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	<title>Edward NELSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Edward NELSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Les Opera Awards disent oui à Bartleby de l&#8217;ORW-Liège</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Sep 2026 14:25:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le héros du « Je préférerais ne pas » n’a pas découragé le jury : Bartleby, l’opéra de Benoît Mernier créé en mai dernier à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, figure parmi les finalistes des International Opera Awards 2026 dans la catégorie « World Premiere », annonce la maison liégeoise. Commandé au compositeur belge, l’ouvrage adapte &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le héros du « Je préférerais ne pas » n’a pas découragé le jury : <em>Bartleby</em>, l’opéra de <strong>Benoît Mernier</strong> créé en mai dernier à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, figure parmi les finalistes des International Opera Awards 2026 dans la catégorie « World Premiere », annonce la maison liégeoise. Commandé au compositeur belge, l’ouvrage adapte la nouvelle d’<strong>Herman Melville</strong> sur un livret de notre confrère <strong>Sylvain Fort</strong>, dans une mise en scène de <strong>Vincent Boussard</strong>. <strong>Patrizia Ciofi</strong> en tenait le rôle central : celui de la notaire, le personnage masculin de <strong>Melville</strong> devenant ici une femme, confrontée à l’énigmatique refus du Bartleby d’<strong>Edward Nelson</strong>. Sous la direction de <strong>Karen Kamensek</strong>, la distribution réunissait également <strong>Damien Pass</strong>, <strong>Santiago Bürgi</strong>, <strong>Bruno Silva Resende</strong> et <strong>Gustave Harmegnies</strong>. Cette sélection offre une belle visibilité au retour de la création lyrique à Liège après près de trente ans d’interruption. Le verdict sera rendu le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://operaawards.org/news/vienna-calling-musiktheater-an-der-wien-to-host-the-2026-international-opera-awards/">21 novembre au Theater an der Wien</a>, lors d’une cérémonie retransmise en direct sur OperaVision. Toutes nos félicitations aux artisans de cette aventure.</p>
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		<title>MERNIER/POULENC, Bartleby/La Voix humaine &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mernier-poulenc-bartleby-la-voix-humaine-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a parfois, à l’opéra, des personnages qui ne font rien – souvent parce qu’ils ne peuvent rien faire –, mais autour desquels le monde s’affole : « j’ai quitté le monde et demeure seul en mon chant ». Il ne s’agit pas d’anti-héros, lesquels sont définis négativement par contraste avec un idéal épique, c’est-à-dire un idéal &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Il y a parfois, à l’opéra, des personnages qui ne font rien – souvent parce qu’ils ne peuvent rien faire –, mais autour desquels le monde s’affole : « j’ai quitté le monde et demeure seul en mon chant ». Il ne s’agit pas d’anti-héros, lesquels sont définis négativement par contraste avec un idéal épique, c’est-à-dire un idéal déjà hors du réel. Il s’agit plutôt d’une forme de <em>présence</em> <em>active</em>, de <em>pure présence</em>. Être là, c’est déjà exister et c’est faire exister. Être là, c’est <em>être</em>, pleinement. C’est cette présence pleine, et à la fois inquiétante que porte <em>Bartleby</em> : le monde s’affole d’une présence trop passive – non-ajustée. Ce n’est pas la perte de sens (une présence vide, sans visée) qui inquiète : le monde qui flotte autour du chanteur n’a lui-même aucun sens. La transposition de la nouvelle de Melville dans l’univers contemporain du travail (the Lawyer est d’ailleurs ici une femme) le rend remarquablement : Bartleby et les autres scribes copient des actes à la main, se perdent dans des pâtés d’encre. Il reproduisent vainement la réalité juridique, c’est-à-dire, à leur niveau, une réalité de papier. Si on ne peut enlever du sens au non-sens, l’inquiétude doit venir d’ailleurs.</p>
