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	<title>Constantine ORBELIAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Constantine ORBELIAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>John Osborn, A Tribute to Gilbert Duprez</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/john-osborn-a-tribute-to-gilbert-duprez-dieu-linspire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Oct 2017 07:06:40 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On ne prête qu’aux riches. Gilbert Duprez ne fut pas l’inventeur de l’Ut de poitrine comme on peut le lire souvent mais, en poussant cette note fabuleuse, lors d’une représentation de <em>Guillaume Tell</em> à Paris en 1837, il inventa le ténor moderne. « <em>Lorsque j’eus chanté mon grand air, je ne puis dire ce qui se passa ! Ce que j’éprouvai est impossible à exprimer ; le triomphe dont je fus l’objet, ce n’est pas à moi de le décrire. Jamais dans mes rêves les plus ambitieux je n’eusse osé aspirer à rien de semblable</em> », raconte-t-il dans ses <em>Souvenirs d’un chanteur</em>. Si le public, en état de choc, ovationna l’exploit, ce contre-ut foudroyant n’eut pas l’heur de plaire à tous. On sait que Rossini, horrifié, le compara à un « <em>cri de chapon qu’on égorge</em> ». Berlioz ne fut pas plus tendre. Encore avait-il des raisons d’être mécontent. L’échec en 1838 de <em>Benvenuto Cellini</em>, tombé au bout de trois représentations après que Duprez eut, tel le rat, quitté le navire, lui restait sur l’estomac. Même si non nommé, comment ne pas deviner celui qui, quinze années plus tard dans ses <em>Les Soirées de l’orchestre,</em> inspira au compositeur ce portrait féroce : « <em>Le Ténor n&rsquo;écoute rien; il lui faut des vociférations en style de tambour-major, […] des thèmes communs entrecoupés de repos, pendant lesquels il peut s&rsquo;écouter applaudir, s&rsquo;essuyer le front, rajuster ses cheveux, tousser, avaler une pastille de sucre d&rsquo;orge. Ou bien, il exige de folles vocalises, mêlées d&rsquo;accents de menace, de fureur, de gaîté, de tendresse, de notes basses, de sons aigus, de gazouillements de colibri, de cris de pintade, de fusées, d&rsquo;arpèges, de trilles.</em> » Et Berlioz, rancunier, de poursuivre : «  <em>Le Ténor domine, écrase tout; il parcourt le théâtre d&rsquo;un air triomphant ; son panache étincelle de joie sur sa tête superbe ; c&rsquo;est un roi, c&rsquo;est un héros, c&rsquo;est un demi-dieu, c&rsquo;est un dieu ! Seulement on ne peut découvrir s&rsquo;il pleure ou s&rsquo;il rit, s&rsquo;il est amoureux ou furieux ; il n&rsquo;y a plus de mélodie, plus d&rsquo;expression, plus de sens commun, plus de drame, plus de musique ; il y a émission de voix, et c&rsquo;est là l&rsquo;important</em>… ».</p>
<p>Les deux airs de Benvenuto Cellini font précisément partie du nouvel album de <strong>John Osborn, </strong>conçu comme un hommage à Gilbert Duprez. A 45 ans, le ténor américain, premier prix d’Operalia en 1996, se mesure à la légende. L’entreprise n’est pas sans risque. Les extraits proposés le sont dans leur langue originale ce qui, pour un chanteur étranger, ajoute encore à la difficulté de partitions déjà réputées périlleuses. Exception qui confirme la règle et complique encore la donne : Edgardo, le malheureux amant de Lucia di Lammermoor, devient ici Edgar bien que Duprez ait créé la version italienne du chef d’œuvre de Donizetti, en 1835 à Naples, et non son adaptation française en 1839 à Paris.</p>
<p>La diction française justement est le premier atout de cet enregistrement dont le programme, à première vue, peut sembler convenu. Peu – voire pour ceux qui sont familiers de ce répertoire, pas – d’airs inconnus, et pour un grand nombre d’entre eux de multiples références discographiques. La tentation est grande de comparer les propositions de John Osborn avec celles de grands interprètes du passé – et du présent. Il n’est pas certain d’ailleurs que la comparaison tourne toujours en la défaveur de notre chanteur. A défaut, on peut s’amuser à  mettre dans la balance ses deux interprétations de la grande scène d’Arnold dans <em>Guillaume Tell</em>, celle justement qui valut à Duprez d’entrer au panthéon lyrique. En 2011, Antonio Pappano enregistrait une version intégrale de l’opéra de Rossini. Osborn s’y montrait déjà à la hauteur du rôle. Cinq ans après, de nouveaux échelons ont été gravis. La vaillance ? Oui avec un « Aux armes » qui dépasse d’une poignée de secondes l’enregistrement antérieur. La clarté de la prononciation ; l’expression également, c’est-à-dire la somme d’intentions présentes indépendamment de la technique. C’est vrai pour Rossini, c’est vrai aussi pour tous les numéros du programme, conduit sans faux pas par <strong>Constantine Orbelian</strong> à la tête du Kaunas City Symphony Orchestra. Il y a certes l’égalité d’un extrême à l’autre de la tessiture, la