plus de charges que n’importe quel autre groupe représenté par ce syndicat. De plus, nous payons tous les mêmes droits. Les solistes non américains paient encore davantage à cause d’importants frais de visa et de séjour. C’est un marchandage indigne ». L’accord est également assorti de dispositions sur la diversité : les communautés peu représentées devront être activement sollicitées et les chanteurs en surpoids ne pourront plus être écartés au profit d’anorexiques aphones « sauf en cas de surcoût significatif (!) ou de choix artistique », ce qui n’engage hélas pas à grand-chose. Voilà ce qui du moins ne concerne pas Lisette Oropesa.</p>
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		<item>
		<title>Met Stars Live in Concert : Ailyn Pérez, Nadine Sierra, Isabel Leonard &#8211; Versailles  — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/met-stars-live-in-concert-ailyn-perez-nadine-sierra-isabel-leonard-versailles-versailles-trio/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 May 2021 03:14:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette fois c’est en France, et plus précisément à l’Opéra Royal de Versailles, qu’a eu lieu le nouvel opus de la série Met Stars Live in Concert qui a toujours privilégié pour ses spectacles des lieux prestigieux comme le Palais Royal de Caserta près de Naples, la Stadthalle de Wuppertal ou le manège d’hiver de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette fois c’est en France, et plus précisément à l’Opéra Royal de Versailles, qu’a eu lieu le nouvel opus de la série <strong>Met Stars Live in Concert </strong>qui a toujours privilégié pour ses spectacles des lieux prestigieux comme le Palais Royal de Caserta près de Naples, la Stadthalle de Wuppertal ou le manège d’hiver de la <em>Spanische Hofreitschule </em>à Vienne. Pour la première fois les interprètes sont au nombre de trois, trois cantatrices, grandes habituées du Met, qui ont choisi un programme pour le moins varié d’airs, de duos et même de trios. La première partie qui nous offre du baroque (Vivaldi), du Mozart, de l’opéra français (Gounod, Offenbach), du bel canto (Bellini) ou encore des compositeurs véristes (Catalani, Leoncavallo) s’achève sur le trio du <em>Rosenkavalier</em>. Après quoi, Nadine Sierra évoque les origines latines qu’elle partage avec ses consœurs pour annoncer une seconde partie consacrée à des musiciens espagnols ou latino-américains, ainsi qu’à des compositeurs que l’Espagne a inspirés tels que Bizet et Rossini. De célèbres chansons comme l’incontournable « Besame mucho » mettront un point final à la soirée. Les cantatrices sont installées dos à la salle dont les loges sont éclairées de bleu, de jaune ou d’orange selon les morceaux. Devant elles, à son piano, <strong>Vlad Iftinca</strong>, l’un des coaches du Programme de Développement des Jeunes Artistes du Met, propose un accompagnement sobre et adapté à chaque compositeur, laissant la part belle aux chanteuses.</p>
<p> </p>
<p>C’est <strong>Nadine Sierra</strong>, élégante dans sa robe bleu-ciel, qui ouvre le bal avec une valse de Juliette éblouissante, tant par sa virtuosité que par le raffinement de sa ligne de chant. Si la diction est encore perfectible, la fraîcheur et l’éclat du timbre évoquent bien la jeunesse et la joie de vivre du personnage. Ces qualités se retrouveront dans le duo de<em> Norma</em> (« Mira O Norma ») où la cantatrice incarne une Adalgisa fragile, une vraie « giovinetta » bien loin des mezzos dramatique qui ont sévi dans ce rôle. Avec Donna Anna, la soprano se confronte à une page plus ardue, et elle tire parfaitement son épingle du jeu : le récitatif est impliqué, la partie lente, délicatement phrasée, témoigne d’une belle longueur de souffle et les ornementations de la partie rapide sont exécutées avec soin, comme le seront les vocalises qui concluent l’air « Me llaman la primorosa » extrait de la zarzuela <em>El Barbero de Sevilla </em>de Gerónimo Gimenéz, et dans lequel Nadine Sierra se montre mutine à souhait.</p>
<p>Vêtue d’une robe bleu-nuit scintillante, <strong>Isabel Leonard</strong> a choisi pour son entrée l’air de Chérubin, un rôle qu’elle chante depuis 2008 et qu’elle maîtrise parfaitement, L’homogénéité de son timbre fruité, la délicatesse de ses nuances et son identification au personnage captent durablement l’attention. Elle se montrera tout autant à son affaire dans le duo de <em>Così fan tutte</em> « Prenderò quel brunettino » en compagnie d’Ailyn perez où sa Dorabella espiègle et sensuelle ne manque pas de séduction. En revanche, si Mozart sied idéalement aux moyens de la mezzo américaine, on ne peut en dire autant de Vivaldi. Certes son interprétation de « Agitata da due venti » n’appelle aucun reproche majeur, mais la lenteur du tempo, et la monotonie des vocalises lors des diverses reprises finissent par lasser. Fort heureusement la cantatrice, qui a d’autres atouts dans son jeu, livre en seconde partie une « Canzonetta spagnuola » de Rossini de haut niveau, cette fois les vocalises qui s’accélèrent à mesure que la musique progresse sont tout à fait éblouissantes. Enfin, son fringant Chevalier à la rose dans le trio du dernier acte possède les même qualités que son Chérubin..</p>
