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	<title>Sammy EL GHADAB - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 04 Jun 2026 15:58:47 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Sammy EL GHADAB - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>GLUCK, Orphée &#8211; Vichy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gluck-orphee-vichy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La qualité exceptionnelle de l’ouvrage, la réforme gluckiste n’ont pas été suffisantes pour qu’Orphée soit fréquemment programmé. Aussi faut-il saluer l’initiative de l’Opéra de Limoges, dont la production est reprise à Vichy, dans le somptueux écrin Art nouveau de l’opéra. Avec Clermont-Ferrand, les trois scènes sont convenues de mutualiser leurs projets, sous le vocable OR &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La qualité exceptionnelle de l’ouvrage, la réforme gluckiste n’ont pas été suffisantes pour qu’<em>Orphée</em> soit fréquemment programmé. Aussi faut-il saluer l’initiative de l’Opéra de Limoges, dont la production est reprise à Vichy, dans le somptueux écrin <em>Art nouveau</em> de l’opéra. Avec Clermont-Ferrand, les trois scènes sont convenues de mutualiser leurs projets, sous le vocable <em>OR MASSIF</em> (<strong>O</strong>péras <strong>R</strong>éunis du Grand <strong>Massif</strong> Central), et la saison prochaine s’avère prometteuse.</p>
<p>Un panneau de bois noir, au sommet incurvé qui permet à chacun d’apparaître, un tapis roulant – invisible – en fond de scène, vont traverser les trois actes. Ce dernier facilitant la translation des personnages comme des accessoires, de cour à jardin, et participer à la remontée du temps. Une amie, non contente de commencer la lecture d’un roman par celle du dernier chapitre, les lit maintenant en sens inverse, ce qui laisse sceptique. Or la réalisation de<strong> Pierre-André Weitz,</strong> aboutie, très professionnelle, intellectuellement séduisante (1) , nourrie de références, adopte ce principe, illustrant le travail de deuil. « Novembre 2018 », « octobre 2015 », « février 1975 », « avril 1950 », « janvier 1944 » indique successivement le surtitrage. L’idée est pertinente et illustrée avec goût. Cimetière, où l’on procède à l’inhumation d’Eurydice (cf. <em>L’enterrement à Ornans</em>), puis chambre d’hôpital où cette dernière va disparaître, entourée d’une infirmière (l’Amour) et de trois femmes âgées (Parques, ou Nornes), c’est la vie à l’envers qui sera illustrée au fil des tableau. Ainsi, Orphée et Eurydice rajeuniront-ils, épousant les affects originaux des héros. On oublierait l’artifice n’étaient quelques réserves. L’aspect discontinu des épisodes, déjà, mais, surtout le deuxième acte, où la surprise et le sourire distancié rompent avec l’émotion du premier. Le Cerbère, les spectres et furies empruntent ici aux figures colorées du Carnaval de Venise ou de la <em>Commedia dell’ arte</em>. L’effroi, la terreur, essence de ce passage, sont réduits à l’orchestre et au chœur. Contresens, parodie, provocation ? Jamais Gluck, familier du répertoire des Bouffons (2), n’aurait confondu l’enfer de <em>l’Ivrogne corrigé</em> avec celui du drame virgilien&#8230; N’est-il pas paradoxal d’affirmer « Il ne faut pas nous retourner » alors que toute la démarche se fonde sur le souvenir et le surgissement du passé ?</p>
<p>Costumes et éclairages servent la proposition avec goût. Nombre de tableaux sont d’une réelle beauté plastique. La direction d’acteurs, y compris de celle des chanteurs du chœur, est appréciée. Mais le bonheur visuel interroge sur la relation au livret original. La danse participe pleinement à l’essence d’<em>Orphée </em>(3). C’est moins une concession au goût du temps que la volonté d’user de la danse pour participer pleinement au drame. La transposition n’était pas aisée et la réussite est inégale d’une chorégraphie inventive assurée par les solistes comme par tous les artistes du chœur. Du moins ne fait-elle pas obstacle à l’action dramatique. Nous sommes malheureusement privés de l’ample chaconne finale, le ballet général qui conclut l’ouvrage ayant été supprimé.</p>
