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	<title>Olivier PODESTA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Olivier PODESTA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>YVAIN, Là-haut — Compiègne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Feb 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les <strong>Frivolités Parisiennes</strong> fêtent leurs 10 ans d’activité, toujours animées par l’envie de surprendre avec de l’inédit, du léger et du décalé. C’est en effet en 2012 que Benjamin El Arbi et Mathieu Franot ont créé la compagnie, destinée à faire revivre le répertoire lyrique léger français. Depuis, 15 spectacles ont été produits autour d’un orchestre de chambre. Ce fut l’occasion de belles découvertes et redécouvertes dont nous avons rendu compte, et qui ont fait des Frivolités un point de rencontre obligé du grand public comme des spécialistes. Des tournées à travers la France, une formation à ce répertoire destinée aux jeunes chanteurs, et des actions culturelles en direction des enfants complètent les activités du groupe, aujourd’hui en résidence au Théâtre impérial de Compiègne.</p>
<p>	Les Frivolités s’attaquent aujourd’hui à l’opérette <em>Là-Haut</em>, qui fut un des grands succès populaires des années folles. Pourtant, la critique ne fut pas vraiment tendre concernant l’œuvre, malgré la présence de Maurice Chevalier et surtout de Dranem dans la distribution de la création, si l’on en croit par exemple <em>Le Ménestrel</em> du 13 avril 1923, qui souligne que le canevas des librettistes « n’est certes pas un des meilleurs qu’ils aient rendus », et que la partition « s’envolera en pièces détachées déjà fredonnées partout à travers le monde pour retomber sur les pianos de tous les dancings et bals privés », permettant surtout à leur auteur de gagner beaucoup d’argent. C’est en effet la loi du genre.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" height="310" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/la-haut_-_les_elues_lesfrivolitesparisiennescorr.jpg?itok=WuE5YCEt" width="468" /><br />
	© Les Frivolités Parisiennes</p>
<p>Christophe Mirambeau, conseiller musical de la production, souligne les jeux malicieux avec les grandes œuvres lyriques, comme aimait tant le faire Offenbach. Ainsi, dès l’entrée d’Évariste, la parodie des « Anges purs, anges radieux » du <em>Faust</em> de Gounod, devient une espèce de refrain délirant « Y-a-t-il des lavabos, là-haut ? »… Mais cela ne suffit pas à expliquer le succès populaire de l’œuvre, qui s’appuie sur des refrains facilement mémorisables, en même temps que sur une écriture à la fois simple et virtuose, comme au final du deuxième acte, construit comme un <em>finaletto buffo</em>, tel que l’on peut en trouver par exemple dans <em>Le Barbier de Séville</em> de Rossini.</p>
<p>	Mais l’œuvre se veut avant tout distrayante, sur une histoire fort simple : Évariste vient d’arriver au Paradis, suivi de son ange gardien Frisotin. Vérifiant le chagrin de sa veuve restée sur terre, il la découvre courtisée par son cousin Martel. Saint Pierre l’autorise à redescendre quelques heures accompagné de Frisotin, pour arranger les choses. Heureusement, il ne s’agissait que d’un rêve ! De fait, chaque production de l’œuvre met en valeur un de ses aspects majeurs : dans ces dernières années, celle de Lyon (Théâtre des Célestins) également présentée à Paris (théâtre des Variétés) en 1997-1998, privilégiait l’aspect music-hall avec notamment des ballets soignés, et un accent mis sur le côté comique et même farfelu. La récente production de la Compagnie Fortunio (<a href="https://www.forumopera.com/la-haut-paris-lauguste-theatre-deux-heures-de-bonheur">voir le compte rendu de Christian Peter</a>) misait essentiellement sur la tradition.</p>
<p>Ce soir, dans sa note d’intention, le metteur en scène <strong>Pascal Neyron</strong> souligne la contradiction du livret, qui sous un extérieur résolument music-hall, déroule un voyage initiatique à travers une expérience burlesque de mort imminente. Il a de ce fait souhaité « redonner à l’œuvre son caractère universel, en s’appuyant sur la filmographie hollywoodienne des années cinquante ». Que reste-t-il de ce beau programme « novateur » limite prétentieux ? À dire vrai pas grand-chose. Le Paradis se résume à un Saint Pierre en chemise de nuit et à quelques vieux à la Warlikowski – encore que plus sympathiques – traînant malicieusement leur ennui. Et puis un Évariste à la tête de Christ et un Frisotin également emperruqué, alors qu’ils auraient été certainement beaucoup plus drôles au naturel. Bref, est-ce une Première un peu prématurée ? On n’y croit pas vraiment, et tout ce qui se déroule sur scène donne une impression de vaine agitation plutôt que d’une vraie direction d’acteurs. Car il aurait vraiment fallu que les parties chantées puissent s’appuyer sur un vrai jeu théâtral, qui reste ici à tout le moins minimaliste ou signe d’un manque de travail.</p>