<p><strong>Ailyn Pérez</strong>, toute de rose pâle vêtue, incarne une Wally particulièrement émouvante : l’air « Ebben ? ne andrò lontana » qu’elle parsème de somptueux piani convient idéalement à ses moyens. Dans l’air de Nedda elle évoque avec justesse les sentiments de cette jeune femme qui s’éveille à l’amour en dépit des dangers qui la menacent. Sa Fiordiligi avec Leonard et sa Maréchale, dans le trio du Rosenkavalier, valent également le détour. Enfin sa Norma passionnée face à Sierra est pleinement convaincante, notons que le duo est complet et que la cabalette est doublée. Pour finir, elle donne de la chanson « Estellita » une version tout à fait électrisante, autant de qualités qui laissent présager une belle Manon en février prochain à Bastille.</p>
<p>Pour les deux dernières pages les cantatrices font appel à l’excellent guitariste espagnol<strong> Pablo Sáinz-Villegas </strong>dont on admire l’accompagnement qu’il propose dans les deux chansons qu’elles chantent à trois voix, « Besame mucho » dont elles livrent une version qui séduit par son originalité et « Cielito lindo » qui s’achève par ces paroles, « canta y no llores porque cantando se alegran cielito lindo los corazones » (« Chante […] parce que chanter rend le cœur heureux »).</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Dialogues des Carmélites en direct du Met : poignant</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/dialogues-des-carmelites-en-direct-du-met-poignant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 May 2019 04:00:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa dernière retransmission de la saison dans les cinémas, le Metropolitan Opera a choisi la reprise de Dialogues des Carmélites de Poulenc dans la production que John Dexter avait signée en 1977 à l’occasion de la création de l’ouvrage in loco. Reconstituée par David Kneuss, cette production, sobre et austère, n’a rien perdu de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa dernière retransmission de la saison dans les cinémas, le Metropolitan Opera a choisi la reprise de <em>Dialogues des Carmélites</em> de Poulenc dans la production que John Dexter avait signée en 1977 à l’occasion de la création de l’ouvrage <em>in loco</em>. Reconstituée par <strong>David Kneuss</strong>, cette production, sobre et austère, n’a rien perdu de sa force ni de son impact dramatique comme en témoigne le silence recueilli des spectateurs tout au long de la soirée. Le rideau se lève sur une image saisissante, le plateau est nu, au sol la lumière éclaire une plateforme cruciforme qui semble délimiter les contours de la nef et du transept d’une église, au milieu de laquelle sont couchées les Carmélites, face contre terre et bras écartés. Plus tard cette plateforme deviendra prison puis lieu du martyre des religieuses. Quelques éléments de décor, les barres d’une porte en métal, un autel, un lit, viennent suggérer les divers lieux où se déroule l’action. Dans ce cadre minimaliste, la direction d’acteurs, intelligente et évocatrice, ne laisse à aucun moment les protagonistes livrés à eux-mêmes.</p>
<p>La distribution réunie pour la circonstance est d’une grande homogénéité tant sur le plan vocal que scénique. Tous ont à cœur de soigner leur prononciation avec plus ou moins de bonheur, et si les hommes s’en tirent mieux que les femmes, le texte dans l’ensemble est à peu près intelligible.</p>
<p><strong>Jean-François Lapointe</strong> campe avec beaucoup de retenue un Marquis de la Force las et démuni face aux événements, tandis que <strong>David Portillo</strong> doté d’une voix claire aux aigus aériens interprète avec délicatesse un Chevalier particulièrement émouvant. On notera également l’excellent aumônier de <strong>Tony Stevenson</strong> et le Javelino bien chantant de <strong>Paul Corona</strong>.</p>