<p style="font-weight: 400;">La grande force de la transposition de la nouvelle de Melville à l’opéra, opérée par <strong>Sylvain Fort</strong> pour le livret et par <strong>Vincent Boussard </strong>pour la mise en scène, est d’avoir conservé les ambiguïtés du texte, ses silences, son absence totale de présupposés, tout en proposant une vision forte. À l&rsquo;opéra, il devient très clair que l’enjeu de l’intrigue n’est pas de se débarrasser d’un scribe encombrant mais de le sauver : physiquement, psychiquement et moralement. Dans sa prison, Bartleby flotte encore. Peut-être est-il déjà fou, peut-être est-il déjà mort. Cet abandon, c’est celui de l’humanité vis-à-vis d’elle-même : « Ah ! Bartleby ! Ah ! humanité ! ». L’inquiétude vient, au fond, d’une angoisse profonde, celle que l’introspection du solitaire (celle de Bartleby, mais peut-être davantage encore celle du Lawyer) permet : l’angoisse face à la mort prochaine, ultime solitude.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/E.-NELSON-©J-Berger_ORW-Liege-4-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-213592"/></figure>


<p style="font-weight: 400;">Séquencé en un prologue et dix tableaux, l’opéra de <strong>Benoît Mernier</strong> repose sur une partition qui emprunte à l’impressionnisme : l’attention aux couleurs y est extrême, certains tableaux musicaux y sont développés sans prendre la forme de « numéros », le son éclot, fleurit même, avant de revenir au silence. L’élan vital qui pousse à rejeter la présence pure de Bartleby trouve un écho rythmé en fosse, tandis que la fin, en quelque sorte messianique, est annoncée d’emblée par l’usage récurrent de jeux de cloches. L’ensemble est remarquablement servi par la direction de <strong>Karen Kamensek</strong> qui conjugue relief et phrasé et tire le meilleur parti d’un orchestre aux couleurs plus éclatantes qu’intimistes.</p>
<p style="font-weight: 400;">C’est bien un opéra que Benoît Mernier a composé, c’est-à-dire une œuvre lyrique : une œuvre où l’on chante. Cela n’allait pas de soi, s’agissant d’une pièce dont le rôle-titre ne dit, précisément, presque rien. Pour faire droit à la fois aux exigences du genre et au propos de la nouvelle de Melville, Fort et Mernier ont pris le parti d’inclure deux poèmes de Melville dans la partition, offrant deux scènes monologuées – sûrement les plus beaux moments de l’œuvre – où le Bartleby d’<strong>Edward Nelson</strong> dialogue comme avec lui-même. Le baryton incarne subtilement le rôle : vocalement, la présence est pleine, voire revendiquée ; scéniquement, il est toujours là, et comme déjà ailleurs. La voix est claire, parfois tranchante, et les intentions toujours justes. Le timbre se démarque nettement. En Lawyer, <strong>Patrizia Ciofi</strong> alterne entre un médium à peine voilé et des phrases qui se terminent dans un aigu merveilleusement ciselé. Alors que Nelson offre les sonorités d’une véritable langue anglaise, Ciofi interprète un anglais « international ». On ne sait si l’effet est recherché mais, sur le plan dramaturgique, c’est extrêmement cohérent. Les trois autres scribes, Turkey (<strong>Damien Pass</strong>), Nippers (<strong>Santiago Bürgi</strong>) et Ginger Nut (<strong>Gustave Harmegnies</strong>) sont à la fois navrants (c’est voulu bien sûr, et la nouvelle de Melville ne suggère pas autre chose) et désopilants. Sur le plan de la mécanique de l’œuvre, ils sont les rouages d’une dynamique scénique et vocale efficace, qu’ils servent admirablement. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/E.-NELSON-D.-PASS-S.-BURGI-©J-Berger_ORW-Liege-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-213587"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© J. Berger &#8211; ORW</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">Si <em>Bartleby</em> est une œuvre à part entière, le choix de la présenter avec <em>La Voix humaine</em> se comprend aisément : sur le plan de l’orchestration, les deux œuvres offrent des palettes comparables et Mernier s’autorise quelques « touches » de Poulenc (on pense évidemment à l’évocation du téléphone) – il savait bien sûr que son <em>Bartleby</em> serait présenté avant le monologue de Cocteau. Sur le plan des thématiques, la première œuvre aborde la solitude dans son mutisme, la second dans son excès vain de parole. Dans les deux cas, le lien avec le monde est rompu ou, du moins, fragile.  Karen Kamensek a une approche franche de la partition de Poulenc. Les cuivres et les bois sont abondamment sollicités et produisent un lyrisme à certains égards inattendu mais qui fonctionne très bien. <strong>Anna Caterina Antonacci </strong>est une Elle, sinon déjà folle, déjà irrémédiablement – et désormais inéluctablement – seule. C’est bien d’une explosion de parole qu’il s’agit ici et Antonacci use abondamment d’une forme de parler-chanter d’abord déroutant mais dramatiquement pertinent. Évidemment, Elle chante, et Elle chante merveilleusement. Le son est ample et chaleureux, la projection à la fois ronde et étirée et le désespoir n’est jamais pathétique.  