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	<title>Melody MOORE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Melody MOORE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BELLINI, Norma</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bellini-norma-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Sep 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connaît le fameux mot de Lili Lehmann, artiste aux moyens immenses, qui reconnaissait trouver plus faciles les trois Brünnhilde de la Tétralogie que Norma. Depuis près de deux siècles, le chef-d&#8217;œuvre de Bellini se dresse fièrement comme un défi lancé à ses interprètes. Impossible de ne pas évoquer le nom de Maria Callas, qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On connaît le fameux mot de Lili Lehmann, artiste aux moyens immenses, qui reconnaissait trouver plus faciles les trois Brünnhilde de la Tétralogie que <em>Norma</em>. Depuis près de deux siècles, le chef-d&rsquo;œuvre de Bellini se dresse fièrement comme un défi lancé à ses interprètes. Impossible de ne pas évoquer le nom de Maria Callas, qui a chanté le rôle-titre de 1948 à 1965, le marquant <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">d&rsquo;une empreinte indélébile</a>, tant elle parvenait à y unir la grammaire belcantiste la plus orthodoxe avec un sens de la tragédie et des raucités qui donnent encore le frisson aux témoins qui ont eu la chance de la voir sur scène. Piotr Kaminski n&rsquo;y va pas par quatre chemins dans <em>1001 Opéras</em> : « Depuis que Leyla Gencer, Joan Sutherland, Montserrat Caballe et Renata Scotto, avec leurs lumières et leurs limites, quittèrent la scène,  le rôle et l&rsquo;opéra qui en portent le nom vivent d&rsquo;expédients en espérant un nouveau miracle. »</p>
<p><strong>Melody Moore</strong> ne craint pas d&rsquo;affronter toutes ces ombres tutélaires, et ses moyens lui donnent raison : le timbre est d&rsquo;une lumière admirable, avec une couleur et des irisations qui évoquent souvent l&rsquo;image de miel coulant sur un vieux tronc d&rsquo;arbre. C&rsquo;est admirable de beauté, tout en étant très personnel et immédiatement reconnaissable. La chanteuse déclare souvent en interview s&rsquo;inspirer de Renata Tebaldi, et la filiation est en effet évidente, avec quelque chose de plus souple que chez l&rsquo;Italienne. Le volume est, au disque, tout à fait approprié, la diction soignée, les répliques sont tranchantes, la langue vécue de l&rsquo;intérieur. Tout au plus regrettera-t-on un passage vers les notes les plus aigües qui donne parfois l&rsquo;impression d&rsquo;un rétrécissement, voire d&rsquo;une dureté. Mais ce chant qui devient alors plus forcé produit un effet dramatique de la plus belle eau. Comme cela correspond chaque fois à des climax, comme à la fin de l&rsquo;acte I, on constatera que l&rsquo;artiste est d&rsquo;une intelligence supérieure, puisqu&rsquo;elle fait de ses limites un atout. Bien plus que « l&rsquo;expédient » décrit par Piotr Kaminski, Melody Moore prend place dans une succession prestigieuse sans rougir.</p>
<p>Le coffret a d&rsquo;autant plus de légitimité que le reste de la distribution a fait l&rsquo;objet d&rsquo;un soin tout particulier. Commençons par le Pollione de <strong>Stefan Pop</strong>. A condition d&rsquo;oublier John Osborn ou Michael Spyres, et la tendance de notre époque à confier le rôle à des artistes tout en douceur et nuances, on pourra se laisser séduire par le chant héroïque de Pop, et la santé éclatante qu&rsquo;il met dans chacune de ses interventions. On est loin du « tenor di grazia » hérité de Rossini, mais quelle allure, quelle vaillance, quelle belle façon de rééquilibrer une oeuvre qui a souvent tendance à pencher davantage du côté féminin. Après tout, Callas elle-même n&rsquo;avait-elle pas pour Pollione un certain Franco Corelli, peu connu pour sa tiédeur ? <strong>Adam Lau</strong> offre un Oroveso dans le même style : granitique, voire rocailleux, il est ici plus prêtre que père, mais l&rsquo;ampleur des moyens est impressionnante. Comme cela a souvent été le cas jusqu&rsquo;à la fin des années 70, le choix a été fait de confier Adalgisa à une mezzo-soprano. C&rsquo;est la jeune Roumaine <strong>Roxana Constantinescu</strong> qui a pour tâche délicate de donner la réplique à Melody Moore dans les fameux duos. On apprécie l&rsquo;engagement de l&rsquo;artiste, sa rage de vaincre les difficultés du rôle et la jeunesse de ton qu&rsquo;elle exhale en permanence. Mais le timbre n&rsquo;est pas des plus séduisants, surtout dans le registre supérieur, et il se marie assez mal avec la voix ô combien « crémeuse » de Melody Moore.</p>