<p>Si les interrogations relatives au parti pris de la mise en scène abondent, nulle réserve sur le plan musical. Attentif à la souplesse de la narration, avec un sens dramatique constant, <strong>Sammy El Ghadab </strong>valorise la richesse d’écriture et de couleurs de la partition, tout en veillant à l’équilibre avec les voix, qu’il sert avec art.  L’orchestre de l’Opéra de Limoges se hisse au meilleur niveau, porté par un souffle continu, respirant à souhait, ductile. Bien que jouant sur instruments modernes, il a fait sienne la pratique historiquement informée pour rendre à la partition ses couleurs, ses contrastes, et ses nuances (notamment des crescendi admirables). Il n’est pas de pupitre qui soit en retrait, et le bonheur est constant, de l’ouverture, enlevée et colorée, à la « symphonie horrible » du deuxième acte. Les soli sont impeccables, hautbois, clarinette etc. sans oublier la flûte (Miglė Astrauskaitė-Costard) et la harpe (Aliénor Mancip), qui nous ravissent dans le Ballet des Ombres heureuses.</p>
<p>Les nombreuses interventions d’un chœur bien préparé (par Arlinda Roux Majollari), bien chantant, bien jouant et dansant sont autant de moments de bonheur. Pleinement investi, il atteint le maximum d’effets sans que jamais l’effort transparaisse. La vigueur, l’équilibre des parties, la qualité de la prosodie sont manifestes dès le chœur funèbre. La complexité des grands ensembles, où solistes et chœur s’interpellent (les « Non ! » véhéments qui interdisent à Orphée l’accès aux enfers) est ici parfaitement réalisée. Le chœur des Bienheureux, transparent, communique la béatitude à chaque auditeur. Un grand bravo !</p>
<p>Dès ses trois appels désespérés (« Eurydice »), ici justement tremblants puisque c’est un grand vieillard qui le chante (4), <strong>Cyrille Dubois</strong> nous émeut jusqu’au terme de l’ouvrage. Il a l’ardeur, la conviction et surtout les moyens vocaux requis pour ce rôle particulièrement exigeant, où l’humanité et la noblesse se conjuguent. La clarté du timbre, l’aigu franc, la sûreté des moyens comme le style sont au rendez-vous. La déclamation est exemplaire, et les récitatifs accompagnés un bonheur, comme la ligne de chant et la virtuosité (les vocalises agiles et aériennes de « L’espoir renaît dans mon âme »). Evidemment le célèbre « J’ai perdu mon Eurydice », d’une justesse vocale et dramatique exceptionnelle, soulève les acclamations du public. Est-il nécessaire de rappeler la vérité de son jeu, pleinement convaincante ?</p>
<p><strong>Chiara Skerath </strong>connaît bien son Eurydice, qu’elle a chantée dirigée par Gardiner, puis, en 2023 à Zürich (mise en scène Marthaler) dans la version de Berlioz. Parfaitement assortie à Orphée, elle use à merveille d’une voix ample, libre, d’une grande pureté d’émission. Le style, la classe, avec naturel, pour une incontestable vérité vocale et humaine. Une rare douceur (« Cet asile aimable ») fera place, avec une énergie affirmée, au questionnement, à l’angoisse, la douleur puis la révolte. Une Euridyce d’anthologie. <strong>Emmanuelle de Negri</strong> nous vaut un Amour crédible, un Cupidon mûr, toujours bienveillant, courtois et chaleureux. Si sa première intervention souffre d’une intelligibilité limitée, la suite « Apprends la volonté des Dieux… Soumis au silence etc. », fera plus que nous rassurer : le chant traduit idéalement la fonction de cette figure qui, ici, n’est plus allégorie désincarnée. Lorsqu’elle interrompt la tentation suicidaire d’Orphée, elle rayonne vocalement comme humainement. Le trio « Tendre Amour » qui réunit nos trois solistes au dernier acte introduit fort bien la réjouissance finale.</p>
<p>La salle fait un triomphe aux interprètes, qui ont bien mérité ces acclamations nourries, quelles que puissent être les appréciations relatives à la mise en scène. Pour se faire une opinion, le mieux sera d’attendre la réalisation au Châtelet, le plaisir musical et visuel en est promis.</p>
<p>&nbsp;</p>
<pre>(1) Scéniquement, si le retour régulier des trois Parques ou Nornes témoigne d’une authentique intelligence dramatique, celle d’un curé, d’une chasuble renouvelée l’est moins.

(2) Il s’était familiarisé à la prosodie française dès avant 1758, où il allait écrire sur des livrets d’Anseaume, de Sedaine et autres, des ouvrages savoureux qui mériteraient une résurrection.

