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	<title>Luthando QAVE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Luthando QAVE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Récital Luthando Qave – Bästad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-luthando-qave-bastad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Aug 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le lendemain du récital de Matilda Sterby, c’est au tour de l’actuel lauréat de la bourse Birgit Nilsson, Luthando Qave, de se produire, dans l’église même où le célèbre soprano s’est éveillé au chant, à Vastra Karup, non loin de la ferme familiale. C’est dans ce même édifice que Birgit Nilsson se produira très régulièrement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le lendemain du récital de Matilda Sterby, c’est au tour de l’actuel lauréat de la bourse Birgit Nilsson, <strong>Luthando Qave</strong>, de se produire, dans l’église même où le célèbre soprano s’est éveillé au chant, à Vastra Karup, non loin de la ferme familiale. C’est dans ce même édifice que Birgit Nilsson se produira très régulièrement pour collecter des fonds pour faire vivre l’association mémorielle de la région. Dans l’esprit de ces concerts, le programme choisi par le baryton, explore avec des bonheurs divers autant des pages lyriques que des chansons diverses, du lied aux airs de musicals. Là encore, l’eau s’impose comme un passage obligé quand on se produit sur cette péninsule baignée par la mer.</p>
<p>Luthando Qave peut compter sur des moyens bruts conséquents : volume de stentor, aisance sur toute la tessiture qui conserve un timbre noir paré de belles moirures. Si le baryton trouve de belles couleurs et de plus rares nuances, il reste encore à acquérir la même versatilité que le programme choisi ce soir. Dans ses points forts, les deux morceaux extraits de <em>musicals</em> (son répertoire d’origine), le « delta blues » et deux pièces sud-africaines où sa maitrise du Zulu et du Xhosa font mouche, servies par une narration pertinente et une belle intériorité. Moins réussis s’avèrent le « ah ! Pescador, affronta l’esca » et « nemico della patria », hors style et abordé à l’aune unique de généreuse décibels. Magnus Svensson au piano épouse sans mal l’entrain débordant du baryton. Il fait preuve d’au moins autant de personnalité et de versatilité et offre deux beaux moments de respiration en solo au piano.</p>
<p>Au lendemain du récital abouti de Matilda Sterby, celui du baryton met en lumière l’intérêt de la bourse Nilsson : encourager les talents et donner le temps au temps pour qu’un matériau brut généreux et un tempérament tout opératique puissent trouver leur chemin vers la pleine maturité.</p>
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		<title>GERSHWIN, Porgy and Bess &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gershwin-porgy-and-bess-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 04:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un vrai opéra populaire américain, voilà ce que veut créer George Gershwin au début des années trente alors qu’il vient de finir le roman de Dorothy Heyward, Porgy and Bess, dont les personnages pittoresques évoluent entre misère, alcool, drogue et galères variées dans le quartier de Catfish Row à Charleston, Virginie du Sud. Le travail &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un vrai opéra populaire américain, voilà ce que veut créer George Gershwin au début des années trente alors qu’il vient de finir le roman de Dorothy Heyward, <em>Porgy and Bess</em>, dont les personnages pittoresques évoluent entre misère, alcool, drogue et galères variées dans le quartier de Catfish Row à Charleston, Virginie du Sud. Le travail sur le livret co-écrit par le mari de la romancière à partir de leur pièce de théâtre (même titre), et le frère de George, Ira Gershwin se poursuit alors que le compositeur mettra trois ans à faire aboutir son « folk opera », avant sa création en 1935. Ce dernier a même vécu quelque temps à Charleston pour s’imprégner de la culture orale et musicale afro-américaine. Le résultat est incroyablement riche et inouï à l’opéra pour l’époque avec sa vingtaine de solistes noirs, son chœur imposant, son orchestre symphonique à l’instrumentarium grandiose à la fois quasi wagnérien (ne veut-il pas composer un opéra « entre <em>Carmen</em> et <em>Les Maîtres-chanteurs </em>» ? sans oublier l’usage de leitmotive) et folklorique avec son banjo, son piano de bastringue, entre autres. La partition, qui fait coexister plusieurs esthétiques en abolissant la frontière entre musiques savante et populaire, déroule pendant plus de trois heures ses danses, ses gospels, ses negro-spirituals, son blues des villes du sud, ses chants traditionnels des champs de coton, son écriture jazz (fox-trot, ragtimes…), ses passages instrumentaux impressionnants (comme la scène de l’ouragan), ses récitatifs chantés et ses arias, dont certaines deviendront des standards absolus grâce à Billie Holliday, Ella Fitzgerald ou Miles Davis (« Summertime », « It ain’t necessarily so  »). Pourtant seul opéra de Gershwin, en trois actes et quelques tableaux, qui fait passer le public instantanément du rire aux larmes et requiert des chanteurs solides mais souples et un orchestre swinguant.</p>