<p><strong>Karen Cargill </strong>incarne une Mère Marie stricte au chant stable et à la voix homogène.<strong> Erin Morley</strong> et <strong>Isabel Leonard</strong> retrouvent les personnages qu’elles avaient déjà abordés sur cette scène en 2013. La première campe une sœur Constance au timbre lumineux, d’abord enjouée et insouciante puis touchante dans sa candeur. La seconde, dotée d’une voix plus sombre, propose une Blanche de la Force à la fois fragile et déterminée. Si la mezzo-soprano fait preuve d’un certain détachement en début de soirée son interprétation devient de plus en plus bouleversante à partir de la mort de la première Prieure jusqu’au dénouement. <strong>Karita Mattila</strong> trouve en Madame de Croissy un rôle à la mesure de son talent. Impressionnante d’autorité dès sa première apparition, son agonie terrifiante marquera longtemps les mémoires. Se tordant de douleur sur son lit, la soprano finlandaise émet des sons d’une raucité glaçante avant de rendre l’âme. A l’opposé, la nouvelle Prieure d’<strong>Adrianne Pieczonca</strong> se montre apaisante et attentionnée avec les sœurs, son chant, d’une irréprochable musicalité fait merveille dans la scène de la prison où son legato fluide  et la solidité de sa voix traduisent la force intérieure du personnage face à la mort. On lui pardonnera un ou deux aigus quelque peu stridents au dernier tableau.</p>
<p>Grand maître d’œuvre de la soirée,<strong> Yannick Nézet-Séguin</strong> propose une direction élégante et nuancée, ses tempi rapides font progresser de façon inexorable le drame jusqu’à son inéluctable dénouement. Au cinéma, la prise de son met en valeur la richesse et la puissance de l’orchestre au détriment parfois des voix.</p>
<p>Le 12 octobre prochain, c’est <em>Turandot</em> qui ouvrira <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/le-met-vous-donne-toujours-rendez-vous-au-cinema-en-2019-20">la nouvelle saison des retransmissions du Metropolitan Opera</a> dans les cinémas du réseau Pathé Live.</p>
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		<title>En direct du Met, Marnie crève l&#8217;écran</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/en-direct-du-met-marnie-creve-lecran/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Nov 2018 04:46:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Saluons tout d’abord l’initiative du Metropolitan Opera qui a retransmis dans les cinémas une création contemporaine et réjouissons-nous de constater que, sans être comble, la salle où nous nous trouvions était fort bien remplie, pas moins en tout cas que pour nombre d’opéras familiers du répertoire. C’est à la dernière représentation de Marnie que le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Saluons tout d’abord l’initiative du Metropolitan Opera qui a retransmis dans les cinémas une création contemporaine et réjouissons-nous de constater que, sans être comble, la salle où nous nous trouvions était fort bien remplie, pas moins en tout cas que pour nombre d’opéras familiers du répertoire. C’est à la dernière représentation de <em>Marnie</em> que le Met nous a conviés, une coproduction avec l’English National Opera de Londres où l’œuvre a été créée en 2017. Pour les cinéphiles, <em>Marnie</em> est le titre original d’un film d’Alfred Hitchcock sorti en 1964 et adapté d’un roman de Winston Graham paru trois ans plus tôt. Le cinéaste avait transposé l’action aux Etats-Unis et modifié les rouages de l’intrigue, en revanche le livret de <strong>Nicholas Wright</strong> est davantage fidèle au roman. Ainsi l’époux de Marnie, Mark Rutland a un frère au comportement ambigu et non pas comme dans le film une belle-sœur amoureuse de lui en secret et jalouse. Les origines de la névrose de Marnie, kleptomane et frigide, sont tout à fait différentes, quant à sa mère loin de s’être sacrifiée pour sa fille, elle est ici un personnage négatif et nuisible.</p>
<p>Pour sa deuxième collaboration avec le Met, <strong>Nico Muhly</strong> propose une partition à l’orchestration épurée, dans laquelle on devine l’influence de Philip Glass avec qui il a longtemps collaboré mais aussi de John Adams. Quant au traitement des chœurs il n’est pas sans évoquer le Britten de<em> Peter Grimes</em>.</p>
<p>Au pupitre, <strong>Robert Spano</strong> qui effectue des débuts tardifs au Met, propose une direction équilibrée et limpide mais non dénuée de théâtralité.Si dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/marnie-metropolitan-opera-new-york-tout-ca-pour-ca">sa critique</a>, Marceau Ferrand, présent dans la salle le 19 octobre, a pu constater un certain manque d’imagination dans le travail de <strong>Michael Mayer</strong>, au cinéma le ressenti était tout autre, sans doute grâce aux nombreux gros plans qui témoignent d’un travail approfondi sur les expressions du visage et ce qu’elles révèlent des émotions des personnages. Jamais libre, Marnie est sans cesse poursuivie tantôt par ses autres identités figurées par des clones portant des robes aux teintes vives tantôt par un groupe d’hommes qui semblent la surveiller sans cesse. Le résultat est saisissant. La succession rapide des scènes voulue par le compositeur, notamment au premier acte, se traduit sur l’écran par une série de plans qui défilent à un rythme accéléré tout à fait cinématographique. Des panneaux coulissants permettent des changements de décor à vue tandis que les costumes, les robes des différentes Marnie notamment, évoquent les années cinquante.</p>
