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	<title>Simon MCBURNEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Simon MCBURNEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BERG, Wozzeck &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/berg-wozzeck-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Jul 2023 03:50:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour une deuxième soirée consécutive, après la retentissante représentation d’Otello la veille, c’est un Grand Théâtre de Provence debout qui accueille au baisser de rideau tous les acteurs d’un Wozzeck qui marquera cette session 2023. Ne manquait sur la scène que Simon McBurney, le metteur en scène, qui aurait à coup sûr reçu sa part &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour une deuxième soirée consécutive, après la retentissante représentation d’<em>Otello</em> la veille, c’est un Grand Théâtre de Provence debout qui accueille au baisser de rideau tous les acteurs d’un <em>Wozzeck</em> qui marquera cette session 2023. Ne manquait sur la scène que <strong>Simon McBurney</strong>, le metteur en scène, qui aurait à coup sûr reçu sa part de l’enthousiasme manifesté. Chant, direction d’orchestre et mise en scène, les trois ingrédients majeurs étaient réunis pour une réussite complète.<br />
<em>Wozzeck</em>, après un faux-départ en 2020, pendant la pandémie, entre cette fois par la grande porte au répertoire du Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence ; McBurney fait une proposition qui est tout à la fois fidèle au texte de Berg et à celui de Büchner, son inspirateur, et pour autant personnelle en développant une dramaturgie linéaire et implacable, nous le verrons. Il faut dire que le livret est d’une telle richesse, d’une telle polysémie, il faut dire que tant de thèmes sont abordés pouvant être lus sous tant de prismes différents que mettre en scène <em>Wozzeck</em> revient en réalité à se fixer sur un de ces prismes et à s’y tenir.</p>
<p>C’est exactement ce que fait le metteur en scène britannique en insistant sur la noirceur de l’univers de Franz. Tout est gris, du début à la fin : l’uniforme du soldat-barbier et de ses doubles multiples dans la scène initiale, les murs qui encerclent et rétrécissent sa vie (tantôt murs flottants, tantôt murs de caserne ou encore murs d’habitation style cages à lapin). Il n’y a pas d’issue riante à la vie de Wozzeck, il n’y a que le pas incontrôlable qui mènera irrémédiablement à la chute. Berg avait eu l’idée de relier les différentes scènes des trois actes par de très courts intermèdes musicaux. McBurney choisit de relier les trois actes et de les enchaîner sans aucune interruption. On se surprend, entraînés dans cette spirale tragique, à vouloir que tout cela cesse et qu’on en finisse avec un <em>fatum</em> d’une telle noirceur. Wozzeck meurt seul, ni le Capitaine, ni le Docteur ne le voient (ceci est dans le texte), mais McBurney prend le parti de faire mourir Wozzeck alors que son fils passe à quelques mètres de lui, sans même jeter un regard sur son père.<br />
L’utilisation de la vidéo est discrète ; elle fixe des visages, des expressions (Marie, Wozzeck, le Tambour-major), renvoie aussi vers des foules fascinées, comme l’Allemagne en a connu. Les terribles expériences du Docteur sont suivies par cette foule ; les dictateurs d’aujourd’hui (le Capitaine), forment ceux de demain (son fils, costumé comme son père, prêt à perpétuer la tradition et perpétrer les mêmes excès, réapparaît à la toute fin pour faire subir au fils de Wozzeck les mêmes humiliations que lors de la scène d’ouverture).</p>
<p>L’autre acteur majeur de la réussite de la soirée est le London Symphony Orchestra et son chef emblématique, <strong>Sir Simon Rattle</strong>. Ce dernier s’est approché à de nombreuses reprises de <em>Wozzeck</em> et il en connaît visiblement tous les secrets. Il propose une palette sonore homogène malgré l’étendue des registres exigés par la partition de Berg. C’est surtout une tension inimaginable qu’il insuffle à  l’orchestre dès le lever de rideau et qui ne baissera jamais en intensité. Acclamations plus que nourries et méritées aux membres de l’éminente institution britannique.</p>
<pre><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Wozzeck-Festival-dAix-en-Provence-2023-©-Monika-Rittershaus_21-1294x600.jpg" alt="" width="908" height="421" /><span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5);font-weight: inherit">©  Monika Rittershaus</span></pre>
