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	<title>Bogdan MIHAI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Bogdan MIHAI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-barbiere-di-siviglia-geneve-du-mousseux-en-guise-de-champagne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Sep 2017 21:49:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce Barbier de Séville nous vient de Cardiff, associé aux Noces de Figaro et à Figaro divorce sous l’intitulé « Trilogie Figaro ». Par-delà leur esthétique spécifique, l’idée est originale d’avoir regroupé trois ouvrages inspirés par Beaumarchais en un cycle dont la scénographie et les costumes doivent donner un supplément de cohérence.  Si les chefs, les formations, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce <em>Barbier de Séville</em> nous vient de Cardiff, associé aux <em>Noces de Figaro</em> et à <em>Figaro divorce</em> sous l’intitulé « Trilogie Figaro ». Par-delà leur esthétique spécifique, l’idée est originale d’avoir regroupé trois ouvrages inspirés par Beaumarchais en un cycle dont la scénographie et les costumes doivent donner un supplément de cohérence.  Si les chefs, les formations, les solistes changent pour chaque opéra, les metteurs en scène se sont concertés. Les principaux artisans de ce lien fort sont <strong>Ralph Koltaï</strong> (décors) et <strong>Sue Blane</strong> (costumes), qui signent les trois productions.  Un dispositif ingénieux de deux grands panneaux, pivotant chacun sur leur axe,  permet de moduler l’espace scénique, autorisant les changements à vue. Ces éléments, translucides pour <em>le Barbier de Séville</em>, sont mis à profit par des éclairages valorisant leur opacité comme leur transparence.  Les costumes, colorés, surprenants, sont cocasses, appropriés, en parfait accord avec l’esprit bouffe. Renouvelés pour chacun des ouvrages, ils doivent permettre d’identifier sûrement  chacun des acteurs, et de participer à la continuité de la narration.</p>
<p><strong>Sam Brown</strong> s’est brillamment illustré dans la comédie musicale et ses choix en portent la marque, particulièrement à l’orage du second acte. La mise en scène nous promet un Barbier « très drôle ». Cependant, pour intelligente, fine et inventive qu’elle soit, l’esprit bouffe fait défaut, les gags – nombreux et bienvenus – ne suffisent pas. On sourit, dans le meilleur des cas. La faute sans doute à une direction d’acteurs inaboutie : point ne suffit de régler les déplacements et la gestique pour que les personnages soient crédibles.  Oublions le continuo appliqué, scolaire, sans la moidre malice, de <strong>Jonathan Nott</strong>.  Sa direction musicale nous plonge dans un abîme de perplexité. Le premier acte se traîne, fin, élégant certes, mais dépourvu de cette dynamique, de cette vigueur, de cet esprit, essentiels à la musique de Rossini. Les tempi sont alanguis, les contrastes amoindris. Diriger Rossini est un défi pour un chef qui excelle dans le romantisme et le postromantisme germaniques. Ce soir l’échec est manifeste. La faute n’en incombe pas à l’orchestre, clair, agile, ductile, aux belles couleurs.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="270" src="/sites/default/files/styles/large/public/il_barbiere_di_siviglia_c_magalidougados_05-thumb.jpg?itok=lx2RJey0" title="Lena Belkina © Magali Dougados" width="410" /><br />
	Lena Belkina (Rosina) © Magali Dougados</p>
<p>L’ouverture est illustrée par la projection sur le rideau de scène d’un cœur percé d’une flèche, puis par un ballet original, où les danseurs tout de noir gainés manipulent de gigantesques ciseaux, barbier oblige, dans des éclairages très professionnels. Les tableaux successifs gagneront progressivement en couleur pour de belles images, renouvelées à la faveur des éléments mobiles. Comment résister à l&rsquo;attrait des costumes ? Celui de Basilio, mal voyant, avec son chien en peluche (animé par la laisse), celui de Lindor en garde suisse avec hallebarde à la fin du premier acte ? Celui de Basilio et de son double, tous deux habillés à l&rsquo;identique ? Comment ne pas sourire quand Figaro entrouvre la caisse du piano-forte pour tourner les pages du faux Basilio, puis en sortant après que Berta y ait jeté son mégot, provoquant la fumée à laquelle il cherche à échapper ? De ce côté, la réussite est manifeste.</p>
