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	<title>Ada PAECH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Ada PAECH - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Händel heroines — Bruxelles (Bozar)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/handel-heroines-bruxelles-bozar-leffet-bartoli-cest-pas-du-placebo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Dec 2016 06:50:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Au milieu du chaos, comment trouvez-vous la paix ? » En écoutant Bartoli, pardi ! Oh le mauvais esprit, ce n’est pas très gentil pour Joyce DiDonato qui nous posait la question ici même, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, voici trois semaines. Du reste, ce n’est pas tout à fait exact. Certes, l’impalpable douceur de ses notes &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Au milieu du chaos, comment trouvez-vous la paix ? </em>» En écoutant Bartoli, pardi ! Oh le mauvais esprit, ce n’est pas très gentil pour <a href="/joyce-didonato-in-war-and-peace-harmony-through-music-bruxelles-bozar-joyce-didonato-en-ferait-elle">Joyce DiDonato</a> qui nous posait la question ici même, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, voici trois semaines. Du reste, ce n’est pas tout à fait exact. Certes, l’impalpable douceur de ses notes filées a le pouvoir de nous apaiser, mais <strong>Cecilia Bartoli</strong> peut faire beaucoup plus que cela. La comtesse Bathory se baignait dans le sang de vierges et les grands bourgeois, plus civilisés, allaient prendre les eaux ; notre cure de jouvence à nous, c’est Bartoli, et ce nous-là peut certainement se conjuguer au pluriel. Car enfin, ces visages rayonnants, ces regards étoilés, ces rires, ces vocalises même qui fusent jusque dans la rue ou sur les quais de la gare, qu’est-ce donc, sinon l’effet Bartoli ? Une euphorie collective où son récital plonge des spectateurs qui, revigorés, viennent de l’acclamer, debout, au parterre comme au balcon.</p>
<p>Un couple en retard se fraie un chemin jusqu’au premier rang alors que sa prestation vient à peine de débuter (« Chiudi, chiudi i vaghi rai », <em>Il Trionfo del Tempo e del Disinganno</em>) ? Elle le salue de la main et lui sourit sans s’arrêter de chanter, un geste qui dit déjà tout de l’artiste : entière, généreuse et transfigurée par la joie de faire de la musique, une joie qu’elle entend bien partager. Et pourtant, même un inconditionnel, pour peu qu’il sache raison garder, admettra que ce feu inextinguible qui l’anime est loin de toujours suffire. Cette ivresse, nous la devons d&rsquo;abord à Haendel, dont la veine pathétique se révèle autrement inspirée et inspirante que les tièdes gazouillis composés pour <a href="/recital-de-cecilia-bartoli-bruxelles-bozar-bons-baisers-de-russie-un-bartoli-anecdotique">la cour des tsarines </a>que notre exploratrice a voulu dépoussiérer, mais sans réussir à en sublimer la banalité.</p>
<p>Contrainte, pour des raisons de santé, d’annuler le concert initialement prévu le 23 novembre puis celui de Londres deux jours plus tard, Cecilia Bartoli nous ne revient sans doute pas dans une forme olympique, mais elle a manifestement la pêche et retrouve vite ses marques après de menues hésitations. Nous en arrivons d’ailleurs à penser qu’elle était probablement déjà souffrante au <a href="/heroines-haendeliennes-cecilia-bartoli-paris-tce-une-carriere-et-un-soir-avec-haendel">Théâtre des Champs Elysées</a> le mois dernier, car, ce soir, les moyens ne trahissent aucun déclin. Le timbre est intact, les aigus bien présents et la projection identique à ce que nous en connaissons depuis plusieurs années, alors que nous venons régulièrement nous ressourcer dans cette Salle Henry Le Boeuf qui ne flatte pas outrageusement les voix. </p>
<p>Néanmoins, des plages orchestrales plus nombreuses et, <em>a contrario</em>, des incursions limitées tant dans la bravoure (« Desterò dell’empia Dite », <em>Amadigi</em>, pris à une allure moins vive qu’il y a deux ans) que dans les voltiges plus légères du <em>canto fiorito</em> (« M’adora l’idol mio », <em>Teseo</em>) sont autant d’indices qui donnent à penser que tout a été conçu pour ménager l’artiste. S’il n’en faut pas davantage pour s’interroger sur l’état des ressources d’une chanteuse qui nous a, il est vrai, habitué à de tout autres démonstrations, le numéro de Steffani livré en <em>bis </em>(« A facile vittoria ») se transforme en un duel épique avec la trompette, rehaussé de traits interminables et de <em>messa di voce </em>à répétition qui nous rassurent sur la longueur du souffle et l’élasticité de l’organe.</p>
