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	<title>Kristin LEWIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Kristin LEWIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Aida — New York</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Jan 2019 05:11:08 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mille cent soixante et onze ! <em>Aida</em> est bel et bien un pilier du Met dans lequel les plus grandes et les plus grands se sont illustrés. Qu’en est-il en ce vendredi soir de janvier 2019 ? Du muscle et des décibels, <strong>Yonghoon Lee</strong> est égal à lui-même. Même s’il avait dans son bagage technique la ressource pour s’essayer au si bémol morendo de « Celeste Aida », il y a fort à parier qu’il préfèrerait encore la note péremptoire dont il a gratifié le public new-yorkais. L’ennui vient du fait que le bagage technique se résume à cet instrument puissant. Ses rares tentatives de nuance piano produisent des notes détimbrées émises dans la gorge et les joues. A chanter toutes vannes ouvertes, les voyelles perdent leur saveur, les « a » et les « o » deviennent des « e » ce qui s’avère très rapidement problématique quand vos répliques consistent à répéter le nom de votre chère et tendre jusqu’à la déraison. Car, sans euphémisme, si Radamès n’est pas le personnage masculin le plus psychologiquement étoffé du répertoire verdien, alors Yonghoon Lee en est peut-être l’interprète idéal. <strong>Kristin Lewis</strong> qui, étonnamment, fait ses débuts new-yorkais à la faveur du remplacement tardif de Sondra Radvanovsky, forfait pour raisons personnelles, offre une approche à l’exact opposé du celle du ténor sud-coréen. De son rôle signature, la soprano américaine possède les nuances et la sensibilité, à défaut de l&rsquo;ampleur d&rsquo;une spinto. Encore prudente et scolaire en première partie (« Ritorna vincitor » qui frémit seulement dans les derniers « pietà »), l’acte du Nil la voit bien plus musicale et engagée, même si elle doit reprendre son souffle en milieu de phrase pour déposer un bel ut piano dans « Patria mia ». Certes, Kristin Lewis est bien loin de la suavité d’une Anna Netrebko ici même ou de la suprématie technique et interprétative d’une Sondra Radvanovsky. Mais somme toute, elle mérite sa place sur les planches du Met pour cette soirée de répertoire.<strong> Dolora Zajick</strong> (Amneris) offre ses derniers feux dans un rôle dont la tessiture tendue lui convient bien moins que les graves gutturaux d’une Ulrica. Les registres sont à présent complètement disjoints, l’aigu aussi acide que le grave est rond. Reste l’abattage de ce pilier du Met avec près de 300 levers de rideau <em>in loco</em>. Les seconds rôles témoignent eux de l’excellence de la scène new-yorkaise dans sa programmation de tous les jours. <strong>Roberto Frontali</strong> compose un Amonasro retors au moyen d’un chant coloré et parfaitement nuancé. <strong>Soloman Howard</strong> (le Roi) en impose par son charisme, son volume et la couleur noire de son timbre, au même titre que <strong>Vitalij Kowaljow</strong> en Ramfis.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/aida_scene_0467.jpg?itok=oTyOiX-C" title="© Metropolitan Opera" width="468" /><br />
	© Metropolitan Opera</p>
<p>Les chœurs et l’orchestre du Metropolitan sont irréprochables dans une œuvre qu’ils fréquentent de saison en saison. A ce titre, le travail élégant de <strong>Nicola Luisotti</strong> est d’autant plus remarquable. Le chef italien s’efforce de maintenir l’équilibre entre dynamique théâtrale, couleurs et détails orchestraux et contrôle strict du volume. Il y parvient la plupart du temps, notamment lors du triomphe de l’acte deux, loin de la manière pompière qu’on peut entendre à l’occasion, proche de son plateau ou même des danseurs.</p>
<p>Une approche chambriste à l’opposé du gigantisme scénique. Cette production bien connue, <a href="https://www.forumopera.com/aida-new-york-lor-du-met">image d’Epinal d’une Egypte fantasmée</a> sur une scène où Broadway, les péplums et le clinquant font partie du langage national, ferait presque office de profession de foi pour le Met. Venez, venez assister à une merveille de machinerie et de costumes rutilants ! Et c’est un plaisir coupable que l’on déguste à l’occasion, comme ce gâteau trop riche qu’on ne peut s’empêcher de commander. Qu’importe si les chanteurs sont laissés à eux-même dans ces décors gigantesques et qu’importe si l’on frise le contre-sens en passant à côté du drame intime qu’est <em>Aida</em>. </p>