<p>Malheureusement, la réalisation vocale, très inégale, ne répond pas à nos attentes. Le Comte est <strong>Bogdan Mihai</strong>, familier du rôle. La voix est souple, sonore, au timbre agréable, le personnage séduisant. La noblesse, l’autorité sont en filigrane. C’est dans le duo avec Bartolo (« Pace e gioia ») et le trio (« Ah ! qual colpo ») qu’il apparaît le meilleur. <strong>Bruno Taddia</strong>, dont on se souvient du Figaro au Châtelet, a de l’autorité.  Sa voix est toujours projetée, puissante, trop, jusqu’à des accents aboyés. Sa présence scénique, incontestable, ne permet pas de dissimuler ses travers. On est très loin du chant rossinien. Tout comme avec Rosine de <strong>Lena Belkina</strong>, mezzo sonore, aux beaux graves,  à l’ambitus large, certes, mais à contre-emploi. Dès sa redoutable cavatine (« Una voce poco fa »), les jeux sont faits.  L’air et la cabalette sont chantés comme un air de bravoure, avec une volonté démonstrative de puissance. On cherche la légèreté, la vivacité, l’articulation. Mûre, trop, sans doute, cette Rosine supposée dans sa prime jeunesse. Les carences seront amoindries dans les récitatifs comme dans le « Contro un cor che accende amore », et les ensembles. L’erreur de casting n’en est pas moins manifeste. Le Basilio de <strong>Marco Spotti</strong> tire bien son épingle du jeu : la voix est profonde, longue, et sa « Calunnia » est fort bien conduite, avec un orchestre qui serait parfait, n’étaient quelques petits décalages. Berta, <strong>Mary Feminear</strong>, est chantée avec une rare aisance et fraîcheur.  Son air de sorbet « Il vecchiotto cerca moglie » est délicieux.  Le meilleur pour la fin : <strong>Bruno de Simone</strong>, un vrai rossinien, familier du rôle, à la voix très agile, puissante, bien timbrée, campe un Bartolo exemplaire, tant par sa justesse psychologique – on y croit – que par son chant. Une grande leçon qui nous réconcilie avec l’ouvrage.  Les interventions des chœurs sont toujours bienvenues, y compris dans l’ajout a cappella , avec parapluies multicolores, durant l’orage orchestral, dont l’illustration visuelle n’est pas moins bonne. Les ensembles sont réglés avec soin et les finales de chacun des actes sont d’excellents moments, où on oublie les faiblesses de tel ou de tel.</p>
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		<title>Il viaggio a Reims</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/il-viaggio-a-reims-a-meme-de-soutenir-des-comparaisons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Sep 2016 05:35:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2014, nous avions écrit que le Viaggio a Reims donné en concert à Bad Wildbad valait le voyage. L’enregistrement réalisé alors reflèterait-il ce qui avait suscité notre enthousiasme, ou les micros révèleraient-ils crûment des imperfections passées inaperçues à la faveur de l’emprise exercée sur nous par l’exécution en direct ? Fort heureusement cette crainte est &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2014, nous avions écrit que le <em>Viaggio a Reims </em>donné en concert à Bad Wildbad valait le voyage. L’enregistrement réalisé alors reflèterait-il ce qui avait suscité notre enthousiasme, ou les micros révèleraient-ils crûment des imperfections passées inaperçues à la faveur de l’emprise exercée sur nous par l’exécution en direct ? Fort heureusement cette crainte est restée vaine pour l’essentiel et