<p><strong>Isabel</strong> <strong>Leonard</strong> incarne magistralement son personnage. Dotée d’une élégance naturelle et d’un timbre pulpeux, elle semble ressusciter sur l’écran les blondes héroïnes d’Hitchcock dont elle a la classe et le physique, sans parler du chignon à la Kim Novak dans <em>Vertigo</em>. On saluera l’autorité et l’engagement de <strong>Christopher Maltman,</strong> la performance saisissante de <b>Iestyn Davies</b> en frère sournois et envieux et le chant agressif et mordant de <strong>Denyce Graves</strong>.</p>
<p>Le samedi 15 décembre le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live une nouvelle production de <em>La Traviata</em> avec Diana Damrau et  Juan Diego Flórez dans les rôles principaux.</p>
<p>   </p>
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		<title>MUHLY, Marnie — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/marnie-metropolitan-opera-new-york-tout-ca-pour-ca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marceau Ferrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Oct 2018 04:20:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec dix-huit solistes, un chœur imposant et une foule d’instruments supplémentaires pour un peu plus de deux heures de musique, les moyens déployés pour Marnie, ce « grand opéra » du XXIe siècle, paraissent bien démesurés face au résultat final. Cela tient avant tout au traitement du roman de Winston Graham, publié en 1961 et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec dix-huit solistes, un chœur imposant et une foule d’instruments supplémentaires pour un peu plus de deux heures de musique, les moyens déployés pour <em>Marnie</em>, ce « grand opéra » du XXIe siècle, paraissent bien démesurés face au résultat final. Cela tient avant tout au traitement du roman de Winston Graham, publié en 1961 et mis en images par Alfred Hitchcock trois ans plus tard, qui raconte l’histoire d’une jeune femme mythomane, kleptomane et frigide, forcée d’épouser l&rsquo;homme qui l&rsquo;a démasquée. Ce dernier cherchera pourtant à la sauver en l’aidant à surmonter son traumatisme.</p>
<p>Si l’histoire de ce Pygmalion freudien offre de nombreuses possibilités dans son traitement, l’intrigue demeure foncièrement inadaptée à l’opéra, d’où cette succession inarticulée de scènes disjointes. Ce n’est sans doute pas un hasard si, pendant des siècles, les livrets étaient tirés de pièces de théâtre où l’aspect dramatique et l’enchaînement des scènes étaient déjà établis. Des opéras récents tels que<em> The Exterminating Angel </em>ou <em>The Tempest</em> de Thomas Adès s’inscrivent dans cette veine. Là où Hitchcock avait considérablement réduit le nombre de personnages et linéarisé l’intrigue, Nicholas Wright veut au contraire respecter fidèlement le roman d’origine. Malgré un texte plutôt plat, le livret contient de nombreux moments drôles et des répliques grinçantes sur la vie conjugale. Le librettiste, pour créer des ambiances, use du chœur qui égrène des bribes de phrases convenues comme autant de caricatures de la <em>high society</em> des années 50. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="329" src="/sites/default/files/styles/large/public/marn_1102a.jpg?itok=HdJTuH4y" title="Isabel Leonard (Marnie) Photo: Ken Howard / Met Opera" width="468" /><br />
	Isabel Leonard (Marnie) © Ken Howard / Met Opera</p>
<p>A 37 ans, <strong>Nico Muhly </strong>se pose en chef de file d’une nouvelle génération de compositeurs capables de jongler avec les genres. Après <em>Two Boys</em> créé en 2011, l’Américain répond à sa seconde commande du Metropolitan Opera et de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/marnie-londres-eno-elina-makropoulos-chez-hitchcock">l’English National Opera</a>. Le compositeur affirme reprendre ici les formes anciennes tout en proposant quelque chose de « réellement nouveau ». Si Muhly assume son choix de ne pas inclure d’airs, il n&rsquo;obtient pas la fluidité du récit propre aux opéras sans numéros. Dans <em>Marnie</em>, les récitatifs s’enchaînent et se ressemblent, achevant de donner un caractère indifférencié aux scènes. L’innovation principale réside dans l’introduction de quatre doubles de Marnie qui viennent la hanter tout au long de l’opéra. Censées représenter les différentes personnalités et identités du personnage, elles finissent par constituer un chœur à part, sans vraiment participer à l’intrigue.</p>
