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	<title>Gideon POPPE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Gideon POPPE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>WAGNER, Parsifal &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-bayreuth-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 04:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les discussions envenimées autour des aléas de l’Or du Rhin parisien cette année ont pu faire oublier à quel point il y avait un grand chef dans la fosse pour le défendre. Pablo Heras-Casado continue ici, dans une production qu’il connaît déjà bien, de prouver qu’il est l’une des valeurs sûres de la scène actuelle, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Les discussions envenimées autour des aléas de l’<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-paris-bastille/">Or du Rhin parisien</a> cette année ont pu faire oublier à quel point il y avait un grand chef dans la fosse pour le défendre. <strong>Pablo Heras-Casado</strong> continue ici, dans une production qu’il connaît déjà bien, de prouver qu’il est l’une des valeurs sûres de la scène actuelle, que ce soit pour Wagner ou pour le répertoire lyrique en général. Sa direction constitue le plus grand atout de la représentation. Le phrasé, fluide et souple, s’inscrit toujours dans le rythme du texte, tout en menant un discours parallèle à la scène quand il le faut. La lisibilité est telle qu’on pourrait comprendre la narration par la seule partie orchestrale (plus limpide que la mise en scène par ailleurs, grâce aux leitmotive). On est à tout instant ravi par le jeu des timbres, la transparence de l’orchestre. Il propose un Wagner épuré, sensible, loin de toute démonstration de force : c’est là une forme d’idéal pour Parsifal. Le troisième acte en particulier est d’une beauté désarmante, notamment lors de la transformation du décor vers la cérémonie funéraire de Titurel. Là où certains en font (avec souvent beaucoup de réussite) un moment orchestral pathétique et violent, il choisit de l’interpréter en regard à la désolation qui ouvre l’acte, c’est-à-dire triste et abattu plutôt que grinçant. L’Enchantement du Vendredi Saint est évidemment un bonheur de délicatesse. Il faut dire qu’il est aidé par un <strong>Orchestre du Festival</strong> superlatif, que ce soit par sa cohésion, le son d’ensemble ou ses solistes (le hautbois). S’il faut émettre une réserve, disons simplement qu’il nous a manqué un soupçon d’urgence lorsqu’elle est demandée, notamment dans le deuxième acte. Saluons en tout cas bien bas cet artiste exceptionnel.</p>
<figure id="attachment_197896" aria-describedby="caption-attachment-197896" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-197896 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0330-1024x682.jpeg" alt="" width="1024" height="682" /><figcaption id="caption-attachment-197896" class="wp-caption-text">Pablo Heras-Casado<br />©️Waldemar Kamer</figcaption></figure>
<p>La mise en scène de <strong>Jay Scheib</strong> n’appelle pas les mêmes éloges. Sans la décrire précisément (on renverra plutôt au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-bayreuth-2/">compte rendu de Jean Michel Pennetier</a>), rappelons-en l’axe principal. Le plus grand drame de la communauté du Graal n’est pas ici le péché d’Amfortas, mais l’erreur initiale de leur culte, reposant sur l’exploitation des métaux rares comme le cobalt et le lithium. En mettant en danger le vivant, ce mode de vie les entraîne vers leur propre fin tant qu’ils ne le remettent pas en question. Toute dramatique qu’elle soit, la réalité politique que Scheib et la dramaturge <strong>Marlene Schleicher</strong> dénoncent ici est maladroitement amenée. Il faut attendre le troisième acte, et même sa conclusion, pour que le tout devienne cohérent et lisible. Sans même chercher à juger de l’adéquation ou non de cette thématique au livret de Wagner, disons simplement que c’est un échec de mise en œuvre de n’avoir aucun moyen de comprendre l’axe choisi autrement que rétrospectivement ou par la lecture du programme.<br />
Là où l’équipe de mise en scène s’éloigne en revanche considérablement du livret original, c’est par son traitement de la chasteté et du désir. Gurnemanz s’unit à Kundry dans le prologue ; Klingsor semble bien sexuel pour un aspirant saint qui se serait châtré lui-même pour renoncer à l’amour ; les Filles-fleurs sont des sortes de sirènes meurtrières, le danger pour les chevaliers n’étant alors plus d’être bannis de la communauté pour avoir péché, mais d’y laisser la vie ; le baiser de Parsifal à Kundry n’a rien de chaste, et la scène globalement est tout à fait sexuelle. On peine à comprendre la façon dont la mise en scène souhaite prendre en charge cet aspect car la thématique est trop présente dans le livret pour être complètement évacuée : la blessure d’Amfortas est bien montrée comme causée par le rapport avec Kundry, tandis que des symboles comme un pelvis percé surviennent régulièrement. En résulte une certaine incohérence.<br />
Le traitement de Kundry interroge également, mais on aime assez la direction que prend son axe dans le dernier acte. Globalement, elle semble sincère dans son entreprise de séduction de Parsifal, et développer un réel attachement pour lui, jusqu’à ce que les deux finissent comme un couple emblème du renouveau à mener après la destruction du Graal. Ainsi, plutôt que de chercher à apaiser Parsifal avec de l’eau lorsqu’il revient de son errance, c’est par un baiser qu’elle le réconforte. À la lecture des entretiens, on suppose que son dédoublement traduit le hiatus entre ce qu’elle voudrait être (incarné par Garanča, dans une forme &#8211; minimale &#8211; d’émancipation), et ce que la société patriarcale voudrait qu’elle soit (cette figure muette, prostrée et serviable, incarnée par une comédienne).</p>
<figure id="attachment_197912" aria-describedby="caption-attachment-197912" style="width: 900px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-197912" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0333.jpeg" alt="" width="900" height="600" /><figcaption id="caption-attachment-197912" class="wp-caption-text">©️Jay Scheib, Joshua Higgason</figcaption></figure>
<p>Il reste à parler de la véritable déception du spectacle. Nous avons vu la fameuse version avec réalité augmentée (là encore, on renvoie au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-bayreuth-2/">compte rendu de 2024</a> pour l’explication du procédé). La moquerie serait très facile pour parler du rendu visuel, qui nous a mis en colère dans un premier temps. Nous l’éviterons ici, préférant supposer que l’équipe de réalisation a dû composer avec un outil encore limité. Cette nouvelle strate peut se justifier par la fameuse citation de Gurnemanz « Zum Raum wird hier die Zeit » (ici le temps devient espace). Partant de la constatation que le récit est très régulièrement tourné vers le passé, la réalité augmentée offre alors un contrepoint au présent représenté sur scène, emplissant l’espace à 360º de symboles et scènes du passé et du futur. Le résultat est une invasion de symboles d’une lourdeur considérable (cercueils, crânes, pommes) voire d’un simplisme qui prête à sourire (des livres lors de certains récits), sans aucune poésie. À noter d’ailleurs que certains symboles essentiels (le pelvis percé pour Klingsor, la lance suspendue dans les airs, le Saint-Esprit, la destruction de Montsalvat), n’apparaissent pas dans la version simplement scénique, confrontant ainsi la majorité du public à un manque ou à une alternative bien pauvre (la lance est un accessoire pris des mains de Klingsor par Parsifal). A l’inverse, les lunettes mettent considérablement à distance de l’action scénique, du fait de l’hystérie des informations envoyées par ce canal qui dissimule simplement la scène. On en perd l’émotion, l’humain, mais aussi certains détails de mise en scène plutôt intéressants. À l’issue de la représentation, il est impossible de dire si ce dispositif a un avenir dans la mise en scène d’opéra tant le résultat est inabouti artistiquement. Peut-être faudrait-il d’abord un spectacle exclusivement conçu pour des spectateurs équipés pour pouvoir en tenir compte.<br />