nous avons retrouvé à l’écoute les qualités qui nous avaient séduit. La prise de son est bonne, restituant assez fidèlement la localisation dans l’espace. Surtout, cet enregistrement permet d’apprécier encore mieux la direction d’<strong>Antonino Fogliani</strong>, qui s’installe ainsi au premier rang des grands rossiniens. Au concert, nous avions été emporté par une alacrité irrésistible. A l’écoute du disque, c’est l’intelligence et le raffinement de la direction qui nous subjuguent, dès l’introduction où le crescendo initial instille avec une subtilité insidieuse une tension qui capte l’auditeur et ne le lâchera plus. Très vite la maîtrise totale des variations sonores ou rythmiques s’impose ; elles sont gérées avec une musicalité exempte du moindre histrionisme et seront menées à bien jusqu’au bout de l’œuvre sans la plus petite bavure. Ainsi, bien que l’œuvre soit avant tout une suite de numéros pour grands gosiers, Antonino Fogliani conserve à cet enchaînement une fluidité enchanteresse tout en soulignant à chaque occasion mais sans jamais peser l’ironie discrète du compositeur. Dans les querelles d’amoureux des ralentissements presque imperceptibles suggèrent un suspense : comment cela finira-t-il, ou créent un contexte cocasse quand les paroles annoncent une explosion imminente sur une musique qui ne cesse pas de la différer. La prise de son participe au plaisir que l’on prend à se laisser conduire ainsi quand elle révèle opportunément les cors moqueurs à l’évocation du bonheur des sujets de Charles X. On ne saurait trop souligner l’investissement des musiciens de l’ensemble <strong>Virtuosi  Brunensis</strong>, dont les plus exposés (flûte, harpe) s’acquittent avec bonheur de parties exigeant une grande virtuosité, et celui de<strong> Michele D’Elia</strong> au pianoforte, tout comme l&rsquo;ardeur ou la délicatesse des choristes conduits par <strong>Ania Michalak</strong>.</p>
<p>Le parti a été pris de ne pas en rajouter, comme l’avait fait Claudio Abbado lors de la recréation du <em>Viaggio a Reims </em>en 1984 en introduisant une trompette et la Marseillaise en écho narquois aux louanges à Charles X. Reto Müller, le distingué président de la Société Rossini allemande, précise dans le livret qui accompagne l’enregistrement les différences qui le séparent de ces prédécesseurs et en font le plus fidèle à l’édition critique publiée par la Fondation Rossini. La partition est donc expurgée des facéties instrumentales et l’improvisation finale de Corinna est donnée dans son intégralité.  Ce souci d’être au plus près de ce que l’on sait de l’œuvre n’est pas menacé par la distribution, qui réunit des voix capables d’affronter les écueils de l’écriture. Sans doute on peut relever çà et là quelque tension dans l’extrême aigu (Madama Cortese et Corinna), quelque esquive dans l’égrènement de la vocalise, quelque déficit dans l’accent qui affadit l’effet de la musique et aussi le comique (Corinna, La contessa di Folleville), mais ces limites ne sont pas rédhibitoires. Si la prise de son met en évidence ces imperfections elle révèle en revanche des qualités mal perçues en direct, comme le chant quasi-syncopé de <strong>Bogdan Mihaï</strong>, qui semble à chaque syllabe écouter l’effet produit par sa voix ductile et agile, incarnation parfaite du narcissique Belfiore. On perçoit encore mieux l’intelligence avec laquelle <strong>Mirco Palazzi </strong>fait un sort à chaque mot, et le soin qu’il apporte à orner la reprise de « Dell’alma diva », secondé par une direction d’orchestre qui épouse le chant. De même<strong> Alessandra Marianelli</strong> donne à entendre la sensualité de la sentimentale Madama Cortese et la voix de <strong>Sofia Mchedlishvili</strong> a bien la légèreté fondamentale de son personnage. Sans avoir un timbre des plus marquants <strong>Laura Giordano </strong>possède toute la technique nécessaire