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	<title>Tyler NELSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Tyler NELSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, L&#039;elisir d&#039;amore — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lelisir-damore-belle-ile-en-mer-un-sacre-coup-de-jeune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Aug 2017 06:18:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée à Malte en 2015, sous la direction musicale de Philip Walsh, cette joyeuse production du chef d’œuvre de Donizetti par Denise Mulholland, correspondait idéalement à ce que Belle-Île souhaitait présenter à la salle Arletty pour cette saison inscrite sous le signe de l’amour. Metteur-en-scène d’origine écossaise et chanteuse, formée à Londres, détentrice de nombreuses &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée à Malte en 2015, sous la direction musicale de <strong>Philip Walsh</strong>, cette joyeuse production du chef d’œuvre de Donizetti par <strong>Denise Mulholland</strong>, correspondait idéalement à ce que Belle-Île souhaitait présenter à la salle Arletty pour cette saison inscrite sous le signe de l’amour. Metteur-en-scène d’origine écossaise et chanteuse, formée à Londres, détentrice de nombreuses récompenses et riche d’une carrière internationale, Denise Mulholland est actuellement directrice du Théâtre national de la Jeunesse à Malte. Avec elle, le livret de Felice Romani inspiré de celui d’Eugène Scribe pour <em>Le Philtre</em> d’Aubert prend un sacré coup de jeune. On saute du XIX<sup>e</sup> siècle aux années 1950, en plein boom économique et on quitte la campagne pour une villégiature de rêve sur la côte amalfitaine. Cela n’est pas sans conséquences sur l&rsquo;impact des personnages et sur leur relations. La propriétaire d’une pension au bord de la mer (Adina) ne se conduit pas  exactement comme une fermière. Un ancien escroc du marché noir (Dulcamara) n’agit pas tout à fait comme un camelot de village. Un bel officier de marine arrogant (Belcore) n’a pas la même force comique qu’un sergent entreprenant. Avec la bousculade d’une folle jeunesse entourant Giannetta devenue femme de chambre, la séance de lecture de <em>Tristan et Iseult </em>par Adina et les apparitions hilarantes de Belcore et de Dulcamara ont une portée moindre. En revanche, où qu’il se trouve et quoi qu’il fasse, le personnage de Nemorino demeure exclusivement habité par sa passion amoureuse.</p>
<p>Depuis l’ouverture gazouillante et dansante, la musique avec son alternance de gaité et de mélancolie, ses chœurs guillerets, ses morceaux de bravoure, ses duos et ses cavatines conserve tout son charme. Donizetti a parfaitement réussi la synthèse entre l’opéra <em>buffa</em> italien et l’opéra comique français. Finement mais fermement conduit par Philip Walsh, le petit orchestre est éblouissant. Notons qu’au deuxième acte quelques effets scéniques surprenants réglés au cordeau et bien en phase avec la musique font mouche.</p>
<p>Si les <strong>Jeunes artistes du festival</strong> s’en donnent à cœur joie sous la houlette de <strong>Lauren Urqhart</strong> (Giannetta), la jeune soprano <strong>Adéline Le Mer</strong> tire timidement son épingle du jeu dans le rôle d’Adina. Elle ne manque ni d’élégance ni de qualités vocales mais il faut attendre son dernier air « Prendi, per mi sei libero » pour qu’elle dévoile son potentiel. Le Belcore du baryton américain <strong>Jonathan Meyer,</strong> confirme ses qualités déjà appréciées dans <a href="https://www.forumopera.com/cosi-fan-tutte-belle-ile-en-mer-jubilatoire-avec-les-moyens-"><em>Cosi fan tutte </em>l’an dernier</a> : prestance, projection, articulation. Quant au baryton italien, <strong>Emilio Marcussi</strong>, il démontre ici sa familiarité avec le style rossinien acquis notamment à l’Académie de Pesaro. Il possède la faconde et la technique du chant syllabique nécessaires pour camper un solide Dulcamara aussi bien dans sa cavatine « Udite, udite » que dans la barcarolle avec Adina « Io son ricco e tu sei bella ». Reste à dire combien nous avons apprécié le ténor américain <strong>Tyler Nelson</strong>. Velouté du timbre, puissance, phrasé impeccable&#8230; et surtout, engagement dramatique de chaque instant. Depuis son air d’entrée « Quanto è bella, quanto è cara » jusqu’à la fameuse romance « Una furtiva lagrima », sans le moindre cabotinage, Nelson se montre exceptionnel dans ce rôle qui lui va vraiment comme un gant. Les applaudissements enthousiastes qu’il reçoit à la fin du spectacle démontrent que le public en est conscient.</p>