Sur le plan de la mise en scène, la continuité avec <em>Bartleby</em> est suggérée mais pas forcée. Ici aussi, il y a une prise de position nette au regard des ambiguïtés du texte : après le meurtre de son amant, Elle s’observe.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/A.-C.-ANTONACCI-©J-Berger_ORW-Liege-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-213585"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© J. Berger &#8211; ORW</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">Une création, c’est évidemment beaucoup d’excitation. Après plus de trente ans, l’Opéra Royal de Wallonie-Liège renoue avec ce qui fait le sel de toute vie : plonger vers l’inconnu.   </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mernier-poulenc-bartleby-la-voix-humaine-liege/">MERNIER/POULENC, Bartleby/La Voix humaine &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>ROSSINI, La Cenerentola – Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-baden-baden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Des spectacles comme celui-là, on voudrait en voir plus souvent. Présentée comme une version de concert avec mise en espace et un ensemble de voix qui ne sont pas celles de superstars, cette Cenerentola s’est révélée, avec trois fois rien (en apparence), être une mise en scène éblouissante, tout simplement géniale ! Une réussite telle &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Des spectacles comme celui-là, on voudrait en voir plus souvent. Présentée comme une version de concert avec mise en espace et un ensemble de voix qui ne sont pas celles de superstars, cette <em>Cenerentola</em> s’est révélée, avec trois fois rien (en apparence), être une mise en scène éblouissante, tout simplement géniale ! Une réussite telle qu’on aurait souhaité voir dans la salle certains metteurs en scène chevronnés qui, d’une montagne de moyens et d’une débauche d’intentions fumeuses réussissent à accoucher de souris. Dans notre cas d’école, une simple citrouille, quelques canapés récupérés d’un autre décor bâlois, des jeux de lumière ingénieux, quelques lustres et beaucoup d’imagination (mais n’oublions pas l’ingrédient majeur, à savoir la complicité des artistes qu’on sent totale), le tout génère une poésie et une féerie absolues. Chapeaux bas ! Toute l’énergie, l’inventivité, la beauté des airs et l’intelligence de l’œuvre de Rossini se trouvent ici servis avec évidence et conviction. De quoi revigorer et combler un auditoire embrigadé dans un tourbillon de trois heures qui ont passé comme un éclair ou plutôt comme un feu d’artifice, qu’un coup de baguette magique aurait habillé des couleurs les plus chatoyantes. La mise en espace de <strong>Vincent Huguet</strong> est un enchantement, sa direction d’acteurs s’imposant comme une évidence ; on sent un travail d’équipe sain et productif, avec une mention spéciale pour le travail de <strong>Charles de Vilmorin</strong>, jeune créateur de mode dont on a pu récemment découvrir sa robe froissée dans le cadre de l’exposition « Louvre Couture », création qui sied comme un gant à Cendrillon triomphante, contrastant juste ce qu’il faut avec les autres vêtements, petites merveilles de révélateurs de sentiments des personnages qui les endossent.</p>
<p>Littéralement dopés par une battue énergique d’un chef qui semble se délecter comme jamais du festin qu’il a composé, tout le plateau est survitaminé et en pleine possession de ses moyens. Malgré la moue qui ne la quitte pas de la soirée, la mezzo <strong>Justyna Rapacz Ołów</strong> est une Thisbe plus supportable que de coutume et son timbre chaud n’a pas les acidités habituelles. Il en va de même pour sa sœur Clorinda, fièrement campée par la soprano <strong>Alice Rossi</strong> dont on apprécie l’art du faire-valoir. <strong>Adolfo Corrado</strong> offre à Alidoro une très belle voix de basse dont on goûte les délices de chacune de ses interventions. Le baryton <strong>Misha Kiria</strong> est au sommet de son art et se délecte manifestement beaucoup de ce Don Magnifico dont il expose avec gourmandise et une vis comique certaine toutes les facettes de son truculent personnage. Autre baryton d’exception, <strong>Edward Nelson</strong> est un Dandini de première classe, toujours légèrement en retrait de celui dont il joue temporairement le