pour camper une Corinna d’une élégance convaincante. Un Don Profondo bien timbré (<strong>Bruno de Simone</strong>), un Trombonok attentif aux effets comiques (<strong>Bruno Pratico</strong>), un Alvaro macho comme il convient (<strong>Gezim Myshketa</strong>), même un Don Prudenzio remarquable de présence (<strong>Baurzhan Anderzhanov</strong>) sont autant d’atouts. Cartes majeures, le Libenskof de <strong>Maxim Mironov</strong>, dont l’enregistrement restitue la voix avec tout le corps qu’elle a pris en quelques années, centre et graves étoffés sans compromettre les aigus, et la Melibea de <strong>Marianna Pizzolato</strong>, dont la douceur insinuante ne néglige pourtant aucun accent, alliant force et souplesse en un nectar à la robe lumineuse. Leur duo est bien le moment enivrant dont nous avions gardé le souvenir, même si les auditeurs en seront réduits à imaginer les mimiques désopilantes qui l’accompagnaient. Mais d’autres moments sont aussi captivants, le duo Corinna-Belfiore, ou le sextuor du premier acte, qui réunit Libenskof et Alvaro, Profondo et Trombonok, Melibea et Cortese, dans un équilibre vocal et musical délectable. Aussi, les amoureux de Rossini ne devraient pas hésiter à placer ce <em>Viaggio a Reims </em>dans leur discothèque à côté d’enregistrements plus blasonnés, car il n’aurait pas à rougir du voisinage ! </p>
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		<title>ZINGARELLI, Giulietta e Romeo — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/giulietta-e-romeo-salzbourg-le-miracle-fagioli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 May 2016 06:25:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Prolifique auteur d&#8217;au moins 37 opéras et de 541 pièces de musique sacrée (dont 28 messes),  Niccolò Antonio Zingarelli est aujourd&#8217;hui totalement oublié alors que certaines de ses oeuvres connurent d&#8217;immenses succès auprès du public. Né quatre ans avant Mozart, et mort après la retraite musicale de Rossini, le compositeur napolitain, attaché à ces formes anciennes, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Prolifique auteur d&rsquo;au moins 37 opéras et de 541 pièces de musique sacrée (dont 28 messes),  Niccolò Antonio Zingarelli est aujourd&rsquo;hui totalement oublié alors que certaines de ses oeuvres connurent d&rsquo;immenses succès auprès du public. Né quatre ans avant Mozart, et mort après la retraite musicale de Rossini, le compositeur napolitain, attaché à ces formes anciennes, fut finalement considéré comme vieillot par ses contemporains, mais c&rsquo;est oublier un peu vite son réel apport musical. Son <em style="line-height: 1.5">Giulietta e Romeo, </em>aujourd&rsquo;hui considéré comme l&rsquo;un des ses meilleurs ouvrages, reste musicalement typique de l&rsquo;<em>opera seria</em>, mais innove en abandonnant les héros de l&rsquo;Antiquité pour des personnages plus humains, plus proches des attentes du public de la fin du XVIIIe siècle. De l&rsquo;<em>opera seria</em>, il garde la typologie vocale avec de grands airs pour castrats, ténors, sopranos, mais offre aussi des duos plus intimes, des ensembles plus vrais. L&rsquo;œuvre ouvre en fait la porte à des ouvrages à venir, comme <em>I Capuleti e i Montecchi </em>de Vincenzo Bellini (le compositeur sicilien étudiera d&rsquo;ailleurs auprès de Zingarelli). Créé en 1796 à la Scala de Milan, l&rsquo;opéra se maintint au répertoire jusqu&rsquo;en 1829, chaque reprise s&rsquo;accompagnant d&rsquo;ajouts, de modifications ou d&rsquo;adaptation : le rôle de Romeo, créé par le castrat Girolamo Crescentini, fut même interprété par le soprano Giuditta Pasta !  La version proposée ici revient à l&rsquo;original de 1796, mais en intégrant tout de même des ajouts : la nouvelle version de l&rsquo;aria « Ombra adorata, aspetta » composée pour une reprise à Regio Emilia &#8230; par son interprète Girolamo Crescentini (le morceau eut un immense succès, au grand désespoir de Zingarelli !), la cavatine de Romeo  « Che vago sembiante » et le duo des amants  « Dunque mio bene ». Les récitatifs sont par contre légèrement écourtés.</p>