<p>Après sa très belle Aïda en Suède cet été, <strong>Pier Giorgio Morandi</strong> confirme ses qualités de chef lyrique : un vrai sens du théâtre, une battue claire au service des chanteurs, un instinct quasi infaillible pour savoir quand il faut retenir l&rsquo;orchestre ou lui laisser plus d&rsquo;espace. On ne sait qu&rsquo;admirer le plus, des introductions pleines de mystère et d&rsquo;atmosphère aux longues cantilènes rendues avec un sens du phrasé qui est proprement enivrant, sans parler des ensembles plus dramatiques, pleins de feux. Le finale de l&rsquo;acte I est ébouriffant, avec une gestion des équilibres et des tempi proche de l&rsquo;idéal. Très flatté par une prise de son studio qui est comme une radiographie, <strong>l&rsquo;Orchestre philharmonique de Transylvanie</strong> est engagé du premier au dernier pupitre, et il semble rompu à un répertoire qui reste étranger à tant d&rsquo;autres, même parfois au sein de nos maisons d&rsquo;opéra. Le C<strong>hoeur de Transylvanie</strong> est excellent, Clotilde (<strong>Noemi Modra</strong>) et Flavio (<strong>Eusebiu Hutan</strong>) n&rsquo;appellent que des éloges, bref, même si Callas ou Sutherland ne sont pas détrônées, l&rsquo;admirateur de Bellini trouvera ici largement de quoi faire son miel. La comparaison avec la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bellini-norma/">tentative récente de Marina Rebeka</a> sera très instructive, au bénéfice de cet album-ci.</p>
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		<title>PUCCINI, Tosca</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/puccini-tosca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Dec 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tout commence pour le mieux. Carlo Montanaro fouette un Orchestre de la radio de Berlin tendu comme un corps d&#8217;athlète. Les trois accords initiaux claquent, puis le récit file avec une cursivité qui aurait sûrement ravi Puccini, qui ancre l&#8217;œuvre dans le 20e siècle (elle fut créée en janvier 1900), et que magnifie la prise &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tout commence pour le mieux. <strong>Carlo Montanaro</strong> fouette un <strong>Orchestre de la radio de Berlin</strong> tendu comme un corps d&rsquo;athlète. Les trois accords initiaux claquent, puis le récit file avec une cursivité qui aurait sûrement ravi Puccini, qui ancre l&rsquo;œuvre dans le 20e siècle (elle fut créée en janvier 1900), et que magnifie la prise de son des ingénieurs de Pentatone. Chacun des protagonistes est là, debout dans votre salon, avec une vérité et un réalisme saisissants. L&rsquo;Angelotti de <strong>Kevin Short</strong> frappe d&#8217;emblée : une vraie basse, aux graves abyssaux, qui impose une épaisseur, une vraisemblance bien rares dans un rôle qui n&rsquo;est dans beaucoup d&rsquo;enregistrements qu&rsquo;une apparition. La joie continue avec le sacristain <strong>d&rsquo;Alexander Köpeczi,</strong> qui trouve l&rsquo;exact équilibre entre componction et humour, et nous épargne les grimaces de barbons en fin de carrière. En voilà un qui donne sans crainte la réplique au ténor dans « Recondita armonia ».</p>
<p>Un ténor dont il faudra retenir le nom, si ce n&rsquo;est déjà fait : <strong>Stefan Pop</strong> nous gratifie d&rsquo;une émission vaillante et d&rsquo;un chant très droit. Le timbre n&rsquo;est pas des plus séduisants, mais ce chant soigné, presque aristocratique, peu marqué par le vibrato, touche par sa sincérité. On monte encore d&rsquo;un cran avec l&rsquo;arrivée de Tosca et le duo enflammé qui suit. <strong>Melody Moore</strong> a tout : le timbre crémeux (qui rappelle plus d&rsquo;une fois la Tebaldi, son idole), le vibrato dosé à merveille, l&rsquo;attention aux mots, la capacité à dessiner de longues lignes et à les colorer, la puissance, la fureur, le soupir et la pamoison&#8230; Porté sur les ailes de ce chant, on se prend à rêver que cette <em>Tosca</em> puisse être enfin LA <em>Tosca</em> des années 2000, celle qui succède à ses grandes devancières : Callas/De Sabata pour les années 50, Te Kanawa/Solti pour les années 80, et Freni/Sinopoli en 1992, dernière version qui aie marqué les esprits durablement. Ces trente années de disette puccinienne toucheraient-elles à leur terme ?</p>