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		<title>L&#8217;exploit mémorable de Rebeka Lokar à Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lexploit-memorable-de-rebeka-lokar-a-verone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Jul 2018 07:46:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’histoire de l’opéra est jalonnée – on le sait – de remplacements à la dernière minute qui sont, pour le remplaçant, un premier pied sur les marches de la gloire, l’exemple le plus connu étant Montserrat Caballe, célèbre du jour au lendemain, pour avoir chanté au débotté en 1965 à la place de Marylin Horne, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’histoire de l’opéra est jalonnée – on le sait – de remplacements à la dernière minute qui sont, pour le remplaçant, un premier pied sur les marches de la gloire, l’exemple le plus connu étant <strong>Montserrat Caballe</strong>, célèbre du jour au lendemain, pour avoir chanté au débotté en 1965 à la place de Marylin Horne, enceinte, <em>Lucrezia Borgia </em>en version de concert à Carnegie Hall. Dans le même genre, les échotiers retiendront sans nul doute la soirée de mardi 10 juillet aux Arènes de Vérone relatée par le site <a href="http://www.operaclick.com/editoriali/%C3%A8-accaduto-arena">operaclick.com</a>. A l’affiche <em>Aida </em>avec dans le rôle-titre <strong>Kristin Lewis</strong>. La pluie commence à tomber au 2<sup>e</sup> acte durant le ballet et la représentation, un moment suspendue, finit par reprendre. Mais Kristin Lewis, souffrante, renonce à poursuivre le spectacle. Dans l’urgence, on interrompt le dîner de la jeune soprano slovène <strong>Rebeka Lokar</strong> dans un restaurant de la Piazza Bra face au Arènes. On la maquille, on l’habille et on la propulse sur la scène pour chanter à froid la romance du Nil. Une ovation sincère et prolongée accueille l’interprétation de cet air redoutable avec son contre-ut<em> dolce</em> suivi de deux la à parer d’effets belcantistes. Mais la pluie reprend et cette fois la représentation est stoppée pour de bon. L&rsquo;exploit de Rebeka Lokar s&rsquo;arrête là. Il est d’autant plus mémorable que la soprano était à Vérone, non pour doubler Aida en cas de pépin, mais pour chanter Turandot et Abigaille. Son nom est désormais inscrit dans les annales.</p>
<p><iframe allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/eF9rJIHcT6M" width="560"></iframe></p>
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		<title>VERDI, Aida — Gstaad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/aida-gstaad-en-attendant-jonas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Sep 2017 05:47:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après le retrait, puis la mort de Yehudi Menuhin, le festival de musique qu’il avait créé à Gstaad connut des années difficiles au tournant du siècle dernier. Appelé à sa tête en 2002, Christophe Müller s’est attelé méthodiquement à lui rendre le lustre qu’il avait perdu. Parmi ses initiatives l’invitation, pour un opéra donné en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après le retrait, puis la mort de Yehudi Menuhin, le festival de musique qu’il avait créé à Gstaad connut des années difficiles au tournant du siècle dernier. Appelé à sa tête en 2002, <strong>Christophe Müller </strong>s’est attelé méthodiquement à lui rendre le lustre qu’il avait perdu. Parmi ses initiatives l’invitation, pour un opéra donné en concert, d’orchestres et d’artistes prestigieux. Cette année, <em>Aïda </em>était à l’affiche, avec le London Symphony Orchestra et une distribution où brillaient des chanteurs souvent considérés comme des spécialistes des différents rôles. A priori donc tout était réuni pour une réussite incontestable, et si l’on en juge par la chaleur et la durée des applaudissements au moment des saluts ce fut le ressenti de la majorité du public. Aurions-nous dû boire davantage du champagne qui coulait à flots dans les différents espaces réservés par les sponsors principaux pour être au diapason ? Globalement favorable, notre opinion sera plus nuancée.</p>
<p>Positive pour nous la proposition des colonnes qui forment un décor qui enserre la scène ; elles sont immenses et créent un effet de perspective qui rappelle, les projecteurs colorés aidant, les aquarelles de David Robert. Des projections sur les deux premières, à jardin et à cour, représentent les divinités évoquées dans les différents actes, Horus évidemment pour le dernier. Il s’agit de créer un climat propice à la réception de l’œuvre, moins de frapper par le monumental que de poser ces volumes comme la ligne de partage entre l’espace dévolu au pharaon et celui où règnent les prêtres, qui semble gardé par le chœur. Qui s’en plaindrait ? Mais ce soin souligne sans le vouloir combien certaines options sont déroutantes, comme les bijoux voyants d’Aïda, ou les attitudes décontractées du grand-prêtre, peu compatibles avec le statut des personnages. S’agit-il de choix personnels ? On nous a affirmé qu’un interprète avait reçu mission de conseiller ses partenaires. La chose nous semble a priori peu crédible, car certains ont plus de titres que lui à faire valoir leur expérience. Si toutefois c’était vrai, la preuve est faite que cette responsabilité excède sa compétence.</p>
<p>Avant les chanteurs, le premier acteur est l’orchestre. Dès le prélude, il démontre sa souplesse et sa versatilité, capable de finesses arachnéennes comme de montées en puissance qui en imposent et savent se résoudre dans l’instant en murmures. Les violoncelles chantent, les cuivres rutilent et les flûtes ondulent, <strong>Gianandrea Noseda </strong>visant à tirer tout le parti possible de cette imposante phalange dont il est partenaire depuis 2007 et dont il a été nommé premier chef invité. L’œuvre n’ayant pas de secrets pour lui il réussira jusqu’au bout à garder en lisière l’opulence sonore de l’orchestre pour laisser le lyrisme intime s&rsquo;épancher délicatement sans renoncer aux scansions fulgurantes qui sont le crescendo dramatique des scènes d&rsquo;affrontement. On admire particulièrement le travail sur les timbres, qui respecte amoureusement les trouvailles verdiennes pour sonner «exotique» à défaut de sonner «antique». La scène du triomphe échappe à la trivialité pesante dont elle est parfois affectée, c&rsquo;est un maelström sonore en forme d&rsquo;apothéose où l&rsquo;on peut néanmoins clairement entendre l’allusion à la marche nuptiale lors de la remise de la couronne au vainqueur, subtilité dont les danses sont un autre exemple, ayant recouvré la précision rythmique et le charme dont leur exécution scénique est si souvent dépourvue.</p>