<p>
	Côté musical, l’œuvre est entachée du péché originel, c’est-à-dire qu’il s’agit plus d’une pièce de théâtre interrompue de temps en temps par des morceaux chantés, que d’une véritable œuvre lyrique. Les morceaux sont gais, et l’orchestre dirigé très énergiquement par <strong>Nicolas Chesneau</strong> possède une vraie vertu entraînante. D’ailleurs, on entendait en sortant plusieurs personnes fredonner des airs, ce qui est le but de l’opération. Et pourtant, la sauce ne paraît pas prendre : sur tout le spectacle, juste un air a été applaudi. Et puis, aucune reprise à la fin du final aux applaudissements. Je me demande si certains spectateurs n’étaient pas venus uniquement pour ce moment très français, mais à entendre les réflexions de dépit, on voit bien qu’ils sont sortis déçus de cette absence. C’est peut-être un détail, mais cela montre un certain décalage entre ce que l’on a vu et les attentes – certainement inconscientes – du public.</p>
<p>	Et pourtant l’œuvre est défendue avec pugnacité par toute une brochette d’interprètes de talent. Bien sûr on regrette de ne pas retrouver des chanteurs des productions précédentes – ce qui donnerait vraiment l’effet « troupe » &#8211; mais c’est en même temps l’occasion de découvrir d’autres personnalités. <strong>Mathieu Dubroca</strong>, de sa haute stature, chante un Évariste plus ébahi de ce qui lui arrive que clairement maitre de la situation, d’autant que le Frisotin de <strong>Richard Delestre</strong> ne lui laisse guère de marge de manœuvre. Le premier a une voix parfaitement adaptée au rôle, bien projetée, le second n’a pas grand-chose à chanter et se contente de faire rire en se situant entre De Funès et Clavier. <strong>Jean-Baptiste Dumora</strong> a toute l’autorité vocale pour camper un Saint Pierre de haute volée, mais son accoutrement ridicule n’aide guère à l’apprécier. <strong>Olivier Podesta</strong> est un peu terne en Martel. Restent ces dames, avec les élues, dont on regrette – ce qui est paradoxal – qu’elles aient de grandes voix d’opéra là où l’on attendait des voix plus légères, et <strong>Judith Fa</strong> en Emma qui pourrait peut-être également alléger un peu la partie vocale. Quant à <strong>Clarisse Dalles</strong> en Maud, elle est certainement celle qui tire le mieux, à tous points de vue, son épingle du jeu. Mais au total on a l’impression que beaucoup ne paraissent pas adhérer toujours aux partis pris de mise en scène, toutes choses qui pourront s’améliorer au fil de la tournée* ?</p>
<p>*Le 6 mars 2022 à Tourcoing, et du 18 au 31 mars à Paris, Athénée-Louis Jouvet.</p>
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		<title>YVAIN, Gosse de riche — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gosse-de-riche-paris-avec-lfp-jamais-de-rates/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Apr 2017 08:31:57 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au fil des saisons, on en vient à se poser cette question existentielle : l’ensemble Les Frivolités Parisiennes serait-il capable de ne pas réussir un spectacle ? Après le succès d’entreprises aussi téméraires ou improbables que la résurrection de <a href="http://www.forumopera.com/don-cesar-de-bazan-paris-il-surgit-tout-arme-ou-presque"><em>Don César de Bazan</em> de Massenet</a>, du <a href="http://www.forumopera.com/breve/le-farfadet-par-lfp-a-ne-pas-manquer"><em>Farfadet </em>d’Adolphe Adam</a> ou du <a href="http://www.forumopera.com/le-petit-duc-paris-friandise-delicieusement-acidulee"><em>Petit Duc</em> de Lecocq</a>, on finit par se demander s’il est possible qu’un jour « LFP » nous déçoive.</p>