Dans cette abondance d’idées, plusieurs nous paraissent cependant assez intéressantes. Le troisième acte, en assumant de prendre de grandes libertés avec le livret, offre des images assez saisissantes, ainsi qu’une certaine idée de la désolation tout à fait contemporaine (décor de Mimi Lien). Pas d’enchantement du vendredi saint pour le public si ce n’est les fleurs de la réalité augmentée, le paysage est dévasté par le forage, et les seules fleurs sur scène sont des bouquets funéraires artificiels. Le tableau du jardin enchanté est tout à fait réussi, aussi bien par son aspect luxuriant que par son horreur gore, avec ce chevalier décapité dont les filles-fleurs se repaissent. Enfin, on apprécie la longue scène de soin de la blessure d’Amfortas, transmise en vidéo en gros plan dans une imagerie très Cronenberg, qui fait de cette blessure repoussante l’évocation d’une cavité sexuelle.</p>
<figure id="attachment_197899" aria-describedby="caption-attachment-197899" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-197899" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0327-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-197899" class="wp-caption-text">Andreas Schager</figcaption></figure>
<p>Le Festival de Bayreuth a fait appel en grande majorité aux artistes des éditions précédentes pour cette reprise. Le principal nouveau venu est luxueux vu qu’il s’agit de l’Amfortas de <strong>Michael Volle</strong>. La voix est immédiatement saisissante, mais on s’étonne dans le premier acte d’un phrasé un peu statique, l’intensité passant davantage par le volume que par le détail. Ces réserves disparaissent totalement dans sa détresse du dernier acte, cette fois admirable aussi bien de puissance que de science du texte. Son pendant maléfique, Klingsor, est incarné par <strong>Jordan Shanahan</strong>, dont on ne sait trop si on veut lui faire jouer une caricature de capitaliste à la Jordan Belfort (Le Loup de Wall Street) ou un hédoniste gay, dans cette vieille tradition cinématographique d’affubler les antagonistes de codes queer. Toujours est-il que son chant est admirable, sain, et n’a rien de la caricature qu’on lui impose scéniquement.<br />
La Kundry d’<strong>Elīna Garanča</strong> triomphe auprès du public. Elle a le format exact du rôle, sur toute son étendue. Le saut d’intervalle vertigineux du « lachte » est impressionnant, les aigus sont aisés mais gardent la couleur de mezzo qui les rend si intenses, tandis que les graves sont toujours audibles, jusqu’en dessous de la portée. Son souffle, sa projection témoignent d’un chant athlétique très efficace. Ainsi, le « Parsifal, weile » qui interrompt la scène des Filles-fleurs coupe le souffle par son simple effet physique. Tout en étant admiratif, on n’y voit cependant pas nécessairement une interprétation absolue. Garanča n’a jamais été une grande diseuse, mais réussit à nous surprendre agréablement au début de la scène de séduction. Elle y recherche des nuances, une souplesse, une articulation qu’on ne lui connaissait pas. Puis revient l’occasion de faire du son, et on perd ce soin. Le phrasé se fait minimal, et on cherche en vain la griffure, la fêlure qui caractérise le personnage. L’intensité y est alors strictement acoustique. Il ne s’agit pas pour nous de détails, car c’est le texte qui donne sa force à Kundry, sa malice et sa force de manipulation contribuant à son potentiel de séduction. Waltraud Meier le démontrait avec brio.</p>
<figure id="attachment_197901" aria-describedby="caption-attachment-197901" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-197901" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0329-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-197901" class="wp-caption-text">Georg Zeppenfel, Andreas Schager, Elīna Garanča</figcaption></figure>
<p>On se permet aussi d’être exigeant sur ce point car au moins deux membres de la distribution rappellent à quel point le chant wagnérien ne peut se passer de l’art du récit et de l’éloquence. <strong>Andreas Schager</strong> d’abord, Parsifal très investi, qui réussit malgré son format héroïque à trouver les nuances piano et la couleur juvénile dont a besoin par instants le rôle. <strong>Georg Zeppenfeld</strong> ensuite, pour nous l’atout majeur de la distribution. Son Gurnemanz rayonne de bonté, par la magie d’une voix riche en harmoniques, mais surtout par son art du mot. Il ne s’agit pas tant de diction que d’accentuation, de phrasé naturel pour donner l’illusion du parlé-chanté. Impossible de parler de tunnels quand les longs récits du personnage sont déclamés avec une telle intelligence. Il est par ailleurs très juste sur scène, alors que le niveau de jeu est assez inégal.<br />
Les seconds rôles sont tous distribués avec soin, du Titurel aussi grave que nécessaire de <strong>Tobias Kehrer</strong> aux Filles-fleurs, parmi lesquelles on distingue le beau soprano lyrique de <strong>Victoria Randem</strong>. Citons aussi le court solo de <strong>Marie-Henriette Reinhold</strong> en conclusion du premier acte, qui obtient l’effet céleste escompté grâce à une ligne impeccable.</p>
<p>Le <strong>Chœur du Festival de Bayreuth</strong> bénéficie avec Parsifal de nombreux moments pour briller, au premier rang desquels on met l’entrée du cortège funéraire de Titurel (« Geleiten wir im bergenden Schrein »). La violence des consonnes, l’expressivité, la cohésion en font un moment glaçant. Cependant, c’est l’ensemble de leur prestation qu’il faut saluer, des Filles-fleurs aux cérémonies du Graal. Les voix célestes en particulier réussissent pleinement l’effet androgyne trouble recherché par Wagner. Les artistes des chœurs ont été préparés par <strong>Thomas Eitler-de Lint</strong>.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-197902 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0325-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /></p>
<p>Excès d’ambition ? Limites techniques ? Projet voué à l’échec ? On ne peut pas cacher une vraie frustration à la sortie du Festspielhaus face à une production qu’on attendait avec une vraie curiosité, voire une certaine bienveillance. Inaboutie, son plus grand tort est peut-être d’empêcher la transcendance créée par les interprètes de totalement se déployer, du fait de la pauvreté de son imaginaire. Et pourtant, on choisit d’en retenir la dernière image, celle de Kundry et Parsifal regardant vers l’avenir, prêts à guider l’humanité vers plus de respect mutuel, plus de « Mitleid ». Cette compassion, cette sensibilité, c’est bien ce que nous ont donné à entendre orchestre et chant ce soir, dans une interprétation résolument tournée vers le sensible.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-meistersinger-von-nurnberg-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle production des Meistersinger, inaugurée le 25 juillet dernier, a été confiée au metteur en scène Matthias Davids, venu du monde du théâtre et qui a fait l’essentiel de sa carrière en Allemagne. Volontiers iconoclaste, rompu aux ficelles du métier, il impose ici une conception presqu’entièrement tournée vers la comédie, qu’il manie très habilement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span class="relative"><span lang="FR">La nouvelle production des </span></span><strong><span lang="FR" style="font-weight: normal;"><em>Meistersinger</em>,</span></strong><span class="relative"><b> </b><span lang="FR">inaugurée le<b> </b></span></span><strong><span lang="FR" style="font-weight: normal;">25 juillet dernier, a été confiée au metteur en scène </span><span lang="FR">Matthias Davids</span></strong><strong><span lang="FR" style="font-weight: normal;">, venu du monde du théâtre et qui a fait l’essentiel de sa carrière en Allemagne. Volontiers iconoclaste, rompu aux ficelles du métier, il impose ici une conception presqu’entièrement tournée vers la comédie, qu’il manie très habilement mais pas toujours légèrement, au détriment d’une réflexion plus fondamentale – pourtant bien présente dans l’œuvre – sur le combat entre tradition et modernité. Dans une esthétique post-moderne, inspirée des jeux télévisés (nombreuses références à Intervilles) où débordent de toute part le grotesque, l’outrance et le kitsch assumé, il transpose l’œuvre dans un univers radicalement opposé à la tradition wagnérienne, son immobilisme et sa gravité.</span></strong></p>