<p>La partition est parcourue d&rsquo;une palpitation incessante de notes cristallines qui laisse transparaître l’influence de Philip Glass. Cette orchestration insaisissable ne trouve à s’accomplir que dans les grands ensembles. C&rsquo;est là que Muhly démontre sa maîtrise de la polyphonie. De manière générale, on constate la propension du compositeur à jouer avec des voix et instruments aux sons éthérés. Le piano, le célesta et le piccolo viennent ainsi répondre aux tessitures les plus aiguës – l’enfant, le contre-ténor et la soprano colorature, double de Marnie. L’intensité est trop continue tout au long de l’opéra. Des moments calmes sont étrangement dynamiques alors que de potentiels moments forts tombent rapidement à plat. La scène de la tentative de viol et de suicide qui s’ensuit, manque de violence et paraît bien trop apaisée.</p>
<p>La succession incessante de courts tableaux oblige <strong>Michael Mayer</strong> à recourir à un décor neutre fait de grandes cloisons pâles sur lesquelles viennent élégamment se déployer des images suggérant des atmosphères. Cette approche est hélas plus efficace dans les transitions que pour les scènes elles-mêmes, qui deviennent rapidement figées, sans intensité. Malgré un début très enthousiasmant, avec une succession de portraits montrant Marnie sous ses différentes apparences, l’utilisation de ciels nuageux tout au long de l’opéra laisse poindre un certain manque d’imagination. Rapidement se dégage l’impression que le metteur en scène souhaite produire des effets cinématographiques sans en avoir les moyens. A trop vouloir singer le cinéma, on tombe dans le ridicule, notamment lors de la scène de chasse, figurée par une ombre de cheval au galop projetée en arrière-plan et chorégraphiée par une ribambelle de danseurs superflus. Le choix du jaune pour la majorité des vêtements de Marnie n’est sans doute pas un hasard tant cette couleur est historiquement associée à la duplicité, au mensonge et à la traîtrise.</p>
<p><strong>Isabel Leonard</strong>, qui effectue régulièrement des excursions dans le répertoire contemporain, relève magistralement le défi de cette création nord-américaine et s’illustre par son timbre riche, des aigus brillants et un engagement théâtral fort. Son personnage, à la fois farouche et fragile est malheureusement desservi par cette partition inégale : en dehors de quelques vocalises élégantes, le compositeur ne laisse à Marnie que des récitatifs hachés requérant une tessiture impossible. Pire, cette impression d’impénétrabilité du personnage qui ne dit rien, n’exprime rien empêche une caractérisation mémorable. Mari violent mais désespérément amoureux, Frank Rutland est impeccablement interprété par <strong>Christopher Maltman</strong> au sommet de ses moyens. </p>
<p>Sans doute peu habitué aux contre-ténors – absence du répertoire baroque au Met oblige –, le public éclate de rire après les premières répliques de <strong>Iestyn Davies</strong>. Le Britannique incarne un frère perfide et manipulateur aux paroles fielleuses et à l’innocence feinte. Son air du deuxième acte est sans doute un des passages les plus aboutis de l’opéra. <strong>Denyce Graves</strong> excelle dans le rôle de la mère infanticide et déploie une voix effrayante de puissance et de méchanceté.<strong> Janis Kelly</strong> est parfaite en mère bourgeoise ridicule, malgré un personnage peu essentiel. <strong>Gabriel Gurevich</strong>, l’enfant, est peut-être la plus belle découverte de cette soirée. Ses quelques répliques, malgré leur simplicité apparente, sont magnifiques de pureté et de candeur. Le chœur du Metropolitan Opera illustre magnifiquement les passages flottants qui parsèment l’œuvre et s’affirme comme le pilier de la représentation. Après vingt ans à la tête du Atlanta Symphony, la carrière de <strong>Robert Spano</strong>, 57 ans, semble enfin prendre son envol. Le chef américain sait faire ressortir la brillance de cette partition inégale tout en tâchant de mettre en valeur ses rares moments dramatiques.</p>
