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	<title>Axelle SAINT-CIREL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Axelle SAINT-CIREL - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, La Flûte enchantée – Bordeaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Bordeaux nous propose une bien belle Flûte, en coproduction avec l’Opéra de Beijing, ce qui explique un certain nombre de choix artistiques pour une féerie à destination de publics très différents. La mise en scène de Julien Duval est plutôt épurée, contrastée, avec de superbes tableaux où les costumes, entre oripeaux et haute &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra de Bordeaux nous propose une bien belle <em>Flûte</em>, en coproduction avec l’Opéra de Beijing, ce qui explique un certain nombre de choix artistiques pour une féerie à destination de publics très différents. La mise en scène de <strong>Julien Duval</strong> est plutôt épurée, contrastée, avec de superbes tableaux où les costumes, entre oripeaux et haute couture, confèrent originalité et élégance à un plateau sobre et dépouillé, ce qui laisse la part belle à la musique. Entre Orient et Occident, avec des oppositions de matières (grottes minérales ou nature sublimée entre autres par des arbres suspendus à l’envers), de sentiments ou encore de couleurs (de la « haute note jaune » solaire et rayonnante que n’aurait pas reniée Van Gogh à des violets intenses, qu’un Michel Pastoureau associerait à la fois à la royauté, à la spiritualité et au luxe, teintées de mélancolie et de mystère), le spectacle se veut visuellement universel. Dans leur note d’intention, directeur du théâtre, metteur en scène et chef évoquent conjointement les figures complémentaires, le ying et le yang et autres oppositions plus ou moins manichéennes qui se rencontrent, évoluent et parfois fusionnent pour aboutir à quelque chose de différent. Il en résulte une poésie qui correspond bien à l’esprit mozartien, quand bien même certains aspects (le symbolisme franc-maçon, par exemple) auront été laissés de côté. Contrastant fortement avec les espaces dépouillés et abstraits, on retiendra avant tout le travail sur les costumes, pour se souvenir longtemps des robes à col auréole des trois dames, mettant somptueusement en valeur leur ligne et encore davantage leur carnation, ou encore la merveilleuse robe de bal en organdi aux mouvements d’une élégance folle lorsque la Reine de la nuit s’en va, furieuse, cernée de ses épaulettes surmontées de bougies, géniales pièces montées. Les prêtres sont vêtus de robes semblant des abat-jours éclairés de l’intérieur, tout comme ceux des hommes d’armes, robes vitraux spectaculaires. Telle une armée de revenants, le chœur des fidèles de Sarastro apparaît couvert d’éléments végétaux et de sortes de scrofules vertes qui rappellent Louis de Funès dans l’usine de chewing-gum avant que l’on ne comprenne qu’il s’agit de scarabées de toutes les formes, aux couleurs iridescentes, formant un tapis d’insectes mouvant impressionnant. Chaque costume est ainsi une création qui attire l’attention, multipliant les clins d’œil et les références (comme pour le plissé d’où émergent des bras de squelettes dignes à la fois des <em>Histoires de fantômes chinois</em> autant que des yokais des estampes japonaises). Les chorégraphies ainsi que les déplacements des solistes ou des groupes génèrent une grande fluidité aux scènes tout à fait au service de l’œuvre. On ne s’ennuie pas un instant et de nombreuses pistes de réflexion sont proposées à l’œil et à l’esprit.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20260323_LaFluteEnchantee_General_c_AnthonyRojo_26-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-211021"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Anthony Rojo</sup></figcaption></figure>