<p>Du reste, nous n’allons tout de même pas nous plaindre que la pyrotechnie prenne moins de place que d’ordinaire, puisque c’est au profit de l’émotion. Lorsque débute le <em>Da Capo </em>de « Lascia la spina » et que le tempo s’étire, nous pressentons que le miracle va encore advenir et il advient : Cecilia Bartoli nous raconte une nouvelle histoire, où, comme dans un palimpseste, le souvenir des précédentes ne fait qu’affleurer. Les ornements ne sont plus des perles de coquette mais les figures de style, éminemment suggestives, d’un poète. Encore faut-il pouvoir s’exprimer à la première personne, encore faut-il avoir quelque chose à dire. Le mezzo possède cette faculté peu commune de pouvoir donner libre cours à ce trop plein d’énergie, cette exubérance qui la caractérisent pour l’instant d’après s’abstraire du monde et rentrer dans le sien où l’intime, mais irrésistible étreinte de son chant nous fait également pénétrer («  Scherza infida »). Expérience ineffable, il faut la vivre pour la comprendre, il faut oser larguer les amarres comme Aci s’abandonne à la mort qui vient (« Verso già l’alma col sangue »).</p>
<p>Difficile, au travers d’une prestation fragmentaire et décousue (ouvertures, concerto minute, extraits de concerto grosso, etc.), de savoir ce que <strong>Les Musiciens du Prince</strong> ont vraiment dans le ventre. Nous devrons attendre les productions d’<em>Ariodante</em> et de <em>La Cenerentola </em>en 2017 pour découvrir de quoi est réellement capable cette phalange qui a vu le jour l’été dernier dans la principauté monégasque. Au-delà d’une performance relativement académique et sans prise de risque, il nous faut surtout déplorer un déséquilibre flagrant au sein des cordes, comme trop souvent dans les ensembles baroques, les basses se voyant réduites à deux violoncelles et à une contrebasse. En revanche, Les Musiciens du Prince s’acquittent avec un zèle appréciable de leur principale mission : accompagner leur directrice artistique dans ses tournées internationales. Ils rivalisent de finesse dans l’art de l’estompe et excellent tout particulièrement dans les moments chambristes (« Oh sleep, why dost thou leave me ? », <em>Semele</em>). Bien qu’elle donne parfois l’impression d’être surlignée, la complicité de la star avec ces partenaires ne relève pas que de la mise en scène. Les mélomanes auront d’ailleurs probablement reconnu parmi eux la violoniste <strong>Ada Pesch</strong>, concertmeister de l’Opéra de Zurich mais aussi de sa formation sur instruments anciens, La Scintilla, orchestre avec lequel Cecilia Bartoli a réalisé plusieurs projets (<em>La Sonambula</em>, <em>Norma</em> et l’album <em>Malibran</em>).</p>
<p>Point de fumées, de projections vidéo ni de chorégraphie ; pour achever de mettre le public dans sa poche, dérider les blasés et les coincés que son fabuleux gosier intimiderait, la diva romaine n’a besoin que d’un miroir, qu’elle échange contre un Smartphone pour se mirer de plus belle (« Myself I shall adore »). A l’ère des <em>selfies</em> et de l’ego triomphant, le clin d’œil, peut-être facile, fait mouche et nous régale, parce qu’il est joué avec juste ce qu’il faut d’esprit, sans verser dans l’histrionisme où tombent certaines clownesses que, par charité, nous ne nommerons pas, mais que chacun reconnaîtra. </p>
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		<title>Cecilia et Rolando en concert — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cecilia-et-rolando-en-concert-paris-philharmonie-la-diva-et-le-boute-en-train/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Dec 2015 04:49:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Curieuse association que celle d’une cantatrice à l’apogée de sa carrière et d’un ténor qui effectue depuis quelques années un retour prudent sur la scène après avoir connu de sérieux problèmes vocaux et quelques interventions chirurgicales. Et pourtant cela fonctionne tant leurs personnalités se complètent et leur complicité est évidente tout au long de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Curieuse association que celle d’une cantatrice à l’apogée de sa carrière et d’un ténor qui effectue depuis quelques années un retour prudent sur la scène après avoir connu de sérieux problèmes vocaux et quelques interventions chirurgicales. Et pourtant cela fonctionne tant leurs personnalités se complètent et leur complicité est évidente tout au long de la soirée.</p>