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		<title>MOZART, Don Giovanni — Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-giovanni-aix-en-provence-une-scene-est-une-scene-est-une-scene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Jul 2017 04:13:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De ce nouveau Don Giovanni aixois, on reconnaît tout de suite qu’il est mis en scène par Jean-François Sivadier. Evidemment, comme Tcherniakov fait du Tcherniakov, Sivadier fait du Sivadier : le théâtre ne peut donner à voir que le théâtre, c’est-à-dire le monde, c’est-à-dire le théâtre, c’est-à-dire… Nous sommes une fois de plus sur un plateau &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>De ce nouveau <em>Don Giovanni </em>aixois, on reconnaît tout de suite qu’il est mis en scène par <strong>Jean-François Sivadier</strong>. Evidemment, comme Tcherniakov fait du Tcherniakov, Sivadier fait du Sivadier : le théâtre ne peut donner à voir que le théâtre, c’est-à-dire le monde, c’est-à-dire le théâtre, c’est-à-dire… Nous sommes une fois de plus sur un plateau aux coulisses visibles, d’abord occupé par des acteurs censés ne pas être encore en représentation, et qui entrent peu à peu dans le spectacle, en revêtant de superbes costumes évoquant l’Espagne de Goya, dont ils se dépouilleront ensuite peu à peu. Oui, une fois de plus, et pourtant, le résultat est fascinant. Robert Carsen à Milan multipliait lui aussi les variations sur le théâtre dans le théâtre, et <em>Don Giovanni</em> s’accommode à merveille d’un traitement qui permet de glisser ainsi d’une scène à l’autre en faisant descendre tel rideau opportun (toujours exactement au rythme de la musique) ou s’allumer tel éclairage magique (extraordinaire collection d’ampoules colorées en verre de Murano conçues par <strong>Philippe Berthomé</strong>). Le livret de Da Ponte fait ici l’objet d’une lecture assez fine pour en respecter autant l’esprit que la lettre, par exemple en donnant à voir la fameuse « cameriera di Donna Elvira », qui entre en scène avec sa maîtresse, qui est remarquée par Don Giovanni bien avant que celui-ci ne lui chante sa sérénade du deuxième acte, et qui finit par être le festin que consomment le seigneur et son valet lors de la scène finale (« Ah ! che barbaro appetito »…). Autre exemple : le « La ci darem » est chorégraphié comme une parade nuptiale, les deux personnages ne se rapprochant que sur les dernières notes, juste avant que l’intrusion d’Elvire ne les sépare, ce qui permet à Zerline de dire la vérité lorsqu’elle affirme « Non mi toccò la punta delle dita ». Surtout, le propos est servi avec une énergie constante, une vitalité qui ne se dément pas un instant, par une distribution de chanteurs tous aussi jeunes et brillants les uns que les autres.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="304" src="/sites/default/files/styles/large/public/dg1_1.jpg?itok=45K7ORj5" title="© Pascal Victor" width="468" /><br />
	© Pascal Victor</p>
<p>En costume de majo ou en nu presque intégral, <strong>Philippe Sly</strong> est un Don Giovanni en séduction permanente, physiquement et musicalement, jouant des nuances d’une voix de velours aux demi-teintes insinuantes. Sa sérénade est suffocante de sensualité, son cri final semble arraché à son corps et, après sa mort étrangement christique – loin d’être happé par les enfers, il reste debout, bras en croix –, le personnage est pris d’une danse frénétique qui laisse imaginer un éternel recommencement. Après Guglielmo qui, l’an dernier, ne lui donnait que peu d’occasions de se mettre en avant, <strong>Nahuel di Pierro</strong> éclate littéralement en Leporello, suscitant le rire par ses mines et ses gestes sans lourdeur, valet uni à son maître par une complicité évidente, et doté d’un timbre parfaitement différencié, avec entre autres un très bel air du catalogue et toute la vélocité syllabique nécessaire pour « Ah ! pietà ! signori miei ».</p>
<p>Comme l’avait montré sa Comtesse des <em>Noces</em> à Amsterdam,<strong> Eleonora Buratto </strong>est l’une des très grandes mozartiennes d’aujourd’hui, et il était grand temps que le festival d’Aix l’accueille ; elle explore avec bonheur toutes les facettes de Donna Anna, aussi précise dans la vocalisation qu’ardente dans l’expression. Alors qu’on avait pu lui reprocher par le passé un chant parfois trop lisse, <strong>Isabel Leonard </strong>semble avoir atteint une maturité lumineuse qui lui permet de composer une Elvire émouvante et jamais ridicule : grâce à l’artiste et à la mise en scène, le personnage est pris au sérieux, et touche infiniment lorsqu’on la voit terminer « Mi tradì » blottie contre le corps endormi de Don Giovanni. Quant à <strong>Julie Fuchs</strong>, sa Zerline espiègle mais fidèle n’est ni une marie-couche-toi-là, ni une victime soumise, et ses deux airs sont des délices que l’on voudrait savourer plus longtemps encore, tant elle y met de grâce et de saveur vocale. Pour une fois, <strong>Pavol Breslik </strong>est un peu privé de sa prestance naturelle avec un Ottavio qu’il ne peut rendre plus héroïque que Mozart et Da Ponte l’ont voulu, mais il déploie de superbes pianissimos, dans « Il mio tesoro » surtout. Le Masetto de <strong>Krzysztof Baczyk</strong> possède une bien belle voix grave, qu’on espère bientôt réentendre dans des rôles plus étoffés. <strong>David Leigh </strong>n’a manifestement pas l’âge du Commandeur, mais l’on ne s’en plaindra pas puisqu’il en a l’autorité.</p>