<p>Hélas, Scarpia paraît, et tout s&rsquo;écroule. Non que <strong>Lester Lynch</strong> n&rsquo;ait des moyens conséquents. Pas question de nier l&rsquo;impact de cette voix. Et les beaux moments sont nombreux. Mais que ce timbre nous semble plébéien, sa couleur ingrate ! Est-ce vraiment un baron que nous découvrons ? Un familier de la famille royale ? Un politicien machiavélique ? Ou un modeste agent qui aurait commencé sa carrière comme tortionnaire ? Surtout, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">comme dans son récent Renato du <em>Bal masqué</em> de Verdi,</a> Lester Lynch échoue à varier les climats. Tout paraît débité sur le même ton revêche et menaçant, sans un iota de séduction. Cela convient dans les quelques passages où Scarpia se montre vraiment bestial (« Gia mi dicon venal », « Ha piu forte sapore »), mais tourne court dès qu&rsquo;il faut éclairer le personnage sous un autre angle.</p>
<p>Manquer d&rsquo;un Scarpia, dans toutes les dimensions du personnage, aide à mesurer l&rsquo;importance du rôle. Un exemple : à l&rsquo;acte II, juste après la séance de torture, lorsque Tosca et Cavaradossi sont brièvement réunis sous le regard haineux du préfet de police. Moore dispense à pleine main sa générosité vocale, Pop lance des « Vittoria! » à décorner les bœufs, mais Lynch patauge dans un chant bougon, ce qui plombe la scène et lui fait manquer son effet. Puccini a parait-il envisagé d&rsquo;intituler son opéra « Scarpia ». Ce coffret est la preuve par l&rsquo;absurde qu&rsquo;il avait raison. Il faut d&rsquo;ailleurs regretter que les actes II et III soient l&rsquo;objet d&rsquo;une certaine baisse de régime de la part du chef d&rsquo;orchestre. Disons plus précisément que son esthétique y trouve ses limites. A force de tout survoler (l&rsquo;opéra est expédié en 1h49, ce qui est presque un record), il passe à côté de certaines subtilités d&rsquo;écriture, qu&rsquo;un chef comme Giuseppe Sinopoli détaillait avec délectation.</p>
<p>Ainsi le lever de rideau de l&rsquo;acte III a fière allure, mais est-ce vraiment la peinture d&rsquo;un matin qui se lève sur Rome ? Tout cela manque de poésie, d&rsquo;abandon, de lyrisme, même si c&rsquo;est impeccablement mis en place et fichtrement cohérent, de la première à la dernière note. Au moment du bilan, le coffret est un peu celui des occasions manquées. mais pour son Cavaradossi éclatant, sa confirmation du premier rang de Melody Moore, sa direction haletante, cette <em>Tosca</em> mérite le détour.</p>
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		<item>
		<title>Madama Butterfly (Melody Moore)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/madama-butterfly-melody-moore-demi-teinte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Rousseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Jan 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand surgit une nouvelle version – de studio – d&#8217;un opéra du répertoire, on se dit que : 1. l&#8217;éditeur est courageux  2. qu&#8217;elle peut enrichir la discographie de l&#8217;œuvre. Le problème, s&#8217;agissant de Madame Butterfly , c&#8217;est que l&#8217;ouvrage a été particulièrement bien servi au disque : deux fois Karajan avec Callas et Freni, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand surgit une nouvelle version – de studio – d&rsquo;un opéra du répertoire, on se dit que :</p>
<p>1. l&rsquo;éditeur est courageux </p>
<p>2. qu&rsquo;elle peut enrichir la discographie de l&rsquo;œuvre.</p>
<p>Le problème, s&rsquo;agissant de <em>Madame Butterfly</em> , c&rsquo;est que l&rsquo;ouvrage a été particulièrement bien servi au disque : deux fois Karajan avec Callas et Freni, Pappano avec Angela Gheorghiu et Jonas Kaufmann, mais aussi Barbirolli (Scotto), Serafin (Tebaldi), Santini (Los Angeles)&#8230; et quelques ténors de premier plan.</p>
