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	<title>Dario SALVI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Dario SALVI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Jephtas Gelübde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jephtas-gelubde-resurrection-du-premier-opera-de-meyerbeer-bonne-et-mauvaise-nouvelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Jan 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les opéras des périodes italienne et française de Giacomo Meyerbeer sont aujourd&#8217;hui aisément disponibles à l&#8217;écoute. Ce n&#8217;est pas le cas de la période allemande qui reste largement à redécouvrir. Diana Damrau en donnait un avant-goût dans son excellent récital consacré au compositeur. Jephtas Gelübde (Le Vœu de Jephté) est le premier ouvrage représenté du jeune compositeur. Meyerbeer a &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jephtas-gelubde-resurrection-du-premier-opera-de-meyerbeer-bonne-et-mauvaise-nouvelles/"> <span class="screen-reader-text">Jephtas Gelübde</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les opéras des périodes italienne et française de Giacomo Meyerbeer sont aujourd&rsquo;hui aisément disponibles à l&rsquo;écoute. Ce n&rsquo;est pas le cas de la période allemande qui reste largement à redécouvrir. Diana Damrau en donnait un avant-goût <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/meyerbeer-grand-opera-diana-damrau-nul-nest-prophete-en-son-pays">dans son excellent récital consacré au compositeur</a>. <em>Jephtas Gelübde </em>(Le Vœu de Jephté) est le premier ouvrage représenté du jeune compositeur. Meyerbeer a fêté ses 21 ans quelques mois plus tôt. L&rsquo;œuvre est donnée trois fois et reçoit un bon accueil. La toute première composition de Meyerbeer, une comédie intitulée <em>Der Admiral, oder der verlorne Prozess</em>, écrite un an plus tôt, n&rsquo;a pas été représentée (et ne semble pas l&rsquo;avoir jamais été). Meyerbeer est alors l&rsquo;élève de l&rsquo;Abbé Vogler à Darmstadt. Il a pour condisciple Carl Maria von Weber dont le premier chef-d&rsquo;œuvre, <em>Der Freischütz</em>, sera créé en 1821. Mozart est mort en 1791. Seul ouvrage de cette époque à être couramment représenté aujourd&rsquo;hui, <em>Fidelio</em> a été créé en 1805 (sa dernière mouture date de 1814). En 1816, Meyerbeer partira à la découverte de l&rsquo;opéra italien en Italie même, sur les conseils de Salieri. Pour l&rsquo;heure, Rossini, qui aura plus tard une grande influence sur Meyerbeer, n&rsquo;a composé aucun de ses ouvrages <em>seria </em>majeurs (<em>Tancredi</em> date de 1813 et Meyerbeer assistera à une de ses représentations en 1816). Le compositeur germanique, qui n&rsquo;a pas encore italianisé son identité, signe Jacob Meyer Beer. Ce panorama est essentiel pour comprendre le style de ce premier ouvrage sans tomber dans l&rsquo;anachronisme. </p>
<p>L&rsquo;intrigue est inspirée d&rsquo;un épisode biblique figurant dans le <em>Livre des Juges</em>. Alors que les Hébreux font une fois de plus les 400 coups (au grand dam de l&rsquo;Eternel) et rendent un culte à Baal et Astarté, ils se voient punis en tombant aux mains des Philistins et des Ammonites. Jephté est alors choisi comme chef pour les combattre. Il promet à Dieu de lui sacrifier, en cas de victoire, la première personne qu&rsquo;il rencontrera et qui se trouvera être sa propre fille (encore un qui ne connaissait pas Iphigénie et Idoménée). La jeune femme est mise à mort après s&rsquo;être vu accorder un délai de deux mois pour pleurer sa virginité.</p>
<p>Le livret d&rsquo;Aloys Schreiber prend ses aises avec la Bible et, comme dans les versions de Michel Pignolet de Montéclair (1732) et de Georg Friedrich Haendel (1751), le sacrifice est finalement interrompu in extremis. Contrairement à l&rsquo;ouvrage de Haendel, <em>Jephtas Gelübde </em>est une authentique œuvre dramatique et non un oratorio. Le premier acte (57 minutes) s&rsquo;ouvre ici avec un chœur de vendangeurs accompagné par Tirza (mezzo). Elle est rejointe par son amie Sulima (soprano), fille de Jephté. Asmavett (ténor), qui est devenu soldat pour conquérir Selima, chante avec elle (puis seul) son amour passionné. Ils sont espionnés par le contremaître Abdon (basse), jaloux de son rival qui, dans un air dont la structure rappelle un peu la grande scène de Pizarro « Ha! Welch&rsquo; ein Augenblick! » à l&rsquo;acte I de <em>Fidelio</em>, appelle à l&rsquo;aide le « Serpent de l&rsquo;envie ». Un bel ensemble réunit ensuite l&rsquo;ensemble des rôles principaux, puis le chœur, au terme duquel Jephté (baryton) promet la main de sa fille à Asmavett, une fois acquise la victoire des hébreux. L&rsquo;acte se conclut par un grand finale (une quinzaine de minutes). Des tribus qui ont fuit l&rsquo;invasion des Ammonites viennent demander de l&rsquo;aide mais Jephté refuse de conduire les troupes. D&rsquo;autres messagers et réfugiés se joignent aux supplications. Jephté accepte finalement de mener les soldats au combat et promet de sacrifier à Dieu la première personne qu&rsquo;il rencontrera s&rsquo;il obtient la victoire. L&rsquo;Eternel