<p>Le plateau vocal enfin qui n’a pas eu besoin de plus que quelques minutes pour trouver le bon équilibre avec la fosse. A tout seigneur, tout honneur, <strong>Christian Gerhaher</strong> passe aujourd’hui pour l’un des plus éminents titulaires du rôle-titre. Il en possède visiblement tous les codes. Le timbre est rugueux sans être brutal et c’est son humanité qui frappe dans la conduite du chant de ce <em>Kammersänger</em>. Souvent au bord du précipice, il rétablit toujours l’équilibre grâce à une technique sans défaut. La Marie de <strong>Malin Byström</strong> joue remarquablement la duplicité du personnage ; son soprano quelque peu dramatique confère au rôle une gravité bienvenue et qui s’épanouit notamment au III au cours du duo avec Franz.<br />
Parmi les autres rôles, il faut absolument remarquer le Capitaine de <strong>Peter Hoare</strong> à qui revient la redoutable tâche d’ouvrir le premier acte et de couvrir entièrement la première scène. Ténor clair, agile, plus subtil peut-être même que son personnage, dont il sait rendre la rouerie. Pas de duplicité chez le Docteur terrible et convaincant de <strong>Brindley Sherratt</strong>, capable de tout pour mener à bien ses expérimentations. Vaillance irréprochable du Tambour-major de <strong>Thomas Blondelle</strong> en séducteur invétéré. Citons enfin le chœur impeccable de l’Estonian Philharmonic Chamber Choir, qui, notamment dans les scènes festives, confère un peu de chaleur à ce monde si désespérément gris.</p>
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		<title>Le Metropolitan annule sa programmation jusqu’à la fin 2020</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-metropolitan-annule-sa-programmation-jusqua-la-fin-2020/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2020 22:36:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Metropolitan Opera a pris la lourde décision d’annuler toute sa programmation jusqu’au 31 décembre, en raison de la crise sanitaire et de l’impossibilité d’organiser la production des spectacles de l’automne. La scène new-yorkaise rouvrira le soir de la Saint-Sylvestre, avec un gala à la mesure de l’événement dont les détails seront connus plus tard. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr" id="docs-internal-guid-5490f2be-7fff-4c58-d03e-9ca356f4c6b7">Le Metropolitan Opera a pris la lourde décision d’annuler toute sa programmation jusqu’au 31 décembre, en raison de la crise sanitaire et de l’impossibilité d’organiser la production des spectacles de l’automne. La scène new-yorkaise rouvrira le soir de la Saint-Sylvestre, avec un gala à la mesure de l’événement dont les détails seront connus plus tard. C’est la première institution à prendre une telle décision. « <em>Étant donnée l’énorme complexité d’organisation de la programmation du Met, nous n’avons pas d’autre choix que d’annuler la saison d’automne</em>, a déclaré le Directeur général <strong>Peter Gelb</strong>. <em>La santé et la sécurité de nos personnels et de notre public est notre priorité absolue, et ce n’est tout simplement pas envisageable de revenir à l’opéra pour l’ouverture en Septembre alors que la distanciation physique demeure la règle. </em>» Quatre nouvelles productions font les frais de cette décision (<em>Die Zauberflöte</em> et <em>Don Giovanni</em> que devaient mettre en scène <strong>Simon McBurney </strong>et <strong>Ivo van Hove</strong>, retrouveront leurs anciennes moutures signées Julie Taymor et Michael Grandage). Ces nouvelles productions ainsi que celle d’<em>Aida </em>et de l’<em>Ange de Feu</em> seront programmées lors de futures saisons. Autres conséquences, le Metropolitan ouvrira en février, alors qu’un mois de fermeture avait été décidé pour allonger la saison et effectuer des levés de rideaux les dimanches. Ce mois verra défiler les classiques du Met : <em>La Bohème,</em> <em>Carmen</em>, <em>La Traviata</em>. La reprise de <em>Lulu</em> passe à la trappe, remplacée par une série de <em>Barbier de Séville</em>. Le Met prévoit aussi d’avancer de trente minutes le début des représentation (à 19h) et d’écouter certaines oeuvres : <em>Giulio Cesare</em> prévu en 4 heures 30 et deux entractes sera découpé pour tenir à 3 heures 30 et un seul entracte. La liste des diffusions en HD se voit réduite à 7 oeuvres, les soirées cinéma de l’automne présenteront des reprises des productions annulées. </p>
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		<item>