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		<title>MOZART, Così fan tutte — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-belle-ile-en-mer-jubilatoire-avec-les-moyens-du-bord/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Aug 2016 10:02:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’action se passe de nos jours sur une île imaginaire inspirée de Belle-Île dans une ambiance tout ce qu’il y a de bon enfant. Au milieu du plateau, un poteau indicateur avec trois directions fictives : « Citabelle », « Château Fouquet » et «  Ma plage ». À l’évidence, c’est L’école des amants, sous-titre de l’œuvre pris au pied de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’action se passe de nos jours sur une île imaginaire inspirée de Belle-Île dans une ambiance tout ce qu’il y a de bon enfant. Au milieu du plateau, un poteau indicateur avec trois directions fictives : « Cita<em>b</em>elle », « Château Fouquet » et «  Ma plage ». À l’évidence, c’est <em>L’école des amants,</em> sous-titre de l’œuvre pris au pied de la lettre, qui a orienté <strong>Neta Amit Moreau </strong>vers cette mise-en-scène fringante et ludique. Astucieuse option pour représenter, avec un budget limité, un opéra sur la scène d’une salle municipale dépourvue de machinerie. </p>
<p>Au lever du rideau, un simple guéridon et quelques sièges suffisent à évoquer le bar où Ferrando et Guglielmo vont accepter de relever le défi de Don Alfonso. Puis, vêtues comme des écolières (nous y voilà&#8230;) Fiordiligi et Dorabella, assises côte-à-côte à un pupitre de classe primaire, échangent des confidences amoureuses avant de dire adieu à leurs fiancés déguisés en marins. Quant à la fameuse parade « Bella vita militar », elle se déploie en sandales, shorts ou jupettes multicolores, chemises à fleurs, châles en fausse dentelle. Force lunettes de soleil, agitation de bannières et de longues étoffes bleues figurant la mer&#8230; On ne saurait décrire par le menu l’ambiance délurée qui règne ensuite sous les parasols et derrière les serviettes de plage durant les nombreux changements de scènes de ces deux actes endiablés où les bonnes idées théâtrales foisonnent. Loin des comédies brutalement érotiques qui font aujourd’hui florès<em>, </em>on apprécie une direction d’acteurs limpide, amusante, sensuelle, jamais vulgaire. Solos, duos, ensembles&#8230; incroyables moments de grâce, notamment le délicieux trio « soave il vento », moments forts où le ciel tourne à l’orage, moments de doute ou même de révolte&#8230; Le tout s’enchaîne au rythme de la musique.</p>
<p>Sous la houlette de <strong>Philip Walsh</strong> aussi minutieux qu’enthousiaste, l’Orchestre du Festival se limite à treize  musiciens. C’est avec une volupté évidente que — de l’ouverture au finale — cette phalange restreinte, emmenée bon train par son chef, se délecte à faire jaillir les mille et une nuances d’une partition qui passe de l’ironie à l’émotion, voire de la bouffonnerie à la tragédie dans une conversation mozartienne incessante entre instrumentistes et chanteurs. À défaut de pouvoir citer ces treize talentueux solistes à part entière, nommons leur brillantissime et facétieux premier violon : <strong>Nemanja Ljubinković.</strong></p>
<p>Le sextuor des principaux chanteurs satisfait les exigences vocales de chaque personnage. Tous ont déjà été applaudis ici et on peut constater les progrès accomplis. Après son succès l’an dernier dans <em>I Pagliacci</em>, <strong>Jazmin Black Grollemund</strong> — participe depuis 2009 au Festival de Belle-Île où elle vit désormais — est aujourd’hui Fiordiligi, héroïne passionnée à plusieurs facettes. Après le délicieux  duo « A guarda, sorella » tout en légèreté, elle sera ensuite capable de réussir sans trébucher aussi bien les longs passages coloratures que les incursions dans l’extrême grave de sa tessiture. Au deuxième acte, elle chante de manière plus intériorisée