se manifeste par un modeste coup de grosse caisse, signe qui est interprété par les hébreux comme son accord. Acte II (53 mn). Sulima pleure sur la tombe de sa mère dans une magnifique scène, dramatique et virtuose, d&rsquo;une dizaine de minutes et couronnée par un contre-ut. Abdon se présente devant Sulima et Tirza, annonçant la victoire des israélites et la mort d&rsquo;Asmavett. Il tente de séduire Sulima (comme si c&rsquo;était le moment) qui le rejette avec force. Asmavett, qui est bien vivant, remercie le ciel avec deux contre-ré. Il retrouve Sulima et les deux tourtereaux se lancent dans un duo passionné avec violon solo. Jephté fait son entrée pour le grand finale de l&rsquo;acte II (20 minutes). L&rsquo;orchestration et l&rsquo;architecture en sont particulièrement élaborées. Le style ample et solennel annonce des ouvrages comme le <em>Moïse et Pharaon </em>de Rossini. Pour l&rsquo;anecdote, signalons l&rsquo;accompagnement « chantant » des percussions lors de la procession, qui rappelle des œuvres de la maturité. Sulima (qui pourtant doit bien être au courant de cette histoire de voeu) se jette bêtement dans les bras de son père. Abdon (qui n&rsquo;a rien à y perdre) exige que la promesse de sacrifice soit tenue. Asmavett veut s&rsquo;y opposer. Deux groupes sont prêts à s&rsquo;affronter quand la tombe de la mère de Sulima s&rsquo;ouvre mystérieusement, ramenant immédiatement le calme entre les hébreux. L&rsquo;acte III (46 mn) s&rsquo;ouvre par une méditation de Jephté précédée d&rsquo;une longue introduction orchestrale, l&rsquo;ensemble durant une douzaine de minutes. On peut y trouver des échos de l&rsquo;invocation de Samiel par Kaspar dans <em>Der Freischütz</em>. Asmavett essaie de convaincre son futur beau-père de renoncer à ses projets.  Sulima leur expose qu&rsquo;elle accepte le sacrifice. Les sentiments contradictoires sont exposés dans un grand ensemble : Asmavett est prêt à empêcher le sacrifice, au besoin par la force, Sulima le supplie de ne pas intervenir, Jephté s&rsquo;en remet à Dieu, tandis qu&rsquo;Abdon exulte. Jephté prépare le sacrifice dans un monologue parlé accompagné progressivement par la musique de la procession. Les prières font penser à la fin du <em>Nabucco</em> de Verdi. Mais finalement le Grand Prêtre annonce que Jéhovah ne veut pas de sang humain versé en son honneur. Les Israélites tombent à genoux et remercient Dieu dans un ultime et rapide chœur de réjouissance. </p>
<p>L&rsquo;ouvrage est un <em>S</em><em>ingspiel</em>, genre proche de l&rsquo;opéra-comique, et les dialogues parlés, quoiqu&rsquo;espacés, sont relativement longs. Etonnamment, on trouve déjà les thématiques du grand opéra français avec ses conflits cornéliens opposant devoir, religion, amour filial et passion sentimentale. Comme il le fera plus tard avec <em>Dinorah</em> qui dépassera, par son ampleur, le genre traditionnel de l&rsquo;opéra-comique, Meyerbeer va beaucoup plus loin que le simple <em>singspiel</em>, précurseur en cela du <em>Freischütz</em> (créé en 1821 mais dont la composition avait débuté en 1817). On y trouve déjà les marches, danses, processions ou finales des ouvrages de la maturité du grand opéra, mais dans des proportions inédites pour un ouvrage de ce style. On peut d&rsquo;ailleurs se demander quel aurait été le paysage musical romantique si Meyerbeer n&rsquo;était pas parti ensuite pour l&rsquo;Italie. Le style musical s&rsquo;apparente à celui des compositeurs germaniques précités, sans en être une simple copie dépourvue de caractère, en y ajoutant une goutte de Gluck (notamment la scène de Jephté à l&rsquo;acte III), un soupçon de Haendel et une bonne dose de Meyerbeer. L&rsquo;ouvrage n&rsquo;offre pas de mélodies particulièrement mémorables (de toute façon, Meyerbeer n&rsquo;est pas un compositeur « à airs ») mais la musique est toujours passionnante. La qualité et l&rsquo;originalité de l&rsquo;orchestration frappe pour un compositeur aussi jeune (à titre d&rsquo;exemple, l&rsquo;entrée des prêtres au finale du dernier acte est accompagnée d&rsquo;une harpe et de guitares). On reste frappé par le talent du tout jeune Meyerbeer pour la mise en place de finales complexes, en particulier celui de l&rsquo;acte II (celui de l&rsquo;acte III souffre d&rsquo;un livret un peu bancal pour une situation qui pourrait être beaucoup plus dramatique, celui de l&rsquo;acte I est en revanche très réussi).</p>
<p>