<p><strong><span lang="FR" style="font-weight: normal;">Servie par un décor grandiose, (</span><span lang="FR">Andrew D. Edwards</span></strong><strong><span lang="FR" style="font-weight: normal;">) fait de plusieurs éléments tournant dont un escalier monumental, un amphithéâtre dont les éléments décoratifs sont repris de la salle du Festspielhaus elle-même (mêmes luminaires trilobés, mêmes soubassements de colonnes en appareillage de fausses pierre etc…), une ville de Nuremberg stylisée au deuxième acte, un magnifique et sobre atelier de Sachs et finalement un podium de festival rock, la mise en scène balade le spectateur d’une époque à l’autre, confrontant les générations dans un joyeux débordement très imaginatif. Les costumes d’une imagination sans borne contribuent grandement au désordre général, en particulier dans la scène finale qui semble bien réunir tout ce que l’époque moderne peut proposer de plus laid et de plus vulgaire (tout cela parfaitement assumé) mais aussi de plus joyeux et de plus festif.</span></strong></p>
<p><strong><span lang="FR" style="font-weight: normal;">Pour tape-à-l’œil qu’il soit, le spectacle n’en est pas pour autant dépourvu d’attraits, tant Matthias Davids excelle par mille et un détails à surprendre, à faire rire, à créer des décalages inattendus qui relancent sans cesse l’action et tiennent le spectateur en éveil. Cela tient tantôt du cirque, tantôt du boulevard, délibérément populaire, exagérément coloré, plein d’artifices, très premier degré, et pourtant les sentiments sont sincères, les situations sont justes et l’émotion finit par poindre là où il faut, en particulier au début du troisième acte. De cette pièce qui pourrait n’être qu’un simple divertissement, il fait un chef-d’œuvre comique, ce qui est en soi une prouesse. Cette transposition contemporaine ne permet cependant pas de résoudre certaines questions cruciales posées par le livret, et notamment la place des femmes dans cette intrigue surannée, tout juste bonnes à servir de trophée, de récompense au vainqueur sans identité propre, mais surtout sans que jamais la question de leur consentement soit seulement évoquée. Même si l’amour de Eva pour son Walther semble sincère, Davids semble passer à côté de ce sujet-là sans s’en apercevoir.</span></strong></p>
<p><strong><span lang="FR" style="font-weight: normal;">A la direction musicale du spectacle, </span><span lang="FR">Daniele Gatti</span></strong><strong><span lang="FR" style="font-weight: normal;"> se lance à corps perdu dans l’aventure, avec plus d’entrain et d’enthousiasme que de précision ou de souci du détail. Comme emporté par le caractère débridé et foutraque du plateau, l’orchestre propose beaucoup d’ardeur, réussit quelques prouesses – la scène de la bagarre généralisée au deuxième acte est parfaitement en place – , se reprend quand il le faut et termine la soirée, près de cinq heures de musique tout de même, sans fatigue apparente.</span></strong></p>
<p><strong><span lang="FR" style="font-weight: normal;">La production bénéficie d’une distribution magnifique, dominée magistralement par </span><span lang="FR">Michael Spyres</span></strong><strong><span lang="FR" style="font-weight: normal;"> dans le rôle de Walther von Stolzing. S’il n’a plus tout à fait l’âge d’un jeune premier, il a la voix idéale pour le rôle, charpentée, puissante et claire, et incarne ce personnage de bon garçon sympathique avec une aisance déconcertante. Tout aussi impressionnant, mais dans un autre registre, le Hans Sachs de </span><span lang="FR">Georg Zeppenfeld</span></strong><span class="relative"><span lang="FR"> fait preuve d’une humanité profonde, d’une grande maturité confinant à la sagesse. Son timbre imposant, sa haute stature et sa présence scénique font beaucoup pour nourrir le rôle. Le jeune ténor suisse allemand <b>Matthias Stier</b> dans le rôle de David a fait l’effet d’une révélation. Sa voix magnifiquement timbrée et pleine de charme semble tout à fait naturelle ; il donne au rôle une spontanéité et une sincérité déconcertantes. <b>Christina Nilsson</b>, soprano suédoise qui prête sa voix claire et puissante à Eva, a fait forte impression également, se révélant fine musicienne et d’une efficacité remarquable au troisième acte. A ses côtés, <b>Christa Meyer</b> dans le rôle plus modeste et moins flamboyant de Magdalena remplit parfaitement son office. Tous les cinq ont donné une magnifique version du célèbre quintette du troisième acte, musicalement très pure et scéniquement très émouvante. Beckmesser est chanté par <b>Michael Nagy</b>, baryton d’origine hongroise né à Stuttgart, qui tente de contourner le ridicule du personnage par une certaine froideur et fait beaucoup rire. Un peu en deçà de ses partenaires, <b>Jongmin Park</b> montre peu de charisme en Pogner malgré la profondeur de la voix. Les membres de la confrérie sont traités par la mise en scène de façon indifférenciée ; ils forment une cohorte homogène de fort bonne qualité, <b>Martin Koch</b> en Vogelsang, <b>Werner Van Mechelen</b> en Nachtigall, <b>Jordan Shanahan</b> en Kothner, <b>Daniel Jenz</b> en Zorn, <b>Matthew Newlin</b> très drôle en Eisslinger, <b>Gideon Poppe</b> en Moser, <b>Alexander Grassauer</b> en Ortel, <b>Tijl Faveyts</b> en Schwarz et <b>Patrick Zielke</b> en Foltz. Citons encore <b>Tobias Kehrer</b> qui incarne un veilleur de nuit redoutable, muni d’un impressionnant cor des Alpes. Les chœurs dirigés par <b>Thomas Eitler-de Lint</b>, nombreux et fort sollicités par la mise en scène, semblent avoir apprécié l’importance qui leur est ici accordée et répondent avec entrain, précision et spontanéité à toutes les injonctions de la partition.</span></span></p>
<p><span class="relative"><span lang="FR">Tous seront récompensés à la fin du spectacle par des applaudissements extrêmement nourris et bien mérités, la performance vocale et le caractère enjoué du spectacle emportant finalement l’adhésion du plus grand nombre.</span></span></p>
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		<title>OFFENBACH, Les Contes d&#039;Hoffmann — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-berlin-deutsche-oper-et-le-vainqueur-est-laurent-pelly/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Oct 2019 04:19:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce n’est qu’en décembre 2018 que le Deutsche Oper Berlin a repris la vision des Contes d’Hoffmann que Laurent Pelly proposait brillamment dès 2003 dans une coproduction entre l’opéra de Lyon, l’opéra de Lausanne, le Liceu de Barcelone et le San Francisco Opera. On ne retrouve pas tous les protagonistes du casting de l’an passé, en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est qu’en décembre 2018 que le Deutsche Oper Berlin a repris la vision des <em>Contes d’Hoffmann</em> que <strong>Laurent Pelly</strong> proposait brillamment dès 2003 dans une coproduction entre l’opéra de Lyon, l’opéra de Lausanne, le Liceu de Barcelone et le San Francisco Opera. On ne retrouve pas tous les protagonistes du casting de l’an passé, en tout cas pas le chef d’orchestre et c’est certainement regrettable car il a semblé, à lire les commentaires de l’époque, qu&rsquo;Enrique Mazzola avait été pour beaucoup dans l’accueil très positif du public et de la critique. Force est de constater en effet que l’orchestre ne nous aura pas franchement emballé ce soir-là. <strong>Daniel Carter</strong> ne met guère en avant les évidentes qualités des membres de l’orchestre du Deutsche Oper, que l’on a connu en bien meilleure forme. Faute à une direction bien trop littérale, où les pupitres semblent parfois très éloignés les uns des autres. Il manque un souffle, un projet commun sans lequel <em>Les Contes d’Hoffmann</em> reste une juxtaposition de scènes sans lien étroit les unes avec les autres. La tradition a surmonté l’obstacle en confiant plusieurs rôles aux mêmes chanteurs et c’est heureux ainsi. Ajoutons à cela un chœur très décalé pendant de trop longues secondes au I (ou Prologue selon la version), des spectateurs ce soir-là particulièrement indisciplinés (arrivées en retard, applaudissements à plusieurs reprises en dépit du bon sens) et l’on conviendra que le chef australien n’a pas dû passer une soirée très confortable.</p>