rôle, avec ironie et mordant. En vif contraste, le timbre clair et lumineux du ténor <strong>Levy Sekgapane </strong>fait merveille en prince Don Ramiro. Visiblement à l’aise, le jeune homme se montre généreux de bout en bout dans des vocalises vaillantes, acrobatiques et d’une insolente projection qui semble ne pas connaître de limites. Comment résister ? Et pour finir, le timbre particulièrement sombre de <strong>Maria Kataeva</strong> confère d’emblée gravité et sérieux à son personnage d’Angelina, une Cendrillon qui triomphe parce qu’elle choisit la bonté comme le veut Rossini, mais qui est avant tout une maîtresse femme suffisamment intelligente et patiente pour arriver à ses fins et ne pas se laisser marcher sur les pieds. La mezzo est impressionnante d’agilité, de maîtrise et de souplesse pour son instrument, à tel point que ses vocalises pyrotechniques semblent presque faciles et surtout très naturelles.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20251116_Aschenputtel_c-Michael-Bode-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-203708"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Michael Bode</sup></figcaption></figure>


<p>Cette belle distribution, homogène et à l’unisson, est encore magnifiée par les membres du <strong>Balthasar-Neumann-Chor</strong> qui, en plus, semblent s’amuser énormément, virevoltants et tourbillonnants, véritable sauce liant un met des plus raffinés. </p>
<p>À la tête du <strong>Balthasar-Neumann-Orchester</strong> dont on apprécie les sonorités de chaque instrument d’époque qui permet une écoute ciselée de ce chef-d’œuvre qu’on n’a pas souvent l’occasion d’entendre ainsi, <strong>Thomas Hengelbrock</strong> , bien qu&rsquo;il nous tourne le dos (jeu de mot facile, pardon, c&rsquo;est l&rsquo;enthousiasme&#8230;), ne cesse de sourire (on a du mal à se détourner de lui quand on croise des yeux les écrans de contrôle qui permettent de le voir diriger de face) et en profite pour imposer un rythme endiablé à son petit monde qui ne demande visiblement pas mieux. Les spectateurs n’en perdent évidemment pas une miette et ovationnent le spectacle. Magique et féerique, vraiment&#8230;</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Eine starke „Cenerentola“!" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/Uo87esRYZo8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p>La présentation du spectacle par Maria Kataeva/Cenerentola (en allemand) et Levy Sekgapane/Don Ramiro (en anglais).</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Don Ramiro: Wahrhaft verliebt" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/oCO47Rjkp3o?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>ROSSINI, La Cenerentola &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Oct 2023 06:32:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En même temps que la bonté, triomphe Marina Viotti sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées dans La Cenerentola jusqu’au 19 octobre. D’Angelina, rôle réputé pour sa virtuosité, la mezzo-soprano se joue avec une facilité déconcertante, comme si aligner les notes à une vitesse vertigineuse était simple promenade de santé, comme si les difficultés n’étaient &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En même temps que la bonté, triomphe <strong>Marina Viotti</strong> sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées dans <em>La Cenerentola </em>jusqu’au 19 octobre. D’Angelina, rôle réputé pour sa virtuosité, la mezzo-soprano se joue avec une facilité déconcertante, comme si aligner les notes à une vitesse vertigineuse était simple promenade de santé, comme si les difficultés n’étaient pas assez nombreuses qu’il faille encore rajouter des trilles et compliquer les cadences. Mais la vélocité n’est rien sans un peu d’expression. Marina Viotti possède la faculté, à laquelle se reconnaît un vrai chanteur rossinien, de donner un sens aux vocalises. Si l’on ajoute à ce portrait déjà avantageux, un timbre d’une étoffe rare, un large éventail de couleurs et une ligne égale dont le tracé n’est jamais appuyé mais au contraire toujours nuancé, on comprend l’ovation qui accueille son rondo final.</p>