<p>On commence à bien savoir de quoi <strong>Jérémie Rhorer</strong> est capable dans ce répertoire. Son Mozart n’est ni gras ni maigre, ni débraillé ni trop poudré ; il est souple et délié, il a la corde soyeuse et le basson goguenard, et il évite les tempos excessifs qui étireraient trop le discours (« Ah ! Soccorso » impeccablement dosé) ou qui mettraient les chanteurs en difficulté. <strong>Le Cercle de l’Harmonie</strong>, avec la complicité des choristes des <strong>English Voices</strong>, confère une vigueur d’accents insoupçonnée à plus d’une page, comme la noce du premier acte, ici dépouillée de toute gentillesse niaise mais chargée d’ardeurs printanières.</p>
<p>Espérons maintenant que ce spectacle conservera toutes ses qualités lorsqu’il quittera la cour de l’Archevêché pour se diriger vers Nancy, puis Luxembourg, avec une autre distribution, un autre orchestre et un autre chef. (Diffusion le 8 juillet sur France Musique, le 10 sur Mezzo, culturebox et medici.tv, et ultérieurement sur France 2)</p>
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		<title>Des chanteurs d&#8217;opéra parasitent la cérémonie d&#8217;investiture de Donald Trump</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/des-chanteurs-dopera-parasitent-la-ceremonie-dinvestiture-de-donald-trump/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jan 2017 11:26:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis le début de la campagne présidentielle américaine, de nombreuses personnalités de tous horizons protestent contre la candidature de Donald Trump. L’élection du milliardaire américain en novembre dernier n’a pas mis fin à ce mouvement de protestation. Certains artistes ont refusé l&#8217;invitation à la cérémonie d’investiture, aujourd’hui, vendredi 20 janvier et plusieurs concerts ont été &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début de la campagne présidentielle américaine, de nombreuses personnalités de tous horizons protestent contre la candidature de Donald Trump. L’élection du milliardaire américain en novembre dernier n’a pas mis fin à ce mouvement de protestation. Certains artistes ont refusé l&rsquo;invitation à la cérémonie d’investiture, aujourd’hui, vendredi 20 janvier et plusieurs concerts ont été organisés dans le pays ce même jour pour détourner l’attention de l’événement. C’est dans cet objectif que des chanteurs d’opéra américains – <strong>Isabel Leonard</strong>, <strong>Nathan Gunn, Patricia Racette</strong>, <strong>Lawrence Brownlee</strong>, <strong>Matthew Polenzani</strong>, <strong>Lester Lynch</strong> et <strong>Kyle Ketelsen</strong> – ont accepté de participer à <em>The Hillary Speeches, </em>un spectacle mis en musique par le compositeur et chef d’orchestre <strong>Glen Roven</strong> à partir de deux discours  prononcés par Hillary Clinton durant la campagne. Filmé, ce spectacle sera diffusé en ligne aujourd’hui, au moment même où Donald Trump prononcera le serment qui le consacrera 45<sup>e</sup> président des Etats-Unis.</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/knCfl-amCQ0" width="560"></iframe></p>
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		<item>
		<title>BELLINI, Norma — Toronto</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/norma-toronto-norma-les-yeux-dans-les-yeux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Oct 2016 12:37:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Canadian Opera Company est une maison d&#8217;opéra dynamique qui a su dans les dernières années attirer des chanteurs prometteurs ou confirmés. La Norma de ce début de saison se place dans cette droite ligne : autour de Sondra Radvanovsky l&#8217;enfant star du pays, un jeune cast dont la valeur n&#8217;attend pas le nombre des &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/norma-toronto-norma-les-yeux-dans-les-yeux/"> <span class="screen-reader-text">BELLINI, Norma — Toronto</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La Canadian Opera Company est une maison d&rsquo;opéra dynamique qui a su dans les dernières années attirer des chanteurs prometteurs ou confirmés. La Norma de ce début de saison se place dans cette droite ligne : autour de Sondra Radvanovsky l&rsquo;enfant star du pays, un jeune cast dont la valeur n&rsquo;attend pas le nombre des années est réuni. À noter que ce sera Elsa Van Der Heever  qui prendra la suite à la fin de la série (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/norma-bordeaux-delza-lardente-flamme">voir le compte-rendu de sa prise de rôle par Christophe Rizoud</a>), preuve supplémentaire du soin apporté aux distributions vocales par la première scène canadienne.</p>