<p>Le plateau vocal est très satisfaisant, quand bien même plusieurs interprètes ont un fort accent ou une élocution appuyée, voire forcée, dans leur prononciation de l’allemand. Il est vrai que les germanophones ne sont pas majoritaires à Bordeaux. Ils le seront encore moins en Chine et les dialogues parlés ne seront pas une gêne. Il est toutefois à noter que le livret a été adapté pour correspondre à des normes actuelles non discriminatoires, ce qui lisse le propos mais l’amoindrit d’une certaine manière, les dialogues étant raccourcis. La soprano cubano-américaine <strong>Elena Villalón</strong> est une ravissante et énergique Pamina, courageuse, tourmentée puis triomphante, que l’on suit avec intérêt. Voix brillante et posée, la jeune femme parvient aisément à nous entraîner dans son parcours initiatique tout en coups d’éclats, avec une évidence et une autorité naturelle rassurantes. Le ténor italien <strong>Omar Mancini</strong> ne laisse pas la même impression ; vulnérable et apparemment poussé dans ses extrémités, son chant manque de relief dans l’émotion. Il apparaît presque plus timoré que Papageno au départ de son périple mais s’affirme tout de même et finit par convaincre. <strong>Julia Knecht</strong> est une Reine de la nuit toute en nuances dans sa première apparition, sublimée par un décor à la Cocteau, avant de laisser « der hölle Rache » bouillir en aigus éclatants et percutants de furie déchaînée à faire grimper aux rideaux (il y a d’ailleurs beaucoup à dire sur l’art des plissés et des tombers des drapés en tous genres de ce spectacle…). La soprano parvient à construire un personnage des plus intéressants, doté d’une grande brillance et d’une vraie intensité dramatique. Très applaudie, la basse <strong>Jean Teitgen</strong> nous gratifie de graves caverneux et prend son temps pour développer tout en rondeur et profondeur ses arias, malgré un vibrato bien ample. En poussin virevoltant et faussement maladroit, âme simple au grand cœur, le baryton <strong>Thomas Dolié</strong> fait fondre (et rire) l’auditoire avec un art consommé et une technique éprouvée : ce Papageno est absolument idéal. En couleur tagada avec fraise en guise de collier, <strong>Sofia Kirwan-Baez</strong> nous offre comme une friandise une Papagena délicieuse au timbre fruité. <strong>Mathias Vidal</strong> tire son épingle du jeu en Monostatos et <strong>Ugo Rabec</strong>, souffrant, n’assure que le rôle parlé, doublé en coulisses par <strong>Andoni Etcharren</strong> qui se sort mieux que bien du rôle de l’Orateur. Les trois dames, aux timbres bien distincts, s’accordent cependant avec brio (mention spéciale pour <strong>Axelle Saint-Cirel</strong>, dont on se souvient de la prestation aux Jeux olympiques de 2024). Les autres artistes complètent efficacement la distribution. Obligeant les artistes sur scène à se surpasser dans la projection, le chef <strong>Joseph Swensen</strong> parvient à restituer avec force et bel équilibre la richesse de la partition mozartienne, à la tête d’un orchestre très en forme. Une bien belle réussite…</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="🕯️🌙 La Flûte enchantée : Julien Duval en coulisses" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/3eRpgSnkoJg?start=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="🪡 Dans les coulisses des costumes de La Flûte enchantée" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/_KB059xDKu4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>DELIUS, The Magic Fountain &#8211; Wexford</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/delius-the-magic-fountain-wexford/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Oct 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas la première fois que le festival de Wexford – fidèle à son ADN, qui consiste à ne programmer que des raretés – invite son public à redécouvrir une œuvre de Frederick Delius (1862-1934). En 2012, A Village Romeo and Juliet avait rencontré un beau succès, tout comme Koanga en 2015. Mais le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est pas la première fois que le festival de Wexford – fidèle à son ADN, qui consiste à ne programmer que des raretés – invite son public à redécouvrir une œuvre de Frederick Delius (1862-1934). En 2012, <em>A Village Romeo and Juliet</em> avait rencontré un beau succès, tout comme <em>Koanga</em> en 2015. Mais le compositeur britannique reste encore peu joué, surtout en France, alors que l&rsquo;Allemagne et les pays anglo-saxons programment ses opéras de temps en temps. <em>The Magic Fountain</em>, présenté lors de cette édition 2025, a ceci de particulier que, contrairement aux deux autres opéras déjà cités, il n&rsquo;a jamais été représenté du vivant du compositeur. Ne trouvant aucun directeur de théâtre pour la programmer, Delius dut laisser sa partition dormir dans un tiroir, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle soit finalement donnée à la fin du XXe siècle, d&rsquo;abord en concert par la BBC en 1977 (l&rsquo;enregistrement de la BBC est le seul témoignage au disque existant), puis sur une scène à Kiel en 1997, et de nouveau à Glasgow en 1999.</p>