<p>Moins compréhensibles nous ont semblé les huées réservées à <strong>Damiano Michieletto</strong> et son équipe. La mise en scène se contente de raconter l’histoire sans abuser de gags – tentation à laquelle cèdent de trop nombreuses productions dès qu’il s’agit de Rossini. Mieux, elle écoute la partition en veillant à synchroniser geste et musique. Que les ficelles de l’intrigue soient tirées par Alidoro dans une cantine puis dans un loft n’entrave pas la lisibilité du récit. Quelques trouvailles – que l’on ne décrira pas pour ne pas divulgâcher les représentations à venir – nous ont paru du meilleur effet. Les rires dans la salle en témoignent. Non, vraiment pas de quoi s’indigner, surtout en des temps comme les nôtres.</p>
<pre><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cenerentola2-1-1294x600.jpg" />La Cenerentola © Vincent Pontet</pre>
<p>Depuis le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/a-millesime-dexception-candidats-difficiles-a-departager-amsterdam-finale-de-la-34e-edition-de/">Belvedere à Amsterdam en 2015</a>, <strong>Levy Sekgapane</strong> a promené Ramiro dans les plus grands théâtres. A l’égal de sa partenaire, son contraltino se rit des cimes et des multiples pirouettes qu’il lui faut réaliser. Mais le timbre reste pincé et la voix fluette pour un rôle qui veut plus de corps dans le medium.</p>
<p>Autre chanteur familier de ce répertoire, <strong>Peter Kálmán</strong> détient toutes les clés d’un Don Magnifico affreux, sale et méchant, la maîtrise du chant syllabique n’étant pas la moindre. Est-il alors nécessaire de faire dans la surenchère ? Le recours fréquent au <em>parlato </em>et aux borborygmes n’ajoutent rien à une partition déjà montée sur ressort comique.</p>
<p>Plébiscité pour la puissance de sa voix et sa longueur de souffle, <strong>Alexandros Stavrakakis</strong> propose un Alidoro exotique débordé par les exigences stylistiques de son air, « Là del ciel nell’arcano profondo », que Rossini a taillé à la dimension d’un opéra <em>seria</em> avec des sons à enfler puis à diminuer et des roulades sur toute la gamme – ce dont se dispense la basse grecque faute de la technique adéquate.</p>
<p>Également hors style, <strong>Edward Nelson</strong> se débat avec l’écriture de Dandini, inconfortable il est vrai car à cheval entre <em>canto spianato</em> et <em>fiorito</em>, les deux mamelles d’un bel canto étranger à sa vocalité.</p>
<p><strong>Justyna Olow </strong>(Tisbe) et <strong>Alice Rossi</strong> (Clorinda privée de son air – qui n’a pas été composé par Rossini), sont vaniteuses, teigneuses et indissociables conformément à la tradition.</p>
<p>Le choeur – uniquement masculin – apporte un soutien sans faille à des ensembles dont la direction agitée de <strong>Thomas Hengelbrock</strong> floute les contours et brouille les lignes. Question de goût sans doute mais on avoue ne pas avoir apprécié plus que de raison cette lecture baroqueuse de <em>La Cenerentola</em>, certes rafraîchie, certes assumée par l’Orchestre Balthasar Neumann, mais inconstante, parfois trop lente, souvent trop rapide, comme s’il fallait que la musique de Rossini soit nécessairement endiablée pour faire son effet. C’est oublier l’ambiguïté d’une partition qui juxtapose à l’entrain une tendresse teintée de mélancolie.</p>
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		<item>
		<title>BLANCHARD, Champion &#8211; New-York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/blanchard-champion-new-york/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 May 2023 06:34:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’automne 2021, le deuxième ouvrage lyrique de Terence Blanchard, Fire shut up in my bones ouvrait la saison du Metropolitan Opera qui, à cette occasion, créait l’événement en mettant pour la première fois à l’affiche une partition écrite par un compositeur noir. Le succès fut tel que l’institution new-yorkaise a choisi de programmer cette &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’automne 2021, le deuxième ouvrage lyrique de Terence Blanchard, <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/comme-un-feu-devorant-renferme-dans-mes-os-new-york-en-direct-du-met-un-evenement-retentissant/">Fire shut up in my bones</a></em> ouvrait la saison du Metropolitan Opera qui, à cette occasion, créait l’événement en mettant pour la première fois à l’affiche une partition écrite par un compositeur noir. Le succès fut tel que l’institution new-yorkaise a choisi de programmer cette année le premier opéra de ce compositeur, <em>Champion</em>, créé à Saint-Louis voici une dizaine d’années. Le livret, signé <strong>Michael Cristofer</strong>, traite de la culpabilité et de la rédemption à travers la vie tourmentée d’Emile Griffith sacré champion du monde des poids welter en 1962 après un match à l’issue duquel son