		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-flute-enchantee-aix-en-provence-si-humaine-si-magique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jul 2018 07:15:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tamino est un prince ; mieux encore, c’est un homme. La reprise de La Flûte enchantée dans la production de Simon McBurney, présentée à Aix en 2014 mais créée à Amsterdam en 2012, nous rappelle combien l&#8217;opéra maçonnique de Mozart fait de l’humanité une qualité primordiale, sans jamais sacrifier la magie essentielle du récit. Rarement les &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Tamino est un prince ; mieux encore, c’est un homme. La reprise de <em>La Flûte enchantée</em> dans la production de <strong>Simon McBurney</strong>, <a href="https://www.forumopera.com/die-zauberflote-aix-en-provence-vous-jouez-vous-avez-raison">présentée à Aix en 2014</a> mais créée à Amsterdam en 2012, nous rappelle combien l&rsquo;opéra maçonnique de Mozart fait de l’humanité une qualité primordiale, sans jamais sacrifier la magie essentielle du récit. Rarement les personnages imaginés par Schikaneder auront été aussi proches de notre quotidien, jusque dans ce qu’il a de plus trivial : Tamino surgit d’abord en jogging et baskets, les trois Dames portent treillis et rangers, et Papageno n’est pas loin du SDF. Tout cela contribue à faire d’eux non pas des archétypes issus du répertoire des mythes, mais des êtres de chair et de sang dont l’histoire nous touche immédiatement. Même la reine de la Nuit est ici bien autre chose qu’un monstre glaçant, même Monostatos est humain, trop humain. Quant à la magie du spectacle, elle vient de la conjonction de procédés anciens ou modernes, simples ou sophistiqués : projection vidéo sur le fond du décor ou sur un rideau d’avant-scène, mais aussi  oiseaux symbolisés par une simple feuille de papier pliée en deux et tenue par un membre du chœur. L’espace central du plateau est occupé par une énorme plate-forme mobile qui peut se soulever dans tous les sens, et qui devient tantôt plancher, tantôt plafond, tantôt table, tantôt mur, le tout de manière toujours naturelle (là où un procédé comparable tournait à vide dans <a href="https://www.forumopera.com/erismena-aix-en-provence-nouveau-miracle-dalarcon"><em>Erismena </em>l’an dernier</a>). De part et d’autre, deux exemples de magie humaine : une bruiteuse réalise tous les effets sonores présents durant les dialogues parlés, et un dessinateur munie d’une craie se charge de modifier le décor par le biais de projections en direct. Miraculeusement, la présence visible de ces techniciens n’enlève rien à la féerie, elle y contribue même. Et le fait que Tamino ou Papageno laisse un des membres de l’orchestre jouer de leur instrument – flûte ou glockenspiel – à leur place paraît lui aussi couler de source.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="276" src="/sites/default/files/styles/large/public/copie_de_la_flute_328.jpg?itok=Viq3kaFX" title=" © Festival d'Aix-en-Provence" width="468" /><br />
	 © Festival d&rsquo;Aix-en-Provence</p>
<p>Cette magie naturelle, on la retrouve dans la direction de <strong>Raphaël Pichon</strong>, dont l’exploration mozartienne trouve ici l’une de ses formes les plus abouties. A quoi tient la beauté de ce que propose l’Ensemble Pygmalion ? Au délié d’un jeu qui ne pèse jamais, à la finesse de détail de cette interprétation – telle phrase du basson que l’on n’avait pas encore aussi bien remarquée, telle intervention des cordes… – et aussi à une utilisation merveilleusement intuitive des silences, qui mettent en valeur le chant comme c’est rarement le cas et suscitent du même coup une grande qualité d’écoute. Constamment acteur de la représentation, le chœur fait preuve d’une délicatesse comparable, et séduit jusque dans un passage comique comme la danse des hommes de Monostatos charmés par les clochettes.</p>
<p>Sur scène, on fêtait d’abord le retour du trio central déjà présent en 2014. Dans un rôle emblématique, <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> s’impose comme une évidence : Tamino lui va comme un gant, et le ténor prête au prince toute cette humanité que confirme son initiation. <strong>Mari Eriksmoen</strong> est une Pamina alliant grâce et détermination, à la voix pure mais au grave affirmé, et dotée d’une élégance de danseuse lorsqu’elle fait tourner au-dessus de sa tête le parapluie prêté par Papageno. Oiseleur plein de bonhomie, <strong>Thomas Oliemans</strong> met forcément le public dans sa poche sans jamais forcer le trait. En 2014, le retrait d’Albina Shagimuratova avait suscité son remplacement par deux consœurs, dont déjà <strong>Kathryn Lewek </strong>: son portrait de la reine de la Nuit est un des plus achevés qu’il nous ait été donné d’entendre car, si la virtuosité