<p>Dès son entrée en scène, <strong>Erwin Schrott</strong> (Ramfis) impose la présence de sa voix profonde, efficacement projetée, et hormis quelques instants où sa vigilance se relâche le chant garde une tenue satisfaisante ; il est dommage qu’on ne puisse en dire autant de sa tenue scénique, tant il semble désinvolte avec Amnéris, par exemple, et tel un coq prêt au combat avec l’autre baryton. <strong>Francesco Meli, </strong>en revanche, est d’emblée dans le personnage et cela contribue à l’intérêt de cette version-concert puisqu’il rend crédibles les émotions de Radamès – dans la limite du possible ! – même sans le secours des artifices de la représentation. Dans la foulée de Salzbourg il confirme avoir appris à nuancer son chant et à aborder le registre aigu autrement qu’en force. Cela reste son talon d’Achille et un diminuendo s’étrangle brièvement sur le « sol » final du « Celeste Aida », mais cette interprétation est assez vivante et vibrante pour qu’on l’apprécie sans autre forme de procès. L’Amnéris d’<strong>Anita Rachvelishvili </strong>déchaîne l’admiration partout où elle se produit et Gstaad ne fait pas exception ; l’étendue de la voix, sa puissance mais la capacité de l’artiste à l’alléger et à en contrôler le volume pour exhaler compassion hypocrite ou langueur voluptueuse avant de laisser s’épancher le torrent, autant de caractéristiques qui captivent et subjuguent, d’autant que l’actrice mime justement les émotions que le personnage ressent. Passionnante en tant que passionnée, elle est bouleversante au dernier acte dans le strict respect des bornes stylistiques. On voudrait pouvoir faire un pareil éloge à <strong>Kristin Lewis</strong>, qui chante Aïda à travers le monde depuis près de dix ans. Etait-ce un mauvais jour pour elle, comme cela arrive forcément à tout chanteur ? Ce n’est qu’à l’acte du Nil que nous avons enfin entendu une voix supportable, tant jusque-là le registre aigu sonnait strident dès qu’il était émis en force. Le métier lui permet de belles choses dans le premier trio, mais son « Numi pietà », soigneusement modulé, frôle le maniéré, et par la suite elle enchaîne les portés, les notes tenues, mais les <em>messe di voce</em> espérées font défaut. Enfin « O patria mia » console un peu de la frustration, mais il reste dans la voix un fond d’acidité geignarde que les piani savants ne font pas oublier et que la rondeur du hautbois souligne involontairement. Déception aussi pour l’Amonasro de <strong>Simone Piazzola</strong>, dont les intentions sonnent juste mais qui manque d’envergure pour donner au personnage l’intensité qui en fait l’impact. En revanche le roi de <strong>Giacomo Prestia</strong> unit la prestance physique et vocale, image irréprochable de la dignité de Pharaon. Il serait injuste de ne pas mentionner la grande prêtresse et le messager, mais leur nom n’étant pas cités on suppose qu’il s’agit d’artistes des chœurs du Regio. Ces derniers, dans leur ensemble, délivrent une prestation magistrale de bout en bout. Sans doute Gianandrea Noseda est-il pour eux un partenaire à la fois institutionnel et familier, et cela explique peut-être le sentiment de plénitude que font naître leurs interventions, d’une justesse qui comble. Le succès final que nous mentionnions plus haut aura conforté Christof Mûller dans sa politique d’opéras en concert. De toute façon le titre 2018 est choisi : ce sera <em>Die Walküre</em> avec Jonas Kaufmann. Erwin Schrott avait affolé certaines spectatrices, qui n’ont cessé de le mitrailler. Que sera-ce l’an prochain ! </p>
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		<title>Incidents en série au Royal Opera House de Londres</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/incidents-en-serie-au-royal-opera-house-de-londres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Jun 2017 05:34:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle la loi des séries. Mardi soir dernier, la représentation de L&#8217;Elisir d&#8217;amore était commencée depuis à peine une heure quand l&#8217;alarme incendie s&#8217;est déclenchée en plein premier acte. Comme aux sombres heures du Blitz, les spectateurs ont évacué la salle avec un flegme typiquement britannique. Fort heureusement, l&#8217;alerte s&#8217;est révélée erronée &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;on appelle la loi des séries. Mardi soir dernier, la représentation de <em><a href="https://www.forumopera.com/lelisir-damore-londres-roh-joyeuse-reprise">L&rsquo;Elisir d&rsquo;amore</a></em> était commencée depuis à peine une heure quand l&rsquo;alarme incendie s&rsquo;est déclenchée en plein premier acte. Comme aux sombres heures du <em>Blitz</em>, les spectateurs ont évacué la salle avec un flegme typiquement britannique. Fort heureusement, l&rsquo;alerte s&rsquo;est révélée erronée et le spectacle a pu reprendre après une longue pause. Seul bémol : les habitants des banlieues, ou des villes proches comme Oxford, n&rsquo;ont pu attendre la fin du dernier acte, faute d&rsquo;offre de transports en commun en fin de soirée. Cette contrainte locale oblige le Royal Opera à ne jamais dépasser 22h30 pour la fin d&rsquo;une représentation<em>. </em></p>