adversaire Benny « Kid&nbsp;» Paret, sombra dans le coma avant de mourir dix jours plus tard. Griffith ne se remettra jamais psychologiquement de ce combat. Il restera hanté pour le reste de ses jours par la mort de son adversaire qu’il avait mis KO à la suite d’une rafale d’uppercuts dont la violence avait pour origine les insultes homophobes que Paret lui avait lancées avant le match. Bien qu’il fût discret sur ce sujet, l’orientation sexuelle de Griffith était connue dans le milieu de la boxe. L’intrigue se présente sous forme de flashback comme celle de <em>Fire</em>. Au lever du rideau nous voyons Griffith âgé et confus, en proie à ses démons, dans l’appartement de Long Island qu’il partage avec son fils adoptif Luis. Puis l’action se déplace à Saint-Thomas, l’île natale du futur champion dans la mer des Caraïbes, où le jeune Griffith se prépare à rejoindre le continent pour y trouver du travail. Le tableau suivant nous conduit à New-York où il retrouve sa mère et se fait embaucher dans une usine à chapeaux dont le patron remarque sa carrure et le convainc de devenir boxeur. Ensuite nous voyons Griffith s’entraîner dans une salle de sport, boire un verre dans un bar gay peuplée de drag queens, dîner dans un club où il rencontre sa future épouse et finalement monter sur le ring pour affronter Paret. Le second acte nous montre l’ascension professionnelle de Griffith qui va de victoires en victoires, puis son déclin et enfin son agression à la sortie du bar gay. L’opéra s’achève sur la rencontre du vieux Griffith avec le fils de Paret devenu adulte à qui il demande de lui accorder son pardon. Après quoi l’ex-champion regagne sa chambre à coucher du premier acte.</p>
<p><strong>James Robinson</strong>, qui avait déjà mis en scène <em>Fire shut up in my bones</em> a créé un spectacle flamboyant grâce aux décors fastueux d’<strong>Allen Moyer</strong>, aux somptueux costumes de <strong>Montana Levi</strong> <strong>Blanco </strong>et aux vidéos pertinentes de <strong>Greg Emetaz</strong>.</p>
<p>Au modeste appartement de Griffith entouré d’immeubles sinistres, succède le carnaval coloré de Saint-Thomas puis une gare à New-York, l’usine à chapeaux de Howie Albert, la boîte de nuit bigarrée de Kathy Hagen et la salle dans laquelle l’entraînement des boxeurs donne lieu à un chorégraphie à la fois sportive et sensuelle signée <strong>Camille A. Brown</strong>. Le point culminant du premier acte est le combat entre Griffith et Paret, sur un ring placé au centre du plateau, au cours duquel chaque coup de poing est présenté comme une séquence de film avec un ralenti et un bref arrêt sur image. Pour cette scène, les deux protagonistes ont été entraînés par un coach. La direction d’acteur virtuose et précise s’inspire du cinéma, impression renforcée par la retransmission sur un grand écran.</p>
<p>La musique se présente comme un savant patchwork où se mêlent diverses influences, le jazz bien sûr, notamment dans la séquence de la boîte de nuit, quelques échos de rythmes caribéens, lors du carnaval et pour le premier air d’Emelda, la mère de Griffith, le tout ponctué de grandes envolées lyriques qui évoquent par moments les musiques de films des années 50. Airs, duos, trios, ensembles et chœurs captent durablement l’attention. Notons que le compositeur réunit par moment les divers interprètes de Griffith le temps d’un duo ou d’un trio. Parmi les airs les plus remarquables, mentionnons le second air d’Emelda accompagné par une contrebasse pincée, l’air poignant de Griffith jeune « When’s a man a man » ainsi que celui de Griffith enfant, interprété par le petit <strong>Ethan Joseph </strong>à la voix de soprano touchante et juste,&nbsp;qui tient au-dessus de sa tête un parpaing à bout de bras pour évoquer les maltraitances dont il a été l&rsquo;objet. La partition, moins aboutie que celle de <em>Fire shut up in my bones</em> a été remaniée et étoffée pour sa création au Met. Elle comporte ici ou là quelques redondances, le dénouement par exemple aurait gagné à être plus concis. Elle ne manque cependant pas d’attraits telle qu’elle est, comme en témoigne l’enthousiasme de la salle quasi comble du Met au rideau final.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Champion-9.-Ken-Howard-1280x600.jpg"></p>