est parfaitement en place, l’incarnation va bien au-delà et parvient à rendre profondément émouvante cette « méchante » redevenue humaine. Tout le reste de la distribution est renouvelé, avec notamment, en Sarastro, un <strong>DImitry Ivashchenko</strong> aux graves abyssaux, même si on les entend un peu moins lorsqu’il se trouve tout au fond de la scène. On reconnaît la qualité d’une <em>Zauberflöte</em> au prestige de sa Première Dame : confier ce personnage à <strong>Judith van Wanroij</strong> à l’heure où celle-ci aborde les grands rôles mozartiens relève du luxe insolent, qu’on savoure à sa juste valeur. Si le Monostatos de <strong>Bengt-Ola Morgny</strong> ne brille pas toujours par ses qualités purement vocales, <strong>Christian Immler </strong>est un fort éloquent Sprecher, et <strong>Lilian Farahani </strong>une exquise Papagena. Les trois enfants issus de la Chorakademie de Dortmund enchantent par leur justesse dénuée de toute verdeur, ainsi que par leur talent d’acteurs.</p>
<p>Un tel spectacle nécessite d’être vécu en salle pour être pleinement apprécié, mais vous pourrez malgré tout tenter d’en capter la magie sonore lors de sa diffusion  sur France Musique le 9 juillet.</p>
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		<item>
		<title>STRAVINSKY, The Rake&#039;s Progress — Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/the-rakes-progress-aix-en-provence-une-carriere-qui-dechire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jul 2017 03:10:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De La Flûte enchantée montée en 2014 par Simon McBurney, les festivaliers avaient gardé un souvenir ému. Le retour à Aix du metteur en scène britannique ne suscitera peut-être pas tout à fait le même éblouissement. Sa vision de The Rake’s Progress repose sur une excellente idée de départ, mais qui, à elle seule, ne &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>De <em>La Flûte enchantée</em> montée en 2014 par <strong>Simon McBurney</strong>, les festivaliers avaient gardé un souvenir ému. Le retour à Aix du metteur en scène britannique ne suscitera peut-être pas tout à fait le même éblouissement. Sa vision de <em>The Rake’s Progress</em> repose sur une excellente idée de départ, mais qui, à elle seule, ne suffit pas à porter le spectacle aux sommets les plus élevés. L’univers idyllique de la première scène ici symbolisé par une sorte de vaste boîte en papier, sur les parois de laquelle est projeté un paysage pastoral emprunté à quelque peinture ancienne. Pour y faire son intrusion, Nick Shadow n’aura qu’à crever ces murs fragiles, par où le héros s’échappera pour entamer sa carrière de libertin, un décor urbain moderne se substituant au cadre champêtre initial. Et chacune des scènes suivantes verra de nouvelles déchirures se former, également dans le plafond ou dans le sol, le comble étant atteint lorsque Baba la Turque évoque tous les objets qu’elle a collectionnés au cours de sa vie. A la fin, les vidéos disparaissent pour montrer la boîte de papier percée de tous ces trous, auxquels Tom Rakewell ajoute encore dans sa démence. Le procédé est simple et indéniablement efficace, mais ne se renouvelle pas vraiment au fil du spectacle, même si Simon McBurney sait diriger les personnages du drame, faire bouger le chœur et utiliser avec ingéniosité une dizaine de figurants, notamment sous la forme d’un véritable défilé de partenaires sexuels pour le héros qui chante sa lassitude face à son existence londonienne.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="261" src="/sites/default/files/styles/large/public/rake5.jpg?itok=KyATyeNu" title="© Pascal Victor" width="468" /><br />
	© Pascal Victor</p>
<p>Dans un rôle qui n’exige pas à proprement parler de prouesses vocales, <strong>Paul Appleby</strong> fait valoir de solides atouts puisqu’il sait rendre son discours constamment expressif, charger les mots de sens, et nous faire partager l’évolution de son personnage sans surcharge aucune jusque dans ses derniers instants. Du diable qui l’entraîne sur la pente du mal, <strong>Kyle Ketelsen</strong> n’a pas la noirceur habituelle : son Nick Shadow paraît longtemps bien inoffensif, et ce n’est que dans son ultime scène qu’il dévoile sa nature diabolique, mais peut-être est-il alors un peu tard (jusque-là, on la devine uniquement à son apparent don d’ubiquité lorsque sa silhouette apparaît en ombre chinoise derrière différents endroits du décor, grâce à la complicité d’un autre chanteur, <strong>Evan Hughes</strong>, qui interprète quelques-unes de ses répliques). Surtout, le choix d’un