(3) Pas moins de sept interventions sont prévues : Ballet des nymphes, Pantomime des nymphes et des bergers (au I), Ballets des Furies, des Ombres heureuses, Danse des héros et des héroïnes, Danse des Ombres (au II), Ballet de la Suite de l’Amour, Ballet général (au III). 

(4) Le rajeunissement qu’impose la mise en scène ne sera pas seulement physique et vestimentaire, l’art de Cyrille Dubois lui permet de le traduire par l’émission.</pre>
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		<title> HERVÉ, Le petit Faust &#8211; Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/herve-le-petit-faust-paris-athenee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Dec 2025 11:18:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Le Petit Faust en 1869, Hervé confirme sa réputation de « compositeur toqué ». Partition effervescente, situations volontairement détournées, clins d’œil irrévérencieux : rien n’échappe à son goût pour la subversion dans cette parodie proclamée de l’opéra de Gounod. L’intrigue, volontairement loufoque multiplie les références et les excès comiques. La musique mêle virtuosité, et sens aigu &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec <em>Le Petit Faust</em> en 1869, Hervé confirme sa réputation de « compositeur toqué ». Partition effervescente, situations volontairement détournées, clins d’œil irrévérencieux : rien n’échappe à son goût pour la subversion dans cette parodie proclamée de l’opéra de Gounod. L’intrigue, volontairement loufoque multiplie les références et les excès comiques. La musique mêle virtuosité, et sens aigu du rythme théâtral. De la farce ? Oui mais moins grossière qu’il n’y paraît, savante même. Hervé ne se contente pas de rire – et faire rire – de <em>Faust</em> : il en travestit les procédés<strong>, </strong>moins par la citation musicale que par le pastiche du style et une pratique de la rupture proche de l’absurde. Les changements arbitraires de ton et de tempo sont les ficelles que le compositeur s’amuse à tirer. Les envolées lyriques sont brusquement interrompues par une réplique parlée ou un effet comique. Les harmonies attendues débouchent sur une cadence triviale. Faust introspectif, élégiaque et noble chez Gounod exagère les appoggiatures, les suspensions et les montées expressives. Marguerite, « ange pur et radieux », se présente sous un jour déluré. Quant à Mephisto, loin de la basse sardonique et velue à laquelle la tradition l’associe, il est ici confié à une mezzo-soprano.</p>
<p>C’est cet esprit déjanté que cherche à retrouver <strong>Sol Espeche</strong> en transposant la pièce dans l’univers des jeux télévisés des années 1990 – après avoir glissé <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/messager-coup-de-roulis-paris-athenee/">Coups de roulis</a></em> dans le moule du soap opera il y a deux saisons. Le public peut-il saisir aujourd’hui avec la même évidence qu’hier la relation transgressive qu’entretient l’opéra-bouffe d’Hervé avec le chef d’œuvre de Gounod ? A défaut, les allusions à <em>Tournez Manège</em>, <em>Secret story</em> et autres divertissements cathodiques parleront au plus grand nombre – tout au moins à ceux d’un temps que les moins de vingt ans peuvent ne pas connaître.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/251129_RdL_0368-1294x600.jpg" /> © Christophe Raynayd de Lage</pre>
<p>Etrenné à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/herve-le-petit-faust-tours/">Tours</a> le mois dernier, et repris à l’Athénée jusqu’au 20 décembre, le spectacle passe à la moulinette de la caricature un ouvrage déjà caricatural. La classe de Faust lorgne du côté de <em>L’Ecole des fans</em> chère à Jacques Martin. Le deuxième acte transporte le Bal Mabille sur les plateaux de <em>Champs Élysées</em> – l’émission de Michel Drucker –, et la chambre virginale de Marguerite bascule dans un studio clinquant de télé-réalité. Quelques gradins modulables suffisent à suggérer les différents décors. Le décalage entre les situations et le texte, qu’il soit parlé ou chanté, est assumé. Les gags se bousculent. On rit souvent. Tout n’est pas drôle, tout ne fonctionne pas mais le grotesque règne à un tel degré qu’on finit par soupçonner une intention délibérée derrière les ressorts comiques les plus distendus.</p>
