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	<title>Abramo ROSALEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Turandot — Tel Aviv</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-tel-aviv-abondance-de-calaf-ne-nuit-pas-non-plus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Jul 2017 21:10:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a quelques semaines, Londres s’amusait d’une abondance de titulaires du rôle d’Otello présents dans les murs du Royal Opera House. Si les débuts de Jonas Kaufmann attisaient toutes les curiosités, certains soulignaient l’assurance annulation qu’avait souscrite le ROH : Gregory Kunde, peut-être meilleur Otello encore que son confrère bavarois en deuxième distribution&#8230; sans oublier &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques semaines, Londres s’amusait <a href="https://www.forumopera.com/breve/abondance-de-tenors-a-londres-ne-nuit-pas">d’une abondance de titulaires du rôle d’Otello</a> présents dans les murs du Royal Opera House. Si <a href="https://www.forumopera.com/otello-londres-roh-toute-premiere-fois">les débuts de Jonas Kaufmann attisaient toutes les curiosités</a>, certains soulignaient l’assurance annulation qu’avait souscrite le ROH : Gregory Kunde, <a href="https://www.forumopera.com/otello-londres-roh-abondance-dotello-ne-nuit-pas">peut-être meilleur Otello encore que son confrère bavarois en deuxième distribution</a>&#8230; sans oublier la présence au même moment pour une série de Turandot d’<a href="https://www.forumopera.com/turandot-londres-roh-lendemain-qui-chante">Aleksandrs Antonenko</a> – grand Otello à New-York ces dernières années – ou encore de <a href="https://www.forumopera.com/turandot-londres-roh-trente-trois-ans-mais-pas-une-ride">Roberto Alagna</a>, qui reviendra sous les traits du Maure dès l’année prochaine à Vienne.  Alors que se donne une série de Turandot en version concert au Charles Bronfman Auditorium de Tel-Aviv où <strong>Gregory Kunde</strong> effectue ses débuts dans le rôle de Calaf, on se dit avec amusement que l’assurance annulation était à double sens.</p>
<p>En effet, le ténor américain fait sien avec brio un rôle spinto de plus et il surclasse au passage ses deux camarades londoniens. Infatigable à 63 ans, la voix possède la fraîcheur d’un jouvenceau. Chaude et claire, elle illumine le portrait du jeune prince audacieux. Puissance et projection étayent la performance de celui qui rivalise avec la wagnérienne Elena Pankratova, Turandot en alternance avec Anna Pirozzi ici en Israël. Au-delà de la maitrise technique, ce sont surtout le phrasé et l’intelligence musicale du ténor qui bluffent l’auditeur. Si Calaf possède deux beaux airs et le long duo avec Turandot au dernier acte, ses interventions sont souvent péremptoires, ou de courts commentaires sur l’action. Gregory Kunde les colore à l’envi, de la plainte à l’exultation (splendide ut tenu sur « ti voglio ardente d’amore ») au point de faire oublier qu’il doit encore parfois jeter un œil sur la partition. Seule ombre à cet éloge, un « nessun dorma » plus maniéré où le ténor relâche sciemment son vibrato et abuse de certains tremolos. Péché mignon d’une version concert déjà parée de toutes les qualités et qui ne retire rien aux frissons que le ténor procure. <strong>Elena Pankratova</strong> propose une Turandot dans le style, n’était un italien peu compréhensible. Loin des Strauss ou des Wagner telluriques qu’elle chante, elle compose une princesse de glace très humaine, au timbre étonnement moelleux, déjà prête à fondre une fois les énigmes résolues. <strong>Chen Reiss</strong> gratifie son public d’une Liù exemplaire où la longueur du souffle se mêle aux sons filés et aux pianos du plus bel effet. <strong>Liang Li</strong> (Timur) convainc par le volume et l’épaisseur du timbre, grâce auxquels il peut endosser les traits humains et meurtris du roi déchu. <strong>Guy Mannheim</strong> (Altoum) semble promis à un bel avenir tant la voix, puissante, bien caractérisée et pure, s’empare des quelques interventions de l’Empereur. Même remarque concernant le Mandarin d’<strong>Abramo Rosalen</strong> au puissant calibre vocal. Restent les trois masques que Puccini a voulus différenciés malgré l’écriture en canon des rôles. Si les ténors <strong>Pablo Garcia-Lopez</strong> (Pong) et <strong>Roberto Covatta</strong> (Pang) se distinguent aisément, notamment grâce à la caractérisation et la projection sans faille du premier, le baryton <strong>German Olvera</strong> (Ping) présente lui un timbre très clair qui le rapproche de ses comparses. Notre trio voit sa hiérarchie retournée en conséquence et c’est Pong qui remporte la palme.</p>
<p>Directeur musical à vie de l’<strong>Orchestre Philharmonique d’Israël</strong> depuis 1981, <strong>Zubin Mehta</strong> retrouve la formation qu’il a façonnée à son envie dans une œuvre définitivement attachée à sa baguette. Les qualités de l’orchestre sont multiples : cordes moelleuses, percussions précises, petite harmonie à la française… ce qui transporte cette <em>Turandot</em> dans des ambiances debussiennes à plusieurs reprises. Les tempi sont allants et les enchaînements fluides. Le chef indien ne souligne qu’à la marge les trouvailles de la partition (un basson dans les énigmes par exemple) pour s’appliquer à la définition de la texture de son orchestre et des couleurs de chaque pupitre. Tout au plus regrettera-t-on que la balance ne soit pas plus équilibrée entre le chœur, appliqué mais scolaire, les instruments et des solistes que l’auditorium a tendance à fondre dans la masse. Reste que ce sens inné du drame allié au talent coloriste d’un peintre façonne une grande fresque musicale, comme une image d’Epinal de Turandot.