timbre plus clair qu’à l’ordinaire prive cette figure surhumaine de son aura maléfique, que seule une authentique basse semble à même de créer. Révélée par <em>The Indian Queen</em> montée par Peter Sellars, <strong>Julia Bullock </strong>est une Ann Trulove que la mise en scène montre à plusieurs moments non prévus par le scénario, chaque fois que Tom repense à celle qu’il néglige. La voix possède une belle assise dans le grave et est capable de darder de clairs aigus , mais ne communique pas toujours toute l’émotion qu’on pourrait souhaiter. Confier Baba à une voix masculine est une tentation compréhensible à notre époque où les contre-ténors ont le vent en poupe ; malgré son abattage scénique, <strong>Andrew Watts </strong>ne peut vocalement refléter les diverses facettes d’un personnage qui se révèle moins caricatural lors de son dialogue avec Ann. Les personnages secondaires ont davantage le profil attendu : Sellem agité d’<strong>Alan Oke</strong>, Trulove moralisateur de <strong>David Pittsinger</strong>, Mother Goose majestueuse de <strong>Hilary Summers</strong>.</p>
<p>En fosse, l’<strong>Orchestre de Paris</strong> distille savamment les sonorités néo-classiques voulues par Stravinsky, avec de fort belles interventions des vents, entre autres. Remplaçant Daniel Harding blessé au poignet, <strong>Eivind Gullberg Jensen</strong> dirige avec netteté une partition qu’il connaît bien, mais dont la force théâtrale n’éclate pourtant pas autant qu’elle le pourrait, malgré la belle prestation par ailleurs des <strong>English Voices</strong>. (Diffusion sur France Musique le 7 juillet, sur Arte Concert le 11 juillet, et ultérieurement sur France 2).</p>
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		<item>
		<title>Die Zauberflöte</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/die-zauberflote-letincelle-est-eteinte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2015 05:49:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsque cette Flûte enchantée arriva à Aix-en-Provence en juillet 2014, dernière étape d’une coproduction qui l’avait d’abord vue passer par Amsterdam (où a été capté ce DVD, fin 2012), puis par Londres, à l’ENO en novembre 2013, tous ou presque se déclarèrent séduits par ce spectacle, non sans signaler aussitôt que sa magie risquait fort &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque cette <em>Flûte enchantée </em>arriva à Aix-en-Provence en juillet 2014, dernière étape d’une coproduction qui l’avait d’abord vue passer par Amsterdam (où a été capté ce DVD, fin 2012), puis par Londres, à l’ENO en novembre 2013, tous ou presque se déclarèrent séduits par ce spectacle, non sans signaler aussitôt que sa magie risquait fort d’échapper entièrement à la captation. Ils ne disaient hélas que trop vrai. Les projections vidéo, très employées, tant pour le décor que pour certains effets plus fugitifs, sont irrémédiablement aplaties par le film, et l’effet enveloppant que pouvait ressentir le public ne se retrouve pas lorsque l’on visionne le DVD. Et le grouillement des machinistes, figurants et bruiteurs présents sur les côtés de la scène ne devient manifeste qu’à certains moments où la caméra décide de s’attarder sur eux. Du coup, on remarque surtout le désenchantement suscité par la présence d’un instrumentiste lorsque Tamino ou Papageno doivent jouer de leurs instruments magiques. Par ailleurs, l’œil n’est pas vraiment à la fête : les projections n’ont ni l’inventivité ni l’esthétisme de ce qu’avait proposé William Kentridge pour la même œuvre, et comme le soulignait Christophe Rizoud dans son <a href="http://www.forumopera.com/die-zauberflote-aix-en-provence-vous-jouez-vous-avez-raison">compte rendu</a>, le décor, bien qu’ingénieux, est d’une sobriété extrême. Surtout les costumes sont laids : costumes-cravates gris d’employés de bureau pour les disciples de Zarastro, jogging ou treillis pour un Pamino qui n’a ici absolument rien de princier, treillis et rangers ou robes « faux nu » pour les trois Dames, etc. La Reine de la nuit est une vieille femme handicapée et peu ragoutante, escortée d’une horde de viragos, les trois enfants sont des vieillards nus et squelettiques, et Monostatos, d’abord en costume-cravate, bascule peu à peu dans l’animalité crasseuse. La palme revient cependant au couple Papageno-Papagena : les gros plans ne nous épargnent aucun détail de leur look Deschiens très travaillé, l’oiseleur-SDF muni d’un escabeau de peintre en bâtiment portant des vêtements maculés de guano… On reconnaîtra néanmoins à la mise en scène de <strong>Simon McBurney</strong> une réelle efficacité théâtrale, non dénuée d’une certaine brutalité dans les rapports entre les personnages.</p>