	Le rôle de Jephta est relativement peu développé jusqu&rsquo;à son grand son monologue de l&rsquo;acte III. Le jeune baryton basse <strong>Sönke Tams Freier</strong> y fait preuve d&rsquo;une belle maturité et d&rsquo;un authentique talent dramatique. Le rôle de Sulima est mieux servi, avec deux belles scènes virtuoses et dramatiques aux actes I et II. La voix assez légère d&rsquo;<strong>Andrea Chudak </strong>tomberait plutôt dans la catégorie de ce qu&rsquo;on appelle (sans que cela soit péjoratif) les voix de soubrette, et reste un peu en dessous des exigences dramatiques de la partition, sans non plus être pleinement satisfaisante dans les passages virtuoses. Comme dans certains ouvrages de la maturité, la musique de Meyerbeer exige en effet ici un soprano à la voix colorée dans le médium, virtuose et avec un bel ambitus. L&rsquo;Asmavett de <strong>Markus Elsäßer </strong>est un ténor lyrique au titre clair et agréable, pas toujours très à l&rsquo;aise non plus avec la virtuosité exigée de temps à autres, et quelques aigus tendus. Dans le rôle de Tirza, la confidente de Sulima, <strong>Ziazan Horrocks-Hopayian</strong> offre une technique tout ce qu&rsquo;il y a de plus hétérodoxe, avec une émission nasale et pincée. <strong>Laurence Kalaidjian </strong>est un Abdon au grave bien gras, mais prudent dans ses vocalises et à l&rsquo;extrême aigu tendu. L&rsquo;ouvrage a été capté dans des délais particulièrement serrés, les différents interprètes n&rsquo;ayant semble-t-il disposé que de quelques jours entre la remise du matériel et les séances d&rsquo;enregistrement. Dans ces conditions, la remarquable mise en place des masses vocales et orchestrales par le chef <strong>Dario Salvi </strong>est à saluer, ainsi que l&rsquo;élégance de sa direction. Une plus longue préparation nous aurait sans doute valu un rythme plus soutenu. S&rsquo;il manque un peu de nerf, l&rsquo;<strong>Orchestre Philharmonique de Sofia </strong>offre une prestation d&rsquo;une belle qualité musicale. Les Chœurs sont excellents. S&rsquo;il est loin d&rsquo;être parfait, cet enregistrement à le mérite de venir combler un vide important dans la compréhension du parcours musical de Meyerbeer et de nous apporter un éclairage inédit sur les jalons musicaux de cette époque. Espérons qu&rsquo;il ouvrira la voix à des reprises de l&rsquo;ouvrage et à des représentations scéniques. En 1977, le mezzo Patricia Price et le chef John Perras enregistrait ainsi la première mondiale d&rsquo;un opéra quasi inconnu à l&rsquo;époque : le <em>Tancredi</em> de Rossini. Souhaitons que cet enregistrement vienne décider les directeurs d&rsquo;institutions lyriques à sortir des sentiers battus.</p>
<p>La bonne nouvelle, c&rsquo;est donc celle de cette résurrection. La mauvaise, c&rsquo;est que cet enregistrement n&rsquo;est uniquement disponible qu&rsquo;au travers de la plateforme de streaming de l&rsquo;éditeur, Naxos Music Library. Contacté, l&rsquo;éditeur invoque des difficultés techniques. Quoiqu&rsquo;il  en soit, il est infiniment regrettable qu&rsquo;une réalisation d&rsquo;une telle importance historique et musicale ne puisse être disponible en CD, et il faut espérer que l&rsquo;éditeur reviendra vite sur cette décision incompréhensible afin de permettre à un public plus large d&rsquo;accéder à cette rareté absolue. Les difficultés sont faites pour être surmontées et, en enregistrant cette première mondiale, le plus dur a déjà été fait.</p>
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		<title>Auber : ouvertures volume IV</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/auber-ouvertures-volume-iv-auber-toujours-plus-inedit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Jun 2021 04:34:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Enregistré dans la foulée du troisième volume de l&#8217;intégrale de la musique orchestrale de Daniel François Esprit Auber, ce quatrième enregistrement nous offre essentiellement des raretés, à l&#8217;exception de l&#8217;ouverture de Fra Diavolo, seul ouvrage du compositeur resté au répertoire international. Le CD débute avec  quelques extraits du Duc d&#8217;Olonne. La musique en est pleine &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Enregistré dans la foulée <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/auber-ouvertures-volume-iii-une-moisson-de-raretes">du troisième volume </a>de l&rsquo;intégrale de la musique orchestrale de Daniel François Esprit Auber, ce quatrième enregistrement nous offre essentiellement des raretés, à l&rsquo;exception de l&rsquo;ouverture de <em>Fra Diavolo</em>, seul ouvrage du compositeur resté au répertoire international. Le CD débute avec  quelques extraits du <em>Duc d&rsquo;Olonne</em>. La musique en est pleine de vie, typique du compositeur, et l&rsquo;influence rossinienne semble limitée. L&rsquo;ouvrage ne connut pourtant que 45 représentations. Il faut dire que le livret de Scribe est particulièrement embrouillé, mettant en scène, durant la Guerre de succession d&rsquo;Espagne (en 1710), les intrigues du Duc d&rsquo;Olonne à la recherche d&rsquo;une épouse, ce qui lui éviterait la confiscation de ses biens. Son choix se porte sur une jeune femme, Bianca, dont le père a été condamné à mort pour avoir frappé un supérieur. Mais le Duc est arrêté par le parti adverse avant d&rsquo;avoir pu mener à bien son projet de mariage. A l&rsquo;acte suivant, le chevalier français Villehardouin confie à un moine être amoureux d&rsquo;une jeune inconnue qui l&rsquo;a soigné sur le champ de bataille. Le jeune moine n&rsquo;est autre que Bianca déguisée pour échapper au Duc. Lorsqu&rsquo;on annonce le décès de celui-ci, elle révèle son identité. Mais le Duc n&rsquo;a fait que feindre sa mort pour s&rsquo;évader et, lorsqu&rsquo;il fait son entrée, Bianca revêt à nouveau l&rsquo;habit de moine. Le Duc essaie sans succès de le(la) faire boire et fumer le cigare. Devant son refus, il soupçonne avoir affaire à un espion, mais le Chevalier s&rsquo;interpose, et réclame Bianca. Les deux hommes sont prêts pour un duel quand on annonce que les combats reprennent. Philippe V tente de mettre fin à ces disputes en instituant Bianca dame d&rsquo;honneur. Après quelques nouvelles péripéties, le Duc renonce à Bianca, qui peut enfin convoler avec son chevalier. L&rsquo;intrigue du <em>Philtre</em> est bien connue des lyricomanes puisqu&rsquo;elle fut reprise à l&rsquo;identique par Donizetti pour son <em>Elisir d&rsquo;amore.