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	<title>Hubert MAYER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Hubert MAYER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>STOCKHAUSEN, Sonntag aus Licht &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/stockhausen-sonntag-aus-licht-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sonia Hossein-Pour]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Nov 2023 07:05:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y aurait tant à dire sur Licht, le cycle de sept opéras écrit par Karlheinz Stockhausen entre 1977 et 2003, et qui a quelque chose d’une tétralogie wagnérienne à la sauce XXe siècle. Sauf que ce ne sont pas les légendes nordiques qui inspirent la trame du récit mais le Livre d’Urantia (1955), un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y aurait tant à dire sur <em>Licht</em>, le cycle de sept opéras écrit par <strong>Karlheinz Stockhausen</strong> entre 1977 et 2003, et qui a quelque chose d’une tétralogie wagnérienne à la sauce XXe siècle. Sauf que ce ne sont pas les légendes nordiques qui inspirent la trame du récit mais le <em>Livre d’Urantia</em> (1955), un ouvrage spirituel dans lequel les récits bibliques ont été récrits à l’aune de découvertes sur le cosmos.<em> Sonntag aus Licht</em> (« Dimanche de lumière »), dernier opéra du cycle composé entre 1998 et 2003, était présenté en deux soirées à la Philharmonie de Paris par l’ensemble <strong>Le Balcon</strong>.</p>
<p>Écouter la musique de Stockhausen aujourd’hui est pour nous une expérience assez curieuse. Elle nous plonge dans une époque à la fois totalement dépassée et paradoxalement prospective, dans son esthétique, son formalisme, sa démesure. <em>Sonntag aus Licht</em> revêt une dimension particulièrement liturgique, où la mise en espace et le mouvement processionnel des interprètes, le caractère litanique du livret sous la forme d’un catalogue de phrases sobres et de mots simples, quelques fois poétiques, nous donnent l’impression d’assister à un rituel sectaire. L’expérience est aussi cosmique : les voix et les instruments spatialisés et amplifiés aux quatre coins de la salle, nappés d’un soupçon d’électronique, enveloppent le spectateur et le projettent quasi littéralement dans un autre espace-temps. Tout, absolument tout est rigoureusement écrit par le compositeur, jusqu’à la mise en espace de l’œuvre ; et pourtant, il y a cette impression étrange que des interstices de liberté se sont glissés à l’intérieur de la structure rythmique de la partition. D’un point de vue formel, c’est comme si Stockhausen nous disait que quelque chose d’autre pouvait se jouer au-delà ou à l’intérieur de la métrique. Mais il y a plus. Une dimension politique pourrait-on dire, en ceci que la hiérarchie conventionnelle entre les interprètes se trouve parfois ébranlée. Par exemple, le musicien instrumentiste devient soliste au même titre que le musicien chanteur et, situés sur un même pied d’égalité, ils vont jusqu’à entrer en dialogue ou se substituer l’un à l’autre, interprétant ainsi le même personnage. Dans la monumentalité de cette œuvre complexe, il est fascinant d’observer la manière dont opère la force du groupe, puisée dans la confiance et une sorte d’intuition collectives, indépendamment du rôle de coordination dévolue au chef d’orchestre. Mais en fin de compte, <em>Sonntag aus Licht</em> est surtout une expérience, avec tout ce que ce terme met de distance avec la dimension purement sensible, émotionnelle. C’est une musique qui s’adresse plus à l’esprit qu’au corps, comme en témoigne d’ailleurs la vision de l’amour qu’elle véhicule, dépourvue de chair, de toucher, de sensualité.</p>