mais non moins intense le grand air « Per pietà, ben mio, perdona ». C’est avec plaisir qu’on retrouve <strong>Karin Mushegain</strong>, entendue en 2012 dans le rôle titre de <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/une-mise-en-scene-bondissante-et-bien-plus"><em>La Cenerentola</em> </a> et en 2013 dans Rosine du <a href="/spectacle/sexy-ludique-jamais-barbant"><em>Barbier de Séville</em></a>. La mezzo californienne dont la carrière commence à s’épanouir aux États-Unis a notamment chanté Dorabella à l’opéra de Memphis. Sa voix au timbre agréable et naturel s’est étoffée et stabilisée. « Smanie implacabili » est chanté avec aplomb sans pour autant basculer dans le tragique. La question rieuse de Despina avec « In uomini, in soldati, sperare fedelta ? » nous ramène d’ailleurs sans tarder à la comédie. Pivot de l’action, le couple complice Despina &#8211; Don Alfonso est particulièrement cocasse. Dans son rôle de soubrette, vive et espiègle, qui lui va comme un gant, la soprano française <strong>Louise Pingeot</strong> fait énormément rire. Le baryton basse <strong>Tyler Simpson</strong> semble lui aussi comme un poisson dans l’eau dans un personnage qu’il chante avec compétence et joue avec finesse. Quant aux amants pris au piège, ils sont tous deux convaincants. Le baryton états-unien <strong>Jonathan Beyer</strong> a acquis beaucoup d’assurance depuis son Escamillo bellilois en 2013. Sa voix bien projetée aux excellents graves, sa diction soignée et son talent de comédien lui permettent de nous donner un Guglielmo brillant, ardent, très bien campé. Dans Ferrando, <strong>Tyler Nelson</strong>, met sa sensibilité au service d’un personnage plus ambigu et dont la sincérité n’est pas toujours évidente. Si son timbre caressant séduit dans le fameux air « Un’aura amorosa » chanté correctement, le ténor surprend davantage par le bel engagement dramatique qu’il démontre dans la cavatine « Tradito, schernito » rageuse à souhait.</p>
<p>En ce soir de première, la salle archicomble (plusieurs rangées de chaises ont été ajoutées) fait un triomphe à une équipe artistique hardie, soudée par la passion.</p>
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		<title>Musique d’église de Mozart et Beethoven — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/musique-deglise-de-mozart-et-beethoven-belle-ile-en-mer-un-sacre-choeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Aug 2016 08:18:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quoi de plus joyeux, de plus libre, de plus inventif que la musique d’église du « divin » Mozart ? Quoi de plus fervent, de plus fort, de plus grave que la première messe composée par l’immense Beethoven ? Pour rendre hommage à Richard Cowan disparu en 2015, Philippe Walsh — il a fermement repris le flambeau malgré &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quoi de plus joyeux, de plus libre, de plus inventif que la musique d’église du « divin » Mozart ? Quoi de plus fervent, de plus fort, de plus grave que la première messe composée par <em>l’immense </em>Beethoven ? Pour rendre hommage à Richard Cowan disparu en 2015, <strong>Philippe Walsh</strong> — il a fermement repris le flambeau malgré les avis de tempête — a choisi deux œuvres aptes à communiquer une intense ferveur où se mêlent joie et gravité. Principal atout : le splendide <strong>Chœur du Festival</strong>. Au prix d’un travail intense sur les œuvres tout au long de l’année, les choristes bellilois, résidents ou d’adoption, ont réalisé d’immenses progrès, saison après saison, jusqu’à devenir aujourd’hui les vedettes des concerts de musique sacrée qui ont lieu dans les églises de Belle-Île, la bien nommée.</p>
<p>Directement enchaînées à une brève et radieuse sonate d’église, le concert 2016 débute par les <em>Vêpres solennelles du confesseur</em> où le chœur prédomine avec ses basses impressionnantes, ses altos chaleureux et ses sopranos aux voix d’anges pour le plus grand bonheur de l’auditoire. Après le « Dixit Dominus » d’exposition et un « Confitebor » des plus fervents, où se succèdent joyeuses envolées à la gloire du Seigneur et scansions rythmées : alternance des appels à la miséricorde divine ; remarquables « Beatus vir » et «  Laudate pueri » avec cordes très animées avant que tout se fige un instant dans un « Amen » arrêté. Puis, sublime et célèbre, « Laudate Dominum » pour soprano solo ; enfin explosion et déploiement d’un « Magnificat » au tissu vocal et instrumental de toute splendeur.</p>