<p>L&rsquo;intrigue ne s&rsquo;inspire pas de la source shakespearienne et se déroule rapidement. Everardo Cappellio va marier sa fille à Teobaldo ce même jour. Romeo, du clan ennemi des Montaigu, se mèle à la fête et les deux jeunes gens tombent amoureux l&rsquo;un de l&rsquo;autre au premier regard, leur agitation étant remarquée mais non comprise immédiatement par les Capulet. Everardo confie ses doutes à Gilberto qui, ami de Romeo, souhaite la réconciliation des deux familles. Gilberto aide Romeo à rejoindre Giulietta et, après quelques hésitations, les deux jeunes gens se promettent un amour éternel sous le regard complice de la nourrice Matilde. Everardo veut imposer un mariage immédiat et, devant les réticences de sa fille, soupçonne de plus en plus une liaison avec Romeo. A l&rsquo;extérieur, Capulet et Montaigu s&rsquo;affrontent. Romeo tente de calmer les belligérants, mais il est provoqué par Teobaldo qu&rsquo;il tue. En vain esssaie-t-il de se justifier auprès d&rsquo;Everardo. A l&rsquo;acte II, Gilberto plaide sans succès la cause de Romeo auprès d&rsquo;Everardo. Le jeune homme tente lui-même inutilement de le convaincre. Gilberto propose à Romeo d&rsquo;épouser Giulietta secrêtement le soir-même, mais le temps manque. Les amants se promettent le mariage. Everardo ayant décider d&rsquo;enfermer sa fille dans un couvent, Gilberto fait boire à Giulietta un poison qui lui donnera l&rsquo;apparence de la mort. La jeune fille boit la potion devant son père et s&rsquo;écroule au désespoir de celui-ci. Au dernier acte, Romeo, qui n&rsquo;a pas reçu le message de Gilberto l&rsquo;avertissant de la supercherie, s&#8217;empoisonne sur la tombe de Giulietta. Quand celle-ci se réveille, il est trop tard et après un dernier duo, Romeo meurt. Giulietta appelle Gilberto, Everardo, Matilde et, devant toute l&rsquo;assemblée, annonce qu&rsquo;elle suivra son amant dans la mort. elle tombe inanimée.</p>
<p>La distribution est dominée par l&rsquo;exceptionnel Romeo de <strong>Franco Fagioli</strong>. Le timbre est magnifique, la virtuosité inégalée, la coloration variée, mais c&rsquo;est surtout par l&rsquo;expressivité de son chant que le contre-ténor argentin achève de nous conquérir, exactement comme <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/orfeo-ed-euridice-une-nouvelle-grande-reference">dans sa composition d&rsquo;Orfeo</a>. A peine regrette-t-on des variations un peu sages dans l&rsquo;air final composé par Crescentini. La Giulietta d&rsquo;<strong>Ann</strong> <strong>Hallenberg </strong>est également au sommet, d&rsquo;autant que son timbre se marie magnifiquement avec celui de Fagioli dans les duos. La voix est souple, la technique assurée, les coloratures exécutées avec brio, et dramatiquement la mezzo-soprano sait elle aussi rendre palpable toute la gamme d&rsquo;émotions de la jeune fille jusqu&rsquo;à une scène finale déchirante. Pour rendre pleinement justice au rôle d&rsquo;Everardo, il aurait fallu un ténor de la trempe de Rockwell Blake. Dans ce rôle assez éprouvant, le jeune <strong>Bo</strong><strong style="line-height: 1.5">gdan Mihai</strong> fait néanmoins mieux que de tirer son épingle du jeu, avec des vocalises bien exécutées, des aigus assurés mais pas assez brillants en raison d&rsquo;une technique plutôt mozartienne. La voix manque également un peu de puissance, mais l&rsquo;artiste est sympathique et il sera intéressant de suivre son évolution. Après Blake, c&rsquo;est à Merritt qu&rsquo;on songe pour Teobaldo, mais <strong>Juan Sancho</strong> assure lui aussi l&rsquo;essentiel, avec un timbre plus ensoleillé que celui de son confrère. La voix de <strong>Xavier Sabata</strong> a un peu de mal à se faire entendre dans le rôle trop grave Gilberto. <strong>Irini Karaianni</strong> est une Matilde surprenante, offrant un chant magnifique et racé dans son unique air.</p>