<p>Le deuxième essai opératique du compositeur constitue une œuvre étonnante, dont l&rsquo;écriture court de 1893 à 1895. Delius rédige lui-même son livret, avec la complicité supposée de son amie Jutta Bell, en s&rsquo;inspirant de la légende de Juan Ponce de León, conquistador espagnol parti à la recherche de la fontaine de Jouvence. L’action se situe en Floride – région que Delius connait pour y avoir vécu quelques temps dans une plantation d’oranges tenue par ses parents – et se déroule dans un XVIe siècle où s&rsquo;opposent conquistadors et tribus autochtones.</p>
<p>Solano, le personnage principal de l&rsquo;opéra, n&rsquo;est cependant pas un explorateur comme les autres puisque son unique but est d&rsquo;atteindre la légendaire fontaine de Jouvence. Son équipage est peu enclin à le suivre, mais disparaît avec son navire dans une tempête. Solano, seul survivant, échoue sur une plage. Là, il est découvert par Watawa, une jeune Amérindienne, qui le mène jusqu&rsquo;à Wapanacki, chef de la tribu. Solano lui confie sa quête, et celui-ci l’envoie consulter le prophète Talum Hadjo. Watawa décide d’accompagner l’étranger jusqu’à la hutte du prophète, perdue au milieu des marécages. Elle nourrit en secret l’intention de tuer Solano, persuadée que sa mort rachètera les souffrances infligées par les hommes blancs à son peuple. Cependant, Talum Hadjo révèle à la jeune femme que l’eau de la fontaine est empoisonnée. Elle renonce alors à agir et choisit de laisser Solano courir lui-même à sa perte. Hélas, l&rsquo;amour a ses raisons que la raison ne connaît pas : Watawa s’éprend progressivement de Solano. Dans un geste désespéré, elle boit l’eau de la fontaine avant lui et meurt dans ses bras. Désespéré, Solano la suit dans la mort.</p>
<p>Dans ce bref résumé, vous aurez remarqué sans trop d&rsquo;effort l&#8217;empreinte du modèle de Delius, dont il est bien loin de chercher à dissimuler l&rsquo;influence : l&rsquo;inévitable Richard Wagner. Le premier acte – introduit, ça ne s&rsquo;invente pas, par un solo de cor anglais – rappelle le premier acte de <em>Tristan und Isolde</em>, situé lui aussi sur un bateau, accompagné par un chœur de marins. Le désir de vengeance qui anime Watawa évoque celui d&rsquo;Isolde et le thème de l&rsquo;anéantissement dans la mort, associé au motif du poison, inscrit tout autant <em>The Magic Fountain</em> dans le sillon tristanesque. L&rsquo;écriture <em>durchkomponiert</em> et la présence de leitmotivs structurants, quoiqu&rsquo;en moins grand nombre que chez le compositeur allemand, relèvent tout autant de l&rsquo;esthétique wagnérienne.</p>
<p>Là où Delius s&rsquo;écarte véritablement de son modèle, c&rsquo;est dans son orchestration, parfois plus française que germanique. L’introduction de la scène sur la plage en est l’exemple le plus frappant : un motif lumineux circule de la flûte au hautbois, puis à la clarinette, avec une liquidité toute debussyste. On voit passer également l&rsquo;ombre de Tchaïkovski dans la tempête et une préfiguration de Strauss dans l&rsquo;interlude vers la hutte, tout comme dans le magnifique prélude de l&rsquo;acte III, peut-être le sommet de la partition, véritable paysage sonore aquatique. Un motif récurent construit sur une échelle pentatonique, peut-être associé à la fontaine, surprend par son « exotisme ». De manière générale, la prosodie est plutôt libre et l&rsquo;harmonie étonne par son mélange de classicisme et de modernité. On s&rsquo;étonnera moins si l&rsquo;on sait que Delius a pu entendre les chants des Noirs américains en Floride et que l&rsquo;influence de formes anciennes de blues et de jazz a pu jouer un grand rôle dans son imaginaire musical.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="size-large wp-image-202153" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/WFO-The-Magic-Fountain-pic-2789-Padraig-Grant-1024x643.jpg" alt="" width="1024" height="643" />© Pádraig Grant</pre>