<p>Eclipsée par la <em>Missa Solemnis</em> publiée vingt ans plus tard, la <em>Messe en</em> <em>ut</em> de Beethoven composée en 1807, est une œuvre profondément émouvante. Tout commence par un sombre « Kyrie » où le quatuor vocal et le chœur affirment leur dévotion avec simplicité ; explosion de joie d’un « Gloria » infiniment respectueux ; solennité d’un « Credo » surmontant les souffrances humaines ; entrée fracassante du chœur au « Sanctus » ;  recueillement apaisé au « Benedictus » ; « Agnus Dei » lancinant,  avec un « miserere nobis » particulièrement poignant. Inexorablement, la tension monte jusqu’à l’ultime supplication du « Dona nobis pacem » conclusif.</p>
<p>Que ce soit dans l’intimité de la petite église de Bangor ou dans l’église néogothique de Palais avec ses mosaïques qui l’apparentent au Sacré-Cœur de Paris et à la basilique de Lisieux, sous la direction exigeante et enthousiaste de Philip Walsh<strong>, </strong>l’excellent petit <strong>Orchestre lyrique de Belle-Isle, Le Chœur </strong>et les<strong> « Jeunes artistes » du Festival</strong> nous ont donné une exécution intense et raffinée de ces deux œuvres. À coté de la soprano française <strong>Louise Pingeot</strong> à la voix claire et captivante, sinon toujours suave, qui reçoit la part du lion, la mezzo américaine<strong> Karin Mushegain</strong> qui a peu d’interventions en solo nous a paru manquer de l’ardeur et de la projection nécessaires pour faire valoir son joli timbre et sa musicalité. À Bangor sans démériter et, dans une bien moindre mesure à Palais, le ténor <strong>Tyler Nelson</strong> comme le baryton-basse <strong>Tyler Simpson,</strong> victimes d’une fatigue vocale compréhensible en cette période d’intense activité festivalière, n’ont pas vraiment donné toute la mesure de leurs talents respectifs face à un chœur aussi puissant et expressif.</p>
<p>Cerise sur le gâteau, pendant le concert dans l’église de Palais, ceux qui en étaient avertis ont eu la chance d’admirer vers 21h un rare phénomène. Au coucher du soleil, un rayon lumineux —  provenant d’un vitrail de la rosace en façade — est apparu au-dessus du grand orgue Cavaillé Col. Et durant de longues minutes, il a fait briller un puissant faisceau d’éblouissants rayons d’or entourant l’imposante statue du Christ-Roi sur son trône, dominant l’autel. Un effet quasi-surnaturel en osmose avec le contexte musical.</p>
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		<title>BACH, La Passion selon saint Jean — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-passion-selon-saint-jean-belle-ile-en-mer-une-formidable-passion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Aug 2015 06:59:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fervente, furieuse, grandiose, l&#8217;exécution de La Passion selon Saint-Jean de Jean-Sébastien Bach dans la petite église de Locmaria, commune située à la pointe Est de Belle-Île, a bouleversé le public qui se pressait en rangs serrés sur ses bancs rigides. On aurait pu craindre le lieu trop modeste pour contenir une œuvre aussi énorme. Bien &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Fervente, furieuse, grandiose, l&rsquo;exécution de<em> La Passion selon Saint-Jean </em>de Jean-Sébastien Bach dans la petite église de Locmaria, commune située à la pointe Est de Belle-Île, a bouleversé le public qui se pressait en rangs serrés sur ses bancs rigides.</p>
<p>On aurait pu craindre le lieu trop modeste pour contenir une œuvre aussi énorme. Bien au contraire. Avec son Christ en croix jouxtant l’autel, ses maquettes de grands voiliers trois-mâts – ex-voto suspendus à la gracieuse voûte en bois peint –, la petite église imprégnée de souvenirs de tempêtes, et même d’un miracle ayant éloigné l’ennemi de sa terre convoitée, offrait à sa manière un écrin idéal. Car une fois l’église remplie de monde, son excellente acoustique donnait la sensation auditive d’être réunis avec les musiciens et les chanteurs dans une enveloppe protectrice.</p>