</p>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Milan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/madama-butterfly-version-du-17-fevrier-1904-milan-lepidopterophilie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Dec 2016 10:19:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Turandot en ouverture de l’exposition universelle et La fanciulla del West, Riccardo Chailly déroule le fil rouge de son mandat de directeur musical du Teatro alla Scala, autour d&#8217;une intégrale des œuvres de Puccini. Madama Butterfly bénéficie des honneurs de la Saint Ambroise et comme pour Fanciulla, il s’agit pour le maestro de revenir &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <em>Turandot</em> <a href="http://www.forumopera.com/turandot-milan-expo-turandot">en ouverture de l’exposition universelle</a> et <a href="http://www.forumopera.com/la-fanciulla-del-west-milan-la-fillette-dans-le-desert"><em>La fanciulla del West</em></a>, <strong>Riccardo Chailly</strong> déroule le fil rouge de son mandat de directeur musical du Teatro alla Scala,<a href="http://www.forumopera.com/breve/riccardo-chailly-dirigera-tout-puccini-a-la-scala"> autour d&rsquo;une intégrale des œuvres de Puccini</a>. <em>Madama Butterfly</em> bénéficie des honneurs de la Saint Ambroise et comme pour <em>Fanciulla</em>, il s’agit pour le maestro de revenir aux sources,  de reprendre la version critique de la partition et le livret de la création du 17 février 1904, établie par Ricordi dans les années 1980. Cette démarche (que <a href="http://www.forumopera.com/breve/simonetta-puccini-contre-riccardo-chailly">les héritiers et certains loggionisti n’apprécient guère</a>) et la direction hors pair du Milanais sont les atouts maîtres de cette production. L&rsquo;orchestre est transfiguré, ondule entre des textures douces ou froissées. Le maestro travaille aussi sur la spatialisation du son, tout en maintenant un discours limpide, lyrique qui fourmille de détails et de couleurs. Même si cette version est documentée depuis les années 1980, il reste toujours la sensation de redécouvrir une œuvre que l&rsquo;on croyait pourtant familière et séparer les thèmes originaux de ceux ajoutés ensuite. Cette première mouture apparaît inférieure, notamment parce que le livret au deuxième acte s&rsquo;éloigne de la tragédie de Butterfly (« che tua madre » devient un récit folklorique au lieu d&rsquo;être la supplique d&rsquo;une mère) et se perd dans des commentaires qui ralentissent l&rsquo;action et réduisent l&rsquo;impact émotionnel de la musique. En revanche, toute la cérémonie et les palabres de la famille de Butterfly au premier acte dessinent de belles scènes de genre qui démontrent une fois de plus l&rsquo;invention mélodique et dramatique de Puccini. Mais le duo final du premier acte s&rsquo;interrompt cependant que le thème de l&rsquo;entrée de Butterfly, légèrement modifié par rapport à la version acceptée, est moins porteur, moins lyrique. On comprend donc les coupures et modifications opérées ensuite pour resserrer l&rsquo;histoire autour du couple et fluidifier les phrases musicales.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="293" src="/sites/default/files/styles/large/public/162_k65a3684.jpg?itok=BkStz0vZ" title="© Teatro alla Scala" width="468" /><br />
	© Teatro alla Scala</p>
<p>Sans compter parmi les meilleurs titulaires de leurs rôles, <strong>Maria José Siri</strong> et <strong>Bryan Hymel</strong> forment un couple assorti vocalement bien que souvent en force dans les passages les plus exposés de la première partie. Lui, sûrement plus à l&rsquo;aise entre quatre murs qu&rsquo;<a href="http://www.forumopera.com/madama-butterfly-orange-jaho-toujours-plus-haut">à l&rsquo;air libre d&rsquo;Orange l&rsquo;été passé</a>, brille surtout par son registre aigu et sa vaillance. En comparaison, le reste de son chant est bien trop nasal. La soprano uruguayenne est davantage à son affaire après l’entracte où son chant se pare de nuances et de couleurs. Est-ce la faute de ce premier livret qui la prive de subtance ? Malgré ces qualités, l&rsquo;on restera froid à ce destin et ces tourments. Les seconds rôles sont de bonheur divers entre le Sharpless, pour une fois mal nommé, de <strong>Carlos Alvarez</strong> particulièrement présent de par son timbre mat et vraie figure morale ; le bonze sonore d’<strong>Abramo Rosalen</strong> et le Goro grinçant de <strong>Carlo Bosi</strong>, abonné, parce qu&rsquo;y excellant, aux rôles de caractère à la Scala. Dommage qu’<strong>Annalisa Stroppa </strong>ne bénéficie pas d’un surcroît de volume pour assoir Suzuki à la place maternelle centrale qui devrait être la sienne. Enfin les choeurs milanais charment de par leur suavité, notamment pendant tout l&rsquo;interlude du milieu du deuxième acte.</p>
<p>Il faut dire qu’aucun des interprètes n’est aidé par la direction d&rsquo;acteur illisible voulue par <strong>Alvis Hermanis</strong>. On ne s’improvise pas Bob Wilson comme cela et la gestuelle robotisée tombe au mieux dans la japoniaiserie d&rsquo;Epinal voire dans le ridicule. Les quelques idées de mise en scène s’avèrent finalement contre-productives : Pinkerton distribue des billets à qui mieux mieux à toute la populace japonaise, et rit de son racisme ouvert comme un enfant. Le tourisme sexuel est vaguement esquissé quand Sharpless consulte la liste des geishas disponibles. Pourtant ce premier livret radical invitait à un traitement sans concession de l’impérialisme et du racisme plutôt qu’à de simples blagues de comptoir.</p>
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