<p>Alors que l&rsquo;enregistrement de la BBC plonge l&rsquo;œuvre dans un bain post-romantique, <strong>Francesco Cilluffo </strong>met plutôt en valeur les éléments singuliers et modernes de la partition, donnant presque à entendre une sorte de « <em>musical</em> wagnérien ». Cette impression est bien sûr renforcée par l&rsquo;usage de la langue anglaise, mais aussi par la grande plasticité et la grande clarté de la direction orchestrale. Certes, les vents sont bien par deux et tous les pupitres de la partition sont représentés, mais l&rsquo;<strong>Orchestre du festival de Wexford</strong> ne comprend pas un nombre de cordes suffisant pour donner à l&rsquo;œuvre une dimension trop imposante et océanique. On pourrait le regretter, mais cela éclaircit vraiment la partition et lui confère une fluidité bienvenue, d&rsquo;autant plus que les instrumentistes font preuve d&rsquo;une très belle franchise de timbre.</p>
<p>De son côté, la mise en scène de <strong>Christopher Luscombe</strong> se démarque aussi par son élégance et sa grande clarté, parti pris qu&rsquo;on ne peut que louer lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une œuvre inconnue. Malheureusement, en ne cherchant pas à se situer au-delà de son sujet, elle expose en même temps toutes les faiblesses du livret : des personnages peu développés, des contrastes un peu artificiels, une précipitation dans le déroulement de l&rsquo;intrigue qui ne permet pas de rendre crédible le revirement sentimental de Watawa. De même, le dénouement se révèle peu émouvant, puisqu&rsquo;on n&rsquo;a pas vraiment eu le temps de s&rsquo;intéresser au sort des personnages. La question délicate de la représentation des Amérindiens est contournée, puisque le metteur en scène semble retenir le caractère universel de l&rsquo;intrigue et propose avec <strong>Simon Higlett</strong> des costumes où se mêlent des influences très diverses, sans ambition documentaire. Ce point de vue a l&rsquo;intérêt de ne pas jeter <em>The Magic Fountain</em> avec l&rsquo;eau du bain, dans la mesure où l&rsquo;œuvre se révèlerait inopérante, voire ringarde, si on l&rsquo;extrayait du contexte de sa création, imprégné de romantisme et bien loin des questions post-coloniales. En ceci, la scénographie du même Simon Higlett, ainsi que les éclairages toujours impeccables de <strong>Daniele Naldi</strong> et <strong>Paolo Bonapace</strong> tirent l&rsquo;œuvre vers un symbolisme bienvenu : un rideau de lianes vertes à l’avant-scène, baigné de reflets bleutés au troisième acte, s’ouvre finalement sur le tableau de la fontaine de Jouvence, d’une somptuosité plastique indéniable.</p>
<p><figure id="attachment_202157" aria-describedby="caption-attachment-202157" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-202157" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/WFO-The-Magic-Fountrain-pic-3392-Padraig-Grant-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-202157" class="wp-caption-text">Dominick Valdés Chenes &amp; Axelle Saint-Cirel © Pádraig Grant</figcaption></figure></p>
<p>On est très heureux de retrouver à Wexford la chanteuse française <strong>Axelle Saint-Cirel</strong>, connue du grand public pour avoir interprété la Marseillaise lors de la cérémonie d&rsquo;ouverture des JO 2025, mais dont le talent dépasse bien évidemment ce cadre patriotique. Elle donne chair à Watawa, avec une voix de mezzo large, aux reflets cuivrés. Les aigus sont faciles et la présence de l&rsquo;artiste est magnétique. Si le rôle est esquissé de manière assez elliptique par le compositeur, la chanteuse parvient néanmoins à donner au personnage sa crédibilité, à incarner aussi bien sa rage contre les hommes blancs au premier acte que ses doutes, puis son amour au troisième acte. À ses côtés, <strong>Dominick Valdés Chenes</strong> est un Solano vaillant, parfois un peu statique scéniquement, mais qui défend avec courage et sincérité ce personnage de rêveur. La voix a des nuances par moments presque barytonnantes, qui donnent au personnage une gravité touchante. Les autres personnages sont plus épisodiques : <strong>Kamohelo Tsotetsi</strong> campe un Wapanacki d&rsquo;une calme et d&rsquo;une autorité souveraine ; <strong>Meilir Jones</strong>, dans le rôle de Talum Hadjo, est un diseur savoureux, faisant résonner l&rsquo;anglais avec un relief saisissant ; enfin, <strong>Seamus Brady</strong> est un marin de grande classe.</p>