<p>Sous la direction de <strong>Quentin Hindley</strong>, l’<strong>Orchestre Lamoureux</strong> fera entendre de belles couleurs et de beaux moments (la scène de l’orage, la marche militaire), mais sans doute aussi un petit manque de répétitions. Les passages sans solution de continuité entre les scènes aux climats et musiques quasi agoniques, à coup sûr prolixes voire incendiaires, sont parfois un peu abrupts. Mais le ballet des percussionnistes volant d’un instrument à l’autre, de même que les assauts de la pianiste ou les éclats sismiques des vents et cuivres sont un spectacle en soi.</p>
<p>Par l’entremise de <strong>Carine Chassol</strong>, le livret est transposé en Martinique, car ne s’agit-il pas de faire connaître et briller les lauréats du Concours des Voix des Outre-Mer, une association créée par Fabrice di Falco en 2019 ? Catfish Row devient dans les textes humoristiques des récitants (le contre-ténor créole lui-même et la comédienne Claudia Tagbo) la Rue Case-Nègres, celle-là même qui menait au quartier des esclaves, rendue célèbre par le roman de Joseph Zobel et le film d’Euzhan Palcy – les personnages demeurant comme dans le livret original pêcheurs, cueilleurs de coton ou mendiants. Dans la triste histoire des amours contrariées de la faible Bess et de l’infirme Porgy, ce seront les femmes qui tiendront le haut du pavé, la distribution étant de haut vol. <strong>Pumeza Matshikiza</strong> est une Bess superlative qui fait de l’ombre à <strong>Kevin Short</strong> (un Porgy souvent à bout de souffle ou en décalage) remplaçant, il est vrai, au pied levé Bongani Justice Kubheka. Le baryton-basse soignera cependant son grand air plusieurs fois repris (« Oh, I got plenty o’ nuttin’ ») et nous touchera avec le métier qui est le sien. La soprano sud-africaine née dans un township offre un spiritual de toute beauté (« Oh, we’re leavin’ for the Promise Land ») et un magnifique duo dès le premier acte avec le Crown bien campé de <strong>Luthando Qave</strong>. Ce baryton sait faire exister vocalement et scéniquement son personnage de débardeur gros bras, se hissant à la hauteur de ses camarades féminines pour cette version de concert. <strong>Marie-Laure</strong> <strong>Garnier </strong>apporte à Serena, la veuve de Robbins (<strong>Johnny Mutombo</strong>) la rondeur moelleuse de son soprano (« My man’ gone now ») et soulève toute une salle avec sa grande plainte à l’acte II (« Oh, Doctor Jesus ») accompagnée d’un chœur très engagé, passionné même, en tous points remarquable. C’est l’<strong>Ensemble vocal Voix d’Outre-Mer</strong> aux membres issus entre autres de l’Académie de l’association. Omniprésent, le chœur est vraiment l’âme de l’opéra, à l’instar des grandes célébrations des offices des temples évangéliques, jusqu’au bout de l’histoire en doublant l’air ultime de Porgy partant à New York sauver sa Bess. <strong>Axelle Saint-Cirel</strong> est une splendide Maria, de fort tempérament, au mezzo agile et bien timbré, qui tient la dragée haute au vendeur de drogue Sportin’life interprété par le lauréat du concours 2026 des Voix des Outre-Mer, <strong>Joseph DeCange</strong>. Grand escogriffe au talent certain de danseur, le baryton nous propose ce soir-là une version du personnage tirant un peu trop vers la comédie musicale, et souffrant quelque peu d’un manque de projection. Mais son grand air (« It ain’t necessarily so ») emporte l’adhésion sans peine. Le « Summertime » de <strong>Livia Louis-Joseph-Dogué </strong>(Clara) met en valeur la berceuse dès l’entrée et nous fait presque oublier ses illustres devancières (telle Leontyne Price) avec un soprano fruité et une musicalité limpide. S’illustre également le baryton haïtien <strong>Auguste Truel</strong> en Jake le pêcheur (« It take a long pull to get there »), mais aussi <strong>Ludivine Turinay</strong> (Annie), <strong>Boris Mvuezolo</strong> en Peter qui entend la Mort frapper à la porte et <strong>Axel Trival</strong> (notamment Crab Man), sans oublier <strong>Naïma Wanshe</strong> (Lily) et <strong>Sébastien Tonnel</strong> (le Croque-Mort) venus du chœur, lors de cette belle soirée dédiée à nos superbes talents ultramarins.</p>