<p>En effet, la dernière création du groupe dirigé par Mathieu Franot et Benjamin El Arbi s’inscrit dans une liste toujours plus longue de spectacles suprêmement réjouissants. Et les heureux mélomanes qu’avait ravis <em>Yes !</em> <a href="http://www.forumopera.com/breve/yes-indeed-yes-we-can-a-paris">au Café de la Danse en janvier 2016</a> pouvaient se douter que <em>Gosse de riche</em> du même Maurice Yvain promettait de semblables délices. Cette comédie musicale de 1924 se situe chronologiquement entre <em>Ta bouche </em>(1922) et <em>Pas sur la bouche</em> (1925). Avec son complice Henri Falk, Jacques Bousquet (scénariste des adaptations cinématographiques de <em>Mam’zelle Nitouche </em>et de <em>Dédé</em>) devait à nouveau collaborer avec le compositeur en 1929 pour <em>Jean V</em>. S’ils n’égalent pas la verve d’un Albert Willemetz, ces deux librettistes n’en surent pas moins offrir à Maurice Yvain une très bonne pièce de boulevard sur laquelle greffer airs et ensembles. Quant à la musique, si elle n’inclut aucun des tubes qui ont fait le succès planétaire de <em>Là-haut</em>, elle est toujours entraînante et, dans les passages sentimentaux, elle égale ce dont était capable Messager à la même époque. Dirigé avec vigueur par <strong>Jean-Yves</strong> <strong>Aizic</strong>, qui officiait déjà au piano pour <em>Yes !</em>, le Frivol’ Ensemble assure dans la fosse (ou plutôt au pied de la scène, à la place des premiers rangs d’orchestre).</p>
<p>Sur la très petite scène du Théâtre Trévise, où le spectacle est arrivé après sa création à Saint-Dizier, port d’attache régulier des Frivolités, le décor est réduit à sa plus simple expression, mais l’on apprécie les charmants costumes de <strong>Daniella Telle</strong>, qui transportent l’œuvre dans les années 1950 ; le texte utilisé semble d&rsquo;ailleurs être le fruit d’une révision datant de l’après-guerre, car il inclut quelques allusions qui semblent plus liées aux <em>fifties</em> qu’aux Années Folles, à moins que ces adaptations ne soient l’œuvre du dramaturge <strong>Christophe Mirambeau</strong>. Dénuée de toute vulgarité malgré la pantalonnade de l’intrigue, la mise en scène fait mouche : elle est signée <strong>Pascal Neyron</strong>, à qui l’on devait déjà la réussite du <em>Farfadet</em>. Il faut préciser qu’elle s’appuie sur une excellente équipe de chanteurs-acteurs grâce auxquels les dialogues parlés passent comme une lettre à la poste.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="191" src="/sites/default/files/styles/large/public/visuel_gosse_de_riche-1-m-c_behue.jpg?itok=eNH4PIdy" title="A. Martin-Varroy, D. Lorthiois, C. Duval, G. Paire, A. Pirie, L. Raud, O. Podesta  © M.-C. Behue" width="468" /><br />
	A. Martin-Varroy, D. Lorthiois, C. Duval, G. Paire, A. Pirie, L. Raud, O. Podesta  © M.-C. Behue</p>
<p>Bien sûr, on retrouve ici quelques artistes associés aux Frivolités Parisiennes depuis plusieurs spectacles. Pour une fois, <strong>Charlène Duval</strong> hérite d’un rôle dénué de toute extravagance, auquel son interprétation donne malgré tout une grande saveur. On est ravi de revoir <strong>Olivier Podesta</strong>, déjà irrésistible dans <em>Yes !</em>, et qui confère au personnage de Léon Mézaize le maximum de relief. <strong>Alexandre Martin-Varroy</strong> faisait lui aussi partie de la distribution de <em>Yes ! </em>et l’on apprécie à nouveau son timbre grave dans ce rôle de père dont il n’a pourtant pas l’âge. Applaudie notamment dans la revue <a href="http://www.forumopera.com/paris-cheries-paris-que-cest-bon-detre-frivole"><em>Paris Chéries</em></a>, <strong>Léovanie Raud </strong>impose une aisance confondante, et une diction qui permet de ne pas perdre une syllabe de ce qu’elle chante.</p>
<p>Les nouveaux-venus ne passent pas inaperçus. Surtout entendue dans un répertoire sérieux (<em>Armida</em> de Haydn, <em>Don Giovanni&#8230;</em>), <strong>Dorothée Lorthiois</strong> possède un timbre d’une délicieuse fraîcheur et une présence scénique ; dommage seulement que son texte ne soit pas toujours totalement intelligible. Simple comparse dans <em>La Grande-duchesse de Gérolstein </em>adaptée en 2013 par Les Brigands, le baryton <strong>Guillaume Paire </strong>se montre tout à fait à la hauteur d’une musique plus exigeante qu’il n’y paraît. Mais nous avons gardé le meilleur pour la fin : si l’on ne craignait le risque de blasphème envers les dieux du théâtre, on écrirait que la stupéfiante <strong>Ariane Pirie</strong> est la réincarnation de Pauline Carton. Extraordinaire baronne Skatinkolovitz, elle fait de chacune de ses interventions un sommet, et l’on n’est pas près d’oublier « Avez-vous compris » ou « Combine », par exemple. Espérons que les Frivolités Parisiennes la réengageront bientôt pour d’autres personnages du même acabit !</p>
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