<p>Comme à l’accoutumée, le Met a réuni une distribution sans faille y compris pour les nombreux rôles secondaires. Tous, en plus d’être d’excellents comédiens, ont le physique de leur emploi comme au cinéma. <strong>Edward Nelson</strong>, dont le timbre clair n’est pas dépourvu de séduction est parfait dans le rôle du jeune homme gay que Griffith rencontre furtivement dans un bar. <strong>Chauncey Packer</strong>, également ténor, incarne avec beaucoup de sensibilité le fils adoptif, affectueux et attentionné du boxeur âgé. Troisième ténor de la distribution, <strong>Paul Groves</strong> fait une composition étonnante en chef d’entreprise reconverti en manager. La voix, qui a tendance à plafonner dans le registre aigu, n’a rien perdu de son impact. Son passé de ténor mozartien lui permet de chanter son air avec un legato impeccable. Pour ses débuts au Met, <strong>Eric Greene</strong> se révèle convaincant dans le double rôle de Benny Paret père et fils. Arrogant dans la peau du premier qu’il incarne avec une voix claironnante, humble et respectueux face au vieux Griffith ensuite. Le temps d’un air mélancolique, <strong>Brittany Renee</strong> parvient à émouvoir avec son personnage d’épouse délaissée vouée à la solitude. <strong>Stéphanie Blythe</strong> est magistrale en tenancière de bar gay délibérément vulgaire. L’ampleur de ses moyens lui permet de couvrir sans difficulté le volume de l’orchestre lors de ses interventions. Son tempérament déchaîné et les répliques parfois graveleuses qui lui sont dévolues, déclenchent l’hilarité du public. <strong>Latonia Moore</strong> qui incarnait déjà la mère du héros dans <em>Fire shut up in my bones</em>, compose un personnage attachant jusque dans ses excès. Inconséquente et frivole lorsqu’elle rencontre son fils qu’elle ne reconnaît pas tout de suite, elle acquiert une certaine profondeur au fil de l’ouvrage qui s’exprime dans son second air où elle exprime toute la détresse qu’elle cachait en elle.</p>
<p>Enfin trois solistes incarnent Griffith à trois moments de sa vie. Nous avons déjà mentionné plus haut l’étonnante prestation d’<strong>Ethan Joseph </strong>pour Griffith enfant. C’est <strong>Eric Owens</strong> qui incarne avec beaucoup de sensibilité le champion au soir de sa vie. La basse américaine possède un timbre rocailleux et un registre grave solide qui lui permettent d’exceller dans cet emploi d’homme blessé dont la santé mentale vacille. Enfin <strong>Ryan Speedo Green</strong> qui a interprété jusque là des rôles secondaires sur la scène du Met, brûle littéralement les planches en incarnant avec justesse ce boxeur mal dans sa peau, hanté par la mort qu’il a causée, qui cherche désespérément la paix intérieure. Le timbre est velouté et la voix ne manque ni d’ampleur ni de projection comme en témoignait son superbe Kurwenal à l’Opéra Bastille en janvier dernier. De plus, doté d’un physique d’athlète, le baryton est parfaitement crédible sur le ring.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Champion-5.-Ken-Howard.jpg"></p>
<p>Vêtu d’un survêtement d’entraîneur sportif, <strong>Yannick Nézet Séguin</strong> dirige cette partition foisonnante avec une aisance et un sens du rythme adéquat. Il parvient à conférer une cohésion qui semble évidente aux divers courants musicaux qui parcourent la musique de Blanchard. Soulignons enfin l’excellence des chœurs préparés par <strong>Donald Palumbo</strong> dans leurs nombreuses interventions.</p>
<p>Le samedi 20 mai, le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live <em>Don</em> <em>Giovanni</em> avec Peter Mattei dans le rôle-titre.</p>
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		<title>GLASS, Orphée — Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/orphee-madrid-rafael-villalobos-simple-et-percutant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Sep 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vérifiée création après création, le cinéma et l’opéra contemporain entretiennent une relation privilégiée qui n’est pas sans poser problème. Aussi, cet Orphée de Philippe Glass, né en 1993 mais dont c’est la première en Espagne (la France tarde encore), n’échappe pas à la règle. D’autant que le compositeur américain n’a pas choisi n’importe quelle source &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vérifiée création après création, le cinéma et l’opéra contemporain entretiennent une relation privilégiée qui n’est pas sans poser problème. Aussi, cet <em>Orphée</em> de Philippe Glass, né en 1993 mais dont c’est la première en Espagne (la France tarde encore), n’échappe pas à la règle. D’autant que le compositeur américain n’a pas choisi n’importe quelle source cinématographique. Le surréalisme de Jean Cocteau d’un film de 1950 où Orphée traverse moins le Styx que les miroirs et où la mort n’a rien d’implacable mais s’avère un fonctionnaire de l’au-delà qui oublie quelque peu son rôle. Cocteau oblige, le personnage de Cégeste s’immisce en même temps que la Princesse (la Mort) dans la relation bourgeoise d’Orphée et Euridice. Cégeste c’est le jeune poète, Eros et Thanatos d’Orphée et bientôt sa Muse téléphonique cependant que le désir de mort du poète est bien plus charnel qu’une pulsion mortifère. Là où le film, à force de trucages, donnait à sentir le mythe et s’appuyait sur les codes du rêve pour amener au lieto fine, une scène d’opéra s’avère condamnée au réel, au concret.