<p data-start="818" data-end="1389">Il faut également saluer l’excellent travail du <strong>Chœur du festival de Wexford</strong>. Dès le premier acte, la scène chorale des marins, l&rsquo;une des plus belles pages de la partition, séduit par son caractère bien affirmé, à la fois robuste et poétique. Delius y montre une science du contraste et de la prosodie qui évoque toujours autant Wagner que certaines traditions populaires. Les choristes en restituent admirablement l’élan, la clarté rythmique et la densité expressive, tout comme le chœur féminin pendant la scène d&rsquo;arrivée à la fontaine, miroitant de couleurs.</p>
<p data-start="1391" data-end="1954">En sortant de la salle, on se dit que le festival de Wexford demeure toujours fidèle à sa vocation : offrir un espace de rédemption à des œuvres oubliées ou méconnues, sans céder à la facilité du répertoire établi. <em>The Magic Fountain</em> n’est certes pas un chef-d’œuvre absolu, mais l’intelligence musicale et scénique de cette nouvelle production lui confère un beau relief. C’est précisément là que réside l’esprit de Wexford : faire entendre autre chose et rappeler que le répertoire de l’opéra est bien plus vaste que les quelques mêmes titres qui tournent sans cesse dans les maisons d&rsquo;opéra. C&rsquo;est ce que prouvera sans doute une fois encore le festival de Wexford l&rsquo;année prochaine, en fêtant ses 75 ans d&rsquo;existence ! Une brève sera publiée très prochainement pour rendre compte du programme de cette prochaine édition.</p>
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		<title>Grande finale du concours Voix des Outre-mer 2025 &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/grande-finale-du-concours-voix-des-outre-mer-2025-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jan 2025 07:38:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Ce prix est pour tous ceux qui ont des rêves&#160;», remercie, émue, la soprano réunionnaise Laetitia Volcey, après avoir remporté la grande finale du concours Voix des Outre-mer 2025*. Son interprétation exaltée de « Dich, teure Halle », l’air d’entrée d’Elisabeth dans Tannhäuser a conquis le jury présidé par Richard Martet. Le son ample et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Ce prix est pour tous ceux qui ont des rêves&nbsp;», remercie, émue, la soprano réunionnaise <strong>Laetitia Volcey</strong>, après avoir remporté la grande finale du concours Voix des Outre-mer 2025*. Son interprétation exaltée de « Dich, teure Halle », l’air d’entrée d’Elisabeth dans <em>Tannhäuser </em>a conquis le jury présidé par Richard Martet. Le son ample et brillant, la maîtrise du souffle qu’exige l’écriture vocale avec ses phrases longues et ses notes tenues, la précision, la manière dont l’aigu rayonne sont parvenus à donner chair à l’espoir de l’héroïne wagnérienne dans l’attente de son bien-aimé.</p>
<p>Fondée en 2017 par le contre-ténor martiniquais Fabrice di Falco et l&rsquo;association Les Contres Courants, cette compétition vocale pas comme les autres vise à découvrir et former de nouveaux talents originaires des territoires ultramarins tout en créant des passerelles entre les cultures d’Outre-mer et l&rsquo;univers de l&rsquo;opéra. Les douze finalistes de la 7<sup>e</sup> édition en témoignent. Interrogés par les présentateurs de la soirée, Laurence Roustandjee et Fabrice di Falco, ils parlent du «&nbsp;lyrique&nbsp;» comme d’un eldorado, un pays de cocagne qui leur semblait interdit en raison de leurs origines et qu’ils découvrent émerveillés.</p>
<p>Le concours est structuré en plusieurs étapes dont la finale nationale, organisée à l&rsquo;Opéra Bastille, ne forme que la partie émergée de l’iceberg. Avant cette ultime épreuve, se sont déroulés des sélections régionales et des masterclasses destinées à accompagner ces jeunes voix qui n’ont souvent pas eu la chance de disposer d’une formation à la mesure de leur talent. La Guadeloupe, la Martinique, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, entre autres, ne disposent pas de conservatoire de musique. Beaucoup sont autodidactes. Tel le ténor néocalédonien <strong>Livio Heafala</strong> qui a modifié sa technique en moins de 24 heures grâce aux conseils de Fabrice di Falco. Son interprétation vibrante et vaillante de «&nbsp;O Sole mio&nbsp;» lui vaut le Prix encouragements Voix des Outre-mer, une des cinq récompenses dispensées lors de cette grande finale.</p>