<p>Deux jours avant, alors que la dernière représentation de la saison de <em>Don Carlo</em> devait avoir lieu, <strong>Kristin Lewis</strong>, interprète du rôle d’Elisabetta, a dû être hospitalisée quelques heures avant le début du spectacle. Dans l’incapacité de trouver une remplaçante, le Royal Opera a choisi de donner une version écourtée du monumental ouvrage verdien, sans les scènes où elle devait apparaître, en complément du remboursement intégral des spectateurs. Les artistes ont ainsi interprété des extraits des actes I et II devant le rideau, puis l’acte III intégral, en version scénique cette fois. Au total, le spectacle n’aura duré que 80 minutes environ. Nous formulons tous nos vœux de prompt rétablissement à Kristin Lewis.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Don Carlo — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-carlo-londres-roh-un-beau-travail-dequipe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 May 2017 17:48:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Certaines productions semblent poursuivies par le sort. C&#8217;est le cas de celle-ci qui a dû faire face aux annulations successives de trois des interprètes initialement annoncés pour les rôles de Posa, d&#8217;Elisabetta et de Tebaldo ! Malgré ces péripéties, le Royal Opera nous propose ce soir une belle reprise de son Don Carlo, créé en &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/don-carlo-londres-roh-un-beau-travail-dequipe/"> <span class="screen-reader-text">VERDI, Don Carlo — Londres (ROH)</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Certaines productions semblent poursuivies par le sort. C&rsquo;est le cas de celle-ci qui a dû faire face aux annulations successives de trois des interprètes initialement annoncés pour les rôles de Posa, d&rsquo;Elisabetta et de Tebaldo ! Malgré ces péripéties, le Royal Opera nous propose ce soir une belle reprise de son <em>Don Carlo</em>, créé en 2008 et repris une première fois en 2013. Pour ses débuts dans le rôle, <strong>Bryan Hymel</strong> campe un Infant d&rsquo;Espagne ardent et sonore avec une homogénéité retrouvée entre les registres. Dans cette tessiture très centrale, la voix passe parfaitement la rampe. L&rsquo;aigu est toujours aussi percutant, lui permet de surmonter sans efforts le difficile si naturel de l&rsquo;acte de l&rsquo;autodafé. Hymel se permet même de rajouter un contre ut à la fin de son duo avec Posa, et un autre à la reprise du thème à l&rsquo;acte III : Verdi doit se retourner dans sa tombe, mais c&rsquo;est diablement efficace ! Dramatiquement, le personnage est convainquant et sympathique, évitant la victimisation de certaines interprétations, et ses interactions avec les autres personnages sont particulièrement réussies.</p>
<p>Remplaçant Krassimira Stoyanova, <strong>Kristin Lewis </strong>offre de beaux moments, en particulier au dernier acte, avec de beaux sons filés dans son duo avec Carlo, et un aigu final tenu impressionnant. Le timbre est charnu dans la partie centrale, un peu plus aigre dans l&rsquo;aigu. La composition dramatique est plus convaincante dans les scènes d&rsquo;autorité (notamment avec Eboli ou Filippo) que dans les passages sentimentaux où son amour pour Carlo a du mal à se manifester concrêtement.</p>
<p>Remplaçant Ludovic Tézier, <strong>Christoph Pohl</strong> est un Rodrigo « de troupe », à la voix manquant de projection et au timbre passe-partout, mais se rachetant par sa musicalité et son intelligence. S&rsquo;il parvient à convaincre dans ses solos, le baryton est beaucoup trop effacé dès qu&rsquo;il doit chanter avec un de ses partenaires.</p>
<p><strong>Ildar Abdrazakov</strong> produit l&rsquo;effet inverse : les moyens sont importants, mais la caractérisation reste générique et l&rsquo;émotion en deçà de ce que l&rsquo;on est en droit d&rsquo;attendre dans son long monologue (d&rsquo;autant que la traduction italienne, trop prosaïque, ne rend pas justice aux différents sentiments du personnage).</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="355" src="/sites/default/files/styles/large/public/don-carlo-royal-opera-house-review-936077.jpg?itok=HDQPl78y" title="Bryan Hymel et Christian Pohl © Catherine Ashmore" width="468" /><br />
	Bryan Hymel et Christian Pohl © Catherine Ashmore</p>
<p>On passera sur la contre-perfomance de <strong>Paata Burchuladze</strong> en Grand Inquisiteur, à la projection devenue limitée et aux aigus précautionneux, et sans l&rsquo;autorité fanatique nécessaire. De même, le Frère d&rsquo;<strong>Andrea Mastroni​</strong>, peu respectueux de la rythmique, semble essayer de sauver les meubles. <strong>Ekaterina Semenchuk </strong>serait une Eboli proche de l&rsquo;idéal, n&rsquo;était un timbre un peu banal, mais le chant est royal et l&rsquo;interprétation juste. Le Tebaldo d&rsquo;<strong>Angela Simkin</strong> (qui remplace Emily Edmonds) attire l&rsquo;attention et l&rsquo;on se dit qu&rsquo;on tient là une artiste à suivre (son intervention en Voix du Ciel est moins remarquable pour cause de sonorisation excessive). Même constat avec l&rsquo;excellent Comte de Lerme de<strong> David Junghoon Kim</strong> à la belle projection, au noble phrasé et au timbre intéressant. L&rsquo;une et l&rsquo;autre font partie du Jette Parker Young Artists Programme.</p>