<p>A la manière d’Hervé, le fil narratif est sans arrêt interrompu, dès le début lorsque Valentin fait irruption sur scène pour perturber l’enregistrement de l’émission. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/herve-le-petit-faust-tours/">Antoine Brunetto à Tours</a> nous promettait « un moment assez irrésistible » ; il l’est, grâce à l’énergie d’<strong>Igor Bouin</strong>, baryton polyvalent également engagé dans la musique de chambre et la direction de chœur. Ses couplets militaires, articulés d’une voix de stentor, sont un concentré d’humour vitaminé. Du tempérament, ses partenaires en ont aussi à revendre, chacun dans leur genre : <strong>Charles Mesrine</strong> plus en retrait pour composer un Faust dépassé par les événements ; <strong>Anaïs Merlin</strong>, Marguerite entre élans acides de son air « Place, place à la voyageuse » et fausse fraîcheur ingénue de la Ballade du Roi de Thuné – ndlr : ce n’est pas une coquille – ; <strong>Mathilde Ortscheidt</strong>, Mephisto soudain ramené à la raison par Le Rondeau des quatre saisons, parenthèse étonnamment nostalgique au sein d’une partition qui laisse peu de place aux sentiments. Après avoir chauffé la salle avec brio, <strong>Maxime Le Gall</strong> rejoint un chœur que l’on aimerait plus idiomatique, hilarant cependant avec ses refrains martelés et ses entrées volontairement décalées comme un pied-de-nez à l’écriture chorale du <em>Faust</em> original.</p>
<p>Attentif aux rebonds burlesques comme aux ensembles plus élaborés, <strong>Sammy El Ghadab</strong> impulse à d’excellentes Frivolités Parisiennes un mouvement joyeux et souple, avec le sang-froid d’un régisseur de plateau télé rompu aux aléas du direct.</p>
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		<title> HERVÉ, Le petit Faust &#8211; Tours</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/herve-le-petit-faust-tours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les musiciens de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours étaient d’humeur badine pour cette matinée. On les comprend, car ils annoncent avant le concert qu’une décision a enfin été prise de pérenniser l’orchestre et ses trente-deux musiciens. Voilà une excellente nouvelle pour eux et pour les habitants de la région, car cela va &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les musiciens de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours étaient d’humeur badine pour cette matinée. On les comprend, car ils annoncent avant le concert qu’une décision a enfin été prise de pérenniser l’orchestre et ses trente-deux musiciens. Voilà une excellente nouvelle pour eux et pour les habitants de la région, car cela va permettre de multiplier l’offre musicale locale. Sous la houlette enjouée de <strong>Sammy El Ghadab</strong>, ils nous emportent dès l’ouverture d’abord rêveuse vers une valse endiablée qui nous rappelle que nous sommes ici pour rire.</p>
<p>Voilà qui rend justice à ce <em>Petit Faust</em>, opéra bouffe en trois actes créé en 1869, pastiche du <em>Faust</em> de Gounod (mais pas seulement), qui faisait cette même année son entrée à l’Opéra de Paris. On se moque bien de la grande œuvre et Hervé ne se prive pas de clins d’œil plus ou moins appuyés à son modèle. On aura droit aux couplets de Valentin (hilarant <strong>Igor Bouin</strong>, en épigone de Filip des 2B3) qui nous rappellent les « Gloires immortelles de nos aïeux », une chanson sur une puce, une autre à propos d’un Roi de Thu<u>n</u>é et un diable qui mène le bal à la fin… La liste n’est évidemment pas exhaustive !</p>
<p>La musique est bien troussée, prenant des formes de valses, de galops, mais sait aussi se faire tendre quand Méphisto évoque les quatre saisons de l’amour. Méphisto est d’ailleurs ici une femme, plus meneuse de revue et des plaisirs que réellement inquiétante. <strong>Mathilde Ortsheidt</strong> s’y glisse avec gourmandise, lui prêtant son timbre prenant, ombré et légèrement voilé, et son abattage scénique.</p>
<p>La production fait craindre le pire au début, conjuguant surjeu et une certaine vulgarité. Déjà, l’intervention du chauffeur de salle Patrick Lepion (<strong>Maxime Le Gall</strong>) dès avant le début du spectacle nous avait paru un peu longuette et répétitive. On n’est donc pas loin de partager l’avis de Valentin qui, tel Raphaël Quenard dans <em>Yannick</em>, vient interrompre le spectacle pour dire tout le mal qu’il en pense (le moment est assez irrésistible) – l’effet repoussoir devait donc être volontaire. L’univers des jeux télévisés imaginé par <strong>Sol Espeche</strong> se fond plutôt bien dans l’intrigue : au début <em>La Classe</em> et <em>L’école des fans</em> avec le vieux Faust en Jacques Martin, puis <em>Champs Élysées</em>, <em>Greg le Millionnaire</em> et surtout le <em>Tournez manège</em> désopilant, avec Faust à la recherche de Marguerite, le tout orchestré par Méphisto / Fabienne Égal. On passera ensuite à Secret Story où les confessions de Faust et de Marguerite se font sous l’œil des caméras et de Méphisto / la Voix. Enfin l’enfer prendra la forme d’un cours d’aérobic type Véronique et Davina, où les amants se déchaînent sur des exercices de fitness pour l’éternité ! Les décors sont minimalistes mais parviennent bien à nous faire replonger dans chacun de ces univers. Au final, malgré des dialogues réécrits, certains effets parfois lourdauds, et une direction d’acteurs qui gagnera sûrement en précision au fil des représentations (nous assistons ici à la toute première), les idées ne manquent pas pour nous surprendre et nous amuser.</p>
<p>Les interprètes réunis sur scène sont jeunes et ne se ménagent pas. On pourra regretter un certain déficit de relief et surtout d’intelligibilité chez certaines voix. Il est bien dommage d’avoir besoin de recourir aux surtitres pour comprendre le texte ! La Marguerite / Gretchen d’<strong>Anaïs Merlin </strong>ne manque cependant pas de chien en fausse ingénue et vraie mondaine, mais a tendance à prendre l’ascendant sur le Faust moins sonore de <strong>Charles Mesrine</strong>.</p>
<p>La production sera reprise à Reims (fin novembre) puis au Théâtre de l’Athénée à Paris en décembre, mais avec cette fois ci Les Frivolités Parisiennes en fosse.</p>
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		<title>Louis Langrée au service de l’art lyrique français</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/louis-langree-au-service-de-lart-lyrique-francais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Oct 2023 05:56:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La presse a été conviée ce matin à assister dans le foyer de l’Opéra-Comique à la première masterclasse publique donnée par Louis Langrée aux jeunes et talentueux chanteurs de l’Académie qu’il a créée au sein de son théâtre. En font aussi partie une pianiste cheffe de chant, deux chefs d’orchestre, deux metteurs en scène. Fort &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La presse a été conviée ce matin à assister dans le foyer de l’Opéra-Comique à la première masterclasse publique donnée par L<strong>ouis Langrée</strong> aux jeunes et talentueux chanteurs de l’Académie qu’il a créée au sein de son théâtre. En font aussi partie une pianiste cheffe de chant, deux chefs d’orchestre, deux metteurs en scène.</p>
<p>Fort de son expérience de pianiste accompagnateur de récitals de chant, et surtout de sa carrière de chef d’orchestre, notamment aux États-Unis, il fait partager aux chanteurs son savoir, acquis dans de nombreux théâtres, avec beaucoup d’empathie et d’une manière simple et limpide. Il va droit à l’essentiel, à savoir, en harmonie avec l’émission vocale, la bonne prononciation de la langue, basée avant tout sur la juste valeur donnée aux voyelles ce qui permet une meilleure diction, un phrasé correct, un beau legato et un soutien correct du souffle. On retrouve là l’enseignement des grands chanteurs français d’autrefois.</p>
<p>Parmi les membres de l’Académie, citons la jeune soprano <strong>Camille Chopin</strong>, au timbre lumineux et à la diction soignée dans <em>Green</em> de Debussy sur le poème de Verlaine. Son directeur lui propose alors l’exercice de base enseigné autrefois au Conservatoire de musique et d’art dramatique. Elle déclame d’abord son texte de façon très précise et parvient ainsi à l’interpréter ensuite plus librement.. Le résultat est exemplaire. De même avec la soprano <strong>Ludmilla Bouakkaz</strong>, moins aguerrie, confrontée au chef d’orchestre <strong>Sammy el Ghadab</strong>. Louis Langrée enseigne à ce dernier la gestuelle qui aidera et dynamisera la chanteuse dans l’air d’Eurydice d’<em>Orphée aux Enfers</em>. Enfin, il fait appel à Sophie Planté, une jeune metteuse en scène, passionnée d’expression corporelle, pour permettre au talentueux ténor <strong>Abel Zamora</strong> de mieux incarner le personnage de Piquillo de <em>La Périchole</em> d’Offenbach. Les chanteurs, tous excellents, sont passionnés par les masterclasses de leur directeur, imbattable sur l’histoire de son théâtre, qui leur insuffle sa passion pour la musique et le répertoire lyrique français. L’auditoire, ce matin, était captivé.</p>
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