<p>Des encouragements sont aussi décernés dans la catégorie «&nbsp;jeunes talents&nbsp;» à la soprano mahoraise <strong>Helena Lopez</strong>, un « diamant brut » selon la formule consacrée, à l’exemple des autres finalistes dont le potentiel ne saurait masquer la marge de progrès s’ils veulent entreprendre une carrière lyrique.</p>
<p>L’âge n’est pas un paramètre à prendre en compte dans cette ascension des marches de l’opéra. A seulement quinze ans, <strong>Orleonne Divo Prince</strong> reçoit le prix «&nbsp;jeune talent&nbsp;». Il suffit à la jeune soprano, invitée de l’émission <em>Prodiges </em>en décembre dernier, d’un «&nbsp;Summertime&nbsp;» déjà lyrique, déjà contrôlé tant en émission qu’en intensité pour convaincre de son potentiel. <strong>Mytsuru Kato</strong>, le prix du Public, est quant à elle âgée de 48 ans. Au-delà d’une Habanera de <em>Carmen</em> serrée aux entournures, le rire contagieux de la mezzo-soprano polynésienne attire la sympathie comme une évidence.</p>
<p>Invitée sur scène lors de la remise des prix, la Ministre de la Culture, Rachida Dati, étonnée de «&nbsp;ne s’être pas ennuyée&nbsp;», avoue avoir été également séduite par la personnalité des candidats. A raison. La sincérité, la candeur, la joie avec laquelle chacun d’entre eux se présente au public – et auparavant dans un bref reportage vidéo – vont droit au cœur.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/CVOM4.jpg">© Quentinprodphoto / Voix des Outre-mer</pre>
<p>Au-delà du concours, la promotion de l’art lyrique dans les Outre-mer se réalise à travers différents projets de concerts et de collaborations artistiques. Durant la délibération du jury, quelques extraits de <em>Porgy and Bess</em>, interprétés par une troupe de chanteurs métropolitains et ultramarins, donnent en avant-première un aperçu d’un spectacle qui sera présenté au Festival d’Avignon l’été prochain – et à Paris au Théâtre des Champs-Elysées en juin 2026.</p>
<p>Durant cet intermède, les messages – et un rappel du parcours – des lauréats précédents invite les finalistes à persévérer. Nul n’a oublié <em>La Marseillaise</em> chantée sur le toit du Grand Palais lors de la Cérémonie d&rsquo;ouverture des JO de Paris 2024 par <strong>Axelle Saint-Cirel</strong>, grand Prix 2023. Tous peuvent mesurer avec « O mio babbino caro » chanté par <strong>Livia Louis-Joseph-Dogué </strong>les progrès de la soprano<strong>,</strong>&nbsp;jeune Talent 2018, après cinq années de formation délivrée par l’association Les Contres Courants. Dans leurs propos, un mot revient à plusieurs reprises comme un mantra – mot que répétera d’ailleurs Laetitia Volcey en recevant sa récompense&nbsp;: «&nbsp;travail, travail, travail&nbsp;». Tel est le prix du rêve.</p>
<pre>* La soirée est visible en replay sur <a href="https://la1ere.francetvinfo.fr/direct-concours-voix-des-outre-mer-2025-suivez-la-grande-finale-a-l-opera-national-de-paris-bastille-1551706.html">la1ere.francetvinfo.fr</a></pre>
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		<title>Parade inaugurale des JO 2024 : l’opéra tire son épingle des jeux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/parade-inaugurale-des-jo-2024-lopera-tire-son-epingle-des-jeux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jul 2024 06:46:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si l’opéra en toute logique n’avait pas la vedette hier soir à Paris lors de la parade des JO 2024, le chant lyrique a tout de même eu droit à quelques séquences remarquées, et parfois remarquables. A commencer par Marina Viotti, accouplée au groupe Gojira dans une version métallisée de la Habanera de Carmen, puis &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si l’opéra en toute logique n’avait pas la vedette hier soir à Paris lors de la parade des JO 2024, le chant lyrique a tout de même eu droit à quelques séquences remarquées, et parfois remarquables. A commencer par <strong>Marina Viotti</strong>, accouplée au groupe Gojira dans une version métallisée de la Habanera de <em>Carmen</em>, puis <strong>Jakub Józef Orliński</strong>, travesti en Pierrot, chantant sous la pluie un extrait des <em>Indes Galantes</em> ponctué de figures de breakdance, et enfin <strong>Axelle