<figure id="attachment_151414" aria-describedby="caption-attachment-151414" style="width: 8192px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-151414 size-full" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/18A5092.jpg" alt="" width="8192" height="5464" /><figcaption id="caption-attachment-151414" class="wp-caption-text">Paris, le 21 novembre 2023. Karlheinz Stockhausen / Sonntag aus Licht (scènes 3,4 et 5) ©Denis ALLARD / Philharmonie de Paris</figcaption></figure>
<p><strong>Maxime Pascal</strong>, en maître de cérémonie et des horloges, dirige avec une implacable précision. Toute l’équipe du Balcon et de la Philharmonie avec lui a fait montre d’un professionnalisme à tout rompre dans le montage d’un projet de cette envergure. Et toutes les formations de musiciens et de chanteurs – Le Balcon, l’<strong>Orchestre de chambre de Paris</strong>, le <strong>Chœur Stella Maris</strong>, la <strong>Maîtrise de Paris</strong> ainsi que les élèves du <strong>Conservatoire national Supérieur de Musique</strong> <strong>de Paris</strong> – doivent être salués pour leur engagement, la qualité et la rigueur de leur travail dans cette véritable et impressionnante performance. Même louange du côté des solistes, en particulier <strong>Michiko Takahashi</strong>, soprano au timbre gourmand et dont la voix tutoie les sommets du registre aigu avec une incroyable aisance, à l’instar de <strong>Jenny Daviet</strong>, déjà très remarquée et remarquable dans <em>Freitag aus Licht</em> l’année passée, et à laquelle le charisme et la grâce donnent l’allure d’une actrice de cinéma. Beaucoup d’élégance aussi chez <strong>Hubert Mayer</strong>, un ténor à la voix techniquement très solide et parfaitement saine.</p>
<p>Il faut une grande confiance mais aussi un certain culot pour monter une œuvre telle que <em>Licht</em>, laquelle engage nombre de parties prenantes sur plusieurs années. Mais pour qui et pourquoi ? Qui s’intéresse (encore) à Stockhausen et qu’est-ce que <em>Sonntag aus Licht</em> apporte au monde ? Si l’exploit artistique peut nous laisser admiratifs, il n’en reste pas moins qu’une telle débauche de moyens peut nous laisser perplexes face au type de public auquel le spectacle est, par défaut, adressé. C’est-à-dire l&rsquo;élite de l&rsquo;élite. La niche de la niche. Des nostalgiques ou des amateurs de musique conceptuelle, une certaine bourgeoisie cultivée qui cherche à sortir de sa zone de confort, par curiosité – c’est notre cas – par goût peut-être, mais aussi par posture, parce que cela fait chic dans une époque qui a soif d’expériences plus que de profondeur. Il y a là comme un hiatus avec la manière dont il faudrait penser et produire des spectacles aujourd’hui, afin qu’ils demeurent porteurs de sens là où notre monde en est de moins en moins pourvu. <em>Sonntag aus Licht</em> ne serait-il pas une messe pour un autre temps ?</p>
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		<title>STOCKHAUSEN, Dienstag aus Licht — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/stockhausen-dienstag-aus-licht-philharmonie-paris-la-guerre-des-etoiles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Oct 2020 18:43:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec son occurrence annuelle, le cycle Licht de Stockhausen initié par l&#8217;ensemble Le Balcon tient un peu de la saga Star Wars. On se rend à la Philharmonie en se posant les mêmes questions qu&#8217;à l&#8217;entrée d&#8217;une salle de cinéma : « Que nous réserve-t-on cette fois-ci ? Comment frapper encore plus fort que la fois passée ? ». La &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec son occurrence annuelle, le cycle<em> Licht</em> de Stockhausen initié par l&rsquo;ensemble Le Balcon tient un peu de la saga<em> Star Wars</em>. On se rend à la Philharmonie en se posant les mêmes questions qu&rsquo;à l&rsquo;entrée d&rsquo;une salle de cinéma : « Que nous réserve-t-on cette fois-ci ? Comment frapper encore plus fort que la fois passée ? ». La comparaison est d&rsquo;autant plus pertinente que ce <em>Dienstag aus Licht</em> est placé sous le signe de la guerre aérienne de tous contre tous : projections d&rsquo;avions en flammes, spatialisation sonore immersive et champs de bataille dévastés arrosés de fumigènes ont tout d&rsquo;un blockbuster hollywoodien. Mais ce cycle <em>Licht</em> semble souffrir des mêmes travers que les neuf volets de la saga conçue par George Lucas : les « épisodes » ne se valent pas nécessairement tous.</p>