</em> La musique en est dans le style de <em>Fra Diavolo,</em> en moins guerrier et davantage pastoral. L&rsquo;œuvre connut un très grand succès avant d&rsquo;être éclipsée plus tard par l&rsquo;ouvrage du compositeur bergamasque. La <em>Fête de Versailles </em>est un long divertissement chorégraphique (26 minutes) réglé par le maître de ballet Jean Coralli, auteur quelques années plus tard, et avec Jean Perrot, de la célèbre <em>Giselle</em>. La musique est un pastiche délicieux qui aurait pu inspirer Jules Massenet pour l&rsquo;acte du Cours la Reine de <em>Manon</em>, mais la chose est assez improbable s&rsquo;agissant d&rsquo;un ouvrage de circonstance de 1837 pour l&rsquo;inauguration du Musée du Château de Versailles. Scribe y fait apparaitre Lully, Quinault et le Roi-soleil, Molière et sa troupe habillés pour le <em>Misanthrope</em>, Corneille et ses comédiens dans leurs costumes du <em>Cid</em>, Louis XV, une tempête symbolisant 1793 avec <em>Marseillaise</em> <em>obligato</em>, la Restauration puis la Paix. On reconnait<em> Fra Diavolo </em>et Auber cite même le <em>Di Tanti palpiti </em>rossinnien ! <em> </em>Une seconde partie représente un bal masqué, avec des pages originales, mais aussi des extraits du ballet de <em>Gustave III ou le bal masqué</em> et de celui d&rsquo;<em>Ali Baba</em>. La fête se conclut par une apothéose sur le Génie de la France. <em>La Fiancée du Roi de Garbe </em>est un ouvrage tardif, fruit de la dernière collaboration d&rsquo;Auber (80 ans) avec son complice Scribe qui décéda sans avoir le temps de réviser le dernier acte qu&rsquo;il jugeait peu satisfaisant. Le mot <em>Garbe</em> dérive de l&rsquo;arabe <em>Al-gharb </em>qui signifie <em>occident</em>. L&rsquo;intrigue est lointainement inspirée d&rsquo;un conte érotique de Boccace, francisé par La Fontaine, et largement édulcorée. Alaciel, la fille du Sultant Zaïr quitte l&rsquo;Egypte pour épouser le Roi de Garbe. Elle retourne en Egypte (acte II). Puis à Garbe (acte III) après des péripéties diverses. La musique d&rsquo;Auber reste toujours aussi vive, débarrassée de toute influence rossinienne, d&rsquo;une grande élégance, avec une sorte de retour au classicisme. Dernière page au programme, l&rsquo;ouverture d&rsquo;Actéon nous ramène à une période de composition pour laquelle nous avons un faible, celle du <em>Cheval de Bronze</em>,  du <em>Lac des Fées</em>, de <em>Gustave III </em>ou encore du <em>Domino noir</em>, avec ce mélange de pages gaies et de demi-teintes mélancoliques. L&rsquo;ouvrage n&rsquo;est qu&rsquo;un court lever-de-rideau composé pour la célèbre colorature Laure Cinti-Damoreau. Le prince sicilien Aldobrangi a enfermé sa femme Lucrezia et sa sœur Angela dans un palais où seules les femmes sont admises. Le Comte Leoni se déguise en mendiant aveugle pour se rapprocher d&rsquo;Angela. Lucrezia se consacre à la peinture. Elle obtient du prince que le mendiant aveugle puisse poser pour son tableau, <em>Diane et les nymphes surprises par Actéon</em>. La fausse cécité de Leoni est dévoilée quand il est surpris en train de lire un billet doux adressé par le page Stéfano à Angela. Jaloux, le jeune homme le dénonce au prince. Mais celui-ci se calme et pardonne quand il découvre que c&rsquo;est après Angela et non Lucrezia que soupire Leoni. Cinti-Damoreau incarnait Lucrezia, rôle sans vrai intérêt dramatique, mais son air à vocalises, une sicilienne, eut un grand succès. L&rsquo;ouverture se termine par un exaltant galop. A la tête d&rsquo;un orchestre en constant progrès,<strong> Dario Salvi </strong>sait faire revivre ces délicieuses pages trop injustement oubliées, dans le respect des différentes époques du compositeur. Le CD comprend également des notes explicatives dues à la plume experte de Robert Letellier. Rappelons enfin que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/auber-le-grand-oublie">nous commémorions il y a quelques semaines les 150 ans de la mort du compositeur</a>.</p>