<p><strong>Marc Laho</strong> lui non plus n&rsquo;aura pas été à la fête. Notre Hoffmann d’un soir possède certainement l’outil vocal adéquat. Mais nous n’avons guère retrouvé la voix brillante, solide, aisée que nous lui avions déjà connue, notamment à Marseille. Et l’annonce, à la fin du second entracte, de son indisposition nous a presque rassuré sur l’intégrité de sa voix en temps normal. La dernière partie fut difficile pour lui et on lui pardonnera, dans ces conditions, d’avoir esquivé quelques notes ou d’en avoir sensiblement écourté d’autres. Le jeu toutefois est resté solide et on le félicitera pour sa réelle présence malgré un état de la voix problématique.</p>
<p>Le triple rôle Olympia-Antonia-Giulietta est tenu par <strong>Heather Engebretson</strong>. Disons d’emblée que les actes III et IV nous auront davantage convaincu que l’acte d’Olympia. Sans doute « Les oiseaux dans la charmille » se fait-il totalement à froid, sans doute encore avions-nous d’autres voix en tête dans ce morceau de bravoure. Mais nous avons tout de même trouvé que les évidentes difficultés de l’air n’ont été que partiellement surmontées et surtout dans la douleur. Certes, on n’attend pas forcément de la poupée un chant maîtrisé comme une mécanique (encore que !), mais au moins un minimum d’aisance dans les exercices de haute voltige, ce qui nous a manqué ici. Les actes d’Antonia et de Giulietta, moins exigeants aussi, permettent à Engebretson de corriger une première impression plutôt passable. La barcarolle de l’acte vénitien  est ainsi un joli moment de plénitude.</p>
<p><strong>Byung Gil Kim</strong> (Lindorf-Coppélius-Miracle-Dapertutto) possède indéniablement de réelles qualités vocales ; une basse charnue, à la gamme étendue. Par ailleurs il rend remarquablement la lente transformation méphistophélique des quatre personnages de plus en plus inquiétants qu’il incarne du début à la fin. Restent deux points à revoir absolument : une musicalité qui a furieusement manqué et surtout une prononciation quasi inintelligible de la langue française.</p>
<p>Un satisfecit pour <strong>Gideon Poppe</strong> (Andrès-Cochenille-Franz-Pitipinacchio). Ce membre de la troupe du Deustche Oper remplit parfaitement ses différents seconds rôles – ajoutant un jeu intelligent et dans l’ensemble convaincant.</p>
<p>Ce plateau vocal bien moyen aura été dominé par la mezzo américaine<strong> Irene Roberts</strong> (la Muse-Nicklausse) qui a intégré la troupe berlinoise en 2015. Très à l’aise sur scène, enthousiaste, elle sera toute la soirée durant l’accompagnatrice idéale de Hoffmann. Voix très juste, au mezzo envoutant (parfois un sosie vocal de Marie-Nicole Lemieux) et prometteur.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="297" src="/sites/default/files/styles/large/public/1_1.jpg?itok=Z7KOiPF6" title="© Bettina Stöss" width="468" /><br />
	© Bettina Stöss</p>
<p>C’est donc <strong>Laurent Pelly </strong>qui signe avec brio la mise en scène. Offenbach est un de ses compositeurs de prédilection qui, on le sait, lui a déjà assuré moult succès. Le point central de sa proposition scénique est l’ambivalence. Nous sommes dans un monde en permanence ambivalent, plus ou moins fantastique (mi-réel, mi-imaginaire) et rien de ce que l’on voit (que ce soit les personnages, les actions ou les lieux) n’est sûr aux yeux du spectateur. Chaque personnage est pluriel et le fait qu’un seul et même chanteur incarne plusieurs personnages successivement accentue cette impression inconfortable. Hoffmann lui-même subit au fil des actes une métamorphose spectaculaire, qui se conclut au V (ou épilogue) par un très brutal retour en arrière et à la réalité.</p>
<p>Cette même ambivalence se retrouve dans l’agencement de la scène. Les décors de<strong> Chantal Thomas</strong> se transforment sous nos yeux, la poupée Olympia n’est pas une créature évanescente et flottant dans les airs mais se révèle être une vulgaire poupée propulsée par une machinerie aussi peu poétique que possible et qui se dévoile crûment à la fin de l’air d’Olympia. Les escaliers glissent et séparent après avoir rapproché les personnages, les superbes jeux de lumières de <strong>Joël Adam</strong> ajoutent à la confusion des sensations perçues, les ombres menaçantes  se transforment en inoffensives silhouettes, bref nous sommes en plein dans l’univers fantastique des contes du poète Ernst Theodor Amadeus Hoffmann. Toute l’intelligence de Laurent Pelly aura consisté à restituer cette ambiance si particulière, qui devrait faire le charme de toute représentation des <em>Contes d’Hoffmann</em>.</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-berlin-deutsche-oper-et-le-vainqueur-est-laurent-pelly/">OFFENBACH, Les Contes d&#039;Hoffmann — Berlin (Deutsche Oper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Der fliegende Holländer — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-fliegende-hollander-berlin-deutsche-oper-noir-cest-noir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 May 2019 05:11:59 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/noir-c-est-noir/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Noire et fascinante, la reprise au Deutsche Oper de Berlin du Fliegender Holländer intelligemment revisité par Christian Spuck. Audacieuse aussi faudrait-il ajouter, car le chorégraphe et régisseur marbourgeois tente et réussit en effet le pari de nous présenter une scène de huis clos où l’élément marin est réduit à sa plus simple expression : une modeste maquette de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Noire et fascinante, la reprise au Deutsche Oper de Berlin du <em>Fliegender Holländer </em>intelligemment revisité par <strong>Christian Spuck</strong>. Audacieuse aussi faudrait-il ajouter, car le chorégraphe et régisseur marbourgeois tente et réussit en effet le pari de nous présenter une scène de huis clos où l’élément marin est réduit à sa plus simple expression : une modeste maquette de voilier ! Point de vaisseau fantôme, point de voile, point de marins – des dockers peut-être ? –  mais en lieu et place une pièce unique fermée par deux immenses portes sur une scène extrêmement réduite. Tout juste le rideau d’une pluie incessante du début à la fin (parfois trop bruyante dans les <em>piani</em> de l’ouverture) en fond de pièce nous renvoie-t-il vers l’élément liquide où s’abîmeront les espoirs du Hollandais. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="297" src="/sites/default/files/styles/large/public/5.png?itok=p5t53fbt" title="© Thomas M. Jauk" width="468" /><br />
	© Thomas M. Jauk</p>
<p>Et pourtant tout se tient, tout est juste. C’est que, pour Spuck, comme pour Wagner en fait, la légende du navigateur maudit n’est que la toile de fond d&rsquo;une énième déclinaison du thème de l’amour impossible. Foin de bateau, tempêtes et marins qui nous détournent de l&rsquo;essentiel, à savoir le combat inégal et jamais explicite de deux hommes pour la conquête de la même femme. En cela la vision proposée ici est fascinante, le centre du jeu n’est ni chez Senta, ni chez le Hollandais, mais bien chez…Erick, le fiancé malheureux et désespéré. C’est lui l’anti-héros du soir.</p>