<p>Avec sa rigoureuse construction symétrique, sa simplicité n’excluant pas la grandeur, ses grands chœurs mixtes passant par tous les états, de la glorification solennelle aux éclats de rage indignée en passant par le désespoir, <em>La Passion selon Saint-Jean</em> évoque le drame humain que représente la crucifixion de Jésus. Par sa direction aérienne et aérée, sûre de soi, attentive au chant, <strong>Philip Walsh</strong> a laissé l’œuvre se déployer d’un seul élan du premier chœur célébrant le Seigneur jusqu’au choral final en forme de promesse de louange éternelle. Aux quelque soixante choristes bellilois que le directeur musical avait soigneusement préparés en venant sur place les faire répéter chaque mois, s’étaient naturellement ajoutées les voix des dix jeunes étudiants en résidence. Le remarquable petit <strong>Orchestre lyrique de Belle-Île</strong>, formé d’un quintet à cordes, d’une flûte, de deux hautbois et d’un basson, accompagnait subtilement récitatifs et grandes arias ; le continuo était assuré à l’orgue par <strong>David Jackson</strong>, compositeur écossais et chef de chant (notamment à la maîtrise de Notre-Dame de Paris).</p>
<p>Quant aux voix solistes, elles rivalisaient d’engagement et d’expressivité. Durant environ deux heures de musique, la tension a persisté et les chanteurs se sont pleinement investis pour donner leur meilleur. Faisant ici ses débuts en France, le jeune ténor américain, <strong>Tyler Nelson</strong> a magnifiquement conduit le récit avec sa voix aux couleurs mozartiennes, capable d’envolées et d’accents touchants. Introduisant les interventions de chacun, posant les questions, décrivant l’atroce dernière marche du Christ, cet Évangéliste très engagé faisait progresser le drame à travers un chant toujours habité.</p>
<p>Le ténor <strong>Peter Tantsits</strong>, présent à Belle-Île pour la sixième fois et dont la carrière internationale s’affirme, s’est montré de bout en bout émouvant, surtout en deuxième partie, dans l’un des sommets de l’œuvre — le bel air da capo « Ewäge&#8230; » (Considère comme son dos teinté de sang&#8230;), dans lequel il était brillamment soutenu par le violoncelliste français <strong>Pablo Tognan. </strong></p>
<p>Les récitatifs de Jésus étaient confiés à <strong>Tyler Simpson</strong>, baryton basse de haute taille, à l’excellente diction, à la voix ample et chaude ; il a participé à de nombreux opéras aux États-Unis, notamment au Met où il s’est produit cinquante-quatre fois. La musique sacrée fait cependant aussi partie de son répertoire favori. En plus de sa prestation dans le rôle titre de <em>Gianni Schicchi</em>, sa présence l’an dernier à Belle-Île dans <em>La Création</em> de Haydn avait été appréciée.</p>
<p>Autre voix grave de grand calibre, dont la jeune carrière américaine monte en flèche, celle de <strong>Brandon Cedel</strong> qui fait ici dans Pierre, Pilate, et autres arias de beaux débuts en France. On retient le vibrant arioso « Betrachte, meine Seel’ » (Contemple, mon âme, avec un plaisir angoissé) ! Noirceur du timbre, puissance, intelligence du phrasé, autorité font de ce nouveau venu à la haute silhouette massive, la révélation de ce Festival 2015.</p>
<p>Reste à dire le bien qu’on a pensé des voix féminines solistes. La belle mezzo <strong>Debi Wong</strong>, formée au Canada, exerçant ses divers talents aux États-Unis, est une passionnée de musique baroque. Ses deux arias d’alto étaient maîtrisées ; en deuxième partie le magnifique « Es ist vollbracht ! » (Tout est accompli !) avec accompagnement de cordes (violoncelle et alto) était particulièrement bien terminé sur une belle note grave. Quant à la soprano française,  <strong>Louise Pingeot, </strong>en dépit d’une voix peu puissante qu’elle devait de surcroît ménager à cause d’un programme chargé, elle a réussi à émouvoir et à donner du « dein Jesus ist tot, Zerflie<em>ße, </em>mein Herz&#8230; » (Jésus est mort. Fonds, mon cœur&#8230;) avec accompagnement de hautbois, flûte et orgue, une interprétation raffinée, attachante et sensible.</p>
<p>Quand après deux heures orageuses s’est enfin élevé le dernier choral teinté de douceur et d’espoir, le public est resté muet un instant avant d’applaudir à tout rompre.</p>
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