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		<title>Auber : ouvertures volume III</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/auber-ouvertures-volume-iii-une-moisson-de-raretes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 04:41:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour cette nouvelle livraison de son intégrale des pages symphoniques des opéras de Daniel-François-Esprit Auber, Dario Salvi a concocté un programme particulièrement original puisqu&#8217;à part l&#8217;ouverture de La Muette de Portici, les pages sélectionnées sont quasiment inconnues aujourd&#8217;hui. Le disque ne commence pas toutefois par un ouvrage lyrique, mais par une pièce de circonstance encore plus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour cette nouvelle livraison de son <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/auber-integrale-des-ouvertures-volume-2-auber-saison-2">intégrale des pages symphoniques</a> des opéras de Daniel-François-Esprit Auber, Dario Salvi a concocté un programme particulièrement original puisqu&rsquo;à part l&rsquo;ouverture de <em style="font-size: 14.000000953674316px;">La Muette de Portici</em>, les pages sélectionnées sont quasiment inconnues aujourd&rsquo;hui. Le disque ne commence pas toutefois par un ouvrage lyrique, mais par une pièce de circonstance encore plus rare, la <em style="font-size: 14.000000953674316px;">Grande Ouverture pour l&rsquo;Inauguration de l&rsquo;Exposition à Londres</em> composée pour la Grande Exposition de 1862. Pour cette occasion, trois autres compositeurs furent également sollicités : Giacomo Meyerbeer, qui produisit une <em style="font-size: 14.000000953674316px;"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/G-Lsbt6A9iE">Ouverture en forme de Marche</a>,</em> William Sterndale Bennett, avec son <em style="font-size: 14.000000953674316px;">International Exhibition Ode</em> et Giuseppe Verdi qui écrivit l&rsquo;<em style="font-size: 14.000000953674316px;"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/b5PwBeI0vDo">Inno delle nazioni</a>. </em>Celui-ci ne fut toutefois pas joué au concert inaugural, officiellement parce que la partition était arrivée trop tard, mais peut-être surtout pour des raisons politiques compliquées : quelques semaines plus tard, la pièce était donnée au Royal Opera, la qualité de la musique de Verdi ayant suffi à convaincre de son intérêt. Le concert nécessita la participation de 1800 exécutants, dont 400 instrumentistes, parmi lesquels 240 pour les instruments à cordes et 160 pour les instruments à vent, majoritairement pour la marche composée par Auber (inutile de préciser qu&rsquo;elle nous est ici proposée dans une version allégée). Malgré les circonstances, la marche d&rsquo;Auber n&rsquo;est pas particulièrement solennelle, mais plutôt vive et enjouée, à l&rsquo;image d&rsquo;une époque sortant de guerres et de révolutions, confiante dans un avenir embelli grâce au progrès scientifique (on trouve déjà l&rsquo;écho de cet optimisme dans <em style="font-size: 14.000000953674316px;">Il Viaggio a Reims</em> de Gioachino Rossini). Composée en 1845, <em style="font-size: 14.000000953674316px;">La Barcarolle </em>ne sera donnée que cette année-là et ne comptera que 27 représentations. Le Comte de Fiesque veut aider son demi-frère Fabio à se faire remarquer auprès du Duc de Parme en lui confiant un poème à mettre en musique. L&rsquo;ouvrage inachevé est volé par deux courtisans, le Marquis de Felino et Cafarini, le maître de chapelle, et envoyé à la duchesse dans une corbeille de fruits. Le Duc intercepte la mélodie qu&rsquo;il juge révolutionnaire et, jaloux de cet étrange présent parvenu à son épouse, cherche à en identifier les auteurs. Le Marquis parvint à faire interpréter la mélodie par Fabio devant le Duc, mais le jeune homme précise modestement que le Comte est l&rsquo;auteur des paroles. Le Duc fait arrêter le Comte. Cafarini essaie de faire chanter le Marquis. Essayant de rétablir la vérité, Fabio s&rsquo;introduit au concert donné en l&rsquo;honneur du Duc et réussit à faire jouer l&rsquo;air incriminé : après de grandes explications compliquées  et diverses péripéties (je vous fais cadeau de celles des deux sopranos), le Duc pardonne tout le monde. L&rsquo;ouverture est enlevée mais la barcarolle qui donne son titre à l&rsquo;ouvrage n&rsquo;est pas aussi séduisante que d&rsquo;autres morceaux du même type du compositeur (par exemple la barcarolle de <em style="font-size: 14.000000953674316px;">La Muette de Portici</em>) : la tarentelle est en revanche délicieuse. Créés en 1836, <em style="font-size: 14.000000953674316px;">Les Chaperons blancs</em> eurent encore moins de succès avec seulement douze représentations. L&rsquo;action se situe à Gand au Moyen Âge. L&rsquo;apprenti Gautier est amoureux de Marguerite, la pupille du parfumeur Vanderblas. Elle-même est amoureuse d&rsquo;un jeune inconnu. Gilbert, le Grand Ecuyer du Comte Louis apporte un message à la jeune fille qui est invitée à être la demoiselle d&rsquo;honneur de la Duchesse et à rejoindre celle-ci dans sa tour. Gilbert et Gautier révèlent à Vanderblas qu&rsquo;ils font partie d&rsquo;un groupe de conspirateurs, les Chaperons blancs, qui veulent renverser le Duc. La Duchesse rejoint Marguerite mais se dévoile comme le jeune homme que la jeune fille aime et, accessoirement, comme le Duc ! Elle appelle à l&rsquo;aide, le Duc s&rsquo;excuse et invite tout le monde à dîner : les conspirateurs en profitent pour le faire prisonnier. Marguerite et Vanderblas préparent l&rsquo;évasion du Duc. Vanderblas a récupéré la recette du poison de Frère Laurent : une potion qui donne l&rsquo;apparence