<p>	La production arrive de Barcelone ou déjà la soprano canadienne prêtait sa voix à la prêtresse gauloise aux côtés du Pollione de Grégory Kunde (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/norma-barcelone-duel-de-fauves">voir notre compte-rendu</a>). Elle installe l&rsquo;action dans un décor unique assez littéral, tour à tour lieu du culte ou hutte de guerre. La herse qui sert de fond de scène se relève sur une forêt défeuillée, sans raison véritable. Les costumes sont de bonne facture à l&rsquo;exception des uniformes romains en cuir rouge et noir qui évoquent davantage les concepts de Pierre Cardin qu&rsquo;une tenue militaire. La terne direction d&rsquo;acteur ne parvient guère à animer les tableaux, voire, est illisible comme le soulignait déjà Antoine Brunetto.</p>
<p>	Terne aussi, l&rsquo;orchestre, que seuls de beaux violoncelles rehaussent. À la tête d&rsquo;icelui <strong>Stephen Lord</strong> se concentre à maintenir l&rsquo;équilibre entre une fosse assez peu « enterrée » et le plateau. La lecture reste scolaire y compris dans le respect des accélérations et points d&rsquo;orgue que la tradition interprétative a légués au Bel Canto.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="322" src="/sites/default/files/styles/large/public/norma-mc-1111.jpg?itok=sKl89zze" title="© Michael Cooper" width="468" /><br />
	© Michael Cooper</p>
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	On le comprend que loin d&rsquo;être exceptionnelles ces conditions ont le mérite de mettre les chanteurs dans une position confortable. <strong>Dimitry Ivashchenko</strong> impose un Oroveso d&rsquo;onyx et de puissance, figure morale que Norma craint en permanence malgré l&rsquo;ascendant qu&rsquo;elle a sur lui. Cette pugnacité, le baryton-basse russe la partage avec <strong>Russell Thomas</strong>, Pollione tout d&rsquo;un bloc et facile sur toute la tessiture. Il faut attendre le deuxième acte pour que le ténor américain commence à tailler ce marbre : nuances et couleurs viennent éclairer un timbre héroïque. Voici un chanteur prometteur, assis sur une solide technique et une musicalité certaine, après le Pollione <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/norma-londres-roh-la-chance-sourit-aux-audacieuses">de grand style de Joseph Calleja à Londres</a>. Ces qualités, <strong>Isabel Leonard</strong> les fait aussi siennes, même si la mezzo-soprano attendra le duo du deuxième acte pour lâcher prise et galber le velours du timbre dans les affects de son personnage. Ce deuxième duo entre les rivales réconciliées est un des sommets de la soirée, ainsi que chacune des minutes où <strong>Sondra Radvanovsky</strong> arpente la scène. Outre ses qualités techniques irréprochables que Paris a pu entendre lors de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/aida-paris-bastille-de-mal-en-py">la dernière reprise d’Aïda en juin dernier</a>, l’aisance, la générosité dans les suraigus (contre ré dans le final du premier acte), la longueur de souffle et la musicalité frissonnante de l’américano-canadienne&#8230; on sort marqué par l’investissement dramatique de la soprano. A l’inverse de Sonya Yoncheva à Londres, prêtresse guerrière impériale dès son entrée, Sondra Radvanovsky s’approprie davantage la femme bafouée, la mère torturée et l’amoureuse vengeresse, un peu à cause une diction moins ciselée que celle de la Bulgare, mais surtout pour une question de tempérament. Le « Casta Diva » est conduit d’un piano initial qui s’éclaire et grandit comme une lune montante, puis la grammaire belcantiste vient en renfort de l’interprétation dans la strette (« Ah, bello, a me ritorna ») pour décrire les palpitations du personnage. Il serait fastidieux de décrire chacun des effets et trouvailles interprétatives pléthoriques de la Canadienne, d’autant que tout voit le jour avec naturel et évidence, comme si chanter Norma, incarner Norma était une seconde nature. L’an passé Antoine Brunetto concluait que « Sondra Radvanovky est sans aucun doute une des seules interprètes qui puisse actuellement prétendre s&rsquo;approcher de la Norma idéale ». Le public de Toronto l’a vue les yeux dans les yeux.</p>
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