<p>La direction de <strong>Bertrand de Billy</strong> laisse dubitatif. Le tapis orchestral est un peu plat, le chef français semblant rechercher une sorte de fondu entre les pupitres. Le tempo est souvent rapide, et à certaines occasion hors de propos comme l’arrivée guillerette du Grand Inquisiteur venu discuter des assassinats de Posa et de Carlo avec Fillipo. L’autodafé n’est pas en place sans que l’on puisse clairement établir les responsabilités entre des chœurs insuffisants (en nombre et en attention), une musique de scène inaudible alors qu’elle est supposée faire écho à l’orchestre, et une voix du Ciel horriblement amplifiée. Il faut dire que c’est l’un des rares moments discutables de la production, les chœurs couvrant la musique par leurs éructations diverses. La dernière partie compte en revanche de superbes moments et la tension dramatique ne chute pas du « Don Fatale » jusqu’au finale. La mort de Posa et la scène de foule qui la suit sont parfaitement réussies.</p>
<p>La production de <strong>Nicholas Hytner</strong> est élégante et intelligente, faisant défiler les scènes sans interruption ce qui contribue à la fluidité de la représentation : seul l&rsquo;autodafé déjà cité déçoit un peu. Malgré des réserves d’importance, le spectacle vaut mieux que la simple somme des parties tant les interprètes nous offrent un travail d’équipe particulièrement soudée.</p>
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		<title>Placido Domingo dirigera Aida au Stade de France en 2017</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/placido-domingo-dirigera-aida-au-stade-de-france-en-2017/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Nov 2016 15:48:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour célébrer ses 50 ans de carrière, Plácido Domingo a décidé d’écumer les stades en dirigeant des représentations pharaoniques d’Aida. Une scène de 80 mètres de large avec « des décors somptueux et des écrans digitaux géants » accueillera 800 acteurs accompagnés de chevaux et de chars de combats. Jorge de León et Fabio Sartori, Liudmyla Monastyrska &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour célébrer ses 50 ans de carrière, Plácido Domingo a décidé d’écumer les stades en dirigeant des représentations pharaoniques d’<em>Aida</em>. Une scène de 80 mètres de large avec « <em>des décors somptueux et des écrans digitaux géants </em>» accueillera 800 acteurs accompagnés de chevaux et de chars de combats. <strong>Jorge de León</strong> et <strong>Fabio Sartori</strong>, <strong>Liudmyla Monastyrska</strong> et <strong>Kristin Lewis</strong>, <strong>Marina Prudenskaya</strong>, <strong>Violeta Urmana</strong> et <strong>Ekaterina Gubanova</strong> se partageront respectivement les rôles de Radamès, Aida et Amneris. La tournée, d’une durée de deux ans dans les plus grandes villes du monde, commencera le 27 mai prochain et passera par Paris le samedi 23 septembre 2017. Mise en vente des billets demain, vendredi 25 novembre, à partir de 10h sur <a href="http://www.stadefrance.com/fr/billetterie/aida-2017">www.stadedefrance.fr</a>.</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/iEcq9xt7_HY" width="560"></iframe></p>
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		<title>Verdi &#8211; Aida</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/verdi-aida-marche-triomphale-ou-marche-au-supplice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Aug 2016 09:50:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les précédentes incursions d’Andrea Bocelli dans le domaine de l’opéra avaient été saluées dans ces colonnes. Son Calaf de Turandot  avait ému, son Des Grieux de Manon Lescaut avait impressionné. Et on avait tiré son chapeau face aux efforts d&#8217;une vedette de variété obligeant sa maisons de disque à le programmer dans un répertoire lyrique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Les précédentes incursions <strong>d’Andrea Bocelli</strong> dans le domaine de l’opéra avaient été saluées dans ces colonnes. Son <a href="http://www.forumopera.com/cd/puccini-turandot-hors-format">Calaf de <em>Turandot</em></a>  avait ému, son <a href="http://www.forumopera.com/cd/puccini-manon-lescaut-le-retour-du-fils-prodigue">Des Grieux de <em>Manon Lescaut</em> </a>avait impressionné. Et on avait tiré son chapeau face aux efforts d&rsquo;une vedette de variété obligeant sa maisons de disque à le programmer dans un répertoire lyrique auquel il a été formé, et dont il se revendique fièrement. Avec cette <em>Aida</em>, on se demande si le ténor n’a pas visé trop haut. Radamès est un rôle lourd, qui requiert de la vaillance, de l&rsquo;héroïsme et du métal dans la voix. Si Bocelli, flatté par des micros très adroitement placés, pouvait affronter Puccini sans trop s’en faire, il y a chez le Verdi de la maturité une droiture qui ne laisse rien passer en termes de technique. A ce stade de sa carrière, notre sympathique ténor n’est tout simplement plus en mesure de remplir le contrat musical. Le vibrato atteint des proportions catastrophiques, dès les toutes premières mesures – « Celeste Aida » est d’emblée instable. La suite de l’œuvre verra les choses s’aggraver : Bocelli ouvre les sons d’une façon caricaturale, au point que toutes ses voyelles finissent par ressembler à de longs « Aaaaa », s’époumone, semble se battre avec une tessiture qui lui échappe irrémédiablement, se fâche avec la justesse et paraît de plus en plus désemparé. Le tempérament de l’artiste fait qu’il ne déclare jamais forfait, et on sent l’effort mis à se dépasser. Certains admireront cette façon de se consumer en studio, de tout donner. D’autres trouveront ce festival de « malcanto » insupportable.</p>