<p>A l&rsquo;exception du concerto pour hautbois et cordes de Bellini, le programme, centré sur Mozart et le bel canto, n&rsquo;offre rien de bien original et laisse le spectateur curieux sur sa faim, les deux protagonistes ayant maintes fois interprété au cours de leurs carrières respectives la plupart des morceaux proposés ici.</p>
<p>Les trois airs en solo dévolus à <strong>Rolando Villazon</strong> ne présentent aucune difficulté majeure et lui permettent de tirer profit de ses moyens actuels. Annoncé souffrant en début de soirée, le démarrage aura été plutôt difficile : l’air de concert de Mozart « Si mostra la sorte » en a fait les frais : voix terne, aigus tendus, ton monocorde, on pouvait craindre le pire. Fort heureusement, le duo avec Zerline qui ne sollicite pas son registre aigu, le montre plus à son aise. Avec <em>L’Elixir d’amour</em>, Villazon se retrouve en terrain connu, le rôle de Nemorino est à son répertoire depuis une dizaine d’années et la « Furtiva lagrima » n’a plus de secret pour lui. Pourtant quelle déception d’entendre cette page chantée sans nuances, sans tendresse et avec si peu d’émotion. A la fin de l’air quelques notes aiguës tenues plus longuement que de raison lui vaudront pourtant une acclamation de la part du public. Moins exposée dans le duo avec Adina, la voix semble gagner en rondeur, l’assurance communicative de Cecilia Bartoli y est sans doute pour quelque chose, et les mille facéties auxquelles le ténor se livre lui attirent d’emblée la sympathie du public qui ne ménage pas ses applaudissements mais c’est la romance de Bellini « Torna, vezzosa Fillide » qui sera pour lui le meilleur moment de la soirée. La tessiture centrale de cet air met en valeur son medium qui a conservé tout son éclat, l’investissement dramatique est réel, le ténor restitue avec beaucoup de conviction les émois de ce berger qui se languit de sa belle. En revanche, dans <em>Otello</em>, Rolando Villazon en est réduit à jouer les faire-valoir pour sa partenaire tant la tessiture du rôle-titre dévolu par Rossini au baryténor Andrea Nozzari expose cruellement ses difficultés dans le registre grave.</p>
<p>Toute autre est la prestation de <strong>Cecilia Bartoli </strong>qui fait une entrée de diva sous les acclamations de la salle. Vêtue d’une somptueuse robe bleu ciel à volants, elle ne fait qu’une bouchée de l’air de concert « Chi sà, chi sà, qual sia » dont elle exalte avec maestria tous les affects avec une science aiguë du style mozartien et cet art consommé de la colorature qu’on lui connait. Entre une Zerline troublante et une Adina mutine à souhait, la cantatrice propose un rondo final de la <em>Cenerentola</em> éblouissant, au cours duquel elle multiplie trilles et variations, tant dans le grave que dans l’aigu, renouvelant l’intérêt de cette page ô combien rebattue pourtant. Après l’entracte, statut de star oblige, changement de tenue : cette fois la robe est blanche et satinée, ornée de motifs bleus. La soprano romaine qui a déjà interprété Desdémone notamment à Zurich et à Paris, au Théâtre des Champs-Élysées, offre une scène finale de l’<em>Otello</em> rossinien proprement anthologique : après une belle introduction avec la harpe, perturbée hélas par la sonnerie d’un portable, l’air « Assisa a piè d’un salice » est chanté avec un legato somptueux et une émotion à fleur de lèvres, dans un silence quasi religieux. Se jouant des difficultés vocales de l’affrontement qui suit  avec Villazon, Cecilia Bartoli se montre bouleversante jusqu’au meurtre final. Toute la scène est mise en espace avec force jeux de lumières et quelques accessoires, un fauteuil bleu qui fait office de lit, un couteau dans la main du ténor.</p>
<p>Saluons la très bonne tenue de l’Orchestra La Scintilla, aux sonorités chatoyantes, conduit avec rigueur et précision par <strong>Ada Paech</strong>, son violon solo, qui témoigne d’un sens aigu du théâtre dans l’extrait d’<em>Otello,</em> ainsi que la prestation de Pier Luigi Fabretti, hautboïste, dans le concerto de Bellini.</p>
<p>Trois bis qui ne brillent pas par leur originalité concluent la soirée : « La danza », chantée à deux, qui offre au ténor l’occasion de se livrer a de nouvelles pitreries, « L’heure exquise » de la <em>Veuve joyeuse</em>, chantée curieusement en allemand par lui et en italien par elle et enfin l’incontournable « Libiamo » de la <em>Traviata</em> accompagné par les battements de mains d’un public forcément ravi.           </p>
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