précision et l’assurance de l’aigu – jusqu’au contre-Mi des <em>Martyrs</em> sur « Dieu m’inspire » que l’on croyait <a href="/video/michael-spyres-ahuri-de-son-contre-mi">réservé au seul Michael Spyres</a> – l’usage des variations… Il y a également l’inspiration, la juste émotion transmise par un chant qu’il est nous est arrivé de trouver sur scène impassible et que l’on découvre ici au contraire animé, vivant au point de contredire l’objet même de son hommage. A en croire Berlioz, l’expression n’était pas la qualité première de Gilbert Duprez. Du premier au dernier numéro de ce nouvel album, John Osborn, ainsi qu’il l’expliquait dans <a href="https://www.forumopera.com/actu/john-osborn-jai-limpression-que-le-bel-canto-est-un-art-qui-se-perd">son interview à Maxime Pierre en juin dernier</a>, s’efforce « <em>d’être juste dans l’interprétation</em> ». Il y a effectivement « <em>émission de voix</em> » mais, contrairement à Duprez, ce n’est pas là l’important.</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/IZx4zDGczjM" width="560"></iframe></p>
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		<title>Crescendo &#8211; Stefano Secco</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/crescendo-stefano-secco-joker/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Sep 2016 05:01:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Révélé en France en 2008 par la grâce d&#8217;un Don Carlo embastillé, Stefano Secco poursuit depuis une dizaine d&#8217;années une carrière sans grands éclats médiatiques quand sa voix de ténor et un répertoire XL auraient dû l&#8217;aider à franchir les portes de la renommée. Combien de ses congénères ont comme lui cette saison à leur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Révélé en France en 2008 par la grâce d&rsquo;un Don Carlo embastillé, <strong>Stefano Secco</strong> poursuit depuis une dizaine d&rsquo;années une carrière sans grands éclats médiatiques quand sa voix de ténor et un répertoire XL auraient dû l&rsquo;aider à franchir les portes de la renommée. Combien de ses congénères ont comme lui cette saison à leur programme <em>Les Contes d&rsquo;Hoffmann</em>, <em>Il trovatore</em>, <em>Carmen</em>, <em>Lucia di Lammermoor</em>, <em>Un ballo in maschera</em> et <em>La traviata </em>? Un premier album solo veut réparer ce que l&rsquo;on pourrait considérer comme une injustice si une écoute attentive ne venait tempérer l&rsquo;envie de jouer les redresseurs de tort.</p>
<p>Non que cet enregistrement soit indigne. On lui trouve au contraire, dans la largeur généreuse de son programme, une indéniable probité. Stefano Secco a forgé sa technique auprès de Franco Corelli, reçu les conseils de Leyla Gencer et de Renata Scotto, éprouvé son agilité dans le répertoire rossinien – le <em>Stabat Mater</em> et, plus difficile, Osiride dans <em>Mosé in Egitto</em> – avant d&rsquo;aborder sur les scènes les plus prestigieuses les grands rôles italiens et français de ténor lyrique puis dramatique, sans outrepasser ses limites de manière à pouvoir continuer d&rsquo;interpréter comme au premier jour – ou presque – les opéras de ses débuts.</p>
<p>Avoir ainsi su préserver l&rsquo;intégrité de ses moyens mérite considération. La technique solide autorise une longueur confortable et, sur cette longueur, une égalité suffisante pour rendre insensibles les changements de registre. Diction aidant – en italien et en français aussi – c&rsquo;est un chant direct, sain, naturel, dépourvu d&rsquo;effort et d&rsquo;à-coups qu&rsquo;il nous est donné d&rsquo;apprécier durant quatorze airs, parmi les plus connus qui soient.</p>
<p>Du grand art s&rsquo;il n&rsquo;était desservi par un timbre ordinaire – ni beau, ni laid –, que la langue française rend nasal, et si l&rsquo;interprétation n&rsquo;était gâchée par la pauvreté de la caractérisation. Privés d&rsquo;appui scénique, accompagnés sagement par <strong>Constantine Orbelian</strong> à la tête du Kaunas City Symphony, Manrico, Nemorino et leurs amis font trois petits tours et puis s&rsquo;en vont, tous pareillement exposés, tous éclairés de la même lumière franche sans s&#8217;embarrasser de nuances, tous embrassés avec la même sincérité impassible, tous indistincts.</p>
<p>Ainsi Stefano Secco donne-t-il l&rsquo;impression de pouvoir chanter tous les rôles indifféremment, tel le joker au rami capable de remplacer n&rsquo;importe quelle carte du jeu, quand pour avoir pu le constater en direct plusieurs fois, son investissement dramatique sur scène n&rsquo;est jamais à mettre en cause. Son prochain Hoffmann en novembre à l&rsquo;Opéra de Paris devrait être une nouvelle occasion de le vérifier. </p>