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/20220918_pablolorente_orphee_0763.jpg?itok=-CZ5iWZG" title="© Pablo Lorente" width="468" /><br />
	© Pablo Lorente</p>
<p>Cet obstacle majeur, <strong>Rafael Villalobos</strong> et son équipe technique le lève avec un choix judicieux à plusieurs égards. La scène est dépouillée, habillée seulement d’un éclairage qui souligne les ambiances et donne l’idée des topos de l’action (la maison d’Orphée, la voiture d’Heurtebise, la chambre de la Princesse ou l’autre monde et son tribunal). Une structure en métal supporte quelques écrans qui diffusent tour à tour du crachin de pixels ou des images des années 1980 et 1990, ancrant le récit dans l’Amérique de Glass plutôt que dans la France de Cocteau. Cet assemblage de métal et de lumière bascule de haut en bas et pivote pour devenir un élément scénique où Heurtebise mimera la conduite d&rsquo;une barque sur les eaux des Enfers, où les personnages se trouveront comme enfermés, en même temps que leurs contradictions les contraignent à l’inaction. Ce dépouillement conduit le metteur en scène andalou à abandonner un de ses travers principaux : vouloir trop en dire, vouloir trop en faire. Aucune référence ici, il suit le récit de Cocteau et les crescendo de la musique de Glass pour régler une direction d’acteurs fine et intense. Ce faisant il actualise, sans l’imposer, la figure du poète dessinée par Cocteau. S’il était ambigu mais encore apollinien dans les années 1950, le voici à présent croqué en magnat imbu et inconséquent. S’il défend son art et se soucie de sa postérité c’est par hybris, certainement pas par amour (l’art n’était qu’une arme pour l’Orphée antique dans sa quête de l’être aimé) ou même pour l’art lui-même, renvoyé à une commodité, à une radio qui débite des phrases sans queue ni tête. Cette conscience de la vacuité et de la vanité de l’artiste contemporain peut servir de leçon à bien des créateurs actuels.</p>
<p>En fosse, l’orchestre du Teatro Real investit la musique de Phillip Glass avec l’intensité requise dans chaque scène.<strong> Jordi Francés</strong> règle la palette de nuances avec délicatesse, accentuant et accélérant ce discours complexe de cellules musicales à l’envi, tout en se donnant le temps de soigner la joliesse voulue par la compositeur, notamment dans ses hommages à Gluck. Il ne parvient qu’à moitié à installer son plateau vocal dans un confort total, dans une salle peu adaptée, où le son sature vite et où les effets de réverbération complexifient beaucoup l’intelligibilité.</p>
<p>Pour autant, il est clair que le plateau aurait dû bénéficier d’un accompagnement linguistique plus poussé. Le français des chanteurs est inversement proportionnel à leur engagement scénique. A commencer par le Cégeste de <strong>Pablo García-López</strong>, élément perturbateur de la première scène rapidement sacrifié et transformé en poste radio ceint des lauriers de la gloire. Le ténor espagnol coule avec aisance dans un timbre de velours les accents de roquet du jeune premier et les litanies obscures de l’objet. Heurtebise forme un autre emploi de ténor, bien plus pathétique et servi avec une grande justesse et beaucoup d’humanité par <strong>Mikeldi Atxalandabaso</strong>. Orphée enfin trouve en <strong>Edward Nelson</strong> le feu et la folie nécessaires pour incarner tant la vocalité souhaitée par Glass que la proposition de Villalobos. Chez ces dames, <strong>Sylvia Schwartz</strong> parvient à faire exister une Euridice réduite aux utilités domestiques par le livret, même si le rôle enchaine quelques passages extrêmement tendus. Il en va de même pour <strong>Maria Rey-Joly</strong> qui ne fait qu’une bouchée des écarts et exigences du rôle pour incarner une Princesse à la fois effrayante et désirable.</p>
<p> </p>
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