<p class="rtejustify">Trouvera-t-on, dans le reste de la distribution, des motifs de satisfaction plus affirmés ? Hélas, la réponse est plutôt négative. Si le vibrato de Bocelli est problématique, que dire de celui de <strong>Kristin Lewis </strong>? L’oscillation autour du son est telle qu’on ne peut plus vraiment parler de note atteinte, mais de note approchée. Là aussi, les choses s’enveniment au fur et à mesure du déroulement de l’action, et l’acte III est un naufrage complet, avec un « O patria mia » qui donne le mal de mer et un duo Radamès/Aida qui ressemble au hululement de deux vieilles chouettes. Le texte parle de « déserts inhospitaliers », et c’est à une bien aride traversée que l’auditeur est convié. Les problèmes techniques de la chanteuse ne sont pas compensés par un quelconque engagement personnel, et la caractérisation du rôle reste proche de zéro. Dans la même veine, le Ramfis de <strong>Carlo Colombara</strong> offre une voix usée, bougonnante, à l’émission comme encombrée. Le volume peut parfois impressionner, mais tout cela reste terriblement fruste, poussif et presque hurlé. Face à une telle suite de déceptions, on attend comme une rédemption l’apparition d’Amonasro, au II. C’est qu’<strong>Ambrogio Maestri</strong> est un baryton à la technique éprouvée, qui a su donner du style à tous les rôles qu’il abordait. Hélas, il semble subir la mauvaise influence du reste du plateau : son Roi d’Ethiopie est constamment forcé, chanté sans aucune nuance, et ressemble à un méchant de cinéma.</p>
<p class="rtejustify">Tout est-il donc à jeter dans cette nouvelle Aida ? Non pas. Il y a d’abord l’Amnéris très correcte de <strong>Veronica Simeoni</strong>. Son chant droit, sans affectation est une jouvence après tant d’errements. Toutes les embûches du rôle sont affrontées sans trembler, sans chercher à gonfler la voix ou à en rajouter dans un vérisme hors de propos. Tout cela est bel et bon, mais on ne trouvera dans cette honnête incarnation rien qui sorte du lot, qui dépasse la bonne routine des scènes italiennes de qualité. Pour trouver ce « je-ne-sais-quoi » qui différencie les honnêtes interprètes des génies, il faudra écouter le Roi de <strong>Giorgio Giuseppini</strong> qui offrira à pleine main le luxe le plus somptuaire, avec un timbre de bronze, qui s’impose sans chercher à en faire trop, une noblesse de ton et un style dans la déclamation qui le hissent à des années-lumière au dessus du reste du plateau. Mais qui achètera une <em>Aida</em> pour son Roi ?</p>
<p class="rtejustify">Reste à aborder la question de la direction d’orchestre. Les amateurs de Verdi savent que, dans ce répertoire, <strong>Zubin Mehta</strong> est capable du meilleur comme du pire. Il est ici dans un bon jour, tirant de l’Orchestre du Mai musical florentin une énergie dramatique du plus bel effet. Cela tonne, claque et rutile avec allure (et le concours d’un chœur très investi), mais l’exercice atteint vite ses limites : on est impressionné davantage que touché, et rien de tout cela n’émeut. De plus, le déséquilibre avec les insuffisances du plateau devient vite gênant. La scène du triomphe signe un contresens total, avec des solistes qui s’égosillent et un orchestre qui semble faire de la musculation. Tout cela finit par faire très « barnum », ce qui est une injustice faite à l’œuvre. Le discophile reviendra donc bien vite à sa version Solti mainte fois rééditée chez Decca, <a href="http://www.forumopera.com/cd/aida-les-trompettes-de-la-renommee">et à Pappano, chez Warner</a>. Les cinquante ans qui séparent ces deux références sont jonchés d’<em>Aidas</em> ratées (Abbado, Maazel, Levine, Harnoncourt, …), que cette nouvelle parution va rejoindre dans leur prestigieux cimetière.</p>
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		<title>VERDI, Aida — Naples</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/aida-naples-travail-desthete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Jul 2016 05:03:06 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/travail-d-esthte/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après une soirée d’ouverture du Festival d’été décevante au San Carlo de Naples, touristes et habitués se réunissent autour d’un ouvrage du répertoire on ne peut plus italien et grand public : Aida. Certains des défauts de la veille ne se règlent pas en une nuit. On passera sur quelque couac bénin des fameuses trompettes, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a href="http://www.forumopera.com/madama-butterfly-naples-papillon-sans-aile">une soirée d’ouverture du Festival d’été décevante au San Carlo</a> de Naples, touristes et habitués se réunissent autour d’un ouvrage du répertoire on ne peut plus italien et grand public : <em>Aida.</em> Certains des défauts de la veille ne se règlent pas en une nuit. On passera sur quelque couac bénin des fameuses trompettes, mais l’orchestre pêche toujours par la faiblesse de ses premiers violons, acides et timides, par sa petite harmonie stridente, ou encore des percussions tintammaresques dans les codas orchestrales. A l’opposé de sa proposition de la veille, lente et retenue, <strong>Pinchas Steinberg</strong> mène les affaires égyptiennes tambours battants, ce qui, d’une part convient davantage tempérament de la phalange napolitaine, et d’autre part insuffle vie au drame.</p>