<p>Erick est présent sur la scène du début à la fin. L’ouverture nous le montre prostré, relisant la tragique trajectoire amoureuse à venir de Senta, qu’il n’a su contrecarrer. En fracassant contre les murs de la pièce la maquette du voilier, qui symbolise le trésor contre lequel Daland voulait échanger sa fille, il expose sa propre nudité, lui qui n&rsquo;a rien d&rsquo;autre à offrir en échange qu’un modeste bouquet de fleurs dont personne ne veut. Tout au long des trois actes enchaînés sans interruption, c’est bien lui qui errera sur scène comme un désespéré, ne trouvant nul repos ni réconfort. Il assistera impuissant à l’arrivée du Hollandais, au troc conclu avec Daland, à la subjugation de Senta, emprise à laquelle il mettra fin après le départ du Hollandais en trucidant sa bien-aimée. Tout cela mené dans un décor et des costumes d’une noirceur aveuglante. Comme l’incessante pluie en fond de scène, tout nous dit que rien ne pourra se mettre en travers de la tragédie qui file son chemin sans rémission.</p>
<p>Derrière le metteur en scène, le danseur et chorégraphe ne se cache pas . Christian Spuck, actuellement directeur du ballet de Zurich, nous offre une direction d’acteur d’un esthétisme rare pour ce type d’œuvre. De jolis et très inattendus mouvements d’ensemble des chœurs, une occupation de l’espace parfaite et un rythme assumé feront qu’au final et tout compte fait, nous retiendrons sa vision du <em>Vaisseau Fantôme</em> comme une réelle contribution à la compréhension d’une œuvre polymorphe.</p>
<p>La production musicale ne s’est toutefois pas toujours projetée à la hauteur de la vision proposée sur scène. C’est un peu frustrant car il y avait de quoi faire de cette soirée l’un de ces moments rares que l’on garde en mémoire et qui font date en quelque sorte. A quoi cela tient-il ? A deux choses : une distribution hétérogène et une accumulation de détails dissonants qui ne peuvent qu’irriter l’oreille attentive.</p>
<p>Sur la distribution soyons clair : la Senta de <strong>Catherine Foster</strong> ne s’accordait pas au reste du plateau. Nous avons bien sûr retrouvé les formidables moyens vocaux de la britannique (nonobstant une entrée en matière bien moyenne), mais les moyens déployés semblaient excessifs. On ne demande pas à Senta d’être une Isolde avant l’heure, les roucoulades du II (complainte du Hollandais) ne sauraient être celles d’une Walkyrie. Dans une vision assumée intimiste du drame qui se noue, Catherine Foster nous a semblé souvent surdimensionnée et manquant de la vraie délicatesse torturée qui doit caractériser Senta. Il n’en demeure pas moins que son final fut éblouissant, et qu’elle fait montre d’une présence sur scène indéniable. Nous préfèrerons la retrouver dans des rôles plus lourds, qu’elle affectionne au demeurant et qui lui vont bien.</p>
<p>Face à Senta, l’Erick de <strong>Thomas Blondelle</strong> force l’admiration. Comme nous le disions, il ne quitte pas une seule seconde la scène, sa prestation « physique » est impressionnante ; toutefois, lorsqu’il entame sa partie au II (il a déjà « erré » 45 minutes sous nos yeux !) il n&rsquo;a pas bénéficié de la préparation et de l’échauffement suffisants pour être tout à fait d’attaque. De fait, sa diction, sa musicalité tâtonnent sérieusement dans la scène avec Senta. Plus tard en revanche, on appréciera une belle montée en gamme et on découvrira un ténor clair, parfois limpide, et des moyens vocaux qui, sans être exceptionnels, siéent tout à fait à ce rôle.</p>
<p>Il ne faudrait pas faire l’impasse sur le Steuermann de <strong>Gideon Poppe</strong>. Rôle extrêmement bref certes mais bien distribué. Nous avons là un ténorino vaillant et volontaire qui cadre parfaitement dans la vision domestique du metteur en scène. </p>
<p>Bien, très bien distribué même le Hollandais de <strong>Iain Paterson </strong>que nous avions apprécié naguère en <a href="https://www.forumopera.com/medee-berlin-staatsoper-famille-je-vous-hais">Créon du <em>Médée</em> berlinois</a>. Il cadre en effet idéalement dans la lecture quasi chambriste de l’œuvre qui nous est proposée. Quelle application dans la diction, quel soin porté à l’articulation, on pourrait presque parler d’une recherche de legato qu’on entend rarement dans ce rôle. Son « Die Frist ist um » est bouleversant de vérité et de noirceur. Chaque mot, chaque syllabe est vécue, vibrée à l’unisson du désespoir. Un autre beau moment sera son duo avec Senta au II même si l’accord des voix, nous l’avons dit, ne fut pas idéal. On aimerait entendre Paterson dans le <em>Chant du Cygne</em> ou le <em>Voyage d’Hiver</em>. Il possède les attributs de chaleur, de pathos-sans-trop-en-faire qui nous ont décidément emporté. La voix fut parfois couverte par l’orchestre mais ce n’est pas à Paterson qu’on en fera le reproche. Il est pour nous aujourd’hui un Hollandais qui compte. </p>
<p>Daland est tenu ce soir-là par <strong>Falk Struckmann</strong>. L’homme est solide on le sait, il s’est remarquablement accordé avec le Hollandais de Paterson. Diction moins précise peut-être mais des graves très habités et une aisance qui font plaisir à voir et à entendre.</p>
<p>Un mot et pas qu’un seul pour louer les choristes du Deutsche Oper et leur chef <strong>Jeremy Bines</strong>. Ils sont plus de 80 sur scène au total. On connaît la difficulté de la partie masculine principalement. Ils nous livrent une partition quasi parfaite, toute de dynamisme, de souffle, d’humour, sachant aussi se livrer à de jolis moments chorégraphiques inattendus.</p>
<p>Déception en revanche, disons-le, pour l’orchestre dirigé ce soir-là par <strong>Axel Kober</strong>. Est-il acceptable, là où nous sommes, de débuter l’ouverture avec une telle impréparation ? Après quelques secondes d’ouverture, les désaccords du cor anglais et des flûtes nous arrachent les oreilles. Et puis il y a le manque de ligne tout au long de la soirée. On oscille en permanence entre l’adhésion à la vision intimiste du plateau et le déferlement incontrôlé de la vague wagnérienne qui, dans cette version, n’avait pas sa place. </p>
<p>Dommage vraiment. A peu de choses près cette soirée aurait pu être mémorable. Elle fut seulement – mais c’est déjà beaucoup – fascinante à bien des égards.</p>
<p> </p>
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		<title>Edward II</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/edward-ii-le-roi-maudit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Dec 2017 06:48:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sur le petit ou le grand écran, il a eu successivement les traits de Michel Beaune (ORTF, 1972), de Steven Waddington (Derek Jarman, 1991) et de Christopher Buchholz (France 2, 2005). Après avoir été un personnage de théâtre, pour Christopher Marlowe, ou de roman, pour Maurice Druon, le roi d’Angleterre Edouard II est devenu un &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sur le petit ou le grand écran, il a eu successivement les traits de Michel Beaune (ORTF, 1972), de Steven Waddington (Derek Jarman, 1991) et de Christopher Buchholz (France 2, 2005). Après avoir été un personnage de théâtre, pour Christopher Marlowe, ou de roman, pour Maurice Druon, le roi d’Angleterre Edouard II est devenu un héros d’opéra avec la <a href="https://www.forumopera.com/edward-ii-berlin-deutsche-oper-homosexualite-feconde">création berlinoise d’<em>Edward II</em></a>, troisième opus lyrique d’Andrea Lorenzo Scartazzini. En février dernier, l’événement a fait grand bruit, beaucoup à cause du sujet de l’œuvre, à cause de sa mise en scène aussi, et de certains commentaires <a href="https://www.forumopera.com/breve/edward-ii-reveillerait-il-lhomophobie">qu’on a pu lire dans la presse</a>. Moins d’un an après, le label Oehms publie un écho de cette création : on regrette dans un premier temps qu’il ne s’agisse que d’un CD, car un DVD aurait donné un reflet plus complet du spectacle. Mais après tout, maintenant que les passions sont en partie retombées, c’est l’occasion de juger l’essentiel, c’est-à-dire la partition.</p>