de la mort pour une heure. Quand les conjurés viennent pour saisir ses biens, ils croient d&rsquo;abord tomber sur son cadavre. Sa résurrection leur flanque un coup au moral. Les troupes du frère du Duc en profitent pour reconquérir la ville. On peut présumer que la faiblesse et l&rsquo;absurdité de l&rsquo;intrigue sont les causes principales de l&rsquo;échec de l&rsquo;ouvrage. L&rsquo;ouverture fut d&rsquo;ailleurs bissée à la première. Nous avions évoqué <em>Lestocq</em> à l&rsquo;occasion du deuxième volume de cette intégrale. L&rsquo;ouverture en est un pur bijou, avec ces qualités typiques du compositeur de gaité teintée d&rsquo;un voile de nostalgie. Créé en 1834, l&rsquo;ouvrage resta au répertoire jusqu&rsquo;en 1851 pour un peu moins de deux cents représentations. Inspirée de personnages historiques, l&rsquo;intrigue (extrêmement compliquée) nous narre les exploits du Comte Jean Armand de L’Estocq, un médecin et aventurier français qui conspire pour aider Elisabeth à conquérir le trône de son défunt père, Pierre le Grand. <em>La Muette de Portici </em>est un des chefs-d&rsquo;oeuvre du compositeur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/exaltante-resurrection">pour lequel on trouvera ici un résumé du livret</a>. Son ouverture, particulièrement réussie, est ici prise dans un tempo plus lent qu&rsquo;à l&rsquo;accoutumée, moins exaltant, un brin laborieuse, mais aussi plus solennel. Créé quelques semaines avant le 88<sup>e</sup> anniversaire du compositeur, <em>Rêve d&rsquo;amour </em>témoigne de l&rsquo;extraordinaire fécondité et de l&rsquo;éternelle jeunesse du compositeur. Ce fut son dernier ouvrage lyrique et son destin fut interrompu par la guerre de 1870. Pour une fois, le livret n&rsquo;est pas d&rsquo;Eugène Scribe (mort en 1861) mais d&rsquo;Adolphe-Philippe d&rsquo;Ennery (co-auteur du livret du <em>Cid</em> de Massenet et fondateur de la station balnéaire de Cabourg) et Eugène Cormon (co-auteur du livret des <em>Pêcheurs de Perles </em>mais dont on retiendra surtout <em>Les Deux orphelines,</em> célèbre drame écrit avec d&rsquo;Ennery). Nous sommes au XVIII<sup>e</sup> siècle. Marcel, un jeune paysan romantique, a croisé une jeune fille endormie sous un pommier. Il lui a déposé un baiser sur la joue mais c&rsquo;était permis à l&rsquo;époque. La jeune Henriette a senti la caresse mais n&rsquo;a pas vu son auteur. Elle s&rsquo;imagine quelque beau jeune homme, noble comme elle. En fait, Marcel doit épouser Denise. Quand la noblesse du château descend au village pour assister à la noce, Marcel reconnait celle qu&rsquo;il a embrassée et fuit en plantant là sa promise. A l&rsquo;acte II, Marcel rencontre fortuitement Henriette dans le parc du château : il en est follement amoureux et décide de s&rsquo;engager à son service. Le troisième acte ménage quelques surprises : un authentique jeune chevalier (amoureux lui aussi d&rsquo;Henriette) lui révèle qu&rsquo;elle n&rsquo;est que la fille adoptive du Marquis de Roche-Villiers, le châtelain ayant par ailleurs étendu sa protection à Marcel. Henriette révèle à Marcel qu&rsquo;elle est sa sœur. Marcel épouse finalement Denise, et Henriette, son chevalier. On n&rsquo;est pas passé loin de la catastrophe. L&rsquo;ouverture est d&rsquo;une grande délicatesse, évoquant l&rsquo;atmosphère de Watteau comme le souligne Robert Ignatius Letellier dans ses excellentes notes de présentation. <em>Le Serment </em>fut créé à l&rsquo;Opéra en 1832 et y connut une centaine de représentations : son livret , par ailleurs assez mince, était certainement plus typique de l&rsquo;opéra-comique. Andiol a choisi comme futur gendre un inconnu (en fait le Capitaine Jean, un brigand à la tête d&rsquo;une bande de faussaires) alors que sa fille Marie et le jeune fermier Edmond s&rsquo;aiment. Edmond a découvert la véritable identité de son rival, mais a juré le secret et ne peut s&rsquo;opposer au mariage. Marie part avec le capitaine et Edmond devient soldat. Il revient de la guerre avec le grade de brigadier, s&rsquo;étant couvert de gloire à Marengo (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/pourquoi-vittoria-dans-tosca">mais sans crier victoire pour autant</a>). Marie lui est restée fidèle malgré son attitude incompréhensible pour elle. Andiol découvre la réalité du personnage de Jean et accepte le mariage d&rsquo;Edmond et Marie. Populaire en son temps, l&rsquo;ouverture rappelle lointainement celle de <em>Fra Diavolo</em> par ses mesures martiales. Pour ce nouveau volume, le chef d&rsquo;orchestre <strong>Dario Salvi </strong>dispose d&rsquo;un nouvel orchestre, la Philharmonie de Moldavie, plus corsé et plus satisfaisant que la précédente formation de chambre, et sert avec dévotion la musique de ce compositeur encore trop peu joué <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/le-domino-noir-paris-favart-o-ma-belle-inconnue">quand chaque nouvelle reprise est pourtant un franc succès</a>. </p>