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		<title>PUCCINI, La Bohème — Glyndebourne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-boheme-glyndebourne-en-gris-et-vert/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jun 2022 05:33:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ah, le plaisir de revoir les pelouses des jardins du festival de Glyndebourne ! Ni le Brexit, ni le Covid n’en sont venus à bout. Comme dans le monde d&#8217;avant, les mélomanes se retrouvent dans la campagne anglaise, là où un théâtre a été construit en pleine nature. Et avant le spectacle, comme autrefois, ils pique-niquent &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ah, le plaisir de revoir les pelouses des jardins du festival de Glyndebourne ! Ni le Brexit, ni le Covid n’en sont venus à bout. Comme dans le monde d&rsquo;avant, les mélomanes se retrouvent dans la campagne anglaise, là où un théâtre a été construit en pleine nature. Et avant le spectacle, comme autrefois, ils pique-niquent dans l’herbe à la manière des Lords anglais – tenue de soirée, nappes blanches, services en porcelaine et verres à champagne, paniers en osier pour transporter les victuailles.</p>
<p>Après leur garden party, ce soir-là, rendez-vous avec une<em> Bohème</em> d&rsquo;une intensité rare sur le plan dramatique.</p>
<p>Le metteur en scène<strong> Floris Visser</strong> a créé la présence d’un personnage muet qui symbolise la mort. Tout au long du spectacle, ce personnage parcourt le plateau, avec sa silhouette squelettique, son long manteau noir, dans un éclairage en clair obscur. D’une démarche glaçante, il tourne autour de Mimi, s’en approche de plus en plus pour l’entraîner en douceur, à la fin, lorsque sur ses derniers instants Roldolfo chante son poignant « E tranquilla ».</p>
<p>Ce personnage reste muet sauf dans le deuxième tableau où le metteur en scène a la belle idée de lui confier le rôle de Parpignol, le vendeur de ballons rouges. Sans le savoir, les enfants jouent avec la mort ! A part le rouge des ballons, tout le reste du spectacle – décor et costumes – est de couleur grise.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/parpignol.jpeg?itok=1Y2d-Nqv" title="Parpignol vendeur de ballons rouges (Photo Richard Hubert Smith)" width="468" /><br />
	Parpignol vendeur de ballons rouges © Richard Hubert Smith</p>
<p>Le décor est constitué de deux murs entre lesquels on imagine au I l’appartement des artistes sans le sou, au II la rue parcourue de rires et de flonflons, et au III la banlieue sordide par un matin neigeux.</p>
<p>Au milieu de ces cinquante nuances de gris, surgit l’éclat du chant puccinien, admirablement servi par la Mimi de <strong>Yaritza Véliz</strong>. La soprano chilienne domine la distribution, éclatante d’un bout à l’autre de sa tessiture, voix charnue, bien timbrée, gagnant en émotion au fur et à mesure que se déroule le spectacle,avec un « Donde lieta uscì » au III et un « Fingevo di dormire » au IV déchirants.</p>
<p>Le Rodolfo du ténor coréen <strong style="font-size: 14px">Sehoon Moon</strong> réussit un même crescendo émotionnel, du premier au dernier tableau, même si on préférerait un timbre plus « italien ». La voix est belle, colorée, les aigus sont brillants, toujours justes, attaqués sans forcer, avec aisance.</p>
<p>En Musette, la voix fluide et fruitée, ainsi que la présence radieuse de la soprano sud africaine<strong> Vuvu Mpofu</strong> font également mouche.  </p>
<p>Autour de Roldolfo, un trio de joyeux camarades : trois belles voix graves plus verdiennes que pucciniennes,  qui assument brillamment leurs rôles. <strong>Daniel Scofield</strong> donne du caractère à son personnage de Marcello.<strong> </strong>Le bulgare<strong> Ivo Stanchev</strong> fait vibrer le beau bronze de sa voix notamment dans son « Vecchia zimarra, senti ». Le sud-africain <strong>Luthando Qave</strong> propose un Schaunard en adéquation vocale et physique avec le rôle.</p>
<p>Globalement admirable, la direction de <strong style="font-size: 14px">Jordan De Souza </strong>à la tête d&rsquo;un London Philharmonic parfois raide aurait sans doute gagné à adopter des tempos plus rapides.</p>
<p>Au tomber de rideau, La salle explose en bravos avant que, dans la nuit tombante, on voit les robes longues et les nœuds papillons s’éloigner dans la campagne, quittant le gris de la scène pour le green des prairies.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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