<p>Or, à l’écoute de la musique seule, on se demande si l’œuvre de Scartazzini a de quoi s’imposer indépendamment de sa visualisation scénique. Pour cette œuvre plus ambitieuse, le passage à une durée plus longue et à un nombre de personnages supérieur (si on compare avec <a href="https://www.forumopera.com/cd/der-sandmann-coppelius-sans-olympia-ou-presque">le deuxième opéra du compositeur</a>, <em>Der Sandmann</em>) ne semble pas s’être fait sans difficulté : de manière assez flagrante, le deuxième acte marque une retombée de l’inspiration, après une première partie beaucoup plus riche. Même si l’effet est voulu, on constate une raréfaction de la matière musicale même, un épuisement du chant au profit du parlé, qui laissent l’auditeur sur sa faim. Tous les personnages finissent par se rejoindre dans une même vocalité monochrome et l’oreille, d’abord sollicitée, décroche un peu.</p>
<p>De manière générale, l’écriture d’Andrea Lorenzo Scartazzini ne semble jamais chercher à mettre les voix en valeur. Cris, chuchotements et <em>sprechgesang</em>, voilà tout ce dont disposent les solistes, sans qu’aucun moment ne laisse le chant s’épanouir. Ecriture souvent tendue, notamment pour le ténor <strong>Ladislav Elgr</strong>, dans le rôle de Gaveston, l’amant du roi. En reine Isabelle, la « Louve de France », <strong>Agneta Eisenholz</strong> alterne entre parlando et stridences. Quant au baryton <strong>Michael Nagy</strong>, le rôle-titre ne lui offre guère plus d’occasions de se mettre en avant. Parmi les personnages secondaires, <strong>Andrew Harris</strong> met un timbre noir au service de Mortimer, l’amant de la reine, mais le personnage de l’Ange avec qui dialogue parfois Edouard est particulièrement sous-employé. Malgré les belles prestations du chœur et de l’orchestre du Deutsche Oper, conduit par <strong>Thomas Sondergärd</strong>, difficile de se laisser emporter par ce « théâtre musical » qui, malgré sa relative brièveté, gagnerait souvent à être un peu plus musical. </p>
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		<title>WAGNER, Der fliegende Holländer — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-fliegende-hollander-berlin-deutsche-oper-erik-le-grain-de-sable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Bonal]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 May 2017 05:21:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Erik tel un grain de sable. Voici l’interprétation que Christian Spuck propose dans cette nouvelle production du Vaisseau Fantôme au Deutsche Oper de Berlin. Omniprésent sur scène depuis l’ouverture orchestrale jusqu’au tombé du rideau, Erik passe par tous les stades de la maladie d’amour – et de la jalousie – qui le conduiront à être, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Erik tel un grain de sable. Voici l’interprétation que <strong>Christian Spuck</strong> propose dans cette nouvelle production du <em>Vaisseau Fantôme</em> au Deutsche Oper de Berlin. Omniprésent sur scène depuis l’ouverture orchestrale jusqu’au tombé du rideau, Erik passe par tous les stades de la maladie d’amour – et de la jalousie – qui le conduiront à être, malgré lui, l’instigateur de l’issue dramatique de l’opéra.</p>
<p><strong>Thomas Blondelle</strong> incarne ce fiancé délaissé par un jeu tantôt hystérique tantôt dépressif et par un chant tendu et nerveux qui donne à ses interventions un caractère vitupérant et tempétueux propre à le rendre inquiétant. Il est aidé en cela par une scénographie des plus ténébreuses et insignifiantes que les costumes sombres d’<strong>Emma Ryott</strong> viennent accentuer.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/hollaender_ohp_500_brimberg_hf1.jpg?itok=xTwJke3Q" title="Brimberg (Senta) ©Thomas Jauk" width="468" /><br />
	Brimberg (Senta) © Thomas Jauk</p>
<p>Face à lui le hollandais de <strong>Samuel Youn</strong> fait plutôt pâle figure. Son émission sans grand relief ni réel impact ne lui permet pas de s’imposer au milieu d’un plateau par ailleurs honorable. <strong>Tobias Kehrer</strong> campe un Daland crédible aux accents rieurs parfaitement adaptés à la bonhommie du personnage. La Senta d’<strong>Ingela Brimberg</strong> est vaillante et dispose d’une réserve suffisante pour lancer quelques aigus acérés tant lors de sa ballade qu’au dénouement de l’intrigue. L’excellente <strong>Ronnita Miller</strong> est certainement surdimensionnée pour le rôle de Mary dont les interventions limitées ne permettent pas d’apprécier l’étendue de ses talents vocaux. <strong>Gideon Poppe</strong> en timonier manque d’assurance dans quelques notes élevées qu’il préfère escamoter.</p>
<p>Les chœurs qui composent un volet important de l’œuvre s’équilibrent parfaitement en dépit de quelques infimes décalages.</p>
<p>Notons l’excellent travail de <strong>Donald Runnicles</strong> tant dans la recherche d’un équilibre permanent avec le plateau que par la clarté et le souci des détails qu’il observe dans la conduite de l’orchestre du Deutsche Oper permettant de révéler des subtilités musicales souvent écrasées par la tempête orchestrale de la partition.</p>
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		<item>
		<title>SCARTAZZINI, Edward II — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/edward-ii-berlin-deutsche-oper-homosexualite-feconde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Feb 2017 09:18:33 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/homosexualit-fconde/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Troisième opéra du compositeur suisse Andrea Lorenzo Scartazzini, Edward II a connu une création triomphale dimanche dernier, 19 février, à la Deutsche Oper de Berlin. Une heure et trente minutes resserrées autour d’une réécriture de la pièce du même nom de Christopher Marlowe consacrée au règne du fameux monarque homosexuel, déposé en 1327 et dont &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/edward-ii-berlin-deutsche-oper-homosexualite-feconde/"> <span class="screen-reader-text">SCARTAZZINI, Edward II — Berlin (Deutsche Oper)</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Troisième opéra du compositeur suisse <strong>Andrea Lorenzo Scartazzini</strong>, <em>Edward II</em> a connu une création triomphale dimanche dernier, 19 février, à la Deutsche Oper de Berlin. Une heure et trente minutes resserrées autour d’une réécriture de la pièce du même nom de Christopher Marlowe consacrée au règne du fameux monarque homosexuel, déposé en 1327 et dont la mort en prison dans des circonstances troubles aura nourri l’icône, un peu comme celle de saint Sébastien dans la culture gay.</p>
<p>	C’est bien entendu cette version punitive et le supplice réservé aux sodomites que <strong>Thomas Jonigk</strong>, le librettiste, retient. Une des raisons du succès de l’œuvre : le livret qui suit les canons de l’opéra et réussit avec brio à installer des psychologies complexes en quelques répliques (souvent très crues, souvent très cul) et quelques scènes. L’œuvre s’ouvre sur un rêve où le roi fantasme la mise à mort de son amant, Gaveston, au cours d’une fausse cérémonie de mariage. Puis s’installent rapidement les axes de l’intrigue : la santé mentale défaillante du roi ; l’audace de son amant ; Isabelle de France blessée dans son désir de femme, bafouée dans sa position de reine ; l’opportunisme de Mortimer, sans oublier un archevêque de Coventry revanchard. A la manière des opéras baroques, un duo comique vient « détendre l’atmosphère » entre ces scènes âpres : ecclésiastiques défroqués, amants, policiers fétichistes et guides de musée. L&rsquo;opéra se termine en effet chez Madame Tussaud où Edward est figé pour l’éternité dans la position où il devait se voir infliger le tison mortel. Déjà auparavant, un Ange qui accompagne et console le roi fait des références anachroniques à des évènement plus proches de notre époque, ayant trait au « problème » que représentent les homosexuels pour les sociétés : phobie, bêtise, vexation, violence&#8230;. Mais ces incursions d’éléments et de références historiques modernes dans la trame médiévale, loin d’apparaître saugrenues, sont autant de confidences et de complicités entre le librettiste et son public. Surtout lorsque débarque sur scène une foule furieuse, que l&rsquo;on ne s’étonne pas de voir vociférer dans des couleurs bleues et roses, tel un mouvement homophobe né en France en 2013 et qui essaime un peu partout en Europe depuis.</p>