<p>Musicalement, on a affaire à une lecture assez classique de la partition. Contrairement à la version aixoise, ce n’est pas ici un ensemble jouant sur instruments anciens qui l’exécute, mais le <strong>Netherlands Chamber Orchestra</strong>.<strong> Marc Albrecht</strong>, qui le dirige, est lui aussi un chef généraliste, qu’on entend souvent dans le répertoire de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et du début du XX<sup>e</sup>. Signalons quand même quelques légères libertés prises avec la partition, comme le choix de faire déclamer des phrases du texte parlé par-dessus certains passages instrumentaux, ou de laisser Papageno commencer son deuxième air a cappella pour ne lui associer que peu à peu l’orchestre. Côté chanteurs, le niveau est bon, mais seule la Pamina de <strong>Christina Landshamer</strong> se détache véritablement, par l’émotion qu’elle parvient à faire passer dans sa voix. Dénué de toute aura en scène, <strong>Maximilian Schmitt</strong> ne laisse pas une impression inoubliable. <strong>Thomas Oliemans</strong> n’a pas la tâche facilitée par une production qui choisit de faire de Papageno un marginal, ni lugubre ni comique. <strong>Brindley Sherratt</strong> est un Zarastro assez discret, malgré de beaux graves. <strong>Wolfgang Ablinger-Sperrhacke </strong>prouve une fois encore qu’il est aujourd’hui le ténor de caractère par excellence. On reste partagé face à la Reine de la nuit d’<strong>Iride Martinez</strong>, à la voix plus caractérisée que les soubrettes parfois distribuées dans le rôle et à l’engagement dramatique incontestable, qui nuit parfois à la netteté des vocalises, d’où quelques passages un peu savonnés. Malgré tout, il manque ici l’étincelle qui transcenderait le tout. Sur le vif, elle brillait sans doute ; mise en boîte, il n’en reste pas grand-chose.</p>
<p> </p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/3Y_Wk_VhmuE?rel=0" width="560"></iframe></p>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-aix-en-provence-vous-jouez-vous-avez-raison/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Jul 2014 19:00:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Ce soir nous jouons. Et pourtant, la culture, nos métiers, le Festival d&#8217;Aix-en-Provence sont en danger ». Un feuillet glissé dans le programme donne le ton. Un discours lu par une technicienne, longuement applaudi par le public, enfonce le clou. Cette Flûte enchantée proposée par Simon McBurney apparaît comme un appel à la raison, un message &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>«<em> Ce soir nous jouons. Et pourtant, la culture, nos métiers, le Festival d&rsquo;Aix-en-Provence sont en danger</em> ». Un feuillet glissé dans le programme donne le ton. Un discours lu par une technicienne, longuement applaudi par le public, enfonce le clou. Cette <em>Flûte enchantée</em> proposée par <strong>Simon McBurney </strong>apparaît comme un appel à la raison, un message d&rsquo;amour et de paix que seules les quelques saillies misogynes du livret viennent contredire. Comme un fait exprès, la virtuosité de la mise en scène rappelle, tout au long de la soirée, l&rsquo;importance de ces femmes et hommes qui, dans l&rsquo;ombre officient pour que le spectacle ait lieu.</p>
<p>Vous jouez donc et ce que vous nous donnez à voir est un enchantement. Les costumes sont pourtant laids et le décor absent. Un simple plateau nu et articulé pour pouvoir s&rsquo;adapter aux différentes situations, tantôt refuge, tantôt table ou pente escarpée, des rideaux utilisés comme écran, sont pages blanches sur lesquelles se posent, tableau après tableau, tels les oiseaux de Papageno, des images sans cesse renouvelées. Rien d&rsquo;inédit pour autant. Il semble que Simon McBurney et son équipe aient voulu compiler l&rsquo;ensemble des procédés en vogue aujourd&rsquo;hui sur les scènes d&rsquo;opéra. Passent comme autant de références le tableau noir d&rsquo;<a href="/spectacle/que-de-richesse-en-cette-pauvrete"><em>Alceste </em>à l&rsquo;Opéra de Paris</a>, les projections vidéo dont moult abusent aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;utilisation des corps qui servait de paradigme au <a href="/spectacle/ouverture-a-corps"><em>Ring</em> munichois d’Andreas Kriegenburg</a>, etc. À l&rsquo;inverse de bon nombre de ses confrères qui s&#8217;emploient à réécrire l&rsquo;histoire, Simon McBurney ne veut pas interpréter mais représenter. Son propos ne s&rsquo;écarte jamais du livret. Aucun principe ne vient en infléchir le sens mais de multiples idées l&rsquo;habillent. Le pardon final accordé par Sarastro à la Reine de la nuit s&rsquo;avère la seule entorse au texte et serait-on tenté de dire, dans cette vision poétique et conformiste, la seule faute de goût.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="316" src="/sites/default/files/styles/large/public/flute1.jpg?itok=rIdtd_no" title="© Pascal Victor / artcomart" width="468" /><br />
