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PUCCINI, Tosca

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CD
15 décembre 2023
Mais que fait la police ?

Note ForumOpera.com

4

Infos sur l’œuvre

Tosca
Melody Moore

Cavaradossi
Stefan Pop

Scarpia
Lester Lynch

Angelotti
Kevin Short

Il Sagrestano
Alexander Köpeczi

Sciarrone
Georg Streuber

Spoletta
Colin Judson

 

Chœur d’enfants du Deutsche Oper Berlin

Chœur de la radio de Berlin
Orchestre de la radio de Berlin

Direction musicale
Carlo Montanaro

 

2 CD Pentatone, PTC 5187 055, enregistrés à Berlin en avril 2022 – durée 1h49′

Détails

Opéra en trois actes
Musique de Giacomo Puccini sur un livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, d’après la pièce de Victorien Sardou, créé à Rome le 14 janvier 1900

Tout commence pour le mieux. Carlo Montanaro fouette un Orchestre de la radio de Berlin tendu comme un corps d’athlète. Les trois accords initiaux claquent, puis le récit file avec une cursivité qui aurait sûrement ravi Puccini, qui ancre l’œuvre dans le 20e siècle (elle fut créée en janvier 1900), et que magnifie la prise de son des ingénieurs de Pentatone. Chacun des protagonistes est là, debout dans votre salon, avec une vérité et un réalisme saisissants. L’Angelotti de Kevin Short frappe d’emblée : une vraie basse, aux graves abyssaux, qui impose une épaisseur, une vraisemblance bien rares dans un rôle qui n’est dans beaucoup d’enregistrements qu’une apparition. La joie continue avec le sacristain d’Alexander Köpeczi, qui trouve l’exact équilibre entre componction et humour, et nous épargne les grimaces de barbons en fin de carrière. En voilà un qui donne sans crainte la réplique au ténor dans « Recondita armonia ».

Un ténor dont il faudra retenir le nom, si ce n’est déjà fait : Stefan Pop nous gratifie d’une émission vaillante et d’un chant très droit. Le timbre n’est pas des plus séduisants, mais ce chant soigné, presque aristocratique, peu marqué par le vibrato, touche par sa sincérité. On monte encore d’un cran avec l’arrivée de Tosca et le duo enflammé qui suit. Melody Moore a tout : le timbre crémeux (qui rappelle plus d’une fois la Tebaldi, son idole), le vibrato dosé à merveille, l’attention aux mots, la capacité à dessiner de longues lignes et à les colorer, la puissance, la fureur, le soupir et la pamoison… Porté sur les ailes de ce chant, on se prend à rêver que cette Tosca puisse être enfin LA Tosca des années 2000, celle qui succède à ses grandes devancières : Callas/De Sabata pour les années 50, Te Kanawa/Solti pour les années 80, et Freni/Sinopoli en 1992, dernière version qui aie marqué les esprits durablement. Ces trente années de disette puccinienne toucheraient-elles à leur terme ?

Hélas, Scarpia paraît, et tout s’écroule. Non que Lester Lynch n’ait des moyens conséquents. Pas question de nier l’impact de cette voix. Et les beaux moments sont nombreux. Mais que ce timbre nous semble plébéien, sa couleur ingrate ! Est-ce vraiment un baron que nous découvrons ? Un familier de la famille royale ? Un politicien machiavélique ? Ou un modeste agent qui aurait commencé sa carrière comme tortionnaire ? Surtout, comme dans son récent Renato du Bal masqué de Verdi, Lester Lynch échoue à varier les climats. Tout paraît débité sur le même ton revêche et menaçant, sans un iota de séduction. Cela convient dans les quelques passages où Scarpia se montre vraiment bestial (« Gia mi dicon venal », « Ha piu forte sapore »), mais tourne court dès qu’il faut éclairer le personnage sous un autre angle.

Manquer d’un Scarpia, dans toutes les dimensions du personnage, aide à mesurer l’importance du rôle. Un exemple : à l’acte II, juste après la séance de torture, lorsque Tosca et Cavaradossi sont brièvement réunis sous le regard haineux du préfet de police. Moore dispense à pleine main sa générosité vocale, Pop lance des « Vittoria! » à décorner les bœufs, mais Lynch patauge dans un chant bougon, ce qui plombe la scène et lui fait manquer son effet. Puccini a parait-il envisagé d’intituler son opéra « Scarpia ». Ce coffret est la preuve par l’absurde qu’il avait raison. Il faut d’ailleurs regretter que les actes II et III soient l’objet d’une certaine baisse de régime de la part du chef d’orchestre. Disons plus précisément que son esthétique y trouve ses limites. A force de tout survoler (l’opéra est expédié en 1h49, ce qui est presque un record), il passe à côté de certaines subtilités d’écriture, qu’un chef comme Giuseppe Sinopoli détaillait avec délectation.

Ainsi le lever de rideau de l’acte III a fière allure, mais est-ce vraiment la peinture d’un matin qui se lève sur Rome ? Tout cela manque de poésie, d’abandon, de lyrisme, même si c’est impeccablement mis en place et fichtrement cohérent, de la première à la dernière note. Au moment du bilan, le coffret est un peu celui des occasions manquées. mais pour son Cavaradossi éclatant, sa confirmation du premier rang de Melody Moore, sa direction haletante, cette Tosca mérite le détour.

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