<p>	Présenté comme « théâtre musical » – et en effet bien souvent le chant oscille entre chant lyrique et déclamation –, la partition d’Andrea Lorenzo Scartazzini se place dans l’air du temps de la composition : chromatisme, gammes inversées, usage de la masse sonore des instruments comme des percussions, bandes et sons enregistrés. Il s’agit d’installer immédiatement une ambiance, de scander le déroulé des évènements, non sans similarité avec ce qu’un <a href="http://www.forumopera.com/notorious-goteborg-tuer-le-pere">Hans Gefors à Göteborg</a> ou un <a href="http://www.forumopera.com/stilles-meer-hambourg-calmes-cataclysmes">Toshio Hosokawa à Hambourg</a> pouvaient proposer. Composition atonale ici, mais accompagnée par un soin dans le traitement vocal des personnages, qui réserve à chacun de belles pages, presque lyriques.  Bien entendu l’on retrouve les « codes » de notre époque : l’hybris de la reine jubile dans l’extrême aigu, la rage de l’archevêque s’aboie dans des phrases rapides etc.<br />
	A l&rsquo;orchestre, la précision de chaque instant de <strong>Thomas Sondergard</strong> surmonte les soubresauts d&rsquo;une telle écriture et installe les atmosphères qui conviennent à chaque scène.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/edward_248jarrettottmichaelnagygieorgij_puchalski_hf.jpg?itok=dtT7bVKW" title="© Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p><strong>Christof Loy</strong> n’a de mal à donner vie à cette fresque didactique. Un décor sombre, une tourelle gothique autant château qu’église, et des costumes modernes pour ancrer le propos dans notre époque. Il peut se concentrer sur la direction d’acteur et laisser la distribution faire le reste. Tout juste reprend-il le figurant dont il se servait dans <a href="http://www.forumopera.com/i-capuleti-e-i-montecchi-zurich-fatum-veronais">ses <em>Capuleti</em> de Zurich</a> qui sera l’homosexuel témoin à la fois honteux et fier, contraint d’aboyer avec la meute dans les scènes de lynchage.</p>
<p>	Le plateau parachève ce haut niveau de réalisation et s’approprie écriture et indications scéniques. <strong>Michael Nagy</strong> fond son timbre doux dans les affres d’Edouard qui déambule hagard à mesure que la raison lui échappe. Le baryton sait aussi retrouver morgue, airain et puissance quand le monarque vitupère contre les conjurés ou rabroue son épouse. <strong>Agneta Eichenholz</strong> s’affirme sur la scène berlinoise où le fruit un rien acidulé de son timbre se maintient au milieu des vocalises ardues voulues par le compositeur. Beauté naturelle et charisme la secondent dans le portrait qu’elle dresse de la mère et femme meurtrie de l’attitude de son époux, avant de se transformer en vengeresse sanguinaire. Gaveston dispose de moins de répliques pour prendre corps, mais <strong>Ladislav Elgr</strong> lui donne néanmoins toute son ampleur, notamment au cours de la scène de badinerie avec l’archevêque ou encore lors des adieux à Edouard. Même sort pour Mortimer, rôle lui aussi réduit à la portion congrue, qu&rsquo;<strong>Andrew Harris</strong> sauve par une voix bien projetée et une belle présence. Le baryton américain<strong> Jarrett Ott</strong>, ange tout vêtu de strass brillant, console et redonne espoir de sa voix ronde. Seule <strong>Burkhard Ulrich</strong> se débat avec son rôle d’archevêque. La voix est parfois courte et l’aigu, très sollicité, manque de volume pour se faire entendre au milieu des manifestants. <strong>Gideon Poppe</strong> et <strong>Markus Brück</strong> enfin, s’ils ne sont pas toujours irréprochables, empochent un beau succès aux saluts : ils trouvent à chaque fois le bon geste et le bon accent pour endosser cinq rôles, cinq caractérisations et faire de leur cinq saynètes des moments désopilants, vraies respirations dans une œuvre coup de poing.</p>
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		<title>Dinorah</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dinorah-la-version-quon-attendait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Apr 2016 05:48:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Captée à l’occasion du concert donné à Berlin en 2014, cette nouvelle Dinorah vient utilement compléter une discographie / vidéographie très maigre. Son premier atout tient à la distribution vocale, dominée par l’interprétation de Patrizia Ciofi. L&#8217;excellente technique de la soprano italienne lui permet de rendre justice aux difficultés de la partition : trilles, suraigus et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Captée à l’occasion du <a href="/dinorah-berlin-meyerbeer-a-berlin-saison-1">concert donné à Berlin en 2014</a>, cette nouvelle <em>Dinorah</em> vient utilement compléter une discographie / vidéographie très maigre. Son premier atout tient à la distribution vocale, dominée par l’interprétation de <strong style="font-size: 14px;line-height: 21px">Patrizia Ciofi. </strong>L&rsquo;excellente technique de la soprano italienne lui permet de rendre justice aux difficultés de la partition : trilles, suraigus et coloratures sont ainsi exécutés à la perfection. Mais Ciofi vient surtout apporter un supplément d&rsquo;âme grâce à sa maîtrise belcantiste :  coloration et sons filés sont au service du mot dans une interprétation d&rsquo;une grande sensibilité. La pronociation française n’est pas impeccable dans les dialogues mais, au positif, ceux-ci sont réduits au strict minimum ! Le canadien <strong style="font-size: 14px;line-height: 21px">Etienne Dupuis</strong> est un Hoël également d’une grande justesse : il en arriverait presque à rendre sympathique le personnage, prêt pourtant à sacrifier la jeune fille pour un trésor. Son articulation française est parfaite. L’ambitus est spectaculaire, et les tensions notées au concert sont ici gommées. Le français <strong style="font-size: 14px;line-height: 21px">Philippe Talbot </strong>offre une composition comique irrésistible servie par une voix souple et une prononciation parfaite. Le reste de la distribution est excellent : faucheur, chasseur, bergers, n’amènent rien à l’action mais se voient affectés de vraies scènes lyriques pour lesquelles l’approximation n’est pas de mise. Le soprano <strong style="font-size: 14px;line-height: 21px">Elbenita Kajtazi </strong>et le mezzo <strong style="font-size: 14px;line-height: 21px">Christina Sidak</strong>, qui chantent un duo aux premier et dernier acte, ont des voix parfaitement appariées.  La basse <strong style="font-size: 14px;line-height: 21px">Seth Carico</strong>, dans un air accompagné par cinq cors (!) est un chasseur impressionnant.  Dans un style plutôt mozartien, <strong style="font-size: 14px;line-height: 21px">Gideon Poppe</strong> est un faucheur d’une parfaite musicalité.</p>
<p>L&rsquo;impeccable direction d’<strong>Enrique Mazzola </strong>est l&rsquo;autre atout de cet enregistrement. L&rsquo;argument dramatique de l&rsquo;ouvrage est mince (il ne se passe quasiment rien au dernier acte, par exemple) mais la partition est épaisse ! Pour mesurer la complexité inhabituelle de l&rsquo;écriture, il suffit de comparer <em>D</em><em style="line-height: 1.5"><em>i</em>norah </em>au <em style="line-height: 1.5">Mignon </em>d’Ambroise Thomas composé quelques années auparavant (sans parler des délicieux ouvrages d&rsquo;Auber) : l&rsquo;ouvrage de Meyerbeer est bien plus sophistiqué, et c&rsquo;est essentiellement l&rsquo;invention musicale qui en soutient l&rsquo;intérêt. Aidé par un excellent orchestre et une belle formation chorale, le chef italo-espagnol fait ressortir parfaitement ces trouvailles, rend justice à l&rsquo;aspect spectaculaire de l&rsquo;ouverture avec choeurs, et ménage également l&rsquo;autodérision des passages plus légers.</p>