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		<title>Auber : intégrale des ouvertures, volume 2</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/auber-integrale-des-ouvertures-volume-2-auber-saison-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Jan 2021 05:06:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Naxos poursuit son travail de redécouverte du compositeur Daniel François Esprit Auber avec un deuxième enregistrement dirigé par Dario Salvi (sans oublier un tout premier CD dirigé par Wolfgang Dörner à la tête de Orchestre Régional de Cannes). Le programme n&#8217;a pas d&#8217;ordre particulier, ni chronologique, ni logique tout court. Certaines pages ne sont plus de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Naxos poursuit son travail de redécouverte du compositeur Daniel François Esprit Auber avec un deuxième enregistrement dirigé par Dario Salvi (sans oublier un tout premier CD dirigé par Wolfgang Dörner à la tête de Orchestre Régional de Cannes). Le programme n&rsquo;a pas d&rsquo;ordre particulier, ni chronologique, ni logique tout court. Certaines pages ne sont plus de simples raretés, mais des découvertes absolues pour les plus anciennes. Ainsi de <em>L&rsquo;erreur d&rsquo;un moment, </em>qui est le premier ouvrage scénique d&rsquo;Auber : un opéra en un acte, donné en 1805 par des amateurs dans le cadre d&rsquo;une représentation privée. A l&rsquo;époque, le jeune Auber est un dilettante dont le père indulgent admire le talent. La musique en est vive et légère, mais Auber n&rsquo;a pas encore trouvé le style si particulier qui sera le sien. L&rsquo;ouverture, élégante et raffinée, se présente comme une sorte de quatuor à cordes. C&rsquo;est en analysant une version révisée de l&rsquo;ouvrage, en 1811, que Luigi Cherubini acceptera de prendre Auber comme élève. L&rsquo;œuvre est inspirée d&rsquo;un opéra-comique plus ancien, <em>L&rsquo;erreur d&rsquo;un moment ou La Suite de Julie</em>, composé par Nicolas Dezède en 1773, un an après une première <em>Julie</em> inspirée de <em>La Nouvelle Héloïse</em> de Jean-Jacques Rousseau, les deux livrets étant dus à la plume de Jacques Marie Boutet de Monvel. Probablement bisexuel, Monvel trouva refuge en Suède et devint protégé de Gustave III  (lui-même futur inspirateur d&rsquo;Auber avec<em> Gustave III ou le bal masqué</em>, repris par Verdi avec <em>Un Ballo in maschera</em>). Puisque nous en sommes aux digressions, signalons que Beethoven composa <em>Neuf variations sur « Lison dormait » de Mozart, tirées de Julie</em>. Ceci pour dire que le monde est petit ! De 1805 également, le <em>Concerto pour violon en ré majeur</em> est une autre rareté (ou plutôt, une rareté encore plus rare car ce CD ne contient pas précisément de tubes !). L&rsquo;œuvre est encore un peu mozartienne, virtuose, superbement servie par Markéta Čepická,  premier violon de l&rsquo;Orchestre Tchèque Philharmonique de Chambre de Pardubice. Le <em>presto</em> final, qui évoque une tarentelle, offre déjà des prémices du futur style du compositeur, connu pour ses mélodies entêtantes. Dirigé avec la vivacité et la légèreté qui conviennent par <strong>Dario Salvi</strong>, l&rsquo;ensemble du concerto s&rsquo;écoute et se réécoute avec grand plaisir. En 1812, Auber est donc l&rsquo;élève de Cherubini et c&rsquo;est la première fois qu&rsquo;il étudie sérieusement la musique. Son deuxième opéra-comique, <em>Couvin, ou Jean de Chimay</em>, est donné au château de Chimay. Il est interprété encore une fois par des amateurs, parmi lesquels le prince et la princesse… de Chimay, François Joseph de Riquet de Caraman-Chimay et l&rsquo;ancienne merveilleuse, Mme Tallien. Malgré son goût pour les Lumières, celle-ci était de noblesse espagnole. Quant au comte, il était l&rsquo;arrière-arrière-petit-fils du constructeur du Canal du Midi. Son fils Joseph est à l&rsquo;origine de la brasserie de Chimay et subventionna l&rsquo;établissement des moines trappistes en 1850. Le couple mélomane accueillera pendant 25 ans les musiciens les plus renommés de l&rsquo;époque. Les préludes des actes I et II sont très courts : le premier, d&rsquo;une relative solennité dut plaire à Cherubini ; le second laisse à peine entrevoir le futur style du compositeur. Entre 1813 et 1819, le compositeur n&rsquo;écrit que deux ouvrages : en 1813, <em>Le Séjour militaire </em>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/auber-ouvertures-une-moisson-dinedits">qu&rsquo;on retrouve dans la première livraison de ce projet</a>), puis, en 1819, <em>Le Testament et les Billets doux</em> (un échec). Pendant ces six années, Auber préfère fréquenter les salons où il improvise au piano. Son père mort, ruiné, en 1819, Auber est désormais soutien de famille, et il a déjà 37 ans : par obligation et par goût, il décide de devenir musicien professionnel. Il compose <em>La Bergère Chatelaine</em>, dont l&rsquo;ouverture figure elle aussi <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/auber-ouvertures-une-moisson-dinedits">au programme du précédent CD de Dario Salvi</a>. C&rsquo;est un succès public, boudé par la critique. Le programme du CD nous amène directement 12 ans après la composition des extraits de <em>Couvin</em>. <em>Le concert à la cour, ou La débutante</em>, connaît un franc succès puisque ce petit acte