<p>Dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/donnerstag-aus-licht-paris-favart-und-es-ward-licht"><em>Donnerstag</em></a>, il y avait les éléments biographiques du premier acte, et le fantastique concerto pour trompette du deuxième pour éblouir l&rsquo;auditeur. Les rituels de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/samstag-aus-licht-samedi-de-debauche"><em>Samstag</em></a>, et notamment la troisième partie dans l&rsquo;église lui conféraient une noble stature et avaient le mérite de rompre pour de bon avec l&rsquo;expérience de concert habituelle. <em>Dienstag</em> semble vouloir se situer entre les deux, sans vraiment convaincre pour autant. Certes, la partie électronique qui ouvre le deuxième acte est assez spectaculaire, surtout lorsqu&rsquo;elle est diffusée dans une salle qui s&rsquo;y prête aussi bien. Certes, le <em>Jahreslauf</em> du premier acte amuse par son aspect ludique et séduit grâce à son parfum japonisant. Pour autant, le « Salut » fatigue un peu, sans parler de la « bataille » entre les cuivres, où l&rsquo;imagination du compositeur semble tourner court. Le duo entre Michael et la Pietà ne convainc pas davantage, et Synthi-fou nous est sympathique, mais plus par sa ressemblance à un muppet que par compréhension profonde de notre part.</p>
<p>La faute n&rsquo;est certainement pas à rejeter sur les interprètes : <strong>Richard Wilberforce</strong> et <strong>Maxime Pascal</strong> se démènent littéralement comme des fauves pour extraire des chœurs et cuivres les sonorités âpres du combat entre Lucifer et Michael. Il convient à ce titre de saluer la performance impeccables du Jeune chœur de Paris et des Elèves du Conservatoire national supérieur de musique.<br /><strong>Elise Chauvin</strong> n&rsquo;intervient que brièvement pour concilier le bien et le mal, mais la force de son timbre la rend tout à fait crédible. En Pietà, <strong>Léa Trommenschlager</strong> n&rsquo;a que peu d&rsquo;occasions de dévoiler son timbre chaleureux, et il en est de même pour <strong>Damien Pass</strong> en Lucifer, et <strong>Hubert Mayer</strong> en Michael, que l&rsquo;on aurait aimé tous deux entendre plus. Acteurs du drame au même titre que les chanteurs, <strong>Mathieu Adam </strong>(trombone) et <strong>Henri Deléger</strong> (trompette et bugle) ne déméritent aucunement, et rappellent leur prestation ébouriffante de <em>Donnerstag</em>.<br />
	La proposition scénique de <strong>Damien Bigourdan</strong> et <strong>Myrtille Debièvre</strong> exploite habilement l&rsquo;espace de la grande salle de la Philharmonie. Elle a également le mérite de présenter un travail personnel, sans pour autant aller contre les (très nombreuses !) indications laissées par le compositeur. La vidéo efficace de <strong>Nieto</strong> et les costumes poétiques de <strong>Pascale Lavandier</strong> complètent ce travail avec pertinence.</p>
<p>Il est toujours regrettable de ne pas adhérer pleinement à une proposition artistique aussi forte. On sait que l&rsquo;art de Stockhausen se situe toujours à la frontière entre le génial et l&rsquo;idiot, entre le sublime et le vulgaire. Sans être idiot et vulgaire de bout en bout (bien loin de là), <em>Dienstag</em> ne parvient pas pour autant à se hisser au niveau des deux volets entendus précédemment. Attendons patiemment <em>Montag</em>, annoncé pour novembre 2021 !</p>
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