<p>	D’autant que le San Carlo aligne une distribution homogène et de qualité, à commencer par les comprimari dignes des plus grandes scènes. <strong style="line-height: 1.5">Giovanni Meoni</strong> (Amonasro), charismatique dès qu’il apparaît  en scène, déploie une voix puissante sur une ligné irréprochable et un timbre mordoré. Le Roi (<strong style="line-height: 1.5">Dario Russo</strong>) ravit l’auditoire de qualités identiques en y ajoutant la chaleur qu’il faut au personnage. <strong style="line-height: 1.5">Riccardo Zanellato</strong> (Ramfis) complète ces clés de fa remarquables d’une voix au beau métal. Les chœurs, homogènes et en place, contribuent à l’électricité de la scène de triomphe, quand <strong style="line-height: 1.5">Rossela Locatelli</strong> (la Prêtresse) fait naitre le mystère du temple de Vulcain grâce aux épices et au grain de son timbre. Du trio amoureux c’est <strong style="line-height: 1.5">Kristin Lewis</strong> qui convainc le plus. Certes le volume est limité mais les nuances (ut du Nil piano compris) et l’intégrité irréprochable. Les quelques duretés que l’américaine rencontre, dans le passage ou à l’aigu, sont intelligemment utilisées à des fins dramatiques au service de personnage. <strong style="line-height: 1.5">Nino Surguladze</strong> limite l’usage de la voix de poitrine autant qu’elle le peut et s’attache à dresser le portrait d’une amoureuse, peut-être jalouse mais point tortionnaire. Enfin <strong style="line-height: 1.5">Antonello Palombi</strong> se présente sous un double jour : spinto au registre supérieur aisé et à la puissance indéniable il excelle dans les scènes de groupe ou encore dans le final de l’acte du Nil. Il a, en revanche, plus de difficulté à alléger son chant. S’il tente un si bémol <em>morrendo</em> à la fin de « Celeste Aida » il n’y parvient qu’au prix d’un passage en falsetto. Celui-là est réussi mais la soirée sera émaillée de ratés et le duo dans la tombe finira déséquilibré.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/teatrosancarlo_aida_66aa.jpg?itok=PXwF9Y3D" title="© Teatro San Carlo di Napoli" width="468" /><br />
	© Teatro San Carlo di Napoli</p>
<p><strong>Franco Dragone </strong>esthétise le propos d’<em>Aida</em>  au détriment de la direction d’acteur qui reste au premier degré. Les lieux sont esquissés, voire même interchangeables. Ainsi de grandes et grosses cordes tressées figurent-elles à la fois les rideaux des palais ou le marbre d’une colonne quand les esclaves les rassemblent en faisceaux pour leur en donner la forme. Cette indéniable élégance est relevée par des projections permanentes en fond de scène (apparaissent les pyramides, un ciel orage, de la pluie…) plus heureuses et dynamiques qu’une toile peinte. La plus belle réussite reste le final du deuxième acte où les éthiopiens vaincus arrivent par les travées du parterre, pendant que l’ombre projetée de Radames sur un drap en or domine tout le théâtre.</p>
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		<title>Andrea Bocelli, de Calaf en Radamès</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/andrea-bocelli-de-calaf-en-radames/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jun 2016 05:13:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rien n’arrête Andrea Bocelli, pas même le si bémol aigu pianissimo et morendo de Radamès à la fin de sa romance dans Aida. Après Turandot, Manon Lescaut, Carmen, Andrea Chénier, Il trovatore et quelques autres, le ténor italien ajoute l’opéra antiquisant de Verdi à sa discographie. Zubin Mehta dirige l’orchestre et le chœur du Maggio &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Rien n’arrête <strong>Andrea Bocelli</strong>, pas même le <em>si</em> bémol aigu<em> pianissimo</em> et <em>morendo</em> de Radamès à la fin de sa romance dans <em>Aida</em>. Après <a href="http://www.forumopera.com/cd/puccini-turandot-hors-format"><em>Turandot</em></a>, <em><a href="http://www.forumopera.com/cd/puccini-manon-lescaut-le-retour-du-fils-prodigue">Manon Lescaut</a>, Carmen</em>, <em>Andrea Chénier</em>, <em>Il trovatore</em> et quelques autres, le ténor italien ajoute l’opéra antiquisant de Verdi à sa discographie. <strong>Zubin Mehta</strong> dirige l’orchestre et le chœur du Maggio musicale Fiorentino<strong>. Kristin Lewis</strong> interprète Aida et <strong>Veronica Simeoni</strong> Amneris, deux rôles que l’une et l’autre connaissent bien pour les avoir chantés à plusieurs reprises sur les plus grandes scènes. Sortie annoncée par Decca le 22 juillet prochain, soit seize ans après une captation vidéo en ligne sur You Tube où Andrea Boccelli chantait déjà « Celeste Aida » avec son <em>si </em>bémol <em>morendo </em>à défaut d’être <em>pianissimo</em>.</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/AYfTZjRDaCI" width="420"></iframe></p>