<p>L&rsquo;orchestre et les choeurs <strong>Armonia Atenea</strong> sont techniquement impeccables, mais la direction musicale de <strong>George Petrou</strong> manque un peu de folie, de liberté, semblant davantage suivre les chanteurs que les aider à se dépasser.</p>
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		<title>ROSSINI, Il viaggio a Reims — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-viaggio-a-reims-bad-wildbad-un-viaggio-a-reims-qui-valait-le-voyage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Jul 2014 21:23:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alessandro Baricco est surtout connu des lecteurs francophones comme romancier, depuis le succès énorme remporté par Soie en 1997. Pourtant sa formation musicale  lui donnait compétence pour signer en 1988 un essai Sul teatro musicale di Rossini et en 1992 un court texte, à l’occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur et de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alessandro Baricco est surtout connu des lecteurs francophones comme romancier, depuis le succès énorme remporté par <em>Soie </em>en 1997. Pourtant sa formation musicale  lui donnait compétence pour signer en 1988 un essai <em>Sul teatro musicale di Rossini </em>et en 1992 un court texte, à l’occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur et de la reprise à Pesaro du <em>Viaggio a Reims</em>, où il définissait  ainsi cette œuvre insolite : la grande carte de visite que Rossini, malicieusement, présente aux Parisiens. La formule a-t-elle inspiré, dans sa lapidaire évidence, la direction  d’<strong>Antonino</strong> <strong>Fogliani </strong>? Il y a des années que nous n’avions entendu un <em>Viaggio </em>aussi gorgé de vie, aussi animé, aussi tonique ! Dès l’introduction  l’intention est perceptible, dans la force des accents et l’éloquence de l’articulation, dont la variété rythmique et la fluidité coulant de source sont  la verve même et les grâces qu’un Rossini de 33 ans a résolu de déployer pour mettre Paris à ses pieds. Le chef fait resplendir cette parade dont la virtuosité superbement ostensible n’a pas le temps de peser tant elle court avec alacrité. L’impression est immédiate, l’hésitation n’est pas de mise, on entend bien une œuvre éblouissante, autant dans l’écriture pour les voix que dans leurs appariements, et cette lecture en multiplie les délices d’une façon si grisante qu’on regrette déjà qu’elle ait une fin.</p>
<p>Est-ce cette vie musicale qui nous rend plus attentif au texte ? Jamais nous n’avions perçu autant les impertinences dont il regorge, autant de pieds de nez que ces doubles sens polissons glissés au nez et à la barbe de la censure et de l’étiquette, et qui s’insèrent tout naturellement dans la définition à grands traits des personnages ! Cette redécouverte est d’ailleurs littérale puisque la version exécutée est l’intégrale de l’édition de la fondation Rossini établie par Janet Johnson. On n’entend donc pas l’espiègle greffon de la Marseillaise voulu par Claudio Abbado et repris encore aujourd’hui à Pesaro, mais en revanche on entend des passages qu’on n’y exécute pas et même on y voit la mystérieuse Delia qui fit naguère l’objet d’une thèse pour le moins farfelue. Autant de plaisirs qui auraient été impossibles si les musiciens et les chanteurs avaient failli. Les premiers, de l’orchestre quasiment attitré à Bad Wildbad, les Virtuosi Brunenses, semblent d’année en année devenir meilleurs, à la fois plus sûrs et plus libres, et les instruments les plus en évidence ici, comme la flûte, la harpe et le pianoforte sont servis avec brio.</p>