	© Pascal Victor / artcomart</p>
<p>Vous aussi, musiciens et chanteurs, jouez et ce que vous nous donnez à entendre désaltère. La direction de <strong>Pablo Heras-Casado</strong>, à la tête du Freiburger Barockorchester, est source de nombreuses joies. Dès la première mesures, la musique jaillit, non torrentueuse, mais fraîche et vive sans aucune de ces aigreurs dispensées souvent par les ensembles baroques. Mozart ici n&rsquo;est ni sentencieux, ni doctoral, pas même dogmatique mais d&rsquo;une jeunesse retrouvée, moderne pourrait-on résumer si l&rsquo;adjectif, suremployé, n&rsquo;avait tendance aujourd&rsquo;hui à prendre un sens opposé. Le chœur fait montre du même enthousiasme sonore et les voix, bien que désavantagées par un dispositif scénique peu favorable à leur projection, se situent au diapason. Non pas grandes, c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;un de ces formats qui ont fait les riches heures de la discographie avant la révolution baroque, mais jeunes, saines, décomplexées. Toutes ne sont pas égales. En Papagena, <strong>Regula Mühlemann</strong> fait de la figuration. L&rsquo;orateur de <strong>Maarten Koningsberger</strong> avance d&rsquo;un pas mal assuré. <strong>Andreas Conrad</strong> est un Monostatos sans grande envergure et l&rsquo;on pourrait souhaiter trois dames moins désunies qu&rsquo;<strong>Ana-Maria Labin</strong>, <strong>Silvia de La Muela</strong> et <strong>Claudia Huckle</strong>. Mais <strong>Christof Fischesser</strong> possède l&rsquo;autorité abyssale de Sarastro. <strong>Olga Pudova</strong> vient à bout, non parfois sans mal, des deux airs de la Reine de la Nuit. Papageno altier, douée de présence vocale, <strong>Thomas Oliemans</strong> a la bonne humeur communicative. Surtout les deux premiers rôles, <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> et <strong>Mari Eriksmoen</strong> apparaissent, dans pareil contexte, proches de l&rsquo;idéal. Lui, Tamino élégant sans affectation, viril sans brutalité, égal sur toute la ligne, triomphe de toutes les épreuves, confirmant les espoirs que son chant a déjà suscités. Elle, encore plus émouvante, est une de ces Pamina dont la légèreté n&rsquo;est pas superficialité mais fragilité utilisée à bon escient. Égal aussi, toujours musical, son soprano délicat porté par le souffle semble aujourd&rsquo;hui exactement adapté à Mozart. Pas encore Fiordiligi qu&rsquo;elle a pourtant déjà interprété au Theater an der Wien mais assurément Susanna.</p>
<p>Tous finalement, vous avez joué et vos revendications, clairement exposées ont été écoutées. Mieux, si l&rsquo;on en juge à l&rsquo;accueil qu&rsquo;elles ont reçu, elles ont été approuvées, peut-être comprises. Plutôt que de vous mettre à dos le public en le privant d&rsquo;un spectacle pour lequel il s&rsquo;est déplacé parfois au prix de sacrifices financiers, vous l&rsquo;avez conquis. Vous avez joué ; nous vous en remercions.</p>
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		<title>RASKATOV, Cœur de chien — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-resistible-ascension-du-chien-charik/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jan 2014 07:29:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Présenté comme un spectacle comique et fantastique, peut-être pour atténuer la crudité de certains détails scabreux de son argument – un médecin spécialiste du rajeunissement greffant à un chien les organes virils de la reproduction et l’hypophyse d’un être humain – Cœur de chien d’Alexander Raskatov n’est en vérité ni l’un ni l’autre. Fondé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Présenté comme un spectacle comique et fantastique, peut-être pour atténuer la crudité de certains détails scabreux de son argument – un médecin spécialiste du rajeunissement greffant à un chien les organes virils de la reproduction et l’hypophyse d’un être humain – <em>Cœur de chien</em> d’Alexander Raskatov n’est en vérité ni l’un ni l’autre. Fondé sur la nouvelle satirique homonyme de Mikhaïl Boulgakov (qui ne fut pas publiée de son vivant), cette œuvre qui ressortit au théâtre