<p>A priori la nouvelle venue ne présente pas un casting qui soit de nature à bouleverser la discographie. Mais l&rsquo;écoute peut réserver des surprises&#8230;</p>
<p><strong style="font-size: 14px">Un opéra de chef ?</strong></p>
<p>Kasper van Kooten signe – en anglais seulement – l&rsquo;excellent texte d&rsquo;introduction de ce nouvel enregistrement d&rsquo;un opéra qu&rsquo;il décrit comme « le plus cohérent et le plus symphonique de Puccini »<em>.</em></p>
<p>Est-ce à dire que <em>Butterfly</em> est d&rsquo;abord un opéra de chef ?  A l&rsquo;évidence l&rsquo;orchestre de Puccini exige de grands maîtres de l&rsquo;orchestre autant que de la scène. Au même titre que les rôles principaux, le chef signe une version. </p>
<p>A commencer par l&rsquo;ébouriffante introduction orchestrale. Cette nouvelle version, de ce point de vue, commence plutôt mal. Une direction poussive, un orchestre – celui de la fondation Gulbenkian de Lisbonne – à la peine, et une prise de son de boîte à chaussure tellement détaillée qu&rsquo;elle ne flatte guère l&rsquo;orchestre portugais et ses cordes rèches.</p>
<p>Le label Pentatone avait déjà confié un Puccini, nettement moins exposé, <em>La fille du Far West,</em> au chef américain <strong>Lawrence Foster</strong>, 81 ans, qui après une longue carrière symphonique qui n&rsquo;a pas marqué les mémoires, a dirigé plusieurs productions lyriques ces dernières années. </p>
<p><strong>Une Butterfly en demi-teinte</strong></p>
<p>L&rsquo;attrait principal de cette version est la soprano américaine <strong>Melody Moore</strong>, qui se révèle une voix idéale pour Puccini et une interprète qui habite toutes les facettes du rôle de Cio-Cio-San. Bien que la voix soit trop mature pour vraiment suggérer une adolescente dans le premier acte, elle  est à son meilleur dans l&rsquo;acte 2 où le désespoir et l&rsquo;espoir se mêlent si cruellement, même si elle semble demeurer toujours en deça des grands climax : son « Un bel dì » reste un peu terre-à-terre alors que sa scène de suicide n&rsquo;est pas aussi bouleversante qu&rsquo;elle devrait l&rsquo;être.</p>
<p>Cette sorte de relative neutralité tient à la direction prudente, trop prudente, de Lawrence Foster, qui  soutient les chanteurs en se refusant à  attiser le drame ou en épouser les ressorts émotionnels : le duo de l&rsquo;acte 1 manque de flux et de reflux et, finalement, de passion. La prise de son propre et clinique, avec les voix placées trop en avant, ne contribue pas non plus à la nécessaire fusion voix/orchestre.</p>
<p><strong>Pinkerton etc.</strong></p>
<p style="font-size: 14px">Le Pinkerton de <strong>Stefano Secco</strong> est solide et fiable mais c&rsquo;est une voix plutôt sèche, sans mauvais jeu de mots,  qui souffre de l&rsquo;inévitable comparaison avec ses illustres prédécesseurs au disque (Pavarotti, Björling, Kaufmann&#8230;). <strong>Lester Lynch</strong> est un Sharpless gentil mais cotonneux, <strong>Elisabeth Kulman</strong> est une Suzuki idéale, dévouée et émouvante. Le reste du casting est tout à fait honorable.</p>
<p>Cette nouvelle version n&rsquo;est donc pas près de détrôner les piliers de la discographie de Madame Butterfly, en tout premier lieu pour nous Karajan, les somptuosités du philharmonique de Vienne, et son duo de stars Freni et Pavarotti (Decca), et juste après Pappano, Gheorghiu et Kaufmann et la chaleur des musiciens romains de l&rsquo;Accademia Santa Cecilia (Warner)</p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/sarastro-est-un-macho/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jun 2013 21:25:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Cette production de la Flûte Enchantée qui avait surpris et convaincu lors de sa création en 2010 (voir la recension de Christophe Rizoud) n’a rien perdu de sa magie. Laura Scozzi a certes pris bien des libertés avec le livret original (notamment dans les dialogues parlés qui ont subi un sérieux ravalement de façade), &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Cette production de la <em>Flûte Enchantée</em> qui avait surpris et convaincu lors de sa création en 2010 (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=1472&amp;cntnt01returnid=54">la recension de Christophe Rizoud</a>) n’a rien perdu de sa magie. <strong>Laura Scozzi </strong>a certes pris bien des libertés avec le livret original (notamment dans les dialogues parlés qui ont subi un sérieux ravalement de façade), mais quand le propos est cohérent et la réalisation soignée &#8211; et surtout drôle &#8211; comment ne pas rendre les armes ?</p>