<p>Pour les chanteurs, Rossini eut à sa disposition les meilleurs de son temps, ce qui rend ardue la distribution des rôles. La qualité de celle réunie à Bad Wildbad en dit long sur l’ambition du festival, pourtant contraint de composer avec des moyens financiers précaires. Elle allie des interprètes confirmés, pour certains rossiniens réputés, et des élèves de l’académie de chant conduite par Raul Gimenez. Ces derniers assument fort bien les utilités. A <strong>Sophia Mchedlischvili</strong> qui fut l’un d’eux naguère et est aujourd’hui à l’Académie de La Scala, échoit la frivole comtesse de Folleville. C’est avec joie que nous retrouvons une voix manifestement devenue plus ronde, plus charnue et plus homogène dans la première partie de l’air où le personnage se lamente, parodiant les opera seria ; mais dans la deuxième partie, où l’exaltation accompagne le contentement et se manifeste par mainte fusée, les aigus se font métalliques comme en 2011, trahissant un effort qui nous semble inutile et une méthode inchangée, ce qui n’a rien de rassurant. Jeune dans le métier, <strong>Gezim Myshketa</strong> est un sonore Don Alvaro mais certains sons en arrière et un aigu final étranglé signalent des ajustements nécessaires. Aussi jeune, sinon plus,  <strong>Bogdan Mihai</strong>, qui après Dorvil au TCE. le mois dernier campe ici un Belfiore séduisant à souhait, d’un physique avenant et d’une voix aussi caressante que souple. Dans la scène où le fat semble sûr que Corinne va lui tomber dans les bras il démontre un talent d’acteur très prometteur. Autre jeune, même si déjà chevronné, l’excellent <strong>Maxim Mironov</strong> interprète Libenskof avec une voix toujours plus homogène, une sûreté vocale, une élégance et une classe qui culminent dans le duo avec Melibea. <strong>Marianna Pizzolato</strong> lui donne une réplique irréprochable sur le plan vocal, et désopilante sur le plan théâtral, par un jeu facial d’une sobriété éloquente et d’une irrésistible drôlerie. C’est si beau qu’on a les yeux humides tant le mariage de leurs deux voix et l’art avec lequel ils les conduisent servent le génie de Rossini. Sans être aussi parfait le couple Lord Sidney – Corinna n’en est pas moins délectable. <strong>Mirco Palazzi</strong> prête au premier une voix qui semble à chaque fois qu’on l’entend avoir gagné en profondeur et en puissance, et il rend palpable la gaucherie du personnage tout en réglant leur compte aux vocalises qui expriment son désarroi. <strong>Laura Giordano</strong> prête sa grâce vocale et physique à la poétesse, et sans quelques tensions perceptibles à l’extrême aigu dans l’improvisation finale ce serait pour elle aussi un parcours sans faute, agrémenté par un talent de comédienne évident dans le duo avec Belfiore. Madama Cortese a rarement été aussi accorte, <strong>Alessandra Marianelli</strong> lui prêtant son sex appeal ; dommage que la tension sur les aigus extrêmes se perçoive aussi çà et là. A noter le mariage exquis de son timbre avec celui de Laura Giordano. Restent les vétérans, <strong>Bruno de Simone</strong> pour Don Profondo et <strong>Bruno Pratico </strong>pour Trombonok. L’un et l’autre ont une expérience qui leur permet de tirer leur épingle du jeu et de contrôler habilement leur  souffle, et comme ils connaissent leur Rossini et que leur savoir-faire comique est manifestement très apprécié ici,  ils recueillent un beau succès. Donnée avec l’entracte devenu la règle après le Grand Morceau à 14 voix  l’œuvre souffre parfois de ne pas bénéficier d’un final aussi brillant. C’est donc tout le mérite des interprètes et d’abord surtout de celui qui a tenu le gouvernail que cette frustration possible, selon nos souvenirs, reste étrangère au bonheur que nous a donné ce concert et qu’il nous donne jusqu’à ses dernières notes. Ce <em>Viaggio a Reims</em>, comme il valait le voyage à Bad Wildbad !</p>
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