musical engagé est une fable grinçante et cruelle, qui ne recule pas devant le réalisme sordide. La mise en scène efficace et d’une grande inventivité de <strong>Simon McBurney</strong> rend justice à cette dimension, avec un sens du contraste et du misérabilisme qui rappelle le Musiktheater de Brecht et Weill. L’opération est une réussite – le chien devient un homme – mais aussi un échec : « <em>D’un brave chien, j’ai fait un homme abject </em>», reconnaît le savant. Charikov, ou Bouboule dans le texte français, prenant le nom officiel de Poligraf Poligrafovitch, devient le plus zélé et le plus corrompu des suppôts du régime soviétique. Les greffons provenaient d’un ivrogne mort dans une bagarre.</p>
<p>
			L’utilisation d’une cloison mobile qui rétrécit et augmente l’espace, les décors de <strong>Michael Levine</strong>, s’enchaînant en succession rapide et fourmillant de détails, admirablement servis par les projections vidéo de<strong> Finn Ross</strong>, restituent le climat général de surveillance étroite et de suspicion et, en phase avec les costumes de <strong>Christina Cunningham</strong>, les images surannées des années vingt du vingtième siècle en Union soviétique. Le grotesque, qui n’est ici que rarement burlesque, bénéficie d’effets appuyés, proprement expressionnistes, dans une emphase démonstrative presque didactique. Parmi ces images glaçantes, voire horrifiques comme les scènes grand-guignolesques d’opérations, se glisse parfois un zeste de fantaisie : c’est le cas, au début, ainsi qu’à la fin, de la marionnette du chien Charik, animée par tant d’opérateurs qu’on a parfois du mal à distinguer les contours du chien lui-même, comme dans un exercice de distanciation ; et dans l’intervalle, du personnage du chien devenu homme, véritable métamorphose à laquelle se livre avec une aisance confondante le ténor <strong>Peter Hoare</strong>, affublé de tics canins et d’une démarche animale parfaitement crédibles.</p>
<p>			Musicalement,<em> Cœur de chie</em>n tient aussi d’une improbable opération mêlant des genres différents – entre autres, récitatif monteverdien, chant grégorien, musique militaire soviétique, chants folkloriques russes, chœurs orthodoxes, coloratures baroques –, produisant des plages de belles harmonies et des moments assourdissants, notamment à la fin de chacun des deux actes, le dernier se terminant sur les voyelles de Charikov (le nom du chien-homme) vociférées au mégaphone par seize chanteurs et reprises plusieurs fois de suite crescendo en montant dans l’aigu. Tension extrême, à la limite du supportable, accompagnant sur scène une prolifération d’hommes-chiens s’apprêtant à dévorer l’humanité, et qui exclut définitivement de voir dans cet opéra une œuvre « cocasse » ou « surréaliste », comme on a pu le lire.</p>
<p>			 </p>
<p>			Toutefois, les greffes musicales et opératiques réussissent dans l’ensemble et contribuent au renouvellement d’un genre qui, par définition, est hybride. Vocalement, le compositeur sollicite les registres extrêmes des tessitures, ce qui nous vaut non seulement la mise en valeur des deux voix du chien Charik par la soprano<strong> Elena Vassilieva</strong>, déployant sa raucité dans un mégaphone, et par le contreténor<strong> Andrew Watts</strong> (suggérant l’équilibre de la dualité chez l’animal avant sa transformation) mais aussi les extraordinaires vocalises de Zina, interprétée par la soprano <strong>Nancy Allen Lundy</strong>, et l’utilisation du suraigu par Charikov, le chien devenu homme, remarquable Peter Hoare qui excelle dans cette palette de nuances et le fébrile enchaînement des répliques. Les barytons <strong>Sergei Leiferkus</strong> et <strong>Vilke Rusanen</strong>, voix puissantes et diction exemplaire, sont parfaits dans leurs emplois de professeur et d’assistant, le premier avec toute la morgue, la dignité et le tranchant, si l’on peut dire, qui conviennent au personnage, le second dans cette position de double rappelant les couples maîtres/valet de l’opéra classique. Toute la distribution, au reste, est de bonne qualité, comprenant également des artistes de l’Ensemble vocal « Il Canto di Orfeo ».</p>
<p>			Au pupitre de l’Orchestre de l’Opéra de Lyon, le chef britannique <strong>Martin Brabbins</strong> insuffle un rythme et une énergie communicatives. Le public a réservé un triomphe, le soir de la première, aux interprètes comme au metteur en scène et au compositeur.</p>
<p>			À l’Opéra National de Lyon jusqu’au 30 janvier 2014.</p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
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