Saint-Cirel</strong>, lauréate 2023 du Concours des Voix des Outre-mer, dont l’interprétation de <em>La Marseillaise</em>, juchée sur le toit du Grand Palais, fut un des quelques moments d’émotion de la soirée. A noter aussi la présence de plusieurs ensembles symphoniques, danseurs et musiciens classiques, sans oublier <strong>Thomas Jolly</strong> – connu des amateurs d’opéra pour ses mises en scènes, <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-romeo-et-juliette-paris-bastille/">Roméo et Juliette </a></em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-romeo-et-juliette-paris-bastille/">à la Bastille en 2023</a> s’il faut en citer une –, directeur artistique et chef d’orchestre d’une cérémonie gigantesque, époustouflante, musicale et théâtrale, déraisonnable mais spectaculaire, démesurée mais sensationnelle, même si quelque peu longuette, tantôt sublime, tantôt grotesque… Autant d’adjectifs que l’on accole d’habitude non aux jeux olympiques mais au genre lyrique.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="JO PARIS 2024 - L&#039;incroyable Marseillaise d&#039;Axelle Saint-Cirel sur le toit du Grand Palais" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/rYkBXypDaDY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Axelle Saint-Cirel, lauréate de la 5e édition du concours Voix des Outre-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/axelle-saint-cirel-laureate-de-la-5e-edition-du-concours-voix-des-outre-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Feb 2023 14:57:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Samedi dernier, 4 février, à l&#8217;Amphithéâtre Bastille, le prix de la 5e édition du concours Voix des Outre-mer a été décerné à la mezzo-soprano guadeloupéenne Axelle Saint-Cirel, qui avait déjà reçu les encouragements du jury en 2021. Le prix Jeune talent revient à Axelle Rascar Moutoussamy de Martinique. Deux bourses d’accompagnement ont également été remises à Mikaele &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Samedi dernier, 4 février, à l&rsquo;Amphithéâtre Bastille, le prix de la 5e édition du concours Voix des Outre-mer a été décerné à la mezzo-soprano guadeloupéenne <strong>Axelle Saint-Cirel</strong>, qui avait déjà reçu les encouragements du jury en 2021. Le prix Jeune talent revient à <strong>Axelle Rascar Moutoussamy</strong> de Martinique. Deux bourses d’accompagnement ont également été remises à <strong>Mikaele Masei</strong> et <strong>Thomas Custodio-Veira</strong>. La soirée est visible en replay sur <a href="https://la1ere.francetvinfo.fr/concert-suivez-la-finale-nationale-du-concours-voix-des-outre-mer-2023-1362902.html" rel="nofollow">la1ère.fr</a> </p>
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		<title>Concert Voix des Outre-Mer : Hommage à Christiane Eda-Pierre — Paris (Amphi Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-voix-des-outre-mer-hommage-a-christiane-eda-pierre-paris-amphi-bastille-a-la-memoire-dune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Jul 2021 02:55:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sous le haut patronage de Karine Deshayes, et de Fabrice di Falco, respectivement marraine et co-fondateur du concours Voix des Outre-Mer,  les jeunes lauréats et finalistes des trois éditions, ont rendu, ce soir, un vibrant hommage à la soprano Christiane Eda-Pierre. A l&#8217;occasion de ce récital à l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille, avec la participation de Richard &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Sous le haut patronage de <strong>Karine Deshayes</strong>, et de <strong>Fabrice di Falco</strong>, respectivement marraine et co-fondateur du concours Voix des Outre-Mer<strong>,  </strong>les jeunes lauréats et finalistes des trois éditions,<strong> </strong>ont rendu, ce soir, un vibrant hommage à la soprano <strong>Christiane Eda-Pierre</strong>. A l&rsquo;occasion de ce récital à l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille, avec la participation de <strong>Richard Martet</strong>, en narrateur d’un soir, la soirée s’est imposée d’emblée non comme un concert, mais comme  un roman lyrique,  presque opératique, autour de Christiane Eda-Pierre, cette « âme vaillante » (le nom d’un mouvement de jeunesse catholique fréquenté dans son enfance) « au bon caractère