est joué 246 fois. Adèle doit auditionner à la cours de Stuttgart. Le maître de chapelle, Ascanio tente de saboter son concert avec des <em>tempi</em> erratiques, mais la partie est sauvée quand le vieil ami d&rsquo;Adèle, Victor, repousse le chef pour conduire l&rsquo;orchestre. L&rsquo;ouverture est du pur Auber, inspiré, en apparence joyeux au premier abord, mais avec déjà avec un peu de cette réserve en demi-teinte en arrière-plan typique des meilleurs ouvrages du compositeur. <em>Léocadie</em> date de la même époque mais son intrigue est plus dramatique (une histoire de fille-mère qui finit bien). L&rsquo;ouverture est un brin solennelle mais les deux entractes davantage dans la manière du compositeur. <em>Fiorella</em> nous conte l&rsquo;histoire d&rsquo;un triangle amoureux à Rome au début de l&rsquo;époque napoléonienne : Fiorella aime bien Albert mais lui préfère Rodolphe, un ancien amoureux, espion qu&rsquo;elle va réussir à soustraire à la police. L&rsquo;ouverture en est légère et agréable. Il est dommage que la prise de son soit ici un brin étouffée avec un parterre d&rsquo;instruments sans grand relief, ce qui n&rsquo;est pas le cas pour le délicieux entracte qui suit. Les courts entractes de <em>La Fiancée</em> (une histoire d&rsquo;amour bien compliquée) et l&rsquo;entracte un brin nostalgique de <em>Lestocq</em> (livret inspiré de l&rsquo;histoire vraie de l&rsquo;aventurier français Jean Armand de Lestocq qui contribua à mettre Élisabeth I<sup>ère</sup> sur le trône de Russie) nous laisse sur notre faim. Au global, ce nouvel opus de l&rsquo;intégrale symphonique des œuvres d&rsquo;Auber est nettement plus réussi que le précédent, avec une direction plus adéquate, alerte et contrastée, mais l&rsquo;orchestre reste parfois un peu pâle. Comme d&rsquo;habitude, le prix de ce disque est aussi agréable que son contenu : à moins de 10 euros, il serait dommage de ne pas en profiter !</p>
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		<title>Auber : ouvertures</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/auber-ouvertures-une-moisson-dinedits/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Feb 2020 19:46:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Daniel-François-Esprit Auber a composé au cours de sa vie 47 ouvrages lyriques, sans compter des ballets, des mélodies, de la musique religieuse, ainsi que des œuvres de circonstances non publiées, comme une marche funèbre pour l&#8217;enterrement de Napoléon. Naxos a entrepris le projet monumental de publier l&#8217;intégralité des ouvertures et entractes du prolifique compositeur. Après &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Daniel-François-Esprit Auber a composé au cours de sa vie 47 ouvrages lyriques, sans compter des ballets, des mélodies, de la musique religieuse, ainsi que des œuvres de circonstances non publiées, comme une marche funèbre pour l&rsquo;enterrement de Napoléon. Naxos a entrepris le projet monumental de publier l&rsquo;intégralité des ouvertures et entractes du prolifique compositeur. Après un premier volume publié en 2016, l&rsquo;éditeur allemand nous offre une nouvelle moisson de morceaux essentiellement inédits, composés entre 1813 et 1826, c&rsquo;est-à-dire en première partie de la longue carrière du musicien.</p>
<p>De ces ouvrages, on ne trouvera guère en intégrale que <em>Le Maçon </em>(un grand succès avec 525 représentations), et encore, dans une version allemande enregistrée pour la radio dans les années 50. L&rsquo;auteur de ces lignes se faisait une joie de ce nouvel enregistrement, mais il faut malheureusement déchanter devant ce résultat monochrome et sans éclat, le plus souvent poussif. L&rsquo;Orchestre de Chambre Philharmonique de Pardubice offre un son étriqué, limité en couleurs, plat, avec des instrumentistes un peu imprécis. Seuls des violons acides dans les aigus viennent troubler un brouet monotone.</p>
<p>Avec une direction appliquée, le chef d&rsquo;orchestre <strong>Dario Salvi </strong>dirige trop sagement, et sa baguette peine à donner du rythme à ses pièces qui ne demandent pourtant qu&rsquo;à éclater. On a parfois l&rsquo;impression d&rsquo;entendre de la musique de chambre de Haydn interprétée bien sagement. Auber admirait certes le compositeur autrichien, tout comme Wagner admirait Auber : mais qui songerait pourtant à interpréter l&rsquo;ouverture de <em>Fra Diavolo</em> avec le tempo du prélude de <em>Tristan  </em>?</p>
<p>La prise de son n&rsquo;est pas fameuse : pas mal d&rsquo;instruments semblent fondus dans la masse (percussion, cuivres&#8230;) comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une réduction pour orchestre de chambre. Au positif, cet enregistrement coûte moins de 10 euros, et permet ainsi d’accéder à peu de frais à un pan méconnu du répertoire du compositeur. L&rsquo;ouverture du <em>Maçon</em>, comme celle de <em>La Bergère châtelaine</em> (premier grand succès du compositeur et où l&rsquo;on trouve déjà tout ce qui fera le succès de ses ouvrages à venir) sont de petits chefs-d&rsquo;œuvre qui méritent le détour.</p>
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