<p>Le coffret est accompagné d’un livret en allemand et en anglais qui nous laisse sur notre faim. En effet, on recense habituellement sept versions de l’ouvrage : avec mélodrame ou avec récitatifs, en français, en italien, avec le rôle d’Hoël transposé pour contralto, avec une scène pastorale supplémentaire pour un chevrier contralto … Le texte nous précise que pour cet enregistrement, Berlin est revenu à la version de la création, mais sans préciser s’il s’agit effectivement d’une version intégrale. Sans sombrer dans une musicologie fastidieuse, on aimerait comprendre pourquoi cette version dure 134 minutes, celle d’Opera Rara 165, et celle de Compiègne 175 ! La grande scène incluant le célèbre « Ombre légère » est-elle simplifiée ou pas ? La cadence finale dure 50 secondes avec Ciofi, et est conclue par un ut dièse ; celle de Philippe s&rsquo;étend sur deux octaves, dure 1 mn 42, se termine par un contre-fa dièse puis un contre fa. De même, le duo Hoël / Corentin, trois fois plus long dans les autres versions, était-il initialement plus court ou bien a-t-il été inopportunément coupé, nous privant  de ce qui justement permet d’apprécier le talent de Meyerbeer, c’est-à-dire son imagination dans le développement des scènes ?</p>
<p>La prise de son est très propre et claire, mettant bien en valeur les pupitres, mais hélas sans respecter la spatialisation que nous avions évoquée à propos du concert. On devrait obliger les ingénieurs du son à assister aux spectacles qu’ils mettent en boîte. Réflexion inverse pour la captation du chasseur : Carico chantait effectivement en fond de scène, mais est-ce une raison pour l’enregistrer de loin, avec un écho un brin pénible ?</p>
<p>Malgré ces quelques réserves, cet enregistrement surclasse largement ses devanciers : enregistrée en 1979, la version éditée chez Opera Rara est plus complète, élégante mais un peu fade ;  <a href="http://www.forumopera.com/v1/concerts/dinorah_compiegne.htm">captée au Théâtre Impérial de Compiègne en 2002</a>, le beau spectacle de Pierre Jourdan (<a href="http://www.forumopera.com/v1/concerts/dinorah_compiegne_04.htm">repris en 2004</a>) offre davantage d’énergie et permet de bénéficier de l’incarnation exceptionnelle d’Isabelle Philippe, artiste trop injustement négligée, mais celle-ci est trop moyennement entourée.</p>
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		<title>JANACEK, Věc Makropulos — Berlin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/laffaire-makropoulos-berlin-337-ans-et-autant-de-fantomes-dans-le-placard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Feb 2016 06:00:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le titre de ce compte rendu fait le choix de mettre en avant la satisfaction principale de cette nouvelle mise en scène de « L&#8217;Affaire Makropoulos » à la Deutsche Oper. Elle est signée par David Hermann, dirigée par le directeur musical Donald Runnicles et voit la soprano allemande Evelyn Herlitzius faire sa prise de rôle en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le titre de ce compte rendu fait le choix de mettre en avant la satisfaction principale de cette nouvelle mise en scène de « L&rsquo;Affaire Makropoulos » à la Deutsche Oper. Elle est <a href="http://www.forumopera.com/liste-spectacles/artiste/hermann-david-5944">signée par <strong>David Hermann</strong></a>, dirigée par le directeur musical <strong>Donald Runnicles</strong> et voit la soprano allemande <strong>Evelyn Herlitzius</strong> faire sa prise de rôle en Emilia Marty.</p>
<p>	Satisfaction car le dispositif conçu par l’équipe dramaturgique, sans être particulièrement original, colle parfaitement au livret et aux méandres de cette histoire qui dure depuis 337 ans. D’ailleurs, comment se comporte-t-on quand on est âgé de plus de trois siècles ? David Hermann voit Elina, le nom a toute son importance, hantée par sa vie passée et notamment le seul amour de sa vie, celui qu’elle a eu pour Joseph Prus voilà cent ans et dont le fils illégitime est au cœur de la bataille judiciaire qui donne son titre à l’opéra. Aussi, la scène se partage-t-elle en deux. A jardin, la maison du passé où des acteurs font revivre les scènes de la vie conjugale des amants et jouer le petit Ferdi. Emilia, à cour, n’écoute pas le docteur Kolenatý narrer des faits qu’elle connaît par cœur. Elle est la seule à voir cette pantomime surgie de sa mémoire. Toutes les scènes avec Maxi, son amant espagnol, seront peu ou prou traitées de la même manière : elle fantasme ces retrouvailles. Maxi, déguisé en bouffon, lui sert de <em>deus ex machina</em> psychique pour échapper à la médiocrité ou aux avances que ces hommes avides d’argent et de luxure lui proposent. Coiffées de perruques rousses aux modes différentes, des figurantes donnent littéralement corps à toutes les identités d’emprunt d’Elina. Au cours d’un troisième acte assez surréaliste, ce sont donc six Emilia, Ekaterina, Elina, Eugenia, etc. qui se dépouillent progressivement de leur substance, chacun des autres personnages n’en voyant qu’une seule. Si cette mise en scène est immédiatement lisible, grâce aussi aux projections vidéo qui brouillent les murs de la maison, elle esquisse également d’autres pistes, notamment celle du théâtre et de ses jeux de double au deuxième acte. Après tout Emilia est aussi la plus grande chanteuse d’opéra que le monde  connaîtra jamais.</p>
<p class="rtecenter"><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/makropulos_98_bernduhlig_hf.jpg?itok=7vC7gAUE" title="© Bernd Uhlig" width="468" /></p>
<p class="rtecenter">© Bernd Uhlig</p>
<p>	Un autre titre pour ce compte rendu aurait pu être : le cas Herlitzius. Mais il n&rsquo;aurait plus été question de louanges. Certes le public français <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/on-se-leve-tous-pour-electre">a été stupéfié à Aix-en-Provence</a> par la soprano dans la production d&rsquo;<em>Elektra</em> de Patrice Chéreau. Pourtant déjà <a href="http://www.forumopera.com/elektra-zurich-ou-es-tu-elektra">à Zurich cet été l’état de la voix suscitait des craintes</a>, inquiétudes que <a href="http://www.forumopera.com/tristan-und-isolde-bayreuth-les-partis-pris-originaux-de-katharina-wagner">l’Isolde de Bayreuth avait confirmées</a>. Ce soir encore son interprétation d’Elina pose de sérieux problèmes : trous dans la ligne vocale, notes non tenues, stridences et raucités qui n&rsquo;ont rien d&rsquo;interprétatives&#8230; Seul le <em>sprechgesang</em> tient heureusement la route, même si la prononciation tchèque n&rsquo;est pas particulièrement ciselée. Oui, l&rsquo;actrice est toujours aussi fascinante en scène, mais sa voix abîmée la rend de plus en plus fantomatique. Le reste de la distribution est bien prosaïque, entre un Albert Gregor (<strong>Ladislav Elgr</strong>) qui se bat avec sa ligne vocale et des difficultés dans l’aigu, une Krista (<strong>Jana Kurucova</strong>) assez transparente, et un Hauk-Šendorf/Maxi  (<strong>Robert Gambill</strong>) trop scolaire pour émouvoir. Dommage que le court rôle de Janek ne laisse guère le temps à <strong>Gideon Poppe</strong> de faire ses preuves.  Les clés de fa relèvent le niveau d’ensemble : <strong>Derek Wilson</strong> possède toute la noblesse et le timbre pour incarner le baron Jaroslav Prus, et <strong>Seth Carico</strong> l’agilité pour rendre justice aux interventions de Kolenatý. En conséquence, les duos entre Emila et Albert puis Prus ne prendront jamais ni l’ampleur ni le lyrisme qu’ils devraient.</p>
<p>	La faute aussi à un <strong>Orchestre de la Deutsche Oper</strong> encore mal rodé, où les cuivres étouffent les cordes pendant toute la première partie du spectacle. Au retour de l’entracte, Donald Runnicles parvient enfin à canaliser et équilibrer l’ensemble. Il mène toute la dernière scène avec une tension croissante et sauve in extremis une soirée mal engagée sur le plan musical.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/laffaire-makropoulos-berlin-337-ans-et-autant-de-fantomes-dans-le-placard/">JANACEK, Věc Makropulos — Berlin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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