<p><em>La Flûte Enchantée </em>devient ici un combat des sexes dans lequel les femmes (au premier rang desquelles la Reine de la Nuit) tentent de rééquilibrer un monde résolument machiste : ces dernières triment pendant que les hommes discutent et se divertissent au club présidé par Sarastro. Elles y parviendront semble-t-il, la dernière scène montrant la Reine de la Nuit, finalement réconciliée avec Sarastro, partir en vacances avec ses drôles de dames sous le soleil de l’Egypte, tandis que le grand prêtre d’Isis et Osiris reste, s’occupant du barbecue pour nourrir son petit monde.</p>
<p>			L’idée de situer l’action dans les cimes enneigées (« entre vallées et montagnes » comme l’indiquent les trois dames) trouve une certaine cohérence dans cette œuvre d’initiation : le but est d’atteindre la sagesse, symbolisée par le repaire de Sarastro au sommet de la montagne (sorte de nid d’aigle moderniste). Elle permet surtout, dans les superbes décors signés <strong>Natacha Le Guen de Kerneizon</strong>, des gags sans cesse renouvelés (Papageno et Pamina fuient en luge, les 3 garçons viennent chercher Tamino en tire-fesse avant de sauver Pamina à bord d’un hélicoptère…) sans que l’œuvre (qui en a vu d’autres !) ne souffre trop.</p>
<p>			La série de représentations voit alterner deux distributions différentes, notamment pour les rôles de Tamino, Pamina, Papageno et la Reine de la Nuit. Pour cette matinée c’est l’équipe B qui est sur scène. <br />
			   </p>
<p>			Les dames nous offrent des sentiments des plus contrastés. Sur les sommets trône la Reine de la Nuit d’<strong>Olga Pudova</strong>. Ce n’est pas tant la vocalise (impeccable) ou les suraigus (d’une grande sûreté) qui marquent, mais plus la couleur inhabituelle de la voix. On est ici aux antipodes de la soprano légérissime que l’on nous sert trop souvent dans le rôle. Timbre inhabituellement corsé et émission plutôt droite, cette Reine-là a un caractère bien trempé ! A l’inverse, la Pamina de <strong>Melody Moore</strong>, trop terrienne, ne décolle pas. La voix est solide et puissante, le medium charnu, mais le haut de la tessiture manque de limpidité et de liberté. L’air « Ach, ich fühl’s » révèle par ailleurs un déficit de souplesse. Par ailleurs, avec des dames sexy et survoltées (qui sont, pour l’essentiel, les mêmes qu’en 2010, <strong>Eve Christophe-Fontana </strong>et <strong>Caroline Fèvre</strong> ayant été rejointes <strong>Gaëlle Mallada</strong>) et une Papagena (<strong>Laure Crumière</strong>) pleine de peps, le beau sexe fait mieux que se défendre.</p>
<p>			Face à elles, les deux compagnons d’aventure, Tamino et Papageno, sont bien appariés. <strong>Florian Sempey </strong>offre à l’oiseleur son baryton sombre et sonore et l’acteur bonhomme ne fait qu’une bouchée de ce rôle toujours payant. Si le « Dies Bildnis ist bezaubernd schön » trouve <strong>Julien Behr</strong> un peu fébrile, le jeune ténor démontre rapidement par son engagement et ses nuances que Tamino lui convient parfaitement. On applaudit également le Monostatos bien chantant de <strong>Cyril Auvity</strong>.</p>
<p>			W<strong>enwei Zhang</strong> a, lui, toutes les notes de Sarastro, Le personnage ne prend pourtant jamais vie. On pourrait incriminer la direction de<strong> Jurjen Hempel</strong> aux tempi parfois précipités qui ne laisse pas respirer la musique, particulièrement dans les airs du grand prêtre (et qui créée parfois des décalages avec le plateau) mais ce n’est pas tout. Il manque à la basse chinoise un creux, une aisance dans le registre grave sans lesquels Sarastro perd d’une bonne partie de son aura.</p>
<p>			Pas de quoi cependant gâcher le plaisir du public, nullement engourdi par ce séjour en altitude, qui applaudit longuement l’ensemble des protagonistes à l’issue du spectacle.</p>
<p>			 </p>
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