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		<title>Virtuoso Rossini arias</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/virtuoso-rossini-arias-mer-calme-a-peu-agitee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Aug 2014 16:19:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le parcours de Lawrence Brownlee est un long fleuve tranquille. Né en 1972 dans l’Ohio, le ténor américain déroule sans anicroche une carrière dans un répertoire – le bel canto romantique – pourtant semé d’embuches : débuts en Almaviva (Il Barbiere di Siviglia) au Met à New York en 2007 et, à partir de là, conquête &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le parcours de <strong>Lawrence Brownlee</strong> est un long fleuve tranquille. Né en 1972 dans l’Ohio, le ténor américain déroule sans anicroche une carrière dans un répertoire – le bel canto romantique – pourtant semé d’embuches : débuts en Almaviva (<em>Il Barbiere di Siviglia)</em> au Met à New York en 2007 et, à partir de là, conquête de toutes les scènes internationales dans les rôles les plus périlleux : <em>La donna del lago</em> à Sante Fe, <a href="/le-comte-ory-vienne-theater-an-der-wien-salut-a-la-france"><em>Le Comte Ory</em> avec Cecilia Bartoli à Vienne</a>, <em>I Puritani </em>en 2008 à Seattle qui lui valent le titre d’artiste de l’année, <em>La Fille du régiment </em>et <em>L’elisir d’amore</em> à Hambourg, <a href="/spectacle/le-miracle-didonato"><em>La Cenerentola</em> à Munich</a>, <a href="/spectacle/reprise-enflammee">Pesaro</a>, Milan, <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/un-coup-pour-rien-1"><em>Armide</em> à New York</a>, <a href="/spectacle/le-triomphe-de-brownlee"><em>L’italiana in Algeri</em> à Paris</a> et Dresde, <em>Il turco in Italia</em> à Toulouse, Berlin et, pas plus tard que le mois dernier, au <a href="/il-turco-in-italia-aix-en-provence-malchance-ou-prescience">Festival d’Aix-en-Provence</a>, etc. A chaque fois, un bouquet d’éloges vient saluer ce chant égal et virtuose, sans histoire pourrait-on dire tant les impitoyables tours et détours de l’écriture ne semblent pas affecter le cours d’une voix maitrisée sur toute la tessiture, jusqu’aux notes les plus extrêmes.</p>
<p>Ce premier récital discographique avec orchestre, qui aligne les airs rossiniens parmi les plus difficiles, en fait de nouveau la démonstration. Avec un naturel confondant, sous la conduite mesurée de <strong>Constantine Orbelian</strong> à la tête du Kaunas City Symphony Orchestra, Lawrence Brownlee résout des casse-têtes vocaux destinés originellement à des chanteurs formés à la plus exigeante des écoles : celle des castrats. Les efforts requis par les multiples traits virtuoses ne viennent altérer ni la qualité du timbre, ni l’unité des registres. Les reprises sont intelligemment variées comme le veut un style dont on a redécouvert les codes à la fin des années 1970. Ainsi, au fil des plages, de <em>L’occasione fa il ladro</em>, créée en 1812 à Venise, jusqu’à <em>Semiramide</em> qui, onze ans après dans la même ville, marque l’apogée d’un art vocal dont le romantisme naissant bouleversera la forme, se dessine nettement le visage du contraltino, ce type de ténor que caractérise une voix à l’émission haute, agile et brillante, capable de sentiments autant que d’héroïsme. Giovanni David auquel Rossini destina plusieurs des rôles dont on trouve un échantillon ici – Narciso (<em>Il turco in italia</em>), Rodrigo (<em>Otello</em>), Ilo (<em>Zelmira</em>), Uberto (<em>La donna del lago</em>) – en est le plus illustre représentant. Lawrence Brownlee marche sur ses brisées avec une telle maestria qu’il serait le meilleur aujourd’hui dans sa catégorie, si Juan Diego Florez n’occupait depuis une dizaine d’années la première marche du podium.</p>
<p>Il n’est pas interdit alors de se demander pourquoi cette suprématie du Péruvien sur l’Américain. La technique ? Non. L’ancienneté ? Pas seulement. Une écoute renouvelée de ces huit numéros propose quelques pistes qui, même si subjectives, méritent d’être prises en considération. La nature de la voix d’abord, mate chez l’un quand l’autre au contraire possède un éclat incomparable. Puis, il y a chez Juan-Diego Florez une volonté d’expression, un désir de séduire – le côté <em>latin lover</em> sans doute – que l’on ne trouvera pas chez son confrère. Lawrence Brownlee mène sa barque imperturbable, qu’il s’agisse de teinter d’ironie – dans un français impeccable – le sermon du Comte Ory, de donner à sentir l’exaltation amoureuse d’Ilo ou de traduire le tourment jaloux de Rodrigo découvrant que Desdemona en préfère un autre. Tout est si impeccablement contrôlé que non seulement la caractérisation passe au second plan mais que jamais l’on ne ressent le frisson face à l’artiste suspendu au fil de la portée, tel l’équilibriste. Ce vertige, cette impression de risque que le ténor ne nous donne pas à éprouver, est piment indispensable à ce répertoire. Lorsque le fleuve est trop tranquille, la croisière peut sembler longue.</p>
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