de bélier » disait-elle, qui a su tirer des épreuves de sa traversée artistique  une force sereine qui sublimait dans une apparente aisance tout ce qu’elle faisait. Dans cet hommage en effet de miroir, les voix, au fil des mots distillés par Richard Martet, se font tour à tour diseuses du roman d’une vie et interprètes du cheminement artistique de Christine Eda-Pierre dans toute sa versatilité, des rives mozartiennes au répertoire français (son éblouissante Antonia dans les fameux <em>Contes d’Hoffmann</em> mis en scène par Patrice Chéreau la propulsera sur les cimes de la notoriété et aura, grâce à la télévision, un retentissement sur le grand public). La grande soprano n’a pas non plus négligé le répertoire baroque (son hallucinante Alcina d’Aix en Provence) et les créations contemporaines (son ange au parfum d’éternité du <em>Saint François d’Assise</em> de Messiaen aux cotés de José van Dam). Et il allait dès lors de soi que les répertoires de prédilection de l’artiste nourrissent le programme-hommage d’un soir à travers une galerie de personnages que Christiane Eda-Pierre a défendus avec brio.</p>
<p>Sur scène, en solo et en duo, pour conjuguer ce glorieux passé au temps présent, les lauréats et finalistes du Concours Voix des Outre-Mer, ont tous ouvert, avec talent, une fenêtre sur de belles et prometteuses perspectives futures. <strong>Clara Bellon</strong>, en Olympia, voix agile aux envolées faciles, est dotée d’un  timbre clair et d’une maîtrise souveraine de la nuance dans l&rsquo;écrin d&rsquo;une ligne de chant impeccable. <strong>Axelle Saint-Cirel</strong> se taille un beau succès personnel en Sesto de la <em>Clemenza di Tito</em>, en occupant l’espace d’une voix puissante, charnue, opulente, servie par une diction ferme et un timbre séduisant. Son tempérament dramatique fait déjà bel effet. <strong>Candice Albardier</strong> révèle un timbre séduisant lequel, nourri et travaillé, pourrait faire éclore de belles possibilités. Mais les attractions sont sans nul doute les deux barytons. <strong>Edwin Fardini</strong>  fait rutiler la puissance de sa voix grave avec une aisance de professionnel averti dans l’air d’Antenor « Monstre affreux, monstre redoutable » du <em>Dardanus</em> de Rameau. Avec sa voix ronde et chaleureuse, projetée avec autorité et panache, son excellente diction, sa présence scénique aux justes intentions dramatiques, <strong>Aslam Safla</strong> fait preuve déjà d’un bel aplomb et place la barre très haut. Quant à <strong>Marie-Laure Garnier</strong>, qu’on ne présente plus, elle se taille la part du lion, dans l’air périlleux de Vitellia « Ecco il punto… » de La Clemenza di Tito qui sollicite tous les registres de la voix, des gouffres caverneux aux cimes vertigineuses. Elle fait  ici la démonstration de ses impressionnants moyens vocaux où un grave mirifique côtoie des aigus puissants. Doté d’une présence saisissante, elle habite viscéralement le personnage de Vitellia. Aux jeunes voix, se sont unis les talents aguerris, soutiens actifs du concours des voix des Outre-Mer, terreau fertile de découvertes. Outre Karine Deshayes, interprétant pour la première fois la Comtesse Almaviva des <em>Nozze di Figaro</em> et le contre-ténor Fabrice di Falco, audacieuse et hallucinante Alcina de Haendel toute de noir vêtue, <strong>Patrizia Ciofi</strong> était aussi de la célébration, ouvrant celle-ci avec une délicate et émouvante Leïla des <em>Pêcheurs de Perles.</em></p>
<p>De par son élégance habituelle, le pianiste <strong>Jeff Cohen</strong> accentue davantage encore la mise à nu des émotions de cet hommage à la fois festif et poignant.  A cet égard, la grande complicité entre artistes, n’est pas étrangère à la réussite de cette soirée. On sent ici un accord parfait portant une vision commune de ce poème musical dédié au parcours d’une vie. Le  bouquet de mots teintés d’humour et d’émotions du contre-ténor Fabrice di Falco à Christiane Eda-Pierre, rappelant que l’illustre chanteuse n’aimait pas les voix masculines aigues, a conféré au récital une conclusion bouleversante. Sous le signe d’un bonheur partagé, la soirée est une magnifique offrande à une interprète qui tout au long de son cheminement artistique s’est distinguée par sa générosité et sa combattivité.</p>
<p> </p>
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