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		<title>GIORDANO, La cena delle beffe — Milan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-cena-delle-beffe-milan-diner-tragique-a-little-italy-pas-de-survivants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 May 2016 05:03:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé en 1924 in loco et repris dès l&#8217;année suivante sous la baguette de Toscanini, la cena delle beffe d&#8217;Umberto Giordano n&#8217;avait pas retrouvé l&#8217;affiche du Teatro alla Scala depuis plus de quatre-vingt dix ans. Est-ce parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une œuvre mineure de son compositeur où l&#8217;on attend trop longtemps les belles pages (le duo &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Créé en 1924 in loco et repris dès l&rsquo;année suivante sous la baguette de Toscanini, <em>la cena delle beffe</em> d&rsquo;Umberto Giordano n&rsquo;avait pas retrouvé l&rsquo;affiche du Teatro alla Scala depuis plus de quatre-vingt dix ans. Est-ce parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une œuvre mineure de son compositeur où l&rsquo;on attend trop longtemps les belles pages (le duo d&rsquo;amour du deuxième acte, le dernier acte) et où l&rsquo;on a l&rsquo;impression d&rsquo;entendre encore et encore les mêmes morceaux de bravoure (les rôles de Giannetto et Neri en particulier) sur le même crescendo orchestral ? D&rsquo;autant que l&rsquo;époque de la composition, riche et novatrice, ne plaide guère en faveur de cette farce tragique aux accents de vérisme tardif.</p>
<p>	Véristes, les interprètes de ce soir le sont pour la plupart. <strong>Marco Berti</strong> trouve en Giannetto un rôle où il peut donner libre cours à son volume décoiffant, avec là encore les défauts qu&rsquo;on lui connaît : une émission systématiquement forte à l&rsquo;aigu, une quasi absence de coloration et des attaques à la justesse aléatoire. Restent à son crédit sa bravoure et une incarnation crédible du lâche vengeur. Son rival Neri est lui défendu par un <strong>Nicola Alaimo</strong> convaincant  : volumineux lui aussi, mais canalisé dans un chant bien plus expressif et nuancé et un charisme certain dans ce personnage de parrain (l&rsquo;action est transposée à Little Italy à l&rsquo;époque de la Prohibition). <strong>Kristin Lewis</strong> inquiète tout d&rsquo;abord. Sa Ginevra est peu audible et la ligne chahutée. Puis elle se rattrape dans le duo du deuxième acte par un surcroît de musicalité et des nuances qui valorisent une voix plus corsé qu&rsquo;on ne l&rsquo;avait cru. Lisabetta se différencie, elle, immédiatement par une voix claire et bien projetée, le rôle est court mais<strong> Jessica Nuccio</strong> parvient à charmer en peu de temps, tout comme Cintia la camériste (<strong>Chiarra Isotton</strong>) qui ne manque pas d&rsquo;abattage. Gabriello, restera définitivement dans l&rsquo;ombre de son frère Neri, tant <strong>Leonardo Caimi</strong> manque de projection, même pour ses quelques répliques au premier acte. Un défaut que partage dans une moindre mesure le Tornaquinci de<strong> Luciano di Pasquale</strong>. Moment délicieux enfin que cette romance nocturne de la dernière scène, interprétée presque piano depuis la coulisse par <strong>Edoardo Milletti</strong>.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/089_k61a9199.jpg?itok=I_donY93" title="© Teatro alla Scala" width="468" /><br />
	© Teatro alla Scala</p>
<p><strong>Carlo Rizzi</strong> tente d&rsquo;alléger comme il peut une partition rapidement volumineuse, en cherchant ça et là des détails. Las, il souffre de la comparaison avec ce que l&rsquo;on a entendu <a href="/la-fanciulla-del-west-milan-la-fillette-dans-le-desert">la veille dans cette même fosse</a>. Le manque d&rsquo;avarice en décibels des deux chanteurs principaux éteindra rapidement toute velléité de nuances.</p>
<p>	Le cinéaste <strong>Mario Martone</strong> prend, on l&rsquo;a dit, quelque liberté avec le livret. Foin du chevalier qui part morigéner les bas quartiers de Florence en armure et fini interné par les hommes des Médicis. Neri devient chef de bande et toute cette vilaine farce se terminera dans un bain de sang : Lisabetta, sa nouvelle amante après les infidélités de Ginevra, décanille l&rsquo;assemblée à la sulfateuse, ce qui a le mérite de la vraisemblance compte tenu du caractère sanguin de Neri et à la situation dans laquelle il est (il vient de trucider son propre frère qui était dans les bras de sa femme). Outre cette relecture, le metteur en scène règle avec précision et réalisme le jeu de ses interprètes. Il propose dans un décors à trois étages (la maison de Ginvera, une salle de restaurant, et un sous-sol en guise d&rsquo;asile) de nombreuses contre-scènes qui épicent la représentation, telles les pauses cigarettes des serveurs maladroits du premier acte, où cette femme de chambre qui fantasme sur un amant pendant tout le duo d&rsquo;amour. </p>
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